La voix du sang, Anthony Ryan (Blood Song #1)

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Traduit par Maxime Le Dain
Couverture par Didier Graffet

L’histoire : Vaelin Al Sorna, héros légendaire du Royaume Unifié, accomplit son dernier voyage. Sur le navire qui l’emmène vers sa condamnation, il raconte enfin son histoire…
Fils du célèbre Seigneur de Guerre, élevé au sein du Sixième Ordre, le jeune homme est confronté dès l’enfance au quotidien rude d’un combattant de la Foi. Entre les maitres sans pitié et les épreuves initiatiques mortelle, il se liera à vie à ses frères d’armes et à celle qu’il n’a pas le droit d’approcher. Guerrier redoutable, général hors pair, le destin de Vaelin dépassera les frontières et fera de lui à la fois un héros et un traitre.

Mon avis : UNE CHRONIQUE ! Incroyable, mais vrai : si vous lisez ces mots, c’est que nous sommes enfin sortis de notre retraite forcée, que la lumière éclatante d’internet a de nouveau sa place dans nos vies. C’est que cela m’a manqué (euphémisme !), de ne pouvoir vous parler de mes lectures ! Ceci dit, vous n’avez pas loupé grand chose : mis à part Blood Song… Je n’ai rien lu. Par manque de temps, mais aussi par la faute d’une vilaine panne de lecture dans laquelle j’ai bien cru m’enliser indéfiniment. Et sans l’aide de Sir Ryan, peut-être aurait-ce été le cas : fort heureusement, il est tombé à pic. 
Dire que ce roman (premier roman, qui plus est !) m’a enchantée serait bien faible, en comparaison des sensations qu’il m’a procuré : Blood Song m’a pour le moins envoûtée. Captivée. Charmée. Hypnotisée, même. De bout en bout, j’ai été fascinée par une intrigue aussi riche que sombre, aussi bien menée haletante. Là où un simple élan de curiosité m’avait poussée à l’ouvrir, c’est une véritable frénésie qui m’a enjoint de le continuer. Et de le finir, au bout milieu d’une nuit agitée, à la faveur de quelque insomnie tombant à pic. Comme souvent quand un auteur réussi à m’emporter purement et simplement dans son imaginaire, j’ai senti mon coeur s’emballer follement, mon souffle devenir de plus en plus court. Rien n’aurait, pourtant laissé présager une telle tempête : ma lecture a débuté parfaitement normalement, peut-être même un peu mollement. Cette façon d’annoncer la fin de l’action dès les premières pages, un univers ne semblant pas détonné de ce que l’on peut lire habituellement… Je m’attendais à une bonne lecture, certes, la plume de l’auteur m’étant particulièrement agréable, et son caractère évocateur n’étant pas pour me déplaire. Mais… Rien de plus. Et pourtant… Aujourd’hui, je vous le dis : c’est un nouveau coup de cœur que je vous présente, un premier tome qui me laisse sur les charbons ardents, mettant terriblement à mal ma décision de ne pas acheter de livres d’ici la fin de l’année. Mais comment résister à la suite, quand celle-ci s’affiche sans honte sur les rayonnages de mon lieu de travail ? Une épreuve m’attend, les amis, et je doute d’en sortir victorieuse.
Comme je vous le disais, Blood Song commence par la fin : le narrateur est alors un scribe chargé d’escorter un criminel de guerre vers le lieu de son jugement. Tueur d’Espoir, ainsi est-il nommé, présenté sous les traits d’une immonde brute avide de sang. Quelle n’est donc pas notre surprise quand à la faveur du récit de sa vie, nous rencontrons… Un enfant. Un enfant abandonné par son père, alors trop occupé -semble-t-il- par les vicissitudes de la guerre pour se charger de l’éducation de son Héritier, préférant le confier au sixième Ordre de la Foi, ces guerriers implacables luttant pour la généralisation de leurs croyances à travers le monde. Au milieu de ses frères d’armes, il devra apprendre et endosser le rôle qu’on lui destine… Ou mourir.
MAIIIIS ! En vrai, vrai de vrai, il va me falloir rapidement la suite. Parce que ce premier tome, là, il est déjà SUPER passionnant, alors qu’il ne fait « que » raconter l’enfance et l’adolescence de Vaelin. Ce qui est, en soi, terrible : j’ai été totalement captivée par le récit de cette enfance meurtrie, amputée. Le Sixième Ordre, compagnie rassemblant des frères guerriers là où d’autres préfèrent former des guérisseurs ou des érudits, ne les ménage absolument pas, lui et ses six compagnons : on ne peut manquer d’être parfois horrifiés devant le sort qui leur est réservé. Bien que nous connaissions l’issue du roman avant même de l’avoir terminé, on ne peut s’empêcher de frémir à l’idée que ce qu’il pourrait lui, leur arriver. Car si l’on s’attache beaucoup à Vaelin (qu’il est loin, l’impitoyable bourreau présenté dans les premières pages !), il en va de même pour ses compagnons : Nortah, Caenis, Dentos, Frentis, Barkus… Bien qu’Anthony Ryan ne soit pas de ces auteurs qui s’attarde beaucoup sur la psychologie de ces personnages, il n’en arrive pas moins à en croquer des portraits saisissants, réalistes : tout le temps qu’a duré ma lecture, il ne m’a fallu que quelques lignes pour me replonger dans le récit, et les voir ainsi apparaitre à mes côtés. Malgré tout, on ne peut oublier ce prologue nous présentant notre personnage principal sous un tout autre jour que ce que les premiers chapitres nous laissent entrevoir : comment a-t-il pu en arriver là ? Notre curiosité étant ainsi éveillée, ne manquait plus qu’une intrigue retorse mais non moins prenante pour l’attiser de plus en plus. Et cela, croyez-moi, l’auteur y arrive parfaitement : à mesure que le récit avance, on comprend que la trame de l’histoire est bien plus vaste que ce l’on avait pu croire de prime abord. Une foule de personnages secondaires intervient alors, impactant l’intrigue sur de multiples niveaux : les bouleversements immédiats, ayant menacé mon cœur d’arrêts cardiaques, et ceux à plus longs termes : l’auteur essaime de multiples indices, s’ouvre d’innombrables pistes que l’on espère emprunter dans les deux prochains opus. L’action s’élargit, rayonnant toujours autour de Vaelin mais ne se concentrant plus son son destin seul, mêlant passé, présent et futur. C’est l’Histoire d’une nation qui nous passionne désormais, l’Histoire d’une religion, aussi, de ses travers et écarts. Anthony Ryan parvient sans mal à donner un souffle épique à ses mots, et nous… Nous, nous embarquons aux côtés de ces guerriers bien trop jeunes pour les voir se tailler un destin à coups d’épées. 

Côté univers, enfin… De multiples questions se posent, et nous n’aspirons qu’à une chose : avoir des réponses, et vite. Le cadre du roman n’est pas, comme je vous le disais, d’une originalité folle… Mais après tout, cela nous importe peu. L’auteur réussi parfaitement à s’approprier les codes du genre pour nous offrir sur un plateau un univers pouvant nous paraitre familier, mais avec une Histoire, des règles, des codes qui lui sont propres. J’ai particulièrement aimé cette aura de mystère entourant la Ténèbre, et le peu d’informations que l’on parvient à glaner : on sent, confusément, que l’auteur se réserve pour la suite, nous préparant un petit tour bien à lui. 
En somme… J’ai adoré. De bout en bout, des personnages à l’intrigue, de la plume au background, j’ai adoré ce roman qui se lit avec une facilité déconcertante. Très honnêtement, je n’étais pas certaine qu’il ne subirait pas, lui aussi, l’impact dévastateur de ma panne de lecture, pensant presque le reposer au bout d’une centaine de pages. Finalement… C’est tout le contraire qui s’est produit, et je n’espère désormais qu’une chose : que la suite soit à la hauteur !

En bref, un premier tome qui m’a terriblement plu : du début à la fin, j’ai été happée par une intrigue riche en rebondissements et en surprises, à la fois bien pensée et très bien menée. On suit avec passion les traces d’un personnage principal parfaitement campé, pour lequel on ne cesse de trembler… A QUAND LA SUITE ?!

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Coup de cœur !

Pour marque-pages : Permaliens.

2 Commentaires

  1. Je suis ravie de te lire et d’autant plus pour un coup de coeur !

  2. Ping :Bilan de Novembre : un mois riche en évènements, pauvre en lectures ! – Les lectures de Bouch'

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