Tuto n°1 : Embrasser comme une déesse, Brianna R. Shrum

Traduit par Maud Ortalda

L’histoire : Suite au remariage de son père avec une femme beaucoup plus jeune que lui, Renley n’a quasiment plus aucun contact avec sa mère, partie vivre à New York depuis 4 ans. La jeune fille est une tête en maths – bref, on ne peut pas dire que ce soit la plus cool des lycéennes – et entretient une relation platonique avec son voisin et meilleur ami, aux côtés duquel elle a grandi. Car même s’il est très amoureux, elle ne se voit pas du tout sortir avec lui. Pour un voyage de classe…à New York justement…Renley a besoin de réunir un peu d’argent et décide de lancer une chaîne de tutos qu’elle monétise. L’argument ? Des réponses d’expert, vécues de première main, aux questions que se posent les ados. Jalouse de son indépendance, elle préfère garder sa véritable identité secrète. C’est le début d’une quête qui va la transformer et changer le regard que les autres portent sur elle.

Mon avis : Il faut que je vous avoue quelque chose. Il se pourrait que… J’ai complètement craqué pour cette couverture, qui fait étrangement écho à mon côté fleur bleue. Le jeu des couleurs, tout ça… Vous voyez ce que je veux dire ? J’adore ‘_’ BREF. Laissons-là mon côté superficiel et parlons plutôt du livre en tant que tel : petite nouveauté de chez Lumen, il nous raconte l’histoire d’une lycéenne lambda, Renley. Vivant avec son père et sa belle-mère, cette jeune fille fait partie de la classe moyenne au lycée : ni populaire ni paria, elle vit sa vie sans faire de vagues. Mais quand son professeur de maths annonce un potentiel voyage à New York pour la bagatelle de 3000 $, Renley prend une grande décision : plutôt que de chercher un petit boulot pour réunir la somme, elle se lancera dans les tutos internet payants… De manière anonyme, histoire d’entretenir un peu de mystère. Des tutos, oui, mais de quoi ? Et bien… Tout dépend des questions de ses abonnés : de la meilleure manière de se faire un œil de biche à la technique pour embrasser comme une déesse, Renley devra donner de sa personne… pour le meilleur et pour le pire !
Que l’on se le dise : j’ai beaucoup aimé ma lecture. C’est léger, drôle, et ça le lit clairement tout seul : en quelques heures, je l’avais ouvert et refermé, le cœur un peu plus léger. Les personnages sont attachants, et l’on se prend facilement au jeu de savoir si, oui ou non, Renley va réussir à mener son projet jusqu’au bout sans y laisser des plumes. L’écriture de l’auteure est fluide et nous fait l’effet d’un baume apaisant : ce roman pourrait être comparé à un petit bonbon acidulé.
Le souci, avec ce genre de bonbons… C’est que, bien souvent, quand on en a mangé un, on les a tous goutés. Et c’est ce qu’il se passe avec ce récit : si notre lecture est agréable et efficace, il n’en reste pas moins que je l’ai trouvée plutôt convenue : les personnages, bien qu’attachants, ne sortent pas vraiment du moule et ne me laisseront, malheureusement, pas  d’impression impérissable : la jeune fille qui ignore sa beauté, le beau gosse inaccessible, le meilleur ami devenu subitement bien attirant… On les connait ! Et ils finissent, malheureusement, par ne plus avoir d’identité propre mais par être de simples personnages-types auxquels on n’a recourt sans les retravailler. J’aurais notamment aimé que l’auteure approfondisse la relation de Renley avec ses parents, je pense qu’il y avait là matière à faire quelque chose de vraiment touchant, pouvant de plus parler à beaucoup d’ados. L’intrigue, quant à elle, est quelque peu cousue de fil blanc : pas de grandes surprises à noter, et l’on devine très vite comment les choses vont tourner… La faute au sujet déjà sur-traité : accordons à l’auteure qu’il est en effet particulièrement délicat de se démarquer dans le registre qu’elle a choisi, tant la production est importante.
Finalement… Que retenir ? Tuto n°1 : Embrasser comme une déesse plaira sans conteste aux ados souhaitant lire une histoire légère, mêlant amour et amitié, peuplée de personnages qui leur seront proches. Il restera pour moi une lecture parfaite pour se détendre après une bonne journée de boulot, même si j’aurais aimé un peu plus de profondeur, tant côté intrigue que personnages : je pense, pour le coup, ne pas être dans la cible visée pour ce roman !

En bref, un petit roman se lisant vite et bien, qui plaira très certainement à un public adolescent recherchant des récits aux thèmes qu’ils connaissent bien !


Un bon moment !

Le sixième sommeil, Bernard Werber

Couverture réalisée par Valentino Sani

L’histoire :

PHASE 1
Assoupissement
PHASE 2
Sommeil léger
PHASE 3
Sommeil lent
PHASE 4
Sommeil très profond
PHASE 5
Sommeil paradoxal
PHASE 6
Le sixième sommeil.
Celui de tous les possibles.

Mon avis : En cinq ans, aucun roman de Bernard Werber n’a été chroniqué ici. Pas un. Oh, je vous en ai bien parlé, à de multiples reprises : des Fourmis aux Thanatonautes, je n’ai pas manqué de vous dire que je lui devais mon goût démesuré pour la lecture. Mais je n’ai pas non plus oublié de vous dire… Que j’avais été cruellement déçue, avec ses dernières parutions. Qu’elles étaient loin d’avoir la fougue et la justesse de ses premiers romans, que j’avais parfois l’impression que son rythme d’écriture effréné mettait en péril la qualité de ses écrits. Bref, après Troisième Humanité, j’ai abandonné. Je me suis dit que je préférais garder intacts mes bons souvenirs avec lui, sans les entacher avec une déception de plus.
Et puis… Et puis, j’ai craqué. VOILÀ. Parce que je n’ai aucune volonté, et que j’avais quand même peur de passer outre une potentielle bonne lecture. J’ai donc profité de sa dernière sortie en poche pour refaire une petite plongée dans l’imaginaire teinté de sciences de cet auteur que j’affectionnais tant…
Et, finalement, force est de dire que ça a plutôt pas mal marché. Bon, disons-le : ce n’est pas un coup de cœur… Mais… J’ai passé un bon moment, oui. Cette fois-ci, et comme le titre l’indique, c’est au sommeil que s’intéresse l’auteur. Les cinq stades que nous connaissons plus ou moins tous ( Assoupissement – Sommeil léger – Sommeil lent – Sommeil très profond – Sommeil paradoxal)… Mais aussi ce mystérieux sixième stade, faisant du monde des rêves une nouvelle Terra Incognita que ses héros se mettront en devoir d’explorer.
Une nouvelle fois, Bernard Werber nous montre qu’il peut recycler son ancienne casquette de journaliste scientifique sans trop de difficulté : son roman fourmille de petits détails passionnants rendant la lecture particulièrement attractive, d’autant que le sujet ne m’est clairement pas familier. On ressort du roman avec de nouvelles connaissances en main, fait non négligeable et tout à fait appréciable. Cela compense d’ailleurs deux choses : les personnages centraux assez peu charismatiques, sans trop de substance et relativement anecdotiques (on est loin de 103e et de Michael !), et l’action parfois un peu mollette qui m’a fait, je l’avoue, sauter quelques paragraphes. Ce qui explique pourquoi cette lecture, bien que m’ayant fait passé un moment somme toute agréable, ne me restera pas en mémoire ad vitam eternam : le sujet est passionnant, mais la façon dont il est enrobé l’est moins. Je n’ai pas retrouvé ici cette urgence de lecture que j’ai pu vivre avec ses premiers romans, et j’avoue avoir été nostalgique du temps où il nous présentait des personnages emblématiques, capables de rayonner des années après notre rencontre dans notre cœur de lecteur.
Une chronique rapide pour une lecture sans plus, mais mon avis est fait : je patienterai le temps qu’il faudra, mais ne lirai pas l’un de ses prochains romans tant qu’il ne sera pas annoncé comme un digne successeur des Fourmis ou des Thanatonautes :/

En bref, un roman qui m’aura fait passé un moment agréable mais non pas incroyable… Venant de B. Werber, j’avoue que j’en attendais bien plus : dommage !


Un bon moment, mais…

Merfer, China Miéville

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Traduit par Nathalie Mège

Illustration de couverture par Mike Bryan

L’histoire : Dans un monde désertique, une seule voie à suivre : celle du chemin de fer. Et aux côtés du capitaine Abacat Naphi, partir en chasse de Moker-Jack, la taupe géante.Merfer. Un monde apocalyptique, désertique, aux océans mourants à cause d’une catastrophe inconnue, à la terre stérile colonisée par les rats-taupes géants creusant sans cesse des tunnels immenses. À sa surface court un réseau de voies ferrées à l’origine indéterminée et à la destination tout aussi mystérieuse. Et sur celles-ci, un train est en marche, mené par la capitaine Abacat Naphi dans une quête jusqu’au-boutiste, cruciale : trouver Moker-Jack, la plus gigantesque des taupes géantes, à la fourrure ivoire, et qui a emporté le bras de Naphi. Désormais, pour la capitaine au verbe haut, la chasse ne pourra prendre fin qu’avec la mort de son ennemi juré. Embarqué dans cette folle aventure pour sa première chasse à la taupe, le jeune Sham assiste fasciné au ballet des harponneurs et aux mises à mort qui font la gloire des uns et l’infortune des autres. Jamais il ne s’est senti autant en vie que lors de cette extraordinaire expédition sur la Merfer. Jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent face à ce train naufragé, et que Sham découvre dans l’épave les indices de quelque chose… quelque part… une impossibilité, un mystère qui le conduira bien au-delà de ce pour quoi il avait signé. Bientôt, à bord du train lancé dans sa folle odyssée, poursuivis par les pirates et les pilleurs, ils atteindront la fin de la Merfer, l’extrémité du monde connu…

Mon avis : Cela fait un moment que j’entendais parler de China Miéville, sans pour autant avoir jamais ouvert un de ses romans. Je le connaissais comme auteur anti-conformiste, s’affranchissant volontiers des codes et des genres… Quand m’a été offerte la possibilité de lire Railsea (faut dire ce qui est, le titre original claque un peu plus) je me suis donc empressée d’accepter et de me lancer à l’assaut de ce joli pavé…
Et force est de dire que l’on passe un agréable moment. Nous rencontrons Sham, jeune homme en mal de vocation, contraint par ses cousins de s’engager comme apprenti médecin sur le Mèdes, un train taupier sillonnant la Merfer à la poursuite de la philosophie du capitaine Picbaie, Jackie la Nargue. Mais alors que l’équipage aborde un train ayant manifestement déraillé, Sham fait une étrange découverte :  alors qu’il vient de tomber nez à nez avec un cadavre, il trouve une étrange carte mémoire… Contenant des photos non moins mystérieuses. Il n’a désormais plus qu’une idée en tête : retrouver les descendants des occupants du train, afin de leur annoncer la triste nouvelle…
Qu’on se le dise : l’auteur nous offre ici un récit pour le moins foisonnant. Les inspirations sont diverses (l’hommage rendu à Herman Melville ne vous aura, je gage, pas échappé : nous avons ici un Moby Dick revisité, le terrible capitaine Achab étant remplacé par Picbaie et son bras de métal)(oui, j‘ai pensé au cyborg dans La planète au trésor quand cette dernière fait pour la première fois démonstration de tout l’attirail dont elle dispose grâce à ce membre mécanique)(on ne se moque pas), et l’univers imaginé par l’auteur tout simplement énorme : entre roman post-apocalyptique et fantasy urbaine, cette quête initiatique se révèle tout à fait passionnante. Nous plongeons dans un monde tout en nuances de gris, où nos bons vieux océans ont été remplacés par une mer de… Rails. Une mer métallique peuplée de mille et unes créatures foutrement dangereuses, prêtes à dévorer le moindre malheureux posant le pied à terre. Bien que l’on ait peu de détails sur la construction/l’installation de ces rails en tant que telle, les descriptions de cet univers hostile et dangereux m’ont fascinée. Que cela soit au niveau du bestiaire -qui a de quoi faire froid dans le dos- ou de des descriptions des paysages en tant que tel, China Miéville mène parfaitement sa barque : l’immersion est instantanée.
Côté intrigue… C’est ce qui a quelque peu pêché, pour moi. Oui, il y a de l’action. Oui, tout cela est fort intrigant. On suit avec un intérêt grandissant les pérégrinations de Sham, constatant avec ravissement que l’adolescent un peu maladroit et rêveur des débuts laisse progressivement place à un jeune homme plein d’aplomb, d’une détermination sans faille et à même de prendre l’ascendant -dans le bon sens- sur les autres. China Miéville parsème en outre son récit de mystères et, force est de constater… Que l’on a envie d’en savoir plus, tout simplement. De savoir où tout cela va nous mener, de savoir si nous nous trouvons bien dans un univers ayant trait à la fantasy… Ou relevant davantage du post-apocalyptique. Mais j’en dis trop ! Non, bien que j’ai été fort intriguée par tout cela, j’ai trouvé que le roman manquait un chouïa de rythme. Qu’il passait par des pics d’intensité incroyable, pour finir par ralentir… Voir s’enliser, parfois. Et cela a quelque peu bouleversé ma lecture, si je puis dire. Bien que passionnante, elle fut fort décousue… Ambivalent, n’est-ce pas ?
Quoi qu’il en soit, me voilà convaincue que China Miéville est bel et bien un auteur à découvrir. Malgré une lecture parfois compliquée, j’en ressors à la fois admirative et conquise : il me faudra absolument lire ses autres romans, et reprendre celui-ci quand je n’aurai pas des dizaines d’autres choses à penser !

En bref, une lecture intéressante tant sur le fond que sur la forme, avec une intrigue qui saura éveiller votre curiosité… Malgré quelques petites baisses de tensions qui m’ont quelque peu ralentie. Mais les idées sont là, intelligemment ordonnées et orchestrées. Qu’on se le dise, donc : ce roman mérite largement d’être découvert !

 Un bon moment
Un bon moment !

Les filles de l’Orage, Kim Wilkins (Le sang et l’or #1)

Les filles de lorage

Traduit par Nenad Savic

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L’histoire : Victime d’un sortilège, le roi du Thyrsland est dans le coma. Si ses ennemis viennent à l’apprendre, ce sera le chaos. Craignant pour sa vie et l’avenir du peuple, ses cinq filles entament un périlleux voyage afin de le sauver, plaçant tous leurs espoirs dans une mystérieuse adepte de la magie vivant aux frontières du nord. Personne n’ose affronter la fille aînée du roi, Bluebell, soldate féroce et tatouée, chef de guerre prétendument invincible. Or ses sœurs – Ash la loyale, Rose la belle, Willow la pieuse et Ivy l’incertaine – ont chacune des secrets qui, s’ils étaient révélés, risqueraient d’avoir des conséquences désastreuses… pour le royaume tout entier.

Mon avis : Faible que je suis, c’est avant tout la couverture de ce roman qui m’a attirée. Je la trouve assez mystérieuse, pour tout vous dire : qui est cette femme, qu’attend-elle ? Confiante, je m’y suis plongée sans aprioris et pleine d’espoir. Et si j’ai lu assez rapidement la première partie du roman, la seconde a quelque peu douché mon enthousiasme. Explications !
Le roi du Thyrsland est à l’article de la mort : victime d’une malédiction dont on ignore le commanditaire, sa vie ne tient plus qu’à un fil. Bluebell, sa fille ainée et héritière du royaume, est prête à tout pour le sauver : réunissant ses quatre sœurs – Ash, aux pouvoirs étranges, Rose dont le cœur pourrait bien mener le royaume à sa perte, et Willow et Ivy, jumelles, l’une étant aussi pieuse que l’autre volage -, elle décide de conduire la troupe dans les confins du royaume afin d’y trouver de l’aide du côté des sous-magiciens, ces hommes vivant reclus loin de tous, réputés particulièrement dangereux et puissants. Mais Bluebell, habituée à affronter ses ennemis sur un champ de bataille, ignore encore que le danger ne se terre pas où elle l’imagine, et qu’il ne lui suffira pas de brandir son épée pour le faire fuir…
ALORS. Déjà, un bon point : enfin, des filles ! QUE des filles, ou presque ! Même si les héroÏNES sont en passe de devenir monnaie courante en fantasy, un groupe de nanas… C’est assez rare pour être souligné. Ceci dit, sur cinq, bien peu m’ont touchée : Ash et Rose, oui, même si le comportement inconstant de la seconde m’a parfois agacée. Bluebell m’a laissée assez dubitative : c’est une grosse brute assez peu réfléchie, trop occupée à terroriser son monde pour se poser un instant et s’éclaircir les idées. Le fanatisme de Willow est très mal passé (il faut dire que la période me rend assez intolérante vis-à-vis de ce genre de comportement), et Ivy… Ivy remporte la palme de la sœur la plus idiote des cinq. Que n’aurais-je donné pour pouvoir aller lui en coller une ! Quelques personnages masculins parsèment également le récit, mais un brin trop fades pour que j’en parle ici. L’un dans l’autre, j’ai été un petit peu déçue par le manque de profondeur des personnages, principaux ou secondaires : ils ont tous une identité très forte, mais on s’arrête là : leur psychologie reste assez peu fouillée, donnant à l’ensemble de la galerie un côté un peu simple que l’on peut regretter.
Côté intrigue, c’est assez prenant… Au début : j’ai rapidement été prise par ma lecture, ma curiosité éveillée par ce mystérieux sortilège et cette quête semblant quelque peu inespérée. Les rebondissements s’enchainent, et les révélations ne manquent pas : globalement, Kim Wilkins tire plutôt bien son épingle du jeu. Ceci dit, j’ai trouvé que la fin tirait un peu en longueur : non pas que je me suis lassée, mais… J’avais hâte d’en terminer, de voir comment tout cela allait se finir.
Globalement, j’ai donc passé un bon moment… Un peu en deçà de ce que j’avais imaginé : c’est divertissant, mais pas excellent. Le deuxième tome rehaussera-t-il le tout ? La fin de celui-ci nous donne toutes les raisons d’espérer !

En bref, un premier tome qui pêche par certains côtés, restant un peu trop superficiel à mon goût. Ceci dit, la plume agréable de l’auteure et une intrigue somme toute assez rythmée font de ce premier tome une lecture agréable !

`Un bon moment

Le livre dont vous êtes le zéro, Kemar

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L’histoire : Dans la plupart des livres dont vous êtes le héros, le héros, c’est vous. Mais c’est un peu facile, vous ne trouvez pas ? Alors pour changer un peu, vous serez le zéro de ce livre. Suivez les choix multiples et découvrez la vérité : qui êtes-vous ? Votre vie est-elle nulle ? Comment être sûr de rester moyen ? En ouvrant ce livre, vous découvrirez un monde de normalité qui s’offre à vous et vous permettra, au fil de questions multiples, de devenir l’homme ou la femme naze que vous avez toujours rêvé d’être ! Remplissez votre déclaration d’impôts, ratez le dernier métro et découvrez le chemin du zéro absolu.
VOTRE VIE EST-ELLE ASSEZ NULLE POUR ÊTRE VÉCUE ?

Mon avis : Après Natoo, Kemar ! Aimant particulièrement l’humour complètement déjanté de ce jeune homme, je me suis comme qui dirait précipitée sur son bouquin… Dont j’ignorais tout avant d’en ouvrir la première page. Le titre est pourtant une bonne indication : vous souvenez-vous de ces livres qui faisaient fureur il y a une bonne vingtaine d’années ? De ces livres interactifs, dont le déroulé variait en fonction de nos choix, et dont nous incarnions le personnage principal ? Et bien, c’est cela, que nous offre Kemar : un livre dont on est le héros… A ceci près que le héros que l’on incarne est complètement, totalement… Nul. Zéro, quoi !
Et… Franchement, on s’amuse. Malgré (ou parce que) le fait que notre héros soit un loser total, on s’éclate : les péripéties sont folles, on passe par tout un tas de situations loufoques au possible, on essaye de mener sa barque au mieux… Et l’on finit, souvent, dans le caveau familial. Et oui, que voulez-vous… La vie est cruelle.
Je dois avouer que j’ai été assez surprise de découvrir une plume tout à fait agréable à lire et, plus généralement, un bouquin vraiment bien ficelé. J’ai retrouvé avec plaisir ce système que j’appréciais beaucoup étant plus jeune, et on y a passé une bonne paire d’heures, avec Chéri. Si vous êtes amateurs des vidéos de Kemar, foncez ! Vous retrouverez au fil des pages bon nombre d’allusions à ses vidéos, et son ironie toujours plus marquée. En clair : il envoie du pâté !

En bref, Le livre dont vous êtes le zéro trônera désormais dans nos toilettes, afin d’égayer les moments que l’on y passe et de respecter la volonté de l’auteur. C’est drôle, bien écrit et prenant, alors… Qu’attendez-vous ?

Un bon moment
Un bon moment !

Deux titres chez Slalom ! Les grandes jambes, Sophie Adriansen & Pax #1, Asa Larsson & Ingela Korsell

Du nouveau chez Slalom !

Hello mes chatons !

Petit article spécifique aujourd’hui, puisque je ne vous parlerai non pas d’un, mais de deux livres… D’un tout nouveau label jeunesse 🙂 J’ai profité de mon dimanche après-midi pour les dévorer tous deux, il est maintenant temps d’en parler !

♦ Les grandes jambes, Sophie Adriansen

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L’histoire : Marion, collégienne en pleine croissance, est obsédée par la longueur de ses jambes qui n’en finissent pas de s’allonger, rendant la recherche d’un jean qui lui aille bien extrêmement délicate. A l’âge des complexes, des premiers émois amoureux et de la construction de l’image de soi, être hors cadre se révèle parfois difficile, voire douloureux. Comment attirer les regards de Grégory, dont elle est amoureuse, avec un pantalon qui lui découvre les chevilles ? Mais alors que le collège part en voyage scolaire à Amsterdam, Marion profite de cette occasion pour élargir son horizon.
Elle approfondit sa passion pour l’art, notamment en découvrant in situ le célèbre tableau La Ronde de nuit, et met en perspective ces contrariétés d’adolescente née après l’an 2000 en visitant la maison d’Anne Frank.

Mon avis : Aaaah, cette Marion ! Je dois bien vous avouer qu’au début, j’ai eu… Comment dire ? Beaucoup de mal. Beaucoup de mal, car elle m’a fait l’effet d’une petite peste arrogante et gratuitement méchante, ne jugeant les autres que par leur physique. Rapport à quelques réflexions assez déplacées sur le physique d’une vendeuse de jeans… Et puis, j’ai réfléchi. Je me suis souvenue. Qu’à 12 ans, on ne pense qu’à rentrer dans le moule. Et que, surtout, on est vraiment, mais vraiment, pas tendre avec les autres. Malgré tout, je regrette cette stigmatisation des rondeurs, plutôt gratuite, d’autant plus que ce n’est jamais (mais JAMAIS) remis en question dans le roman (j’aurais tout de même du mal à le faire lire à ma nièce qui, du haut de ses neuf ans, regarde déjà dans la glace si elle n’a pas de trop grosses fesses T.T). Reste que j’ai finalement passé un moment plutôt agréable : Les grandes jambes parle surtout d’une jeune fille qui se cherche, déjà sortie de l’enfance et encore loin d’être adulte… Avec toutes les interrogations qui vont avec, entre premiers émois amoureux et éveil artistique, un aspect qui a d’ailleurs été loin de me déplaire. C’est touchant, parce que l’on se reconnait un peu dans notre jeune héroïne, qui parlera également aux jeunes filles de 12-13 ans, pour peu qu’elles soient, pour le coup, véritablement rentrées dans l’adolescence. Un petit debrief avec les parents à la sortie de la lecture pourrait être un grand plus !

♦ Pax #1,  Asa Larsson & Ingela Korsell

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L’histoire : Au sein de la petite ville de Mariefred, en Suède, se cache une étrange bibliothèque, que l’on dit habitée par des puissances magiques, et gardée depuis toujours par Magnar et Estrid. Mais lorsque des forces maléfiques s’y attaquent, le dévouement des deux vieux gardiens ne suffit plus… Alrik et Viggo, deux enfants malmenés par la vie, se révèlent être les guerriers attendus pour combattre ces forces obscures et inverser le cours des événements.

Mon avis : Prenez garde : livre à ne pas mettre entre toutes les mains ! Dans la même veine que la série de Joseph Delaney (ndlr : L’épouvanteur), cette série pourrait bien donner des sueurs froides à notre petit lecteur s’il est quelque peu froussard. Pour le reste, rien à redire : il y a du rythme, de l’action quand il en faut, les deux personnages principaux sont plutôt bien croqués (et attachants, forcément… Même si j’ai eu un petit faible pour Alrik !), le fond comme la forme tiennent bien la route… Une fois plongés dedans, difficile d’en sortir ! Le format plaira d’autant plus aux enfants peu férus de lecture que le récit s’accompagne de planches façon manga, éclairant les temps forts de l’action. En un mot comme en cent : c’est vraiment, vraiment pas mal du tout ! Asa Larson crée ici un univers d’une envergure indéniable, et nous laisse présager le meilleur pour la suite… On l’attend donc de pied ferme 😀

Deux lectures, deux genres totalement différents, mais une entrée dans le milieu de la littérature jeunesse qui ne passera, on l’espère, pas inaperçue !

Yesterday’s Gone, saison 1, épisodes 1, 2, 3 & 4 – Sean Platt & David Wright

Yesterdays gone 11 yesterdays gone 12

Traduit par Hélène Collon

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L’histoire : C’est à 2h15, en pleine nuit, que cela s’est produit. Mais ce n’est qu’au réveil qu’ils s’en sont rendu compte. Le monde déserté. Vidé de sa population. Famille, proches, voisins, tous ont disparu. Volatilisés. Ils ne sont qu’une poignée, disséminés à travers le pays, les espaces vierges des Etats-Unis et ses villes désormais fantomatiques. Oubliés, rescapés, moins que vivants ils n’ont aucune idée de ce qu’ils sont.
De ce qui s’est passé. Ils cherchent ceux qu’ils aiment, des réponses à des questions qu’ils ne connaissent même pas. Mais ils ne sont pas seuls. Quelque chose les observe. Et attend… Avant de comprendre, ils vont devoir survivre.

Mon avis : Amateurs de séries télé, soyez tout ouïe ! Voilà quelque chose qui devrait vous plaire 😁 C’est (comme souvent) à la libraire que j’ai pour la première fois aperçu ces deux romans, intriguée par la mention « Saison 1 – épisodes 1 & 2 / 3 & 4 ». Quand l’occasion m’a été offerte de les découvrir, je n’ai donc pas hésité longtemps, d’autant plus que le pitch post-apo m’intriguait énormément…
Disséminés à travers l’Amérique, ils se réveillent d’une nuit parfois agitée. Se réveillent, oui, mais seuls : le monde semble désert, sa population totalement -ou presque- disparue. Leurs voisins, amis et famille se sont volatilisés dans la nuit, sans laisser de trace. Commence alors pour eux une quête désespérée pour comprendre ce qu’il a bien pu se passer, une quête qui pourrait bien se transformer en exercice de survie… Car, qui sait ce que cachent les ombres, désormais ?
En un mot ? Efficace. Ces deux premiers volumes se lisent d’une traite, ou presque : l’action est omniprésente et les chapitres particulièrement courts, chacun étant consacré à un narrateur bien précis. Nous sautons de l’un à l’autre le souffle court, d’abord curieux de savoir où tout cela va nous mener… Puis complètement happés par l’intrigue une fois que les choses se corsent un peu. Ce qui ne tarde pas à arriver, qu’on se le dise : très vite, les auteurs passent à la vitesse supérieure, et la chair de poule nous gagne. L’ambiance, elle, n’est pas sans rappeler celle du Fléau, ou encore de Je suis une légende… Voire de La Route : car si le danger ne vient pas, de prime abord, des survivants, certains vont tout de même profiter de la situation pour dévoiler au grand jour leur caractère foutrement psychotique. Autant vous dire que je n’aimerais pas me retrouver parmi ces fêlés, quoi qu’il en coûte ‘_’
De par leur format, on imagine donc sans peine ces romans adaptés sur le petit écran : typiquement, cette manière de sauter d’un personnage à un autre en laissant le précédent dans une situation un poil précaire, ces descriptions reléguées au second plan par rapport à l’action… Ça fait très télévision, tout cela. Et c’était assez « frais » à découvrir : pas besoin de lire la moitié du premier roman pour se plonger véritablement dans l’univers, cela se fait très rapidement. Si vous recherchez quelque chose d’un abord aisé et se lisant sans peine, tout en étant doté d’une intrigue à la fois prenante et un poil oppressante, vous serez donc servis avec Yesterday’s Gone.
Pour ma part, et même si j’ai apprécié ma lecture, je dois bien avouer ne pas être totalement fan du format : vous savez comme j’aime avoir en face de moi des personnages travaillés, une intrigue touffue et un univers fouillé. Malheureusement, c’est chose impossible -du moins difficilement réalisable- ici : le concept des romans ne s’y prête tout simplement pas. Ceci dit, j’imagine sans peine qu’en six saisons de six épisodes chacune (!!!), tout cela aura bien le temps d’être creusé. Prudence est mère de sûreté (Bonjour, mon deuxième prénom est désuète !), donc, et voyons la suite : car ma curiosité, elle, est bel et bien attisée !

En bref, deux premiers volumes qui ont su éveiller mon intérêt, même si je regrette un peu que le background et les personnages ne soient pas plus travaillés que cela. Cela étant, le format original convient parfaitement pour une lecture aisée, rapide et prenante. Wait and see !

Un bon moment
Un bon moment !