On parle de genres : Dark-Light-Heroïc-Hight… Fantasy !

On parle de genre2

Mes petits pandas roux,

Bonjour ! Me voici pour une nouvelle édition de ce rendez-vous qui me tient à cœur, « On parle de genres ». Vous avez été carrément enthousiastes lors du premier, portant sur la littérature vampirique, la bit-lit et la romance paranormale, alors, vous pensez… Je remets ça !
Ce mois-ci, au menu… De la fantasy ♥ Mais pas n’importe laquelle ! Pour éviter de vous faire un article long comme mon bras (et encore !), j’ai dû choisir. Choisir entre les deux composantes de ce genre, à savoir le ton, et l’univers/les thèmes abordés. Et oui, rien n’est jamais simple quand on parle de classification ! Le ton, c’est bien sûr l’atmosphère du récit. Légère, sombre… Assez simple à déterminer 🙂 L’univers, c’est le cadre du roman. Quelque chose de complètement imaginaire ? Ou au contraire qui prend pied dans la réalité ? Et les héros, dans tout ça ? En groupe, seul… Là encore, des sous-genres prennent soin de distinguer les ouvrages.

Fantasy

Ce mois-ci, je m’attacherai donc à décortiquer les sous-genres consacrés au ton du récit. Il fallait bien choisir ! Encore que, cela s’annonce assez coton, on ne va pas se le cacher : c’est que tout cela ressemble vaguement à un joli sac de nœuds bien serrés. Tâchons de faire au mieux !

/!\ Une précision : tout ce qui est dit ci-dessous est purement subjectif. J’ai recoupé plusieurs sources, ai mis à profit mes propres connaissances et opinions pour construire cet article. Il est donc possible que vous ne soyez pas d’accord avec ce que j’y écris ^_^ Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas que cette catégorisation à l’extrême a rendu les genres extrêmement poreux, un roman pouvant posséder plusieurs caractéristiques de genres totalement différents. Ce qui les rend d’autant plus difficile à catégoriser, et pose la question de la légitimité de cette multiplication des genres 🙂 Cet article n’a donc pour but que vous donner quelques éléments de définition de ces termes parfois barbares 😉 /!\

On parle de genres #2 : Dark-Light-Heroïc-Hight… Fantasy !

Mon chouchou : la Dark fantasy

Alors. Si je vous dis Dark Fantasy, vous me répondez quoi ? En vrac : H.P. Lovecraft, horreur, antihéros, pessimisme, violence… Oui, tout ça, et bien plus encore. La Dark Fantasy, c’est le pendant sombre de ce grand genre, celui dans lequel les héros seront malmenés, dans lequel le Mal prendra bien souvent le pas sur le bien, dans lequel immoralité frisera avec violence. Traditionnellement, la Dark Fantasy joue sur nos peurs les plus profondes, met en scène un environnement cauchemardesque, au sein duquel notre héros aura bien du mal à rester vivant. Et s’il s’en sort, ce sera pour mieux retomber dans des abîmes de terreur. Sympathique ! Le grand précurseur de ce genre, c’est bien entendu H.P. Lovecraft (Le mythe de Chtulu, 1928), célèbre pour les frissons glacés qu’il n’a cessé de coller à ses lecteurs au fil des ans. Bien entendu (je le précise, du coup), le genre a énormément évolué, et ce qui se publie aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qu’on pouvait lire au début du XXe siècle. Lovercaft se rapproche désormais bien plus du fantastique-horrifique qu’autre chose !
Nombreux sont aujourd’hui les auteurs à s’y essayer, et plus nombreux encore sont les romans qui mettent la pédale douce sur l’horreur et le cauchemar, pour explorer les autres caractéristiques du genre. Pourquoi un tel engouement, me direz-vous ? Et bien, je crois avoir une réponse : s’il y a quelque chose que vous ne trouverez jamais en Dark Fantasy, c’est des personnages manichéens. Jamais, jamais, jamais. Et j’imagine qu’ils sont beaucoup plus intéressants à traiter, ces héros qui ne distinguent pas toujours le bien du mal, qui savent se montrer aussi désespérément égoïstes que profondément attachants. C’est cette profondeur du personnage qui m’attire dans ce genre, cette ambivalence du récit. Rien n’est joué d’avance (on ne va pas se mentir : que cela soit de l’Heroïc ou de la High fantasy, on le sait pertinemment, qu’ils vont finir par se le faire, ce salopiaud de grand méchant !), et l’auteur se complait à jouer avec les nerfs de son lecteur. Et nous… On adore ça.
C’est ainsi que nous retrouverons sous cette bannière des romans aussi différents que La dernière Terre (Magali Villeneuve) ou La légende de Drizzt (R.A. Salvatore), mais aussi Les annales de la compagnie noire (Glen Cook), Le seigneur des runes (David Farland)… Bref, beaucoup de romans au premier abord fort dissemblables, mais se rapprochant tous à leur façon des grands principes de la Dark Fantasy.
Toutefois, une différence majeure les sépare : leurs héros. Ou plutôt, la voie que leurs créateurs choisiront de leur faire prendre. Je m’explique : dans la légende de Drizzt, le héros détonne carrément de son environnement. Malgré un côté sombre indéniable (et encore, on ne le rencontre pas tout de suite), il est tout de même foncièrement bon. Idem dans La dernière Terre : si les héros de Magali ne sont pas blancs comme neige, ils n’en sont pas pour autant mauvais (prenez Nelgoth ! C’est un parfait exemple). Ils ont des principes, et s’y tiennent, malgré les difficultés qu’ils rencontrent. Prenez maintenant un Benvenuto (Gagner la guerre, J.P. Jaworski). Un mec dépourvu de toute morale, qui ne cherche qu’une chose : s’en sortir, contre vents et marées. Même si, pour cela… Il doit poignarder son prochain. C’est une teigne, ce gars. Une teigne égoïste et violente. Et il y a un sous-sous genre pour ça aussi ! On appelle ça la grittier fantasy Si l’univers reste moyenâgeux, il est surtout particulièrement brutal… Avec un gentil héros bien sous tous les rapports. Le prince charmant, quoi ! Faites attention tout de même à ce qu’il ne s’endette pas trop aux jeux : il pourrait bien vous vendre sur les marchés pour se refaire…

 

La light fantasy : besoin de légèreté ?

Hormis la Dark Fantasy qui est son contraire le plus complet, la light fantasy peut se coupler avec tous les autres genres, ou presque. Signifiant littéralement « fantasy légère », elle peut recouvrir deux types d’ouvrages : la fantasy pour enfants, d’une part (Alice au pays des merveilles, Bilbo le Hobbit), qui mettra en scène de jeunes héros vivant une aventure plus « amusante » qu’effrayante (et, je le précise une fois encore, ce n’est qu’une classification purement subjective. Mon p’tit Caribou me faisait justement remarqué que, Lewis Caroll faisant partie des précurseurs, il est assez difficile de classer ses écrits. A juste titre !) et, d’autre part, une fantasy plus… Burlesque. Et c’est bien sûr celle-ci qui nous intéresse aujourd’hui.
Alors. De la fantasy burlesque, c’est quoi ? Et bien, c’est un sous-genre de la fantasy, qui s’amuse à tourner en dérision les autres genres. Le ton est léger et l’humour bien présent, peu importe la forme qu’il prend : satire ou parodie, non-sens, absurde, ironie… Loin de l’atmosphère oppressante de sa cousine, la Light Fantasy est prompte à faire naitre sourires et plus si affinités sur les lèvres du lecteur. Son sujet préféré ? L’Héroïc Fantasy, avec ses thèmes ultra-sérieux et cloisonnés.
Si on en trouve des traces dès 1940 (Harold Shea, Lyon Sprague de Camp & Fletcher Pratt), la Light Fantasy n’a véritablement pris son essor qu’assez récemment, avec des bandes-dessinées comme le Donjon de Naheulbeuk ou encore des séries télévisées, comme la très célèbre Kaamelott. Et quel succès ! Un succès rencontré chez toutes les tranches d’âge : eh oui, Shrek aussi, fait partie de la Light Fantasy.
Côté romans, vous ne pourrez passer à côté du très célèbre Terry Pratchett, véritable maitre en la matière, pilier du genre et tutti quanti. Et si vous aimez, rassurez-vous !  Sa série phare, Les annales du Disque-Monde, ne compte pas moins de 26 tomes. Voilà de quoi muscler vos zygomatiques !
Côté francophone, nous avons aussi nos p’tits génies : Alexis Flamand, viens là, et ne fais pas ton timide ! Avec sa pentalogie Le Cycle d’Alamänder, notre cher extraterrestre national n’a strictement rien à envier à ses voisins : il nous fait rire, et pas qu’un peu !
Bref, vous l’avez compris : la Light Fantasy est là pour dédramatiser la chose, et surtout, SURTOUT, vous faire passer un bon moment en cas de coup de mou (ou non, d’ailleurs) !

L’indémodable : l’Heroïc Fantasy

Alors oui, je vous vois venir : « Elle dit qu’elle nous parle du ton des romans, et elle arrive comme une fleur avec son Héroïc Fantasy ? Mais l’Heroïc fantasy, ça ne se démarque pas à cause de son ton ! ». Oui, c’est vrai. Sauf que l’Heroïc fantasy, comme vous l’avez remarqué grâce au magnifique petit tableau se trouvant en début d’article… est un sous-genre à part entière, qui ne se couple généralement pas (ou disons, difficilement) avec un autre. D’où sa présence ici !
Donc, l’Heroïc Fantasy. C’est quoi ? Et bien, c’est sûrement l’un des plus vieux sous-genres qui existe. D’ailleurs, avant la seconde mondiale, il rassemblait à peu près toutes les publications dont l’action prenait place dans un monde imaginaire, à forte consonance antique ou médiévale (coucou Thorgal, coucou Conan !). Si les romans se sont peu à peu diversifiés pour donner naissance à d’autres sous-genres, l’Heroïc Fantasy n’en a pas pour autant cessé d’exister : elle est encore largement représentée sur les étals de nos librairies fétiches, quoique bien souvent réservée à un public bien particulier. Il faut dire que les guerriers testostéronés à l’extrême, ça ne plait pas à tout le monde ! Bon, admettons, je force un peu le trait. Mais la caractéristique essentielle de ce sous-genre est la suivante : l’action se concentre quasiment exclusivement sur un héros solitaire, les personnages secondaires étant très peu, voire pas du tout développés (Ah, on me dit qu’avec le renouveau de ce genre, cette caractéristique tend à s’effacer. Nous voilà sauvés !). Et ce héros doit affronter mille périls, mille périls qui mettront en valeur sa force d’âme et, bien sûr… Ses muscles bien dessinés. Eh oui. Mesdames, fermez-moi cette bouche, vous commencer à baver !
En gros, voilà à quoi ressemble l’Heroïc Fantasy. Bon, je pourrais également vous parler de la distinction qui est faite entre cette dernière et le sword and sorcery (plus brutal, magie maléfique, héros musclés mais amoraux), du fait que l’Heroïc fantasy ne peut en aucun cas se coupler avec la Fantasy of manners (parce que le Héros si bien musclé ne se plie pas aux mœurs de son environnement. C’est l’environnement qui plie pour s’adapter au Héros.), du fait que ce genre un peu caricatural tend à s’adoucir avec le temps, pour laisser davantage de place à la réflexion qu’aux séances de body-building… Mais je ne maitrise moi-même pas bien toutes les nuances qui sont convoquées ici. Passons !

 

Promis-après-j’arrête : la High fantasy

Bon, j’avoue, si je vous parle de la High Fantasy aujourd’hui, c’est pour la seule et unique raison que… Je vous ai parlé de l’Heroïc. J’avoue. Mais j’aurais été mal de ne pas le faire ! Parce que, il faut le souligner, High et Heroïc fantasy sont un peu opposées. Un peu opposées dans le sens où la High Fantasy se concentre non pas sur un héros solitaire, mais sur un groupe de héros, ou plutôt sur un héros prédominant, entouré d’une troupe, d’une guilde, d’une compagnie… Bref. L’univers dans lequel ils évoluent, franchement médiéval (et, pour le coup, très très développé), est généralement en proie à une force obscure qui menace de tout détruire sur son passage. A l’origine de la constitution du groupe ? Une prophétie, généralement. Ils ne se connaissent pas mais vont devoir collaborer. Ça ne vous rappelle rien ? MAIS SI ! Le Seigneur des Anneaux, bien sûr ! Pilier de la High Fantasy ! Œuvre majeure et incontestée du genre ! Fiou. Voilà donc pour la High Fantasy, ce genre que l’on a tous lu un jour ou un autre. Cherchez bien ! Il a d’ailleurs cette fâcheuse tendance à prendre énormément de place dans nos bibliothèques : les aventures de nos héros s’étalent quasiment toujours sur plusieurs tomes. Trois, c’est bien le minimum ! Prenez La Belgariade (cinq tomes), Les bannis et les proscrits (cinq tomes) ou, mieux ! La roue du temps (14 tomes). De la place, pour la High Fantasy, de la place !

Quelques conseils ?

La dernière Terre, Magali Villeneuve & Alexandre Dainche (deux tomes de parus, six de prévus)

Ai-je encore besoin de vous présenter cette saga ? Franchement ?  Ai-je encore besoin de vous parler de ses personnages magnifiquement bien construits, de l’univers superbement pensé, de l’action parfaitement menée ? Au cas où vous doutiez encore, je vous laisse avec mes chroniques du premier et du deuxième tomes 🙂

Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski

Un roman tout à fait différent du précédent, mais tout aussi savoureux, avec son héros retors à souhait ! Pour le coup, le côté « Dark » prend tout son sens : les personnages sont totalement amoraux, la violence est omniprésente, batailles et pugilats sont décrits en détail… Et cette complexité dans les relations, cette profondeur du récit ! Un petit bijou

Le cycle d’Alamänder, Alexis Flamand (quatre tomes de parus, cinq de prévus)

Voilà une série de Light-Fantasy tout simplement parfaite. Sans jamais tomber dans l’excès ou le ridicule, Alexis Flamand nous offre un récit tout en légèreté, qui n’aura de cesse de faire sourire, voire rire, le lecteur. L’humour y est toujours de bon ton, se mêlant très agréablement avec une fantasy originale, et tout bonnement irrésistible. * *

Les kerns de l’oubli, Feldrik Rivat (trois tomes de prévus, deux de parus)

Hum, difficile de choisir une catégorisation pour cette trilogie. Le héros, Erkan, est digne des plus grandes figures de l’Heroïc Fantasy. Mais, à côté de ça, une foule de personnages secondaires plutôt bien développés l’accompagnent… Comme en High Fantasy. MAIS l’univers est plutôt à consonance antique que médiévale. Alors, Heroïc, High Fantasy ? A vous de juger !

Le Seigneur des Anneaux, J.R.R. Tolkien (trois tomes)

Ne passez PAS à côté de cette formidable aventure ! Les films l’ont tellement édulcorée que j’en ai mal au cœur. Pour vous qui aimez les héros au grand cœur, prêts à tout pour mener à bien leur quête, triompher du mal sans pour autant en retirer aucune gloire… Pour vous qui aimez les orques, les gobelins, les personnages un peu farfelus et les chevaux magiques (Gripoil, t’aurais pas pris une substance un peu étrange, pour courir aussi vite ?), cette trilogie est parfaite. Et, accessoirement… Elle est merveilleusement contée.

Les bannis et les proscrits, James Clemens (cinq tomes)

L’une des meilleures séries de High Fantasy que j’ai lu de TOUTE ma vie. Les personnages sont développés tout ce qu’il faut, leurs aventures sont palpitantes, et… Le plus parfait, dans tout ça, c’est que rien n’est joué d’avance. De la tension, de l’émotion, de l’horreur, et même de l’amour. Que demander de plus ?

Et sinon :

Le trône de Fer, George R.R. Martin (Dark Fantasy – testé et -largement ! approuvé)
Les annales de la compagnie noire, Glen Cook (Dark Fantasy – dans ma PAL numérique)
Les Seigneurs des Runes, David Farland (Dark Fantasy – dans ma PAL)

Les annales du Disque-Monde, Terry Pratchett (Light Fantasy)
Lord of the Ringards, Henri N. Beard & Douglas C. Kenney (Light Fantasy)
Donjon de Naheulbeuk, John Lang (Light Fantasy – BD)

Waylander, David Gemmel (Heroïc Fantasy – Dans ma PAL numérique)
Le cycle de Raven, Robert Holdstock & Angus Wells (Heroïc Fantasy)
Cycle d’Elric, Michael Moorcock (Heroïc/Dark Fantasy)

Le cycle de Terremer, Ursula le Guin (High Fantasy – Lu et approuvé !)
La Belgariade, David Eddings (High Fantasy – Dans ma PAL numérique)
La roue du temps, Robert Jordan & Brandon Sanderson (High Fantasy)

Clap de fin pour cette deuxième édition de « On parle de genres » ! J’espère qu’elle vous aura plu ♥ Des bisous mes biquets !

 

 Et n’oubliez pas ! Je suis loooin d’être une spécialiste, ces classements sont tout à fait arbitraires et les genres sont extrêmement perméables 😉

On parle de genres : Littérature vampirique, bit-lit et romance paranormale.

On parle de genre2

Mes petites sauterelles grillées,

Me voici pour un tout nouveau rendez-vous, né d’une discussion (d’une seule ? Pas sûr 😉 ) ma foi fort enrichissante sur les genres littéraires, avec une auteure que j’affectionne particulièrement. Nous sommes parties d’un constat : les genres et sous-genres s’étant multipliés ces dix-quinze dernières années, il est bien difficile de s’y retrouver. Amalgames, confusions, on trouve de tout… Et parfois aux dépens des ouvrages.

Je me propose donc (et en toute modestie : je ne suis PAS une spécialiste, loiiiin de là) de vous parler, régulièrement si le principe vous plait, de tel ou tel genre, de les comparer, les différencier et, surtout, de vous proposer une petite liste de romans apparentés. Je me lance ? Une petite surprise vous attend à la fin de l’article 😉

On parle de genres #1 : littérature vampirique, bit-lit et romance paranormale.

{Rappel : les genres sont rarement exclusifs les uns des autres : un roman peut parfaitement avoir plusieurs casquettes. A ne pas oublier !}

Bram Stocker, Anne Rice, Stephenie Meyer, Chloé Neill, Nalini Singh… Voilà des auteurs que l’on se plait souvent à mettre dans le même panier. Il faut dire que, avec le succès retentissant rencontré par Twilight, les éditeurs ont fait la part belle aux vampires : difficile de passer à côté lorsque l’on se promène en librairie. Il y en a partout, et pour tous les goûts. Et pourtant… POURTANT ! Des différences majeures séparent toutes ces publications. Des différences telles que, si vous n’avez pas aimé tel roman, vous pourriez bien tomber sous le charme de son voisin… Pour la simple et bonne raison qu’ils sont aussi différents l’un de l’autre que peuvent l’être une saga d’Heroïc fantasy et un roman de Space Opera. Explications !

L’ancêtre : La littérature vampirique.

C’est au dix-huitième siècle que fut pour la première fois utilisé le terme « vampire », qualifiant un état de « nom-mort » bien physique (par opposition au spectre, au revenant immatériel). Et au dix-huitième siècle également que parurent les premiers ouvrages s’attachant à mettre en valeur le mythe du vampire : Le Vampire, d’Heinrich Augustus Ossenfelder (1748), La fiancée de Corinthe, de Goethe (1797)… Et, bien sûr, le célèbre Dracula de Bram Stocker, fin 19e. Connaissant son âge d’or au cours du 19e siècle, la littérature vampirique se rapproche indéniablement du courant romantique qui agite alors le monde des lettres, faisant du vampire le « Héros sombre du mal », un être à la fois extrêmement dangereux, amoral et surtout… Séduisant. Souvent parés d’une atmosphère sombre, flirtant avec le gothique, ces romans se font parfois porteurs de critiques sociétales et/ou religieuses, et élèvent régulièrement la morale et toutes les interrogations qui s’en suivent au rang de préoccupations premières.

Le cousin : la Bit-lit

Cousin, oui, mais très très éloigné ! Pour moi, bit-lit et littérature vampirique n’ont absolument rien en commun, hormis le personnage surnaturel. Contrairement à la littérature vampirique, qui se concentre essentiellement -sinon exclusivement- sur le personnage du vampire, la bit-lit fait intervenir toutes les créatures surnaturelles qu’elle croise : vampire, donc, mais aussi loup-garou, fée, sorcières, démons… Et j’en passe. Tout cela, au milieu de nous, les humains. Deuxième différence majeure : la bit-lit est un sous genre de l’Urban fantasy : l’action se déroule de nos jours ou dans un futur proche (contrairement à la littérature vampirique qui, elle, préfèrera s’ancrer dans des siècles plus reculés, afin de donner à sa figure de proue toute la noblesse qui la caractérise). L’héroïne (car il s’agit souvent de cela) combat des créatures surnaturelles, mais reste animée par des préoccupations très actuelles (je vous mets au défi de me trouver une héroïne de bit-lit qui ne se sent concernée ni par ses études, ni par les garçons, ni par son premier boulot). Enfin, la bit-lit se caractérise aussi par son petit côté « séducteur » : tout d’abord surnommée « paranormal porn » outre-Atlantique, elle met souvent en scène des passions ravageuses et torrides. Fiou  ! Bon, toutes ces caractéristiques sont à prendre avec des pincettes : si vous ne trouvez pas tel ou tel aspect dans le roman que vous êtes en train de lire, cela ne signifie pas forcément qu’il ne s’agit pas de bit-lit ^_^
Prenez la série Psi-Changeling de Nalini Singh : des héros multiples, aussi bien hommes que femmes, et pas vraiment concernés par leurs études ou le prochain bal de promo. Et bien, pour moi, c’est quand même de la bit-lit : des créatures surnaturelles évoluant dans un futur proche, se confrontant sans cesse aux problèmes de cohabitation entre espèces… Et ce petit côté sexy indéniable… De la bit-lit, ça oui.

Edit : Comme plusieurs d’entre vous me l’ont fait remarqué, le terme « Bit-Lit » a effectivement été inventé par les éditeurs français… Et plus particulièrement l’équipe de Bragelonne. Voyez plutôt :
« Le premier enjeu était de trouver une dénomination qui soit la plus unificatrice possible. Si on avait commencé à dire qu’il y a de la paranormale romance, de la Fantasy urbaine, donc si on avait essayé de traduire tout ça… Il y a plein d’autres vocables d’ailleurs que je cite de temps en temps qui sont très rigolos, et sur lesquels on s’est penchés. Au tout début, je me souviens, les Anglais parlaient de « Paranormal Porn » , ce qui a le mérite d’être clair. Il y a « fang bang » aussi… D’ailleurs, à chaque fois qu’on rencontre un éditeur ou un agent, il y a une autre dénomination ! Jusqu’à dire Paranormal en général. Parce qu’avec Paranormal, les livres avec des sirènes, ça passe, le livre qui n’est pas tout à fait de l’Urban Fantasy, mais où il n’y a pas de romance, pareil. En gros, on s’est dit qu’il faudrait bien appeler ça d’une façon ou d’une autre, et la vérité vraie, c’est qu’en feuilletant un catalogue américain de droit qui pitchait plein de bouquins, à un moment donné, sur une liste, je suis tombé sur Bit-lit, vraiment au milieu d’un paragraphe. Et je me suis dit que c’était rigolo, j’ai proposé à Alain, et il a trouvé rigolo aussi. Et à ce moment-là, on s’est dit qu’on allait dire que c’était de la Bit-lit. » (Stéphane Marsan – directeur éditorial de Bragelonne)

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Le petit dernier (mais pas si jeune que ça !) : la romance paranormale.

Et on corse encore un peu les choses : romance paranormale, genre littéraire à part entière ou non ? J’aurais tendance à dire que oui, tout en y mettant un bémol : la romance paranormale peut également n’être qu’un élément constitutif d’un récit. Vous me suivez toujours ? (Je crois que je me suis moi-même perdue)
Bon, tâchons de clarifier un peu tout ça : romance paranormale il y a dès lors qu’une romance se mêle à des éléments fantastiques. Une histoire d’amour entre un vampire et une humaine, par exemple (coucou Twilight !), mais aussi lorsqu’il est question de voyages dans le temps (Parallon, publié par la Collection R), ou de pouvoirs psychiques. Une constante : la romance est au cœur de l’ouvrage. AU CŒUR DU CŒUR.

Le fer de lance de ce genre est donc, je vous le donne en mille… TWILIGHT. Évidemment ! Qui, s’il peut se rapprocher de la bit-lit (héroïne, préoccupations actuelles, créatures surnaturelles en tout genre), n’a absolument rien à voir avec la littérature vampirique. Réjouissez-vous, petites gens qui n’avez pas aimé la Saga du désir interdit ! Les vampires pourront tout de même vous faire fondre, et pas qu’un peu. Voici donc quelques menus conseils de lecture :

Rose Morte, Céline Landressie (cinq tomes de prévus, deux de parus.)

Si je ne devais retenir qu’un seul roman (actuel) de littérature vampirique, ce serait celui-ci : Céline Landressie redonne au genre ses lettres de noblesse, mettant un point d’honneur à travailler le mythe du vampire avant tout autre chose. Parfaitement écrit, on y retrouve une atmosphère à la fois sombre et mélancolique, profondément séduisante. Une intrigue riche et des personnages profonds achèvent de rendre ce récit unique, délicieux à lire. Et si romance paranormale il y a, elle est traitée toute en finesse et subtilité, à l’image du reste de l’ouvrage…

Psi Changeling, Nalini Singh (neuf tomes parus en français à ce jour)

Vous voulez lire de la bit-lit, mais n’en pouvez plus de croiser des vampires et sorcières à tous les coins de rue ? Psi Changeling est fait pour vous 🙂 Une intrigue bien faite et des personnages attachants rendent cette série tout à fait agréable. Et son haut degré de sexitude ne gâche rien…

Les vampires de Chicago, Chloé Neill (huit tomes parus en français à ce jour)

Si, au contraire, vous aimez les créatures à crocs (et les autres !), les kick-ass girls et ne jurez que par une action trépidante, la série de Chloé Neill saura vous combler : les tomes se dévorent comme des petits pains, et tout est bon à y prendre, pour qui veut se divertir pendant une bonne paire d’heures 🙂

Les âmes vagabondes, Stephenie Meyer

Pour vous, rien de mieux qu’une vraie romance paranormale, avec du sentiment, des émotions qui vous prennent aux tripes et à la gorge ? Si Les âmes vagabondes ne peut décidément se réduire simplement à cela, la romance qui y est présente est sans doute l’une des plus belles que j’ai pu lire jusqu’à présent. Mais n’oubliez pas la boite de mouchoirs !

Et sinon :

Entretien avec un vampire, Anne Rice (Littérature vampirique – tendance roman d’horreur)
L’Opéra Macabre, Jeanne Faivre d’Arcier (Littérature vampirique – dans ma PAL !)
Enterrer l’ombre, Storm Constantine (Littérature vampirique)

Chroniques de MacKayla Lane, Karen Marie Moning (Bit-lit – Lu et approuvé !)
Charley Davidson, Darynda Jones (Bit-lit)
Maeve Regan, Marika Gallman (Bit-lit)

Les Highlanders, Karen Marie Moning (Romance paranormale)
Demonica, Larissa Ione (Romance paranormale)
Belladone, Michelle Rowen (Romance paranormale)

 Voilà donc pour ce premier rendez-vous ! J’espère que cela vous aura plu :3 Et pour fêter ça, quoi de mieux qu’un petit concours ? Sans plus vous faire attendre…

ConcoursEsquissesRM
*Bouh, excusez la qualité médiocre de la photo…*

Tadam ! 10 esquisses d’Artus, personnage phare de Rose Morte, ainsi que quatre lots de petits badges 🙂 Pour participer, rien de plus simple : un petit commentaire ci-dessous pour me signifier votre participation ! Les gagnants seront annoncés ici-même et sur la page facebook du blog, vendredi prochain 😀
Un grand merci à Céline Landressie pour sa gentillesse et sa généreuse participation 😀 ❤︎ Je vous invite à aller lire l’article qu’elle a elle-même écrit sur la littérature vampirique, juste ici 🙂

Bonne chance à tous mes agneaux, et à très vite !

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