Duologie Eon : un voyage en terre dragons, par Alison Goodman

Couvertures par Sammy Yuen Jr.
Traduits par Philippe Giraudon

L’histoire : Sous l’autorité de son maître, Eon s’est entraîné à manier le sabre et maîtriser les figures magiques. Il espère être choisi comme apprenti par l’un des douze dragons énergétiques qui protègent le pays, et acquérir ainsi, en devenant Oeil du Dragon, un extraordinaire pouvoir. Mais Eon porte un dangereux secret: il est en réalité Eona, jeune fille de 16 ans, déguisée en garçon. Plongée dans un monde plein de traîtrises et de manifestations magiques, Eona est au coeur d’une lutte à mort pour le trône impérial. Avec l’aide de ses amis, trouvera-t-elle la force de combattre ?

Mon avis : Parlons-en enfin, de cette série qui m’aura tenue en haleine ces deux dernières semaines ! Si le délai peut paraitre long (bien qu’ils ne soient pas tout fins, je pense que je les aurais dévoré en l’espace de quelques jours), je n’en ai pas moins grandement (GRANDEMENT) apprécié ma lecture : après avoir terminé le premier opus, j’étais même bien incapable de ne pas attaquer derechef le second. Il sera donc question de la série complète !
Eon est un jeune garçon de douze ans. Comme ses onze camarades, cela fait maintenant plusieurs années qu’il se prépare à la dure cérémonie au cours de laquelle l’un d’entre eux sera choisi par le Dragon Rat, l’un des douze dragons célestes. Quelques heures à peine qui pourraient changer toute leur vie : en devenant apprenti de l’Oeil du dragon actuel, un immense pouvoir et une reconnaissance sans limite s’ouvriraient à eux.  Mais Eon a un lourd secret : alors qu’il porte chaque jour le poids de l’accident qui l’a laissé estropié à vie, il doit en plus cacher sa véritable identité : Eona, jeune fille de 16 ans. Un secret qui pourrait lui valoir une mort aussi subite que violente, dans cette société où les femmes sont cantonnées aux places les plus basses…
Franchement, FRANCHEMENT, après avoir lu Lady HelenJe ne regrette absolument pas de m’être lancée à l’assaut de la première série d’Alison Goodman : j’ai A-D-O-R-É ma lecture. Si je vous avouais lire assez peu de romans prenant place en plein 19e siècle, que dire de la Chine médiévale ? C’est simple, dans mon souvenir… Ce n’est jamais arrivé. Et ce n’est pourtant pas faute d’être curieuse ! Mais voilà, l’occasion ne s’est pas présentée… Jusqu’à maintenant, donc. Et quel plaisir ! Quel plaisir d’avoir ce petit goût de jamais vu ! C’est simple : tant dans son intrigue que dans son univers, l’auteure n’a cessé de me surprendre. J’ai lu avec passion, et ce dès les premiers chapitres : elle a su captivé mon attention en quelques lignes, et la conserver sur toute la longueur. J’ai adoré découvrir le monde d’Eon, en apprendre davantage sur ces mystérieux Dragons Célestes et leur histoire. Alison Goodman n’est pas avare de détails, à quelque niveau que ce soit : on s’immerge dans son récit avec une facilité incroyable… Et on le reste tout du long : l’intrigue ne cesse de gagner en intensité. Les premiers chapitres, d’abord, où l’on apprend le lourd secret d’Eon. Et les suivants… Sur lesquels je ne vous dirai bien évidemment rien, pour ne pas vous gâcher la surprise. Mais les rebondissements vont bon train, et l’on se surprend ne nombreuses fois à retenir notre souffle : que va-t-il advenir de notre héroïne ? Je dois avouer avoir pressenti une bonne partie des évènements du premier tome : non que l’intrigue soit cousue de fil blanc, mais si l’on est attentif… L’auteure laisse suffisamment d’indices pour deviner de quoi il retourne (je pense notamment au mystère du Dragon Miroir, ainsi qu’au livre Rouge indéchiffrable). Pour autant, cela n’a pas entaché ma lecture, tout au contraire : je me suis simplement régalée. Il faut dire qu’Alison Goodman crée une héroïne très crédible : entre fêlures, doutes et peurs, Eona m’a beaucoup touchée. Elle est loin, loin d’être parfaite, mais cela ne compte que peu : son courage et sa détermination, malgré les lourdes épreuves auxquelles elle fait face, forcent l’admiration. J’ai beaucoup aimé le fait que l’auteure n’atténue pas le poids de sa condition de femme : à partir du moment où la supercherie est dévoilée (car elle le sera inévitablement, on le comprend très vite), le comportement de tous est transfiguré : dégoût, déception, convoitise… La jeune femme se retrouve au cœur d’une tempête qu’elle aurait bien été en peine d’imaginer. Là où on aurait fait preuve d’indulgence pour un homme, on suspecte de suite traitrise et mensonges… Quelques scènes m’ont ainsi donné envie de hurler de frustration ‘_’ Et c’est d’autant plus poignant qu’elle n’a, au fond, rien véritablement demandé… Mais je vous laisse découvrir tout cela 🙂
Le second tome, au contraire, ne m’a pas laissé entrevoir quoi que ce soit : j’ai lu avec avidité, plus que curieuse des évènements à venir. D’autant plus quand ceux-ci prennent une allure… Dangereusement séduisante. Car oui, il y a bien de la romance (que les cœurs d’artichauts se rassurent !), même si elle n’a clairement pas la place la plus importante ici. Disons que c’est… Un petit plus qui n’a pas été pour me déplaire. L’atmosphère générale du roman devient plus sombre : les derniers évènements du premier opus avaient de toute façon donné le ton. Les scènes brutales ne sont pas rares, et l’auteure n’hésite pas à sacrifier certains de ses pions : je vous mentirais si je disais que mon coeur ne s’était jamais serré T.T Car si l’auteure soigne particulièrement son personnage central, les autres ne sont pas pour autant en reste : entre l’Empereur, Ryko, Dela, Rilla… Fiou ❤️
Vous l’aurez compris, j’ai passé un moment hors du temps avec ces deux romans : j’ai vraiment été subjuguée par cette atmosphère si particulière , fascinée par cet univers à la mythologie incroyable.  Alison Goodman m’a emportée avec sa plume immersive, et c’est avec grand regret que je tourne cette dernière page… Coup de cœur, donc !

En bref, coup de cœur pour cette duologie qui aura su me captiver durant près de deux semaines : les amateurs de fantasy et de Chine médiévale y trouveront leur compte, tant l’auteure mêle les deux univers avec brio. C’est passionnant, séduisant, captivant : ON ADORE !


Coup de cœur !

Quelques minutes après minuit, Patrick Ness – Ou comment apprendre à se retenir de pleurer.

Traduit par Bruno Krebs
Couverture réalisée par  Jim Kay

L’histoire : Depuis que sa mère est malade, Conor redoute la nuit et ses cauchemars. Quelques minutes après minuit, un monstre apparaît, qui apporte avec lui l’obscurité, le vent et les cris. C’est quelque chose de très ancien, et de sauvage. Le monstre vient chercher la vérité.

Mon avis : … Je crois que je tiens là mon premier coup de cœur de l’année, les amis. FRANCHEMENT. Je ne connaissais absolument pas la plume de Patrick Ness (ce n’est pas faute d’avoir certains de ses romans dans ma PAL, ceci dit), ni ses univers de prédilection, ni rien du tout. Et puis, j’ai vu la bande annonce de l’adaptation de ce petit roman. Et j’ai croisé sa superbe version illustrée. C’est comme si… Vous savez, comme si je le voyais ABSOLUMENT partout. Comme si la Terre entière avait décidé de comploter contre moi afin de me tenter plus que de raison. Fort heureusement pour moi, Noël ne fut pas sans me rapporter quelque pécule. J’ai donc sauté sur l’occasion et l’ai subrepticement glissé dans mon panier… Et m’y suis plongée quasiment de suite (ce qui ne m’était pas arrivée depuis DES MOIS. Vous vous souvenez, de ce plaisir simple ? Acheter un livre et le lire de suite ? FIOU ❤️). Et… Enfin, il est d’une telle FORCE !
Le pitch est le suivant : Conor O’Malley a treize ans. Un si jeune âge, et pourtant, il en a déjà trop vu : habitant seul avec sa mère, il doit l’aider à combattre au quotidien le cancer qui l’éteint peu à peu. Si les journées sont terribles, les nuits ne sont guère mieux : assailli de cauchemars, le jeune garçon n’en peut plus. Quand une nuit, un monstre apparait à sa fenêtre, Conor n’est guère surpris : Son imaginaire a déjà fait bien pire. Mais pourtant, tout est différent, cette fois-ci : le monstre lui racontera trois histoires, pas une de plus. Et après, Conor devra dire la vérité. Quelle vérité ? Celle qu’il cache au plus profond de son âme, celle qu’il prend bien soin de dissimuler à tous, y compris à lui-même…
Comme souvent, je ne savais pas à quoi m’attendre, n’ayant pas lu la 4e de couverture. Je ne savais pas quels sujets seraient abordés, j’ignorais tout des deux cents pages que j’avais dans les mains. Et, une fois encore… Tant mieux : je dois dire que j’aime terriblement commencer une lecture avec un œil neuf 🙂 Pour dire vrai, j’avais tout de même une petite appréhension quant à l’épaisseur de la bête : j‘avais peur que l’auteur ne réussisse pas à nous embarquer dès le début dans son récit, qu’il nous faille patienter de longs chapitres avant d’être happés. Et finalement… Pas du tout. Patrick Ness nous livre en vérité un récit d’une puissance énorme, qui a balayé mes interrogations dès les premières lignes. Je ne vais pas dire que j’ai adoré suivre Conor, que j’ai aimé avancer à ses côtés. De même, je ne pourrais pas dire que j’ai adoré ce roman. Je ne peux pas, parce que je l’ai terminé le cœur au bord de l’explosion, les lèvres serrées et les larmes au bord des yeux, concentrée pour ne pas éclater en sanglots devant Malo. Ceci dit, je crois qu’il a tout de même compris que quelque chose ne tournait pas rond, puisque j’ai eu droit à un énorme câlin. Du genre « t’inquiète maman, ça va aller ». En fait, ce roman m’a carrément bouleversée. Et c’est en vous faisant part de mon sentiment sur la page FB du blog que j’ai pu me rendre compte que j’étais loin d’être la seule à l’avoir vécu ainsi : c’est d’un roman coup de poing dont je vous parle, un roman qui m’a fait l’effet d’une tornade ravageant l’ensemble de mes sentiments. Peut-être est-ce parce que le sujet me touche particulièrement, peut-être est-ce parce que l’auteur est particulièrement doué. Peut-être est-ce parce que sa plume est d’une poésie incroyable, peut-être est-ce parce que son personnage central m’a terriblement émue. Peut-être est-ce tout ça à la fois, et plus encore : on parle ici d’un roman que certains voudraient réserver aux ados, mais qui est parfaitement à-même de toucher les plus grands, parce que le sujet en lui-même n’a pas d’âge : l’amour, la douleur, la perte d’un être cher, la mort, la vie. Je l’ai lu, fascinée, sentant mon ventre se contracter peu à peu, ma gorge se serrer, mes mains se crisper. J’ai perdu mes moyens face à lui, et n’ai cessé d’y penser depuis : je peine d’ailleurs à m’investir dans une autre lecture.
Un petit roman, donc, mais d’une efficacité folle, d’une puissance immense. Comme souvent dans ce genre de cas, je vous ai davantage parlé de mon ressenti que du roman en tant que tel mais… Il n’y a rien à dire d’essentiel, sinon qu’il vaut vraiment la peine d’être lu. Ne vous y préparez pas et plongez-y le cœur grand ouvert, les émotions au vent. Promis, vous ne resterez pas de marbre ❤️

En bref, coup de cœur. Le premier de l’année, pour un petit roman ne payant pas de mine mais se révélant être une véritable petite pépite de poésie. N’hésitez plus : lisez-le !


Coup de cœur !

Phobos #3, Victor Dixen

Tome 1
Tome 2
Phobos – Origines

L’histoire : Fin du programme Genesis dans
1 mois…
1 jour…
1 heure…

Ils sont prêts à mentir pour sauver leur peau.
Ils sont les douze naufragés de Mars. Ils sont aussi les complices d’un effroyable mensonge.
Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre.
Elle est prête à mourir pour sauver le monde.
Au risque de sa vie, Léonor est déterminée à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ?
Même si le compte à rebours expire, il est trop tard pour renoncer.

Mon avis : Mais mais maiiiiis…. MAIS C’EST QUOI CE BOUQUIN ?! Troisième tome, troisième coup de cœur – si tant est que Victor Dixen m’en ai laissé un, de cœur. J’accumule les lectures sadiques, et cela se ressent : j’avance le regard vide, tel un zombie privé de sentiments. Alors, avant de spoiler à tout va, un petit mot pour tous les malheureux n’ayant pas encore découvert cette série : FONCEZ. Foncez, parce que vous avez là trois romans qui se DÉVORENT, trois romans qui nous embarquent dans la plus folle des aventures, trois romans qui bouleversent, captivent, passionnent. Trois romans qui ont fait battre mon cœur à mille à l’heure, et que je ne saurais que trop recommander à quiconque souhaite passer un moment hors du temps.
Ceci étant dit… Bouchez vos oreilles, vous qui n’avez pas encore lu les deux opus précédents, et fermez vos yeux : le spoil est tout près ! Nous retrouvons nos pionniers là où nous les avions laissés : Léonor en pleurs, encore sous le choc de la révélation fracassante de Marcus. Le jeune homme, loin d’être le joli cœur qui nous avait précédemment fait fondre, s’était en réalité révélé être le pire des menteurs, arriviste à souhait et prêt à tout pour arriver à ses fins. De quoi mettre dans tous leurs états nos héros, que l’on se le dise. La situation est donc plus que tendue, à l’aube de ce troisième opus : que faire de Marcus, qui aurait pu tous les sauver s’il ne s’était pas montré aussi égoïste ? Que penser du retournement -forcé- de veste de Serena, et ce providentiel ascenseur spatial qui pourrait bien les sauver de la prochaine tempête martienne ? Que faire avec la seconde sélection de candidats pour Mars ? Parler, pour sauver treize personnes, et risquer la dépressurisation de la base… Ou se taire,  et les condamner, peut-être, au même sort terrible ? Et surtout, comment continuer à vivre comme si de rien était, sous l’œil inquisiteur des centaines de caméras, quand la mort rôde bien plus près qui quiconque ne peut s’en douter ?
Que l’on se le dise : ce troisième tome fourmille d’interrogations. Cela fait maintenant deux ans que notre cœur bat à l’unisson de ceux de nos prétendants, et l’heure du dénouement a sonné : entre rebondissements (certains n’en sont pas, pour ceux ayant lu Origines… Mais rassurez-vous : vous aurez largement de quoi faire avec le reste) et retournements de situations totalement imprévus (j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce que faisait l’auteur avec le personnage de Serena, notamment)(je hais cette femme autant qu’elle me laisse sans voix), il m’a été particulièrement difficile de stopper ma lecture : bien que ce soit un joli pavé, il n’a pas fait long feu, vous pouvez me croire. Victor Dixen instille une tension particulièrement perfide, nous laissant pendus à ses mots et à son imagination : que nous réserve-t-il encore ? J’ai donc lu, lu et encore lu, encourageant mes collègues à faire de même (et, force est de dire que le lire à trois n’a pas la même saveur qu’en le lisant seule) : totalement prise dans les rets tendus par Victor Dixen, je n’ai pu empêcher mon cœur de s’emballer follement, oubliant jusqu’au monde extérieur… Et chutant cruellement, à la toute fin du roman : y aurait-il donc un quatrième tome, dont je n’ai été informée ? Parce que ce n’est plus une porte ouverte qu’il laisse, mais une arche ! D’après mes recherches, il semblerait qu’il envisage en effet une suite… Ou, plutôt, le début d’un nouveau cycle (quand on voit comment celui-ci se termine, on peut comprendre). Soyez rassurés, tous ! Nous n’avons pas fini d’en entendre parler 🙂
Je vous le disais : j’ai lu ce troisième opus d’une traite, ou presque. Je suis restée immergée de bout en bout dans l’atmosphère du roman, comme hypnotisée par une intrigue ne manquant pas de piquant. Si j’avais écrit ma chronique sitôt ma lecture terminée, elle aurait donc été peuplée de OOOOOH et de AAAAAAH, de ?!!!!!! et de #*¨?!! »(§#. Par manque de temps, cela n’a pas été possible… Et cela m’a donc permis de réfléchir un peu à ce que je venais de lire. Cela m’a permis, surtout, de comprendre pourquoi ce troisième tome avait tant fait parler : entre déceptions et coups de foudre, il a en effet déchainé les passions. Si de mon côté le coup de cœur ne se dément pas, je dois bien reconnaitre – à mon grand dam- qu’il n’est exempt de défauts. En vrac, parlons de :
– certains passages un peu « niaiseux », intervenant à la toute fin du roman (pour ceux ayant déjà lu cet opus : le dernier dialogue entre Léonor et Marcus, et la déclaration d’Harmony à Andrew) : j’ai trouvé leur mise en place assez maladroite, faisant descendre l’intensité du moment plutôt que l’inverse.
– Le changement radical de comportement des pionniers face à Serena : mais sont-ils tous stupides, ou bien ? Si je n’y est pas prêté grande attention sur le moment, cela m’a tout de même fait l’effet d’une piqûre urticante : agaçant au possible. Qu’ils cessent donc de faire les girouettes et se posent deux minutes pour réfléchir un peu -_-
– Le manque d’approfondissement sur l’environnement : Mars offrait un tel potentiel ! Il y avait tant à faire, notamment avec cette « chose » mentionnée dans le deuxième tome ! Et là… Bref, je trouve ça dommage de s’être concentré quasiment exclusivement sur les pionniers et les membres du programme sur Terre, le récit perdant quelque peu son petit côté thriller.
Autant de petits points que l’on passe aisément sous silence lors de notre lecture, tant celle-ci est prenante, mais qui reviennent nous tarauder une fois celle-ci terminée : je ne pouvais donc pas les occulter dans cette chronique.
Finalement, c’est avant tout curieuse que je termine cette aventure : nous le savons désormais, Victor Dixen n’a pas tout à fait tourné la page du programme Genesis. Qui sait ce qu’il nous réserve pour la suite ? Une chose est sûre, de mon côté : il a réussi le joli coup de me passionner de manière égale sur plus de mille pages, touts romans confondus, et ça… Ce n’est pas donné à tout le monde 🙂

En bref, un troisième tome fort en surprises, qui aura su me tenir en haleine de bout en bout. Malgré ses quelques petits défauts, je le crie donc haut et fort : c’est un coup de cœur !

Coup de cœur !

La main de l’Empereur, Olivier Gay

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Couverture réalisée par Magali Villeneuve (LE TALENT)

L’histoire : Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion. Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables. Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre. Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera ?

Mon avis : ... Je suis assez furieuse, que l’on se le dise. Furieuse, et tout est de la faute de Monsieur Olivier Gay. Monsieur Olivier Gay, qui s’est gentiment dit, un beau jour « tiens, et si j’écrivais un bouquin bien badass ? Un bouquin que l’on aurait envie de lire d’une traite, avec un héros qui déchire tout ? Un bouquin du tonnerre, avec une fin… UNE FIN COMPLÉTEMENT SADIQUE ? » (rajoutez des rires diaboliques en veux-tu en voilà, et je suis sûre que l’on y est presque) Quelques bonnes nuits blanches, une illustratrice d’enfer et hop ! Bibidibabidibou, La main de l’empereur est né. Lancé sur les marchés, disposé sur les étals, à la portée du moindre lecteur innocent. Qui succombera, évidemment, à cette merveilleuse couverture et au résumé alléchant. Qui lira, lira, lira… ET PLEURERA.
Nous suivons l’histoire de Rekk. De ses débuts, alors qu’il n’est que le simple fils d’une prostituée, évoluant au milieu des gladiateurs de la caserne dans laquelle il vit… jusqu’au jour où il quitte l’arène, un titre de champion collé au front… Et trop lourd à porter. Réputé invincible, ses combats n’attire plus personne, ou presque : l’Empereur reste un de ses plus fervents admirateurs. Et cela tombe bien : il a justement un travail pour lui. Un travail salissant, à l’autre bout du monde, un travail pour lequel ses talents d’épéiste et son habileté à éviter la mort lui seront précieux : il n’a rien de moins… Qu’une guerre à gagner.
J’ai ADORÉ. Ben oui ! Même si je me suis mise à rager sitôt la dernière page tournée, même si j’ai eu de prendre l’avion pour aller secouer Olivier comme un prunier, et EXIGER d’avoir la suite. Parce que question cliffhanger, le bonhomme s’y connait… Et n’y va pas de main morte : cette fin est tout simplement diabolique. DIABOLIQUE. Il faut dire, aussi… Que je me suis faite avoir comme une bleue. J’ai laissé mon cœur parler et mes sentiments s’envoler, s’envoler, jusqu’à ce que… BLAM, DANS TA FACE. Mais ce Rekk, ce Rekk ! Si certains d’entre vous l’ont découvert dans Les épées de glace ou dans Le Boucher (qu’il va falloir que je me procure d’urgence), je l’ai pour ma part rencontré pour la première fois avec ce roman. Dont l’intrigue se situe, si je ne m’abuse, avant celle du précédent roman de l’auteur : vous pouvez donc tout à fait commencer par celui-ci, cela n’est en aucun cas gênant. Mais, méfiance ! Prévoyez une bonne journée de repos le jour où vous souhaiterez vous lancer, sans distraction aucune : ce petit bijou ne demande qu’à se lire d’une traite. J’ai été totalement séduite dès les premières pages, Olivier s’attachant à mettre en valeur tous les éléments constituant un excellent roman de fantasy : l’univers est bien posé, et prend facilement corps sous nos yeux attentifs. C’est tout juste si je ne ressentais pas les grains de sable de l’arène sous mes pieds, la morsure violente du soleil sur ma peau, et la touffeur moite de la jungle Koushite m’oppresser horriblement…  Si le cadre est plutôt traditionnel, il n’en reste pas moins très crédible, et offre un écrin de qualité pour une intrigue de haut vol. En un mot comme en cent, Olivier Gay fait preuve d’une efficacité qui force l’admiration : du début à la fin, on suit avec passion le destin de ce jeune homme si particulier. Les premiers chapitres, loin d’être seulement introductifs, nous donnent déjà le ton de l’ensemble du récit : nous allons lire quelque chose de nerveux, d’extrêmement prenant, qui ne pourra nous laisser indifférent émotionnellement parlant (je me suis pris la première gifle avant d’avoir passé la centième page. C’est dire). Si nous rencontrons Rekk dès son plus jeune âge, c’est véritablement son passage aux mains de l’Empereur -et, donc, sa guerre contre les koushites, peuple en tout point différent de ces Impériaux qu’ils combattent- qui nous préoccupe : j’ai été  passionnée par l’évolution de ce jeune garçon qui ne semblait promis qu’à une mort bien trop prématurée. Je l’ai suivi avec attention, des rues pavées de Mushein aux dangereux sentiers de Koush, bien trop consciente de son statut de pantin entre les mains des puissants. J’ai aimé le voir se débattre, bouleverser l’ordre bien établi des hautes sphères du pouvoir. J’ai aimé la façon dont Olivier ajustait parfaitement ses rebondissements et retournements de situation, nous laissant pantelants, abasourdis, totalement incapables de laisser là notre lecture. Il mène son récit comme un virtuose jouerait un morceau délicat : avec maestria. J’ai aimé tout cela… Mais le roman entier ce serait effondré si la personnalité de Rekk n’avait pas tenu le coup. C’est le risque avec ces récits découlant plus ou moins de l’Heroïc fantasy : si votre personnage principal est un peu pâlichon, cela n’a guère -difficilement, disons- d’intérêt. Sacré challenge, donc, de s’essayer au délicat exercice de portraitiste ! Et… Aucune inquiétude à avoir : Rekk a tout ce qu’il faut où il faut (en tout bien tout honneur)(évidemment). Olivier Gay nous sert sur un plateau un héros que l’on suivrait au bout du monde, suffisamment torturé pour que l’on ait envie de le serrer dans nos bras, mais aussi diablement charismatique, foutrement attachant, un brin impressionnant et tout en nuances, ni vraiment méchant ni tout blanc (et ça, c’est le moins que l’on puisse dire)… Un héros fait d’aspérités et d’arêtes tranchantes, qui m’a laissée le cœur à vif. PARCE QUE CETTE FIN DIDIOU MAIS ENFIN C’EST PAS POSSIIIIIBLE ! Il nous avait déjà ravagé le cœur à mille reprises avant (et que je te dégomme untel, et que je te zigouille unetelle, après avoir pris soin de les rendre siiiiii agréables à côtoyer que tu t’y es attaché de fou), et il nous assène le coup final avec une morgue qui m’aurait arraché quelques larmes si je n’avais été trop préoccupée à taper du pied tel petit Malo réclamant une case supplémentaire de son calendrier de l’avent. Me voilà donc réduite à cela : renifler lamentablement devant mon bouquin en songeant à ceux que je pourrais lire tout de suite là maintenant pour retrouver notre cher Rekk (et Dareen… DAREEN), si seulement je les avais dans ma bibliothèque (enfin, c’est quand même fou ça, j’en ai bien trois ou quatre cents, mais je ne suis pas FOUTUE d’avoir LE livre dont j’aurais besoin à cet instant précis). ÊTES-VOUS FIER DE VOUS, M’SIEUR GAY ?! L’ÊTES-VOUS VRAIMENT ?!! Parce que moi, si j’étais vous, j’aurais bien, bien honte. Je filerais tête basse écrire la suite de mon roman, et plus vite que ça. Avec un petit sourire en coin, parce que, quand même… C’EST FOUTREMENT BON !

En bref, COUP. DE. CŒUR. Enfin, évidemment, quoi ! Le personnage central est totalement parfait, et la cohorte de personnages secondaires ne l’est pas moins. L’intrigue est magistrale, et ne nous laisse pas une seconde pour reprendre notre souffle. Et la plume de l’auteur, la plume ! Oui, j’aurais pu lire des heures de plus sans me lasser. Mieux : j’aurais voulu lire des heures de plus, afin de conserver un semblant d’équilibre mental. Parce que là, je n’ai qu’une question en tête : OÙ EST LA SUITE ?!

La part des ombres, Gabriel Katz

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Couverture réalisée par (mon illu tire beaucoup trop sur le bleu, elle est bien plus belle en vrai !) Aurélien Police

L’histoire : La Goranie était jadis une terre de conquérants, elle n’est plus aujourd’hui qu’un pays occupé, avec à sa tête un roi fantoche. Dix ans déjà que les Traceurs, peuple guerrier descendu des montagnes pour « pacifier » le pays, règnent en maîtres sur le royaume. Discipline, terreur, corruption, tout semble fonctionner sans le moindre accroc jusqu’au jour où tout bascule. Une noce qui tourne au drame, un massacre tenu secret… et un homme qui se dit revenu d’entre les morts, pour lever le peuple contre l’occupant. On l’appelle le Fantôme, et pour animer la lame de fond qui renversera le régime, il a besoin de combattants – des mercenaires de haut niveau, capables d’encadrer, de former, et d’affronter les terribles guerriers de la Trace. C’est ainsi qu’entrent en scène trois personnages venus des quatre coins du monde (et surtout des autres séries de Gabriel Katz) : une maîtresse de guerre, un gladiateur de haute volée et… un beau gosse qui ne sait pas très bien comment il s’est fait entraîner là-dedans.

Mon avis : … Tiens tiens tiens… Un nouveau roman signé Gabriel Katz… MÉFIANCE, BRAVES GENS, MÉFIANCE ! Même si je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de baver sur ce petit bijou dès sa sortie – et c’est grâce à ma Sae chérie qu’il est entré dans ma PAL, gloire à elle -, j’ai bien pris soin de museler mes sentiments, bien décidée que j’étais à ne pas me laisser avoir encore une fois. C’est donc le cœur résolu que je l’ai commencé…

Et l’esprit fou que je l’ai terminé : mais pourquoi ?! POURQUOI ?! POUR-QUOI ?!!!

Alors oui, il est topissime. Encore une fois, si j’ose dire. A un point tel que cela en serait cruel même si l’auteur n’était pas aussi sadique. Parce qu’on en veut plus, quoi ! ON VEUT LA SUITE ! Gabriel Katz a une plume si immersive, si agréable à lire que l’on se plonge dans son roman comme l’on se glisserait dans une piscine remplie de fraises tagada : avec délectation. Moi qui continue à avoir un peu de mal à lire, j’ai dévoré ces trois cents pages en un après-midi. Reléguant mari, fils et lapins au fin fond de mon esprit (ils commencent à avoir l’habitude, malheureux qu’ils sont), toute accaparée que j’étais par cette intrigue pour le moins irrésistible…
Irrésistible, pour deux raisons -majeures : Desmeon et Olen. OUAISOUAIS Mesdames, vous avez bien lu. Les deux beaux gosses de service, respectivement rencontrés dans Aeternia et Le puits des mémoires sont ici réunis… Et ça envoie du pâté. D’une, parce que l’auteur réussi une nouvelle fois à donner un mordant incroyable à son récit, et que l’on ressort de là avec une pêche incroyable et un sourire de dix mètres (ça, ou… Dans mon cas, des larmes de frustration dans les yeux et le visage congestionné) de long. De deux, parce que l’intrigue est MERVEILLEUSE. Vous l’aurez compris, nous retrouvons deux de ses précédents héros… Ou plutôt trois : Kaelyn (La maitresse de guerre) est elle aussi présente, mais n’ayant encore jamais eu affaire à elle, le côté affectueux était un peu moins vif. Nos héros vont se retrouver, donc, au cœur même de la Goranie, un royaume vivant sous la coupe d’un envahisseur brutal et implacable : les Traceurs. Alors qu’une révolte gronde, avec à sa tête une légende des plus inquiétantes, nos trois héros vont s’y retrouver mêlés… Arrivés là on ne sait comment, et pourtant bel et bien présents. Et ça… Ça, J’ADORE. J’adore, parce que pour les lecteurs ayant déjà dévoré ses précédents romans, c’est juste un régal de retrouver ces personnages auxquels on s’est tant attaché. Une véritable petite douceur que l’on voudrait déguster, mais dont on ne fait qu’une bouchée. Et pour les néophytes, et bien… Pas de panique : Gabriel Katz réussi parfaitement son coup en rendant son roman tout à fait accessible aux lecteurs n’ayant pas lu ses autres séries. Ceci dit… si c’est votre cas, méfiez-vous : je gage que vous voudrez dans l’instant en apprendre plus sur eux, et craquerez pour la bibliographie complète de l’auteur le plus cruel du monde. ET JE PÈSE MES MOTS. Pour ma part, c’est déjà tout vu : je m’en vais de ce pas m’attaquer à La maitresse de guerre, parce que… Les garçons, ok, mais Kaelyn, quoi. Kaelyn qui dénote dans cette galerie majoritairement masculine, et qui me semble mystérieuse à souhait :3 Pourtant, ce n’était pas forcément gagné : durant les premiers chapitres, mon attention (et mon cœur, faut-il le préciser ?) était toute accaparée par ses deux collègues, toute ravie que j’étais de les retrouver. Et puis… Et puis, voilà : elle tellement badass, cette maitresse de guerre, que je n’ai pu m’empêcher d’être béate d’admiration. Et de vouloir en savoir plus, évidemment… (Et là, je bénis les Imaginales et l’élan qui m’a poussée à ramener ledit bouquin dans mes valises ❤️)
Une fois les premiers sautillements de joie passés (vrai de vrai, je me suis trémoussée d’aise en comprenant ce que le bougre avait fait), on se concentre donc sur l’intrigue. L’INTRIGUE ! Que voulez-vous que je vous dise ? Qu’il gère, encore une fois ? Que je ne suis sans doute plus objective, tant j’aime l’univers qu’il a créé, mais qu’il a de nouveau réussi à me captiver de bout en bout ? A me faire frémir, rager, trépigner ? Qu’il m’a poussée à attraper Chéri et à le secouer comme un prunier, en lui hurlant dans l’oreille : « IL FAUT QUE TU LISES SES LIIIIIIIIIIVRES » ? Que sa fin m’est tombée telle une massue sur le crâne, me laissant à demi étourdie mais plus que jamais décidée à lui passer la corde au cou ? Et oui, tout ça. Touuuut ça. Et tellement, tellement plus encore ! Quelles possibilités s’est-il offert, avec cet univers ! Quels chemins prometteurs nous laisse-t-il entrevoir ! Avec son imagination débridée et sa plume virevoltante, Gabriel Katz fait, tout simplement, ce qu’il veut de son lecteur. C’est bon, archi-bon, et on se laisse volontiers emporter au gré de ses caprices. Que nous réserve-t-il pour la suite ? Quel sale tour est-il en train d’imaginer, quel rebondissement retors va-t-il nous concocter, pour nous mettre une nouvelle fois au supplice ? Franchement, je n’en ai aucune idée… Et ça me va très bien ainsi : je lui fais entièrement confiance. Ce sera atroce, sans aucun doute. Mais excellent, comme toujours !

En bref, L-I-S-E-Z L-E. Est-ce clair ? COUP DE CŒUR !

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Coup de cœur !

Fleurs au creux des ruines, Chloé Chevalier (Récits du Demi-Loup #0)

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Couverture par Melchior Ascaride

Premier tome : Véridienne
Deuxième tome : Les Terres de l’Est

L’Histoire : Près des forêts anciennes où chassent les premiers hommes, dans le roc des montagnes, on creuse les fondations des royaumes à venir. On y rêve de concorde, d’arts et d’amour, on y bâtit palais, ponts et destinées. Les siècles passent. Ores vient la fin des temps, le sol tremble, la mer bout, et s’écroulent les cités qu’on croyait éternelles, en une pluie de poussière plus sombre que le jour. Mais des cendres renaît l’espoir, et s’amorce un nouveau cycle. Fleurs au creux des ruines nous conte l’histoire du Demi-Loup.

Mon avis : Vous savez comme j’aime la plume de Chloé Chevalier. Cette façon si réaliste qu’elle a de brosser le portrait de ses personnages, de les animer, de faire de leurs relations un véritable jeu de dupes. Les deux premiers tomes de ses Récits du Demi-Loup furent de vrais coups de cœur, tant j’avais été passionnée par le destin de nos héros, admirative du travail de l’auteure : en prenant un sujet d’apparence bien futile (les relations de quatre jeunes filles quelque peu écervelées), elle a su nous livrer un récit en réalité bien plus profond, bien plus complexe : le contraste entre les préoccupations de nos jeunes demoiselles et le destin branlant d’un royaume sur le déclin m’avait pour le moins fascinée. Dire que j’attends avec grande impatience le troisième et dernier tome de cette formidable fresque serait donc un bel euphémisme : j’ai eu grand mal à museler ma frustration en terminant le deuxième, je dois bien l’avouer 🙂
Quand j’ai appris que paraissait dans la collection Hélios un court recueil de nouvelles de l’auteure, prenant bien entendu toutes place dans l’univers du Demi-Loup, je n’ai donc pas contenu ma joie : voilà qui allait rendre l’attente un peu plus supportable. C’est donc avec délice que j’ai renoué avec la plume de l’auteure : Chloé Chevalier nous offre ici quatre textes à la sensibilité marquée, empreints d’une poésie indéniable. Quatre tout petits textes, d’ailleurs : c’est une vraie mise en bouche qui nous est livrée, un savoureux petit entremet en attendant la suite. Car, si je n’en ai fait qu’une bouchée, j’ai tout de même pris le temps de les apprécier : Fleurs au creux des ruines esquisse le passé tumultueux du Demi-Loup, les quatre textes ici présents se situant tous à une époque différente des autres. Sur un ton souvent mélancolique, parfois caustique, mais toujours juste, l’auteure nous conte l’Histoire de cette Terre qui deviendra le royaume que nous connaissons bien. Oh, n’espérez pas que je vous décrive en long, en large et en travers ces quatre textes ! Ils sont bien trop courts pour que je vous en dévoile quoi que ce soit, si ce n’est, qu’une fois encore, l’auteure fait preuve d’un grand talent : en quelques lignes à peine, elle insuffle une force incroyable à son propos. Ses personnages deviennent tangibles (je pense notamment aux nouvelles « L’Art ou la Viande » et « La Tour sous le Gris » qui m’ont peut-être encore davantage plu que les deux autres), ses descriptions font naitre sous nos yeux des paysages plus vrais que nature. Des nouvelles, certes, mais des nouvelles qui ont tôt fait de nous emporter avec elles, loin, très loin. Et puis, cette façon si subtile qu’elle a de relier les textes les uns aux autres ! De donner une unité à son recueil, sans en faire trop ! Bref, c’est magistral, une fois encore. Et cela ne laisse présager que le meilleur pour juin prochain…

En bref, un recueil de nouvelles fascinant, qui nous plonge plus avant dans l’Histoire du Demi-Loup : les textes sont courts, et vont droit au but. Pour autant, ils n’en perdent ni en force, ni en sensibilité : c’est une porte ouverte sur une autre monde que nous tenons entre nos mains, une porte qui nous ne laisse d’autre choix que de la franchir. A lire, pour la beauté des mots, la subtilité des textes et le talent de l’auteure !

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Coup de cœur !

La voix du sang, Anthony Ryan (Blood Song #1)

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Traduit par Maxime Le Dain
Couverture par Didier Graffet

L’histoire : Vaelin Al Sorna, héros légendaire du Royaume Unifié, accomplit son dernier voyage. Sur le navire qui l’emmène vers sa condamnation, il raconte enfin son histoire…
Fils du célèbre Seigneur de Guerre, élevé au sein du Sixième Ordre, le jeune homme est confronté dès l’enfance au quotidien rude d’un combattant de la Foi. Entre les maitres sans pitié et les épreuves initiatiques mortelle, il se liera à vie à ses frères d’armes et à celle qu’il n’a pas le droit d’approcher. Guerrier redoutable, général hors pair, le destin de Vaelin dépassera les frontières et fera de lui à la fois un héros et un traitre.

Mon avis : UNE CHRONIQUE ! Incroyable, mais vrai : si vous lisez ces mots, c’est que nous sommes enfin sortis de notre retraite forcée, que la lumière éclatante d’internet a de nouveau sa place dans nos vies. C’est que cela m’a manqué (euphémisme !), de ne pouvoir vous parler de mes lectures ! Ceci dit, vous n’avez pas loupé grand chose : mis à part Blood Song… Je n’ai rien lu. Par manque de temps, mais aussi par la faute d’une vilaine panne de lecture dans laquelle j’ai bien cru m’enliser indéfiniment. Et sans l’aide de Sir Ryan, peut-être aurait-ce été le cas : fort heureusement, il est tombé à pic. 
Dire que ce roman (premier roman, qui plus est !) m’a enchantée serait bien faible, en comparaison des sensations qu’il m’a procuré : Blood Song m’a pour le moins envoûtée. Captivée. Charmée. Hypnotisée, même. De bout en bout, j’ai été fascinée par une intrigue aussi riche que sombre, aussi bien menée haletante. Là où un simple élan de curiosité m’avait poussée à l’ouvrir, c’est une véritable frénésie qui m’a enjoint de le continuer. Et de le finir, au bout milieu d’une nuit agitée, à la faveur de quelque insomnie tombant à pic. Comme souvent quand un auteur réussi à m’emporter purement et simplement dans son imaginaire, j’ai senti mon coeur s’emballer follement, mon souffle devenir de plus en plus court. Rien n’aurait, pourtant laissé présager une telle tempête : ma lecture a débuté parfaitement normalement, peut-être même un peu mollement. Cette façon d’annoncer la fin de l’action dès les premières pages, un univers ne semblant pas détonné de ce que l’on peut lire habituellement… Je m’attendais à une bonne lecture, certes, la plume de l’auteur m’étant particulièrement agréable, et son caractère évocateur n’étant pas pour me déplaire. Mais… Rien de plus. Et pourtant… Aujourd’hui, je vous le dis : c’est un nouveau coup de cœur que je vous présente, un premier tome qui me laisse sur les charbons ardents, mettant terriblement à mal ma décision de ne pas acheter de livres d’ici la fin de l’année. Mais comment résister à la suite, quand celle-ci s’affiche sans honte sur les rayonnages de mon lieu de travail ? Une épreuve m’attend, les amis, et je doute d’en sortir victorieuse.
Comme je vous le disais, Blood Song commence par la fin : le narrateur est alors un scribe chargé d’escorter un criminel de guerre vers le lieu de son jugement. Tueur d’Espoir, ainsi est-il nommé, présenté sous les traits d’une immonde brute avide de sang. Quelle n’est donc pas notre surprise quand à la faveur du récit de sa vie, nous rencontrons… Un enfant. Un enfant abandonné par son père, alors trop occupé -semble-t-il- par les vicissitudes de la guerre pour se charger de l’éducation de son Héritier, préférant le confier au sixième Ordre de la Foi, ces guerriers implacables luttant pour la généralisation de leurs croyances à travers le monde. Au milieu de ses frères d’armes, il devra apprendre et endosser le rôle qu’on lui destine… Ou mourir.
MAIIIIS ! En vrai, vrai de vrai, il va me falloir rapidement la suite. Parce que ce premier tome, là, il est déjà SUPER passionnant, alors qu’il ne fait « que » raconter l’enfance et l’adolescence de Vaelin. Ce qui est, en soi, terrible : j’ai été totalement captivée par le récit de cette enfance meurtrie, amputée. Le Sixième Ordre, compagnie rassemblant des frères guerriers là où d’autres préfèrent former des guérisseurs ou des érudits, ne les ménage absolument pas, lui et ses six compagnons : on ne peut manquer d’être parfois horrifiés devant le sort qui leur est réservé. Bien que nous connaissions l’issue du roman avant même de l’avoir terminé, on ne peut s’empêcher de frémir à l’idée que ce qu’il pourrait lui, leur arriver. Car si l’on s’attache beaucoup à Vaelin (qu’il est loin, l’impitoyable bourreau présenté dans les premières pages !), il en va de même pour ses compagnons : Nortah, Caenis, Dentos, Frentis, Barkus… Bien qu’Anthony Ryan ne soit pas de ces auteurs qui s’attarde beaucoup sur la psychologie de ces personnages, il n’en arrive pas moins à en croquer des portraits saisissants, réalistes : tout le temps qu’a duré ma lecture, il ne m’a fallu que quelques lignes pour me replonger dans le récit, et les voir ainsi apparaitre à mes côtés. Malgré tout, on ne peut oublier ce prologue nous présentant notre personnage principal sous un tout autre jour que ce que les premiers chapitres nous laissent entrevoir : comment a-t-il pu en arriver là ? Notre curiosité étant ainsi éveillée, ne manquait plus qu’une intrigue retorse mais non moins prenante pour l’attiser de plus en plus. Et cela, croyez-moi, l’auteur y arrive parfaitement : à mesure que le récit avance, on comprend que la trame de l’histoire est bien plus vaste que ce l’on avait pu croire de prime abord. Une foule de personnages secondaires intervient alors, impactant l’intrigue sur de multiples niveaux : les bouleversements immédiats, ayant menacé mon cœur d’arrêts cardiaques, et ceux à plus longs termes : l’auteur essaime de multiples indices, s’ouvre d’innombrables pistes que l’on espère emprunter dans les deux prochains opus. L’action s’élargit, rayonnant toujours autour de Vaelin mais ne se concentrant plus son son destin seul, mêlant passé, présent et futur. C’est l’Histoire d’une nation qui nous passionne désormais, l’Histoire d’une religion, aussi, de ses travers et écarts. Anthony Ryan parvient sans mal à donner un souffle épique à ses mots, et nous… Nous, nous embarquons aux côtés de ces guerriers bien trop jeunes pour les voir se tailler un destin à coups d’épées. 

Côté univers, enfin… De multiples questions se posent, et nous n’aspirons qu’à une chose : avoir des réponses, et vite. Le cadre du roman n’est pas, comme je vous le disais, d’une originalité folle… Mais après tout, cela nous importe peu. L’auteur réussi parfaitement à s’approprier les codes du genre pour nous offrir sur un plateau un univers pouvant nous paraitre familier, mais avec une Histoire, des règles, des codes qui lui sont propres. J’ai particulièrement aimé cette aura de mystère entourant la Ténèbre, et le peu d’informations que l’on parvient à glaner : on sent, confusément, que l’auteur se réserve pour la suite, nous préparant un petit tour bien à lui. 
En somme… J’ai adoré. De bout en bout, des personnages à l’intrigue, de la plume au background, j’ai adoré ce roman qui se lit avec une facilité déconcertante. Très honnêtement, je n’étais pas certaine qu’il ne subirait pas, lui aussi, l’impact dévastateur de ma panne de lecture, pensant presque le reposer au bout d’une centaine de pages. Finalement… C’est tout le contraire qui s’est produit, et je n’espère désormais qu’une chose : que la suite soit à la hauteur !

En bref, un premier tome qui m’a terriblement plu : du début à la fin, j’ai été happée par une intrigue riche en rebondissements et en surprises, à la fois bien pensée et très bien menée. On suit avec passion les traces d’un personnage principal parfaitement campé, pour lequel on ne cesse de trembler… A QUAND LA SUITE ?!

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Coup de cœur !