Tout pour plaire, Ingrid Desjours

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L’histoire : David et Déborah ont tout pour plaire : jeunes, beaux, amoureux, une maison de rêve… Extrêmement séduisant, autoritaire et charismatique, David est coach en séduction. Très amoureux de sa femme, architecte d’intérieur d’une beauté rare, il est aux petits soins pour elle, parfois même étouffant, quand Déborah lui est complètement dévouée, presque soumise. Mais leur bonheur dérange. On chuchote dans le voisinage que leur couple n’est pas aussi uni qu’il paraît, qu’il y a là un loup… et un agneau prêt à se faire égorger.

Mon avis : En découvrant le synopsis de Tout pour plaire, je dois bien avouer que ma curiosité a de suite été éveillée : quel étrange secret cache donc ce couple ? Je n’ai pas pu résister, et il n’a pas tardé à arriver dans ma PAL. C’est grâce à une lecture commune avec mon p’tit chat préféré, j’ai nommée Léa, qu’il en est sorti… Et le fait est, qu’une fois plongée dedans… J’ai eu bien du mal à le lâcher.
L’histoire commence de manière assez banale : il est sûr de lui, dragueur et beau mec. Elle est sublime, prête à tout pour le satisfaire et un brin effacée. A première vue, Deborah et David forme le couple idéal, à qui tout sourit. Mais quand on gratte un peu à la surface… Les soupçons s’éveillent : David n’est-il pas un peu trop colérique ? Et Deborah ne parait-elle pas trop soumise ? Chez les voisins, les esprits s’échauffent et le couperet tombe : David est un pervers narcissique…
Et soudain, tout bascule : Nicolas, le frère de David, réapparait après 8 ans d’absence. Sa femme a disparue, et il se retrouve seule avec une petite fille de quatre ans. Pour David, le retour de son frère ne peut signifier qu’une chose : jaloux de sa réussite, ce dernier cherchera à lui pourrir la vie autant que possible. Le voilà redevenu fébrile, aussi fragile que lorsqu’il était enfant. Alors que pour Deborah… C’est avant tout l’occasion de toucher du doigt un rêve qui lui échappe depuis toujours : être mère, ne serait-ce que pour quelques jours.
Sacha Mendel, en charge de l’enquête pour retrouver la femme de Nicolas, ne tarde pas à comprendre qu’il vient de mettre les pieds dans un véritable nid de serpents : qu’est-il arrivé à Laura ? Nicolas est-il véritablement le mari éploré qu’il veut faire croire ? Et surtout… Comment faire pour sauver Deborah des griffes de ce mari bien plus dangereux qu’il n’y parait ?
Malgré un résumé assez clair, je ne savais pour autant pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant ce roman. Un policier, un thriller ? Un drame familial, quelque chose de plus sombre ? Je m’y suis donc plongée pleine d’interrogations… Des interrogations qui n’ont cessé de se modifier et de s’amplifier à mesure que ma lecture avançait : Ingrid Desjours nous balade de bout en bout, brouillant les pistes à chaque instant. Disons-le carrément : je n’avais strictement rien vu venir ! On a beau se retrouver au cœur du quotidien de Deborah, David et Nicolas, impossible d’y voir clair. D’où ma stupéfaction, lors du dénouement…
Malgré tout, cette lecture ne s’est pas tout à fait passé comme je l’aurais voulu : quelques défauts sont malheureusement venus l’entacher. Premièrement, le style : je ne saurais pointer précisément ce qui m’a gêné mais, clairement, je n’ai pas du tout adhéré à la façon d’écrire de l’auteure. Expressions maladroites, ponctuation étrange, dialogues assez bancals… Bref, gros souci de ce côté-là. Un défaut que j’ai d’autant plus remarqué que j’ai trouvé ce roman assez long. Je ne vais pas vous mentir : il m’est arrivé, à de très nombreuses reprises, de sauter carrément des passages :/ Il est mentionné sur la quatrième de couverture qu’Ingrid Desjours a imaginé ce roman comme un scénario de série. Et, effectivement, le rythme est assez similaire : récit extrêmement séquencé, rappels des évènements précédents récurrents…  Avec une centaine de pages en moins, je pense que le roman aurait été plus efficace, plus incisif. Et je n’aurais sans doute pas été tentée d’arrêter ma lecture toutes les deux-trois pages :/ Heureusement que l’intrigue était là pour relever le tout !

En bref, une lecture en demi-teinte : l’intrigue m’a beaucoup plu et m’a énormément surprise, mais le style et la longueur de certains passages m’ont gêné. A voir si je retrouverai les mêmes défauts dans d’autres romans de l’auteure !

Un bon moment
Un bon moment

En plus : la chronique de Léa !

Une autre idée du bonheur, Marc Levy

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L’histoire : Philadelphie. Au premier jour du printemps 2010, Agatha sort de prison, mais pas par la grande porte. Après trente ans derrière les barreaux, il ne lui restait que quelques années à faire. Alors pourquoi cette évasion ? Dans une station-service proche du campus, elle s’invite à bord de la voiture de Milly et l’entraîne dans sa cavale sans rien lui révéler de sa situation. Dotée d’un irrésistible appétit de vivre, Agatha fait voler en éclats la routine confortable de Milly.
Trente ans les séparent, mais au fil du voyage les deux femmes partagent ces rêves qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser et évoquent ces amours qui ne s’éteignent pas. Cinq jours en voiture à travers les États-Unis… À chaque étape, une rencontre avec un personnage surgi du passé les rapprochera du secret d’Agatha. Jusqu’où devons-nous aller dans notre quête insatiable du bonheur ? À quoi ne faut-il jamais renoncer ? Dans ce roman, Marc Levy réaffirme notre besoin inconditionnel de liberté et nous fait aussi découvrir un pan méconnu de l’histoire américaine.

Mon avis : Et bien, quelle aventure ! J’en suis encore toute chamboulée… Les attentifs auront remarqué que c’est la première fois que je chronique un roman de Marc Levy sur le blog. Pour la simple et bonne raison que je n’ai lu qu’un seul de ses romans, et que cela remonte à… Ouh, bien cinq-six ans ! Non pas que je n’avais pas aimé, loin de là ! Mais je ne sais pas… Ma sœur les a tous lus, ou presque, j’ai donc préféré lui laisser la place de fan attitrée ^_^ Quand la Collection R nous a gentiment proposé de le recevoir en parallèle de Lucides (je vous expliquerai pourquoi dans ma future chronique), c’est donc d’abord à elle que j’ai pensé : pourquoi pas tenter l’expérience, après tout ? Et puis, si jamais je n’accroche pas, ce sera l’occasion de faire une heureuse…
Milly a ce qu’on pourra appeler une vie des plus tranquilles. Paisible. Routinière. Plan-plan. Entre son boulot à l’université et son couple que la fougue n’étouffe pas, cette jeune femme de trente ans pourrait bien en avoir vingt de plus, pour ce qu’elle en fait. Mais un jour, cette routine vole en éclats : alors qu’elle fait le plein de sa voiture, une femme lui pointe un revolver dans le dos, et lui intime de la conduire… Dieu sait-où. Quand bien même Milly aurait pu refuser, crier, hurler, s’enfuir, elle accepte. Agatha, après trente ans derrière les barreaux, vient de se trouver un chauffeur. Voilà les deux femmes lancées sur les routes, deux femmes que tout sépare, et pourtant…
Je vous le dis tout de suite : j’ai accroché. J’ai BEAUCOUP accroché. Une autre idée du bonheur fut le livre parfait pour me tirer de la mini panne livresque qui m’assaillait depuis jeudi dernier. Et j’en ai été la première étonnée. Parce que, quand on a étudié les Métiers du livre avec certains élèves et professeurs assez condescendants, on a tendance à ne pas avoir une très bonne opinion de l’auteur. Et c’est bien dommage, je m’en rends maintenant : car, cette lecture… Elle était foutrement agréable ! C’est qu’elle m’a mis une pêche d’enfer ! Quelques pages ont suffi à capter mon intérêt, et ce tout au long du roman : Marc Levy nous offre un récit décoiffant, qui sent l’asphalte et le sable chaud. Je l’ai savouré comme on savoure un tasse de chocolat fumant en plein hiver, ou un citron givré en plein été. C’est une reconvertie convaincue qui vous parle !
Il faut dire que Milly et Agatha sont tout ce qu’il y a de plus attachantes. Et je pèse mes mots. Elles ont toutes deux un sale caractère, ne se font pas prier pour s’envoyer des piques, mais, bon dieu, qu’est ce que je les ai aimées. J’étais là, moi aussi, sur le siège arrière de la voiture, les regardant avec affection s’affronter dans d’interminables joutes verbales. Tout en savourant la subtile tendresse qu’elles nourrissaient l’une à l’égard de l’autre, l’attachement sincère qui les liaient de plus en plus, à mesure de leur voyage. J’ai appris à les connaitre en même temps qu’elles se découvraient mutuellement, et j’ai adoré cela. J’aurais grand peine, même en ayant terminé le roman depuis quelques jours, à vous dire laquelle j’ai préféré. Agatha est tellement… Tellement… Vraie, éprise de liberté, aimante… Clairvoyante, aussi. Plus j’en apprenais sur ce qui l’avait poussée à s’évader de prison à peine cinq ans avant la fin de son emprisonnement, plus je l’admirais, pour sa force, sa volonté inébranlable. Marc Levy nous dresse là le portrait d’une femme incroyable, au passé si riche que l’on peine à en saisir l’ampleur. Et pourtant, ce voyage nous y aide : à chaque étape, nous rencontrons l’un des membres de son ancienne bande, tantôt apeurés de la voir après si longtemps, tantôt heureux, émus, culpabilisants. A chacune de ces réactions, nous entrevoyons un peu plus ce que fut Agatha trente ans plus tôt, et chacune de ces confrontations nous permet de comprendre la femme qu’elle est devenue.
Milly, elle, a tout à découvrir. On peut s’étonner de la facilité avec laquelle elle accepte de mener Agatha là où celle-ci le souhaite, mais finalement, eût égard de ce que l’on sait déjà sur elle, cette décision était la seule à prendre. On espère avec Agatha qu’elle va ouvrir les yeux, sur elle-même, sur la vie qu’elle mène, sur les autres. Et revoir, ainsi, sa définition du bonheur. Je mentirais si je vous disais ne pas m’être retrouvée en elle. En cette étrange capacité à rester là, dolente, quand bien même la situation ne nous convient pas. Et pourtant, comme j’ai hoché la tête avec vigueur en entendant Agatha parler d’amour ! Comme j’ai ouvert de grands yeux, devant l’idée que c’en faisait Milly ! Mais j’ai beaucoup appris, moi aussi, en compagnie de cette jeune femme particulièrement touchante.
Voilà donc nos deux compères lancées sur les routes. Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui a pu motiver Agatha à s’échapper de prison ? Un mystérieux carnet, qui la blanchirait complètement, apparemment. Et pourtant, c’est bien plus compliqué que cela, nous le comprenons assez rapidement. Et c’est cela, en plus des personnalités irrésistibles d’Agatha et Milly, qui capte l’intérêt du lecteur. Ce mystère que l’on a hâte de découvrir, qui nous fait avaler des dizaines et des dizaines de pages d’affilée. Ça, et la course-poursuite qui s’engage entre les deux femmes et un marshal à la retraite, aussi. C’est léger, frais, triste aussi, parfois, mais surtout irrésistiblement prenant. On VEUT savoir ! Et quand on sait… Mmmhh….
C’est donc comblée que je ressors de cette lecture, qui m’aura fait passer un excellent moment. Chose promise, chose due : il est déjà entre les mains de ma sœur ! J’ai comme l’idée que je n’ai pas fini d’en entendre parler… 😀

En bref, un roman vraiment agréable, très prenant, aux personnages qui m’ont complètement fait fondre. Marc Levy nous entraine dans une aventure décoiffante, et touchante, aussi. C’est donc convaincue que je ressors de cette lecture, heureuse, légère aussi, mais surtout conquise.

 
On en redemande !

*Je tiens à remercier l’équipe de Robert Laffont pour m’avoir permis de découvrir ce titre*