L’élue, Jacqueline Carey (Kushiel #2)

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Traduit par Frédéric Le Berre
Premier tome :
La marque

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CHRONIQUE GARANTIE SANS SPOILER !

L’histoire : Phèdre no Delaunay porte la marque de Kushiel, qui lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance. Devenue la plus convoitée des courtisanes, ainsi qu’une espionne exceptionnelle, elle a dû tout sacrifier pour sauver sa patrie d’une sombre conspiration. Aujourd’hui, les poètes chantent ses exploits, mais les dieux n’en ont pas fini avec elle. Car si le peuple d’Angelin aime sa jeune reine, d’autres ne pensent qu’à lui ravir la couronne… Et les comploteurs qui ont échappé au courroux des puissants sont avides de vengeance.

Mon avis : le deux mars dernier (déjà !), je vous faisais part de mon immense coup de cœur pour La marque, premier tome de la trilogie écrite par Jacqueline Carey – Kushiel. J’avais découvert avec ce joli pavé un univers complexe, une plume virevoltante, une intrigue décoiffante et, surtout, une héroïne des plus atypiques. La sortie du deuxième tome en poche était sans conteste la parution que j’attendais avec le plus d’impatience cette année, et je ne me suis pas posée deux fois la question quand je l’ai croisé en librairie ^_^ Le temps que je me replonge dans les deux-trois derniers chapitres du premier tome, et j’ai enfin pu me lancer à l’assaut de ces huit cents et quelques pages…
Pour en ressortir totalement, purement et simplement comblée. Je ne vais tenter de vous résumer ce deuxième tome : d’une, je ne m’en sens pas capable, au vu de la complexité de l’intrigue (à moins de vous écrire un pâté de trente lignes, ce qui serait assez ennuyeux) et, de deux, je ne voudrais pas spoiler le premier à ceux qui ne l’ont pas lu. Sachez simplement que l’action reprend là où le premier opus s’arrêtait : alors qu’elle pensait s’être définitivement débarrassée de sa plus grande ennemie, Phèdre venait de recevoir la preuve du contraire. Complots, trahison… On reprend les mêmes, et on recommence. Les mêmes… Pas tout à fait : les évènements du premier tome ont eu des conséquences, et on en ressent cruellement la marque dans celui-ci. Nos héros ont évolué, grandi, mûri, appris de leurs erreurs passées. Et pourtant…
J’avais taxé le premier tome de « prodigieux ». Que vais-je trouver pour celui-ci, qui m’a paru encore meilleur ? Le fait est là : si La marque était excellent, il était surtout extrêmement dense, rendant les trois cents premières pages difficiles à digérer. Avec L’élue, la question ne se pose pas : Jacqueline Carey n’a pas besoin mettre en place son univers de A à Z, mais seulement de préciser les notions qui l’intéressent. Et dieu sait qu’il y en a ! Mais je n’ai pas eu les mêmes problèmes à me plonger dans le récit, tout au contraire : dès les premières pages, le charme opère, et l’action démarre, pour ne jamais s’arrêter : j’ai retrouvé avec joie le goût de l’auteure pour les intrigues riches en rebondissements, haletantes, aux détails délicieusement subversifs. Un véritable régal ! Une fois encore, elle ne nous laisse pas une minute de répit, et c’est tant mieux : à partir de l’instant où l’on se plonge dans L’élue, il n’existe plus rien autour. Un régal, vous dis-je.
Nous suivons donc une nouvelle fois Phèdre, de nouveau prise dans les mailles d’un complot dont elle peine (et nous avec !) à saisir l’ampleur. Et, une fois encore… Elle ne va pas être épargnée. « Celle qui endure la douleur », hein ? Jacqueline Carey réalise un véritable tour de force avec ce personnage, je le répète : Phèdre est tout simplement… Hors normes. On la découvrait enfant dans le premier opus, on la retrouve grandie dans celui-ci. Grandie, mais pas pour autant débarrassée de ses vieux démons, tout au contraire. On souffre, on espère avec elle. Et on veut y croire. Mais quelle aventure, quelle aventure ! Nul doute n’est permis : elle est bel et bien entrée au Panthéon de mes personnages fétiches.
Et Joscelin ! Et Kazan ! Et Fortun, Ti-Philippe, Rémy, Quintilius… Et tous les autres ! La galerie de portraits dressée par Jacqueline Carey est impressionnante. Impressionnante, car tous sont campés avec soin. Impressionnante, car ils interviennent tous dans le récit avec une justesse et un naturel désarmants : on ne se pose aucune question, car tout coule de source. Jacqueline Carey a tout imaginé dans les moindres détails, et son récit tient terriblement bien la route, sous toutes ses facettes. Ne reste que la passion et la frénésie de lecture
Je ne vais épiloguer bien longtemps : je pense que vous avez compris combien ce roman fut un coup de cœur. Je ne saurais donc que je enjoindre à aller faire un tour en Terre d’Ange : vous y trouverez une aventure f-a-n-t-a-s-t-i-q-u-e. Et ne vous arrêtez pas à la classification « fantasy » de l’ouvrage : il est tellement, tellement plus que cela. Hum, ça me fait penser que le troisième tome sort le cinq décembre prochain… Le jour de mon anniversaire ! C’est un signe, non ? 😀

En bref, un deuxième tome succulent, exempt des petites lourdeurs du premier. Bravo, M’dame, c’est un chef d’œuvre !

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Coup de coeur

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8 Commentaires

  1. J’ai lu la trilogie dès sa sortie, et j’en conserve un bon souvenir dans l’ensemble, bien qu’un peu flou… Il faudra peut-être que je m’y remette 🙂

  2. Décidément, il va falloir que je me lance car je vais avoir l’impression de passer à côté de quelque chose à force…

  3. Alors ça, si n’est pas un coup de cœur, je ne sais pas ce que c’est^^ Obligée de le marquer quelque part, je sens que je ne peux pas passer à coté! Ta chronique est géniale en tout cas 🙂

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