K-Pax, Gene Brewer

Ma rencontre avec K-Pax fut assez fortuite. Et a bien failli ne jamais se produire. Ce titre hantait en effet la mémoire d’une de mes collègue de travail. Cependant, impossible de mettre un nom dessus, et donc de retrouver l’ouvrage… Heureusement pour moi, la mémoire humaine reste encore assez fiable, et fait parfois preuve de génie Une fois le livre entre mes mains, j’ai mis un certain temps avant de l’ouvrir. Lectures communes, prêts à la bibliothèque… Toujours une bonne raison. Je ne l’ai donc entamé que dimanche dernier. Mais, avant de vous en dire plus, l’histoire…

 
Résumé : Le Dr. Brewer est directeur adjoint du Manhattan Psychiatric Institute. Les névrosés, psychotiques, schizophrènes et autistes, ça le connait. Cependant, ses convictions vont être mises à mal avec l’arrivée d’un nouveau patient pour le moins étrange : Prot. Ramassé au coin d’une rue, l’homme affirme avec patience et douceur venir de K-Pax, une planète paradisiaque située à plus de 7 000 années lumière de la Terre. Un simple fou, me direz-vous. Et pourtant : quel drôle d’homme que ce Prot, apaîsant tous les patients de l’institut, communiquant avec les animaux et ne se nourissant que de fruits. Et capable de voir les ultras-violets, avec ça ! Les différences de Prot ne s’arrêtent toutefois pas là : il fait preuve d’une culture générale à toute épreuve, et ses connaissances en astronomie semblent démesurées. Même les plus grands scientifiques du genre s’y perdent. A qui donc le Dr. Brewer a t-il affaire ? Un homme aux personnalités multiples ou… un véritable alien ? Il ne lui reste que peu de temps pour le découvrir : Prot compte bien retourner sur K-Pax dans quelques semaines…
 
Mon avis : Un coup de coeur. Sans rire ! Ce livre est génial. Dès le début, j’ai été happée par l’histoire, me posant en premier lieu une question qui peut prêter à rire : l’auteur EST l’un des personnages centraux, à savoir le psychiatre. Et il présente ce livre comme le fruit de son aventure avec Prot. Est-ce… vrai ? Je me doute bien que c’est assez… impossible, mais le doute subsiste quand même : et pourquoi pas ? Enfin. Partons du principe qu’il s’agit d’une véritable fiction. L’idée de départ est intrigante, même s’il me semble que le concept ait été revisité plusieurs fois. Mais Gene Brewer se l’approprie dès la première ligne et ce jusqu’à la dernière. Ce livre pourrait être qualifié de « carnets de recherche », carnets à l’aide desquels l’auteur (ou le psychiatre, je ne sais pas très bien) tente de savoir quelle est la véritable nature de Prot. Et nous mêmes, nous nous posons la question, et ce tout au long de l’ouvrage. C’est très bien écrit, c’est amusant, parfois un peu triste, mais le fait est que nous refermons l’ouvrage avec l’impression de ne pas l’avoir vu passer. On s’attache tout de suite à Prot, mais également au docteur qui ne sait pas trop quoi penser. Le temps de 307 pages, nous vivons aux côtés des pensionnaires du Manhattan Psychiatic Institute, apprenant à les voir d’un autre oeil, celui de Prot qui, décidément, semble tout sauf humain.
D’ailleurs, le genre « humain » en prend pour son grade dans ce roman, et c’est ça ce que j’ai vraiment apprécié, ce qui a suscité ce coup de coeur : ce n’est pas seulement une fiction avec laquelle on passe un bon moment, c’est un livre qui provoque une prise de conscience, qui nous hante bien après l’avoir refermé. Un livre qui nous fait passer un bon moment ET qui nous fait réfléchir. Le rapport de Prot, situé en fin d’ouvrage, nous donne réellement matière à réflexion. Ces constations sur la race humaine en tant que « visiteurs de l’espace » m’ont semblé particulièrement juste et m’ont un peu fait mal au coeur. On a envie de se défendre face à ces accusations mais l’on sait bien que c’est inutile : il a raison, de A à Z. Le genre de ressenti que j’ai eu en lisant certains livre de Bernard Werber, le genre de choses que mes parents se sont attachés à m’inculquer étant petite. C’est donc un véritable voyage que nous offre ici Gene Brewer, pas seulement au sein de l’univers, pas seulement au sein de l’âme humaine, mais également au fin fond de nous même. Ce livre est empreint de beauté et de sagesse, tout y est savamment dosé. A lire, absolument…

5/5 : Coup de coeur !

 

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