Au pays de l’ailleurs, Tahereh Mafi

AU PAYS DE L'AILLEURS_DVLP_140x220_DOS 29mm.indd

Traduit par Jean-Noël Chatain

L’histoire : Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood. Car Ferenwood est un monde éclatant de couleurs, révélatrices d’un don magique. La blanche Alice n’a donc apparemment aucun don, aucun intérêt : les habitants de ce lieu en ont fait une paria. Aussi lorsque son père, la seule personne qui lui témoigne de la bienveillance, disparaît soudainement, la jeune fille n’a-t-elle plus qu’un seul but : le retrouver.
Pour cela, elle va devoir explorer la mythique et dangereuse contrée un peu plus loin que l’horizon… Elle part avec Oliver, un compagnon de route dont le talent magique consiste à pouvoir tromper son monde. Ce don leur sera-t-il utile Là-bas, un univers sans pitié peuplé de créatures effroyables où rien n’est ce que l’on croit, où les pièges pullulent ? Alice elle-même devra reprendre confiance et utiliser des pouvoirs cachés que nul n’avait décelé chez elle.
Reverra-t-elle son père et pourra-t-elle enfin mettre des couleurs sur sa vie ?

Mon avis : De Tahereh Mafi je connais, comme beaucoup, sa célèbre (et très bonne, m’est avis) trilogie Insaisissable. Une trilogie dont il me reste encore le troisième tome à lire, soi dit en passant ‘_’ Quand j’ai découvert qu’elle avait écrit un nouveau roman, je dois bien avouer avoir été fort curieuse : que nous réservait-elle cette fois-ci ? Allait-il être dans la même lignée, ou totalement différent ? Je m’y suis plongée sans trop d’aprioris, charmée par cette couverture tout à fait poétique…
Et même si je ne m’attendais pas à un vague remake d’Insaisissable, quelle n’a pas été ma surprise de constater que ce nouveau récit changeait drastiquement de ce que l’auteure avait pu réaliser auparavant ! Nous avons en réalité affaire ici à un clin d’œil très appuyé du célèbre conte de Lewis Carroll : Alice, presque douze ans, vit dans la contrée de Ferenwood, ce pays où toute couleur est synonyme de magie. Mais Alice, d’une blancheur quasi éclatante, y est une paria : que pourrait-elle bien cacher sous cette pâleur extrême, hormis une absence de don affligeante ? Alors que son père, l’unique personne a lui avoir jamais témoigné de l’amour, est porté disparu depuis bientôt trois ans, Oliver vient la trouver : cet ancien camarade de classe affirme avoir retrouvé sa trace. Mais pour le ramener à Ferenwood, la présence d’Alice est obligatoire… Notre jeune héroïne se lance donc à l’assaut de cette quête un peu désespérée, ne se doutant pas une seconde qu’elle la mènerait là où elle n’aurait jamais songé aller : au dangereux pays de l’Ailleurs…
Mettons les choses à plat tout de suite : si vous souhaitez vous lancer dans ce roman, oubliez totalement la précédente série de l’auteure. Cela n’a STRICTEMENT rien à voir. Ni dans la fond, encore moins dans le forme… C’est tout juste si l’on ne s’imagine pas qu’il s’agit de deux écrivains totalement différents. Une fois cela fait, ouvrez bien graaaand votre imaginaire. Mettez votre rationalité de côté, oubliez votre logique, et préparez vous à lire un texte confinant -parfois- à l’absurde. Et maintenant… Installez vous confortablement, au chaud, et fermez-vous au monde extérieur : Alice n’attend que vous ! Je dois bien avouer que les premiers chapitres m’ont totalement déroutée, ce pourquoi j’ai mis une bonne semaine à lire ce roman. Je ne comprenais absolument pas où l’auteure voulait nous emmener, et restais très dubitative devant cette narration pour le moins… Non conventionnelle. Et puis… J’ai lâché prise. J’ai lâché prise, et je me suis mise à apprécier Alice, à attendre avec impatience le moment où je pourrais enfin me replonger dans ses aventures. Moi qui pensais signer une déception, c’est finalement d’une très bonne lecture que je ressors. Et oui !
Contre toute attente, c’est le côté profondément onirique du récit qui m’a séduite, celui-là même qui m’empêchais pleinement d’apprécier ma lecture les premiers temps : une fois mon hébétude première passée, je me suis laissée porter par ce conte à la fois fort original et bourré de tendresse, séduite par une héroïne aussi attachante qu’inhabituelle. Ouvrir Au pays de l’Ailleurs, c’est un peu comme plonger la tête la première dans un arc-en-ciel : la plume si particulière de Tahereh Mafi nous ouvre les portes d’un monde puissamment coloré, dont les descriptions nous laissent émerveillés. L’univers qu’elle imagine m’a beaucoup plu, et si elle ne lésine pas sur les détails, j’en aurais tout de même voulu davantage : il y a tant à dire, tant à faire dans un environnement offrant de telles possibilités !
Côté action, ce n’est pas finalement pas la rencontre entre Alice et son père qui prime, mais bien tout ce qui précède : son périple avec Oliver, leur relation qui évolue au fil des chapitres, et la façon dont eux-mêmes affrontent leurs propres démons, voilà qui constitue le véritable sujet du récit. Je mentirais en déclarant n’avoir pas été frustrée par une fin quelque peu expéditive mais, au fond… Il ne s’agit à mon sens que d’une conclusion, certes un peu rapide, mais tout à fait logique et, mieux, parfaitement juste. Je la perçois ainsi : ce n’est finalement pas l’aboutissement qui compte par dessus tout, mais tout le cheminement qui y mène. Et quel cheminement ! Tahereh Mafi n’y va pas de main morte, et c’est le moins que l’on puisse dire : ses héros vont aller de rebondissements en retournements de situation, les péripéties s’enchainant à un rythme effréné. Difficile, dans ce cas, de lâcher notre lecture : plus l’on avance, et plus l’on a envie d’avancer. Des têtes de chapitres aux noms improbables aux situations burlesques rencontrées par nos deux jeunes gens, tout est fait pour attiser notre curiosité et nous pousser à dévorer quelques pages supplémentaires 🙂
S’il y a bien un petit goût de trop peu, je ressors donc de cette lecture globalement plus que séduite : j’ai été vraiment ravie de voir que l’auteure était capable de sortir de sa zone de confort pour nous offrir un roman à la fois audacieux et original, qui pourrait tout à fait plaire aux plus jeunes lecteurs… Comme aux plus grands 🙂 L’héroïne, malgré un aplomb désarmant pour une enfant de douze ans, m’a totalement charmée avec son caractère frais et virevoltant, et j’ai aimé la voir grandir et s’affranchir de ses peurs et de ses doutes. Ce n’est pas un coup de cœur, mais… On en est vraiment pas loin !

En bref, Tahereh Mafi a su me surprendre, et en bien. Au pays de l’ailleurs est un récit tout en couleurs, pétillant et vivifiant. Tout à fait original et différent de ce que l’auteure a pu écrire jusqu’ici, il réussi le pari audacieux de s’affranchir totalement des carcans de la fantasy jeunesse, tout en faisant un clin d’œil réussi au fameux Alice au pays des merveilles. Moi, j’adore !

On en redemande
On en redemande !

En plus : les chronique du Boubangle,  Saefiel et Allisonline !

Pour marque-pages : Permaliens.

4 Commentaires

  1. Je l’ai commencé et je n’arrive vraiment pas à rentrer dedans. J’hésitais à forcer un peu mais vu ta chronique je pense que je vais pousser un peu plus loin ma lecture ☺

  2. En plus d’Alice au Pays des Merveilles, j’ai aussi beaucoup pensé au Magicien d’Oz perso. En tout cas, ce livre est définitivement une merveille! Je me suis régalée l’imagination :p
    J’ai vu pleins d’avis négatifs… Sérieusement j’comprends pas oO D’ailleurs je vais voir la chro de Sae parce que je crois qu’elle n’a pas accroché. QUOI? PARDONNN? SAE DÉMISSION! haha

  3. Je vois qu’on a eu le même ressenti! Comme toi, j’ai dû lâcher prise pour pleinement apprécier ce roman et c’est clair qu’il ne faut pas du tout penser à la saga précédente de l’auteure 🙂

  4. Cela tombe bien puisque je n’ai encore rien lu de Tahereh Mafi ! Et puis l’idée du lâcher prise me séduit assez, étant assez récalcitrante dans ce domaine, j’ai bien envie de tester mes limites avec ce titre ^_^
    Merci, et bonnes fêtes de fin d’année 🙂 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *