L’assassin du roi, Robin Hobb (L’assassin royal #2)

Traduction : A. Mousnier-Lompré

Premier tome : L’apprenti assassin

RISQUE DE SPOILERS SUR LE PREMIER TOME.

L’histoire : Fitz, le bâtard royal, a survécu à sa première mission meurtrière, mais son contact avec la mort lui a laissé d’inaltérables séquelles. Revenu à Castelcerf, il retrouve celle qu’il a aimée, mais ne peut lui déclarer sa flamme sous peine de la condamner irrémédiablement. Car autour de lui, la Cour fourmille d’intrigues, les menaces se resserrent, la mort rôde. Il a pourtant quelques alliés dans la place : un prince qui lui fait découvrir les mystères d’une magie toute puissante, un maître assassin qui lui veut malgré tout du bien, et un loup, avec qui il partage lien étrange et périlleux…

Mon avis : Que d’émotions avec ce deuxième tome ! Même si je l’ai trouvé un tantinet plus long que le premier, j’ai encore une fois grandement apprécié ma lecture : il me tarde d’ailleurs de pouvoir la continuer 🙂 Robin Hobb avait fortement éveillé mon intérêt avec L’apprenti assassin (souvenez-vous : j’avais même eu un coup de cœur !), et le capture une fois encore avec L’assassin du roi : une fois plongée dedans, je n’ai plus été capable d’en sortir <3
Nous retrouvons Fitz alors qu’il est plutôt mal en point : les séquelles du poison utilisé par Royal se font plus que jamais ressentir, empêchant le garçon de rentrer à Castlecerf. Coincé à Jhaampe en compagnie de Burrich, Fitz rumine : sera-t-il diminué pour toujours, contraint de raser les murs pour éviter les railleries de son oncle infâme ? Supportera-t-il d’être enfermé dans le corps d’un vieillard tremblotant à à peine quinze ans ?  Et pourtant, tout l’appelle à la Cour : Subtil, plus fragile que jamais. Vérité, à qui il a juré protection. Le Fou, et ses devinettes plus obscures les unes que les autres. Umbre, et ses apprentissages nocturnes. Patience, même, et sa folie douce. Et puis, Molly, Molly… Une fois sa décision prise, le jeune homme sait qu’il ne pourra plus revenir en arrière : il est temps d’assumer sa place et son rôle, ou de renier ce qu’il est, et partir. Dans un monde au bord du chaos, malmené par les intrigues politiques et les incursions toujours plus violentes des Pirates Rouges, l’influence d’un jeune bâtard princier peut sembler bien faible. Et pourtant…
Comme je vous le disais, quel tome ! Et quelle frustration en le refermant, quand on sait que le découpage français ne reprend pas l’original, et nous prive ainsi de 500 pages supplémentaires ! C’est peut-être ce qui explique le fait que je n’ai pas eu de coup de cœur cette fois-ci : sans pour autant l’avoir trouvé inachevé, il m’a manqué quelque chose… Un petit je-ne-sais-quoi présent dans le premier tome et, je le pressens, également là dans le troisième.
Peut-être faut-il creuser du côté de l’action : dans le premier tome, nous suivions les quinze premières années de Fitz. Et je vous le disais déjà : le rythme est lent. Juste, mais lent. Cela m’avait pas dérangé outre mesure, contente d’avoir entre les mains un ouvrage approfondi, réflexif. Avec L’assassin du Roi, le rythme ralentit encore : il ne se passe pas plus de deux ou trois ans (je pense) avant que l’on tourne la dernière page. Et si je l’ai tout de même dévoré, je ne peux pas m’empêcher de trouver qu’il s’interrompt abruptement : j’ai immédiatement voulu attaquer la suite en le terminant. Je ne dis donc pas merci aux éditeurs français, toujours prêts à amasser plus d’argent sur le dos de séries et des lecteurs. Humpf.
Bref. Hormis ce petit détail, j’ai adoré cette lecture. Je l’ai trouvé profonde, réfléchie, pleine de bon sens et, surtout, passionnante. Tous les personnages que l’on rencontrait dans le premier tome sont creusés, approfondis. Leurs relations, qui forment un réseau toujours plus dense, deviennent de plus en plus complexes : pas facile de percer à jour les intentions de certains ! On sent, confusément d’abord puis avec plus de force, l’importance prise par Fitz dans la pièce qui se joue : sans qu’il en ai lui-même conscience, il s’affirme, s’insère dans le monde politique avec autant d’aplomb que s’il était le fils légitime de Chevalerie. Et pourtant, rien n’était gagné : les premières pages le montrent affaibli, sujet à des crises de tétanie et d’étourdissement d’une violence extrême. Nous le voyons ruminer, désespérer d’être un jour à la hauteur du rôle qui lui incombe. Et je vous avoue que le voir ainsi, douter de tout et surtout de lui-même, me l’a rendu encore plus attachant. Et donne d’autant plus d’éclat à la volonté dont il fera preuve par la suite. On le sent puissant, tant par son caractère que par sa maitrise du Vif et de l’Art (bien que celle-ci soit erratique), et j’ai bien l’impression que Robin Hobb est loin d’en avoir fini avec lui : je ne sais pas quel destin elle lui réserve, mais une chose est sure : il sera hors norme.
En ce qui concerne les autres personnages… J’ai adoré Vérité, bien sûr. Leur relation s’est encore renforcée au cours de ce deuxième tome, et devient plus profonde à mesure que les années passent. Il se sert de Fitz sans lui mentir, tout en cherchant à l’épargner le plus possible. C’est peut-être le personnage le plus noble de ce roman, et sûrement le plus injustement traité (Fitz mis à part).
J’ai également beaucoup aimé Patience, ainsi que Brodette. Les rares passages où elles interviennent m’ont beaucoup plu, et je me suis beaucoup attachée à ces deux petites bonnes femmes.
La droiture d’esprit de Molly m’a impressionnée, et si elle n’est pas toujours tendre avec Fitz, j’ai trouvé son courage exemplaire. Faut-il qu’elle soit forte pour repousser l’homme qu’elle aime, afin de garder son honneur intact ! Leur relation a pris un virage à 180° dans ce tome, et j‘espère qu’elle se concrétisera dans le troisième. Mais étant donné que Robin Hobb semble prendre un malin plaisir à faire souffrir Fitz… Je redoute le pire.
Enfin, je vous parlerai de Loupiot. Ce petit loup recueilli par Fitz alors qu’il n’était qu’un être chétif et apeuré. Ce petit loup qu’il ne peut s’empêcher d’aimer malgré sa décision de ne pas se lier avec lui… Ce petit loup qui, finalement, prend un importance croissante dans la vie de notre héros, remplissant le vide laissé par l’absence de proches à aimer.
Beaucoup d’autres personnages auraient mérité que je m’attarde sur eux l’espace d’un instant. Kettricken, le Fou… Eux aussi ont leur rôle à jouer dans la grande toile tissée par Robin Hobb, et pas des moindres. Mais comment vous laisser la moindre surprise, si je vous raconte tout ?
Une fois encore, j’ai donc passé un excellent moment. La plume de Robin Hobb est… Gracieuse, voilà le terme qui me vient en premier à l’esprit. Les phrases s’enchainent sans que l’on y pense et, même si l’action n’est pas frénétique, on ne peut s’empêcher d’avaler les pages.  Plus de deux mois se sont écoulés entre ma lecture du premier et du deuxième tome. Laissez-moi vous dire que je ne laisserai pas passer autant de temps avant de commencer le troisième 🙂

En bref, un deuxième tome excellent, quoique un peu frustrant : commencer le troisième à la suite ne m’aurait absolument pas gênée ! Une fois plongée dedans, j’ai eu beaucoup de mal à en sortir : l’univers créé par l’auteur est fascinant, et il me tarde d’en apprendre plus, de comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire. La plume est belle, le personnage central fort et attachant, l’action originale et captivante : c’est un sans faute !

On en redemande !

Pour marque-pages : Permaliens.

13 Commentaires

  1. Contente de voir que tu as aimé 😀 J’ai beaucoup aimé ce tome 2 grâce à la rencontre avec « Loupiot », que je trouve vraiment très attachant *w* Et tous ces autres personnages… je les aime tous ! (à part le crétin Royal)

    Et je ne peux qu’être d’accord avec toi par rapport aux découpages français… Tu t’arrêtes juste en plein milieu d’un livre, c’est pas terrible quoi ! Quand tu les regroupes, ça en fait des p’tits pavés avec plein de rebondissements et d’actions : mieux !
    J’espère que tu pourras lire le tome 3 rapidement 🙂

    • Oui, Royal est vraiment minable. Grrr, rien que d’y penser…
      Nous sommes d’accord : les p’tits pavés, c’est mieux 😀
      J’espère aussi <3

  2. Une série absolument captivante <3 !
    Le découpage français fait pas mal de tort à la série : certaines personnes trouvent en effet certains passages assez longs, que ça manque de rythme… Pour la bonne raison qu'ils ont le livre en plusieurs parties et pas dans la version d'origine ! On retrouve le même problème avec Game of Thrones. Ah, les Français…
    Mais L'Assassin Royal c'est vraiment que du bon jusqu'à la fin, l'écriture est magnifique, les personnages captivants (Loupiot, le Fou particulièrement !) et je ne me suis jamais ennuyée !
    Bref, tout ça pour dire que ton avis (magnifique) me donne bien envie de me refaire toute la série 😀 !

    • Merci pour ce beau compliment choupette <3 En tout cas, je peux te dire une chose : je ne risque pas d'arrêter la série, je l'aime bien trop pour ça ! Il me tarde de commencer le troisième <3

  3. Très très belle chronique qui me donne furieusement envie de ressortir mes vieux exemplaires maintes fois relus.

  4. Je me rappelle que quand tu as publié l’article sur le tome 1, j’avais très envie de commencer cette saga tout de suite. Résultat, toujours dans ma PAL… On devrait vraiment avoir des journées de plus de 24h !!

    • Je suis entièrement d’accord avec toi, ces journées sont bien trop courtes :/ Et pourtant, tu devrais le sortir, parce qu’il est… TROP BIEN !

  5. Continue!!!! J’espère que tu aimeras la suite, tu me donnes envie de les relire 🙂

  6. C’est vrai que certains tomes de L’assassin royal sont souvent lents (la faute au découpage des éditions françaises, sans doute) mais qu’est-ce que c’est bien ! Je suis ravie que ce tome 2 t’ait plu.

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