Le Choix, Paul J. McAuley

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Traduit par Gilles Goullet

L’histoire : Ils sont amis depuis toujours, ils ont seize ans ou presque. Damian vit et travaille avec son père, éleveur de crevettes et cogneur d’enfants. Lucas s’occupe de sa mère, ancienne passionaria d’un mouvement écologiste radical clouée au lit par la maladie dans la caravane familiale. Le monde est en proie à un bouleversement écologique majeur — une montée des eaux dramatique et une élévation de la température moyenne considérable. Au cœur du Norfolk noyé sous les flots et écrasé de chaleur, la rumeur se répand : un Dragon est tombé du ciel non loin des côtes. Damian et Lucas, sur leur petit voilier, entreprennent le périlleux voyage en quête du mystérieux artefact extraterrestre, avec en tête un espoir secret : décrocher la clé des étoiles…

Mon avis : Ne vous avais-je pas dit, que je finirais par craquer ? Que je finirais par craquer pour cette superbe collection sortie tout droit de chez Le Bélial, et magnifiquement illustré par Aurélien Police ? SI ! Et c’est chose faite, avec cette petite nouvelle de Paul J. McAuley. Un auteur dont j’ignorais jusqu’au nom il y a encore quelques semaines, et que je suis désormais bien décidée à découvrir de manière plus approfondie : parce que, disons-le tout net, ce texte m’a beaucoup plu.
L’auteur nous présente un futur indéterminé, dans lequel la Terre est en bien mauvaise posture : montée des eaux impossible à enrayer, augmentation effrayante de la température moyenne… Il semblerait bien que la race humaine ait à payer pour ses errements. Ou aurait eu à le faire, si des extraterrestres n’étaient venus les tirer de ce mauvais pas : en les fournissant en technologies de pointe et en leur offrant la possibilité d’aller sur d’autres planètes, ces bienfaiteurs ont offert aux hommes un répit bienvenu, sans pour autant endiguer totalement la catastrophe. Pour les aider, notamment, des dragons… qui sillonnent les océans, traquant le moindre déchet. Et, justement, l’un d’entre eux vient de s’échouer tout près de Norfolk. Suscitant curiosité et convoitise, l’incident fait rapidement naitre les rumeurs les plus folles. Pour en avoir le cœur net, Damian et Lucas, deux jeunes garçons de 16 ans, décident d’entreprendre un véritable périple afin de voir la bête de leurs propres yeux… Et, qui sait, peut-être trouver un échappatoire à cette vie trop monotone qui ne leur sied guère.
C’est une fable humaniste que nous conte ici l’auteur, qui dérange parfois et fait grincer des dents. Nous découvrons une Terre ravagée, au bord de l’asphyxie… Et qui ressemble fort à la nôtre, quelques dizaines d’années plus tard. L’auteur campe fort bien son univers, pour un récit au format aussi court : il va droit au but, ne s’embarrasse pas d’explications inutiles et réussi le très joli coup de nous en donner assez… Tout en ayant envie de plus : pas de goût de trop peu ici, mais une saine envie d’en savoir davantage sur ces mystérieux extraterrestres et ce qui les entoure. Les questions que l’on se pose n’entrave en rien notre plongée dans l’intrigue, et c’est avec un intérêt grandissant que je me suis plongée dans cette nouvelle post-apocalyptique, mâtinée de considérations écologiques.
Au centre de celle-ci, donc, deux garçons : Damian vit avec son père, et lui sert régulièrement de défouloir. Lucas, lui, ne prend pas de coups… Mais s’occupe de sa mère infirme, écologiste convaincue et anti-extraterrestre virulente. Coincés dans une vie qui n’offre que peu de perspectives, nos deux jeunes gens ne vont pas se faire prier pour partir  un peu à l’aventure… Et devront, dès lors, assumer les conséquences de leur choix. Cette novella est ainsi divisée en deux temps : l’avant voyage, permettant à l’auteur de poser son cadre et de nous familiariser avec les protagonistes. Et l’après, où les choses s’emballent quelque peu, nous laissant le souffle court. Où la quête initiatique commence, de la plus terrible des façons : que choisir, entre l’espoir d’une vie meilleure, et la conservation de nos acquis ? J’ai été touchée, véritablement, par ces deux adolescents que l’on ne comprend que trop bien. Bien plus touchée que je n’aurais pu le croire, avec un texte aussi court. La narration est empreinte de poésie, mais nous frappe avec violence. Une violence désespérée, face à laquelle je n’ai pu que serrer les dents. C’est beau, dur, et surtout criant de vérité : une superbe découverte, en somme.

En bref, cette novella m’a prise aux tripes, avec ces quelques quatre-vingts pages. Paul J. McAuley réussi le pari fou de nous subjuguer en un temps record, nous offrant un récit aussi dramatique que criant de vérité. Parle-t-on réellement de SF, ici ? On peut se le demander…

On en redemande
On en redemande !

Pour marque-pages : Permaliens.

3 Commentaires

  1. « Le Choix » : très bon choix. 🙂

  2. Ce livre a l’air original et captivant^^

  3. J’ai déjà lu deux livres de cette collection et je sens que je ne vais pas m’arrêter là… ce que tu dis sur Le choix me le confirme ^^

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