Le puit de l’Ascension, Brandon Sanderson (Fils-des-brumes #2)

Tome 1 : L’Empire Ultime
Traductrice : Mélanie Fazi

L’histoire : En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible.
À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture, le jeune noble idéaliste, doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais trois armées menées par des factions hostiles, dont celle des monstrueux koloss, font le siège de Luthadel. Alors que l’étau se resserre, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir.
Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ?

Mon avis : Pourquoi, POURQUOI ai-je attendu si longtemps avant de me lancer dans la lecture de cette PÉPITE ?! Amateurs de fantasy, si vous ne connaissez pas encore cette série, JETEZ-VOUS dessus. Brandon Sanderson est un auteur excellent, digne d’être sur le podium aux côtés des plus grands. Et cette trilogie, elle est… MAGISTRALE. En fait, si je ne me retenais pas, j’écrirais l’intégralité de cette chronique en majuscules, pour bien marquer mon enthousiasme. Parce que, OK, j’avais adoré le premier tome. Mais alors là, là… C’est quelque chose. Je vous le dit. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii <3 <3
Le Seigneur Maitre est tombé, les Skaas ont été libérés, et Kelsier est mort. Un an s’est écoulé depuis le jour où Vin a porté le coup fatal, permettant de mettre fin au règne millénaire du tyran. Elend, désormais à la tête du royaume, essaye tant bien que mal de mettre en application ses concepts idéalistes, mais les choses ne sont pas si simples : l’Assemblée, qu’il a lui même créée, ne cesse se mettre en travers de son chemin, complotant à tout va. Et même au sein de la bande, le jeune noble a dû mal a établir sa légitimité : il est loin d’être aussi casse-cou et charismatique que Kelsier. Pourtant, Luthadel a besoin d’un chef, et vite : trois armées campent à ses portes, attendant le moment propice pour attaquer.  Nos héros, qui pensaient avoir accompli le plus dur, vont être brutalement mis en face de la réalité : s’ils ne trouvent pas rapidement une solution, le pays passera aux mains d’un autre tyran, balayant d’un souffle tout le travail si durement accompli. Une période de doute et de batailles s’annonce, et nul n’y est préparé.
En commençant ma lecture, j’avais peur d’être un peu perdue : ayant lu le premier tome en mai dernier, plusieurs éléments m’étaient sortis de la tête. Fort heureusement, Le puits de l’ascension s’ouvre sur (des cartes, HIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !) quelques pages résumant l’action passée, petit résumé nous permettant de resituer instantanément les plus grands évènements de L’Empire Ultime. Passé ce petit quart d’heure « révisions », le deuxième tome peut commencer. Et, dès les premières lignes, le charme opère : de la première à la 1049e page, je n’ai cessé d’être captivée. Envoutée. Ensorcelée. Fascinée. Subjuguée. Tous les petits défauts que j’avais relevé dans le premier tome (et Dieu sait s’ils étaient petits !) ont totalement disparu. Nous n’avons là que du bon, du très bon, de l’excellent. Le puits de l’ascension, c’est la troisième intégrale du Trône de Fer sans toutes ses longueurs. Un concentré d’action, de sentiment, de mystère, de rebondissements, de déchirements, de complots, tout ça sublimé par une intensité folle. J’étais incapable de poser mon livre, sans pour autant vouloir en voir le bout. Il est tellement… Complet, complexe, juste parfait.
L’intrigue, déjà, est merveilleuse. On aurait pu croire que, avec la mort du Seigneur Maitre, un deuxième (et un troisième !) tome était inutile. Brandon Sanderson nous montre que non. Que non, que non, et encore que non. Il n’en avait clairement pas fini avec ses héros, et c’est tant mieux pour nous : c’est un véritable régal de suivre toutes les pistes qu’il trace, de démêler toutes les circonvolutions qu’il imagine. Avec ce deuxième tome, sa trilogie gagne en richesse, en intensité, en génie.  Pas une fois (et j’insiste là-dessus), je ne me suis ennuyée, lassée par un pan bancal de l’intrigue. Tout est extrêmement bien ficelé, mené, présenté. Un régal, vous dis-je.
L’univers, ensuite, magistralement ordonné. ON S’Y CROIRAIT ! C’est l’un des points les plus importants en matière de Fantasy, et Brandon Sanderson l’a bien compris : l’univers qu’il a construit ne ressemble à aucun autre, du moins que je connaisse. S’il y a bien quelque chose que j’ai apprécié, c’est le fait qu’il ne se repose pas sur ses acquis : certains auteurs profitent du premier tome pour établir le contexte de leur roman, et cessent ensuite de l’alimenter pour se concentrer exclusivement sur l’action. Ici, ce n’est absolument pas le cas : l’unviers s’enrichit perpétuellement, on ne cesse d’aller de découverte en découverte, détails qui serviront l’intrigue par la suite. La mythologie qu’il avait commencé à mettre en place au cours de l’Empire Ultime se complexifie davantage, s’enrichit, se développe encore, pour notre plus grande joie. Le personnage de Sazed, notamment, apporte énormément à la richesse de cet univers : comme dans le premier tome, j’ai adoré ses multiples références aux religions oubliées, qui n’apportent en soi rien à l’intrigue. Mais l’univers ne peut que gagner en réalité, en substance : il est tout bonnement passionnant.
Après l’intrigue et l’univers, passons aux personnages. Là encore, on aurait pu croire que Brandon Sanderson s’endormirait sur ses lauriers après les avoir présentés dans le premier tome. Point du tout ! La fin de l’Empire Ultime m’avait laissée sur les dents : le pari qu’il avait pris en tuant l’un (si ce n’est LE) de ses personnages principaux me semblait extrêmement risqué : comment allait-il se relever après cela ? Une fois encore, B.S nous montre qu’il ne connait pas de limites : il se sert de cet évènement, si dur soit-il pour le lecteur, pour faire gagner en intensité son intrigue, mais également pour sublimer ses autres personnages : on croyait les connaitre, et on se trompait : tous gagnent en profondeur, évoluent, changent, chacun réagissant différemment des autres face à tous ces bouleversements. On découvre un Brise bien plus humain qu’on ne le pensait, un Clampin réaliste et nettement plus ouvert aux autres. Dockson m’a un peu déçue, et pourtant… Sazed passe de l’intendant dévoué au Terrisien en rébellion contre les dirigeants de son peuple, mais reste cet homme profondément empathique que j’avais adoré dans le premier tome. Nous rencontrons également OreSeur, le kandra ayant pris la place de Lord Renoux dans L’Empire Ultime : j’ai beaucoup aimé le découvrir en même temps que Vin, assister à la construction de leur étrange amitié. Je pense qu’il s’agit de l’un des personnages qui possède le plus de potentiel, et cela ne m’étonnerait guère de le retrouver dans le dernier tome… Vin et Elend, enfin, sont ceux qui évoluent le plus : placés au cœur de l’intrigue, nous les suivons tour à tour tandis qu’ils se débattent avec leurs problèmes respectifs. Leur couple m’a énormément plu, tant il est atypique et émouvant. Tout cela sans compter sur les autres qui, eux aussi, apportent beaucoup au roman : Zane, Tindwyl, Straff, Cett, Spectre
Vous l’avez compris, ce deuxième opus fut un GRAND, un PUISSANT coup de cœur. Je l’ai senti naitre au creux de mon ventre dès la première centaine de pages, et il n’a cessé de gagner en force, pour finalement éclater et me laisser pantelante, avec une seule idée en tête : me procurer le dernier tome. J‘ai bien cru devoir me rouler par terre pour faire flancher l’Homme mais, heureusement, il m’avait réservé une petite surprise : Le Héros des siècles est entre mes mains depuis hier soir, et n’attend qu’une chose : que je poursuive l’aventure. Ce que je vais faire de ce pas, vous pouvez en être certains.

En bref, un deuxième tome qui m’aura laissé abasourdie, tant il est bon : j’avais adoré le premier, j’ai SURKIFFÉ celui-ci. Tout y est, la composition est parfaite : Brandon Sanderson ne nous ménage pas un instant, et nous fournit avec Le puits de l’ascension un ouvrage génialissime.  Amateurs de dark/hight fantasy, précipitez-vous : vous avez là une petite bombe qui ne demande qu’à exploser.

5/5 : Coup de coeur !
Pour marque-pages : Permaliens.

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