Silo, Hugh Howey

Silo

Traduit par Yoann Gentric & Laure Manceau

Se le procurer :
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L’histoire : Dans un futur postapocalyptique indéterminé, une communauté d’hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l’atmosphère y est désormais irrespirable. Les images de mauvaise qualité relayées par d’antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l’illusion.
Pourtant, certains continuent d’espérer. Ces individus, dont l’optimisme pourrait s’avérer contagieux, représentent un danger potentiel. Leur punition est simple. Ils se voient accorder cela même à quoi ils aspirent : sortir.

Mon avis : Haaaa, Silo. Silo, Silo, Silo. C’est d’abord la représentante d’Hachette qui m’en a parlé, le présentant comme la réédition d’un des titres les plus prometteurs en matière de dystopie. Et puis, je l’ai aperçu chez Cajou, et j’ai définitivement été ferrée : il me le FALLAIT. J’ai ainsi repoussé certaines de mes lectures les plus pressantes pour m’y plonger… Et la chose ne fut pas aisée. Du tout.
Une terre hostile, ravagée par des vents violents et des nuages toxiques. Au centre de celle-ci, un silo. Un silo de 144 étages, abritant une colonie humaine de quelques milliers d’âmes, avec pour seule connaissance du monde extérieur ce vaste écran affichant toujours la même vue, relayée par des caméras hors d’âge, se couvrant peu à peu d’une poussière compacte. Parmi toutes les règles coercitives visant à maintenir la paix au sein de la ville, une fondamentale : ne jamais, jamais manifester son envie de sortir. Sous peine d’être expulsé, avec juste assez de temps devant soi pour mettre un coup de chiffon sur le capteur des caméras…
… ALLEZ, J’RIGOLE ! Enfin, juste à moitié : le début fut très, très laborieux. Pendant un temps, j’ai même songé à abandonner, dites ! Et pourtant, chose assez paradoxale, je trouvais ma lecture vraiment intéressante. Mais… l’action me paraissait vraiment lente. Lente à se mettre en place, lente à m’imprégner. Pendant… Deux cents pages ou presque, je dirais, j’ai donc trimé. Dur. Mais le potentiel était là, et je ne voulais pas lâcher prise. Et, soudain… Tout s’est débloqué. Et à un point tel que j’ai fini ma lecture à deux heures du matin, si captivée que je n’ai pas vu le temps passer. Pour un retournement de situation, c’en est un !
Il faut dire que, véritablement, Hugh Howey nous offre un récit tout à fait excellent : contrairement aux dystopies que j’ai pu lire jusqu’à présent, qui restaient somme toute assez « ado », Silo va jusqu’au bout des choses : le background est tout à fait maitrisé, creusé à souhait. Les personnages sont parfaitement croqués, dotés d’une matérialité indéniable, et loin d’être manichéens : on en aime certains autant qu’on en déteste d’autres, mais tous sont dotés d’une part d’ombres et de lumière. L’action, plutôt que lente, prend son temps pour se mettre en place, et ne faiblit pas à un seul instant une fois lancée. L’intrigue fourmille de questions et de mystères, de revers et de tournants, qui pousseront le lecteur à se creuser les méninges pour démêler le vrai du faux. Du bon, du très bon, du tout bon !
Nous pénétrons donc dans cette colonie formée au sein d’un immense cylindre en béton, sans savoir comment les choses ont pu dégénérer pour en arriver à ce point. Pour la plupart des habitants, nulle question : la vie suit son cours, uniquement rythmée par les nettoyages occasionnels et les bruits de pas sur l’immense escalier parcourant le silo dans toute sa hauteur. Quant aux autres… A trop poser de questions sur l’extérieur, ils finissent invariablement par s’y retrouver, promis à une mort aussi certaine qu’atroce. C’est ainsi que nous rencontre Holston, shérif en exercice et mari dévasté : sa femme gît maintenant depuis trois ans à l’extérieur du Silo, après avoir fait des découvertes cruciales sur le pouvoir en place. Comme Allison avant lui, Holston va demander à sortir… demande entrainant une réaction en chaine : le temps de l’insurrection est arrivé. Peu à peu, l’ordre bien établi du Silo va se désagréger, le masque des convenances partir en lambeaux : tout comme les personnages principaux, nous comprenons rapidement qu’il y a bien plus à cacher que ce que l’on veut bien nous dévoiler. L’atmosphère du roman devient peu à peu de plus en plus oppressante, crispante : on ne tarde pas à se ronger les sangs, incapables d’envisager la suite du roman. Plusieurs fois, j’ai retenu mon souffle, totalement happée par l’action, incapable de détourner mon regard du destin de ces personnages auxquels je n’avais pas tardé à m’attacher. Après avoir mis une bonne semaine à lire les deux cents premières pages, j’ai lu les deux cents dernières d’une traite, au beau milieu de la nuit, le cœur battant la chamade et l’esprit entièrement tourné vers cette tour de béton et de ferraille. Avec, en refermant mon livre, une seule idée en tête : me procurer la suite 😅

En bref, après un début qui ne laissait pas présager grand chose de bon, j’ai été totalement happée par ma lecture : Hugh Howey nous offre une dystopie de haut vol, aussi bien construite dans le fond que dans la forme. Les amateurs du genre s’y retrouveront sans peine, avec un plaisir d’autant plus grand si les dystopies actuellement en vogue vous paraissent un brin survolées !

On en redemande
On en redemande !

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9 Commentaires

  1. Ah ? Je l’avais abandonné moi, zut, j’aurai peut-être du me forcer un petit peu ! Je retenterai l’expérience un de ces 4 😉

  2. Bah mince, moi j’ai été happée dès le début. Heureuse de voir que tout s’est débloqué : et crois-moi ces 200 pages de galère vont te servir pour toute la trilogie 😉 (oui, tous ces menus de détails de fonctionnement du silo). En tout cas, j’ai beaucoup aimé cette saga !

  3. Ping :Sunday’s Books #61 – Les lectures de Bouch'

  4. Je veux lire!!!!!!! On me l’a prêté, j’ai hâte de le découvrir 🙂

  5. Je n’ai lu que peu de dystopie mais je pense que celle-ci plus adulte, me plairait beaucoup =)

  6. Un titre que j’aurais pu zapper… mais une illustration qui a su me captiver.
    J’ai lu ton avis avec intérêt et voilà que moi-aussi je « suis ferrée »… même si le début de ce roman paraît éprouvant ! J’ai aimé dans ta chronique le côté dystopie recherchée, pas trop « ado » avec ce rebondissement qu’on aimerait connaître et découvrir, les personnages travaillés, pas trop de superficialité… Voilà, ce qui me tente !
    Donc, merci à toi pour cet article et ton avis enthousiaste et communicatif !

  7. Ping :Bilan du mois de janvier – Les lectures de Bouch'

  8. J’en avais déjà entendu parler et il me tentait beaucoup. Ton article m’a rappelé qu’il fallait que je le lise et avant même que je me le procure haha 🙂

  9. Aurélie Sinoir

    J’ai eu un peu peur sur le début de la chronique : est ce que j’aurais eu tort de l’acheter ?
    Mais ouf! Rassurée 😀

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