Le Dernier Souffle, Fiona McIntosh (Trilogie)

Le don Le sang l-ame

Traduits par Frédéric Le Berre

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L’histoire : A peine plus qu’un adolescent, Wyl Thirsk doit assumer le rôle pour lequel on le destinait depuis sa naissance : commandant en chef des armées de Morgravia – une énorme responsabilité qui le conduit droit à la cour du prince Celimus. Ce dernier, cruel despote qui se délecte de la souffrance des autres, prend un malin plaisir à forcer son nouveau  » général  » à assister à ses divertissements malsains.
Mais un geste de bonté envers une sorcière condamnée au bûcher vaudra à Wyl un don miraculeux ainsi que la colère de son seigneur et maître. La guerre menaçant au Nord, Wyl doit obéir aux ordres du maître Célimus et se voit confier une mission suicidaire à la cour ennemie – avec pour seule arme un mystérieux pouvoir dont il ne soupçonne même pas l’existence. Or, s’il n’embrasse pas le Dernier Souffle de Myrren, il sera détruit… et avec le pays qu’il a juré de défendre.

Mon avis : Une fois n’est pas coutume, c’est une trilogie complète que je vous présente en un seul et unique article. D’ailleurs, ayant remarqué que les chroniques concernant les deuxièmes et troisièmes tomes (et ainsi de suite) ont souvent moins de succès que celles vous présentant le tout premier opus, dites moi si ce nouveau système vous convient, afin que je l’applique -dans la mesure du possible- à l’avenir 🙂
J’ai découvert cette série de Fiona McIntosh un peu par hasard, en fouinant dans le rayon fantasy de la FNAC (pas biiiien !) voisine. Et, comme souvent quand un livre m’intrigue mais que je ne l’achète pas immédiatement… J’ai commencé à le voir partout. Une véritable obsession. Jusqu’à ce que je craque et… Que je prenne les trois tomes. Et que j’ai bien fait, mes agneaux, que j’ai bien fait ! En inscrivant Le Don à ma PALM de mai, je ne me doutais pas que Le Sang et L’Âme y passeraient eux aussi. Enfin, disons que je savais qu’ils ne feraient pas de vieux os, mais je n’imaginais pas non plus qu’ils seraient dévorés en moins d’une semaine. Une aventure prenante, dites-vous ? On peut le dire, en effet.
Chez les Thirsk, on devient commandant de la Légion de père en fils. Alors qu’une énième bataille entre les royaumes de Morgravia et de Briavel a coûté la vie de son père, Fergys, Wyl Thirsk se voit contraint de quitter les terres familiales d’Argorn pour assumer son devoir, alors qu’il n’est encore qu’un adolescent mal dégrossi. Il y rencontre Celimus, futur Roi de Morgravia : le jeune prince, bien que particulièrement séduisant, n’est rien d’autre qu’un cruel despote en devenir. Entre les deux jeunes hommes, c’est la guerre ouverte : si Wyl ne peut clairement montrer la répulsion que le fils de son souverain lui inspire, ce dernier ne se prive jamais de le rabrouer, ni de lui faire subir les pires infamies. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’il l’oblige à assister à la torture d’une jeune femme, présumée sorcière. Abasourdi devant tant de cruauté, Wyl ne peut garder le silence : alors que Myrren est à l’article de la mort, il met fin à la séance et lui offre un verre d’eau. Un simple geste, d’une bonté élémentaire, et qui va pourtant signer un tournant dans la vie du jeune commandant : en mourant, la jeune femme lui fait don d’un étrange pouvoir. Un pouvoir qu’il ne peut ni maitriser, ni anticiper. Un pouvoir qui pourrait bien bouleverser le paysage politique des trois royaumes…
Vous l’aurez compris : nous avons affaire ici à un environnement d’Heroïc Fantasy assez basique : bien qu’entouré de quelques compagnons, Wyl est bel et bien le personnage central de cette épopée. Un personnage qui va en voir de toutes les couleurs, et ce bien malgré lui ! Mais avant de vous parler de ce qui m’a plu dans ces trois romans (parce qu’il y a quand même de quoi blablater pendant quelques heures), parlons de… Ce qui ne m’a pas plu. Pourquoi suis-je passée à côté du coup de cœur que j’attendais tant ? Pour tout un tas de petites raisons, qui m’ont rendue assez chiffon, je dois bien l’avouer. ATTENTION ! Lecture paradoxale en vue…
◊ Le côté extrêmement manichéen des personnages : que ce soit le couple central (Wyl/Celimus) ou les personnages secondaires, Fiona McIntosh ne fait pas vraiment dans la nuance. Tous, ou presque, sont soit foncièrement bons, soit foncièrement mauvais. Rassurez-vous : cela tend à s’atténuer au fil des tomes (les gentils en ont tellement leur claque de s’en prendre plein la tête qu’ils finissent par montrer les dents. Ouf.), mais…. Ça m’a un peu gênée. Dans ce genre de romans, j’ai l’impression que l’auteur nous force la main pour aimer tel ou tel personnage. Non mais, c’est vrai, quoi ! On ne va quand même pas se prendre d’affection pour le s*laud de service, qui est juste imbuvable. Et on ne va pas cracher sur le mignon petit héros désintéressé, non ? Voilà.
◊ La notion assez approximative de « distance géographique » : à moins que les chevaux soient littéralement supersoniques, on a là un sérieux souci de vraisemblance : comment nos héros font-ils pour traverser en deux jours à peine un continent entier ?  J’ai beau chercher, je ne trouve pas. Non, vraiment…
◊ La redondance de certaines actions : alors, oui, en 2000 pages… C’était un peu obligé. Disons que le récit aurait pu être un peu écrémé, pour bien faire. Rien de bien méchant, mais j’ai parfois eu l’impression de tourner un peu en rond.
◊ Le style/La traduction : c’est le premier point noir que j’ai repéré, et celui qui m’a suivie tout au long de ma lecture : c’est lourd, ça manque de fluidité. Je pense sincèrement que c’est la traduction qui est à remettre en cause, mais… Voilà. Et par contre, les fautes d’orthographe dès les premières pages… Non, Milady, non.

Maintenant que vous vous demandez sérieusement comment j’ai pu avaler ces trois pavés en si peu de temps, tout en leur trouvant autant de défauts, laissez-moi vous dire POURQUOI j’ai été incapable de lâcher l’affaire. Quand bien même je l’aurais voulu, ce qui n’était absolument pas le cas. Cela tient essentiellement à une chose : Fiona McIntosh nous tient littéralement par les tripes. Quoi que j’ai pu reprocher à son récit, on ne peut pas dire qu’il manque de mordant, de piquant, et de tout ce que vous voulez : une fois plongés dedans, on y est jusqu’au cou. Embarqués aux côtés de Wyl, et avides de savoir où tout cela va le mener. Parce que le principe du Dernier Souffle est génial, que les petites touches de romance ne gâchent rien et que les personnages sont tout de même particulièrement attachants, malgré leur air de ne pas y toucher. Comprenez bien une chose : les défauts sus-mentionnés, je ne les ai trouvés QU’APRÈS avoir posé mon bouquin. Tant que j’étais dans ma lecture, rien d’autre ne comptait que l’avancement de l’intrigue. Captivée, moi ? Oh que oui ! Ce qui a d’ailleurs pas mal chagriné Chéri, qui s’est retrouvé abandonné pendant quatre bonnes journées. Bien joué, Fiona !
Le Dernier Souffle n’est donc ni la meilleure trilogie d’Heroïc Fantasy que j’ai pu lire, ni la plus originale, ni la mieux écrite. Mais elle possède sans conteste ce petit je-ne-sais-quoi qui vous attache (et vous illusionne) et ne vous lâche plus, qui vous rend complètement accro. Est-ce que j’ai bien fait d’acheter les trois tomes ? Évidemment. Et si c’était à refaire ? Je m’y collerais sans hésiter.

En bref, une trilogie d’Heroïc Fantasy qui n’est pas exempte de défaut, mais qui m’a sacrément bien plu. Fiona McIntosh développe son intrigue en prenant soin de capturer notre intérêt, et ne le relâche qu’à la toute dernière ligne du dernier tome. Wouh !

On en redemande
On en redemande !

Pour marque-pages : Permaliens.

14 Commentaires

  1. Une série de Fantasy que j’ai adoré pour ma part. Fiona McIntosh est devenue une auteur que j’adore grâce à cette série d’ailleurs. J’ai commencé sa dernière série sortie en poche (Percheron) et j’ai beaucoup apprécié malgré les ressemblances que je lui ai trouvé niveau ambiance avec Kushiel.
    En tout cas, ravie de voir que cette série t’a plu.

  2. J’avais adoré cette trilogie. Le concept est original et c’est difficile de relever le nez du bouquin !! :))

  3. Une série que j’ai adorée et je compte bien lire d’autres titres de l’auteur 🙂

  4. J’en ai entendu beaucoup de bien car ce roman m’a carrément été conseillé par ma deuxième maman (oui, oui, j’ai deux maman). Et depuis, je vois comme toi beaucoup d’avis germer sur la blogo et notamment celui de ma copinaute Ethernya, qui m’en vante les mérites. Mais bon, je vais être sage. Comme ma PAL à atteint 200, je vais commencer avec les livres de fantasy dans ma PAL. J’espère que Bebe et toi vous portez bien. Pleins de bisous

  5. J’ai hâte de découvrir le premier tome de cette saga. J’accroche de plus en plus à la fantasy. D’ailleurs, je suis un peu le MOOC quand j’ai le temps. J’ai bien aimé l’idée des chevaux supersoniques lol. Bisous.

  6. Ca fait plus d’un an que cette trilogie est dans ma PAL, la faute à mon collègue, le vilain tentateur! Il faudrait peut-être que je l’en sorte… (la trilogie, hein, pas le collègue ^^) Ton avis donne bien envie en tout cas! 🙂

  7. Sympa ton billet sur la trilogie complète, cela permet d’avoir une vue d’ensemble 😉 Elle est dans ma bibliothèque depuis une éternité (eh oui, quand on a la fantasy dans la peau, difficile de passer à côté de cette saga croisée un nombre incalculable de fois ^^). Du coup quand j’aurai terminé celles déjà en cours – dont Kushiel justement – je me pencherai sérieusement dessus ! Merci 🙂

    • Bouchon des bois

      KUSHIEL ! Pardon, j’ai tendance à sur-réagir quand on me parle de cette pépite 😀
      Mais de rien Lupa, avec grand plaisir !

  8. Je crois que je vais craquer, car même si ce n’est pas des plus original, je pense qu’elle peut me plaire =)

  9. ps : je préfère également les articles regroupant une série complète ( dans le mesure du possible, suivant si tu lis tout à la suite ou non ), j’ai opté pour la même option sur mon blog. C’est plus simple autant pour nous, que pour les lecteurs et ça permet d’en dévoiler moins sur l’intrigue.

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