La fenêtre de Diane, Dominique Douay

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L’histoire : Aux confins de la galaxie dérive une planète artificielle, Le Livre, dont la fonction est de conserver, tout au long de ses interminables galeries que parcourent les marques-pages, l’histoire de toutes les Terres qui composent la Protée. Ces déplacements ne sont cependant pas sans risques : en témoignent les fantômes errant dans les profondeurs du Livre, voyageurs imprudents ou intelligences artificielles.
Je m’appelle Gabriel Goggelaye et je vis bien longtemps avant qu’on ne découvre Le Livre. Pour moi, il y a une Terre et une seule. Des personnages fantomatiques, il m’arrive d’en voir. Certains obéissent à la Voix, d’autre pas. En face de mon bureau, il y a une fenêtre, et derrière cette fenêtre, il n’y a rien. Un jour, je briserai l’une des vitres et je pénétrerai dans ce lieu qui n’existe pas.

Mon avis : Attention… Olni ! Cela fait bien longtemps que je n’étais pas tombée sur un roman m’ayant déroutée à ce point. Comme beaucoup, c’est à l’occasion de l’intervention de l’auteur dans La grande librairie que j’ai découvert ce roman (c’est en fait ma collègue qui m’en a touché deux mots, de manière tout à fait convaincante, faut-il le préciser), tout à fait intriguée par ce résumé fort mystérieux. Ajoutez à cela qu’il fut sélectionné pour le GPI 2016… Et vous comprendrez pourquoi je n’ai pas perdu de temps pour me le procurer.
Commencé en milieu de semaine dernière, ses trois cents pages m’ont occupée durant de longues heures : une fois encore, c’est un ouvrage à la fois exigeant et dense que nous offrent Les Moutons électriques, dans lequel il ne faudra pas se plonger en dilettante : soyez tout à votre lecture ou ne soyez pas, au risque de vous perdre, vous aussi, dans les méandres du Livre… Malgré tout, je ne pourrais le comparer à un Manesh ou un Même pas mort : relevant davantage de la SF, La Fenêtre de Diane est en outre plus… décousu, si j’ose dire. L’intrigue y est en effet tout sauf linéaire (bien que ce ne soit pas le cas dans les deux autres également, même si c’est dans une toute autre mesure), l’auteur alternant passé et futur, narration principale et secondaire… Ne vous avais-je pas dit qu’il fallait être concentré ?
Parlons-en, justement, de l’intrigue. Elle met en scène le Livre, cette planète mystérieuse conservant trace de toute la Protée, autrement dit de toutes les Terres ayant ou pouvant exister. Les hommes ont appris à s’y déplacer, à l’aide de marques-pages pouvant leur faire visiter n’importe quel espace-temps de cette infinité de mondes. Mais l’affaire n’est pas sans risque : trois hommes ne se connaissant ni d’Eve, ni d’Adam, vont ainsi se retrouver bloqués sur l’une de ces Terres, pouvant s’y déplacer (aussi bien dans l’espace que dans le temps) à loisir mais ne pouvant en aucun cas la quitter. Chacun poursuivra donc son propre chemin, avec l’espoir de pouvoir, un jour, quitter ce fil qui les retient…Et c’est ainsi qu’arrive notre personnage principal : Gabriel Goggelaye, homme un peu « fade » s’il en est mais possédant l’immense qualité de pouvoir voyager dans le temps, modifier à loisir le présent en plus de guérir les maux les plus délicats (sans en être conscient, du moins au début). C’est donc lui que nous allons suivre principalement, sur le chemin de son initiation…
Lâcher-prise : je crois que c’est une notion que l’on devra absolument avoir à l’esprit avec ce roman, pour l’apprécier à sa juste valeur. Admettre que l’on ne comprend pas tout, tout de suite. Admettre que l’auteur a choisi de construire son livre tel qu’il assemblerait un puzzle, à ceci près qu’il ne commence pas par les bords, mais par le milieu. Admettre que les méandres de son intrigue seraient bien moins mystérieux et, disons-le, séduisants, si l’on cherchait à tout prix à les exposer en pleine lumière. Son récit est hypnotique, à la lisière entre plusieurs genres, ne ressemblant à aucun autre roman que j’ai pu lire jusqu’à présent. Je n’y ai pas trouvé ce que j’attendais (ah, les idées préconçues !), mais bien davantage : une fenêtre sur un monde multiple, changeant, une fenêtre sur une expérience à la fois unique, déstabilisante, et profondément passionnante. A relire, sans conteste !

En bref, une lecture qui me restera longtemps en mémoire, pour son côté profondément déroutant et unique !

On en redemande
On en redemande !

Pour marque-pages : Permaliens.

3 Commentaires

  1. Whoua en effet il semble vraiment atypique !

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