A la croisée des mondes, Philip Pullman

Si mon entrée dans le monde de la lecture devait être marquée par un livre, il s’agirait sans nul doute des Royaumes du Nord de Philip Pullman, premier tome d’une trilogie extraordinaire : A la croisée des mondes. Lue, relue et rerelue, cette trilogie m’a fait découvrir quelle passion je vouais à la lecture, me permettant donc d’abonner les albums pour me tourner vers d’autres horizons. Mais, avant toute chose, petit aperçu de l’intrigue.
  

 
L’histoire :
Lyra, petite fille d’une dizaine d’année, est orpheline. Placée sous la tutelle de son oncle, Lord Asriel, celle-ci vit dans le prestigieux Jordan College, entourée d’érudits peu férus de ses jeux d’enfants. Sa vie se partage donc entre les cours rébarbatifs dispensés par ses professeurs « particuliers », les batailles de rues avec les autres enfants et l’exploration du vieux bâtiment avec son ami de toujours, Roger, fils de domestiques. Le monde dans lequel évolue Lyra peut, à bien des égards, nous faire penser au notre. A un détail près, cependant : chaque être humain possède en effet un daemon, son âme incarnée dans un animal pouvant changer de forme à volonté. Pantalaimon accompagne donc la jeune Lyra dans toutes ses aventures, pour son plus grand déplaisir. Cette insouciance va cependant être rapidement confrontée à un mal sans forme, planant telle une ombre menaçante sur toute la population : des hommes enlèveraient les enfants pour les emmener dans des contrées reculées. Quand Roger est enlevé à son tour, Lyra en est sure : les Enfourneurs l’ont emmené dans le Grand Nord. Commence alors pour notre jeune héroïne un voyage incroyable, durant lequel elle frôlera mille dangers pour retrouver son ami et découvrira l’horreur subie par ces enfants arrachés à leurs familles…
 
Mon avis :
Waouh ! Comme vous l’aurez compris, il s’agit du premier vrai coup de coeur de ma carrière de lectrice. Bien que je l’ai lu pour la première fois aux alentours de mes dix ans, rien n’a su effacer l’impression mémorable laissée par ce roman et ses deux confrères. C’est bien simple, si je ne devais conseiller qu’un seul roman jeunesse, il s’agirait de celui-ci. La trame est haletante et les personnages extrêmement attachants (je l’avoue, j’ai pleuré bien plus d’une fois). On vit avec eux, on frémit avec eux, on pleure avec eux, on rit avec eux, on aime avec eux. Bref. Philip Pullman sait nous tenir en haleine de la première à la dernière page de la trilogie (dernière page qui m’a, soit dit en passant, brisé le coeur), créant en nous un manque indéniable. Qui persiste encore aujourd’hui. Les personnages sont très creusés et on aime ça. On aime encore plus le fait qu’ils évoluent au fil du temps, l’auteur n’en négligeant aucun : Lyra, Madame Coulter et Iorek Byrnison semblent s’extraire des pages pour adopter une existence propre. Je récapitulerais donc ainsi : des personnages très bien construits aux personnalités très différentes, une trame palpitante entremêlée de multiples intrigues secondaires mais non moins appréciables (particulièrement visibles dans le troisième tome), une écriture sobre et très visuelle, idéale pour échauder l’imagination. Que l’on ait 10, 20 ou 70 ans, ces livres vous procureront des heures de plaisir. Un carton !
 
Oui, j’ai moi aussi rêver de posséder un aléthiomètre. Et un Daemon. Et un ours en armure. Ben quoi ?

5/5 : Coup de coeur !

 

Les Bannis et les Proscrits, James Clemens

Dans la lignée des Royaumes du Nord, voici une autre de mes séries coups de coeur : les bannis et les proscrits de James Clemens, série découverte il y a un an tout juste et dont le premier tome est resté de longs mois dans ma PAL… Pourquoi ne l’avais-je pas ouvert avant ?! Et, surtout… Pourquoi l’ai-je ouvert en pleine période de révisions ? Car, s’il faut le préciser, ma détermination frôle le néant quand il s’agit de poser un livre passionnant pour se plonger dans des cours parfois… rébarbatifs…Bref. Quoiqu’il en soit, les cinq tomes y sont passés, en un temps record qui plus est.
 
Ce qu’en dit la quatrième de couverture (tome 1) :
Par une nuit fatale, dans le merveilleux pays d’Alasea frappé par une malédiction, trois mages firent un ultime acte de résistance, sacrifiant tout dans l’espoir de préserver le bien. Cinq cents ans plus tard, au jour anniversaire de cette nuit sinistre, une petite fille hérite d’un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu’elle puisse comprendre son terrible don, le Seigneur Noir lance ses monstres ailés pour la capturer et lui rapporter la magie embryonnaire qu’elle détient. Fuyant les hordes des ténèbres, Elena est précipitée vers une issue terrible… et vers la compagnie d’alliés inattendus. Formant avec eux une bande de parias et de hors-la-loi, elle va tenter de combattre les forces implacables du mal et de secourir un empire autrefois glorieux…
 
 
 
Mon avis :
Encore une fois, chapeau bas. Nous tenir en haleine sur 5 tomes, il fallait tout de même le faire. Mais créer une véritable frénésie de lecture chez son lecteur, c’est du grand art. Si je n’ai pas, cette fois-ci, construit mon propre résumé, c’est que cette quatrième de couverture est assez mystérieuse pour ne pas vous spoiler l’intrigue… Quoique je pense avoir bien du mal à le faire si tant est que je veuille. En effet, l’un des points forts de cette série réside dans le fait qu’elle rassemble une multitude de petites aventures, gravitant toutes autour de l’intrigue principale : Elena et son inéluctable confrontation avec le Seigneur Noir. On ne s’ennuie donc jamais, l’auteur passant d’une intrigue à une autre en un tour de plume et creusant à chaque fois avec brio le ou les personnages mis en avant. Et de cette multitude d’intrigues ressort une multitude de genres : Vous voulez du gore ? Vous en aurez (et pas qu’un peu) ! Vous voulez du romantisme ? Vous en aurez aussi ! de l’humour ? Pareillement ! On rit, on pleure, on s’échauffe, on s’essoufle, on vit. Vous voulez de la trahison ? Vous serez servi. Car, pour James Clemens, rien n’est jamais blanc ou noir, tout se travaille dans la nuance du gris : les personnages sont complexes et, pour certains, carrément odieux. Oui, oui, même parmi les héros. Une phrase suffit pour que l’on se retourne en pestant contre celui que l’on adulait deux pages auparavant. Et les « méchants » sont délicieusement détestables, quoique pour certains, affreusement séducteurs.
Si vous aimez la fantasy, les décors héroïco-médiévals et les aventures palpitantes, foncez. Si vous êtes novice en la matière, foncez également. Et si vous n’aimez rien de tout cela, James Clemens saura vous faire changer d’avis.

5/5 : Coup de coeur !