J’ai toujours cette musique dans la tête, Agnès Martin-Lugand

L’histoire : Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin.
Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

Mon avis : Il y a quelques temps, je découvrais la plume d’Agnès Martin-Lugand avec son roman Désolée, je suis attendue, qui m’avait beaucoup plu. J’avais aimé la plume de l’auteure, son sens de l’intrigue et ses personnages hauts en couleurs… Et ai donc souhaité réitérer l’expérience avec son petit dernier, dont l’une de mes collègues m’avait dit le plus grand bien. Et, effectivement… Je l’ai lu en une soirée ! Fait rare qui n’était pas arrivé depuis un long moment, je l’ai dévoré en quelques petites heures, totalement absorbée par ma lecture 🙂 Il faut dire que ce roman, plus que le précédent, possède un petit côté sombre qui m’a mise sur les charbons ardents. J’oserai même dire qu’il m’a noué l’estomac, le bougre !
Nous y rencontrons Yanis et Véra, un couple de quarantenaires parents de trois enfants… Et, surtout, amoureux fous. Alors que Véra travaille dans une agence de voyage, Yanis, lui est associé à son beau-frère dans un cabinet d’architecture… Une association qu’il supporte de plus en plus mal, tant le fait qu’il ait tout appris sur le terrain lui pèse. Après une dispute de trop, c’est la rupture : Yanis se retrouve sans travail… Jusqu’à ce qu’il tombe sur Tristan, homme d’affaires mystérieux qui le pousse à s’établir en son propre nom, quitte à se porter garant pour lui. Yanis hésite, et se jette finalement à l’eau : une telle chance est bien trop belle pour la laisser passer… N’est-ce pas ?
Ouuh, que cette chronique va être délicate à écrire ! Le tout, c’est de ne pas vous en dévoiler trop : l’élément de surprise est crucial, et participe de manière décisive à la montée en puissance de l’intrigue. Agnès Martin-Lugand joue très bien sa partition en captant notre intérêt très rapidement, et ne le lâche pas : j’ai vraiment été captivée par ce récit qui démarre doucement, en nous présentant des personnages attachants auxquels je me suis beaucoup identifiée, puis en instillant une aura de malaise parfaitement dérangeante qui ne pourra laisser quiconque indifférent. Malgré la fatigue, malgré la journée du lendemain qui promettait d’être harassante, j’ai donc lu, encore et encore, les mains crispées sur mon bouquin. D’intriguée, je suis passée à méfiante, me retenant de jeter un coup d’œil angoissé derrière mon épaule. Et… J’ai aimé ça ! Parce que l’auteure m’a beaucoup surprise, ce n’était pas du tout un terrain sur lequel je l’attendais. Nous ne sommes pas dans le thriller ou le polar… Mais presque. Mais je ne vous en dis pas plus !
Quoi qu’il en soit, je pense que ce récit sera à même de plaire à beaucoup : les lecteurs aimant les récits de vie présentant des personnages forts qui nous marquent par leur vitalité y trouveront leur compte, tout comme ceux avides de suspense et d’intrigues non cousues de fil blanc. J’y ai pour ma part trouvé mon compte, quitte à y perdre ma nuit !

En bref, ce nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand ne sera pas sans surprendre les inconditionnels de l’auteure, tant ce petit côté sombre dénote dans sa bibliographie… Elle s’en sort pourtant particulièrement bien, nous offrant un récit prenant et bien ficelé. On en redemande !


On en redemande !

Au pays de l’ailleurs, Tahereh Mafi

AU PAYS DE L'AILLEURS_DVLP_140x220_DOS 29mm.indd

Traduit par Jean-Noël Chatain

L’histoire : Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood. Car Ferenwood est un monde éclatant de couleurs, révélatrices d’un don magique. La blanche Alice n’a donc apparemment aucun don, aucun intérêt : les habitants de ce lieu en ont fait une paria. Aussi lorsque son père, la seule personne qui lui témoigne de la bienveillance, disparaît soudainement, la jeune fille n’a-t-elle plus qu’un seul but : le retrouver.
Pour cela, elle va devoir explorer la mythique et dangereuse contrée un peu plus loin que l’horizon… Elle part avec Oliver, un compagnon de route dont le talent magique consiste à pouvoir tromper son monde. Ce don leur sera-t-il utile Là-bas, un univers sans pitié peuplé de créatures effroyables où rien n’est ce que l’on croit, où les pièges pullulent ? Alice elle-même devra reprendre confiance et utiliser des pouvoirs cachés que nul n’avait décelé chez elle.
Reverra-t-elle son père et pourra-t-elle enfin mettre des couleurs sur sa vie ?

Mon avis : De Tahereh Mafi je connais, comme beaucoup, sa célèbre (et très bonne, m’est avis) trilogie Insaisissable. Une trilogie dont il me reste encore le troisième tome à lire, soi dit en passant ‘_’ Quand j’ai découvert qu’elle avait écrit un nouveau roman, je dois bien avouer avoir été fort curieuse : que nous réservait-elle cette fois-ci ? Allait-il être dans la même lignée, ou totalement différent ? Je m’y suis plongée sans trop d’aprioris, charmée par cette couverture tout à fait poétique…
Et même si je ne m’attendais pas à un vague remake d’Insaisissable, quelle n’a pas été ma surprise de constater que ce nouveau récit changeait drastiquement de ce que l’auteure avait pu réaliser auparavant ! Nous avons en réalité affaire ici à un clin d’œil très appuyé du célèbre conte de Lewis Carroll : Alice, presque douze ans, vit dans la contrée de Ferenwood, ce pays où toute couleur est synonyme de magie. Mais Alice, d’une blancheur quasi éclatante, y est une paria : que pourrait-elle bien cacher sous cette pâleur extrême, hormis une absence de don affligeante ? Alors que son père, l’unique personne a lui avoir jamais témoigné de l’amour, est porté disparu depuis bientôt trois ans, Oliver vient la trouver : cet ancien camarade de classe affirme avoir retrouvé sa trace. Mais pour le ramener à Ferenwood, la présence d’Alice est obligatoire… Notre jeune héroïne se lance donc à l’assaut de cette quête un peu désespérée, ne se doutant pas une seconde qu’elle la mènerait là où elle n’aurait jamais songé aller : au dangereux pays de l’Ailleurs…
Mettons les choses à plat tout de suite : si vous souhaitez vous lancer dans ce roman, oubliez totalement la précédente série de l’auteure. Cela n’a STRICTEMENT rien à voir. Ni dans la fond, encore moins dans le forme… C’est tout juste si l’on ne s’imagine pas qu’il s’agit de deux écrivains totalement différents. Une fois cela fait, ouvrez bien graaaand votre imaginaire. Mettez votre rationalité de côté, oubliez votre logique, et préparez vous à lire un texte confinant -parfois- à l’absurde. Et maintenant… Installez vous confortablement, au chaud, et fermez-vous au monde extérieur : Alice n’attend que vous ! Je dois bien avouer que les premiers chapitres m’ont totalement déroutée, ce pourquoi j’ai mis une bonne semaine à lire ce roman. Je ne comprenais absolument pas où l’auteure voulait nous emmener, et restais très dubitative devant cette narration pour le moins… Non conventionnelle. Et puis… J’ai lâché prise. J’ai lâché prise, et je me suis mise à apprécier Alice, à attendre avec impatience le moment où je pourrais enfin me replonger dans ses aventures. Moi qui pensais signer une déception, c’est finalement d’une très bonne lecture que je ressors. Et oui !
Contre toute attente, c’est le côté profondément onirique du récit qui m’a séduite, celui-là même qui m’empêchais pleinement d’apprécier ma lecture les premiers temps : une fois mon hébétude première passée, je me suis laissée porter par ce conte à la fois fort original et bourré de tendresse, séduite par une héroïne aussi attachante qu’inhabituelle. Ouvrir Au pays de l’Ailleurs, c’est un peu comme plonger la tête la première dans un arc-en-ciel : la plume si particulière de Tahereh Mafi nous ouvre les portes d’un monde puissamment coloré, dont les descriptions nous laissent émerveillés. L’univers qu’elle imagine m’a beaucoup plu, et si elle ne lésine pas sur les détails, j’en aurais tout de même voulu davantage : il y a tant à dire, tant à faire dans un environnement offrant de telles possibilités !
Côté action, ce n’est pas finalement pas la rencontre entre Alice et son père qui prime, mais bien tout ce qui précède : son périple avec Oliver, leur relation qui évolue au fil des chapitres, et la façon dont eux-mêmes affrontent leurs propres démons, voilà qui constitue le véritable sujet du récit. Je mentirais en déclarant n’avoir pas été frustrée par une fin quelque peu expéditive mais, au fond… Il ne s’agit à mon sens que d’une conclusion, certes un peu rapide, mais tout à fait logique et, mieux, parfaitement juste. Je la perçois ainsi : ce n’est finalement pas l’aboutissement qui compte par dessus tout, mais tout le cheminement qui y mène. Et quel cheminement ! Tahereh Mafi n’y va pas de main morte, et c’est le moins que l’on puisse dire : ses héros vont aller de rebondissements en retournements de situation, les péripéties s’enchainant à un rythme effréné. Difficile, dans ce cas, de lâcher notre lecture : plus l’on avance, et plus l’on a envie d’avancer. Des têtes de chapitres aux noms improbables aux situations burlesques rencontrées par nos deux jeunes gens, tout est fait pour attiser notre curiosité et nous pousser à dévorer quelques pages supplémentaires 🙂
S’il y a bien un petit goût de trop peu, je ressors donc de cette lecture globalement plus que séduite : j’ai été vraiment ravie de voir que l’auteure était capable de sortir de sa zone de confort pour nous offrir un roman à la fois audacieux et original, qui pourrait tout à fait plaire aux plus jeunes lecteurs… Comme aux plus grands 🙂 L’héroïne, malgré un aplomb désarmant pour une enfant de douze ans, m’a totalement charmée avec son caractère frais et virevoltant, et j’ai aimé la voir grandir et s’affranchir de ses peurs et de ses doutes. Ce n’est pas un coup de cœur, mais… On en est vraiment pas loin !

En bref, Tahereh Mafi a su me surprendre, et en bien. Au pays de l’ailleurs est un récit tout en couleurs, pétillant et vivifiant. Tout à fait original et différent de ce que l’auteure a pu écrire jusqu’ici, il réussi le pari audacieux de s’affranchir totalement des carcans de la fantasy jeunesse, tout en faisant un clin d’œil réussi au fameux Alice au pays des merveilles. Moi, j’adore !

On en redemande
On en redemande !

En plus : les chronique du Boubangle,  Saefiel et Allisonline !

Le livre dont vous êtes le zéro, Kemar

KEMAR_DVLP_140 X 200_DOS 35 MM.indd

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Dans la plupart des livres dont vous êtes le héros, le héros, c’est vous. Mais c’est un peu facile, vous ne trouvez pas ? Alors pour changer un peu, vous serez le zéro de ce livre. Suivez les choix multiples et découvrez la vérité : qui êtes-vous ? Votre vie est-elle nulle ? Comment être sûr de rester moyen ? En ouvrant ce livre, vous découvrirez un monde de normalité qui s’offre à vous et vous permettra, au fil de questions multiples, de devenir l’homme ou la femme naze que vous avez toujours rêvé d’être ! Remplissez votre déclaration d’impôts, ratez le dernier métro et découvrez le chemin du zéro absolu.
VOTRE VIE EST-ELLE ASSEZ NULLE POUR ÊTRE VÉCUE ?

Mon avis : Après Natoo, Kemar ! Aimant particulièrement l’humour complètement déjanté de ce jeune homme, je me suis comme qui dirait précipitée sur son bouquin… Dont j’ignorais tout avant d’en ouvrir la première page. Le titre est pourtant une bonne indication : vous souvenez-vous de ces livres qui faisaient fureur il y a une bonne vingtaine d’années ? De ces livres interactifs, dont le déroulé variait en fonction de nos choix, et dont nous incarnions le personnage principal ? Et bien, c’est cela, que nous offre Kemar : un livre dont on est le héros… A ceci près que le héros que l’on incarne est complètement, totalement… Nul. Zéro, quoi !
Et… Franchement, on s’amuse. Malgré (ou parce que) le fait que notre héros soit un loser total, on s’éclate : les péripéties sont folles, on passe par tout un tas de situations loufoques au possible, on essaye de mener sa barque au mieux… Et l’on finit, souvent, dans le caveau familial. Et oui, que voulez-vous… La vie est cruelle.
Je dois avouer que j’ai été assez surprise de découvrir une plume tout à fait agréable à lire et, plus généralement, un bouquin vraiment bien ficelé. J’ai retrouvé avec plaisir ce système que j’appréciais beaucoup étant plus jeune, et on y a passé une bonne paire d’heures, avec Chéri. Si vous êtes amateurs des vidéos de Kemar, foncez ! Vous retrouverez au fil des pages bon nombre d’allusions à ses vidéos, et son ironie toujours plus marquée. En clair : il envoie du pâté !

En bref, Le livre dont vous êtes le zéro trônera désormais dans nos toilettes, afin d’égayer les moments que l’on y passe et de respecter la volonté de l’auteur. C’est drôle, bien écrit et prenant, alors… Qu’attendez-vous ?

Un bon moment
Un bon moment !

Le voleur de coeur, Rawia Arroum

le-voleur-de-coeur-716544

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire :
Dans un monde où musique et magie ne font qu’un,
Dylan est né privé des deux.
Et ce n’est pas son seul secret :
deux cœurs battent dans sa poitrine,
mais l’un n’est pas le sien…

Mon avis : Quelle couverture ! J’avoue que c’est à cause d’elle que j’ai craqué pour ce titre, ainsi que pour son résumé tout à fait alléchant. L’idée de départ me semblait tout à fait originale, et c’est donc plus que curieuse que je me suis lancée à l’assaut du Voleur de cœur, certaine de tenir là une excellente lecture…
L’ancien monde n’est plus : la Terre des hommes se nomme désormais Symphonie, et chacun y nait doté d’une mélo-âme, qu’il alimente et joue grâce à l’instrument qui lui est attribué, et sans lequel il ne peut vivre. Musique et magie sont ainsi intrinsèquement liées, la seconde s’épanouissant grâce à la première. Dylan, fils cadet du chef du clan de Hard, est né privé des deux : sa mélo-âme ne s’est jamais épanouie, et sa guitare n’a jamais acquis ses organes vitaux. Alors qu’il a passé sa vie à cacher aux yeux de tous ce secret qui pourrait lui valoir, au mieux, un bannissement, les évènements vont se bousculer, et Dylan va devoir se rendre à l’évidence : son absence de don n’est pas fortuite, et résulte d’un mensonge orchestré depuis longtemps…
Alors. Comment vous dire ? Comment vous dire que, même si j’ai dans l’ensemble passé un moment plutôt agréable, j’avais bien, BIEN trop misé sur ce livre ? Le plus frustrant, dans tout ça, c’est que tout avait très bien commencé : la plume de Rawia Arroum est très agréable, et je dois bien avouer que ses idées m’ont très vite séduite par leur originalité : un roman où musique et magie ne forment qu’un, pour moi, c’était absolument nouveau. Et j’ai trouvé une certaine beauté là-dedans, une beauté à laquelle je ne suis pas restée insensible. Dylan m’a rapidement touchée, et j’ai vite été happée par le récit, curieuse de voir jusqu’où l’auteure allait nous mener…
Mais, mais ! Je ne pourrais pas vraiment estimer le moment à partir duquel les choses se sont inversées. Le fait est que j’ai commencé à trouver les propos fouillis, la narration peu claire et l’intrigue étrangement menée. J’ai été plusieurs fois obligée de revenir quelques pages en arrière pour saisir de quoi il était question, avec la vague -mais un peu désagréable- impression que l’auteure s’était elle-même quelque peu perdue. Et quel dommage ! Parce que le fond était vraiment superbe…
Malheureusement, mon engouement pour Dylan est lui aussi rapidement passé : je veux bien que ce soit une sorte d’anti-héros, mais… Avait-il vraiment besoin d’être AUSSI pitoyable ? Sérieusement ? Ce qui aurait pu être touchant, et qui l’a effectivement été pendant quelques chapitres, est finalement devenu lassant. Et puis, mince… le fait que TOUT LE MONDE soit aux petits soins m’a également lassée. Tout est devenu trop manichéen, trop simple, trop… TROP.
Voilà. Je n’ai pas été tendre, d’accord. Mais… J’en attendais tellement, de ce livre ! J’avais tellement l’impression de tenir avec lui mon prochain coup de cœur, que la déception n’en a été que plus grande ☹️ A sa décharge, il se lit tout de même très vite… C’est déjà ça !

En bref, une lecture dont j’attendais beaucoup mais qui n’a malheureusement pas été à la hauteur. Les idées sont là, mais le développement est trop fouillis pour être aisément intelligible, et le héros a fini par m’agacer prodigieusement. Dommage !

laborieux
Laborieux…

Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand

Désolée je suis attendue

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues, et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu lui importe les reproches qu’on lui adresse, elle a simplement l’impression d’avoir fait un autre choix, animée d’une volonté farouche de réussir. Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé.

Mon avis : Il était temps, non ? Depuis le temps que j’entends du bien des romans de Dame Martin-Lugand ! C’est donc sans attendre que je me suis précipitée sur son dernier-né, curieuse de voir ce que ça allait donner. Parce qu’il faut dire que, plus le temps passe… Et plus je me concentre sur les littératures de l’imaginaire. C’était donc un peu quitte ou double, cette lecture ! Résultat ?
Yaël n’a attendu qu’une seule fois, dans sa vie : une attente cruelle, démesurée, quand l’un de ses plus proches amis a disparu du jour au lendemain sans laisser de traces. Dix ans plus tard, c’est elle qui se fait attendre : entièrement vouée à son travail, elle n’a plus le temps pour rien ni personne. Les réunions de famille ? Très peu pour elle ! Les diners entre amis ? Si c’est pour s’entendre rabâcher durant tout le repas combien elle a changé, non merci… L’amour ? Pourquoi faire ? Jusqu’au jour où le destin s’emmêle… Semblant  bien décidé à lui apprendre comment rattraper le temps le temps perdu.
J’ai adoré. Voilà, c’est simple ! J’ai adoré les personnages, l’histoire, et la plume de l’auteure. J’ai adoré avec quelle simplicité elle nous communiquait les émotions les plus diverses, avec quelle facilité elle nous plongeait dans le quotidien de ces personnages qui nous ressemblent, avec quelle justesse elle dressait leur portrait. J’ai adoré dévorer ce livre en l’espace de quelques heures, totalement happée par la valse virevoltante de Yaël et son entourage. J’ai adoré.
Oui ! Oui moi, la férue de fantasy, je sais encore apprécier un bon roman de littérature contemporaine quand j’en ai un sous la main ❤️ J’ai ri, beaucoup, pleuré, parfois. Soupiré, aussi, parce que… Cette Yaël, j’aurais bien voulu lui ouvrir grand les yeux. De force, s’il avait fallu en arriver là. Malgré son caractère entêté et sa volonté farouche d’oublier qu’il y a une vie à côté du travail, je me suis de suite prise d’affection pour elle, me reconnaissant parfois dans certaines de ses réactions. Son incapacité à s’abandonner m’a profondément émue, de même que les blessures qu’elle prend bien soin de cacher à son entourage : il n’y a qu’une Yaël qui vaille, et elle est forte, brillante, intransigeante avec elle-même… Mais surtout avec les autres.
Évidemment, on comprend rapidement que les choses vont dégénérer. Pour autant, ce n’est pas pour les rebondissements que l’on lit, ici. Il n’y avait ni meurtrier à découvrir, ni monstre à terrasser, et pourtant… Pourtant, on lit avec avidité, Agnès Martin-Lugand nous rendant littéralement accro à sa plume, nous boostant aussi sûrement qu’un carré de chocolat noir : c’est un petit concentré de bonheur qu’elle nous offre, tout simplement. On en ressort grandi, ému et heureux, avec la sensation que tout est possible… Même les rêves que l’on croyait à jamais perdus.
Je ne saurais donc que vous conseiller de vous précipiter sur cette petite pépite, tant elle vous fera du bien. Quand à moi… C’est sûr : j’ai du retard à rattraper. Mais si tous les romans de l’auteure sont du même acabit que celui-ci, je vais vous dire… Je n’ai pas fini de sourire !

En bref, une excellente, excellente lecture qui m’aura fait l’effet d’une bouffée d’air frais ! Agnès Martin-Lugand trouve le ton juste, et nous embarque le temps d’un récit aux émotions intenses. J’adore ❤️

On en redemande
On en redemande !

Un parfum d’encre et de liberté, Sarah McCoy

Un parfum dencre et de liberte

Traduit par Anath Riveline

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : 1859. La jeune et impétueuse Sarah apprend qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant. Mais comment trouver un sens à sa vie dans ce monde régi par les hommes ? Comment trouver sa place quand on est la fille de John Brown, célèbre abolitionniste qui aide des esclaves à fuir ?
2014. Eden et son mari emménagent dans la banlieue de Washington dans l’espoir de sauver leur mariage et fonder enfin une famille. En explorant sa nouvelle demeure, la jeune femme découvre une tête de poupée ancienne. Que signifient les mystérieuses lignes qui la recouvrent ?
Plus de cent cinquante ans séparent Eden de Sarah, mais sur la grande carte du monde et de l’Histoire, les destins de ces deux femmes se rejoignent en plus d’un point.
Un voyage exaltant, à la redécouverte du courage, de la famille, de l’amour et de l’héritage.

Mon avis : Enfin, ENFIN ! Je découvre la plume de Sarah McCoy 😀 Depuis le temps que j’en entends parler ! Quand l’occasion m’a été offerte de découvrir son nouveau roman, j’ai donc sauté dessus… Et ce d’autant plus que j’aime particulièrement les récits en deux temps 🙂
A l’aube de la guerre de Sécession, alors qu’elle se remet tout juste d’une grave maladie ayant failli lui couter la vie, la jeune Sarah apprend qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant. Dévastée, la jeune fille se tourne alors vers son père, afin de trouver dans la cause qu’il défend un nouveau sens à sa vie : elle rejoindra, elle aussi, le clan des abolitionnistes…
Cent cinquante ans plus tard, Eden et son mari emménagent dans leur nouvelle maison. Son combat contre la stérilité a rendu la jeune femme renfermée et aigrie, et ils espèrent que cette nouvelle vie donnera un second souffle à un amour devenu bien terne. Alors qu’elle s’approprie les lieux, Eden découvre une tête de poupée un brin angoissante. Que fait-elle ici, cachée dans le garde-manger ? A quelle étrange histoire ses yeux de porcelaine ont-ils assisté ? Aidée d’une jeune détective des plus attachantes, Eden va plonger au cœur de l’un des plus gros conflits des États-Unis d’Amérique…
J’ai adoré. Que dire d’autre ? Sarah McCoy a une plume profondément immersive, et je n’ai pas vu le temps passer sitôt que j’ouvrais mon roman. C’est à la fois très bien écrit, mais aussi parfaitement rendu et particulièrement prenant : qu’il s’agisse de Sarah ou d’Eden, je me suis passionnée pour les deux pans de ce récit profondément humain, pour le destin de ces deux femmes qui m’ont énormément touchée.
Parlons tout d’abord de Sarah. Nous la rencontrons alors en proie à la dysenterie, qui la laissera incapable de concevoir des enfants. Profondément affectée (et l’on peut le comprendre, surtout quand on vit dans une société où le rôle des femmes se résument presque exclusivement à porter et à élever des enfants)(non, je ne parle pas de notre époque)(Hahaha. Haha. Ha.), convaincue qu’elle représente désormais un poids pour sa famille, la jeune fille va chercher à se rendre utile en rejoignant le combat mené par son père, visant à abolir l’esclavage. Sans concession, Sarah McCoy nous plonge dans cette époque terrifiante, et le fait avec une justesse fort appréciable. J’ai aimé en apprendre plus sur la guerre de Sécession et sur les prémices de l’abolition de l’esclavage, cette lecture m’incitant d’ailleurs à me documenter davantage sur le sujet. Sarah, quant à elle, m’a énormément touchée : courageuse et volontaire, notre héroïne se battra jusqu’au bout pour prouver qu’elle peut exister autrement qu’en tant que mère potentielle. Se mettant perpétuellement en retrait, elle m’a souvent émue, parfois aux larmes. Eh oui…
Eden, elle aussi, m’a tiré quelques sanglots : en colère contre la Terre entière mais surtout contre elle-même, elle est au bord du gouffre. Impossible pour moi de ne pas me sentir proche de cette femme blessée au plus profond d’elle-même, convaincue qu’elle ne peut s’accomplir autrement qu’en devenant mère. Si son quotidien est forcément plus évident que notre première héroïne, je n’en ai pas moins été émue de la voir se débattre ainsi d’entre les griffes de ses démons. J’ai aimé la voir s’ouvrir peu à peu aux autres (et à une petite perle en particulier), reprendre confiance en elle et… CHUT ! Plus un mot. Je vous laisse le soin de découvrir tout cela <3
Sarah McCoy nous offre donc un récit empreint de vitalité, à la fois dur et profondément émouvant, qui m’a énormément plu. Pour une découverte, c’en fut une fameuse : à quand Un goût de cannelle et d’espoir ?

En bref, quelle lecture ! J’ai été émue aux larmes par le destin de nos deux héroïnes, touchée en plein cœur par la plume légère et parfaitement juste de Sarah McCoy. Je suis sous le charme <3

On en redemande
On en redemande !

Zodiaque #1, Romina Russel

CVT_ZODIAQUE-T01_6970

Traduit par Maud Desurvire

Se le procurer :
Decitre

L’histoire : Sur la planète du Cancer, comme dans le reste de la constellation du Zodiaque, l’astrologie régit la vie quotidienne. Pas de place pour les imprévus, et encore moins pour une catastrophe. Pourtant, Rhoma, jeune étudiante Zodaï, est hantée par de terribles visions. Personne ne la croit mais l’impensable se produit brutalement : une des lunes du Cancer explose. Raz-de-marée, pluies de météorites, tout l’univers de la jeune fille est plongé dans le chaos. Aidée de son mentor, le flegmatique Mathias, et d’Hysan, l’excentrique émissaire du signe de la Balance, Rhoma se lance alors dans une course contre la montre au travers de la galaxie pour prévenir les autres civilisations de la menace ancestrale qui plane sur elles. Car les douze signes du zodiaque étaient à l’origine treize… et, dans l’ombre, le dernier attend son heure. Celle de la destruction.

Mon avis : Comme souvent ces derniers temps, c’est sur les bons conseils de mon Caribou chéri que je me suis jetée sur ce livre : comme elle le disait si bien dans sa chronique, Zodiaque n’était rien d’autre que « l’un des romans de fin d’année à ne surtout pas rater« . Comment voulez-vous lui résister, avec un tel enthousiasme ? Et puis, j’en ai reçu une bonne dizaine, de ces jolis pavés. Et pour les vendre, rien de mieux que d’en parler. Et pour en parler… Bref, vous avez saisi l’idée.
A seize ans, Rhoma est une jeune fille comme les autres : ses journées se partagent entre ses cours pour devenir un Zodaï, protecteur du Zodiaque, et entre les séances de répétition de son groupe de musique. Et pourtant, nul autre qu’elle ne perçoit la menace que lui montre les astres : une masse noire, qu’elle ne peut identifier, provoque à chacune de ses visions la chute de l’harmonie qu’elle a toujours connu. Bien malgré elle, et parce que son entourage semble décidé à tourner ses craintes en ridicule, Rhoma décide de ne pas tenir compte de ce que lui dicte son instinct. Et pourtant… Quand l’une des lunes du Cancer explose, provoquant réactions en chaine et catastrophes gravissimes, elle sait que ce n’est que le début. Que le Zodiaque tout entier doit craindre la sombre menace planant sur les astres. Mais le plus dur commence pour elle car, malgré la preuve évidente que son imagination ne lui jouait pas de tour, personne ne semble décidé à la prendre au sérieux…
ALORS. Que vous dire ? Déjà, une chose : Zodiaque est terriblement, terriblement original. Sae n’avait pas menti là-dessus, et c’est l’énorme force de ce roman : l’univers développé par Romina Russel est vraiment innovant. Dans la forme, le fond et le reste : c’est entièrement nouveau, du moins pour moi. Tout tourne autour du Zodiaque, constellation rassemblant douze planètes et leurs satellites, chacune d’entre elles abritant un peuple précis : les Cancers, les Gémeaux, les Sagittaires, etc… Chaque nation ayant, en plus d’une capacité commune à interroger les astres, des caractéristiques (physiques et mentales) qui lui sont propres. Nous en découvrons une partie au gré des pérégrinations de Rhoma, et je dois vous avouer que j’ai adoré ce background on ne peut plus soigné : Romina nous en met plein la vue, et c’est le moins que je puisse dire. Zodiaque flirte franchement avec la science-fiction, tout en restant totalement accessible pour des lecteurs néophytes en la matière : c’est vraiment du beau travail. L’auteure ne se contente pas de développer son intrigue en lui donnant un fond bateau et peu creusé, et c’est suffisamment rare en YA pour que cela soit souligné, foi de Bouch’ ♥
Côté personnages, j’ai beaucoup aimé Rhoma : notre jeune héroïne n’a que peu confiance en elle, et son entourage ne lui facilite clairement pas les choses : elle est ballotée en tout sens, malmenée par une situation inextricable et des responsabilités particulièrement lourdes à porter. Et, malgré ses doutes, malgré son impression de brasser du vent, elle continue de faire preuve d’un altruisme et d’une empathie qui forcent l’admiration : dire qu’elle m’a touchée serait trop faible.
Si Mathias m’a également bien plu, Hysan, par contre, m’a laissée sur la réserve : est-il vraiment celui qu’il veut faire croire ? Je n’ai pas pu m’empêcher d’épier le moindre de ses mouvements, certaine qu’il ne tarderait pas, à un moment ou à un autre, à faire un faux pas. Verdict ? A vous de le découvrir :3
Ceci dit… Hum. J’ai trouvé que l’intrigue manquait un poil de rythme. Comment vous dire ça plus clairement ? Je l’ai trouvé un peu longuet, voilà tout. Je n’ai pas réussi à m’y plonger comme je le souhaitais ou, plutôt, je n’ai pas réussi à rester embarquée de bout en bout. Mon intérêt s’est ravivé lors du final assez sadique (disons-le clairement), mais voilà : ce qui aurait pu être une excellente lecture fut simplement agréable. Ce qui est déjà pas mal, m’enfin. Je suis un peu frustrée, il faut l’avouer.
En somme, je dirais que ce premier tome à les défauts de ses qualités : à trop vouloir bien faire, Romina Russel finit par se perdre un peu en chemin. Que cela ne vous freine pas, toutefois : l’intrigue reste tout à fait agréable à suivre, et rien que pour l’univers à la fois original et parfaitement développé, Zodiaque vaut le détour… C’est moi qui vous le dit !

En bref, un premier tome qui promet de belles choses pour la suite : Romina Russel développe un univers extrêmement soigné et tout à fait original, optant pour un cocktail atypique mêlant YA et science-fiction. Malgré quelques petites longueurs, la lecture reste agréable et plutôt prenante : une jolie découverte, en somme !

On en redemande
On en redemande !