L’infernale Comédie, Mike Resnick

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Traduit par Luc Carissimo

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L’histoire :

Mon avis : AH ! Ne me demandez plus pourquoi je tiens tant à aller aux Imaginales : vous avez là une merveilleuse justification. Peut-être serais-je passée à côté de cette pépite, si je ne m’étais arrêtée sur le stand d’Actusf. Si Jérôme Vincent n’avait pris le temps de me conseiller sur cet auteur dont j’ignorais tout. Fort heureusement, la rencontre s’est faite. Et j’ai craqué ! Après avoir fait patienter ce beau pavé quelques mois dans ma modique -hum- PAL, j’ai décidé de profiter de mon arrêt de travail pour m’y plonger. Et, de vous à moi… Je n’en ressors pas sans quelques séquelles.
L’infernale Comédie rassemble en réalité trois romans. Trois romans, mettant en scène trois planètes : Peponi, Karimon et Faligor. Toutes trois ont un point communs : alors que les humains ont colonisé des milliards de planètes, ces trois-là sont encore vierges de toute présence terrienne. Un état qui ne va pas durer : ces trois volumes nous offrent ainsi le récit de leur assimilation par l’être humain. Un être humain imbu de lui-même, appâté par le profit facile et très, TRÈS loin de se soucier d’autre chose que de lui-même. Un Homme bien proche de ce que nous connaissons, en somme… Et cela tombe bien : car à travers ce planet opera des plus captivants, c’est de faits bien réels que nous parle Mike Resnick. Mike Resnick, ce spécialiste de l’Histoire africaine : Kenya, Zimbabwe et Ouganda sont ainsi travestis, et si le décryptage particulièrement aisé peut parfois prêter à sourire… On finit rapidement par avoir les larmes aux yeux, tant les mots sont cruels. Je ne vous résumerai volontairement pas les trois romans, l’ensemble étant trop dense pour tenir en quelques lignes. Trop dense, mais surtout trop précieux : j’avais un œil neuf en m’y plongeant, et c’est sans doute le plus beau cadeau que je puisse vous faire : vous donner, je l’espère, envie de vous y plonger à votre tour, mais sans trop vous en dire. Voici, cependant, ce que je peux vous dévoiler : Peponi (le Kenya) nous parle des affres de la colonisation massive et brutale, de l’épuisement de la Terre pour quelques centaines de milliers de crédits. D’un paradis qui fut, qui aurait pu être, mais que l’on continue de rêver. Sur Karimon (Zimbabwe), nous découvrons les dangers d’une décolonisation tout aussi rapide, de ce repli sur soi après s’être ouvert au monde. Et, enfin, Faligor… Faligor est sans doute le pire. Faligor, ou l’Ouganda, une terre soumise aux caprices de trois dictateurs successifs, d’une terre ravagée, aux plaies hémorragiques.
J’ai lu, tout d’abord avec curiosité, attention. Et plus j’avançais dans ma lecture, plus je sentais mon sang se glacer : mais qu’est-ce qu’on a fait ?! Mais comment peut-on… Juste… Afficher un tel mépris ? Pour ces peuples qui vivent bien différemment de nous, certes… Mais qui ont compris tellement, tellement plus de choses ?! Je me suis très rapidement laissée emporter par la narration fluide et extrêmement imagée de l’auteur, découvrant avec un œil émerveillé ces paysages à couper le souffle. Si je me plaisais, au départ, à faire la transposition des termes inventés par l’auteur pour remplacer des mots bien connus, j’ai finalement été happée toute entière par une intrigue tout simplement magistrale : Mike Resnick a un véritable don de conteur, maniant avec dextérité les ficelles de son récit et, surtout, donnant une vitalité indéniable aux portraits qu’il choisit de dresser. Cela aurait été un véritable bonheur à lire si cela n’avait été aussi glaçant : bien que l’on se laisse séduire par ce planet opera tout à fait bien rendu (un genre que je lis trop peu, assurément ! Vos suggestions sont les bienvenues), on ne perd jamais de vue qu’il y a, cachée derrière, une Histoire bien réelle. Une Histoire dans laquelle l’Homme blanc a, une nouvelle fois, montrée sa stupidité et son arrogance.
Et je n’y connaissais rien. Plongée dans mon ignorance crasse, j’ignorai tout de l’histoire sanglante de ces pays, et me suis empressée d’aller en apprendre davantage : les sources trouvées sur google m’ont paru terriblement succinctes, et il faudra absolument que je me renseigne davantage, pour pallier à cette méconnaissance insultante. Mais… Je dois des remerciements à l’auteur. Pour m’avoir ouvert un peu plus les yeux, pour m’avoir appris énormément et, surtout, pour avoir choisi un biais tout à fait intelligent pour sensibiliser ses lecteurs à un fait encore bien trop passé sous silence : L’Infernale Comédie possède bien plus de charme qu’un banal livre d’Histoire, et l’on s’y plonge avec autant de délice que d’effroi. Que l’on se le dise : cette intégrale est bien, bien loin de me sortir de la tête. Courage au roman qui prendra la suite, car c’est bel et bien un coup de cœur !

En bref, ce planet opera fut une lecture aussi ardue qu’enrichissante : ardue, de par le tourbillon d’émotion qu’il a pu suscité en moi. Enrichissante, car c’est un véritable cours d’Histoire que nous offre l’auteur. Une histoire sanglante, désastreuse, révoltante…. L’Histoire de trois pays d’Afrique, qui mérite tout sauf d’être passée sous silence.

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Coup de cœur !

Les douze rois de Sharakhaï, Bradley P. Beaulieu

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Traduit par Olivier Debernard

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L’histoire : Dans les arènes de Sharakhaï, la perle ambrée du désert, Çeda combat tous les jours pour survivre. Comme de nombreux autres, elle espère la chute des douze Rois immortels qui dirigent la cité depuis des siècles. Des souverains cruels et tout-puissants qui ont peu à peu écrasé tout espoir de liberté, protégés par leur unité d’élite de guerrières et les terrifiants asirim, spectres enchaînés à eux par un sinistre pacte. Tout change lorsque Çeda ose braver leur autorité en sortant la sainte nuit de Beht Zha’ir, alors que les asirim hantent la ville. L’un d’eux, coiffé d’une couronne en or, murmure à la jeune fille des mots issus d’un passé oublié. Pourtant, elle les connaît. Elle les a lus dans un livre que lui a légué sa mère. Et le lien que Çeda découvre entre les secrets des tyrans et sa propre histoire pourrait bien changer le destin même de Sharakhaï…

Mon avis : Bien. Prenons un instant, voulez-vous ? Un instant où retenue et modération ne seront pas de mise… VOUS AVEZ VU CETTE COUVERTURE ?! J’adore, j’adhère, j’admire : Marc Simonetti fait, une nouvelle fois très, très fort. Et il tape surtout très, très juste : elle correspond à merveille au roman. Un roman que je dévoré en deux jours malgré ses six cents pages et un bout’d’chou bien décidé à accaparer toute mon attention : en deux nuits serait donc plus juste, que mes cernes en soient témoins. Il faut dire que Les douze Rois de Sharakhaï était annoncé comme LA sortie Bragelonne de cette rentrée littéraire, LA nouvelle série de fantasy à ne manquer sous aucun prétexte. Je n’ai donc pu refuser l’offre, bonne petite que je suis. Et, après l’avoir fait patienter quelques semaines… Je m’y suis mise. Enfin.
Sharakhaï, perle du Grand Shangazi. Ville tentaculaire dirigée d’une main de fer par douze Rois aussi cruels qu’immortels, elle attise toutes les convoitises, fantasme des tribus nomades qui ne rêvent que de la conquérir. Ses habitants, quant à eux, ont appris à vivre dans la peur, nul ne sachant quand la justice arbitraire des Rois s’abattra…Ni où. Çeda est une jeune femme du petit peuple : vivant des cours d’escrime qu’elle donne aux enfants des nantis, elle se transforme en guerrière redoutable une fois les pieds dans l’arène : à dix-neuf ans, elle fait déjà partie des chiens de guerre les plus réputés. Pourtant, la Louve Blanche cache un terrible secret… Alors qu’elle n’était qu’une enfant, sa mère, une femme fière et secrète, a été sauvagement assassinée. Par les Rois ou leurs petites mains, les féroces Vierges du Sabre, cela ne fait aucun doute pour Çeda qui, depuis le jour où elle a vu le corps supplicié de celle qui était sa seule famille, a juré de se venger. De se venger, et de faire tomber les Rois, quoi qu’il puisse lui en coûter : à elle de rassembler les indices, de traquer les faiblesses de ces hommes devenus dieux, quand bien même cela bouleverserait tout ce qu’elle sait de sa ville, de son histoire… Et d’elle-même.
J’ai adoré. VOILÀ. Qu’on se le dise : le coup de cœur de Stephane Marsan n’était pas usurpé. Nous avons affaire ici à un véritable page turner, un petit bijou de fantasy. J’ai TERRIBLEMENT (et j’insiste là-dessus) aimé le fait que l’auteur ait choisi de développer un univers oriental plutôt que médiéval classique : l’atmosphère du roman est juste terrible. On sentirait presque le souffle du désert dans notre dos, la morsure du soleil sur nos bras, le baiser du sable sous nos pieds. Pour vous donner un visuel, on se croirait un peu dans un mix de Prince of Persia et Assassin’s Creed : il n’y a qu’à admirer la superbe couverture du roman pour s’imaginer les souks et les taudis de cette mystérieuse et oh combien fascinante cité. Les phases descriptives sont parfaites, ni trop longues ni trop courtes, justement dosées tout au long du roman : on voit Sharakhaï s’élever devant nos yeux dès les premières lignes, l’auteur ayant une écriture profondément immersive. Je suis tombée amoureuse de cette ville, malgré ses impitoyables régents, malgré sa dangerosité : j’ai rêvé, moi aussi, que je foulais son sol pour en admirer les merveilles. Elle devient un personnage à part entière et ça… M’sieur Beaulieu ça, c’est fort.
L’auteur ne se contente pourtant pas de donner un cadre physique à son roman : son background est développé au possible. Pas à l’extrême comme peut le faire Brandon Sanderson dans La Voie des Rois, pour ne citer que lui, mais c’est déjà énorme : Histoire, mythologie, religion, géographie, us et coutumes… Le bonhomme travaille tout, tout, TOUT. Et on en redemande, croyez-le ou non ! Quand je vous dis que je l’ai dévoré en deux nuits, j’en ai même rêvé. RÊVÉ !! C’est bon, c’est excellent, c’est… FIOU ❤️
Évidemment, l’intrigue ne pêche pas, elle non plus : si les ficelles utilisées sont somme toute assez classiques (une jeune héroïne voulant jeter à bas les tyrans oppressant son peuple) avec quelques petites facilités de-ci de-là, on ne peut s’empêcher de se passionner pour le destin de Çeda, cette jeune fille au caractère bien trempé. Et qu’elle est bien campée, elle aussi ! Criante de vérité, avec ses forces et ses faiblesses, son passé fait de mystères et de drames, son cœur sincère sous couvert d’un tempérament de feu : je l’ai aimé, instantanément. Pour sa complexité, sa véracité. Elles sont loin, les héroïnes un peu fadasses et similaires les unes aux autres ! Çeda rayonne, véritablement. Et nous la suivons, hypnotisés : il m’a été très difficile d’interrompre ma lecture, tant l’intrigue est intense. Les rebondissements, révélations et retournements de situation s’enchainent, nous laissant tantôt abasourdis, incrédules, meurtris, inquiets, désespérés. Oui, j’ai une nouvelle fois vécu ma lecture, senti mon cœur s’accélérer, rythmé par cette action trépidante. Puis ma gorge se serrer, mon ventre se nouer, mes sentiments ballotés d’un extrême à l’autre, soumis aux caprices de l’intrigue. J’ai retenu mon souffle, enfouie sous ma couette, tentant de tourner les pages plus vite encore pour en savoir davantage. Et je l’ai terminé. Dans l’après-midi, incapable que j’étais d’attendre le soir. Je l’ai terminé, et me suis sentie orpheline. J’en aurais voulu plus, dix fois plus : Bradley P. Beaulieu a su me captiver à l’extrême, me tenir en haleine tout au long de son roman et, surtout, surtout, me toucher en plein cœur. Oh, je pourrais vous parler de plein de choses, encore ! D’Emre, tiens, ou des Asirim. Des fleurs d’adicharas et de leurs étranges pouvoirs. Je pourrais continuer pendant des heures, mais je vais m’arrêter là : maintenant, c’est à vous d’aller rencontrer les douze Rois, Sharakhaï et Çeda. Et je vous envie : parce que des bouquins comme ça, on aimerait pouvoir les redécouvrir. Encore, et encore ❤️

En bref, un roman qui plaira particulièrement aux amateurs de fantasy : tous les ingrédients d’une excellente série sont là. Les connaisseurs, eux, y trouveront peut-être quelques facilités mais, franchement… Il est peut-être temps de se laisser porter. Pour moi, c’est chose faite, et… C’est un coup de cœur !

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Coup de cœur !

Le chant des épines, Adrien Tomas (Le royaume rêvé #1)

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L’histoire : Avec Le Chant des Épines débute l’extraordinaire fresque aux origines des Six Royaumes. Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet d’unifier les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse. Mais leur chemin vers l’accomplissement de cette quête sera semé d’embûches : le respect du peuple s’arrache dans le sang et les larmes, et la victoire sur leurs ennemis demandera de grands sacrifices. Ils sont la dernière chance de survie du Nord : l’empereur-tigre menace de fondre sur les marches du Gel, et les mandragores s’éveillent pour les ravager. Les lames, la magie et le verbe seront leurs armes.

Mon avis : Une lecture imprévue… Qui s’est révélée être une excellente, EXCELLENTE surprise ! Je ne connaissais absolument pas la plume d’Adrien Tomas (grossière erreur !), mais pour avoir rencontré le Monsieur lors des dernières imaginales… J’étais plutôt curieuse de découvrir son imaginaire. Tentée par mon Boubangle préféré qui s’organisait une petite LC tranquilou-bilou sur son dernier né, j’ai décidé de rejoindre joyeusement la bande, mettant -une fois de plus- à mal ma décision de n’acheter aucun livre. Mais PROMIS, cette fois, j’arrête (après les deux Bélial’, et peut-être un ou deux Bad Wolf. Hum). Hein, hein ?
Mais revenons à nos moutons : avec Le Chant des Épines commence la merveilleuse saga du Royaume Rêvé, mettant en scène six adolescents, réunis à la Cour du clan Svelsen. Quatre d’entre eux sont les héritiers des plus grands clans du Royaume, l’un n’est que simple vassal… Et la dernière, Vermine, est une jeune fille sauvage, libre de toute entrave. Tous sont rassemblés dans un seul but : bâtir un royaume plus juste, se fondant sur le mérite plus que sur le sang, créer un royaume uni, à-même de faire face aux menaces extérieures. Mais pour y arriver, nos héros devront apprendre à travailler de concert, à se faire confiance, à passer outre leurs préjugés… Et, surtout, à abandonner la vision du monde que leurs ont légué leurs pères…
Dire que j’ai aimé ce roman serait bien faible : je l’ai tout simplement D-É-V-O-R-É Je l’ai trouvé à la fois particulièrement bien écrit (merci merci merci M’sieur Tomas pour cette belle langue que vous savez si bien manier !), original, et bien mené. Franchement, je ne me suis pas ennuyée UNE SECONDE : j’ai surtout eu énormément de mal à m’en détacher, pour tout vous dire. Car, ce bouquin… Il est bourré de mystères ! L’intrigue principale m’a passionnée : j’ai beaucoup, beaucoup aimé suivre nos héros dans leur quotidien, les voir apprendre les uns des autres et, surtout, gagner en maturité. Si tous sont au premier plan, nous suivons plus particulièrement Vermine, cette enfant des bois oh combien vive et attachante (j’avoue que son petit côté rétif m’a beaucoup plu), qui a, au début, bien du mal à trouver sa place dans un projet dont elle ignore tout, et pour lequel elle imagine n’avoir rien à apporter. Plus les chapitres défilent, et plus l’on comprend que son rôle sera pourtant crucial… Sans que l’on saisisse encore complètement de quoi il sera question : le début (avec l’orbe) comme la fin (avec le Chroniqueur) de ce premier tome m’ont ainsi laissée profondément songeuse, la tête remplie de questions sans réponse.
Et le reste ! Quelle est cette mystérieuse créature entretenue par la Locuste ? Les Elfes ont-ils réellement disparus ? Et mystérieux projet n°68 ? Sans parler de nos multiples personnages, qu’ils soient secondaires ou principaux, qui semblent avoir pas mal de secrets bien cachés… J’ai lu tout d’abord lu avec intérêt, puis avec passion… Avant de m’acharner littéralement sur les dernières pages, cruellement consciente que la suite se ferait bien trop attendre. Mais quelle idée, aussi, de se jeter sur la rentrée littéraire ?
Côté personnages, ils sont tous très bien dépeints : nos six héros, notamment, sont tout à fait différenciables et, de manière générale, très bien croqués, avec une vitalité indéniable. Sans être complètement manichéens (Ysemir, notamment, peut nous faire penser à une petite brute épaisse en devenir… Sauf quand il abandonne ses poings pour réfléchir), tous ont ce côté à la fois plein de bonne volonté et un peu candide qui caractérise parfois la jeunesse, pressés d’en découdre pour construire un monde meilleur. Si je n’ai pas encore établi de jugement sur Ithaen, préférant attendre la suite, je n’ai pas su résister à Merisia et Solheim, la première pour sa fraicheur irrésistible et le second pour son empathie incommensurable. Vous l’aviez compris, Vermine a, elle aussi, su me toucher droit au cœur, étant à mon sens le personnage le plus prometteur de cette galerie 🙂
En somme, ce premier tome fut une excellente découverte à laquelle je ne m’attendais pas particulièrement : je l’ai commencé sans trop savoir à quoi j’avais affaire, et l’ai terminé amplement conquise. Si vous cherchez un roman à la fois prenant, original -sans déparé des traditionnels codes du genre-, bien écrit et donnant envie de se ruer chez l’auteur pour y réclamer la suite, vous avez trouvé : pour un premier essai avec l’auteur ainsi qu’avec cette rentrée de la fantasy française… C’est un succès !

En bref, gros coup de cœur imprévu pour ce premier tome : tous les ingrédients constituant un excellent roman de fantasy y sont réunis. Mais, franchement, où est la suite ?

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Coup de cœur !

Et en plus : la chronique d’Alli et de Sae-chou !

La Grâce de Kushiel, Jacqueline Carey (Imriel #3)

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Traduit par Frédéric Le Berre

Premier et deuxième tomes : L’Héritier de Kushiel & La Justice de Kushiel

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L’histoire : Imriel et Sidonie renoncent enfin à la clandestinité. Mais l’aveu de leur amour s’apprête à précipiter le royaume dans le plus grand tumulte. Car les D’Angelins n’ont pas oublié les crimes de la mère d’imriel, la perfide Melisande. Aussi la reine Ysandre impose-t-elle une condition absolue à l’union des amants. imriel doit accomplir un acte de foi : retrouver sa mère et la ramener en Terre d’Ange pour qu’elle y soit exécutée.
Mais tandis que Sidonie et lui se préparent à une nouvelle séparation, une force étrangère venue de loin étend son ombre sur le royaume. Les deux amants survivront-ils à cette nouvelle menace ?

Mon avis : Par Elua ! Mais quelle conclusion ! Quelle trilogie ! Quelle plume ! QUEL TALENT ! J’ai dévoré ce premier tome comme les deux premiers ; je l’ai vécu plus que je ne l’ai lu, comme pour la trilogie initiale. Et, comme pour chacun des cinq romans qui l’ont précédé, j’ai senti mon cœur se désagréger lentement, sûrement, inexorablement. Jacqueline Carey m’a mise au supplice, a écourté mes nuits en me poussant à lire une page, encore, et encore une, et… Jusqu’à ce que je me rende compte, mercredi soir, qu’il ne me restait qu’une poignée de chapitres avant le point final. Comment vous expliquer mon déchirement ? C’est que j’ai rarement été aussi hypnotisée par une série : le fond, la forme, l’univers, les personnages… Tout, dans ces deux trilogies, m’a séduite. Et ce dernier tome… Comment vous dire… C’est un peu la cerise sur le gâteau. Jacqueline Carey m’a transportée, véritablement. Elle m’a prise aux tripes, comme à chaque fois, m’a fait frémir, soupirer, pleurer (et rougir, des fois). Bien que ma lecture des deux premiers tomes remonte au mois de mars, je me suis glissée dans celui-ci aussi aisément que si je venais d’en sortir, retrouvant mes personnages fétiches avec délectation. Sitôt plongée dans l’intrigue, ils sont comme sortis de leur gangue de papier pour m’accompagner durant toute la courte semaine qu’aura duré ma lecture, aussi bien croqués qu’à leur habitude. Et peut-être mieux encore, même : je ne vous dévoilerai rien sur l’intrigue, bien évidemment, mais sachez tout de même que tous, TOUS vont subir un énorme revers de fortune, leur personnalité s’en trouvant changée du tout au tout. Et c’est un vrai tour de force que l’auteure accomplit ici : on lit sans heurt, sans hausser les sourcils, sans trouver quelque incohérence que ce soit, simplement hypnotisée par une intrigue magistrale. Jacqueline Carey va jusqu’au bout des choses, reprend les fils de son récit là où elle les avait laissés, et finit de les tisser de la meilleure des façons : j’en suis ressortie soufflée. Cette fois-ci encore, elle nous lance sur les routes à la découverte de nouvelles contrées, sur les traces d’un héros qui n’est décidément pas au bout de ses peines. Car le couperet tombe, et plutôt deux fois qu’une : la première, quand une certaine Melisande refait son apparition dans des circonstances tout à fait dramatiques et la seconde… Quand une obscure magie s’abat sur la Ville, évènement aux répercussions aussi poignantes que rageantes. Comme à son habitude, l’auteure joue avec nous, maniant rebondissements et retournements de situations avec une dextérité criante : bien que la romance prime cette fois-ci davantage sur les intrigues de cour, l’on n’en sent pas moins notre cœur s’emballer pour le destin de ce royaume qui nous est devenu plus que cher. J’ai lu avec acharnement, rien de moins. J’ai lu avec acharnement, et l’ai refermé avec désespoir, cruellement consciente qu’aucune autre trilogie ne m’attendait derrière celle-ci. Mais la boucle est belle et bien bouclée : la prochaine fois que je retournerai en Terre d’Ange, ce sera aux côtés de Phèdre et Joscelin, pour redécouvrir de nouveau cette série qui aura tant fait battre mon cœur. Une chronique décousue pour un coup de cœur magistral, pour une déclaration d’amour à cette plume qui aura su me faire tant vibrer, pour ces romans si atypiques, ces personnages si attachants, cette intrigue si parfaite. Une chronique décousue pour un immense MERCI ❤️

En bref, un coup de cœur déchirant que ce troisième tome, parce que c’est bel et bien fini : j’ai savouré chaque page comme si c’était la dernière, je me suis accrochée aux pas de mes personnages fétiches avec l’énergie du désespoir. Un troisième tome poignant, merveilleux, parfait ❤️

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COUP DE CŒUR !

Les Terres de l’Est, Chloé Chevalier (Récits du Demi-Loup #2)

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Premier tome : Véridienne

L’histoire : Deux ans ont passé. La Preste Mort poursuit ses ravages et la scission entre les deux domaines du royaume, Véridienne et les Éponas, se creuse chaque jour davantage. Aux deux Suivantes, Lufthilde et Nersès, il revient d’œuvrer dans l’ombre de leurs reines pour éviter le pire. Ballottées entre la frivolité de Calvina, les lubies imprévisibles de Malvane et la colère grandissante des comtes et du peuple, l’une comme l’autre peinent à se montrer à la hauteur de la tâche. Tandis que de vieilles querelles de jeunesse se muent peu à peu en dangereux jeux de pouvoir, à l’Est, l’Empereur tourne son regard et ses légions vers le Demi-Loup. Pour Cathelle et Aldemor, la Suivante et le prince renégats, l’heure approche de sortir de l’ombre et, enfin, de prendre leur revanche.

Mon avis : QUE JE L’ATTENDAIS ! Que je l’attendais ce deuxième tome, après avoir dévoré le premier ! J’avais follement aimé cette intrigue à la fois originale et bien menée, mettant en scène des personnages hauts en couleurs et superbement croqués. Je n’ai donc pas attendu longtemps avant de passer à la suite sitôt celle-ci sortie, curieuse de voir ce que ça allait donner… Mais surtout confiante : avec un tel début, cet opus ne pouvait qu’être bon 🙂
Et le fait est : il est même excellent ! Si je ne l’ai pas lu aussi vite que le 1er (et pourtant, ce n’était pas faute de le vouloir), je me suis autant régalé, voir davantage. J’épargnerai aux lecteurs n’ayant pas encore eu la chance de se plonger dans la série la malédiction du spoil en ne vous résumant pas l’intrigue de ce tome-ci : sachez seulement que deux ans ont passé, et que le Demi-Loup est au bord du gouffre. Nous y retrouvons nos deux princesses et leurs Suivantes (sachant que seules ces dernières ont la parole – Cathelle comme narratrice, Nersès et Lufthilde via leurs correspondances mutuelles), ainsi qu’Aldemor (dont nous découvrons -enfin !- l’adolescence tourmentée). L’atmosphère y est plus sombre, et pour cause : les évènements tragiques du 1er tome ont laissé une plaie enflammée et purulente dans tous les esprits, petit peuple et noblesse confondus.
Si Chloé Chevalier avait su attiser en moi les émotions les plus contraires avec son premier tome… Que dire de celui-ci ? J’ai pleuré, pleuré à en perdre haleine, et ce… Plusieurs fois. J’ai frémis, me suis rongé les sangs, ai lu avec avidité, tremblante à l’idée de ce que je pourrais découvrir en tournant la page. Les révélations sont terribles, même si la fin du premier opus le laissait présager : »tu ne leur a donc pas dit ? »… Ces quelques mots lancés par la Reine prennent ici tous leur sens, l’auteure nous assenant une claque… Magistrale. Et elle le fait avec brio : Miss Chevalier est une conteuse née. La moindre phrase, le moindre mot possède une saveur toute particulière, nous donnant la sensation d’être, simplement, parfaitement à sa place. J’ai particulièrement apprécié les longues phases descriptives durant lesquelles elle fait naitre sous nos yeux les paysages des Plaines Jaunes, mais aussi de ces fameuses Terres de l’Est : à travers le périple d’Aldemor (chut, je ne vous ai rien dit !) et de ses mémoires, c’est toute une culture que nous découvrons,  dépeinte avec subtilité et justesse : l’auteure n’en fait jamais trop, parvient à doser merveilleusement chacun des aspects de son roman. Et le résultat est là : nous sommes happés dans un tourbillon d’émotions, entièrement soumis au bon plaisir de l’auteure… Et à sa plume acérée, virevoltante, virtuose.
J’ai conscience de ne pas vous avoir offert, une fois encore, une chronique académique : je l’ai volontairement axé sur les émotions que cette lecture a pu me procurer, car l’essentiel est finalement là : vous faire comprendre que vous avez à portée de regard une perle de fantasy, un ouvrage dans lequel vous plonger à corps (et à cœur !) perdu. Un grand merci aux Moutons pour avoir déniché cette pépite, un grand merci à Melchior Ascaride pour lui avoir offert l’écrin qu’elle mérite… Et un immense merci à Chloé Chevalier pour ces quelques jours hors du temps. Merci, vraiment.

En bref, un deuxième tome qui m’aura laissée pantelante, les yeux humides et le cœur battant : le rythme ne faiblit pas un seul instant, l’intrigue nous emporte sans ménagement et la plume est toujours aussi exaltante. En somme, c’est une merveille que nous avons, bien loin de l’habituel tome transitoire : Chloé Chevalier pèse chacun de ses mots avec soin, tisse sa toile avec une dextérité certaine, et le résultat… Est bel et bien là. COUP DE CŒUR !

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Coup de cœur !

Les légions de poussière, Brandon Sanderson

Legions de poussières

Traduit par Mélanie Fazi

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L’histoire : Joel est un élève de la prestigieuse académie Armedius et un passionné de Rithmatique, cet art étrange qui permet à ceux qui ont reçu le don de dessiner d’une simple craie des figures quasi impénétrables et de donner vie à des créatures fantastiques. Mais Joel ne possède pas ce talent, il ne fait que rêver de rejoindre les rangs des étudiants rithmaticiens. Ses lectures et recherches en solitaire vont pourtant s’avérer très utiles.
Ayant réussi à devenir l’assistant de l’éminent professeur Fitch, Joel se trouve dans le secret de l’enquête sur les disparitions qui frappent les jeunes élus de l’université. Tout semble indiquer qu’ils ont subi des attaques de crayolins, ces êtres de poussière de craie en deux dimensions qui dévorent les hommes. Mais comment est-ce possible, ici, si loin de la ligne de front de Nebrask, défendue par les meilleurs Rithmaticiens ? Joel n’appartient peut-être pas à cette caste, mais sa persévérance va lui ouvrir les portes des mystères de la Rithmatique et en changer à jamais la pratique…

Mon avis : … Laissez-moi savourer ces quelques secondes. Ces quelques secondes avant la rédaction à proprement parler de ma chronique, où mon expérience de lecture n’appartient encore qu’à moi. Ces quelques secondes, où vous vous demandez (si vous n’avez pas lu mes derniers commentaires sur cette lecture sur Twitter ou FB) si Brandon Sanderson aura de nouveau fait, avec ce roman, un carton plein. Laissez-moi donc vous présenter, après Fils-des-Brumes, après L’âme de l’empereurLes Légions de Poussière !
La Rithmatique est un art auquel bien peu sont initiés : moins d’un enfant sur mille reçoit ainsi le don de donner vie à ses dessins de craie, que cela soit sous forme de barrières infranchissables ou de licornes virevoltantes. Joel, lui, n’a pas eu la chance d’être désigné par le Maitre… Mais cela ne l’empêche guère d’être passionné par le sujet, glanant autant d’informations qu’il peut sur cet art secret. Étudiant au sein de l’académie Armedius, il va jusqu’à se faufiler dans les cours réservés aux Rithmaticiens pour en apprendre davantage…. Et devient, contre tout attente, l’assistant du professeur Fitch, historien et Rithmaticien de son état. C’est alors que surviennent d’étranges disparitions : nul indice sur les scènes de crime, hormis quelques traces de craies… Indiquant une possible attaque de crayolins sauvages. Hors, ceux-ci sont censés être cantonnés aux frontières de Nebrask, repoussés sans relâche par des combattants aguerris. Charge à Fitch et Joel de mener l’enquête…
J’avais un petit peu peur, j’avoue. Parce que… Je ne sais pas. L’avis un brin moins enthousiaste que d’habitude de ma chère Livresse des mots, peut-être ? Et il est vrai que, passant après Fils-des-brumes et Les Archives de Roshar… Ce roman peut paraitre un poil moins abouti, moins creusé. Notez pourtant la potentialité : en ce qui me concerne, je me suis simplement RÉGALÉE. J’ai retrouvé avec délice la plume oh combien aiguisée de l’auteur (et, une fois encore, magnifiquement rendue par notre chère Mélanie Fazi), son humour mordant et son imaginaire débridé. Oui, c’est indéniable, Les Légions de poussière est bien plus abordable que bon nombre des autres romans de l’auteur. Est-ce pour autant un mal ? Loin s’en faut : cela fait parfois du bien de se plonger dans un roman peut-être un peu moins « ambitieux », mais tout aussi génial à lire 🙂
Quoi qu’il en soit, l’univers que nous présente l’auteur est FAS-CI-NANT. Une fois encore, il met en œuvre un système de magie totalement inédit, et pour le moins attirant : tout passe (enfin…) par ces craies, grâces auxquelles les Rithmaticiens peuvent rendre tangibles de simples dessins. Le système est complexe, ne vous y trompez pas : Brandon Sanderson nous fait ainsi part de plusieurs stratégies de combat, créant tout un champ lexical pour nous rendre ce concept intelligible… Et prégnant : comme toujours, son écriture est très visuelle, particulièrement immersive. Je n’avais qu’une envie : en apprendre davantage, tant sur cette magie (essentiellement offensive/défensive, en fait… Même si, je ne sais pas pourquoi, j’ai l’intuition que l’auteur nous en réserve de belles pour la suite) que sur l’univers, lui aussi passionnant : pas de fantasy médiévale ici, nous sommes au vingtième siècle… A ceci près qu’il est alternatif au notre. Regardez plutôt la carte (♥) du théâtre des opérations :

the_rithmatist___isles_map_by_inkthinker-d6bat3cL’action étant vraiment mise au premier plan, il est vrai que nous avons, finalement, assez peu de détails sur l’univers en tant que tel : peu de descriptions sur l’environnement dans lequel évoluent nos héros, ni de détails à foison sur l’Histoire de ce monde… Pourtant, ce n’est pas la matière qui manque : on sent que l’auteur a mûrement pensé la chose, ne laissant rien au hasard. J’imagine que cela viendra simplement avec la suite, cet opus évitant ainsi le travers du premier tome un brin trop introductif.
Parlons-en, de l’intrigue, justement… J’ai commencé ma lecture aux urgences, qu’on se le dise. Alors que j’avais le dos en compote, et que des gens criaient un peu partout (sympa, l’ambiance). Autant vous dire que le lieu n’aurait pu être moins adapté à une lecture paisible et concentrée. Pourtant, une fois plongée dedans… Je n’en suis plus sortie : j’en ai lu les trois quarts d’une traite, et le reste d’une traite également, me couchant à pas d’heure pour le terminer. Addictif, ce roman ? Que oui ! Il faut dire que cette affaire d’enlèvements, l’enquête de Joel, ses découvertes quant à la Rithmatique, ce que l’on apprend sur son passé… Dire que j’ai été captivée serait un euphémisme, notamment en ce qui concerne la fin : alors que je tombais de fatigue, je n’ai pas pu m’en détacher  L’atmosphère est tellement agréable ! C’est à la fois léger et intense, juste… Parfait. Une fois encore… Où est donc la suite ?!
Parlons, finalement, des personnages. De Joel, tout simplement hyper attachant, un brin nerd et bien plus talentueux qu’il ne semble le croire. J’ai adoré évoluer à ses côtés, en apprendre davantage sur lui et les origines de sa passion pour la Rithmatique, et surtout, surtout, le voir prendre confiance en lui au fil des chapitres. Fitch m’a, lui aussi, beaucoup plu : il m’a fait l’effet d’un savant un peu fou, ayant tout du prof passionné et incompris… Autant dire que je donnerais beaucoup pour assister à l’un de ses cours 😀 Mais la palme revient à… Melody ! Melody, cette jeune Rithmaticienne un peu ratée, capricieuse et râleuse, au sens du drame particulièrement bien développé… Qu’elle m’a fait rire ! Quelle légèreté confère t-elle au roman ! C’est une bulle de fraicheur, cette jeune fille, elle est juste IRRÉSISTIBLE ♥

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Vous l’aurez compris, c’est… Un coup de cœur. Oui, bel et bien un coup de cœur pour cet univers une fois encore fort original, pour cette magie qui m’a laissée rêveuse, pour ces personnages si bien dépeints, et pour cette plume… Cette plume ♥ Brandon Sanderson ne cesse de se renouveler et de nous prouver qu’il peut exceller dans de multiples genres, peu importe le nombre de pages qu’il nous offre, peu importe le public auquel il décide de s’adresser, peu importe tout, en vérité : il écrit avec passion, cette passion qu’il nous communique avec une facilité absolument déconcertante, qui transpire de chacun de ses mots. Et nous la recevons pour ce qu’elle est : une offrande inestimable, capable d’ouvrir les portes de notre imaginaire tout grand… Et les laisser ainsi à jamais ♥

En bref, tout cela se passe de mots. Une fois encore… ♥♥♥

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Coup de cœur !

Les Invisibles, Shannon Messenger (Gardiens des Cités Perdues #4)

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Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

Tome 1 : Gardiens des Cités perdues
Tome 2 : Exil
Tome 3 : Le grand Brasier

Se le procurer :
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L’histoire : Finis les cours à Foxfire et les messages énigmatiques envoyés par le Cygne Noir, Sophie rejoint enfin la mystérieuse organisation clandestine qui lui a fait voir le jour ! Accompagnée de Fitz, Biana, Keefe et Dex, elle quitte les Cités perdues pour Florence, où se trouve le premier indice qui la mènera jusqu’au repaire du Cygne Noir. Là-bas, la jeune fille espère en apprendre plus sur elle-même, mais aussi sur les Invisibles, le groupe de rebelles qui cherche à déstabiliser le monde des elfes.
Pour comprendre l’étrange épidémie qui décime les gnomes ; préparer l’évasion de Prentice, prisonnier d’Exil, et affronter la menace grandissante que représentent les ogres, la jeune Télépathe va devoir s’appuyer sur ses camarades et se retenir de foncer tête baissée vers le danger ! D’autant que si de nouveaux alliés apparaissent, des traîtres sortent aussi de l’ombre…

Mon avis : MAIS C’EST PAS POSSIBLE ! Enfin, ENFIN ! Miss Messenger, quand on s’était vues en novembre dernier… Vous m’aviez promis d’épargner nos sentiments ! VOUS M’AVIEZ PROMIS !!! Et résultat… Je suis dans état absolument déplorable. La fin du troisième tome m’avait mise au supplice… celle-ci fait dix fois pire. DIX FOIS PIRE. Cette fin… Cette fin ! Je ne m’en remets pas. JE.NE.M’EN.REMETS.PAS.
Bon. Reprenons nos esprits, voulez-vous ? Cette fois encore, Sophie et ses amis nous en réservent de belles. Si le troisième tome était déjà plus sombre que les précédents (humpf), celui-ci descend encore d’un cran : il est temps pour nos héros de faire des choix, très souvent douloureux. Les évènements passés ont laissé une trace indélébile sur leur personnalité, et tous vont devoir composer avec leurs fêlures et leurs traumatismes. Ne vous y trompez pas : nous sommes bel et bien dans de la littérature jeunesse, et nos plus jeunes lecteurs y trouveront bien évidemment leur compte. Mais… Les plus grands verront apparaitre une dimension plus… Dramatique, peut-être, des interrogations moins évidentes à cerner : en un mot comme en cent, la série gagne franchement en profondeur, et c’est vraiment, vraiment parfait. Comment vous dire que… Je fus sur les charbons ardents durant TOUTE ma lecture ? Que j’ai été complètement bouleversée par le destin des gnomes, et que Keefe m’a mise au supplice ? Plus encore que Sophie (qui reste bien évidemment l’une des meilleures héroïnes que j’ai pu rencontrer), c’est véritablement LUI que j’avais envie de serrer dans mes bras, lui dont je souhaitais tapoter le dos en chantonnant une berceuse (quoi, mon côté maman ressort ?!). Il m’a ÉNORMÉMENT touchée, plus que n’importe qui d’autre… Les jumeaux Tam et Linh exceptés peut-être, bien qu’on en sache encore assez peu sur leur compte. Les personnages gagnent encore en substance, et ils nous paraissent plus prégnants que jamais : une fois plongée dans ma lecture, c’est tout juste s’ils ne s’échappaient pas des pages pour venir me tenir compagnie.
Et quelle, quelle compagnie ! C’est que nous vivons bon nombre d’aventures tout à fait décoiffantes, une fois encore. On aurait pu croire que l’on finirait par se lasser, mais QUE NENNI : Shannon Messenger mène parfaitement sa barque, et nous sommes ferrés. J’ai lu avec acharnement, avec passion : la plume de l’auteure est tellement immersive que l’on se plonge sans peine dans le roman, mais que l’on en ressort qu’à reculons… C’est donc acté : la richesse des romans et le talent de l’auteure font de Gardiens des Cités Perdues un concurrent plus que sérieux pour Harry Potter. Autant vous dire qu’il me tarde plus que tout de lire la suite… Et je ne dis pas ça parce que je me suis roulée par terre telle une enfant de trois ans en terminant ma lecture. Nonnonnon.
Peut-être n’êtes-vous pas encore partis en vacances. Peut-être n’avez-vous pas encore décidé quoi emmener dans votre valise comme lectures estivales. Et bien, sachez cela : que vous ayez 9, 15, 25 ou 40 ans, les aventures de Sophie s’épanouiront parfaitement dans votre esprit, que vous soyez à la mer, à la montagne, en forêt ou en pleine méditation en compagnie d’un moine tibétain. Pour la simple et bonne raison que vous avez à portée de main l’une des meilleures séries jeunesse du moment, et que l’intrigue ne cesse de se bonifier au fil des tomes. Le rêve, non ?

En bref, plus l’on avance dans sa série, et plus Shannon Messenger fait preuve de dextérité et d’imagination : elle ne cesse de nous surprendre, et toujours dans le meilleur des sens : cette lecture fut un véritable régal, sa fin une réelle torture. Action et émotions y sont distillées à parts égales, avec une force tout à fait surprenante pour un roman que certains voudraient réserver aux enfants. C’est un coup de cœur !

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Coup de cœur !