La sentence de verre, S.E. Grove (Les Cartographes #1)

Les cartographes

Traduit par Sophie Dabat

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Dans ce monde bouleversé, les États-Unis sont au XIXe siècle, le Groenland est plongé dans la Préhistoire, l’Afrique du Nord est revenue au temps des Pharaons… Quelle est la carte qui permettra de réunifier le monde en une seule et même époque ?
Sophia vit à Boston, en Nouvel Occident. Depuis huit ans, lorsque ses parents explorateurs ont disparu en mission, elle est élevée par son oncle Shadrack, le plus célèbre cartographe de Boston. Mais voilà qu’il est brutalement kidnappé… La jeune fille s’élance alors sur ses traces. Elle n’a qu’une piste : une mystérieuse carte de verre accompagnée d’un message, que Shadrack est parvenu à lui laisser. Avec son nouvel ami Théo, elle va traverser terres, mers… et se confronter à des mondes complètement différents.

Mon avis : … Gare à vous, lecteurs de tout horizon, ce roman ado ENVOIE DU LOURD ! C’est Emily, de chez Café Powell, qui me l’a fait découvrir : sa chronique était assez dithyrambique, il faut l’avouer. N’écoutant que ses sages paroles, je me suis donc précipitée sur ce petit pavé de cinq cent et quelques pages, l’eau à la bouche et l’œil affuté. Et… BINGO ! On frôle le coup de cœur avec ce roman à la fois terriblement original et très prenant, qui plaira aussi bien aux petits… Qu’aux grands !
Sophia vit dans un monde morcelé : il y a près d’un siècle, le Grand Bouleversement s’est produit… Détruisant frontières physiques et temporelles, et amenant ainsi à cohabiter une multitude d’époques disparates : alors que des neiges préhistoriques paralysent le nord de l’Amérique, l’Afrique est revenue aux temps des pharaons, quand les États-Unis se situent davantage aux alentours du XIXe siècle… Une aubaine pour les explorateurs sillonnant le monde de part en part. Des voyages qui ne se font d’ailleurs pas sans risque : les parents de Sophia ne sont ainsi jamais revenus d’une de leur mission, laissant leur fille aux bons soins de son oncle, Shadrack Elli, cartographe réputé pour son savoir faire et la beauté de ses créations. Mais lorsque celui-ci disparait à son tour brutalement, la jeune fille n’hésite pas un instant et se lance à sa recherche… Quitte à aller au bout du monde pour le retrouver.
La richesse de ce roman tient -essentiellement- à deux choses : un concept de départ totalement ahurissant, et la capacité de l’auteure à le développer correctement. C’est ambitieux, culotté, et simplement génial : non mais, rendez-vous compte ! Un monde dans lequel les frontières temporelles sont abolies, où quelques milliers de kilomètres à peine séparent la Préhistoire de la Renaissance, l’Égypte ancienne des machines à vapeurs du XIXe ! Un monde dans lequel la cartographie a été érigée au rang de science, d’art, où les cartes se dessinent non seulement sur du papier, mais aussi sur du tissu, du verre… De l’eau ! Où l’on ne cartographie pas seulement les lieux, mais aussi les souvenirs, la météorologie… Le passé, le présent, le futur ! Pour la passionnée d’histoire et d’aventures que j’étais, que je suis, je peux vous dire que c’est un véritable régal.  Passés les premiers instants d’hébétude, on est totalement happé par cette intrigue nous faisant à la fois voyager dans l’espace et le temps : si le pitch de départ n’est pas forcément évident à saisir d’emblée, tout ou presque s’éclaire dès que l’on attaque la lecture. Et quelle lecture, je vous prie ! Si je n’avais pas été contrainte de poser mon roman, je l’aurais volontiers dévoré d’une traite. S.E. Grove nous livre une intrigue tout à fait passionnante, et l’on ne demande qu’une chose : en lire davantage ! Car, avec ce premier tome, l’auteure prend bien garde à ne pas dévoiler toutes ses cartes : je dirais même qu’elle n’explore une infime partie des possibilités qu’elle s’est ainsi offerte en créant un tel univers. Et tant mieux : la suite promet d’être, elle aussi, captivante.
Je me suis de suite attachée à Sophia, il faut l’avouer : cette jeune fille un brin décalée m’a beaucoup plu, et s’est révélée particulièrement empathique. J’ai trouvé son personnage à la fois bien construit et crédible, loin de ces jeunes héroïnes un poil nunuches, prêtes à avaler n’importe quelle couleuvre. Non, Sophia est débrouillarde, intelligente, courageuse… Et a bel et bien treize ans : pas de réactions totalement disproportionnées au regard de son âge, et c’est foutrement appréciable, croyez-moi. Nous la découvrons plus avant au fil de notre lecture, celle-ci grandissant par la force des choses : les situations qu’elle affronte sont loin d’être évidentes, et elle va non seulement partir en quête de son oncle… Mais aussi d’elle-même. Heureusement qu’elle est bien épaulée : bon nombre de personnages secondaires gravitent autour de notre héroïne, tous aussi attachants les uns que les autres. Ma préférence va pour Shardrack, le tonton dont on rêve toutes et tous : à la fois un peu fou et profondément bienveillant, il est aussi assez mystérieux : j’ai beaucoup aimé ses interventions, même si j’aurais aimé en apprendre plus sur lui ! Fort heureusement, tout laisse présager que la suite lui laissera une place importante dans l’intrigue ❤️
Au final… Pourquoi l’a-t-on simplement frôlé, ce coup de cœur ? Je vous assure, il ne manquait pas grand chose. Mais j’ai parfois (parfois !) eu un peu de mal à me projeter. Notamment dans les Caraïbes unis, où je n’ai pas vraiment perçu le changement d’époque. J’aurais aimé que ce soit un peu plus poussé, que les détails soient un peu plus creusés : matériellement comment cela se présente t-il ? La méthode du botaniste impérial -datation des sols- fut-elle la seule utilisée pour déterminer les différents âges ? Bref, j’ai trouvé le concept tellement bien que j’aurais voulu que le background soit davantage fouillé. Mais n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’un roman jeunesse… Et du premier tome d’une série : je suis certaine que je trouverai les réponses à mes questions dans les suivants 😀

En bref, une lecture PAL-PI-TANTE ! Je me suis régalée avec ce premier tome, et si deux-trois petites choses m’ont manqué pour en faire un véritable coup de cœur, j’ai passé un EXCELLENT moment : La sentence de verre est un roman jeunesse comme on les aime, à la fois bourré d’action et très bien foutu. Chère Miss Grove, bravo !

On en redemande
On en redemande !

las cartographes carte2

Pour marque-pages : Permaliens.

10 Commentaires

  1. Ce livre me fait trop trop envie depuis un petit moment maintenant!

  2. Eh bien quelle critique! Et hop, direct dans la wish (vilaine tentatrice 😉 )^^

  3. J’adore le pitch et je pense qu’il peut me plaire =)

  4. Rho, ça a l’air vraiment bien !

  5. J’ai beaucoup aimé aussi mais j’ai trouvé certains passages un peu trop ardus et déroutant. Je m’y perdais parfois. Hâte de lire la suite 🙂

  6. Ce livre est une des sorties Nathan de l’année dernière qui me tentait le plus!!! On me l’a offert pour mon anniversaire et j’ai vraiment hâte de découvrir cet univers qui a l’air d’en mettre pleins les mirettes. Ta chronique renforce le fait que je devrais me régaler avec cette lecture. J’espère vraiment aimer. Bisous Bouchon. ^^

  7. On peut dire que tu sais donner envie encore une fois!!! J’adore la couverture en plus 🙂 mais je vais être raisonnable et plutôt attendre que la suite sorte!

  8. J’ai aussi lu une autre très bonne chronique au sujet de ce roman et la tienne me donne encore plus envie de lire ce premier tome 🙂 il est déjà dans ma wish list mais je vais me pencher un peu plus sur ce roman maintenant 🙂
    Superbe chronique 🙂
    Bonne prochaine lecture à toi 🙂

  9. Aurélie Sinoir

    Encore une belle découverte. Peux tu lire plus de trucs nuls pour que ma WL n’augmente pas de façon exponentielle? :p

  10. Rien qu’en regardant la couverture, j’ai des petites étoiles dans les yeux *_* Alors si le contenu est bon aussi, l’effet paraît garanti 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *