La fille du roi des Elfes, Lord Dunsany

Dans le Top Ten Tuesday du 28 mai dernier, nous devions définir les 10 mots/thèmes nous faisant craquer automatiquement pour un livre. Et bien, j’aurais pu sans problème y caser le mot « elfe », puisque je n’y résiste jamais. La fille du roi des Elfes fait partie de ces craquages intempestifs, et c’est grâce au Chapelier fou que je l’ai sorti de ma PAL. Il aurait toutefois dû y rester quelques semaines supplémentaires, mais j’avais besoin d’un récit court et éloigné de toute réalité… 

Couverture La Fille du roi des elfes
Traductrice : Brigitte Mariot 

L’histoire :  Lorsque les membres du parlement des Aulnes expriment le souhait d’être gouvernés par un roi doté de pouvoirs magiques, le vieux souverain ne voit qu’une seule solution : marier son fils à Lirazel, la mythique fille du roi des Elfes. Le jeune prince, Alveric, part donc pour un périple qu’on lui prédit sans retour, non sans s’être préalablement doté d’une redoutable épée magique. Arrivera-t-il à déjouer les pièges innombrables qui l’attendent ? Saura-t-il se faire aimer de la belle Lirazel ? Et, enfin, pourra-t-il échapper à l’une des trois malédictions de l’implacable roi des Elfes ?… 

Mon avis : La fille du roi des Elfes est décrit comme l’un des romans fondateurs de la fantasy, le rendant extrêmement attirant à mes yeux. Il est vrai que la fantasy est un genre qui me fascine, et que je suis toujours prompte à me renseigner dessus. Ce court roman m’intriguait donc beaucoup, et j’ai été ravie de le voir sélectionné par le Chapelier fou du mois de juin. C’est avec entrain que je l’ai ouvert mardi après-midi, le finissant dans le courant de la soirée.
Ce roman nous entraine dans les confins du Val des Aulnes : cette terre, isolée de toutes les autres, est mystérieusement proche du Pays des Elfes, un monde merveilleux où le temps n’existe pas, uniquement séparé de notre Terre par une frontière immatérielle bleutée. Les hommes du Val, soucieux de la renommée de leur village, vont imposer une requête à leur roi : ils souhaitent être dirigés par un souverain doté de pouvoirs magiques. Le suzerain actuel, contraint de respecter leurs exigences, va envoyer son fils dans le Pays des Elfes, afin qu’il séduise et épouse la belle Lirazel, fille du roi des Elfes. Si elle le suivra sans difficultés, son père ne se laissera pas faire pour autant et n’aura de cesse de la ramener dans son royaume, afin de lui redonner sa quiétude éternelle. Ainsi l’aventure débute-elle…
En lisant la quatrième de couverture, on pourrait croire que le sujet principal de ce roman est le voyage d’Alveric vers sa belle, la princesse Lirazel. Or, ce n’est pas tout à fait ça : Alveric va bel et bien conquérir son cœur et l’enlever à son père, mais Lirazel, lasse de l’agitation de la Terre, ne tardera pas à repartir vers les contrées qui lui sont familières. Le roi des Elfes en profitera alors pour mettre sa fille en sûreté, en soustrayant à la vue d’Alveric son royaume. Le prince, désormais roi des Aulnes, repartira donc sur les routes pour tenter de retrouver le pays des Elfes, et la trace de sa chère et tendre. De son côté, Orion -fils de nos deux protagonistes-, apprendra à concilier sa double nature -mi-féerique, mi-humaine- tout en s’adonnant à sa passion : la chasse à la licorne. Mais là encore, nous amputerions le récit en le réduisant à cela.
Lord Dunsany nous offre en vérité un mystérieux conte onirique, prompt à inspirer la rêverie. Ici, nulle trace de combat ou de quête héroïque. Le lecteur se laisse porter par les mots de Dunsany, tout en admirant le paysage. Si le voyage peut parfois être un peu long -il faut bien l’avouer, nous sommes très loin de l’agitation que l’on rencontre « habituellement » en fantasy-, il vaut vraiment le détour : ce Lord avait décidément le chic pour inspirer des paysages tous plus beaux les uns que les autres à ses lecteurs. Il s’agit avant tout d’une lecture contemplative, indolente. Les dialogues sont rares, Lord Dunsany préférant une narration linéaire, en s’adressant parfois directement à nous : nous pourrions tout aussi bien être près du feu, à écouter ce vieux monsieur débiter son histoire qui prend, on peut le dire, des airs de légende. 
En ouvrant ce récit, je savais pas particulièrement à quoi m’attendre, ce qui explique peut-être le fait que j’ai passé un bon moment. Toutefois, je ne le conseillerai pas à un lecteur souhaitant découvrir la fantasy : le style ampoulé et le manque de rythme le rebuteront très certainement. De même, si vous espérez y trouver une épopée digne de Tolkien, passez votre chemin : La fille du roi des elfes vous donnera très certainement matière à réfléchir, mais ne vous captivera pas au point de vous faire passer plusieurs nuits blanches…

En bref, un court récit agréable qui m’a fait passer un bon moment, mais qui ne me laissera pas de souvenirs impérissables.

Un bon moment !
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