L’envers du monde, Gabriel Katz (Aeternia #2)

Aeternia

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Premier tome : La marche du Prophète

L’histoire : C’est l’heure du duel décisif entre les deux camps qui s’entre-déchirent pour la cité mère de Kyrenia. Deux champions vont s’affronter sur le sable de l’arène, un combat qui peut faire basculer le destin d’un peuple entier. Mais quelques heures à peine avant le coup de gong, le culte du Prophète a perdu son champion. Qui affrontera le Corbeau, redoutable gladiateur du Temple ? Déchirée par les luttes de pouvoir, la plus grande cité du monde est au bord de la guerre civile.
Le culte millénaire de la Grand déesse, menacé par celui d’Ochin qui se répand comme un raz-de-marée, n’a plus qu’un recours : la violence.

Mon avis : … Il a recommencé. C’est pas vrai, IL A RECOMMENCÉ ! Malgré des menaces de représailles toujours plus sérieuses, malgré (même !) le coup de livre infligé par ma chère Alli lors des Imaginales, Gabriel Katz a de nouveau frappé : ce deuxième tome monte encore d’un cran dans le sadisme sans borne dont il aime décidément faire usage. Le bougre ! C’est qu’il sait bien faire le repenti, on y croirait presque. Presque, j’ai dit : en commençant L’envers du monde, une petite partie de moi-même s’attendait bel et bien à un coup tordu. Un, ou même deux. Mais, si je vous dis que… C’est le bouquin COMPLET qui est tordu, vous me croyez ?!
Soyons clairs, si j’ai réussi à le lire en moins de deux jours, malgré la présence quelque peu accaparante d’un bébé de deux semaines, c’est qu’il envoie carrément du pâté, pour ne pas dire autre chose. C’est simple : en reprenant pile là où le premier tome se terminait (et quelle fin… *borborygme étouffé*), il capture notre attention en quelques lignes. Une page à peine, et nous voilà ferrés ! Et le ballet ne tarde pas à commencer : rebondissements, révélations et contre-révélations… L’action ne connait pas un seul instant de répit, et notre petit cœur non plus : pour la lecture sereine et reposante, on repassera.
Mais… Bon Dieu, qu’est-ce que c’est bon ! J’ai pris mon pied avec ce second opus, peut-être même davantage qu’avec le premier… Ce qui n’est pas peu dire, vu le coup de cœur de folie que j’avais eu pour lui. C’est qu’il va finir par me faire assumer au grand jour mon petit côté maso ! Il faut dire que l’auteur met sur la table un argument de poids. Un argument des plus séduisants, et au sens de l’orientation déplorable. Un argument qui m’a une fois de plus fait éclater de rire tout au long du récit, provoquant moult sourires chez Bout d’chou, qui écoutait en ouvrant de grands yeux sa maman lui faire la lecture (en parlant de ça… Certaines scènes ne sont pas spécialement adaptées aux nouveaux-nés. Je dis ça, je dis rien). Cet argument, donc, (c’est fou ce que je me perds, dans cette chronique !) tient tout entier dans la personne de Desmeon. Le truculent, charmant, chenapan, Don Juan… Desmeon. Si l’on prenait plaisir à découvrir notre danseuse dans le premier tome, le second la révèle dans toute sa splendeur : ce personnage est tout simplement magique. Il donne un pep’s incroyable au roman, cette petite touche absolument irrésistible qui fait tout. Évidemment, les autres personnages ne sont pas en reste : entre Synden la frondeuse au grand cœur, Varian qui est balloté en tout sens par ses nouvelles responsabilités, Nessirya la… Hum, bref, l’auteur nous offre une jolie galerie de portraits croqués avec talent, rendant plus vrai que nature ce récit déjà profondément immersif. On ne lit pas, on vit ! Et avec passion, s’il vous plait : Gabriel Katz excelle à déchainer en nous les sentiments les plus contraires, nous faisant passer d’un extrême à l’autre en un rien de temps : félicité intense, désespoir profond, incrédulité totale, colère noire… Oui, j’ai une nouvelle fois ragé, trépigné, grogné de frustration. J’ai de nouveau eu envie d’assener une bonne tape bien sentie à ce fourbe de Gabriel, qui ne perd décidément rien pour attendre. C’est qu’il semble particulièrement décidé à ne rien nous épargner ! Oh, que je l’imagine bien, ricanant à qui mieux-mieux derrière ses brouillons, en imaginant les futures mines affligées de ses lecteurs !
Quoi qu’il en soit, je peux difficilement lui en vouloir : tout sonne si juste, l’intrigue est si bien ficelée et le récit si passionnant que j’accepte de bon cœur de lui pardonner les misères qu’il fait subir à ses personnages – et à nous, par procuration. Et encore, je ne vous parle pas de la fin du roman, qui m’a laissée sur les fesses. Oh, il y avait bien des indices, assez repérables après coup ! Mais j’étais tellement dedans que… Je n’ai RIEN vu venir. Et PAF, dans ta tête !!
Si le premier tome flirtait avec l’excellence, celui-ci y plonge donc carrément… et confirme bien ce que je pressentais avec Le puits des mémoires : nous voilà face à une étoile montante de la fantasy française, une étoile qui n’a pas fini d’illuminer le firmament de nos lectures…

En bref, un deuxième tome en tout point parfait : on rit, on pleure, on hurle, on grogne… Et, surtout, on savoure : Gabriel Katz clôture en beauté un diptyque simplement succulent, que je ne peux que vous recommander. Amateurs de fantasy, de bons mots et d’intrigues de haut vol, ne boudez pas plus longtemps votre plaisir : Aeternia est fait pour vous !

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Pour marque-pages : Permaliens.

9 Commentaires

  1. Il me le faut, il me le faut! Je crois que tout est dit, là 😉

  2. Il faut vraiment que je découvre cet auteur ! =)

  3. Waouh !!! Quel enthousiasme ! Je me laisserais bien tenter…

  4. Et bien quelle chronique ma poulette ! Ça me fait penser que je n’ai toujours pas rédigé la mienne, mais c’est tellement dur d’écrire sur ce second tome absolument époustouflant… !!
    Bref, Aeternia, c’est d’la bombe, je suis d’accord avec toi !

  5. Ca donne telleeeeement enviiiiiiie !

  6. Et bien!!! Le premier m’attend dans ma PAL, il faut que je me procure le deuxième avant de me lancer 😉

  7. Ping :Update lecture : on fait le point ! - Les lectures de Bouch'

  8. Ok ok ok!! Il faut vraiment que je me procure Aeternia!!

  9. Si je ne l’avais pas déjà lu, je pense que je me ruerai tout de suite chez un libraire après avoir vu cette chronique ^^ Une fois encore, je trouve ça rigolo car j’ai eu exactement les mêmes réactions que toi face à cette lecture. Et face à cette fin, cette fin qui a fait totalement bugué mon cerveau (je suis restée plus de dix minutes à regarder la dernière phrase en me demandant si je n’étais pas tombée sur un exemplaire incomplet …) Et je plussoie : Desmeon est trop classe !

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