Coraline, Neil Gaiman

Après avoir lu et apprécié L’étrange vie de Nobody Owens, je souhaitais découvrir de nouvelles oeuvres de Neil Gaiman. J’ai, pour ce faire, choisi Coraline, dont j’avais entendu beaucoup de bien, vendu notamment par Arcaalea de façon très tentante .
 
 
L’histoire : C’est la fin de l’été. Coraline vient d’emménager avec ses parents dans une étrange maison, habitée à l’étage inférieur par deux vieilles dames excentriques et à l’étage supérieur par un étrange monsieur, préparant un spectacle de souris savantes… L’appartement d’à côté est quant à lui condamné. Il y a bien un accès entre les deux appartements, mais un mur de briques empêche le moindre passage.
Tandis que ses parents sont affairés à autre chose, Coraline entreprend d’explorer de fond en comble le jardin. Mais voilà : plusieurs jours de pluie la condamnent à rester à l’intérieur. L’appartement semble bien petit pour notre exploratrice, qui veut coûte que coûte savoir ce qui se trouve de l’autre côté de la porte condamnée. Mais quand le mur de briques disparaît subitement, et que Coraline se retrouve dans un monde étrange et effrayant, elle ne souhaite plus qu’une chose : rentrer chez elle et retrouver ses vrais parents…
 
Mon avis : Coraline confirme l’impression suscitée par L’étrange vie de Nobody Owens : j’aime beaucoup la plume de Neil Gaiman, cet univers très burtonien qu’il construit, ce vocabulaire parfois suranné qu’il utilise… Vraiment, je suis conquise. Parlons un peu de Coraline en tant que telle. Cette petite fille d’une dizaine d’années m’a beaucoup plu. Elle n’a pas sa langue dans sa poche et n’a pas froid aux yeux. Elle se décrit elle même comme une exploratrice. Et, quand elle passe de son monde – un peu monotone, certes, mais somme toute très rassurant – à celui « d’à côté », et bien elle ne perd ses moyens, bien au contraire. Une gamine charmante, qu’on rêverait d’avoir pour copine à 10 ans.
Je m’en suis rapidement rendue compte, il est difficile de se plonger dans Coraline sans penser à Alice au Pays des merveilles. Cet idée de pont entre deux univers, l’un terriblement banal et l’autre mi-horrifique mi-enchanteur (carrément plus horrifique côté Coraline). Mais ! Si j’avais beaucoup aimé le conte de Lewis Carroll, Alice m’avait franchement tapée sur les nerfs. Ce ne fut pas le cas de Coraline, comme vous l’aurez compris.
Concernant l’histoire, elle est, comme pour L’étrange vie de Nobody Owens, estampillée jeunesse. De là à la réserver exclusivement à ce lectorat, je ne suis pas d’accord. L’atmosphère est terriblement oppressante, les plus jeunes pouvant être rebutés par cet aspect. On est loin du gentil conte pour enfants, je vous assure. J’ai moi-même eu quelques sueurs froides, tant N. Gaiman arrive à rendre « réel » cet univers parallèle. Il ravive nos peurs d’enfants, nous donnant presque envie d’ouvrir nos placards en grand, de regarder sous notre lit et d’allumer la lumière pour débusquer le monstre qui se tapit dans notre chambre…

En bref, un roman à l’atmosphère dérangeante mais qui se lit à la vitesse de l’éclair, bien à l’abri sous notre couette !

 
4/5 : on en redemande !
Pour marque-pages : Permaliens.

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