Le livre des Radieux, Brandon Sanderson (Les Archives de Roshar #2)

Traduits par Mélanie Fazi

Couvertures réalisées par Alain Brion

Premier tome : La voie des rois #1 & La voie des rois #2

L’histoire : Je me souviens des jours avant l’Ultime Désolation.
Avant que les Hérauts ne nous abandonnent, et que les Chevaliers Radieux se retournent contre nous. Des jours où la magie était encore de ce monde, et l’honneur dans le cœur des hommes. Aujourd’hui nous surveillons quatre personnes. La première est un chirurgien qui est devenu soldat dans une guerre brutale. La deuxième est un assassin qui pleure en tuant. La troisième est une jeune femme dont la robe d’étudiante abrite une âme de voleuse et de traîtresse. La dernière est un prince dont les yeux se sont ouverts sur le passé, tandis que son appétit pour la guerre décroît.
Le monde changera.
Ces quatre personnes sont la clé.
L’une d’entre elles nous aidera. L’une d’entre elles nous détruira.

Mon avis : BON. Si je vous dis que j’avais décidé de relire La voie des rois avant de me lancer à l’assaut du Livre des Radieux, et que je me suis finalement précipitée sur ce dernier comme une affamée devant un un buffet à volonté, cela vous donne-t-il une idée de l’envie que j’avais de le lire ? Si je vous dis que j’avais prévu de faire une pause entre les deux volumes, histoire de faire durer le plaisir, mais que j’ai finalement enchainé mes lectures, posant l’un et prenant l’autre sous le regard désabusé de Chéri, cela vous fait-il imaginer à quel point il est prenant ? Si je vous dis que j’ai terminé le second à trois heures du matin, bossant le lendemain et pourtant parfaitement réveillée, le cœur battant à tout rompre, cela vous informe t-il sur l’intensité de ma lecture ? Et si je vous dis, finalement, que je suis d’ores et déjà en PLS pour un bon bout de temps, mais aussi totalement et irrémédiablement ÉPOUSTOUFLÉE par le talent de cet homme, que me dites-vous ? Je vais vous donner un indice : je tiens là un de mes plus gros coups de cœur de tous les temps, un coup de cœur à placer au panthéon, aux côtés de La dernière Terre, des Royaumes du Nord ou encore d’Harry Potter. Un coup de cœur comme on en rencontre peu dans une vie de lectrice, et qui pourtant vous marque… À JAMAIS.
DIEU QUE C’ÉTAIT BON ! Je ne saurais même pas par où commencer, tant il est important pour moi de vous faire comprendre que nous avons là une œuvre majeure de la fantasy, et que nous n’en sommes pourtant qu’aux prémices de la série. Alors que La voie des rois pouvait parfois paraitre contemplatif, bien que regorgeant déjà de moult rebondissements, Le livre des Radieux est…. FIOU. Juste ça ! Il est EXTRAORDINAIRE. Moi qui avais peur d’être un peu perdue, vu le temps écoulé depuis ma lecture du premier tome, et bien… PAS DU TOUT. Pas un instant ! On se replonge dans l’ambiance de suite, pour ne plus connaitre un seul temps mort : le deuxième volume, plus particulièrement, est tout simplement INLÂCHABLE. Et je ne dis pas ça à la légère : il est plus inlâchable que n’importe quel livre que j’ai pu lire jusqu’ici. Plus inlâchable que ces thrillers palpitants, où l’on meurt d’envie de savoir qui est l’assassin. Plus inlâchable que ces histoires d’amour compliquées, où l’on se consume de savoir si, oui ou non, les héros finiront par se retrouver. Plus inlâchable que tout cela, et bien davantage encore… Pour la simple et bonne raison que Le livre des Radieux est un véritable medley de tout cela : on frémit de rage et de peur, autant que d’espérance. On tremble et on trépigne, convaincu qu’un cataclysme ne manquera pas de s’abattre sur nous et nos personnages chéris si nous ne tournons pas une page supplémentaire. Et j’ai pleuré, OUI ! J’ai pleuré. Plusieurs fois. J’ai pleuré parce que l’auteur nous joue de sales tours, parce qu’il instille à son récit une émotion incroyable. Qui a dit que la fantasy n’était affaire que de gros bras et de batailles ? Brandon Sanderson a tout compris, en nous offrant un récit aussi sensible que prenant, aussi poignant qu’épique. C’est un savant mélange de tous les éléments constitutifs d’un TRÈS bon livre, une partition savamment orchestrée, résonnant d’une musicalité incroyable. Oui, je suis totalement sous le charme, encore groggy de cette lecture qui résonne en moi telle une Tempête Éternelle.
Côté intrigue, nous reprenons là où nous nous étions arrêtés : Shallan et Jasnah sont en route pour les Plaines Brisées, Dalinar essaye tant bien que mal de rassembler les Hauts Princes et Kaladin s’habitue peu à peu à sa nouvelle condition. Hum, aurais-je pu faire plus succinct, plus nébuleux que cela ? Je ne crois pas ! Mais, très honnêtement, mieux vaut ne rien vous spoiler. Et, l’intrigue est tellement dense, tellement riche, qu’en dévoiler un petit bout me conduirait déjà à en dire trop. Qu’à cela ne tienne, je ne vous parlerai que de mes impressions :3 Ces deux volumes m’ont fait l’effet d’une claque à répétition : tout en continuant à travailler avec application son background, l’auteur se lance à corps perdu dans le développement de son intrigue : après la mise en place de celle-ci dans le premier opus, il est temps de la mettre en branle. ETJEVOUSJUREQUEC’ESTTROPBIEN !!!! J’ai retrouvé avec ce tome-ci les sensations que m’avaient procuré l’Empire Ultime : alors que l’on aurait pu penser que l’auteur se « contenterait » de dérouler sur l’ensemble de son récit les premières pistes soulevées, il choisit au contraire de les mener à leur terme relativement rapidement pour embrayer, de suite, sur quelque chose de plus grand encore : comment, de ce fait, ne voulez-vous pas réclamer la suite à corps et à cris ? C’est complet, et complexe : nul sujet n’est une fois encore mis à l’écart, qu’il s’agisse de politique, d’histoire, de religion, et j’en passe. Évidemment, je ne vous parle pas de la toute fin, qui m’a fait littéralement bondir de mon lit (tout comme bon nombre de passages précédents, il faut l’avouer) : même si une page se tourne bel et bien, cela implique tellement de choses que… GRUMPH. Dans la même veine, d’ailleurs, je n’ai pu m’empêcher de m’interroger sur les liens entre les différents mondes du Cosmère (l’univers dans lequel l’auteur a placé la majeur partie de ses romans) : certaines… scènes… ne sont en effet pas sans rappeler l’utilisation de l’allomancie dans Fils-des-brumes, et je ne peux m’empêcher de me demander si, là encore, l’auteur ne nous prépare pas quelque chose d’hors norme. Peut-être est-ce moi qui aie tendance à voir des liens partout, mais cela m’a surtout donné furieusement envie de me replonger dans cette trilogie chouchou ❤️
Quant aux personnages… Certains font leur apparition, d’autres s’envolent vers d’autres cieux, et une poignée… Une poignée s’ancre définitivement dans le récit, ainsi que dans notre esprit : Kaladin et Syl, bien sûr, mais aussi Shallan, Dalinar, Navani, Adolin… Ils sont TELLEMENT vivants ! TELLEMENT bien rendus ! Et l’on sent TELLEMENT bien l’immense potentiel qu’ils ont encore en eux ! Dieu que c’est bon de retrouver des personnages qui ne peuvent laisser indifférent, des personnages qui nous font vibrer, qui nous émeuvent… Qui nous font rire ! Je crois que c’est une dimension que je n’avais pas trouvé dans le premier opus : Le livre des Radieux possède en effet une petite note de légèreté qui va et vient, apaisant les moments les plus difficiles émotionnellement parlant, et j’avoue qu’on l’accueille avec grand plaisir : le ton général n’en sonne que plus juste. Les personnages s’affirment, donc, mais se complexifient également, de même que leurs relations : le noyau dur de personnages principaux se resserre, et j’ai observé avec une délectation non dissimulée leurs rencontres, imaginant même quelles pourraient être leurs relations futures… Mais, CHUT ! Je m’arrête là.
Honnêtement, ce livre est une bombe. J’ai l’impression de rabâcher toujours un peu la même chose quand il s’agit de B.S., et pourtant : à mon grand dam, plus je découvre ses écrits, plus j’ai le sentiment que ceux-ci gagnent en force, en aboutissement. Le processus d’écriture est long, et il nous faudra être patient pour la suite : le troisième tome serait prévu en anglais pour fin 2017 (donc une bonne, voire deux années d’ici la traduction), le quatrième pour 2020 (avec les retards que cela suppose), et le cinquième… Bref. Nous n’avons donc pas fini d’entendre parler de Roshar, et tant mieux : c’est tellement bon que je pourrais m’y plonger encore et encore 🙂 Je dois, enfin, un grand merci à la femme qui nous permet d’apprécier à leur juste valeur les romans de ce grand écrivain : Mélanie Fazi, à la traduction toujours aussi impeccable, toujours aussi poétique. Qui a dit que la fantasy ne pouvait pas être un superbe exercice de style ? 😉

En bref, le premier tome était déjà EXCELLENT, et celui-ci est encore meilleur : le premier volume m’a passionnée et… J’ai lu le second d’une traite, ou presque : c’est à la fois enivrant, magnifiquement écrit, mené à la perfection, bref… C’est un coup de cœur parfait, inoubliable et magnifique. FIOU ❤️

 
COUP.DE.CŒUR !

Coeur d’acier #1, Brandon Sanderson

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Traduit par Mélanie Fazi

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L’histoire : Il y a dix ans, un éclat venu du ciel a frappé des hommes et des femmes parmi les plus malveillants, leur conférant d’incroyables pouvoirs. On les a appelés les Epiques. A Chicago, un Epique appelé Coeur d’acier s’est emparé du pouvoir. Il possède la force de dix hommes et peut contrôler les éléments. On dit qu’aucune balle ne peut le blesser, aucune épée trancher sa peau, aucune explosion le détruire. Il est invincible. Personne ne lui résiste, sauf les Redresseurs, un groupe d’humains ordinaires qui ont passé leur vie à étudier les Epiques afin de découvrir leur point faible et de les assassiner. David Charleston a 18 ans. Quand Coeur d’acier est arrivé à Chicago, il a tué son père. Pendant des années, David a étudié les Epiques. Et il possède quelque chose dont les Redresseurs ont besoin. Car David a vu l’impossible : il a vu saigner Coeur d’acier.

Mon avis : BONTÉ DIVINE ! Mais qu’est-ce que c’est BON, de lire du Sanderson ! Ceci dit, je n’en doutais pas une seconde : ma petite biche des prés, Livresse des mots, nous en avait dit le plus grand bien. Et puis… Sanderson, quoi ! On pourrait penser que, au bout d’un moment… Je me lasserais. Ou qu’il se lasserait tout seul. Remâchant encore encore des ficelles déjà utilisées. MAIS PAS DU TOUT ! Ce mec a un talent, une imagination, un génie… FIOU ! (Oui, je suis béate d’admiration. Oui, mon mode fangirling s’est gentiment activé sans que je m’en rende compte. ET ALORS) Ayant récemment reçu le tome 2 à la maison, je me suis donc dit qu’il était grand temps que je sorte celui-ci de ma PAL (je le gardais alors pour des périodes plus ou moins intenses de disette littéraire -autant dire, absolument pas maintenant), entré par la grâce de sa Sainteté Sae-chou…
David a huit ans quand son père est tué sous ses yeux. Tué par Cœur d’Acier, un Épique, l’un des ces hommes à qui furent mystérieusement octroyés des pouvoirs hors normes. Réputé invincible et immortel, contrôlant les éléments et possédant une force physique ahurissante, Cœur d’Acier s’est, depuis, emparé de Chicago, opprimant ses habitants et y régnant sans partage. Ruminant depuis dix ans sa vengeance, David est devenu un expert en matière d’Épiques. Un expert qui possède peut-être le seul espoir de vaincre enfin Cœur d’Acier… Car, lui, l’a vu saigné.
YAAAAAH ! Vous voulez quelque chose de prenant ? D’HYPER prenant ? De foutrement bien imaginé ? Bien mené ? Bien écrit (et SUPER bien traduit ?) ? Quelque chose que vous commencerez en vous disant « Ok, pourquoi pas ! », et que vous terminerez en vous disant « Naaaanmaisquoimaisnaaaaaan !!!!!! » ? Et bien, passez votre chemin : parce que Cœur d’Acier est BEAUCOUP plus que cela. Je l’ai commencé en me disant que, vu la petitesse de la chose (oui, l’auteur nous a habitué à de GROS pavés), l’univers devait être moins creusé, l’action peut-être moins intense, les personnages moins travaillés… Moins, simplement. Au début, j’y ai cru. Mais au début seulement : sur fond de musique classique (qui se mariait à merveille avec le roman, contre toute attente), je l’ai DÉVORÉ. Plus les pages se tournaient, plus les chapitres avançaient, et plus j’étais dedans. Je me suis mise à me tordre les mains sans m’en apercevoir, j’ai bousculé des gens, j’ai lu en marchant. Les écouteurs vissés aux oreilles, les yeux rivés sur la page. Brandon Sanderson nous offre un récit… Mais tellement, tellement génial ! Il est extrêmement puissant émotionnellement parlant, et juste, JUSTE impossible à lâcher. L’univers qu’il imagine est fascinant, et a cet « avantage » de ne pas être construit de toutes pièces : si vous aviez été quelque peu perturbés par ses autres romans en raison de leur densité, vous vous y retrouverez complètement avec celui-ci. Pour les autres, nulle inquiétude à avoir : on y retrouve bien évidemment cette « patte » qui nous plait tant, avec, toujours, ce petit quelque chose rendant notre lecture bien plus époustouflante que ce que l’on aurait pu imaginer. C’est… Excellent, en un mot comme en cent.
Je me suis énormément attachée à David, ce garçon qui a tout perdu du jour au lendemain… Et qui, pourtant, a su faire preuve de suffisamment d’adresse et de ruse pour réussir à survivre dans un monde on ne peut plus hostile. Parfois tête brûlée, souvent casse-cou, toujours prêt à tout pour accomplir l’objectif qu’il s’est fixé, je l’ai trouvé d’une grande humanité, et d’une certaine candeur également. À partir du moment où il rejoint les Redresseurs, ce groupuscule luttant dans l’ombre contre les Épiques, sa détermination n’en devient que plus forte… Et l’on découvre enfin le garçon de dix-huit ans derrière son masque de vengeur implacable : me croirez-vous, si je vous dis que l’auteur a savamment insufflé à son récit quelques touches d’humour tout à fait irrésistible ? Il n’en est pas à son coup d’essai, et c’est encore une fois réussi : en contrant l’aspect parfois noir du roman (nous nous trouvons tout de même dans un monde dévasté et asservi par des super-méchants), il lui offre une petite bulle de légèreté qui fait du bien ❤️
Et puis… Que dire de Megan, Prof, Tia, Cody, Abraham ? Je les ai adoré. TOUS. Cody m’a fait mourir de rire, j’ai fondu pour Prof et Abraham, Megan m’a captivée et Tia intriguée… Car ce sont eux, les vrais super-héros. Et si vous pensiez que l’auteur avait, pour une fois, donné dans le manichéisme, détrompez vous : tous ont une part d’ombres. Plus ou moins grandes chez certains, plus ou moins dévoilée. Entre l’avancée de l’intrigue et eux, il fallait bien choisir… Et pourtant, on a autant envie d’en apprendre davantage sur chacun d’eux que de savoir comment tout cela va se terminer. Brandon Sanderson joue sur tous les tableaux et… Fffff, il y arrive diablement bien.
Oh, je pourrais aussi vous parler de la fin, aussi. De cette fin, qui m’a fait hurler, pleurer, rager, trépigner. Je pourrais vous en parler, évidemment. De ces révélations de dernière minute que je n’avais pas vu venir (exceptée l’une d’entre elles, peut-être), et qui m’ont donné envie de rentrer dans la minute chez moi pour y récupérer le deuxième tome. Je pourrais vous en parler, mais non. Non, parce qu’il faut que vous ayez la surprise, quand vous la lirez. Parce que vous allez le lire, hein ? HEIN ?!

En bref, COUP. DE. COEUR. Ça se passe d’autre chose, non ?

La caverne de glace noire, J.V. Jones (L’épée des Ombres #1)

Caverne glace noire

Traduit par Guillaume Fournier

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L’histoire : Les Maleterres. Un lieu hostile, figé dans un éternel hiver. Au Nord, des clans guerriers en conflit. Au Sud, des seigneurs avides qui convoitent les territoires des clans. À 16 ans, Raif est un archer accompli. Sa vie bascule le jour où, de retour de la chasse, il découvre que les hommes du clan, parmi lesquels son père, ont été horriblement massacrés. Ash est la fille adoptive de Penthero Iss, haut-seigneur d’une forteresse. À 15 ans, elle est une très belle adolescente, mais elle est hantée la nuit par des cauchemars de glace et de sang. Ensemble, Raif et Ash s’enfuiront sur les Maleterres enneigées, poursuivis par les sbires de Penthero Iss…

Mon avis : C’est alors que je cherchais quel roman lire pour prendre la suite de La voie des rois que l’on m’a conseillé ce roman via la page FB du blog : merci Audrey, je t’en dois une bonne ! En vérité, cela faisait plusieurs mois que je lorgnais sur ce petit pavé, sans pour autant sauter le pas. Peur d’être déçue, de ne pas réussir à m’immerger complètement dans ce nouvel univers… Allez savoir ! La curiosité fut tout de même trop forte, puisque j’ai fini par craquer voilà quelques semaines de cela. Et, non contente de l’ajouter à ma PAL déjà conséquente, je lui ai fait griller la priorité à bon nombre d’acquisitions plus anciennes. Tentation, tentation ! Bon, il faut bien avouer que j’ai assez mal choisi mon moment pour le commencer : quand on est parti à la maternité, je pensais VRAIMENT poireauter un peu dans la salle d’attente, voir quelqu’un et rentrer à la maison. Pas de chance (enfin…), on est restés. Et je dois vous avouer que c’est assez compliqué de se concentrer sur une lecture comme celle-ci quand des contractions viennent vous chatouiller toutes les cinq minutes ^_^ Pourtant, ce récit m’a fait passer un moment d’une intensité rare : qu’on se le dise, j’en ai pris plein les mirettes. J.V. Jones nous offre une aventure d’une richesse inouïe, portée par une plume particulièrement visuelle : mon imagination n’a pas tardé à s’emballer, me donnant à voir avec une facilité déconcertante ces paysages austères, à la beauté aussi dangereuse qu’irrésistible. En un mot comme en cent, j’ai trouvé ce premier tome tout simplement… Génial. 
La narration, externe, alterne essentiellement entre deux personnages : Raif, jeune homme de seize ans et faisant partie de l’un des clans les plus puissants des Maleterres, et Ash, fille adoptive du seigneur de la Tour Vanis. Tous deux vont voir leur vie bouleversée et, contraints de quitter leurs foyers respectifs, vont se lancer dans une véritable course contre la montre n’ayant d’autre enjeu que leur survie.
Présentée comme cela, j’imagine aisément à quel point l’intrigue peut vous paraitre floue. Et pourtant ! Si j’ai eu un peu de mal à m’y plonger (la fatigue est à mettre en cause, tout comme bébé : le récit, lui, est irréprochable !), j’ai bel et bien fini par être véritablement envoûtée par ce roman. J.V. Jones construit pas à pas un univers extrêmement complet, travaillé, fouillé. Tout y est ! Histoire, religions, us et coutumes des différentes peuplades… Je me suis régalée à traquer la moindre information sur le fonctionnement des clans, à tenter de cerner le passé pour mieux comprendre le présent. Moi qui aime particulièrement les backgrounds soignés, j’ai été amplement servie ♥
Et que dire de la trame du roman ? Sorcellerie, manigances politiques, prophéties vieilles de plusieurs siècles et quête insoluble… Un véritable régal ! On suit avec passion nos deux jeunes héros, craignant pour leur salut. Ne vous attendez pas à ce que l’action démarre sur les chapeaux de roue : l’auteure prend son temps pour installer son intrigue, c’est le moins que l’on puisse dire. Pour autant, la frénésie livresque menace à chaque instant de s’emparer du lecteur : Raif et Ash vont-ils, oui ou non, réussir à atteindre -à temps et en un seul morceau- cette fameuse caverne dont il est question dans le titre ? L’atmosphère du roman, glaciale, ne cesse de s’alourdir au fil des pages : mon cœur a souvent manqué quelques battements, et les larmes furent parfois bien plus proches que je ne voulais l’avouer.
Difficile, enfin, de rester de marbre face aux personnages. Outre nos deux héros, qui m’ont particulièrement touchée, J.V. Jones dresse avec talent de nombreux autres portraits, faisant une fois de plus gagner en richesse et profondeur son récit. Sa plume virevolte, les faisant surgir sous nos yeux, aussi prégnants que s’ils étaient là, face à nous. J’ai tremblé auprès d’Effie, soupiré à l’oreille de Drey, senti la chair de poule me gagner face à Marafice l’Oeil… Conquise, moi ? On peut le dire : j’ai trouvé avec La caverne de glace noire une roman pétri d’originalité et de talent, passionnant du début à la fin de ses -presque- 950 pages. On en redemande !

En bref, une lecture à la fois passionnante et exigeante, nous offrant un aller simple pour un univers des plus riches : en plus d’écrire merveilleusement bien, J.V. Jones fait preuve d’une imagination incroyable. Autant vous dire que la suite ne tardera pas à rejoindre ma bibliothèque !

On en redemande
On en redemande !

Lectures estivales #1 : Bird Box – Les fragmentés – L’œil du monde – Lamentation

Lectures estivales

Bonjour mes chatons !

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour quatre (quatre !) minis chroniques : comme je vous l’expliquais sur facebook il y a peu, entre le manque de temps et d’inspiration… C’est encore la solution la plus satisfaisante que j’ai pu trouver pour être à même de vous proposer quelques avis livresques ^_^ Pas de coup de cœur parmi ces quatre romans, donc, mais que de très bonnes lectures : vous allez voir, il y en a pour tous les goûts !

◊ Bird Box, Josh Malerman

Bird box

Traduit par Sébastien Guillot
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L’histoire : Depuis qu’ils sont nés, les enfants de Malorie n’ont jamais vu le ciel. Elle les a élevés seule, à l’abri du danger qui lest abattu sur le monde. Elle a perdu des proches, a assisté à leur fin cruelle. On dit qu’un simple coup d’oeil suffit pour perdre la raison, être pris d’une pulsion meurtrière et retourner sa violence contre soi. Elle sait que bientôt les murs de la maison ne pourront plus protéger son petit garçon et sa petite fille.
Alors, les yeux bandés, tous trois vont affronter l’extérieur, et entamer un voyage terrifiant sur le fleuve, tentative désespérée pour rejoindre une colonie de rescapés. Arriveront-ils à bon port, guidés par leur seule ouïe et leur instinct ?

Mon avis : J’ai ouvert Bird Box en pleine période de canicule, espérant que son ambiance glaçante refroidisse un peu l’atmosphère. Peine perdue : s’il m’a bien collé une sacrée dose de frissons, je n’en ai pas moins sué comme une forcenée, et pour cause : il m’a mis les nerfs en pelote. Et encore, l’expression est faiblarde : j’étais carrément au bord de la rupture nerveuse tout au long de ma lecture. Cajou n’avait donc pas menti, ce roman est un concentré d’angoisse à lui tout seul. Josh Malerman nous ferre dès les premières pages, ne jouant jamais franc jeu, mais préférant suggérer, sous-entendre, laisser l’imagination de son lecteur déborder à qui mieux-mieux… Rien que de me mettre à la place de cette mère, contrainte de sortir les yeux bandés avec ses deux petits, au milieu de ce que l’on imagine être une foule de créatures cauchemardesques… Brrrr, j’en ai la chair de poule. Et cela fait deux bonnes semaines que je l’ai lu. L’atmosphère est lourde, poisseuse, profondément malsaine… Qui les attend, là, dehors ? Et que s’est-il passé, à l’intérieur ? On avance à petits pas, redoutant la page suivante tout en étant, paradoxalement, incapable de ne pas la tourner. Sans nul doute, voilà un roman qui ravira les amateurs de thrillers psychologiques !

Les fragmentés, Neal Shusterman

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Traduit par Emilie Passerieux
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L’histoire : Dans une société traumatisée par la Seconde Guerre civile, une loi autorisant la fragmentation a été votée. Celle-ci stipule qu’il est interdit d’attenter à la vie d’un enfant de sa conception jusqu’à son treizième anniversaire. Passée cette date, tout parent peut décider de « résilier » son enfant en ayant recours à la fragmentation, processus qui permet de renoncer à son enfant rétroactivement. Une seule exigence : réutiliser 99 % des organes du fragmenté pour qu’il continue à « vivre » à travers d’autres.
Connor, Risa et Lev ne se connaissent pas, un monde les sépare. Adolescent à la dérive, pupille de la nation ou objet d’un sacrifice religieux, chacun se retrouve pourtant sur la liste fatale. Leur seule échappatoire : fuir, se cacher, et essayer de survivre…

Mon avis : Présenté par beaucoup comme étant l’un des thrillers d’anticipation destiné aux ados les plus originaux du moment, Les Fragmentés m’a fait passé un sale quart d’heure. Et c’est à vous que je le dois, bande de coquinous ! Vous avez en effet été plus que nombreux à m’orienter vers cette lecture quand je vous ai fait part de mon indécision sur la page du blog. Et moi, docile, je vous ai écoutés. Je m’y suis plongée sans en avoir lu le résumé, sans savoir même de quoi il était question. Et bien… Je n’ai pas été déçue ! Pour être original, ce premier tome l’est. Original, oui, mais aussi glaçant, malsain. Profondément malsain. Le principe même de base m’a soulevé le cœur : comment peut-on passer treize ans (ou plus) de sa vie à élever un enfant, et décider du jour au lendemain de le… Fragmenter ? De le diviser, d’en récupérer toutes les parties viables et saines pour les redistribuer au gré des demandes ? NAN MAIS ALLO ?! C’est horrible. C’est juste H-O-R-R-I-B-L-E. Plus j’avançais dans l’intrigue (comme le dit si bien le résumé ci-dessus, nous suivons donc trois jeunes gens destinés à la fragmentation et qui vont, par miracle, réussir à gagner un peu de répit), plus mon cœur menaçait de lâcher. J’ai même cru que j’allais tourner de l’œil, durant une scène bien particulière (LA scène. Vous voyez de quoi je parle, hein ?). Quand je lui ai raconté de quoi il était question, Chéri m’a très justement fait remarqué que ce n’était peut-être pas la lecture la plus judicieuse vu mon état. HA BAH TIENS, J’M’EN ÉTAIS PAS RENDU COMPTE DIS DONC. Le fait est que malgré le côté particulièrement éprouvant de cette lecture (et j’insiste, pas la peine d’être enceinte pour être dans ses petits souliers tout au long du roman), je l’ai quand même dévoré, ce bouquin. Et j’ai même envie d’acheter la suite, tiens. Si c’est pas du masochisme, ça ! Mais le fait est là : Les Fragmentés est bel et bien l’un des meilleurs romans du genre que j’ai pu lire. Tenez-vous-le pour dit !

L’œil du monde, Robert Jordan (La roue du temps #1)

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Traduit par Jean-Claude Mallé
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L’histoire : La Roue du temps tourne à mesure que les Ères se succèdent… Et bien vite elle va entraîner dans sa course effrénée Rand et ses amis, obligés de fuir leur village contre lequel de monstrueux géants ont lancé l’assaut. Jetés sur les routes, ils n’ont pas d’autre choix que de suivre Moiraine la magicienne, en direction de la cité de Tar Valon où ils seront enfin en sécurité ! Le temps presse, car l’un des compagnons est peut-être le Dragon réincarné, celui qui doit vaincre les Ténèbres…

Mon avis : J’ai découvert La Roue du temps grâce à… Brandon Sanderson. Ben quoi ? Robert Jordan ayant quitté cette terre avant d’avoir pu terminer l’œuvre de sa vie, c’est en effet à ce cher Brandon qu’a été confiée la tâche pour le moins complexe d’achever ce cycle déjà bien entamé. Je me suis donc dit « Hé Bouch’, c’est quand même pas parce que la série va finir par taper dans le million de pages que tu vas passer à côté, hein ? D’autant plus que c’est un pilier en matière de fantasy ! » Je me suis donc lancée à l’assaut de ce pavé, aux côtés de ma fidèle acolyte Allisonchouchérie. Et quelle découverte ! Il n’y a pas à dire, Robert Jordan nous offre là un sacré morceau. 860 pages d’un univers à la fois novateur et profondément riche, d’une intrigue tentaculaire et captivante, de descriptions foisonnantes de détails, d’action, d’émotions, de frissons. Tout ça, et bien plus ! Ceci dit, je ne pense pas avoir été dans les meilleures conditions possibles pour le lire : j’avais davantage besoin de quelque chose de léger, voire de superficiel, et là… C’est pas trop ça, disons. Du coup, j’ai eu tendance à le trouver UN POIL long, le bougre. Un poil long, mais tout de même très bon : en une semaine, son compte était réglé. Et quand on sait à quel rythme d’escargot j’avance dans mes lectures, en ce moment, c’est plutôt bon signe 🙂 Les personnages sont vraiment bien croqués, tout à fait réalistes (enfin, ENFIN des héros qui n’acceptent pas d’emblée une situation complètement ahurissante, mais qui prennent le temps d’émettre des doutes, de se poser les bonnes questions !), l’intrigue est vraiment passionnante, on se prend très rapidement au jeu. Et l’intérêt ne faiblit pas, bien au contraire : j’ai adoré suivre nos héros dans leurs aventures, apprendre en même temps qu’eux l’histoire de cet univers oh combien complexe, les voir se débattre contre un destin implacable et bien décidé à les user jusqu’à la corde. Ce que j’ai particulièrement aimé ? Le fait que ce premier opus se termine sur une vraie fin. Bien sûr, qu’on a envie de lire la suite. Mais si, pour une raison ou une autre, nous sommes dans l’incapacité de le faire, Robert Jordan nous offre tout de même une certaine sérénité. Et ça, c’est vraiment chouette de sa part 🙂 Une très belle découverte, donc, qu’il me tarde de poursuivre !

Lamentation, Ken Scholes (Les psaumes d’Isaak #1)

lamentation

Traduit par Olivier Debernard
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L’histoire : La cité de Windwir vient d’être anéantie, et avec elle la Grande Bibliothèque où reposait la mémoire du monde. L’onde de choc de cette catastrophe rompt les équilibres politiques et religieux des Terres Nommées, attise les convoitises, ravive les complots, met à mal les alliances. La guerre est inévitable. Rudolfo le roi tsigane, seigneur des Neuf Maisons Sylvestres, est le premier sur les lieux et recueille dans les ruines un automate de métal.
Agité de sanglots et rongé par la culpabilité, celui-ci s’accuse d’être à l’origine du drame. Quel est son terrifiant secret ? A-t-il été manipulé ? Qui voulait la destruction de Windwir et pourquoi ? Mais voilà que Neb, un jeune moine orphelin qui a assisté à l’horreur, commence à faire des rêves prophétiques…

Mon avis : Ce n’est pas sérieux, mais voilà : je suis bien incapable de retrouver QUI m’a conseillé de lire ce roman. Dénoncez-vous ! Le fait est qu’il est entré dans ma PAL lors de ma dernière commande passée chez Gibert Joseph, et qu’il n’y est pas resté bien longtemps : la faute à sa formidable couverture, signé Marc Simonetti, évidemment :3 Comme souvent, je m’y suis plongée sans trop savoir ce que j’allais y trouver, même si je pensais avoir affaire à une nouvelle pentalogie de fantasy plutôt lambda. Et bien non ! Quelle n’a pas été ma surprise quand je me suis retrouvée aux prises d’une intrigue mêlant adroitement politique, religion et magie, faisant intervenir une foule de personnages tous plus mystérieux les uns que les autres ! Ken Scholes m’a véritablement captivée, et surtout menée par le bout du nez. Fiou ! Si j’ai eu les mêmes difficultés à m’y retrouver que pour La roue du temps (comme intrigue légère et facilement compréhensible, on fait mieux ^_^ Mais où sont donc mes bouquins de Bit-Lit ?!), j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce nouvel univers, à traquer le moindre indice pour tenter de me retrouver dans ce jeu politique des plus retors. Ne vous attendez pas à une action trépidante : peu de combats, pas de monstres en veux-tu en voilà… Nous ne sommes pas dans de la High-Fantasy classique. Non là, ce qui compte le plus, c’est la partie d’échec géante mise en place par l’auteur, une partie d’échec qui nous fait clairement tourner en bourrique. Vous pensez avoir compris le pourquoi du comment ? Que nenni, un nouveau pion fait son entrée et bouleverse tous les plans  précédemment établis. Jusqu’à la toute fin, nous ne savons sur quel pied danser. Et une fois la dernière page tournée… On ne demande qu’à lire la suite !

Nous voilà arrivés à la fin de cette première session vous présentant mes lectures estivales 🙂 J’espère que ces chroniques express vous auront plu et, pourquoi pas, donné envie de découvrir plus avant ces quatre petites pépites ! A très vite ♥

La voie des rois #2, Brandon Sanderson (Les archives de Roshar #1.2)

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Traduit par Mélanie Fazi
Premier tome :
La voie des rois #1.1

Se le procurer :
Decitre

{Chronique garantie sans spoiler !}

L’histoire : «Je me souviens des jours avant l’Ultime Désolation. Avant que les Hérauts ne nous abandonnent, et que les Chevaliers Radieux se retournent contre nous. Des jours où la magie était encore de ce monde, et l’honneur dans le coeur des hommes. Aujourd’hui nous surveillons quatre personnes. La première est un chirurgien qui est devenu soldat dans une guerre brutale. La deuxième est un assassin qui pleure en tuant.
La troisième est une jeune femme dont la robe d’étudiante abrite une âme de voleuse et de traîtresse. La dernière est un prince dont les yeux se sont ouverts sur le passé, tandis que son appétit pour la guerre décroît. Le monde changera. La magie des anciens jours sera de nouveau la nôtre. Ces quatre personnes sont la clé. L’une d’entre elles nous aidera. Et l’une d’entre elles nous détruira.»

Mon avis :

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… Je… Je… MAIS OÙ EST LA SUITE ?! Je me suis coltiné une panne de lecture de DINGUE après avoir terminé la première partie de La voie des Rois, incapable que j’étais de passer à autre chose. Et j’ai lu cette deuxième partie. Je l’ai savourée, dégustée. Je m’en suis repu, délecté. J’en ai apprécié la moindre miette, le moindre mot. Et maintenant que c’est fini… J’ai l’impression d’être orpheline. Dépossédée. D’avoir été arrachée à cet univers si enivrant, à ces personnages si prégnants, à cette aventure si… Vivante. Le deuxième tome, The Words of Radiance, ne devrait pas tarder à arriver dans ma PAL. Et, clairement, même si je sais que ça va être difficile, il va falloir que je le lise, rapidement. Question d’équilibre mental.
Donc. Essayons d’écrire quelque chose de construit, même si je pressens que cela va être compliqué. Comment voulez-vous rendre justice à un tel… Tel… Monument ?! Imaginez-moi en train de trépigner derrière mon écran, le regard fou et la bave aux lèvres (bon, j’exagère sur ce dernier point. Quoique). C’est que… Je suis aux prises d’une multitude d’émotions décoiffantes : l’envie dévorante de VOUS donner envie de le lire, le supplice de ne pas pouvoir me jeter immédiatement sur la suite, l’émerveillement face à ce véritable coup de maitre, le chagrin de ne pas avoir pu faire durer davantage cette lecture… Bref, vous avez saisi l’idée : je viens de vivre un COUP DE COEUR DE FOLIE, et je vais avoir bien du mal à m’en remettre. Dommage pour ma PAL estivale.

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Vous l’avez donc compris, ce volume-ci et le volume précédent (même nom, seules les couvertures changent) ne sont en vérité qu’un seul et même ouvrage : soucieux de ne pas amoindrir son texte, l’auteur avait prévu une délimitation pour les éditeurs souhaitant sortir ce premier tome en deux livres (prévoyant, le monsieur !). Je ne saurai donc que vous conseiller… De vous procurer les deux d’un coup (oui, c’est un petit budget quand on pense que chaque opus est vendu 19,90 €… Mais croyez-moi, ça vaut le coup. Promis). Parce que si la rupture entre la première et la deuxième partie de La Voie des Rois est très cohérente (à juste titre, donc) je n’en reste pas moins convaincue que ces deux volumes s’apprécient bien davantage si on les traite en tant qu’entité unique. Toutes les émotions que l’on pouvait ressentir dans la première partie sont sublimées dans la seconde, la tension montant crescendo tout au long du récit. Je me suis retrouvée à plusieurs reprises en larmes, les mains tremblantes et le ventre noué (je pense notamment à un certain passage concernant Dalinar… Ceux qui l’ont lu savent T.T), et il n’y a pas un seul instant où je n’ai pas vécu à fond ma lecture. Brandon Sanderson m’a captivée toute entière, ce qui explique mon état d’hébétude absolue à la sortie de cette merveille. C’est que son récit est si… Immersif ! Avec cette deuxième partie, il peaufine la mise en place de son univers, de sa mythologie, de ses religions. C’est d’une telle complétude ! A comparer avec Le Seigneur des Anneaux, L’Assassin Royal, et peut-être La Dernière Terre : des romans qui me sont tous particulièrement chers, tant j’ai aimé m’y immerger toute entière, tous ayant cette capacité étrange et oh combien géniale à me faire littéralement oublier le monde extérieur. Il n’y a aucune fausse note, aucun détail pour nous faire froncer les sourcils de perplexité. Brandon Sanderson joue à merveille sa partition, et l’on peut qu’assister, béats, à l’éclosion d’un monde tout simplement fascinant.

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Un monde, mais aussi des personnages. Je n’en avais que peu parler lors de ma précédente chronique, mais là… Ils prennent vraiment toute leur ampleur. Dalinar, en premier lieu, m’a énormément touchée. Pour ceux ayant eu LDT, il me fait énoooormément penser à Melgar, avec ses principes moraux inébranlables et son apparente froideur. Et dire qu’il faudra attendre le troisième tome (2016 en anglais, donc !) pour qu’il soit VRAIMENT au cœur des évènements !
Et Shallan, notre flamboyante Shallan… Elle aussi m’a fait verser quelques larmes, tant son désarroi m’a prise aux tripes. Si elle est un peu moins présente que dans la première partie, ses interventions sont vraiment décisives : les choses avancent à grands pas pour elle, et nous ne tardons pas à nous rendre compte qu’elle va énormément compter, à l’avenir.
Et enfin, Kaladin… Kaladin, notre apprenti chirurgien devenu soldat, puis homme de pont, puis… Fiou. Je crois que j’en suis un peu tombée amoureuse, de ce sombre-iris si particulier. J’ai suivi avec passion ses aventures, totalement envoûtée par ce que l’auteur a choisi de lui faire vivre. Et encore, mon petit doigt me dit que ce n’est que le début. Le début de très grandes choses, qui relieront nos trois personnages principaux entre eux sous peu…
Tout ça, bien évidemment, sans parler des personnages secondaires. De Navani, de Jasnah, d’Adolin, de Rock… Et de Szeth. Cet homme si particulier, si mystérieux…

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Et plus encore que le reste, c’est la sublime plume de l’auteur qui m’a fait frémir. La sublime plume de l’auteur, oh combien justement traduite par Mélanie Fazi : c’est un poème qu’il nous offre, un récit d’une musicalité et d’une beauté irrésistibles. C’est en partie pour cela que j’appréhende un peu de me frotter à la version originale du texte : j’espère être en mesure d’en saisir toutes les nuances, toutes les aspérités. Mais j’y crois ! Dussé-je y passer un an, j’y arriverai 🙂
Que puis-je vous dire d’autre ? Que puis-je ajouter pour vous convaincre, vous, amateurs de récits épiques, d’aventures extraordinaires, de rêves éveillés, de donner une chance à ce bijou ? Je crois qu’il faut simplement que vous le preniez en main, que vous en lisiez quelques pages. Que vous acceptiez de vous laisser emporter, pour un temps indéterminé mais toujours trop court, en Roshar. Que vous acceptiez d’y laisser une partie de votre cœur, une partie de votre âme de lecteur. Avec la certitude d’en revenir plus grand, plus complet, plus… Sandersonien. Et, croyez-moi, cela en vaut la peine.

En bref, GIGANTESQUE coup de cœur pour cette deuxième partie qui clôt à merveille le premier tome des Archives de Roshar. Brandon Sanderson nous offre un récit ahurissant, qui m’a laissée sans voix.

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COUP DE CŒUR !!!

La voie des Rois, Brandon Sanderson (Les archives de Roshar #1)

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Traduit par Mélanie Fazi

Se le procurer :
Decitre

L’histoire : Roshar, monde de pierres et d’orages. D’étranges tempêtes de pouvoirs balaient les terres accidentées tellement souvent, qu’elles ont influencé l’écologie et la civilisation. Les animaux se cachent dans des coquillages, les arbres rentrent leurs branches et l’herbe se rétracte dans le sol. Les cités sont construites uniquement où la topographie offre une protection. Des siècles ont passé depuis la chute des dix ordres consacrés connus sous le nom de Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers quasi invincibles, sont toujours là. Des royaumes sont échangés contre ces objets, des guerres sont menées en leur nom et gagnées grâce à eux. Une de ces guerres se déroule sur le paysage dévasté qu’on appelle les Plaines Brisées. Là, Kaladin, qui a abandonné ses études de médecine contre une arme pour protéger son petit frère, a été réduit en esclavage. Dans une guerre insensée, où dix armées combattent séparément contre un unique ennemi, il lutte pour sauver ses hommes et pour apaiser les chefs qui les considèrent comme quantité négligeable. Le Clarissime Dalinar Kholin commande une de ces armées et, comme son frère feu le roi, il est fasciné par un texte ancien appelé La Voie des Rois. Hanté par des visions des temps anciens et par les Chevaliers Radieux, il commence à douter de sa santé mentale. De l’autre côté de l’océan, une jeune femme appelée Shallan cherche à devenir apprentie de l’éminente et hérétique Jasnah Kholin, la nièce de Dalinar. Bien qu’elle aime apprendre, ses motivations ne sont pas pures, et alors qu’elle planifie un vol audacieux, elle commence à découvrir certains secrets des Chevaliers Radieux…

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*Pas aimable, ce démon des gouffres…*

Mon avis : Bien. Fffff, on respire… Ouvrez grand les yeux, mes agneaux, parce que, ce que je vous présente là… Ce n’est rien d’autre que LA prochaine pépite qu’il FAUT que vous lisiez en Fantasy. Et quand je dis qu’il faut, c’est qu’il faut. Parce que ce n’est pas possible qu’une telle merveille reste méconnue…
Je savais que j’allais aimer ce roman. Je le savais dès que j’en ai entendu parler, dès que j’ai vu sa couverture (pourtant pas excessivement belle, il faut l’avouer), dès que j’ai lu son résumé, dès que je l’ai eu entre les mains. Je savais que j’allais l’aimer, même si j’appréhendais un tout petit peu ma lecture : allait-il vraiment être à la hauteur ? Aurais-je un coup de cœur, comme pour ses prédécesseurs ? Il faut dire que Brandon Sanderson ne cesse de placer la barre de plus en plus haut : chacun de ses romans fut une révélation, une claque monumentale. Ce joli pavé allait-il faire aussi bien ?
Et bien, que ce soit clair : La voie des rois ne m’a pas seulement enthousiasmée, il m’a littéralement hypnotisée. Il ne m’a pas seulement subjuguée, il m’a coupé le souffle. Il ne m’a pas seulement laissée étourdie, mais plutôt muette, béate d’admiration, sans voix. Incapable de me remettre les idées en place. Je vous ai saoulé avec Fils-des-Brumes ? Ce n’est rien comparé à ce que je vais faire avec Les Archives de Roshar : c’est un monstre que nous avons là, un monstre de splendeur, d’intelligence, d’imagination. Un diamant dans un océan de zircons, comme dirait George Martin en parlant de l’Assassin Royal. On l’aura attendu, ce roman. Cinq ans, cinq longues années, entre la publication américaine et la publication française. Et il aura fallu bien plus de temps encore à l’auteur pour le coucher sur papier. Mais… Mon Dieu, que ça valait le coup ! Je me ficherais bien des claques, là, tout de suite maintenant, parce que je ne suis pas foutue de vous dire à quel point il est dingue, ce bouquin. A quel point il est parfait. A quel point il est… Tout. TOUT !

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*Kaladin meets Syl*

Je ne sais par quel bout commencer pour vous parler de l’intrigue : ce premier tome, bien que décrit comme relativement introductif par l’auteur himself, est d’une « complétude » inouïe : Brandon Sanderson ne se contente pas de jeter sur le papier deux-trois descriptions rapides, mais fait naitre sous nos yeux un monde à part entière. Topographie, climat, magie, peuplades, us et coutumes, tout y passe. Il ne se contente pas de poser les bases de son récit, mais nous embarque dans une aventure aux mille et une ramifications. En somme, il réalise une nouvelle fois l’exploit de nous offrir un récit d’une richesse exemplaire, ahurissante, et ce à tout point de vue. Je me suis perdue, noyée, prélassée dans son imagination, subjuguée par la puissance évocatrice de ses mots, bien plus consciente de ce que je lisais que du monde extérieur. Oui, cet homme est un véritable virtuose. Et la traduction exemplaire de Mélanie Fazi ne peut que lui rendre justice.
C’est en Roshar que nous pénétrons cette fois-ci, une terre étrange balayée de vents violents. Hommes, animaux, plantes : tous se sont adaptés pour survivre à ce climat des plus hostiles. Alors que les uns s’ingénient à chercher les meilleures parades architecturales pour résister du mieux possible aux assauts des tempêtes majeures, les autres rentrent sous terre, se parent de coquilles extrêmement résistantes. Les caprices du climat rythment la vie tout entière, chaque tempête apportant son lot de morts et de destruction. Et pourtant… Nul ne pourrait empêcher les hommes de faire la guerre : depuis bientôt six ans, les Plaines Brisées sont le théâtre d’affrontements sanglants entre les Parshendis et les Aléthis. Ces derniers, divisés en dix grandes armées, veulent en effet venger le meurtre de leur roi, Gavilar. Un prétexte qui devient vite illusoire pour qui se trouve sur le champ de bataille.
De l’autre côté du monde, Shallan poursuit avec assiduité l’éminente érudite Jasnah Kolhin, qui n’est autre que la sœur de l’actuel roi Aléthi. Bien décidée à se faire accepter comme pupille par cette femme décriée comme hérétique par les plus grandes instances religieuses, Shallan nourrit également un projet moins avouable : il lui faut trouver, par n’importe quel moyen, la solution pour redorer le blason de sa famille déchue….

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Le court résumé ci-dessus ne fait que vous donner un petit aperçu de ce dans quoi vous mettrez les pieds en ouvrant La voie des Rois. Et encore, vraiment, vraiment minuscule, l’aperçu. Plus l’on avance dans notre lecture, et mieux on se rend compte de la légèreté de la chose : l’intrigue mise en place par l’auteur n’est pas seulement riche. Elle est carrément gigantesque. B.S joue sur tous les tableaux : religion, politique, relations humaines, et j’en passe. De nouvelles interrogations fleurissent à chaque page, et les réponses n’arrivent qu’au compte-goutte. Malgré les 750 pages de ce premier opus (que j’ai savouré sur près d’une semaine, même si je n’avais qu’une envie : n’en faire qu’une bouchée), on ne fait qu’entrevoir la vaste trame d’évènements nous dépassant totalement : Brandon Sanderson nous avait promis un cycle épique d’envergure, et on comprend aisément qu’il pesait soigneusement ses mots, en parlant ainsi.
Comme souvent,  l’auteur partage sa narration entre les différents personnages qu’il choisit de mettre en valeur : Shallan, mais aussi Kaladin et Dalinar, tous deux au cœur des évènements se tramant sur les Plaines Brisés (l’un en tant qu’esclave, l’autre en tant que commandant en chef de l’une des dix armées), et Szeth, ce mystérieux « Assassin en blanc ». Bien que ceux-ci soient prioritaires (avec une nette suprématie des trois premiers), interviennent également une foule de personnages secondaires (Syl ♥) : nous voyageons à travers tout Roshar au gré des chapitres. Et découvrons ainsi à quel point l’auteur a décidé de peaufiner le moindre détail : rien, et je dis bien RIEN n’est laissé au hasard. Faune, flore, religion, organisation sociale, particularités ethniques… J’ai traqué chacune de ses informations, ravie de voir avec quelle méticulosité l’auteur avait construit son univers. C’est dense, fouillé, recherché. Incroyable. Passionnant. Et simplement jouissif si, comme moi, vous aimez ces romans qui vont jusqu’au bout des choses.

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*C’est qu’il y en a, du monde, en Roshar !*

Je vous ai parlé de l’intrigue, tentaculaire et captivante. Du cadre, aussi prégnant que possible. Des personnages, qui vont bientôt devenir aussi proches de vous que si vous les aviez toujours connus (et de leur psychologie, travaillée à l’extrême. Bon Dieu, que j’aime cet homme). Vous ne m’en voudrez donc pas d’en garder un peu dans ma manche ? De ne pas vous parler de l’extraordinaire magie que l’auteur choisi de développer ? Parce que c’est qu’il reste très mystérieux là-dessus… Entre les Lames/Cuirasses d’éclat, les Fulgiflammes, les Spiricantes, les Fabriaux et la Fluctomancie… Et ces étranges sprènes, manifestations physiques de nos émotions (J’ADORE l’idée. Je l’aime même d’amour)… C’est qu’il nous perd un peu, le p’tit malin. En distillant ses informations au compte-goutte, il était sûr de capturer notre intérêt. Serez-vous donc surpris si je vous dis que je n’attends plus qu’une chose, à savoir lire le deuxième tome pour en apprendre davantage ? Heureusement pour nous, il n’y a plus longtemps à attendre puisque la deuxième partie de La voie des Rois (publié en un seul volume aux USA, si je ne m’abuse) sortira en juin. Quelques petites semaines, tout au plus 😀
Ai-je vraiment besoin de conclure ? Alors, oui, La voie des Rois fut un coup de cœur. Un coup de cœur surpuissant, dévastateur, qui m’a donné l’impression d’avoir été attachée dehors, en pleine tempête majeure. Sans nul doute, Brandon Sanderson nous offre là ce qui promet d’être son plus beau, son plus grand chef d’œuvre. C’est… Magistral. Un point c’est tout.

En bref, cette première partie de La Voie des Rois renferme 750 pages de pure extase : Brandon Sanderson nous fait pénétrer dans un univers dont on peine à entrevoir les limites, plante un décor tout simplement ahurissant, démarre une intrigue bien plus que simplement passionnante. Tout cela, bien entendu, sublimé par sa plume toujours aussi juste, aussi poétique. Moi, amoureuse ? Oh, on peut le dire.

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COUP DE CŒUR DE FOLIIIIIIE !

En plus :

◊ Deux tomes ont déjà été publiés aux USA : The Way of Kings (l’équivalent des deux volumes de La Voie des Rois) et Words of Radiance. De quoi nous faire patienter un peu, puisqu’il y en a cinq de prévus, le troisième ne devant paraitre qu’à l’automne 2016 !

◊ L’édition du Livre de Poche renferme quelques planches d’illustrations franchement géniales. J’ai d’ailleurs regretté qu’ils n’aient pas choisi de l’éditer en hard-cover, pour lui donner l’écrin qu’il mérite ^_^ Mais si vous en demandez plus, allez donc faire un tour sur Pinterest : il y a foule en matière d’illustrateurs fan des Archives de Roshar !

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*Je vous avais prévenus, il y a foule :D*

Warbreaker, Brandon Sanderson

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Traduit par Mélanie Fazi

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Decitre

L’histoire : Voici l’histoire de deux soeurs : Siri, une jeune fille rebelle envoyée par son père pour épouser le tyrannique Dieu-Roi, et Vivenna, qui va tenter de la sauver de son sort. C’est aussi l’histoire de Chanteflamme, un autre dieu qui n’aime pas son travail, celle de Vasher, un immortel qui essaie de réparer les erreurs qu’il a commises autrefois, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée. Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu et vit dans le panthéon du royaume d’Hallandren.
C’est un monde transformé par la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu’on ne récupère définitivement que sur un individu à la fois.

Mon avis : Brandon Sanderson est brillant. BRILLANT. Alors que je pensais m’enliser dans une panne de lecture des plus pénibles, il a su m’en tirer avec brio. Jusqu’ici, j’avais toujours trouvé de petites disparités dans ses écrits : sa trilogie Fils-des-brumes restait pour moi dans le haut du panier, tandis que ses autres romans « souffraient » de la comparaison. Ce n’est pas le cas de Warbreaker : il est totalement à la hauteur de la trilogie, la surpassant même sur quelques points. Gros gros coup de cœur donc, qui achève de me convaincre (comme si j’en avais besoin) du talent de ce conteur-né. Fiou !
Avec Warbreaker, nous pénétrons dans un univers des plus étranges : pas de grand méchant à l’horizon (ou plutôt : plus de grand méchant), mais deux royaumes opposés sur tous les points : Idris et Hallandren. Tandis que l’un prêche pondération et retenue, l’autre se dévoile avec exubérance et orgueil. Alors que les uns prient Austre, Dieu invisible et omnipotent, les autres se réfèrent au Dieu-Roi et à sa cour de Rappelés, bien « vivants » (vous comprendrez le pourquoi des guillemets en lisant le roman 😉 ) et bien réels, eux. Deux royaumes que tout oppose, donc, et qui ne tarderaient pas à se déclarer la guerre sans le sacrifice de Vivenna, fille ainée du roi d’Idris et destinée depuis toujours à épouser le Dieu-Roi… Et pourtant, Dedelin ne peut s’y résoudre : qu’arrivera-t-il à sa fille chérie une fois entre les griffes de ce peuple décadent et amoral ? Mais le traité signé avec Hallandren le stipule bel et bien : une princesse devra être envoyée comme épouse à Susebron. Une princesse… Vivenna ou une autre, alors, quelle différence ?
Tout commence donc ainsi : plutôt que sa fille ainée, Dedelin décide d’envoyer dans la fosse aux lions sa benjamine, Siri. Dix-sept ans, des cheveux indomptables et une furieuse propension à la désobéissance. Un choix ne ravissant aucune des deux sœurs : si Siri est morte de peur à l’idée de ce qui va lui arriver une fois à Hallandren, Vivenna n’en mène pas large non plus : en ayant mis sa petite sœur à la place qu’on lui destinait depuis sa naissance, elle se retrouve sans but, sans mission à accomplir, en un mot… Insignifiante. Impossible pour elle, donc, de rester de marbre… Mais je me tairai concernant la suite des évènements : comme toujours, je préfère ne pas trop en dire pour vous laisser la surprise intacte 😉
Quoi qu’il en soit, l’intrigue ne se contente pas du destin de ces deux jeunes femmes, loin s’en faut : comme à son habitude, Brandon Sanderson tisse une toile immense, prenant soin de multiplier pistes et personnages, et de ne raccrocher les wagons qu’à la toute fin. Le puzzle ainsi entrepris est immense, et entamé par les quatre côtés en même temps, pour progressivement se rapprocher du centre. Une intrigue multiple, donc, mais aussi et surtout prenante : jeux de pouvoir et intrigues politiques s’y mêlent avec brio, et l’on se rend rapidement compte que les choses ne sont pas telles qu’elles apparaissent. Sans pour autant réussir à mettre le doigt sur ce qui nous gêne ! Non, pour cela, il faudra aller au bout… Et survivre au rythme effréné des deux cent dernières pages : si le roman est un soi un peu longuet (c’est peut-être le seul point noir que je relèverai : il est vrai que certains passages tirent en longueur), la fin s’emballe et le rend tout bonnement impossible à lâcher. Vous êtes prévenus !
S’il n’y avait que l’intrigue, le roman sera déjà excellent. Mais, heureusement pour nous, ce n’est pas le cas : B.S. l’enrobe dans un véritable écrin, lui donne toute la saveur et l’ampleur qu’elle mérite grâce à un univers à la fois complexe et profondément séduisant. J’avais été charmée (et encore, le mot est faible) par la beauté de l’allomancie. Une magie complexe, un concept à part entière que l’auteur avait su développer suffisamment simplement pour ne pas embrouiller l’esprit du lecteur, mais simplement le marquer. C’est donc avec stupeur que j’ai constaté qu’il avait réitéré l’exploit en créant une fois encore une magie des plus subtiles, et surtout des plus belles : la magie biochromatique, ou magie du Souffle. En substance, voilà en quoi elle consiste : tout homme possède un Souffle. Un Souffle qui peut être cédé, un Souffle permettant à son possesseur d’être plus sensible au monde qui l’entoure, aux teintes, aux sons. Un Souffle qui permet, à qui en possède plusieurs, d’animer les objets, en puisant dans les couleurs du monde qui l’entoure. Et c’est ça, qui est magnifique : en ouvrant ce roman, j’ai eu l’impression de devoir faire face à une explosion de couleurs, d’avoir devant les yeux un tableau extrêmement vivant, idéalement dépeint, et surtout parfaitement harmonieux. J’ai trouvé cette magie d’une telle poésie, que j’en suis encore toute retournée ♥ On sent dès le début l’importance donnée aux couleurs, bien avant de comprendre de quoi il retourne exactement. Et notre imagination ne tarde pas à s’emballer, largement aidée par les descriptions de l’auteur qui font naitre dans nos esprits des paysages tous plus fantasques les uns que les autres, tous plus fantastiques. Je… J’en reste baba.
La magie, l’intrigue… ah oui, la religion ! C’est une constante, il me semble, dans l’œuvre de Brandon Sanderson : il y consacre toujours une large part de ses romans. Elle-même étant, bien sûr, extrêmement liée à la (ou aux !) magie(s) en présence. Il y a toujours cette idée de démystification des dieux, des dieux bien réels, tangibles (le Seigneur Maitre dans Fils-des-brumes, les Elantriens dans Elantris, et ici le Dieu-Roi, par exemple), cette confrontation entre croyants et objet de croyance. Et, une fois encore, j’ai beaucoup aimé la façon dont B.S. traitait ce point précis : il dose parfaitement les informations, ne nous en dit ni trop, ni trop peu. Juste ce qu’il faut pour éveiller notre intérêt, et le garder au chaud !
Évidemment, les personnages ne sont pas en reste et ont, eux aussi, participé à mon coup de cœur pour ce roman : c’est qu’il y en a pour tous les goûts ! Des extravagants, comme Siri ou Chanteflamme, des touchants, comme Susebron, des effrontés, comme Tissepourpre, des héros-en-devenir, comme Vivenna, des mystérieux, comme Vasher… Et des inclassables, comme Saignenuit. Une galerie assez impressionnante, mais dans laquelle on se retrouve finalement assez facilement : ils sont tous parfaitement identifiables, avec leurs petits caractères et leurs petites mimiques.
Je terminerai cette chronique en vous parlant de l’atmosphère de ce roman. Le point qui a fait toute la différence, qui l’a hissé à la hauteur de Fils-des-brumes : à l’inverse de ce dernier, elle est extrêmement légère. Si certains moments sont plein de tension, nous nouant le ventre d’appréhension, je n’ai pas compté le nombre de fois où je me suis mise à rire, toute seule. Ce n’en est pas pour autant de la light-fantasy, il ne faut pas exagérer. Mais le ton est beaucoup, beaucoup plus optimiste que ce à quoi je m’attendais. Et ça n’a pas été pour me déplaire, tout au contraire : j’ai trouvé ça carrément irrésistible, et plutôt bien joué de la part de l’auteur. Humour et émotions sont au rendez-vous, et si vous avez un petit cœur d’artichaut, croyez-moi : vous vous y retrouverez !

En bref, nouveau coup de cœur pour ce roman de Brandon Sanderson : très différent de ce que j’ai pu lire de lui jusqu’à lors, je l’ai trouvé merveilleusement bien pensé, écrit, mené. Si certains passages m’ont parus un peu longs, mon plaisir n’en a pour autant pas été gâché : je ressors de cette lecture entièrement comblée !

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Coup de cœur !

Bon à savoir :
Warbreaker vient de sortir en poche ! Alors qu’il était à plus de 22€ en GF, il tombe désormais à moins de 10€. C’est le moment, foncez !
– Il semblerait qu’un deuxième tome soit prévu pour 2015 : affaire à suivre… Mais si cela se révèle inexact, pas de panique : la fin de cet opus est relativement fermée 😉