Le tombeau du Roi Suprême, Kristen Britain (Cavalier Vert #3)

cavalier-vert-3

Traduit par Claire Kreutzberger

Premier tome : Cavalier Vert
Deuxième tome : La première Cavalière

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Karigan G’ladheon est désormais un Cavalier Vert aguerri. Deux ans auparavant, elle était parvenue à transporter l’esprit de Mornhavon dans l’avenir, gagnant ainsi du temps pour son roi et pour son pays. Mais la jeune femme et ses camarades n’ont pas conscience d’une menace beaucoup plus proche qui pèse sur le royaume. Car les descendants de Mornhavon s’apprêtent maintenant à réclamer la terre que leur aïeul avait tenté de conquérir. Et ces ennemis vengeurs, cachés derrière les frontières en apparence paisibles du royaume, ont passé des générations à étudier la magie noire, une force contre laquelle les Sacoridiens ne savent plus du tout se défendre…

Mon avis : KARIGAN ! Mais c’est que je m’y suis attachée, à cette petite ! Après avoir adoré les deux premiers tomes, je me faisais une joie de lire celui-ci, qui promettait d’être tout à fait prenant. Et, effectivement… Il l’est, et plutôt deux fois qu’une. A l’image de la couverture, d’ailleurs : un vrai petit bijou ! Pour faire simple, je l’ai dévoré. Voire carrément englouti, en ce qui concerne la deuxième moitié du roman : moi qui n’avais pas ressenti de frénésie particulière lors de ma lecture du tome précédent, cela a été tout le contraire ici, happée que je l’étais par ma lecture… Chapeau, Miss Britain !
Deux ans ont passé. La menace planant sur la Sacoridie est pour l’instant éloignée, et l’ordre des Cavaliers Verts s’étoffe de plus en plus : de nouvelles recrues ne cessent d’entendre l’Appel. Karigan, désormais Cavalière aguerrie, gravit doucement mais sûrement les échelons au sein de l’Ordre : loin de la jeune fille écervelée qu’elle était quelques mois plutôt, elle fait désormais preuve de réflexion et de mesure, afin de pouvoir prendre en charge les jeunes apprentis et les missions qui lui sont confiées. Missions qui vont, justement, l’envoyer sur les routes avec le jeune Fergal. Au programme, une visite à Selium, puis un petit tour du côté de l’élevage des chevaux si particuliers des Cavaliers et, enfin, dans la province de Mirpuits. En soi, rien de bien compliqué. Et pourtant, sur les traces de notre héroïne, les ennuis ne sont jamais loin…
FRANCHEMENT. J’ai adoré ! Je ne sais pas, je l’ai trouvé bien plus rythmé, entrainant, prenant que le deuxième tome : si la première partie reste assez tranquille, l’auteure se contentant de nous lancer sur les routes aux côtés de notre héroïne et de son boulet apprenti, la seconde est tout bonnement haletante. Vous vous en doutez, Karigan va de nouveau se retrouver plongée dans les ennuis jusqu’au cou : elle a décidément un véritable don pour les attirer ! Entre ses péripéties que nous suivons avec attention, le développement toujours plus intéressant du background du roman (j’ai ADORÉ rendre visite à cette famille d’éleveurs si particulière ❤️) et l’avancée d’Alton du côté du mur… Je dois bien avouer avoir été fascinée. Il faut dire également que ce volet travaille davantage sur la psychologie des personnages, ce qui n’a pas été pour me déplaire. L’arrivée de Fergal, notamment, apporte beaucoup au récit en brisant le manichéisme ambiant (qui avait déjà été mis à mal par Alton) : malgré mon agacement premier, je me suis beaucoup attachée au jeune homme, espérant qu’il panserait ses blessures en devenant un Cavalier Vert à part entière. J’ai également beaucoup apprécié l’évolution de Karigan : on sent que la jeune femme a mûri, qu’elle est prête à faire passer son devoir avant ses intérêts personnels. La relation qu’elle entretient avec l’un des personnages (dont je tairais le nom) m’a enfin beaucoup touchée : si mon côté fleur bleu aurait préféré une toute autre voie, ce choix de l’auteure me parait -malheureusement- bien plus crédible. Et cela rajoute un peu de difficulté là où, parfois, on peut avoir l’impression que les choses sont un peu trop faciles : le récit reste bon enfant, convaincus que nous sommes que, malgré tous les obstacles se présentant devant nos héros, ils finiront par s’en sortir sans trop d’égratignures. C’est peut-être le seul petit défaut que je pourrais trouver à la série, et encore : je dois bien avouer que ce qui me plait avec elle c’est aussi, et surtout, cette assurance qu’elle m’offre de passer un moment bien plus qu’agréable et sans prise de tête. Une lecture qui fait du bien, en somme, dans laquelle on se perd avec grand plaisir. Alors, merci, Miss Britain, et vivement la suite !

En bref, j’ai BEAUCOUP aimé ce troisième tome que j’ai tout simplement dévoré, le cœur battant la chamade au rythme du galop des coursiers Verts. L’action y est plus rythmée que dans le précédent opus, et nous continuons avec grand plaisir à découvrir cet univers oh combien particulier. Vivement la suite !

On en redemande

Chimère Captive, Mathieu Rivero (Les Arpenteurs de Rêves #1)

263

Se le procurer :
FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication Decitre

L’histoire : Fraîchement débarquée à Lyon pour ses études, Céleste regrette le climat d’outre-mer et la vie avec son père. Mais les choses commencent à changer le jour où elle découvre qu’elle peut naviguer dans les rêves des autres et les modifier, à l’instar de ses nouveaux colocataires. Si vous pouviez changer les rêves d’autrui, le feriez-vous ? Si vous découvriez un songe qui n’appartient à personne, le visiteriez-vous ? Et comment réagiriez-vous si vous viviez tout cela…
dans la peau d’un gros labrador ?

Mon avis : Quelle lecture… Dépaysante ! Je dois avouer avoir été fort déroutée, pour mon premier Naos : moi qui m’attendais à de la littérature ado tout à fait classique, j’ai été bien surprise… C’était bien mal connaitre les Moutons,  ceci dit : compte tenu de leur catalogue adulte, j’aurais bien dû me douter que Chimère Captive, bien qu’étant décrit comme accessible pour les lycéens, ne concéderait absolument rien en terme de qualité ou de richesse d’intrigue.
Et en matière d’intrigue… J’ai été totalement séduite par le concept à la fois original et profondément intrigant développé par Mathieu Rivero ! Son récit nous fait pénétrer dans le quotidien de quatre jeunes gens : Keo, Mano, Val et Céleste. Alors que le premier est tout à fait normal, les autres sont ce que l’on appelle des arpenteurs de rêves : ils peuvent, à loisir, se promener dans le grand songe, pénétrer dans des rêves qui ne sont pas les leurs et… Les modifier. Si cela est totalement nouveau pour Céleste, qui adopte bizarrement l’apparence d’un labrador dès qu’elle ferme les yeux, ses deux colocataires, eux, sont des habitués. Commence donc pour la jeune fille une véritable initiation, qui la mènera tout droit dans un monde dont elle se croyait définitivement exclue : celui de la magie…
Comme je vous le disais, j’ai tout d’abord été décontenancée. J’ai d’ailleurs eu du mal à me plonger sérieusement dans ma lecture durant toute la première moitié du roman : bien qu’intriguée par ces mystérieux « rêveurs », je ne voyais pas vraiment où l’auteur voulait en venir. C’est qu’il se concentre quasiment exclusivement sur son intrigue, laissant le contexte dans lequel nos personnages évoluent relativement flou. Avant que je comprenne que la magie était, sinon communément admise, du moins reconnue dans ce monde fort ressemblant au notre, il s’est écoulé pas mal de temps. Céleste me paraissait alors accepter avec un peu trop de facilité tous ces bouleversements qui se dressaient face à elle, ce qui m’empêchait de prendre pleinement au sérieux le récit. Le fait que le passé de nos personnages centraux soit totalement -ou presque- occulté m’a également chagrinée : j’aurais tellement aimé en apprendre davantage sur les garçons, ou sur Céleste et sa famille ! Vous connaissez mon besoin d’avoir un background profondément développé…
Et puis… Et puis, je ne sais pas : le déclic s’est fait. Le déclic s’est fait, et j’ai dévoré la seconde moitié du roman : l’auteur jette toutes ses forces dans la bataille, nous offrant un final terriblement mystérieux, laissant entrevoir une suite des plus intéressantes. Les détails visuels (mais pas que !) sur le Grand Songe arrivent enfin, et l’on se plait à visualiser cette terre qui nous est totalement inconnue, mais oh combien séduisante… Et le monde réel devient subitement beaucoup plus intéressant, repassant sans crier gare au premier plan (mais non, je ne vous dévoilerai rien !). Je suis ressortie de ma lecture l’esprit fourmillant de questions, bien décidée à remettre le couvert très rapidement, pour trouver ce qui m’avait échappé. Une lecture dépaysante, donc, mais oh combien intrigante ! Une fois encore, les Moutons nous offrent un récit pétri d’originalité, tant dans la forme que dans le fond : laissez votre curiosité faire le travail, et foncez !

En bref, un récit dans lequel j’ai tout d’abord eu du mal à me plonger, et dont je n’ai ensuite fait qu’une bouchée : Mathieu Rivero nous sert une intrigue tout à fait originale, particulièrement prenante et tout à fait prometteuse. Vivement la suite !

On en redemande
On en redemande !

La Cité, Stella Gemmell

1309-cite_org

Traduit par Leslie Damant-Jeandel

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Construite sur des milliers d’années, faite d’une multitude de niveaux, la Cité est aussi vaste qu’ancienne et en son cœur réside le sanguinaire Empereur. Une poignée de rebelles espérant mettre fin à ce règne de terreur placent leurs espoirs en un homme, dont le nom sonne comme une légende : Shuskara. Celui qui fut autrefois le général favori de l’Empereur. Un homme respecté, capable de provoquer un soulèvement et d’unir la Cité. Mais aussi un criminel trahi, emprisonné et torturé avant de disparaître…

Mon avis : ALORS. Parlons-en, de cette Cité ! Honte à moi, ce joli pavé est entré dans ma PAL en… Décembre 2014. Plus de deux ans à attendre, la loose ! Et pourtant, c’est qu’il me tentait, le bougre ! Le deuxième tome n’allant pas tarder à pointer le bout de son nez, j’ai tout de même décidé de m’y mettre. Mieux vaut tard…
Autrefois synonyme de progrès et de grandeur, la Cité est aujourd’hui devenue un monstre d’arrogance et de puissance, cherchant à tout prix à asservir ses voisins. Enlisée depuis bien trop longtemps dans une guerre sans fin, elle en oublie ses citoyens : vieillards, estropiés, déserteurs et enfants se terrent dans les taudis qui pullulent à la surface, ou dans les égouts sur lesquels elle repose, vaste réseau puant et dangereux. Pourtant, tous ne sont pas prêts à suivre aveuglement les ordres d’un empereur aussi insaisissable que sanguinaire : une troupe de rebelles est ainsi prête à tout pour mettre fin à un règne dont nul ne sait plus quand il a commencé… Même si elle doit, pour cela, retrouver un héros dont on a depuis longtemps perdu la trace, après qu’il ait été injustement condamné aux pires tortures…
BENDISDONC ! Quel bouquin ! La taille de la chose m’effrayait un petit peu, je dois l’avouer : étant légèrement en retard sur mon planning de lecture, je n’avais pas intérêt à chômer (ce que j’ai finalement fait, bien contre ma volonté). Et le fait est que… Il est terriblement prenant, du moins en ce qui concerne sa première moitié (pour faire large) : j’ai adoré me perdre dans les méandres de cette Cité gigantesque, rencontrer les nombreux personnages évoluant au sein une intrigue à la fois riche, multiple et passionnante : Stella Gemmell mène franchement, FRANCHEMENT bien sa barque, et le tout tient vraiment bien la route. Sentez-vous la pointe de surprise dans mes propos ? Il faut dire que je m’attendais… À moins, peut-être : j’avais un peu peur d’avoir affaire à un roman se contentant de surfer sur la vague, sans grande originalité ni recherche. C’est tout le contraire : l’auteure va vraiment jusqu’au bout des choses, en nous proposant un premier tome vraiment abouti, tous niveaux confondus. Les descriptions sont parfaites, extrêmement visuelles et immersives, les personnages sont plutôt bien croqués (petit bémol en ce qui concerne Elija et Emly, qui n’ont pas l’air de grandir au fil du roman, qui s’étale pourtant sur plusieurs années), et la plume tout à fait agréable. Premier tome que l’on peut d’ailleurs terminer sereinement sans avoir l’angoisse de ne pas disposer de la suite dans les plus brefs délais, ce qui est, ma foi, fort appréciable.
Il est cependant vrai que la deuxième moitié de l’ouvrage tire un peu en longueur : malgré le fait que nous rentrions véritablement dans le vif du sujet, j’ai trouvé que l’intrigue s’enlisait quelque peu, ayant du mal à tenir le rythme sur ses six cents pages. Ce qui est fort dommage, ma foi : j’aurais vraiment aimé être captivée de bout en bout, et l’être surtout lors des révélations. L’ouvrage ne devient pas mauvais, loin de là ! J’ai toujours pris plaisir à m’y plonger, mais voilà : à trop vouloir bien faire, l’auteure… En fait trop, justement : on s’y perd quelque peu, et l’intrigue perd en intensité : je pense notamment à l’une des dernières scènes de bataille, cruciale : alors que j’aurais dû dévorer ce passage, je me suis contenté de le lire tranquillement, sans angoisse particulière. Humpf !
Quoi qu’il en soit, je ressors tout à fait satisfaite de ma lecture : si elle n’est exempt de défauts, elle m’aura tout de même agréablement diverti durant une semaine pour le moins difficile. Il me tarde désormais de lire la suite, histoire de voir si les petits détails pêchant avec ce tome-ci seront évincés avec le suivant !

En bref, un premier tome tout à fait sympathique, à la fois original et bien écrit. La seconde moitié du roman traine en peu en longueur malgré la bonne volonté de l’auteure, mais le tout n’en reste pas moins passionnant !

On en redemande
On en redemande !

La fenêtre de Diane, Dominique Douay

351

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Aux confins de la galaxie dérive une planète artificielle, Le Livre, dont la fonction est de conserver, tout au long de ses interminables galeries que parcourent les marques-pages, l’histoire de toutes les Terres qui composent la Protée. Ces déplacements ne sont cependant pas sans risques : en témoignent les fantômes errant dans les profondeurs du Livre, voyageurs imprudents ou intelligences artificielles.
Je m’appelle Gabriel Goggelaye et je vis bien longtemps avant qu’on ne découvre Le Livre. Pour moi, il y a une Terre et une seule. Des personnages fantomatiques, il m’arrive d’en voir. Certains obéissent à la Voix, d’autre pas. En face de mon bureau, il y a une fenêtre, et derrière cette fenêtre, il n’y a rien. Un jour, je briserai l’une des vitres et je pénétrerai dans ce lieu qui n’existe pas.

Mon avis : Attention… Olni ! Cela fait bien longtemps que je n’étais pas tombée sur un roman m’ayant déroutée à ce point. Comme beaucoup, c’est à l’occasion de l’intervention de l’auteur dans La grande librairie que j’ai découvert ce roman (c’est en fait ma collègue qui m’en a touché deux mots, de manière tout à fait convaincante, faut-il le préciser), tout à fait intriguée par ce résumé fort mystérieux. Ajoutez à cela qu’il fut sélectionné pour le GPI 2016… Et vous comprendrez pourquoi je n’ai pas perdu de temps pour me le procurer.
Commencé en milieu de semaine dernière, ses trois cents pages m’ont occupée durant de longues heures : une fois encore, c’est un ouvrage à la fois exigeant et dense que nous offrent Les Moutons électriques, dans lequel il ne faudra pas se plonger en dilettante : soyez tout à votre lecture ou ne soyez pas, au risque de vous perdre, vous aussi, dans les méandres du Livre… Malgré tout, je ne pourrais le comparer à un Manesh ou un Même pas mort : relevant davantage de la SF, La Fenêtre de Diane est en outre plus… décousu, si j’ose dire. L’intrigue y est en effet tout sauf linéaire (bien que ce ne soit pas le cas dans les deux autres également, même si c’est dans une toute autre mesure), l’auteur alternant passé et futur, narration principale et secondaire… Ne vous avais-je pas dit qu’il fallait être concentré ?
Parlons-en, justement, de l’intrigue. Elle met en scène le Livre, cette planète mystérieuse conservant trace de toute la Protée, autrement dit de toutes les Terres ayant ou pouvant exister. Les hommes ont appris à s’y déplacer, à l’aide de marques-pages pouvant leur faire visiter n’importe quel espace-temps de cette infinité de mondes. Mais l’affaire n’est pas sans risque : trois hommes ne se connaissant ni d’Eve, ni d’Adam, vont ainsi se retrouver bloqués sur l’une de ces Terres, pouvant s’y déplacer (aussi bien dans l’espace que dans le temps) à loisir mais ne pouvant en aucun cas la quitter. Chacun poursuivra donc son propre chemin, avec l’espoir de pouvoir, un jour, quitter ce fil qui les retient…Et c’est ainsi qu’arrive notre personnage principal : Gabriel Goggelaye, homme un peu « fade » s’il en est mais possédant l’immense qualité de pouvoir voyager dans le temps, modifier à loisir le présent en plus de guérir les maux les plus délicats (sans en être conscient, du moins au début). C’est donc lui que nous allons suivre principalement, sur le chemin de son initiation…
Lâcher-prise : je crois que c’est une notion que l’on devra absolument avoir à l’esprit avec ce roman, pour l’apprécier à sa juste valeur. Admettre que l’on ne comprend pas tout, tout de suite. Admettre que l’auteur a choisi de construire son livre tel qu’il assemblerait un puzzle, à ceci près qu’il ne commence pas par les bords, mais par le milieu. Admettre que les méandres de son intrigue seraient bien moins mystérieux et, disons-le, séduisants, si l’on cherchait à tout prix à les exposer en pleine lumière. Son récit est hypnotique, à la lisière entre plusieurs genres, ne ressemblant à aucun autre roman que j’ai pu lire jusqu’à présent. Je n’y ai pas trouvé ce que j’attendais (ah, les idées préconçues !), mais bien davantage : une fenêtre sur un monde multiple, changeant, une fenêtre sur une expérience à la fois unique, déstabilisante, et profondément passionnante. A relire, sans conteste !

En bref, une lecture qui me restera longtemps en mémoire, pour son côté profondément déroutant et unique !

On en redemande
On en redemande !

Fais-le pour maman, François-Xavier Dillard

fais-le-pour-maman

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa sœur adolescente, Valérie, et leur mère. Cette dernière arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, occupant un job ingrat qui lui prend tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère : elle accuse son petit garçon d’avoir blessé sa sœur. Elle sera condamnée à cinq de prison.
Des années plus tard, alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue, Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires… Mais de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients annoncent le retour funeste des voix du passé…

Mon avis : Mais depuis quand ne m’étais-je pas plongée dans un super thriller ? Bien trop longtemps, si vous voulez mon avis : je n’ai fait qu’une bouchée de celui-ci 😀 Je l’avais repéré lors de sa sortie grand format, quelques amies blogueuses m’en ayant dit le plus grand bien. Et lundi dernier, alors que je fouinais dans les rayonnages, sans trop savoir si j’allais céder aux sirènes de la tentation ou non... Je l’ai croisé en poche. Et ai craqué ! Il n’a d’ailleurs pas fallu longtemps pour que je m’y plonge, la chose étant faite l’après-midi même : en quelques heures, c’en fut fait !
Ils sont trois : le fils de sept ans, innocent, la fille adolescente, en pleine révolte, et la mère, dépassée par un quotidien qui la tue à petit feu. Mais un jour, c’est le drame : une énième dispute, d’une violence inouïe, laissera la jeune fille avec une plaie atroce sur le ventre. Si la culpabilité de la mère ne fait aucun doute, elle tient pourtant une version des faits des plus grotesques : ce ne serait pas elle, mais bien son petit garçon, qui serait à l’origine des blessures de sa sœur… Condamnée, incarcérée durant cinq ans, elle disparaitra de la circulation sans jamais avoir modifié ses propos. La sœur, quant à elle, finira par atterrir dans un hôpital psychiatrique, soumise à des démons que nul ne semble pouvoir faire taire… Mais quand, des années plus tard, les morts se multiplient autour de Sébastien, devenu médecin et père de famille, l’on peut s’interroger : que s’est-il réellement passé ce jour-là ? Quelle sinistre machination est à l’œuvre, et qui est-elle censée faire payer ?
Je vous le dis de suite : ce thriller psychologique est terriblement efficace. Je l’ai DÉVORÉ !! De bout en bout, on est entièrement soumis à la plume  de l’auteur, et à cette intrigue diabolique qui ne connait pas un seul instant de répit. Que s’est-il réellement passé, dans cette cuisine ? Comment cette mère a-t-elle pu déraper ainsi, et continuer en accusant son tout jeune fils d’un crime qu’il ne peut avoir commis ? Ces questions m’ont suivie durant toute ma lecture, accompagnées de beaucoup d’autres : François-Xavier Dillard a le chic pour nous faire envisager les hypothèses les plus folles et, surtout, nous mener par le bout du nez.
Double, la narration se partage entre Sébastien, que l’on voit sombrer peu à peu dans une angoisse perverse, et Claire, commissaire fraichement mutée en banlieue. Je me suis rapidement attachée à chacun d’eux, avec une petite préférence pour Claire, son passif me touchant particulièrement. L’on apprend, au fil de notre lecture, l’après du drame : comment Sébastien fut adopté et a tenté de se reconstruire, notamment, mais également quelques détails sur sa sœur… Détails qui font froid dans le dos, et qui m’ont clairement donné la nausée. Nous découvrons un personnage torturé, instable… Et je ne vous en dis pas plus. Le tout est de savoir que l’auteur dresse les portraits de ses personnages avec efficacité et talent, tout comme il maitrise son intrigue : ce roman est percutant. On lit, on avale même les pages sans s’en rendre compte. Et le dénouement arrive… Nous laissant abasourdis et sous le choc, quand bien même certaines pistes le laissait présager.
Ce fut donc une excellente lecture (sans être un coup de cœur pour autant, il m’a tout de même manqué cette petite étincelle qui fait tout), parfaite pour occuper un après-midi désœuvré. Je ne regrette pas d’avoir tenté le coup !

En bref, une lecture haletante et percutante, qui m’aura tenue en haleine du début à la fin. François-Xavier Dillard nous livre un thriller implacable, glaçant, que l’on termine les yeux dans le vague et les mains tremblantes, avec une question en tête : qu’aurait-on pu faire pour empêcher cela ? Bravo !

On en redemande
On en redemande !

L’épée de l’hiver, Marta Randall

Epee hiver

Traduit par Nathalie Serval

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Dans le pays glacé de Cherek, lord Gambin de Jentesi va mourir et le chaos menace. Durant les quatre décennies de sa toute-puissance, Gambin a tenu sa province d’une main de fer. Tandis que complotent ses quatre héritiers possibles, le peuple de Cherek observe avec inquiétude les péripéties de la passation de pouvoir. Car si la puissance de Gambin passe tout entière à ses héritiers, Cherek risque de voir compromises les promesses d’un avenir meilleur et de retomber dans l’obscurantisme. Dans cette atmosphère empoisonnée, un tissu d’intrigues se tisse autour de Lyeth, femme lige du seigneur de Jentesi, qui déteste l’homme cruel qu’elle a servi.

Mon avis : Et un grand merci à Melchior Ascaride, pour cette magnifique couverture ! Il n’y a pas à dire, j’adore le travail de ce monsieur : c’est à la fois épuré et d’une grande sensibilité, tout en symbole. J’AIME ! C’est lors des Imaginales que j’ai craqué pour ce titre, succombant une fois de plus aux sirènes des Indés de l’imaginaire : de la fantasy avec un soupçon de steampunk, avouez que c’est plutôt intrigant ! Ne connaissant absolument pas l’auteure (son roman étant pourtant considéré comme un classique mineur de la fantasy américaine des années 80), je tenais là l’occasion d’enrichir quelque peu ma culture tout en passant, j’en étais intimement convaincue, un bon moment…
Le Cherek est en proie à la plus vive des perturbations : son Seigneur, Gambin, est sur le point de mourir… Et la succession prend des allures de parcours du combattant. Déterminé à laisser son vice et sa cruauté s’exprimer jusqu’au bout, il se refuse à désigner le moindre successeur, observant avec délectation ses quatre héritiers potentiels comploter à qui mieux-mieux. Au milieu de ce fouillis, Lyeth. Cavalière et femme ligne de Gambin, qu’elle déteste par dessus tout, la jeune femme ne va pas tarder à se retrouver mêlée à ces intrigues qu’elle abhorre par dessus tout : car qui détient l’allégeance de la Cavalière s’empare du même coup de la Couronne…
Qu’on se le dise : ce n’est pas parce que ce roman est relativement fin (235 pages pour un Mouton, ça fait quand même du texte !) qu’il s’expédie en quelques heures : Marta Randall nous offre ici un récit dense et captivant, qui nous tient en haleine jusqu’au tout dernier instant. Dans l’incapacité de lire beaucoup la semaine passée, j’ai préféré le savourer, picorant ça et là des miettes de cet ouvrage à la fois original et particulièrement bien écrit, totalement sous le charme de cette atmosphère à la fois glacée et enfiévrée. La faute en revient, en grande partie, à Lyeth : cette héroïne atypique m’a complètement bluffée, qu’on se le dise. Ayant lu Les filles de l’orage quelques jours auparavant, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec Bluebell, cette espèce de brute épaisse qui ne m’avait que fort peu attendrie : Lyeth fait elle aussi partie de ces femmes au caractère bien trempé, plus à l’aise avec une dague dans la main qu’avec un ouvrage de crochet. Et pourtant, pourtant… ! Quelle différence ! Quelle sensibilité dans ce personnage ! Une sensibilité qui se devine plus qu’elle n’est livrée de but en blanc, une sensibilité à vif, taillée à coups de serpe et tout en aspérités. Un personnage foutrement intéressant, donc, et particulièrement bien construit : impossible de nier le talent de portraitiste de l’auteure.
Petit coup de cœur également pour Emris, ce jeune garçon déboulant dans le récit dès les premiers instants : outre le fait de porter comme patronyme le deuxième prénom de Malo (quel bon goût, Miss Randall !)(avec un Y, en ce qui concerne le notre), son insolence irrésistible m’a fait fondre. Menant une quête que beaucoup pourraient juger impossible, il avance aux côtés de Lyeth avec une détermination sans faille, qui ne peut que forcer notre admiration : ce petit bonhomme n’est pas prêt de s’en laisser compter, voilà qui est dit.
Côté intrigue, c’est particulièrement prenant : jeux de pouvoir, manipulations et complots sont évidemment au menu, nos héros se débattant comme ils peuvent au milieu d’un nid de serpents… En y laissant des plumes, forcément : j’ai retenu mon souffle et senti mon cœur s’affoler aux pires moments, happée au possible par cette toile d’araignée grandiose. La plume de l’auteure, très affutée, nous immerge dès les premières lignes : entre descriptions grandioses, envolées lyriques et dialogues d’une authenticité frappante, on s’y croirait pour de bon.
Mention spéciale, enfin, pour l’univers : si l’inspiration est majoritairement médiévale, il est vrai, les touches de steampunk parsemant le roman sont extrêmement appréciables : j’ai beaucoup aimé la rencontre de ces deux genres que l’on tient habituellement éloignés l’un de l’autre. Le Cherek étant un peu à la croisée des chemins, oscillant entre obscurantisme et progrès, ce pari fait par M. Randall était particulièrement malin… Et porte tout à fait ses fruits : on en voudrait davantage 🙂
En résumé, L’épée de l’hiver m’aura fait passer un très, très bon moment. Je ne savais pas précisément à quoi m’attendre, et j’ai été agréablement surprise par la qualité de la narration et la présence presque tangible des personnages principaux. Encore une fois, c’est une réussite pour les Moutons !

En bref, un roman à la croisée des genres qui nous embarque dans les méandres d’une passation de pouvoirs des plus mouvementée… Et l’on aime ça : c’est vraiment, vraiment bien écrit, très bien pensé, et les personnages… Fiou !

On en redemande
On en redemande !

Le Haut Seigneur, Trudi Canavan (la Trilogie du Magicien Noir #3)

la-trilogie-du-magicien-noir,-tome-3---le-haut-seigneur-789176

Traduit par Ariane Maksioutine

Premier tome : La Guilde des Magiciens
Deuxième tome : La Novice

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Sonea a gagné sa place au sein de la Guilde des magiciens. Mais elle ne peut oublier ce dont elle fut témoin dans la chambre souterraine du haut seigneur Akkarin. Or, à mesure que celui-ci lui dévoile peu à peu son savoir, Sonea ne sait plus à qui se fier. La vérité est-elle aussi terrifiante que le prétend le haut seigneur ? Ou essaie-t-il de la tromper afin qu’elle mette ses pouvoirs au service de ses sinistres projets ? Une chose est sûre : son avenir est entre les mains de cet homme mystérieux…

Mon avis : AAAAH ! Mais… Qu’il était bien, ce dernier tome ! QU’IL ÉTAIT BIEN ! Raaah, j’en tremble encore ! Cette trilogie n’a décidément cessé de gagner en qualité, qu’on se le dise : le premier tome était tout à fait alléchant, le deuxième à la fois plus ingénieux et plus prenant, et le dernier… Le dernier est simplement canon. J’ai ADORÉ ma lecture. Du frisson, de l’émotion, de l’intense, du tragique, du magique ! Trudi Canavan nous sert tout cela et bien plus encore sur un plateau d’argent. Et je l’ai DÉVORÉ ! Moi qui cours après les heures de sommeil, j’ai sacrifié une nuit (!!!!) pour le lire, tant j’étais incapable de m’arrêter. Tant je voulais savoir la suite. Tant j’ai été prise par cette intrigue qui se libère littéralement des carcans qui l’étouffaient précédemment.
Et c’est rageant, que ce soit un troisième tome ! Parce que je ne peux pas vous en dire trop, au risque de vous dévoiler quelque chose de capital… Alors qu’il y a tant à dire ! Certes, les ficelles utilisées sont assez classiques. Mais l’auteure les tisse avec une telle dextérité que l’on ne peut qu’être happé par son intrigue. Les explications pleuvent, quand Trudi Canavan ne retourne pas purement et simplement des situations pourtant bien établies. Et les personnages, bon dieu, les personnages ! Ils m’ont mis à la torture. Un, particulièrement… Raaaah, j’en ai encore des frissons ! Je m’attendais à tout sauf à cela, et je peux vous dire une chose : ma raison et mon sang froid furent mis à rude épreuve, et j’ai plus d’une fois senti mon cœur s’emballer. Mais quel dommage, quel dommage, que les deux premiers tomes aient parfois trainé un peu en longueur, quand on aurait voulu que celui-ci s’éternise davantage ! Il s’y passe tellement de choses en si peu de temps… Qu’une fois la dernière page arrivée, on ne peut y croire : on s’attendrait à des dizaines de chapitres supplémentaires.
Et comment le contraire serait possible, quand on prend en compte cette FIN ? Cette fin diaboliquement cruelle (et je mâche mes mots), mais qui sonne pourtant tellement juste ? J’ai pourtant terminé ma lecture en larmes, sous le choc, et y ai d’ailleurs pensé toute la journée qui a suivi. Trudi Canavan aura suivi le chemin qu’elle s’était fixée… Sans égards pour nos sentiments, et c’est tant mieux.
J’en terminerai donc ainsi : cette trilogie fut une excellente expérience livresque, se terminant en apothéose avec le dernier tome. C’est  bien écrit, bien mené, très bien construit… Et les personnages ne peuvent laisser insensible. Si vous cherchez dans quelle série de fantasy vous plonger pour l’été, vous tenez sans doute là l’une des plus abordables et prenantes qu’il soit. Qu’attendez-vous ?

En bref, un ultime opus fait de rebondissements et de surprises, que j’ai lu d’une traite ou presque. Trudi Canavan crée un véritable raz-de-marée émotionnel… Et ça marche, magnifiquement bien !

On en redemande
On en redemande !