Terre Natale, R.A. Salvatore (La légende de Drizzt #1)

DrizztBan

Traduit par Sonia Quémener

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L’histoire : Drizzt est un elfe noir né en Outreterre où le pouvoir s’obtient par la guerre ou le meurtre, L’honneur, l’amitié, l’amour n’y ont pas leur place et Drizzt y fait le rude apprentissage d’une vie de servitude. Bien qu’il ait été élevé dans un système de valeurs totalement perverti et qu’il soit rompu à l’art du combat, il sait qu’il n’est pas comme les autres. Il aspire à une vie différente et refuse de devenir un assassin au service des siens. Mais pour survivre, Drizzt est obligé de dissimuler et même nier sa véritable nature. Jusqu’au jour où il devra se battre seul contre tous !

Mon avis : J’ai beau essayer de toutes mes forces, impossible de me rappeler quand ce roman est entré dans ma PAL. Il y a plus de deux ans en tout cas, voilà une chose qui est sure. Qui me l’a conseillé, où l’ai-je acheté (dans une librairie d’occasion, certainement, vu son état…)… Bref, je ne me souviens de rien. Ce n’est que récemment qu’il s’est rappelé à mon bon souvenir, lors des TTT sur les objets magiques que l’on souhaiterait posséder et sur l’équipe que l’on prendrait avec nous en cas d’Apocalyspe : Drizzt et Guenhwyvar y figuraient en bonne place. Je me suis donc dit qu’il était temps que je découvre ce roman, et de lire du même coup mon premier livre pour le challenge Dark Fantasy.
En Outreterre, les Elfes noirs règnent en maitres. Chassés de la surface par leurs cousins, ils ont investi cet entre-deux voilà bien des siècles. Conformément aux souhaits de Lolth, la Reine-Araignée qu’ils servent et vénèrent, les drows vivent de tromperies, de violences et n’aspirent qu’à obtenir plus de pouvoir, assassinant pour cela sans vergogne leurs pairs. C’est dans ce monde fait de guerre et empli de cruauté que nait Drizzt, troisième fils de Matrone Malice. Bien que celle-ci et ses filles n’aient de cesse de lui rappeler quelle est sa place et son rôle, à coups de fouet s’il le faut, le jeune Elfe noir sait qu’il n’est pas comme les autres : prompt à sourire, il l’est également à s’enquérir du sort d’autrui. Une déviance proprement scandaleuse pour un être de sa race, une tare qu’il devra cacher à tout prix, sous peine d’être sacrifié sur l’autel de la Reine-Araignée…
Alors, alors, par où commencer ? Si j’ai relevé quelques petits défauts, ma lecture fut dans l’ensemble très bonne : R.A. Salvatore nous propose un univers sombre à souhait, où la moindre parcelle d’espoir est noyée sous des monceaux de violence. Nul doute n’est permis ici : nous avons bel et bien affaire à de la Dark Fantasy ! J’ai beaucoup aimé les descriptions de l’Outreterre, et le fait que l’auteur prenne le soin de bien camper la société des drows, en ne lésinant pas sur les détails. Ces derniers sont cruels, immoraux, opportunistes au possible, avides de pouvoir, toujours prêts à dégainer sabre et poignard… Difficile de ressentir la moindre empathie pour ces êtres dépourvus de charme. Celle-ci se dirige donc tout entière vers le seul personnage épargné par la pourriture ambiante : Drizzt, elfe noir de naissance mais non de nature. J’ai beaucoup aimé son personnage, et me suis très rapidement attachée à lui : il est comme une tâche de lumière dans la pénombre, ses qualités « humaines » ressortant avec d’autant plus d’éclat qu’il est entouré d’êtres qui en sont totalement dépourvus. Je me suis pris d’intérêt pour son destin dès les premières lignes, consciente d’avoir en face de moi un personnage à fort potentiel.
Cela dit, je n’en ai pas pour autant dénigré les autres personnages : si je leur accorderai pas à tous la même importance, beaucoup m’ont semblé particulièrement intéressants : la mère de Drizzt tout d’abord, Matrone Malice : quelle horreur, cette bonne femme ! Comment peut-on avoir un instinct maternel si… Absent ?! C’est tout le contraire, même : si sacrifier son nouveau-né pouvait lui assurer l’indulgence et la faveur de Lolth, elle le ferait sans une once d’hésitation. Beurk.
Briza m’a également fait frémir : sœur ainée de Drizzt, on la pressent tout à fait apte à reprendre le rôle de sa mère une fois le règne de celle-ci achevé. Son fouet à têtes de serpents s’est même glissé à deux reprises dans mes cauchemars…
Zak, contrairement aux autres, m’a vraiment touchée : on sent qu’il est comme Drizzt, mais trop vieux (ou paresseux ?) pour changer la donne. Quel dommage !
Et puis Lolth, bien sûr. On ne la rencontre pas à proprement parler dans ce premier tome, mais j’ai l’intuition que cela ne saurait tarder, dans les suivants. Elle plane sur la vie des drows comme une ombre vengeresse, toujours prête à faire couler le sang… Brrr.
Si j’ai globalement passé un bon moment, je vous le disais, deux ou trois petites choses m’ont gênée : la longueur de certains chapitres, tout d’abord. Je me suis parfois surprise à rêvasser durant ma lecture. Mon intérêt n’a jamais été acquis, capté pleinement et entièrement, malgré le plaisir que j’avais à suivre Drizzt dans son apprentissage. J’ai également regretté quelques petites faiblesses de style : des redites, des formulations parfois légères… Et, surtout, surtout, une profusion assez gênante de points d’exclamation. Ce n’est peut-être que moi mais, pour rendre une atmosphère pesante, je trouve les points de suspension bien plus efficaces. Un point bien sec placé où il faut peut aussi faire des miracles… Mais les phrases exclamatives… Merci bien, mais cela va un moment.
Mis à part cela, je ne vois rien à redire : si je n’achèterai pas la suite en papier, je vais m’empresser de retourner auprès de nos héros grâce à ma liseuse. Parce que, on aura beau dire ce que l’on veut : les bisounours, c’est bien deux minutes, mais… Les univers sombres et sanglants, c’est chouette aussi ! Drizzt, à nous deux : je sens que tu me réserves encore bien des surprises…

En bref, une très bonne lecture entachée de quelques petits défauts, mais globalement très divertissante. R.A. Salvatore nous présente là un univers à l’atmosphère viciée, où la cruauté des uns ne rivalisent qu’avec l’immoralité des autres…

Un bon momentUn bon moment !

Dark-fantasy-challenge
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Pour marque-pages : Permaliens.

5 Commentaires

  1. J’avais été également conquise par Drizzt il y a de cela quelques années. Je me rappelle ne pas m’être ennuyée dans le livre !

  2. Je dois avouer que le résumé est prometteur mais les défauts du style que tu décrits me freinent vraiment, je ne supporte pas la profusion de points d’exclamations.

  3. J’avais lu une autre saga de l’auteur que j’avais bien aimé (sauf le premier tome, le temps de rentrer dans l’univers et l’intrigue).
    Si tu as passé un bon moment de lecture tant mieux ! Et puis ça t’a permis de dépoussiérer ta PàL

  4. Ping :Sunday’s books #13 - Les lectures de Bouch'

  5. J’ai 7 tomes de cette saga dans ma PAL… Mais je ne l’ai toujours pas commencé ^^

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