Les loups chantants, Aurélie Wellenstein – « Dans la neige immaculée de la Sibérie »…

Couverture par Aurélien Police

L’histoire : Yuri appartient à un clan d’éleveurs de rennes. Il vit dans un village entouré par un perpétuel blizzard. Il y a un an, son amour, Asya, a disparu dans la tempête, attirée par les hurlements hypnotiques des loups chantants. Bien que tout le monde la croie morte, le garçon espère qu’elle soit toujours en vie, quelque part, de l’autre côté du blizzard. Un jour, la soeur de Yuri, Kira, contracte un mal étrange : son corps se couvre de glace. Pour le chaman du clan, la jeune fille est maudite par le dieu de l’hiver ; elle est bannie, et condamnée à s’enfoncer seule dans le blizzard. Mais une amie, Anastasia, rejette farouchement ce verdict surnaturel. Selon elle, il s’agit d’une maladie soignable à la capitale, par la chirurgie. Déterminés à tout tenter pour sauver Kira, Yuri et Anastasia prennent leurs traîneaux à chiens pour emmener la jeune malade à la capitale. Mais aussitôt partis à travers le blizzard, les loups les prennent en chasse.

Mon avis : … Cela fait des mois que ce roman me faisait envie. Depuis mai dernier en fait, lors des Imaginales, quand j’en ai entendu parler pour la première fois. Et puis, vous savez ce que c’est : l’occasion ne s’est pas présentée, le temps a passé… Bref. Mais quand il a fallu faire une petite liste de livres qui me feraient potentiellement très (très très très) plaisir pour mon anniversaire, c’est tout naturellement qu’il s’est rappelé à moi. Il ne fallait dès lors plus que la chronique de Joyeux Drille pour me persuader de ne pas le laisser trainer trop longtemps dans ma PAL…
Yuri vit avec sa sœur, Kira, au cœur d’un village perdu de Sibérie. Entouré d’un Blizzard impénétrable durant tout l’Hiver, celui-ci est comme coupé du monde : seule rôde aux alentours une meute de loups aux pouvoirs psychiques dévastateurs… La même meute ayant emportée la compagne de Yuri un an auparavant. Alors que le jeune homme peine encore à faire son deuil, le sort semble de nouveau s’acharner sur lui : Kira tombe subitement malade, atteinte d’un mal des plus étranges : sa peau se recouvre peu à peu de glace. Impuissant, le chaman du village la déclare condamnée et les somme de partir. Accompagnés d’Anastasia, leur amie infirmière, Yuri et Kira vont se lancer sur les pistes pour gagner la grande ville et espérer, ainsi, trouver un remède. Mais en quittant l’abri relatif de leur foyer, nos trois compagnons se mettent à la merci des loups… Voire pire.
Brrrr… J’en ai encore des frissons ! Après avoir passé deux jours en pleine toundra, je peux vous dire une chose : ce roman est certes court, mais non moins percutant. Hypnotique, même, à l’image de la superbe couverture réalisée par Aurélien Police : bien que mon rythme de lecture soit relativement lent ces derniers temps, je n’ai pu m’empêcher d’en dévorer les lignes. Et je sens, maintenant que l’heure est venue de vous en parler, qu’il me sera difficile de vous offrir quelque chose de construit : j’ai été tout à fait bouleversée par ce récit. Profondément marquée par son atmosphère délicieusement sombre, qui s’est emparée de moi aussi sûrement que rapidement. Envoûtée par ces paysages incroyables, à la beauté aussi indéniable que dangereuse…
Ouvrir Les Loups Chantants, c’est plonger dans un univers immaculé. Un univers proche (si proche !) du notre, et pourtant totalement différent. Un univers où la science n’a pas sa place, et laisse le pas aux croyances anciennes, où magie brute et pratiques occultes règnent sans partage. Le début du roman ne nous laisse guère de répit : entre la découverte de la maladie de Kira, leur bannissement du camp et le début de leur voyage ne s’écoulent que quelques pages, par ailleurs cruciales : Aurélie Wellenstein donne le ton de son récit dès les premières lignes., nous faisant comprendre qu’elle ne donnera ni dans la complaisance de façade, ni dans la surenchère inutile. Le rythme ralentit ensuite, épousant parfaitement l’intrigue : nos trois héros se lancent alors sur les chemins enneigés de Sibérie, avec pour seule compagnie leurs chiens de traineaux… C’est simple : l’auteure nous plonge si bien dans son roman que nous entendons presque les patins crisser sur la neige, le vent souffler à nos oreilles et le halètement tendu de la meute. Plus l’on avance dans notre lecture, et plus l’atmosphère devient oppressante, plus cette sensation d’inéluctabilité devient prégnante : la présence des loups se fait de plus en plus menaçante, de plus en plus perturbante. J’en suis venue à me demander si tout cela n’était pas un rêve, une manipulation de la psyché de Yuri par les loups… Depuis le début. Si le roman n’était pas rose jusqu’ici, la tension laisse peu à peu le pas à l’horreur : sans jamais en faire trop, l’auteure arrive parfaitement à instiller une aura terrible à son récit, nous donnant des sueurs froides incroyables. Une scène, notamment, m’a beaucoup marquée : nos trois héros se sont abrités au cœur d’une église, au sein d’un village fantôme. Je ne vous en dirai rien d’autre, mais voilà : cela finit en bain de sang. Et jamais, jamais l’auteure ne donne dans le gore ou les détails sanglants. Tout est suggéré à demi mot et… Que c’est puissant ! J’ai passé cette scène dans un état de semi-conscience, moi-même plongée au cœur du charnier. Une chose est certaine : la plume d’Aurélie Wellenstein m’a soufflée. Vraiment.
On lit, donc, et l’on ne peut qu’admirer la profondeur que l’auteure a su donner à son récit. S’en dégage des thèmes forts, qu’elle a su traiter avec doigté et justesse : le deuil, bien sûr, à travers la figure de Yuri (se lance-t-il dans ce voyage pour guérir ou, au contraire… ? Il y a de quoi s’interroger), mais également la question de la bestialité, cette figure mi-homme mi-bête (les loups ne sont jamais décrits comme tels, mais davantage comme des bêtes hybrides, telles des sirènes du grand Nord), et cette opposition entre croyances ancestrales et science, passé et futur… Et le poids, justement, de cette magie que l’on voudrait parfois réduire à de simples superstitions. J’ai d’ailleurs vu dans la fin un petit clin d’oeil à Cernunnos, Dieu gaulois coiffé de bois ‘_’
Vous l’aurez donc compris (du moins, je l’espère !), ce roman m’a tout bonnement passionnée. J’en ressors à contrecœur, mais surtout admirative du travail de cette auteure que je ne connaissais jusqu’à présent pas. Fort heureusement… Le Roi des Fauves est là !

En bref, coup de cœur (encore !) pour ce one-shot à la force incroyable. En instillant à son récit une inéluctabilité qui nous horrifie, Aurélie Wellenstein capte notre attention et ne la lâche plus : sa plume est magique, et son sens de l’intrigue admirable. A LIRE !


Coup de coeur !

La part des ombres, Gabriel Katz

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Couverture réalisée par (mon illu tire beaucoup trop sur le bleu, elle est bien plus belle en vrai !) Aurélien Police

L’histoire : La Goranie était jadis une terre de conquérants, elle n’est plus aujourd’hui qu’un pays occupé, avec à sa tête un roi fantoche. Dix ans déjà que les Traceurs, peuple guerrier descendu des montagnes pour « pacifier » le pays, règnent en maîtres sur le royaume. Discipline, terreur, corruption, tout semble fonctionner sans le moindre accroc jusqu’au jour où tout bascule. Une noce qui tourne au drame, un massacre tenu secret… et un homme qui se dit revenu d’entre les morts, pour lever le peuple contre l’occupant. On l’appelle le Fantôme, et pour animer la lame de fond qui renversera le régime, il a besoin de combattants – des mercenaires de haut niveau, capables d’encadrer, de former, et d’affronter les terribles guerriers de la Trace. C’est ainsi qu’entrent en scène trois personnages venus des quatre coins du monde (et surtout des autres séries de Gabriel Katz) : une maîtresse de guerre, un gladiateur de haute volée et… un beau gosse qui ne sait pas très bien comment il s’est fait entraîner là-dedans.

Mon avis : … Tiens tiens tiens… Un nouveau roman signé Gabriel Katz… MÉFIANCE, BRAVES GENS, MÉFIANCE ! Même si je n’ai évidemment pas pu m’empêcher de baver sur ce petit bijou dès sa sortie – et c’est grâce à ma Sae chérie qu’il est entré dans ma PAL, gloire à elle -, j’ai bien pris soin de museler mes sentiments, bien décidée que j’étais à ne pas me laisser avoir encore une fois. C’est donc le cœur résolu que je l’ai commencé…

Et l’esprit fou que je l’ai terminé : mais pourquoi ?! POURQUOI ?! POUR-QUOI ?!!!

Alors oui, il est topissime. Encore une fois, si j’ose dire. A un point tel que cela en serait cruel même si l’auteur n’était pas aussi sadique. Parce qu’on en veut plus, quoi ! ON VEUT LA SUITE ! Gabriel Katz a une plume si immersive, si agréable à lire que l’on se plonge dans son roman comme l’on se glisserait dans une piscine remplie de fraises tagada : avec délectation. Moi qui continue à avoir un peu de mal à lire, j’ai dévoré ces trois cents pages en un après-midi. Reléguant mari, fils et lapins au fin fond de mon esprit (ils commencent à avoir l’habitude, malheureux qu’ils sont), toute accaparée que j’étais par cette intrigue pour le moins irrésistible…
Irrésistible, pour deux raisons -majeures : Desmeon et Olen. OUAISOUAIS Mesdames, vous avez bien lu. Les deux beaux gosses de service, respectivement rencontrés dans Aeternia et Le puits des mémoires sont ici réunis… Et ça envoie du pâté. D’une, parce que l’auteur réussi une nouvelle fois à donner un mordant incroyable à son récit, et que l’on ressort de là avec une pêche incroyable et un sourire de dix mètres (ça, ou… Dans mon cas, des larmes de frustration dans les yeux et le visage congestionné) de long. De deux, parce que l’intrigue est MERVEILLEUSE. Vous l’aurez compris, nous retrouvons deux de ses précédents héros… Ou plutôt trois : Kaelyn (La maitresse de guerre) est elle aussi présente, mais n’ayant encore jamais eu affaire à elle, le côté affectueux était un peu moins vif. Nos héros vont se retrouver, donc, au cœur même de la Goranie, un royaume vivant sous la coupe d’un envahisseur brutal et implacable : les Traceurs. Alors qu’une révolte gronde, avec à sa tête une légende des plus inquiétantes, nos trois héros vont s’y retrouver mêlés… Arrivés là on ne sait comment, et pourtant bel et bien présents. Et ça… Ça, J’ADORE. J’adore, parce que pour les lecteurs ayant déjà dévoré ses précédents romans, c’est juste un régal de retrouver ces personnages auxquels on s’est tant attaché. Une véritable petite douceur que l’on voudrait déguster, mais dont on ne fait qu’une bouchée. Et pour les néophytes, et bien… Pas de panique : Gabriel Katz réussi parfaitement son coup en rendant son roman tout à fait accessible aux lecteurs n’ayant pas lu ses autres séries. Ceci dit… si c’est votre cas, méfiez-vous : je gage que vous voudrez dans l’instant en apprendre plus sur eux, et craquerez pour la bibliographie complète de l’auteur le plus cruel du monde. ET JE PÈSE MES MOTS. Pour ma part, c’est déjà tout vu : je m’en vais de ce pas m’attaquer à La maitresse de guerre, parce que… Les garçons, ok, mais Kaelyn, quoi. Kaelyn qui dénote dans cette galerie majoritairement masculine, et qui me semble mystérieuse à souhait :3 Pourtant, ce n’était pas forcément gagné : durant les premiers chapitres, mon attention (et mon cœur, faut-il le préciser ?) était toute accaparée par ses deux collègues, toute ravie que j’étais de les retrouver. Et puis… Et puis, voilà : elle tellement badass, cette maitresse de guerre, que je n’ai pu m’empêcher d’être béate d’admiration. Et de vouloir en savoir plus, évidemment… (Et là, je bénis les Imaginales et l’élan qui m’a poussée à ramener ledit bouquin dans mes valises ❤️)
Une fois les premiers sautillements de joie passés (vrai de vrai, je me suis trémoussée d’aise en comprenant ce que le bougre avait fait), on se concentre donc sur l’intrigue. L’INTRIGUE ! Que voulez-vous que je vous dise ? Qu’il gère, encore une fois ? Que je ne suis sans doute plus objective, tant j’aime l’univers qu’il a créé, mais qu’il a de nouveau réussi à me captiver de bout en bout ? A me faire frémir, rager, trépigner ? Qu’il m’a poussée à attraper Chéri et à le secouer comme un prunier, en lui hurlant dans l’oreille : « IL FAUT QUE TU LISES SES LIIIIIIIIIIVRES » ? Que sa fin m’est tombée telle une massue sur le crâne, me laissant à demi étourdie mais plus que jamais décidée à lui passer la corde au cou ? Et oui, tout ça. Touuuut ça. Et tellement, tellement plus encore ! Quelles possibilités s’est-il offert, avec cet univers ! Quels chemins prometteurs nous laisse-t-il entrevoir ! Avec son imagination débridée et sa plume virevoltante, Gabriel Katz fait, tout simplement, ce qu’il veut de son lecteur. C’est bon, archi-bon, et on se laisse volontiers emporter au gré de ses caprices. Que nous réserve-t-il pour la suite ? Quel sale tour est-il en train d’imaginer, quel rebondissement retors va-t-il nous concocter, pour nous mettre une nouvelle fois au supplice ? Franchement, je n’en ai aucune idée… Et ça me va très bien ainsi : je lui fais entièrement confiance. Ce sera atroce, sans aucun doute. Mais excellent, comme toujours !

En bref, L-I-S-E-Z L-E. Est-ce clair ? COUP DE CŒUR !

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Coup de cœur !

L’envers du monde, Gabriel Katz (Aeternia #2)

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Premier tome : La marche du Prophète

L’histoire : C’est l’heure du duel décisif entre les deux camps qui s’entre-déchirent pour la cité mère de Kyrenia. Deux champions vont s’affronter sur le sable de l’arène, un combat qui peut faire basculer le destin d’un peuple entier. Mais quelques heures à peine avant le coup de gong, le culte du Prophète a perdu son champion. Qui affrontera le Corbeau, redoutable gladiateur du Temple ? Déchirée par les luttes de pouvoir, la plus grande cité du monde est au bord de la guerre civile.
Le culte millénaire de la Grand déesse, menacé par celui d’Ochin qui se répand comme un raz-de-marée, n’a plus qu’un recours : la violence.

Mon avis : … Il a recommencé. C’est pas vrai, IL A RECOMMENCÉ ! Malgré des menaces de représailles toujours plus sérieuses, malgré (même !) le coup de livre infligé par ma chère Alli lors des Imaginales, Gabriel Katz a de nouveau frappé : ce deuxième tome monte encore d’un cran dans le sadisme sans borne dont il aime décidément faire usage. Le bougre ! C’est qu’il sait bien faire le repenti, on y croirait presque. Presque, j’ai dit : en commençant L’envers du monde, une petite partie de moi-même s’attendait bel et bien à un coup tordu. Un, ou même deux. Mais, si je vous dis que… C’est le bouquin COMPLET qui est tordu, vous me croyez ?!
Soyons clairs, si j’ai réussi à le lire en moins de deux jours, malgré la présence quelque peu accaparante d’un bébé de deux semaines, c’est qu’il envoie carrément du pâté, pour ne pas dire autre chose. C’est simple : en reprenant pile là où le premier tome se terminait (et quelle fin… *borborygme étouffé*), il capture notre attention en quelques lignes. Une page à peine, et nous voilà ferrés ! Et le ballet ne tarde pas à commencer : rebondissements, révélations et contre-révélations… L’action ne connait pas un seul instant de répit, et notre petit cœur non plus : pour la lecture sereine et reposante, on repassera.
Mais… Bon Dieu, qu’est-ce que c’est bon ! J’ai pris mon pied avec ce second opus, peut-être même davantage qu’avec le premier… Ce qui n’est pas peu dire, vu le coup de cœur de folie que j’avais eu pour lui. C’est qu’il va finir par me faire assumer au grand jour mon petit côté maso ! Il faut dire que l’auteur met sur la table un argument de poids. Un argument des plus séduisants, et au sens de l’orientation déplorable. Un argument qui m’a une fois de plus fait éclater de rire tout au long du récit, provoquant moult sourires chez Bout d’chou, qui écoutait en ouvrant de grands yeux sa maman lui faire la lecture (en parlant de ça… Certaines scènes ne sont pas spécialement adaptées aux nouveaux-nés. Je dis ça, je dis rien). Cet argument, donc, (c’est fou ce que je me perds, dans cette chronique !) tient tout entier dans la personne de Desmeon. Le truculent, charmant, chenapan, Don Juan… Desmeon. Si l’on prenait plaisir à découvrir notre danseuse dans le premier tome, le second la révèle dans toute sa splendeur : ce personnage est tout simplement magique. Il donne un pep’s incroyable au roman, cette petite touche absolument irrésistible qui fait tout. Évidemment, les autres personnages ne sont pas en reste : entre Synden la frondeuse au grand cœur, Varian qui est balloté en tout sens par ses nouvelles responsabilités, Nessirya la… Hum, bref, l’auteur nous offre une jolie galerie de portraits croqués avec talent, rendant plus vrai que nature ce récit déjà profondément immersif. On ne lit pas, on vit ! Et avec passion, s’il vous plait : Gabriel Katz excelle à déchainer en nous les sentiments les plus contraires, nous faisant passer d’un extrême à l’autre en un rien de temps : félicité intense, désespoir profond, incrédulité totale, colère noire… Oui, j’ai une nouvelle fois ragé, trépigné, grogné de frustration. J’ai de nouveau eu envie d’assener une bonne tape bien sentie à ce fourbe de Gabriel, qui ne perd décidément rien pour attendre. C’est qu’il semble particulièrement décidé à ne rien nous épargner ! Oh, que je l’imagine bien, ricanant à qui mieux-mieux derrière ses brouillons, en imaginant les futures mines affligées de ses lecteurs !
Quoi qu’il en soit, je peux difficilement lui en vouloir : tout sonne si juste, l’intrigue est si bien ficelée et le récit si passionnant que j’accepte de bon cœur de lui pardonner les misères qu’il fait subir à ses personnages – et à nous, par procuration. Et encore, je ne vous parle pas de la fin du roman, qui m’a laissée sur les fesses. Oh, il y avait bien des indices, assez repérables après coup ! Mais j’étais tellement dedans que… Je n’ai RIEN vu venir. Et PAF, dans ta tête !!
Si le premier tome flirtait avec l’excellence, celui-ci y plonge donc carrément… et confirme bien ce que je pressentais avec Le puits des mémoires : nous voilà face à une étoile montante de la fantasy française, une étoile qui n’a pas fini d’illuminer le firmament de nos lectures…

En bref, un deuxième tome en tout point parfait : on rit, on pleure, on hurle, on grogne… Et, surtout, on savoure : Gabriel Katz clôture en beauté un diptyque simplement succulent, que je ne peux que vous recommander. Amateurs de fantasy, de bons mots et d’intrigues de haut vol, ne boudez pas plus longtemps votre plaisir : Aeternia est fait pour vous !

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La marche du prophète, Gabriel Katz (Aeternia #1) – Ou comment tuer son lecteur en deux lignes.

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L’histoire : Un gladiateur se retire invaincu après vingt ans d’arènes pour s’installer avec sa petite famille dans la plus grande cité du monde. Kyrenia, la ville mère, la cité du savoir… Mais il va croiser la route d’un culte itinérant, une colonne composée de milliers de fidèles qui serpente sur les routes, et cette rencontre va bouleverser ses plans de paisible retraite. Prônant l’égalité des chances devant le destin, ce culte au dieu unique dérange celui de la Grande déesse, qui règne depuis des siècles sur les Terres communes.
Sous son vernis de civilisation, Kyrenia va dévoiler ses zones d’ombre…

Mon avis : BON. Soyez prévenus : cette chronique va rapidement tourner au règlement de comptes, je le sens. D’ailleurs, on va commencer par ça ! Aloooors, M’sieur Katz… Il me semble encore vous entendre quand vous me disiez, au salon de Montreuil, que vous et les cliffhangers… Que pour le lecteur, c’était pas très sympa, quoi. Que vous évitiez, parce que vous étiez quelqu’un de bien.

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VOUS AVEZ DÉCIDÉ DE PASSER DU CÔTÉ OBSCUR DE LA FORCE, OU BIEN ?!

{…}

Bon, je me calme. Mais comprenez que j’ai passé la nuit à me tourner et à me retourner dans mon lit, revivant cette ultime scène encore et encore, une petite musique grinçante en arrière fond. Sincèrement, j’ai beau me creuser la tête, je ne crois pas avoir vécu de frustration aussi grande depuis… DEPUIS RIEN ! Enfin, zut quoi. Bien sûr que quand on attaque le premier tome d’une série qui n’est pas terminée, on sait que l’attente sera dure. Mais, tout au fond de nous, on espère que l’auteur aura la gentillesse de clore son récit assez sereinement. Et, généralement, c’est le cas. Oui, tous les auteurs ne sont pas sadiques comme vous, Monsieur Katz ! (Oups, j’avais dit que j’arrêtais. Pardon.) Ou comme votre copain Oliver Peru, tiens, avec le deuxième tome de Martyrs !!!! Et encore, vous êtes plus cruel, pour le coup. C’est presque inhumain, ce que vous avez fait, là. Et si je dis presque, c’est bien pour ne pas vous faire trop de peine.
ENFIN. Passons.
Si cette fin est aussi… atroce, c’est bien évidemment parce que rien, RIEN dans le récit ne nous avait préparé à une telle éventualité. Rien. Je suis complètement tombée des nues, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte et le coeur battant la chamade. Pour un peu, si Bébé avait été là depuis trois ou quatre mois de plus, je pense que j’en aurais eu des contractions toute la nuit (note aux femmes enceintes arrivées à terme : ce bouquin est un parfait moyen pour faire sortir le petit squatteur, j’en suis intimement convaincue).
La surprise, donc. La surprise totale, et cette pensée quasi immédiate « Mais non-non-non-non-non-non-non-non-non… Il ne va pas nous laisser comme ça, hein ? Il y a encore des pages cachées ? Un livret additionnel ? QUELQUE CHOSE ?! »
Mais si c’est aussi insupportable, c’est surtout parce que ce roman est une BOMBE ATOMIQUE. Premier coup de cœur de l’année (je ne compte pas le troisième tome de Kushiel, qui est en tout point exceptionnel, maiiis… Je vous en dirai plus dans sa chronique 😉 ), première claque, premiers trépignements, premiers tout, tout, tout. J’avais adoré la trilogie précédente de l’auteur, Le puits des mémoires. Vraiment, j’avais passé un moment fantastique. Mais, avec AeterniaGabriel Katz nous montre qu’il en a encore sous le coude. Et que, manifestement, il en a encore beaucoup, beaucoup. Ce premier tome (c’est un dyptique, cette fois-ci) est tout simplement PAR-FAIT. J’ai beau chercher la petite bête, impossible de trouver quoi que ce soit à redire. Impossible.
J’ai été littéralement bluffée. Oui, bluffée, parce que si Le puits des mémoires est excellent, Aeternia est un cran au-dessus. Un cran ? Dix crans, même. J’avais regretté certains passages un peu mous, faisant baisser l’intensité de l’intrigue. Ici, il n’y en a aucun : le récit est d’une richesse exemplaire, l’action parfaitement maitrisée… J’ai été fascinée de bout en bout. Fascinée par les personnages, qui sont extrêmement bien croqués, fascinée par l’intrigue, à la fois multiple, complexe, et terriblement prenante, fascinée par le ton du récit, parfois léger (j’ai ri, j’ai ri ! Qu’est ce que c’est bon ♥), parfois dramatique, et toujours tellement, tellement juste pour dénoncer tous ces travers liés aux religions, fascinée par tout ça, et bien plus encore. Il est juste entier, ce bouquin. Juste parfait, comme il faut, avec ce qu’il faut où il faut. C’est simple : je l’ai lu d’une traite ou presque, et maintenant que je l’ai terminé… Il me hante. Véritablement.

Voilà. J’avais peur de ne pas savoir quoi dire, dans cette chronique, et pourtant… J’ai déjà écrit un pâté. Alors oui, je parle essentiellement de mon ressenti, et reste très, très floue sur l’intrigue. Mais je ne veux surtout, surtout pas vous dévoiler quoi que ce soit : cette lecture passe bien trop vite pour que vous sachiez quoi que ce soit avant de la commencer. Sachez seulement que vous avez une petite pépite à portée de main, et qu’il serait très, très bête de passer à côté 😀 Quant à moi, c’est tout vu : je me servirai honteusement de mon gros ventre lors des Imaginales pour faire du chantage à Monsieur Katz. Qui sait, peut-être que le mal-être d’une femme enceinte le poussera à écrire plus vite la suite ?

En bref, Aeternia m’aura offert un moment d’exaltation pure et simple. Avant de me plonger dans les affres les plus terribles de la frustration, tant cette fin, cette fin… Ouuuuuh ! Sans doute possible, je vous présente donc mon premier coup de cœur pour l’année 2015, un petit joyau à dévorer sans plus attendre, une petite pépite qui saura vous convaincre. Qu’attendez-vous ?!

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Coup de cœur !!!

Les Terres de Cristal, Gabriel Katz (Le puits des mémoires #3)

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Tome 1 : La Traque
Tome 2 : Le fils de la Lune

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L’histoire : Au coeur de Woltan, tandis que se lèvent les premières tempêtes de neige, Nils, Karib et Olen luttent encore pour survivre. La menace du complot pèse plus que jamais, dans cet immense royaume où les assassins règnent en maîtres. Loin, très loin au nord, s’étendent les Terres de Cristal, dont les glaces éternelles dissimulent un terrible secret. Dans le luxe des palais où chacun pourrait être un traître, les fugitifs sans mémoire savent désormais qui ils sont.
Mais le danger n’en est que plus grand, car la vérité se rapproche…

Mon avis : La voici, la voilà… LA CONCLUSION !!! Après deux tomes de pur bonheur, deux tomes qui m’auront fait trépigner d’impatience, qui m’auront -presque- poussée à me rouler par terre de frustration, j’ai enfin eu les réponses à mes questions. Et quand je dis enfin… C’est ENFIN !
Le fils de la Lune se terminait sur un cliffangher de folie. Mais siiiiii, souvenez-vous : après avoir appris que Karib était en réalité le Doyen des mages, qu’Olen n’était rien de moins qu’un prince de Woltan… Nils se découvrait comme étant le véritable Fils de la Lune. Et Olen qui était empoisonné sur ces entrefaites ! Dans ces conditions, impossible de résister à l’appel du troisième tome, que je me suis empressée de commencer sitôt mes SP en cours terminés. Et, contrairement au deuxième opus, j’ai pu dévoré celui-ci comme je l’entendais… En quelques heures seulement, donc.
Si je devais vous en parler en mots clés, je vous dirais qu’il est à la fois exaltant, surprenant et intense. Qu’il mêle admirablement bien action, émotion et passion, offrant une fin tout simplement parfaite à cette trilogie qui m’aura décidément beaucoup, beaucoup plu. Suivre Nils, Karib et Olen dans leur quête pour la vérité m’a tout bonnement passionnée, et cette conclusion a comblé toutes mes attentes, les surpassant même régulièrement. Que l’auteur a su me faire ouvrir de grands yeux ronds, tant certaines de ces décisions m’ont prises au dépourvu (et tant mieux !)(même si j’avoue qu’à la toute fin, mon cœur s’est profondément serré de dépit… La midinette en moi a parlé !) J’étais ressortie follement enthousiaste de ma lecture du deuxième tome, et me voici à présent repue.
Repue, mais aussi nostalgique. Car lire -et finir- ce troisième tome, c’était surtout accepter de dire adieu à un univers qui m’a charmée, à des personnages qui m’ont définitivement conquise, accepter de tourner la dernière page d’une saga qui restera gravée dans mon petit cœur de lectrice. Même si… Même si ! Je ne serais pas étonnée si l’envie de m’y replonger (qui me tenaille d’ores et déjà) devenait trop forte dans les années à venir 🙂 Je n’attends désormais plus qu’une chose : me procurer le nouveau roman de M’sieur Katz, tout à fait prometteur ! C’est qu’il en a encore sous la manche…
Quoi qu’il en soit, si vous n’avez pas encore laissé une petite chance à cette trilogie, n’hésitez plus : Gabriel Katz nous prouve avec brio que la fantasy française n’a strictement rien à envier à son homologue anglo-saxonne. Ce sont des romans comme ceux-ci qui me font tant aimé ce genre, des romans comme ceux-ci qui ont fait de moi la lectrice acharnée que je suis aujourd’hui, des romans comme ceux-ci qui me font esquiver les réunions familiales pour bouquiner sous ma couette. Alors, qu’attendez-vous ? Vous recherchez une intrigue à la fois prenante et pleine de surprises, de personnages hauts en couleurs qui n’auront de cesse de vous faire sourire, un univers original et bien ficelé ? STOP ! Vous avez trouvé ♥

En bref, un véritable régal que ce dernier tome ! Il clôt à merveille une trilogie tout simplement géniale, qu’il me peine énormément de quitter. Qui pour une relecture ? 😀


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Coup de cœur !

Le fils de la lune, Gabriel Katz (Le puits des mémoires #2)

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Premier tome : La traque

L’histoire : Fuyant le royaume d’Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen s’embarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n’ont pas abandonné la traque… Pour les fugitifs sans mémoire, c’est l’heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu’à un fil.

Mon avis : Bon. Très bien, Monsieur Katz. Vous voulez jouer avec nos nerfs, dites-vous ? Vous voulez nous faire hurler de frustration, nous voir taper du pied, nous rouler par terre ? Cela vous fait rire, hein ? Pour un peu, je dirais que vous êtes sadique. Un tantinet, disons. Et que vous m’ayez prévenue au Salon de Montreuil ne change rien : c’est QUOI, cette FIN ?! Heureusement pour vous (et pour moi !), la suite se trouve déjà dans ma PAL. Autant vous dire qu’elle ne va pas y rester longtemps. Oh que non…
Bref. Pardonnez-moi mes biquets, il fallait mettre les choses au point. C’est que, ce deuxième tome… C’EST D’LA BOMBE ! Enfin, excusez-moi du peu, hein, mais franchement… A-t-on idée ? A-t-on idée de faire un premier tome vachement cool, bien écrit et bien pensé, original et tout le toutim… Et d’en écrire un deuxième encore meilleur ? Plus prenant ? Plus… Plus tout ? C’est bien ce que je disais ! C’est pas humain. Du tout.
Le premier tome se terminait assez abruptement. Pas de cliffhanger, mais nos héros étaient quand même dans la panade. Souvenez-vous {SPOILER ALERT} : traqués dans tout le royaume d’Helion, ils décidaient de prendre la poudre d’escampette et de se jeter directement dans la gueule du loup, en plein cœur de Woltan. Quoi de mieux, en effet, que de se rendre sur les lieux du méfait qui leur est reproché, pour tenter de retrouver pleinement leur mémoire ? Ce deuxième opus se déroule donc dans le grand Nord, nos héros tentant toujours de renouer avec leur passé. Et la tâche s’avère ardue… Et surtout pleine de surprises. {Fin du spoiler}
Et oui. Si vous êtes avides de retournements de situation, de rebondissements et de révélations en tout genre, Le fils de la lune est fait pour vous : contrairement au premier tome qui m’avait parfois donné l’impression de tourner un petit peu en rond, celui-ci m’a captivée de bout en bout. On va de surprise en surprise, de haussement de sourcils en exclamations étouffées. C’est que l’auteur met carrément le paquet ! Nils, Karib et Olen avancent à grands pas sur le chemin qui leur fera recouvrer la mémoire, et nos trois gaillards ne sont pas au bout de leur peine : ce qu’ils prenaient pour acquis va être totalement bouleversé, leurs convictions seront complètement remises en question. Gabriel Katz redistribue ici complètement les cartes, et l’on ne sait plus sur quel pied danser : le roman ne cesse de gagner en intensité, jusqu’à l’apothéose finale qui nous laisse complètement ébahis. Mais que nous réserve le troisième tome ?!
Comprenez-moi bien : ne vous lancez PAS dans la lecture du Fils de la lune sans avoir Les Terres de Cristal sous la main. Vous ne résisteriez pas au choc, et serez contraints d’aller racketter un libraire pour avoir la suite dans les plus brefs délais. Pour ma part, je compte bien m’y plonger dès que j’en aurai terminé avec mes deux lectures en cours :3 Nils, Karib, Olen… Vous n’aurez bientôt plus de secrets pour moi ! Mouhaha.
Vous l’aurez compris, j’ai passé un EXCELLENT moment avec ce deuxième tome. Si je ne l’ai pas lu plus rapidement, c’est bien parce que je n’en ai pas eu le temps ! Le fils de la lune se dévore, le récit étant extrêmement prenant. Et la plume de Garbiel Katz toujours aussi immersive, toujours aussi agréable ! J’ai retrouvé avec grand plaisir la verve de nos trois compagnons, et plus de plaisir encore leurs chamailleries, taquineries et consort. Monsieur Katz nous offre donc un vrai bon moment de lecture, un récit d’une qualité littéraire indéniable, parfaitement maitrisé et justement dosé. Ce deuxième tome gagne en profondeur là où le premier se contentait de rester en surface, pour notre plus grande joie. Et, devinez quoi ? ON EN REDEMANDE !

En bref, un deuxième opus qui a largement comblé mes attentes, bonifiant encore davantage les points qui m’avait séduite dans le premier. Un régal !

On en redemande
On en redemande !

La traque, Gabriel Katz (Le puits des mémoires #1)

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L’histoire : Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot pénitentiaire accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

Mon avis : Que je l’attendais, ce moment où, enfin, je pourrais me plonger dans ce premier tome sur lequel la blogo ne tarit par d’éloges ! Maintenant que c’est fait, je peux comprendre pourquoi il suscite autant d’enthousiasme : Gabriel Katz a faire fort, pour un premier roman. Si quelques petits points m’ont tout de même gênée, j’ai passé un très agréable moment, qu’il me tarde de poursuivre 🙂
Nils, Olen et Karib ne se souviennent de rien. Lorsqu’ils émergent des débris d’un convoi les transportant Dieu sait-où, ils ignorent tout d’eux-mêmes, de leur nom aux raisons qui les ont amenés ici. Rapidement, ils vont comprendre qu’ils sont recherchés : tout le royaume est sur le pied de guerre, une prime de cent mille écus étant offerte à qui ramènera les fugitifs. Qu’ont-ils fait, pour susciter ainsi le courroux du Fils de la Lune, cet homme mystérieux venu du nord et sur le compte de qui courent les pires rumeurs ? Les trois hommes doivent se mettre en quête de la vérité, et vite : il semblerait que le nordiste soit prêt à tout pour les retrouver. Y compris mettre le royaume à feu et à sang, et à déchainer le courroux des enfers…
Comme je vous le disais, j’étais plus que bien disposée à l’égard de ce roman, avant même de le commencer. De la fantasy, un univers en apparence complexe, une intrigue originale… Logiquement, tout était là pour me faire passer un bon moment. Et cela s’est rapidement vérifié : je n’ai pas mis très longtemps avant de me plonger corps et âme dans la narration. Il faut dire que j’ai trouvé le postulat de départ adopté par l’auteur particulièrement intéressant : des héros amnésiques, partant en quête de leur passé.
Il parait que c’est une figure assez récurrente en fantasy. Je ne sais pas vous mais, pour moi, c’était totalement nouveau. Au début, j’ai trouvé ça risqué : autant un récit qui noie son lecteur sous une montagne d’informations peut très vite devenir lassant, autant une absence totale d’informations peut faire paraitre le roman singulièrement vide. Or, force est de constater que Gabriel Katz s’en sort très bien : les informations sont délivrées au compte-goutte, certes, mais il y a bel et bien de la matière à travailler. On se prend vite d’intérêt pour cette quête en apparence insoluble, une quête qui va rapidement adopté un petit côté « initiatique » : comme il en est fait mention au début du récit, c’est comme si les personnages « naissaient » sous nos yeux. L’intrigue va donc les façonner, et nous assistons à leur « reconstruction » avec un plaisir non dissimulé. Vous savez que je suis particulièrement férue des univers complexes, travaillés au possible, des personnages on ne peut plus creusés… Et bien, je dois vous avouer que, pour une fois, j’ai beaucoup apprécié le fait d’être mise sur un pied d’égalité avec les protagonistes : nous en savons au moins autant qu’eux, sinon davantage.
D’ailleurs, en parlant des personnages… Incontestablement, il s’agit d’un autre point fort du roman. Olen, Nils et Karib sont complètement différents, mais je me suis beaucoup attachée à chacun d’eux. Olen et son coeur d’artichaut, Karib et sa morale sans faille, Nils et son caractère plus sombre… Ils ne se connaissent pas (ou du moins, ne s’en souviennent pas) et pourtant, leur relation semble aller de soi : chacun prend sa place au sein du groupe, tous se complétant à merveille. Je mentirais si je vous disais ne pas avoir de préférence. Comme bien souvent, mon cœur file vers le plus ténébreux, à savoir Nils. Si on arrive rapidement à esquisser le portrait de ce qu’ont pu être Olen et Karib, Nils reste bien plus mystérieux. Et puis, les yeux gris perçants, je n’y résiste jamais ! Pour autant, la préférence reste mince, et j’ai beaucoup aimé ses deux compagnons. Les suivre fut un vrai régal et, comme je le disais plus haut, j’ai vraiment apprécié le détournement de la quête initiatique au profit d’adultes murs, celle-ci étant habituellement réservée à des adolescents/jeunes adultes. On  découvre en même temps qu’eux un royaume dont ils ignorent tout, on assiste à leurs questionnements, au développement de leurs craintes, de leurs espérances. Et ça, j’adore.
Oh, j’ai oublié de vous préciser un petit quelque chose, à propos de Nils ! Un petit quelque chose, certes, mais qui a donné une certaine saveur au roman, une saveur à laquelle je ne m’attendais absolument pas. Nils est ténébreux, je vous l’ai dit. Mais il a surtout une répartie d’enfer. Oui, vous avez compris : j’ai ri pendant ma lecture ! Et pas qu’une fois, je peux vous l’assurer. L’humour n’est pas présent à chaque paragraphe, mais savamment distillé tout au long du roman. Que c’est agréable ! Et que c’est rare, pour un ouvrage de fantasy ! Dans les récits que j’ai pu lire, l’atmosphère se contente d’être sombre, violente. Et si elle l’est également dans Le puits des mémoires, ces petites touches de légèreté ont vraiment sublimé l’ensemble. Très bien vu, Monsieur Katz !
Vous l’aurez donc compris, j’ai passé un excellent moment. Un excellent moment qui aurait pu se transformer en coup de cœur, si deux petits points ne m’avaient pas gênée :/ En effet, j’ai un peu regretté le manque de profondeur du roman, le caractère un peu redondant de l’action. Ce n’est rien de très marqué, mais voilà : je suis ressortie de cette lecture frustrée. Nul doute que, si j’avais eu le deuxième tome en ma possession, je me serais ruée dessus ! Le deuxième point « négatif » que j’ai relevé découle du premier : la redondance de l’action m’a parfois perdue. J’aurais voulu être davantage captivée, davantage prise par l’intrigue. Ce n’est rien de bien grave, donc, et vous serez sans doute nombreux à voir les choses d’un autre œil. En tout cas, cela ne remet en aucun cas en cause ma décision de me procurer le deuxième tome au plus vite ! En, au plus vite… Façon de parler : j’attendrai les Imaginales pour me le procurer directement auprès de l’auteur. L’attente va être longue !

En bref, une excellente lecture qui aurait pu être encore meilleure, mais j’en ressort amplement satisfaite, et plus que jamais convaincue que le deuxième (et le troisième, soyons fous) tome serait du plus bel effet dans ma bibliothèque ! Chériii… ?

 
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