Transférés, Kate Blair

Traduit par Alexandra Maillard

L’histoire : Dans un futur proche, l’humanité a trouvé le moyen de soigner facilement les malades : transférer les maladies aux criminels, qui sont parqués dans des ghettos à l’écart de la société.
C’est dans ce monde qu’est née Talia Hale. À seize ans, elle est la fille du peut-être futur Premier ministre d’Angleterre. Alors qu’elle est atteinte d’un rhume pour le plus grand dégoût de son entourage, elle va subir son premier Transfert. Mais rien ne va se passer comme prévu et Talia va sauver une petite fille d’une agression. Une petite fille qui vient des ghettos et qui va pousser Talia à découvrir l’envers du décor et l’horreur d’un système déshumanisé.
Talia va désormais tout faire pour empêcher son père d’aggraver la situation des bidonvilles, pour sauver ses nouveaux amis qui y habitent et rectifier une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais. Elle devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et être prête à combattre tout ce en quoi elle a cru.

Mon avis : Une fois n’est pas coutume, la couverture de ce roman n’a absolument pas joué un rôle dans mon choix : je la trouve pour le moins… BOF. Mais le résumé, lui m’attirait : et comme l’habit ne fait pas le moine… Je me suis laissée tenter ! Un choix qui a ravi ma maman : le bouquin étant arrivé à mon ancienne adresse, elle a pu le dévorer avant que je m’y plonge moi-même… Et l’a lu en une petite journée. Un fait de bon augure !
Angleterre, époque non déterminée : l’humanité a fait des progrès incroyables en médecine, allant jusqu’à trouver le moyen de transférer les maladies d’un humain à un autre… Un moyen ayant permis d’éradiquer toute autre forme de sanction judiciaire : vous avez un rhume ? Allez dans un centre de Transfert, celui-ci sera injecté à une personne ayant commis un petit délit. Pratique, non ? D’une simple gastro à une maladie bien plus grave, chaque crime trouve sa réponse judiciaire, condamnant toute personne ayant enfreint la loi à rejoindre l’un des ghettos où se côtoient malades, anciens condamnés, et citoyens trop pauvres pour espérer une vie meilleure. Talia, elle, fait partie de la jeunesse dorée du pays : son père n’est autre que le sénateur Hale, l’homme que beaucoup pressentent pour reprendre la tête du pays lors des prochaines élections. Bien que ce dernier prône des sanctions bien plus radicales que celles en place, Talia n’y trouve rien à redire : après tout, les criminels ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Mais quand elle sauve une petite fille par le plus grand des hasards, c’est sa vie entière qui s’en trouve bouleversée : et si ce qu’elle prenait depuis toujours pour acquis se révélait totalement faux ?
Transférés est un roman qui se lit vite et bien : l’action est efficace et prenante, et l’on ne s’étonnera pas de le finir en quelques heures à peine. L’idée de départ est originale, et l’on entre rapidement dans le récit, se laissant porter au gré des chapitres… Mais c’est tout, ou presque : oui, l’idée de départ était intéressante. Oui, l’action est prenante. Mais… Mais Transférés sonne creux, malheureusement pour nous : si l’univers mis en place par l’auteur est original et possède un beau potentiel, il aurait mérité d’être bien plus approfondi, et à tout point de vue : le Transfert, d’abord, et toutes les interrogations qu’il suscite. Les inégalités sociales ensuite, qui sont certes abordées mais… Survolées, comme tout le reste. L’auteure souhaite nous offrir du Young adult à la sauce SF en éclairant le genre sous un œil nouveau mais, malheureusement, elle tombe dans les travers propres à ce type de publication : plutôt que de se concentrer sur le contexte pour nous offrir quelque chose de cohérent, amenant à une véritable réflexion (et il y avait matière !), elle finit peu à peu par laisser une (trop) grande place à une romance qui n’a que peu d’intérêt. Vous allez me dire que je suis dure : je ne suis jamais aussi tranchée en matière de romance. Oui, mais… Là encore, problème : les personnages n’ont aucune substance et ne m’ont, de fait, absolument pas touchée. C’est bien simple : cela fait une petite semaine que je l’ai terminé, et je ne me souviens plus que du nom de l’héroïne. Et ça, avec moi, cela ne passe pas : je peux fermer plus ou moins les yeux sur une intrigue molette et un background peu travaillé. Mais des personnages qui ne sont en réalité que des clichés de ce que l’on retrouve dans la littérature ado, non merci.
La plume, quant à elle, est quelconque : quelques maladresses sont à noter, et ne font que renforcer mon impression d’à-peu-près.
Alors non, Transférés n’est pas mauvais : comme je vous l’ai dit, il se lit vite et bien, et nous passons au final un agréable moment. Mais ce ne sera pour ma part clairement pas la lecture de l’année, et je doute malheureusement de m’en souvenir bien longtemps. Dommage !

En bref, un livre qui se lit vite, mais qui ne nous laissera pas d’impression impérissable en raison de son trop grand nombre de défauts… On passe !

Laborieux !

Pour marque-pages : Permaliens.

8 Commentaires

  1. Touuuuuuuuuuuuut à fait d’accord! Ce livre sonne creux et l’écriture est maladroite.
    J’ai l’impression d’avoir été vachement + méchante dans ma chronique par contre x)

  2. Je suis tout à fait d’accord moi aussi… Ma chronique arrive ce weekend et elle sera un écho de la tienne !

  3. Bien d’accord avec toi ! Tu as parfaitement mis le doigt sur tout ce qui me posait problème … !

  4. Les défauts que tu as relevé ne me donnent pas très envie de découvrir ce roman… Je préfère lire une autre histoire plus approfondie^^

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