Le médecin d’Ispahan, Noah Gordon

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Traduit par Simone Lamblin & Dominique Rist

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L’histoire : Londres, en l’an 1021. Orphelin Rob J. Cole, neuf ans, est recueilli par un barbier-chirurgien et devient son apprenti. Ensemble, ils sillonnent l’Angleterre. C’est une époque où l’on brûle les sorcières, où la vie est dure et la mort vite venue…
Mais Rob n’a qu’une idée en tête : devenir médecin et il a un terrible don : il sent si un patient va mourir lorsqu’il lui prend la main. Ayant appris qu’on peut étudier sérieusement la médecine chez les Arabes, Rob n’hésite pas et, à vingt ans, le voilà qui traverse l’Europe pour gagner l’Orient. Comme chez les Arabes, on n’admet pas les chrétiens, il va se faire passer pour juif…

Mon avis : Une fois n’est pas coutume, nous ne parlerons pas de fantasy, de SF ou encore de Young Adult… Mais d’aventure ! Ou, devrais-je dire… D’AVENTURE ! Parce que c’est cela, que nous offre Le médecin d’Ispahan : une grande épopée comme on les aime, riche et parfaitement documentée, une véritable plongée dans l’Orient du XIe siècle, entre richesse démesurée et pauvreté extrême…
Rob Cole a dix ans quand il devient orphelin. Ainé d’une grande fratrie, il est recueilli par un barbier-chirurgien qui l’emmène sur les routes afin d’y apprendre un métier qui l’attire et lui fait horreur en même temps : Rob possède en effet le pouvoir de déceler la mort proche de ses patients en leur prenant les mains. Un don qui le terrorise mais qui, pourtant, va lui ouvrir les portes du monde de la médecine, dont il est décidé à percer tous les mystères : après avoir acquis les bases auprès de son mentor, Rob se décide à partir pour l’Orient, où il espère trouver le plus grand médecin du monde. Mais, en ces temps troublés par les guerres de religion, il ne fait pas bon quitter le sol d’Europe comme chrétien. Rob choisit donc, avec tous les risques que cela implique, de se faire passer pour juif…
Quelle histoire ! On pourra dire ce qu’on veut, mais Noah Gordon est un sacré conteur : si sa plume (la traduction ?) m’a parfois paru un peu maladroite, ou du moins assez quelconque, le fait est qu’il n’a eu aucun mal à m’embarquer aux côtés de Rob sur les routes d’Orient. Et il nous en met plein les yeux : son récit fourmille de détails qui le rendent des plus vivants, et surtout profondément immersif : pour un peu, l’on se croirait presque sur la chaise du barbier-chirurgien, une tenaille dans la bouche prête à arracher cette dent qui nous fait souffrir. J’ai grandement apprécié ce souci d’exactitude que l’on retrouve tout au long du roman : on sent de suite que Noah Gordon a fait un véritable travail de recherches en amont, pour conférer à son récit une véracité des plus indispensables dans ce genre d’ouvrages. Les férus de roman historique s’y retrouveront, voilà une chose de certaine ! Mais que cela ne vous effraie pas : « l’érudition » du roman ne concède rien à l’action, et les deux aspects sont au coude à coude… Pour notre plus grand plaisir : Rob va vivre mille et unes aventures, et je me suis rapidement prise d’amitié pour ce jeune homme parti de rien, et décidé à faire de son destin quelque chose d’exceptionnel. On suit avec attention ses débuts sur les routes, craignant pour son avenir que l’on entrevoit bien sombre… Et pourtant. Sa ténacité force l’admiration, et si l’on ne peut s’empêcher de craindre que sa supercherie soit à tout instant dévoilée, on se passionne véritablement pour cette véritable quête qui va le mener dans les plus hautes sphères du pouvoir de la Cour de Perse. Une fois plongés dedans, je gage que vous aurez bien du mal à en sortir le bout du nez 😉 
Le médecin d’Ispahan (titre que l’on peut légitimement attribuer à deux personnages, j’imagine) gagne donc sa place parmi ces romans qui m’auront vraiment apporté quelque chose, et bien plus qu’un simple divertissement : Noah Gordon soulève une foule de questions -dont certaines parfaitement d’actualité- particulièrement intéressantes, qu’il traite avec justesse et intelligence. On ressort grandi de cette lecture, le cœur battant un peu plus fort et plein d’admiration pour ce garçon parti de rien sinon des basfonds de Londres, et doté d’un humanisme qui mérite le respect. A découvrir, si ce n’est déjà fait !

En bref, un roman mêlant adroitement Histoire et aventure qui m’a tout simplement captivée : Noah Gordon fait naitre sous nos yeux les quartiers pauvres de Londres et la Cour de Perse, enchantant notre lecture de mille et un détails sur ces temps passés. Un sacré bon moment !

On en redemande
On en redemande !

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7 Commentaires

  1. C’est vraiment rigolo cette chronique qui tombe là tout de suite maintenant. C’est pas comme si je venais d’acheter le bouquin parce qu’après je voulais tenter le film!
    J’ai bien fait du coup! 😉

  2. Bon, ça m’a donné envie 🙂

  3. Je l’ai lu il y a longtemps et je ne m’en rappelle plus vraiment (je n’avais pas de blog à l’époque pour me servir de mémoire) mais j’ai le souvenir d’avoir beaucoup aimé.

  4. Ah je ne connais pas mais j’ai envie de plonger dans cette aventure ! =)

  5. A priori, à lire le titre, j’allais passer mon chemin… Puis, il y a eu la couverture et ta chronique.
    Alors, maintenant, je me dis, pourquoi pas cette aventure dans le passé, au Moyen Orient, à Londres, en Perse ? Oui, pourquoi pas ??
    Merci de ce partage.

  6. Je garde un excellent souvenir de ce roman. Je ne savais pas du tout qu’il avait été adapté en film. Merci pour la découverte!

  7. Ah le fameux qui m’intriguait tellement. Je dois dire que tu éveilles bien mon intérêt là. Il y a eu un temps où j’étais très férue de ce genre d’histoire aventuro-historiques et j’aimerais bien m’y remettre. Pourquoi pas avec celui-là. Merci pour la découverte en tout cas.

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