Manesh, Stefan Platteau (Le sentier des astres #1)

Manesh

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L’histoire : Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

Mon avis : Après DévoreurManesh ! Si vous passez régulièrement par ici, vous n’avez pu manquer d’apercevoir ma chronique sur mon premier coup de cœur de l’année. Tombée amoureuse de la plume de Sir Platteau, je me suis allègrement jetée dans de le premier tome des Sentiers des astres, série publiée chez nos chers Moutons électriques. Et que vous dire, sinon que… C’est une pure beauté ?
L’histoire nous est contée par Fintan Calathynn, beau-parleur et Barde de son état, engagé sur la gabarre du capitaine Rana. Accompagnés d’une poignée d’hommes, la troupe remonte le fleuve serpentant au cœur de la forêt du Vyanthryr, en quête du Roi-diseur, oracle renommé et insaisissable, qu’elle espère capable de leur délivrer un savoir à-même de renverser le cours d’une guerre qui n’a que trop duré. Alors que le voyage s’éternise et que les hommes sont en passe de se laisser gagner par la monotonie du quotidien, les eaux leur réservent une bien drôle de surprise : un pauvre hère, ligoté à une branche, dérive sans montrer signe de vie. Prestement repêché, l’homme est particulièrement mal en point. Mais qui est-il, d’où vient-il ? Alors qu’il se remet doucement, grâce aux bons soins du Barde, sa langue se délie. Et un bien étrange récit prend corps…
Que l’on se dise une chose : je pensais bien, avec Dévoreur, tenir à portée de regard une plume capable de rivaliser avec celle de Jean-Philippe Jaworski, Magali Villeneuve ou Mélanie Fazi, pour ne citer qu’eux. C’est chose actée avec Manesh : Stefan Platteau écrit décidément merveilleusement bien. Mieux : il conte. Il conte avec talent et génie, nous laissant grisés, subjugués. Qu’il tienne la longueur sur cent pages, admettons. Mais son style ne faiblit pas un instant sur la totalité de ce premier tome, et c’est un régal à lire. Un pur plaisir pour les amoureux des mots, vous pouvez me croire sur parole.
Pour autant, méfiance : c’est que je ne le conseillerais pas à tout le monde, le bougre ! L’auteur nous livre là un récit exigeant, d’une qualité indéniable mais d’un abord peu évident : l’action y est rare et, si l’intrigue est profondément séduisante, certains pourraient s’en trouver déconcertés : c’est tout un univers que S. Platteau met en place à travers ce premier tome, un univers résultant d’un syncrétisme mythologique proprement fascinant. Et si l’ambiance générale n’a pas été sans me rappeler celle de Même pas mort (les deux récits ont un petit côté celtique particulièrement marqué), j’ai pris un plaisir fou à découvrir comment l’auteur avait soigné l’arrière plan de son intrigue au maximum. La narration, elle, alterne entre Fintan, dépeignant la situation présente et l’évolution des deux gabarres, et Manesh, revenu d’entre les morts et quelque peu contraint de lui révéler son passé. Les informations sont délivrées au compte-goutte, mais qu’importe : c’est tellement bien pensé et bien mené que l’on se laisse bercer, simplement.
Et puis… Cette fin ! Cette fin qui nous met au supplice, où tout se précipite ! Où l’on lit avec acharnement, quand on a savouré les 400 pages précédentes ! Où l’on se dit « Mais-que-mais-quoi-mais-non !!!! », en pensant aux longues semaines qui nous séparent encore du deuxième opus ! A croire que le monsieur a pris des cours de sadisme auprès du maitre en la matière, ainsi ai-je nommé le très révéré M’sieur Katz. Et ça, je peux vous dire que c’est pas cool. Pas du tout, du tout.
Quoi qu’il en soit, si vous n’avez pas encore découvert Manesh, ne perdez pas davantage de temps. Parce que vous avez tout à y gagner et, surtout, surtout, un moment de lecture complètement hors du temps. Assurez-vous d’avoir quelques journées de libres devant vous, car ce n’est pas une lecture que l’on précipite : on s’en délecte, plus que de l’expédier. Mais, croyez-moi… Cela en vaut largement la peine 😉

En bref, un roman grandiose. Tant par son habileté à nous conter un récit d’une rare inventivité que par sa prose simplement merveilleuse, Stefan Platteau m’a subjuguée. Encore. Toujours.

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Coup de cœur !

A venir : la chronique de mon Alli-chou chérie !

Pour marque-pages : Permaliens.

5 Commentaires

  1. Rhaaaaaaaaaaaaa, vivement les Imaginales que je m’achète Manesh et le suivant ! Dieu que tu fais envie ! J’avais moi aussi adoré la poésie de Dévoreur

  2. Ahhhh mais comment résister devant pareil avis ! =)

  3. Rhoo comme j’avais adoré ma lecture aussi.
    Tu rends honneur à l’auteur avec ta chronique. Tu en parles vraiment bien.

    Et donc, j’ai le tome 2 dans ma besace depuis début mai 🙂
    Hiiii Stefan Platteau était donc présent aux Anthisnoises (Belgique), je ne pouvais pas rater l’occas d’aller lui reparler un peu! (et surtout de l’entendre parler de ses livres).

  4. Mais c’est que tu donnes terriblement envie ! Il y a des grandes chances qu’un ouvrage du monsieur rejoigne ma bibliothèque avec les Imaginales. Il vaut mieux commencer par Le Devoreur, non ?

  5. Je dois donc me préparer psychologiquement à ce que celui-ci rejoigne ma bibliothèque, lorsque Dévoreur en sortira… C’est bon à savoir, merci 🙂

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