Bitterblue, Kristin Cashore (Les sept royaumes #3)

BitterblueTome 1 : Graceling
Tome 2 : Rouge

/!\ POTENTIELS SPOILERS SUR LE PREMIER TOME /!\

L’histoire : Bitterblue avait dix ans quand son père, le roi Leck, a été assassiné, et qu’elle est devenue reine de Monsea. Huit ans plus tard, elle tente toujours de diriger le royaume. Mais le passé et l’influence de Leck, un tyran pervers qui possédait le pouvoir de contrôler les esprits, empoisonne les rues de la cité. Jusqu’au jour où Bitterblue rencontre deux voleurs : l’un détient la clé sur la vérité du règne de Leck ; l’autre, doté d’un pouvoir exceptionnel, détient celle de son cœur.

Mon avis : Et un deuxième coup de cœur, un ! Autant Rouge m’avait laissé un petit goût d’inachevé, autant j’ai trouvé que Bitterblue clôturait la trilogie des Sept royaumes merveilleusement bien. Se replonger dans l’univers créé de toute pièce par Kristin Cashore fut un vrai régal, et encore, le mot est faible : cette lecture m’a totalement happée. Tout y fait sens, les évènements des deux tomes précédents s’épanouissent dans celui-ci… Bref, gros coup de cœur pour ce dernier opus 🙂
L’action de Bitterblue se déroule huit ans après celle de Graceling : Leck est mort, et sa fille règne depuis sur le royaume de Monsea, tentant tant bien que mal de guérir les sévices infligés à tout le pays durant les trente et quelques années précédentes. Si elle peut compter sur l’aide de Katsa et Po, ses amis ont malheureusement d’autres priorités : la fin des rois-tyrans des Sept Royaumes a sonné, et le Conseil est bien décidé à aider les populations dans leur soulèvement. La jeune reine doit donc faire face, seule, aux troubles de son royaume. L’influence et la perversité de Leck se font toujours sentir, et semblent ancrés bien plus profondément que ce que Bitterblue imaginait : elle ne sait à qui se fier, ses conseillers eux-mêmes paraissant atteints d’une folie incurable. Il va pourtant lui falloir découvrir la vérité  : l’avenir de son peuple tout entier en dépend. Même si elle doit pour cela exhumer les secrets du passé, et se confronter de plein fouet à la barbarie de celui qui fut son père…
Bon. Il y a une chose qu’il faut que je vous dise : j’ai trouvé ce dernier opus terriblement dérangeant. Sans aucune comparaison avec les deux premiers, qui paraissent bien fadasses à côté. L’atmosphère qui s’en dégage est extrêmement oppressante, et frise souvent avec le malsain : plus d’une fois, j’ai senti un frisson glacial me parcourir l’échine. Il m’est également arrivé de me rendre compte que je venais de passer une heure, deux heures à lire les yeux écarquillés, la bouche légèrement entrouverte, complètement bouleversée par ce qui se jouait sous mes yeux.
Pour autant, cela n’a pas entravé ma lecture : je l’ai vécue à fond, et c’est peut-être ce pourquoi cela m’a fait autant… D’effet, dirais-je. C’est simple : je n’ai pas vu défiler ses sept cent et quelques pages. Oppressant, prenant… Passionnant, surtout ! Il faut dire que j’avais été très frustrée par la manière dont l’auteure avait traité l’histoire de Leck dans Rouge. Elle nous avait mis en appétit avec Graceling, et les promesses du deuxième tome n’avaient pas été, à ce niveau là tout du moins, tenues. Avec Bitterblue, on est au cœur du problème… Et on obtient les réponses que l’on espérait depuis le début. Et quelles réponses ! Brrr, j’en ai encore froid dans le dos : Leck était complètement fou, et nous découvrons au fur et à mesure les atrocités qu’il n’a cessé de commettre durant son règne.  Le traumatisme subi par son peuple est encore là, palpable, affleurant sans cesse sous le masque de sérénité affiché par beaucoup. Nous naviguons perpétuellement entre doute, horreur et désemparement, complétement perdus dans cet océan de mensonges et de duperie. Je vous l’ai dit, l’atmosphère de ce roman est des plus… particulières : on veut connaitre la vérité, tout en la repoussant de toutes nos forces, de peur d’être incapable de l’affronter.
Et, au milieu de tout cela, Bitterblue. J’ai adoré son personnage. Il était particulièrement prometteur dans le premier tome, et prend toute sa valeur dans celui-ci : ce n’est qu’une simple humaine, et pourtant… Elle en jette, il faut le dire. Jeune, fragile, et pourtant combative… Je dois vous avouer que j’ai été impressionnée. On la voit douter de tout, puis s’affirmer, se détacher des carcans d’ignorance dans lesquels on l’a maintenue toute sa vie durant, devenir ce pourquoi elle est faite : Reine d’un royaume  qu’elle aura porté à bout de bras, pour le dégager de la fange dans laquelle Leck l’avait plongé. C’est qu’elle a du cran, cette petite !
Côté personnages secondaires, Kristin Cashore nous a également gâtés : outre les anciens (Katsa, Po, Raffin, Bann, Giddon…) que l’on retrouve avec grand plaisir, les petits nouveaux ne sont pas mal non plus. Les quatre conseillers de Bitterblue, notamment, m’ont énormément intriguée. Ceux qui auront lu ce dernier opus comprendront pourquoi ! Pendant toute ma lecture, je n’ai su sur quel pied danser avec eux. Et, finalement… Hum, mieux vaut que je m’arrête là 🙂 Et puis, il y a  Saf, et Teddy… Et Hava, Helda, Fox… Bref, tout un tas de personnages plus ou moins présents, apportant chacun leur tour leur lot de rebondissements, de surprises. Je suis tombée sous le charme des uns, j’ai exécré les autres, et je ne suis restée insensible à aucun.
En fait, je ne suis restée insensible à rien, dans ce roman : je l’ai vécu. Vous devez connaitre cette sensation, quand une lecture vous prend aux tripes, ne vous lâche pas de bout en bout… Cette sensation de vide, ensuite, qui vous assaille dès que la dernière page est tournée… J’ai eu beaucoup de mal à me remettre de cette lecture, et j’ai dû m’obliger à prendre un autre roman, à passer à autre chose, à… Tourner la page. Moi qui voyais d’un bon œil l’idée de terminer (enfin) une série !  Je n’imaginais pas que le pincement au cœur que je ressentirais immanquablement serait aussi fort. Cet ultime tome a surpassé toutes mes espérances, en me faisant passer un moment incroyablement fort, puissant : une foule d’émotions n’a cessé de me submerger au fil des pages, et j’ai lu, j’ai lu jusqu’à ne plus en pouvoir, jusqu’à être davantage en phase avec ce monde imaginaire qu’avec le monde réel. C’est donc un coup de cœur, un grand, un fort, un merveilleux coup de cœur <3

En bref, un opus qui clôt à merveille une trilogie des plus originales, surpassant en qualité et en quantité ses deux prédécesseurs. J’ai passé un moment incroyable en compagnie de Bitterblue, totalement prise par une lecture qui s’est révélée à la fois passionnante, intelligente, et parfaitement construite : un vrai régal !

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Coup de cœur !

Pour marque-pages : Permaliens.

9 Commentaires

  1. Eh beh… ça donne envie ! Belle chronique 🙂

  2. Je dois avoir seulement le tome 2 chez moi… Du coup, comme c’est un de tes coups de cœur, je tâcherai de me faire toute la série un jour ou l’autre 😉 !

  3. ça me tenterait bien de commencer cette série, surtout avec un tel avis 😉
    Au fait je t’ai taguée pour le tag du blogueur convivial, gros bisous !

  4. Je suis trop contente qu’il t’ai plu 😀 ♥♥♥♥

  5. Je devrais peut-être me pencher sur cette saga ^^

  6. Ping :Bilan du mois de Février -

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