Merfer, China Miéville

merfer

Traduit par Nathalie Mège

Illustration de couverture par Mike Bryan

L’histoire : Dans un monde désertique, une seule voie à suivre : celle du chemin de fer. Et aux côtés du capitaine Abacat Naphi, partir en chasse de Moker-Jack, la taupe géante.Merfer. Un monde apocalyptique, désertique, aux océans mourants à cause d’une catastrophe inconnue, à la terre stérile colonisée par les rats-taupes géants creusant sans cesse des tunnels immenses. À sa surface court un réseau de voies ferrées à l’origine indéterminée et à la destination tout aussi mystérieuse. Et sur celles-ci, un train est en marche, mené par la capitaine Abacat Naphi dans une quête jusqu’au-boutiste, cruciale : trouver Moker-Jack, la plus gigantesque des taupes géantes, à la fourrure ivoire, et qui a emporté le bras de Naphi. Désormais, pour la capitaine au verbe haut, la chasse ne pourra prendre fin qu’avec la mort de son ennemi juré. Embarqué dans cette folle aventure pour sa première chasse à la taupe, le jeune Sham assiste fasciné au ballet des harponneurs et aux mises à mort qui font la gloire des uns et l’infortune des autres. Jamais il ne s’est senti autant en vie que lors de cette extraordinaire expédition sur la Merfer. Jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent face à ce train naufragé, et que Sham découvre dans l’épave les indices de quelque chose… quelque part… une impossibilité, un mystère qui le conduira bien au-delà de ce pour quoi il avait signé. Bientôt, à bord du train lancé dans sa folle odyssée, poursuivis par les pirates et les pilleurs, ils atteindront la fin de la Merfer, l’extrémité du monde connu…

Mon avis : Cela fait un moment que j’entendais parler de China Miéville, sans pour autant avoir jamais ouvert un de ses romans. Je le connaissais comme auteur anti-conformiste, s’affranchissant volontiers des codes et des genres… Quand m’a été offerte la possibilité de lire Railsea (faut dire ce qui est, le titre original claque un peu plus) je me suis donc empressée d’accepter et de me lancer à l’assaut de ce joli pavé…
Et force est de dire que l’on passe un agréable moment. Nous rencontrons Sham, jeune homme en mal de vocation, contraint par ses cousins de s’engager comme apprenti médecin sur le Mèdes, un train taupier sillonnant la Merfer à la poursuite de la philosophie du capitaine Picbaie, Jackie la Nargue. Mais alors que l’équipage aborde un train ayant manifestement déraillé, Sham fait une étrange découverte :  alors qu’il vient de tomber nez à nez avec un cadavre, il trouve une étrange carte mémoire… Contenant des photos non moins mystérieuses. Il n’a désormais plus qu’une idée en tête : retrouver les descendants des occupants du train, afin de leur annoncer la triste nouvelle…
Qu’on se le dise : l’auteur nous offre ici un récit pour le moins foisonnant. Les inspirations sont diverses (l’hommage rendu à Herman Melville ne vous aura, je gage, pas échappé : nous avons ici un Moby Dick revisité, le terrible capitaine Achab étant remplacé par Picbaie et son bras de métal)(oui, j‘ai pensé au cyborg dans La planète au trésor quand cette dernière fait pour la première fois démonstration de tout l’attirail dont elle dispose grâce à ce membre mécanique)(on ne se moque pas), et l’univers imaginé par l’auteur tout simplement énorme : entre roman post-apocalyptique et fantasy urbaine, cette quête initiatique se révèle tout à fait passionnante. Nous plongeons dans un monde tout en nuances de gris, où nos bons vieux océans ont été remplacés par une mer de… Rails. Une mer métallique peuplée de mille et unes créatures foutrement dangereuses, prêtes à dévorer le moindre malheureux posant le pied à terre. Bien que l’on ait peu de détails sur la construction/l’installation de ces rails en tant que telle, les descriptions de cet univers hostile et dangereux m’ont fascinée. Que cela soit au niveau du bestiaire -qui a de quoi faire froid dans le dos- ou de des descriptions des paysages en tant que tel, China Miéville mène parfaitement sa barque : l’immersion est instantanée.
Côté intrigue… C’est ce qui a quelque peu pêché, pour moi. Oui, il y a de l’action. Oui, tout cela est fort intrigant. On suit avec un intérêt grandissant les pérégrinations de Sham, constatant avec ravissement que l’adolescent un peu maladroit et rêveur des débuts laisse progressivement place à un jeune homme plein d’aplomb, d’une détermination sans faille et à même de prendre l’ascendant -dans le bon sens- sur les autres. China Miéville parsème en outre son récit de mystères et, force est de constater… Que l’on a envie d’en savoir plus, tout simplement. De savoir où tout cela va nous mener, de savoir si nous nous trouvons bien dans un univers ayant trait à la fantasy… Ou relevant davantage du post-apocalyptique. Mais j’en dis trop ! Non, bien que j’ai été fort intriguée par tout cela, j’ai trouvé que le roman manquait un chouïa de rythme. Qu’il passait par des pics d’intensité incroyable, pour finir par ralentir… Voir s’enliser, parfois. Et cela a quelque peu bouleversé ma lecture, si je puis dire. Bien que passionnante, elle fut fort décousue… Ambivalent, n’est-ce pas ?
Quoi qu’il en soit, me voilà convaincue que China Miéville est bel et bien un auteur à découvrir. Malgré une lecture parfois compliquée, j’en ressors à la fois admirative et conquise : il me faudra absolument lire ses autres romans, et reprendre celui-ci quand je n’aurai pas des dizaines d’autres choses à penser !

En bref, une lecture intéressante tant sur le fond que sur la forme, avec une intrigue qui saura éveiller votre curiosité… Malgré quelques petites baisses de tensions qui m’ont quelque peu ralentie. Mais les idées sont là, intelligemment ordonnées et orchestrées. Qu’on se le dise, donc : ce roman mérite largement d’être découvert !

 Un bon moment
Un bon moment !

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Un Commentaire

  1. L’auteur m’intrigue depuis longtemps, et ce livre en particulier m’a tapé dans l’oeil ! Mais je sais pas, j’étais pas non plus emballée à fond ! Par contre ta chronique .. wow !! Il a tellement l’air bien !! Je crois que, ça sera un de mes prochains achats :’D Merci 😉

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