Le Roi Sombre, Oren Miller

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L’histoire : «Maintenant, il faut souhaiter qu’il meure vite.» Mais les souhaits, par pur esprit de contradiction, se réalisent rarement, et Ed ne meurt pas. Condamné à l’isolement à vie dans la pire des prisons spatiales pour un crime qu’il n’a pas commis, le jeune homme agonise lentement et avec beaucoup d’application. Alors que débute sa vingt et unième année d’incarcération, une chose tout à fait improbable et imprévue- se produit : Ed s’évade du seul endroit dont on ne s’évade pas.
Pour une seule raison. Pour une seule destinée. La vengeance. Cependant, il est un fait incontestable qu’aucune entreprise de haine, ou d’amour, ne se déroule jamais comme on le désire. Une espèce de grain de sable vient toujours enrayer les machinations les plus complexes, surtout quand il est semé par des créatures plus insolites les unes que les autres.

Mon avis : … Que l’on m’apporte un porte-voix, maintenant ! *Toussote* Tout le monde m’entend ? Tout le monde me voit ? Bien.

LISEZ CE LIVRE !!!!!!

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Ramassez maintenant ce qu’il reste de vos tympans, et asseyez-vous confortablement. Voilà. Mes agneaux, je vous le dis et le répète : si Le Roi Sombre ne se trouve pas encore sur les étagères de votre bibliothèque, foncez remédier à cela. Foi de Bouch’, vous ne le regretterez pas. Et pourtant, j’avoue que j’ai moi-même failli passer à côté. À cause de quoi ? Je n’en ai fichtrement aucune idée. La couverture, qui m’attirait moins que les autres du catalogue, peut-être ?  La peur de me frotter à un nouvel auteur, et d’être déçue ? Je n’en sais rien. Le fait est qu’il est bel et bien entré dans ma PAL, et qu’il s’est astucieusement glissé au milieu de mes autres lectures prioritaires. Et, allez savoir pourquoi, je me suis dit qu’il passerait parfaitement bien après l’Assassin Royal. Je l’ai donc ouvert en milieu de semaine dernière…
Pour ne plus le refermer. Oui, je sais, vous allez vous dire « Elle le fait exprès ? C’est le deuxième bouquin en moins d’une semaine qu’elle nous présente en disant qu’elle n’a pas pu le lâcher ?! ». Je sais, je sais. Mais le fait est que…

C’est une bombasse, ce roman !!

Pardon pardon, je m’emballe. Et à juste titre : Oren Miller m’a complètement soufflée. Pour une surprise, c’en est une, et de taille ! Je m’attendais à tout, sauf à ce que j’ai trouvé. A tout, mais certainement pas à une lecture aussi passionnante qu’intelligente, aussi délicieuse à lire qu’impossible à stopper. Mais quel bon moment ! Quel EXCELLENT moment ! Quel COUP DE COEUR, nom d’une pipe ! Je ne m’en remets pas. Non, décidément, je ne m’en remets pas.
Ed a dix-sept ans, et tout pour réussir : une intelligence hors norme, un physique loin de laisser indifférent, un altruisme à tout épreuve et une petite amie complètement folle de lui. Ce gosse des rues parti de rien est en passe de réaliser son rêve : aller sur Ixion, la première des stations-cités, afin de s’y bâtir un avenir des plus florissants. Alors qu’il s’apprête à fêter dignement cette nouvelle vie qui s’annonce, tout bascule : des gardes armés surgissent de nulle part et l’emmènent, l’accusant de frayer avec des terroristes. En quelques jours, tous les espoirs du jeune homme sont brisés : il est condamné à passer le restant de ses jours dans l’une des pires prisons qu’il puisse exister.
Cinq, dix, vingt ans passent. Désespéré, fou de solitude et ignorant toujours ce qui a pu conduire les autorités à commettre une erreur pareille, Ed agonise. Son corps s’affaiblit, son esprit se délite… Quand, à l’aube de sa vingt-et-unième année d’incarcération, une nouvelle chance s’offre à lui : il s’évade. Il s’évade, et n’a plus qu’une idée en tête : se venger de ceux qui l’ont envoyé croupir dans ce trou à rat…

***

Déjà, que je vous dise : je ne sais pas pourquoi, mais quand j’ai ouvert ce roman, j’étais persuadée (mais du genre intimement, et tout) d’avoir affaire à de la fantasy. Allez savoir où est-ce que j’ai été pêcher ça O.o Non, Le Roi Sombre prend place dans l’espace, avec des vaisseaux, des stations spatiales, et tout et tout. Mais ce n’est pas vraiment le plus important : le cadre est certes bien développé, mais il ne prend pas le pas sur l’intrigue. Disons plutôt qu’il lui sert d’écrin, qu’il la met en valeur sans pour autant l’étouffer.
Ensuite, ma mémoire de poisson rouge avait bien fait son boulot puisque, en commençant ma lecture, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. J’avais même zappé qu’il s’agissait d’une histoire de vengeance, c’est dire. Je l’ai donc entamé avec un esprit totalement vierge d’aprioris, d’espérances, et de quoi que ce soit d’autre. Et, de vous à moi, je suis désormais intimement convaincue que c’est la meilleure façon de commencer une lecture : en n’ayant aucune attente, aucune prévision sur ce que l’auteure aurait pu/dû faire, je me suis complètement laissée porter par son intrigue, j’en ai savouré la moindre ligne. C’était aussi bon qu’une dacquoise pistache-framboise, au moins.
Mais pourquoi, aussi bon ? Parce qu’Oren Miller nous offre un roman à l’intrigue tout simplement palpitante, maitrisée parfaitement et jusque dans ses moindres détails. Elle nous offre une aventure captivante, à la fois surprenante de complexité -je ne vous ferai pas l’affront de reprendre une nouvelle fois la comparaison de la toile d’araignée, mais c’est l’idée- et délicieusement retorse. Et elle nous offre, enfin, une galerie de personnages tous mieux croqués les uns que les autres, que je me suis tout simplement régalé à suivre. Rien que ça.
D’abord, l’intrigue. Comment s’ennuyer une seule seconde quand l’auteure décide de tout donner de bout en bout ?  Il n’y a pas un seul temps mort, même en cherchant bien. À partir du moment où Ed se retrouve pieds et poings liés, nous sommes ferrés. À partir du moment où il s’évade et décide de mettre sa vengeance à exécution, c’en est fini du monde extérieur : Oren Miller mène tellement bien sa barque qu’elle capture à 300% notre attention. On VEUT savoir ce qu’il va se passer, on VEUT connaitre son plan dans les moindres détails, on VEUT voir quel tour cela va prendre. Peu importe qu’il y ait une casserole sur le feu ou un lapin affamé en train de vous rogner les doigts de pieds, on lit, on lit, et on ne s’arrête plus. Je « vis » souvent mes lectures, mais à ce point là… C’est rare. Lire ce roman m’a fait l’effet d’assister à un spectacle de haute voltige : chaque geste est calibré, millimétré, pesé et soupesé. Et le résultat est tout simple bluffant.
Ensuite, les personnages. LES PERSONNAGES, QUOI. Raaaah, ce que j’aime quand l’auteur prend autant son temps pour travailler sur leur psychologie ! Et là, avec Ed/Hisham… J’ai été servie ♥ Un seul homme, deux facettes. D’un côté, un jeune homme solaire, rayonnant. De l’autre, une personnalité torturée, entièrement vouée au but qu’elle s’est fixé : réduire en miettes la vie de ses bourreaux, peu importe les moyens employés. Deux facettes en totale contradiction, et pourtant cohabitant bel et bien au sein d’un même corps. S’il est difficile de « s’attacher » à Hisham (il est tellement… froid, calculateur… Pour tout vous dire, il m’a fait penser à un félin, un chasseur implacable et sans pitié), on se prend immédiatement d’affection pour Ed. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être fascinée par l’homme qu’il était devenu. Tant de noirceur, une telle intelligence… Fiou.
Et puis, les autres. Jatalan et Kajal, en premier lieu, qui ont bien failli me faire mourir de rire avec leurs joutes verbales tout simplement jouissives (ah, je ne vous avais pas dit qu’en plus d’être carrément génial, ce bouquin était bourré d’humour ? Voilà qui est chose faite), et qui m’ont surprise à bien des égards. Ashakiran et Ophélie ensuite, ajoutant une pointe de douceur dans ce monde de brute. Et Nérion, Orféo, Messaline… enfin, qui m’ont simplement fait pitié. Et tous les autres, ombres furtives ou non, ajoutant chacun leur tour leur petit grain de sel dans cette folle aventure.
J’ai donc lu Le Roi Sombre. Je l’ai lu, et j’ai bien failli éclater en sanglots quand j’ai compris que c’était un one-shot. Parce que refermer une telle pépite après avoir vibré au rythme de ses mots durant plusieurs heures, c’est carrément inhumain. Je n’espère donc plus qu’une chose : avoir réussi à vous convaincre de vous jeter dessus, et retrouver un peu de mon expérience à travers les vôtres. En plus de passer un moment hors du temps, vous ferez une bonne action. Bien, non ?

En bref, gros, gros, GROS coup de cœur pour le dernier né des éditions de l’Homme sans Nom. Pas une seule fausse note ne vient enrayer la trame de cette pépite, qui nous offre simplement 380 pages de pure extase. Moi, enthousiaste ? Un peu, oui.

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Coup de cœur !

En plus :
La chronique de Supy, qui m’a fait craqué !

Pour marque-pages : Permaliens.

25 Commentaires

  1. JE LE VEUX, JE LE VEUX, JE LE VEUX ! TOUT DE SUITE !
    Comment ça, il faut que je me calme avec les majuscules ? C’est de ta faute, vil Bouchon tentateur 😉 !
    Je le note dans ma Wish-List et je garde le titre en tête pour mes prochains achats !

    • Bouchon des bois

      Et tu as bien RAISON, mon petit chat ! Il est génial 😀 Mais si jamais tu veux que je te le prête, n’hésite pas hein ! Ça me ferait plaisir 😉

  2. Je suis très sceptique face au résumé et à la couverture mais avec ton avis, comment veux-tu que je reste insensible ?

  3. Aurélie Sinoir

    Bouchon, Bouchon … vile tentatrice !!!! :p

  4. J’aime pas la couverture et j’aime pas l’espace.
    Mais la vache, quel enthousiasme mon Bouchon, je le veuuuux !

  5. Je l’avoue, je n’ai pas lu ta chronique (pour me laisser la surprise) mais je reviendrai la zieuter quand j’aurai lu ce livre, puisque le résumé m’en a donné envie!

  6. Mais oui, c’est une véritable bombe ce roman !! Je suis vraiment contente que tu es autant aimé que moi. J’ai été toute retourné tout au long de ma lecture. C’est vraiment LE livre parfait côté psychologique. Ed est vraiment un personnage ambigu comme je les aime.
    Sinon, tu te sens fière de toi ? Tu viens de me donner envie de relire le livre. Vilaine va !

    • Bouchon des bois

      Haaaaaaaaa, mais ce n’est que justice, très chère, puisque c’est toi même qui l’a fait sortir de ma PAL 😀 En tout cas, tu avais RAISON. En tout point ! Fiouuuuuu !

  7. OK IL ME LE FAUT TU M’AS CONVAINCUE.
    Je te l’ai dit: mon porte-monnaie te hait. J’aime beaucoup le thème de la vengeance, mais si tu dis en plus que l’histoire est maîtrisé, intelligente, et tout le tralala: je ne résiste pas. Tu m’as perdue !

    • Bouchon des bois

      Je me permettrais bien un petit rire machiavélique, là, tout de suite, mais je me retiens 😀 Je vais juste croiser les doigts pour qu’Oren Miller t’emporte aussi bien qu’elle l’a fait avec moi 😀

  8. Wow et bien, avec une chronique comme ça, comment ne pas avoir envie de lire ce livre? Déjà que Supy m’avait bien donné envie 🙂

  9. Bon, mes tympans sont en miettes mais c’était pour la bonne cause n’est-ce pas ^^ Plus besoin d’en rajouter, je suis archi-méga-hyper impatiente de le voir rejoindre ma monstrueuse PAL ! C’est ça l’effet Bouch-cool 😀

  10. Ping :Sunday’s Books #38 - Les lectures de Bouch'

  11. Tu peux mourir en paix, JE LE LIRAI. Non mais c’est de votre faute avec vos chroniques de ouf ! La tienne les surpasse toutes quand même, je crois, j’ai failli faire pipi dans ma culotte, mouhahaha. (Déjà, le gif du début m’a tuée) QUELLE CHRONIQUE NOM D’UN OUISTITI !

  12. Je n’ai pas lu ta chronique, je ne veux pas acheté ce livre. Non je vais refermé et oublié que Le roi sombre me fait très envie. Oui, oui, l’oublier. :)Que ce soit toi ou Supy vous êtes des méchantes tentatrices. Mais je vous aime quand même 🙂 Bisous Bouchon.

    • Bouchon des bois

      Mais nous aussi on t’aiiiiime ! C’est pour ça, on veut te faire lire de chouettes livres, aussi 😀

  13. C’est marrant, moi aussi je pensais au début que ce serait de la fantasy! Bon, je crois que ce livre est le 37393ème sur ma longue liste des livres à lire et que j’ai trouvés sur ton blog!

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