Le livre des Radieux, Brandon Sanderson (Les Archives de Roshar #2)

Traduits par Mélanie Fazi

Couvertures réalisées par Alain Brion

Premier tome : La voie des rois #1 & La voie des rois #2

L’histoire : Je me souviens des jours avant l’Ultime Désolation.
Avant que les Hérauts ne nous abandonnent, et que les Chevaliers Radieux se retournent contre nous. Des jours où la magie était encore de ce monde, et l’honneur dans le cœur des hommes. Aujourd’hui nous surveillons quatre personnes. La première est un chirurgien qui est devenu soldat dans une guerre brutale. La deuxième est un assassin qui pleure en tuant. La troisième est une jeune femme dont la robe d’étudiante abrite une âme de voleuse et de traîtresse. La dernière est un prince dont les yeux se sont ouverts sur le passé, tandis que son appétit pour la guerre décroît.
Le monde changera.
Ces quatre personnes sont la clé.
L’une d’entre elles nous aidera. L’une d’entre elles nous détruira.

Mon avis : BON. Si je vous dis que j’avais décidé de relire La voie des rois avant de me lancer à l’assaut du Livre des Radieux, et que je me suis finalement précipitée sur ce dernier comme une affamée devant un un buffet à volonté, cela vous donne-t-il une idée de l’envie que j’avais de le lire ? Si je vous dis que j’avais prévu de faire une pause entre les deux volumes, histoire de faire durer le plaisir, mais que j’ai finalement enchainé mes lectures, posant l’un et prenant l’autre sous le regard désabusé de Chéri, cela vous fait-il imaginer à quel point il est prenant ? Si je vous dis que j’ai terminé le second à trois heures du matin, bossant le lendemain et pourtant parfaitement réveillée, le cœur battant à tout rompre, cela vous informe t-il sur l’intensité de ma lecture ? Et si je vous dis, finalement, que je suis d’ores et déjà en PLS pour un bon bout de temps, mais aussi totalement et irrémédiablement ÉPOUSTOUFLÉE par le talent de cet homme, que me dites-vous ? Je vais vous donner un indice : je tiens là un de mes plus gros coups de cœur de tous les temps, un coup de cœur à placer au panthéon, aux côtés de La dernière Terre, des Royaumes du Nord ou encore d’Harry Potter. Un coup de cœur comme on en rencontre peu dans une vie de lectrice, et qui pourtant vous marque… À JAMAIS.
DIEU QUE C’ÉTAIT BON ! Je ne saurais même pas par où commencer, tant il est important pour moi de vous faire comprendre que nous avons là une œuvre majeure de la fantasy, et que nous n’en sommes pourtant qu’aux prémices de la série. Alors que La voie des rois pouvait parfois paraitre contemplatif, bien que regorgeant déjà de moult rebondissements, Le livre des Radieux est…. FIOU. Juste ça ! Il est EXTRAORDINAIRE. Moi qui avais peur d’être un peu perdue, vu le temps écoulé depuis ma lecture du premier tome, et bien… PAS DU TOUT. Pas un instant ! On se replonge dans l’ambiance de suite, pour ne plus connaitre un seul temps mort : le deuxième volume, plus particulièrement, est tout simplement INLÂCHABLE. Et je ne dis pas ça à la légère : il est plus inlâchable que n’importe quel livre que j’ai pu lire jusqu’ici. Plus inlâchable que ces thrillers palpitants, où l’on meurt d’envie de savoir qui est l’assassin. Plus inlâchable que ces histoires d’amour compliquées, où l’on se consume de savoir si, oui ou non, les héros finiront par se retrouver. Plus inlâchable que tout cela, et bien davantage encore… Pour la simple et bonne raison que Le livre des Radieux est un véritable medley de tout cela : on frémit de rage et de peur, autant que d’espérance. On tremble et on trépigne, convaincu qu’un cataclysme ne manquera pas de s’abattre sur nous et nos personnages chéris si nous ne tournons pas une page supplémentaire. Et j’ai pleuré, OUI ! J’ai pleuré. Plusieurs fois. J’ai pleuré parce que l’auteur nous joue de sales tours, parce qu’il instille à son récit une émotion incroyable. Qui a dit que la fantasy n’était affaire que de gros bras et de batailles ? Brandon Sanderson a tout compris, en nous offrant un récit aussi sensible que prenant, aussi poignant qu’épique. C’est un savant mélange de tous les éléments constitutifs d’un TRÈS bon livre, une partition savamment orchestrée, résonnant d’une musicalité incroyable. Oui, je suis totalement sous le charme, encore groggy de cette lecture qui résonne en moi telle une Tempête Éternelle.
Côté intrigue, nous reprenons là où nous nous étions arrêtés : Shallan et Jasnah sont en route pour les Plaines Brisées, Dalinar essaye tant bien que mal de rassembler les Hauts Princes et Kaladin s’habitue peu à peu à sa nouvelle condition. Hum, aurais-je pu faire plus succinct, plus nébuleux que cela ? Je ne crois pas ! Mais, très honnêtement, mieux vaut ne rien vous spoiler. Et, l’intrigue est tellement dense, tellement riche, qu’en dévoiler un petit bout me conduirait déjà à en dire trop. Qu’à cela ne tienne, je ne vous parlerai que de mes impressions :3 Ces deux volumes m’ont fait l’effet d’une claque à répétition : tout en continuant à travailler avec application son background, l’auteur se lance à corps perdu dans le développement de son intrigue : après la mise en place de celle-ci dans le premier opus, il est temps de la mettre en branle. ETJEVOUSJUREQUEC’ESTTROPBIEN !!!! J’ai retrouvé avec ce tome-ci les sensations que m’avaient procuré l’Empire Ultime : alors que l’on aurait pu penser que l’auteur se « contenterait » de dérouler sur l’ensemble de son récit les premières pistes soulevées, il choisit au contraire de les mener à leur terme relativement rapidement pour embrayer, de suite, sur quelque chose de plus grand encore : comment, de ce fait, ne voulez-vous pas réclamer la suite à corps et à cris ? C’est complet, et complexe : nul sujet n’est une fois encore mis à l’écart, qu’il s’agisse de politique, d’histoire, de religion, et j’en passe. Évidemment, je ne vous parle pas de la toute fin, qui m’a fait littéralement bondir de mon lit (tout comme bon nombre de passages précédents, il faut l’avouer) : même si une page se tourne bel et bien, cela implique tellement de choses que… GRUMPH. Dans la même veine, d’ailleurs, je n’ai pu m’empêcher de m’interroger sur les liens entre les différents mondes du Cosmère (l’univers dans lequel l’auteur a placé la majeur partie de ses romans) : certaines… scènes… ne sont en effet pas sans rappeler l’utilisation de l’allomancie dans Fils-des-brumes, et je ne peux m’empêcher de me demander si, là encore, l’auteur ne nous prépare pas quelque chose d’hors norme. Peut-être est-ce moi qui aie tendance à voir des liens partout, mais cela m’a surtout donné furieusement envie de me replonger dans cette trilogie chouchou ❤️
Quant aux personnages… Certains font leur apparition, d’autres s’envolent vers d’autres cieux, et une poignée… Une poignée s’ancre définitivement dans le récit, ainsi que dans notre esprit : Kaladin et Syl, bien sûr, mais aussi Shallan, Dalinar, Navani, Adolin… Ils sont TELLEMENT vivants ! TELLEMENT bien rendus ! Et l’on sent TELLEMENT bien l’immense potentiel qu’ils ont encore en eux ! Dieu que c’est bon de retrouver des personnages qui ne peuvent laisser indifférent, des personnages qui nous font vibrer, qui nous émeuvent… Qui nous font rire ! Je crois que c’est une dimension que je n’avais pas trouvé dans le premier opus : Le livre des Radieux possède en effet une petite note de légèreté qui va et vient, apaisant les moments les plus difficiles émotionnellement parlant, et j’avoue qu’on l’accueille avec grand plaisir : le ton général n’en sonne que plus juste. Les personnages s’affirment, donc, mais se complexifient également, de même que leurs relations : le noyau dur de personnages principaux se resserre, et j’ai observé avec une délectation non dissimulée leurs rencontres, imaginant même quelles pourraient être leurs relations futures… Mais, CHUT ! Je m’arrête là.
Honnêtement, ce livre est une bombe. J’ai l’impression de rabâcher toujours un peu la même chose quand il s’agit de B.S., et pourtant : à mon grand dam, plus je découvre ses écrits, plus j’ai le sentiment que ceux-ci gagnent en force, en aboutissement. Le processus d’écriture est long, et il nous faudra être patient pour la suite : le troisième tome serait prévu en anglais pour fin 2017 (donc une bonne, voire deux années d’ici la traduction), le quatrième pour 2020 (avec les retards que cela suppose), et le cinquième… Bref. Nous n’avons donc pas fini d’entendre parler de Roshar, et tant mieux : c’est tellement bon que je pourrais m’y plonger encore et encore 🙂 Je dois, enfin, un grand merci à la femme qui nous permet d’apprécier à leur juste valeur les romans de ce grand écrivain : Mélanie Fazi, à la traduction toujours aussi impeccable, toujours aussi poétique. Qui a dit que la fantasy ne pouvait pas être un superbe exercice de style ? 😉

En bref, le premier tome était déjà EXCELLENT, et celui-ci est encore meilleur : le premier volume m’a passionnée et… J’ai lu le second d’une traite, ou presque : c’est à la fois enivrant, magnifiquement écrit, mené à la perfection, bref… C’est un coup de cœur parfait, inoubliable et magnifique. FIOU ❤️

 
COUP.DE.CŒUR !

Membrane, Chi Ta-Wei

Traduit par Gwennaël Gaffric

L’histoire : Momo, une jeune esthéticienne réputée mais solitaire et marginale, vit dans une ville sous-marine d’un monde futur à l’écologie bouleversée. Ayant contracté enfant un virus d’un genre nouveau, il semble qu’elle ait subi de multiples transplantations d’organes artificiels.
Dans ce monde où les corps, les identités et les sexes se métamorphosent et se réinventent, les humains sont-ils encore maîtres de leur mémoire et de leur avenir ? Quel est le véritable passé de Momo ? Les prodigieuses membranes dont elle fait usage dans sa clinique auraient-elles une fonction insoupçonnée ?

Mon avis : Membrane est entré dans ma PAL un peu par hasard, alors que je n’en avais jamais entendu parler, ni de lui, ni de son auteur (bouuuh !). En me fiant uniquement à son résumé, donc, je me suis lancée à l’assaut de ce petit roman ma foi fort court… Mais non moins intense.
À l’aube du XXIIe siècle, nous découvrons une Terre dévastée par un réchauffement climatique que nul n’a su endiguer, contraignant la race humaine à se réfugier… Dans d’immenses cités sous-marines. C’est dans ce cadre que nous rencontrons Momo, jeune femme de 30 ans et esthéticienne de renom : dans une société où le paraitre et les soins de la peau sont primordiaux, l’artiste a pourtant décidé de vivre retirée loin du monde, n’entretenant de contact physique qu’avec ses clients, qu’elle choisi avec soin. Atteinte d’une grave maladie ayant nécessité une lourde opération quand elle avait dix ans, elle a également rompu tout lien avec sa mère peu après sa sortie d’hôpital… et l’on comprend, rapidement, que ce mal la ronge énormément. Mais, peu de jours avant son trentième anniversaire, « Maman » reprend contact avec elle : elle souhaite la voir. Mais, pourquoi cette envie soudaine ? Que cherche-t-elle, en voulant renouer avec sa fille unique ?
Membrane fait partie de ces OLNI que je serais bien en peine de classifier (si tant est que cela s’impose). Nous sommes de toute évidence dans un contexte post-apocalyptique, mais celui-ci reste relativement survolé : de par le format réduit du roman, l’auteur esquisse brièvement le cadre avant de s’attaquer à son intrigue en elle-même… Une intrigue qui n’en finit pas de nous surprendre. Si le début m’a paru un peu longuet, j’ai dévoré la seconde moitié du récit sans voir les pages défiler : j’avoue ne pas avoir une seconde anticipé la chute du roman. D’autant que l’auteur nous propose des thèmes pour le moins accaparants : la relation mère-fille tout d’abord, qui prend une place primordiale au sein du roman : qu’est-ce qui a bien pu pousser cette femme à abandonner son enfant, et pourquoi vouloir la revoir après tant d’années ? Deuxièmement, l’aspect particulièrement décomplexé de la sexualité : l’homosexualité est monnaie courante dans cette société futuriste, tout comme la transsexualité : c’est l’humain en tant que tel qui est mis au premier plan, et non son genre particulier, l’identité n’étant pas liée au sexe. Si la sexualité des personnages (et je ne parle qu’en matière de littératures de l’imaginaire, étant quelque peu larguée pour les autres genres) tend à s’assouplir de plus en plus, rares sont les auteurs à traiter l’homosexualité (et, de fait, le reste) comme quelque chose allant de soi : Chi Ta-Wei n’y prête ici pas grande attention (c’est du moins comme cela que je l’ai ressenti), se contentant d’énoncer un fait : telle est la société dans laquelle son héroïne évolue, point.
Le côté SF, lui… reste relativement secondaire : il ne s’agit pas d’un thème central, mais plutôt d’un relais servant une intrigue centrée sur le personnage de Momo. Je ne peux malheureusement pas vous en dire davantage, pour ne pas risquer de vous dévoiler une information cruciale… Mais je dois bien avouer avoir été un petit peu (tout petit peu, seulement) frustrée de ne pas avoir un background plus détaillé que ça : il y a tellement de potentiel dans le cadre imaginé par l’auteur que je me suis un peu emballée, des questions fusant à tout va dans ma tête. Pour autant, l’on se fait rapidement que ce n’est pas ce genre de livre que nous avons entre les mains : Membrane se situe davantage sur le plan psychologique qu’autre chose.
Finalement… Membrane aura su me toucher par sa singularité et sa profondeur. Même si Momo apparait très nettement comme un personnage excessivement peu sociable, je me suis sentie proche de cette jeune femme percluse de doutes et de traumatismes enfouis. L’intrigue développée par Chi Ta-Wei m’aura passionnée, et je ne peux désormais qu’espérer que ses autres romans seront traduits sous peu !

En bref, un roman à la croisée des genres qui aura su me séduire malgré un début un peu poussif : à découvrir !


On en redemande !

Glass Sword, Victoria Aveyard (Red Queen #2)

Traduit par Alice Delarbre

L’histoire : Mare Barrow a le sang rouge, comme la plupart des habitants de Norta. Mais comme les seigneurs de Norta, qui se distinguent par leur sang couleur de l’argent, elle possède un pouvoir extraordinaire, celui de contrôler la foudre et l’électricité. Pour les dirigeants de Norta, elle est une anomalie, une aberration. Une dangereuse machine de guerre.
Alors qu’elle fuit la famille royale et Maven, le prince qui l’a trahie, Mare fait une découverte qui change la donne : elle n’est pas seule. D’autres Rouges, comme elle, cachent l’étendue de leurs pouvoirs. Traquée par Maven, Mare fait face à sa nouvelle mission : recruter une armée, rouge et argent. Aussi rouge que l’aube, plus rapide qu’un éclair d argent. Capable de renverser ceux qui les oppriment depuis toujours.
Mais le pouvoir est un jeu dangereux, et Mare en connaît déjà le prix.

Mon avis : Que je l’attendais, celui-ci ! Ayant lu le premier tome lors de sa sortie poche, je n’avais eu de cesse, depuis, d’appeler de tous mes vœux le deuxième, résistant tant bien que mal au grand format. Vous vous en souviendrez peut-être, j’avais effectivement eu un GROS coup de cœur pour Red Queen, le trouvant à la fois original et hyper prenant, et doté -qui plus est- de personnages fort bien construits. Se terminant sur un bon gros cliffhanger, il nous promettait une suite à la hauteur, voire davantage…
Glass Sword reprend ainsi où son prédécesseur s’était arrêté (on surligne, pour ceux l’ayant lu !) : Après son intégration à la famille royale pour avoir manifesté des pouvoirs dignes d’une princesse Argent tout en étant une simple Rouge, Mare avait finalement été trahie par Maven, son promis, devenant aux yeux de tous une paria… Tout comme Cal, lui aussi manipulé et trahi de la pire des façons. Ayant rejoint la Résistance, charge à eux de s’y faire une place… Mais comment y arriver, quand nul ne vous fait confiance, quand nul ne vous est semblable ? Pourtant, une information cruciale pourrait bien changer la donne : Mare n’est pas seule. Et si elle est courant de l’existence de ces autres mutants, Maven l’est aussi. Prendre le nouveau roi de vitesse est désormais une question de survie…
BON. Alors, je suis désolée, mais je ne vais pas être très tendre… Quand bien même ma lecture fut agréable. Agréable, oui. Agréable, quand je m’attendais à ce qu’elle soit… Je ne sais pas, EXPLOSIVE ! Incendiaire ! Incroyable, en un mot ! En vérité, j’ai trouvé ce deuxième opus en deçà du premier : oui, il se lit plutôt bien. Oui, Victoria Aveyard continue de nous passionner. Mais… C’est loooong ! C’est lent !!!! C’est que l’on arrive dans une partie cruciale du récit : Mare et Cal se lancent à la recherche des autres mutants, tout en luttant de toutes leurs forces pour devancer Maven. C’est une véritable course contre la montre, où le prix à gagner est une vie sauve… Et un potentiel soutien de plus dans un combat qu’ils sont loin d’avoir gagné. Autant dire qu’il y a de l’enjeu dans ce deuxième opus, et je ne vous parle pas des relations entre les personnages qui se complexifient énormément de par les évènements éprouvants du tome précédent De l’enjeu, donc. De la tension. Et pourtant… Pourtant, rien, ou presque : je m’imaginais déjà lire avec avidité, il n’en fut rien. Pire, je me suis parfois ennuyée, ne lisant que d’un œil fatigué. Oh, oui ! J’ai bien veillé pour terminer ma lecture ! Mais c’était plus histoire de me mettre un coup de pied aux fesses pour en finir qu’autre chose : j’en avais marre, marre de trainer ce deuxième tome tel un boulet, de n’y trouver de l’intérêt que par intermittence. Oui, oui je suis dure, j’avoue. Parce qu’au fond, j’étais contente de les retrouver, nos zigotos. J’étais contente de les suivre, une nouvelle fois. Mais je m’attendais à bien, bien plus, et surtout pas à ces moments où l’on a simplement l’impression qu’ils… Tournent en rond. Même la fin, qui sonne de nouveau comme LE cliffhanger qui tue, n’a pas réussi à me surprendre : on la voit venir depuis le début, ou presque. Le flop.
Côté personnages… Mare m’a clairement pris la tête. Oui, celle qui m’avait tant touchée précédemment m’a lassée, avec ses geignements et sa tête de lard. Évidemment, ce qu’elle vient de vivre est extrêmement traumatisant. Mais… Je ne sais pas, c’est une caractéristique commune à toutes les héroïnes un peu badass de passer par la phase « Je suis seule au monde, personne ne m’aime » ?! Une fois, deux fois, admettons. Mais en le répétant à longueur de temps, ça commence à devenir un peu… Oppressant, vous voyez ce que je veux dire ? Que j’aurais aimé que l’auteure s’appesantisse plus sur Cal, ou Shade, ou… Tous les autres, en fait ! Il y a tellement de personnages intéressants qui font leur entrée, que j’ai vécu leur mise de côté comme un crime de lèse majesté. J’ai été frustrée, oui, et à plus d’un titre. Cette lecture fut frustrante, VOILÀ.
Vous l’aurez compris, j’ai été un poil déçue. Déçue, et pourtant je ne peux m’empêcher de me demander ce que donnera le troisième opus, prévu pour dans une dizaine de jours. Malgré le goût doux-amer de celui-ci, j’aurai donc bien du mal à ne pas me jeter sur la suite, histoire de voir… Et bien, si Mare aura repris ses esprits. Espérons que oui, car cette série reste vraiment prometteuse !

En bref, une lecture en demi-teinte avec ce deuxième tome qui n’aura pas été, à mon goût, à la hauteur du premier. Espérons que la suite fera mieux !

Le sixième sommeil, Bernard Werber

Couverture réalisée par Valentino Sani

L’histoire :

PHASE 1
Assoupissement
PHASE 2
Sommeil léger
PHASE 3
Sommeil lent
PHASE 4
Sommeil très profond
PHASE 5
Sommeil paradoxal
PHASE 6
Le sixième sommeil.
Celui de tous les possibles.

Mon avis : En cinq ans, aucun roman de Bernard Werber n’a été chroniqué ici. Pas un. Oh, je vous en ai bien parlé, à de multiples reprises : des Fourmis aux Thanatonautes, je n’ai pas manqué de vous dire que je lui devais mon goût démesuré pour la lecture. Mais je n’ai pas non plus oublié de vous dire… Que j’avais été cruellement déçue, avec ses dernières parutions. Qu’elles étaient loin d’avoir la fougue et la justesse de ses premiers romans, que j’avais parfois l’impression que son rythme d’écriture effréné mettait en péril la qualité de ses écrits. Bref, après Troisième Humanité, j’ai abandonné. Je me suis dit que je préférais garder intacts mes bons souvenirs avec lui, sans les entacher avec une déception de plus.
Et puis… Et puis, j’ai craqué. VOILÀ. Parce que je n’ai aucune volonté, et que j’avais quand même peur de passer outre une potentielle bonne lecture. J’ai donc profité de sa dernière sortie en poche pour refaire une petite plongée dans l’imaginaire teinté de sciences de cet auteur que j’affectionnais tant…
Et, finalement, force est de dire que ça a plutôt pas mal marché. Bon, disons-le : ce n’est pas un coup de cœur… Mais… J’ai passé un bon moment, oui. Cette fois-ci, et comme le titre l’indique, c’est au sommeil que s’intéresse l’auteur. Les cinq stades que nous connaissons plus ou moins tous ( Assoupissement – Sommeil léger – Sommeil lent – Sommeil très profond – Sommeil paradoxal)… Mais aussi ce mystérieux sixième stade, faisant du monde des rêves une nouvelle Terra Incognita que ses héros se mettront en devoir d’explorer.
Une nouvelle fois, Bernard Werber nous montre qu’il peut recycler son ancienne casquette de journaliste scientifique sans trop de difficulté : son roman fourmille de petits détails passionnants rendant la lecture particulièrement attractive, d’autant que le sujet ne m’est clairement pas familier. On ressort du roman avec de nouvelles connaissances en main, fait non négligeable et tout à fait appréciable. Cela compense d’ailleurs deux choses : les personnages centraux assez peu charismatiques, sans trop de substance et relativement anecdotiques (on est loin de 103e et de Michael !), et l’action parfois un peu mollette qui m’a fait, je l’avoue, sauter quelques paragraphes. Ce qui explique pourquoi cette lecture, bien que m’ayant fait passé un moment somme toute agréable, ne me restera pas en mémoire ad vitam eternam : le sujet est passionnant, mais la façon dont il est enrobé l’est moins. Je n’ai pas retrouvé ici cette urgence de lecture que j’ai pu vivre avec ses premiers romans, et j’avoue avoir été nostalgique du temps où il nous présentait des personnages emblématiques, capables de rayonner des années après notre rencontre dans notre cœur de lecteur.
Une chronique rapide pour une lecture sans plus, mais mon avis est fait : je patienterai le temps qu’il faudra, mais ne lirai pas l’un de ses prochains romans tant qu’il ne sera pas annoncé comme un digne successeur des Fourmis ou des Thanatonautes :/

En bref, un roman qui m’aura fait passé un moment agréable mais non pas incroyable… Venant de B. Werber, j’avoue que j’en attendais bien plus : dommage !


Un bon moment, mais…

Winter People, Jennifer McMahon

Traduit par Jean-Baptiste Bernet

L’histoire : « J’avais aussi compris qu’il valait mieux éviter de la contrarier. Tantine s’emportait vite et n’appréciait guère qu’on la contredise. Quand quelqu’un refusait de la payer, elle versait une poudre noire tirée d’une de ses bourses en cuir sur sa maison en marmonnant d’étranges incantations. – S’il te plaît, réponds-moi, Tantine. Est-ce qu’on peut faire revenir les morts ? Ai-je insisté en jetant une poignée de têtes-de-violon dans son panier. Elle m’a dévisagée longuement de ses petits yeux noirs, la tête penchée. – Oui, il y a bien un moyen. Les rares qui le connaissent le transmettent à leurs enfants. Et puisque tu es ce que j’ai de plus proche d’une fille, je te transmettrai le secret ». Et si l’amour était vraiment plus fort que la mort ? Et si l’on avait la possibilité de ramener de l’au-delà l’être qu’on aime le plus au monde ?

Mon avis : … Autant vous le dire de suite : ce roman m’a fichu une trouille de tous les diables. OK, il se peut que je sois un peu flippette. Pas avec les monstres, ni même avec les serial killers ou autre réjouissances de ce genre. Mais, dès lors que l’on touche aux revenants et aux présences dans les placards, là, vous perdez le Bouchon ci-présent. J’ai d’ailleurs été mendier du réconfort dans les bras du Chéri, qui a bien sûr trouvé rigolo d’enfoncer le clou. L’amour vache, avez-vous dit ?
Winter People fait partie de ces romans se déroulant sur différentes époques : de nos jours, à travers plusieurs personnes, et en 1904, en se concentrant essentiellement sur Sara, dont nous découvrons les souvenirs de jeunesse en même temps que sa vie actuelle. On comprend bien sûr très rapidement que les deux sont liés, et que le surnaturel y est à l’œuvre. Je nous dévoilerai volontairement pas grand chose sur l’intrigue, le roman étant relativement court… Et la surprise participant à l’ambiance pour le moins particulière du récit. Mais, une question demeure : si vous aviez l’occasion de faire revenir de l’au delà un être particulièrement cher… Le feriez-vous ? En dépit des conséquences ?
Bien que l’ayant commencé jeudi, ce n’est véritablement hier que je m’y suis plongée : j’ai lu les trois quarts restants d’une traite, terrée au fond de mon lit et maudissant quelque peu l’orgueil m’ayant poussée à vouloir le lire, quand bien même je savais pertinemment qu’il me mettrait profondément mal à l’aise. Il faut dire que l’auteure arrive avec brio à mettre en place une atmosphère extrêmement oppressante, pesant telle une chape de plomb sur nos épaules : à la fois mystérieuse et profondément glaçante, elle nous enserre dès le début du récit pour ne plus nous lâcher… Ou presque : si la fin est, elle aussi, duale, elle apporte un semblant de réconfort au lecteur éprouvé. Car, après tout, c’est bien d’amour dont il est ici question, et j’ai trouvé tout à fait intéressant la manière dont l’auteure avait réussi à coupler l’élément sentimental avec l’horreur  du sujet. En un sens, Winter People s’est révélé être d’une poésie certaine, les détails sanglants et morbides n’entachant pas le reste. Une lecture dérangeante, donc, mais poignante, surtout.
Et prenante, bien sûr : une fois véritablement plongée dedans, je n’ai pas su m’arrêter de lire, tant l’histoire me prenait aux tripes : on a envie d’avancer, de savoir, de comprendre. De comprendre, oui, quel est le lien entre Sara et les différentes femmes que l’on rencontre au fil du roman. Car la galerie de portraits est uniquement féminine, ou presque : on sent que les hommes n’ont pas vraiment leur place ici, perclus dans une rationalité par trop embarrassante. L’auteure a-t-elle voulu renouer avec la croyance populaire qui prône une plus grande sensibilité des femmes à l’élément surnaturel ? Possible, mais le principal n’est pas là : Jennifer McMahon nous livre avant toute chose des portraits de femmes très crédibles, certes peu développés de part la taille réduite du roman, mais auxquels on ne peut rester insensible. La détresse de Sara à laquelle fait écho celle de Katherine, les petites Fawn et Gertie, Ruthie… Certains m’ont glacée, d’autres envoûtée : la plume de l’auteure est d’une justesse incroyable et ne fait le moindre faux pas.
Si l’on ne peut pas parler de bon moment, tant elle m’aura collé la chaire de poule, cette lecture m’aura beaucoup, beaucoup marquée. Je n’ai d’ailleurs pas perdu de temps et suis allée directement consulter la bibliographie de l’auteure, en espérant pouvoir me plonger dans l’un de ses autres ouvrages sous peu… Mais avant, il faudra se laisser le temps de digérer celui-ci. Ouf !

En bref, une lecture marquante, dérangeante, prenante. Impossible de rester insensible à ce récit qui m’aura prise aux tripes, fait frémir autant qu’il m’aura ému. À lire !


On en redemande !

L’épée brisée, Poul Anderson

81anjiemcul

Traduit par Jean-Daniel Brèque

Couverture par Nicolas Fructus (édition Le Bélial’)

L’histoire : Voici l’histoire d’une épée qu’on dit capable de trancher jusqu’aux racines mêmes d’Yggdrasil, l’Arbre du Monde. Une épée dont on dit qu’elle fut brisée par Thor en personne. Maléfique. Forgée dans le Jotunheim par le géant Bölverk, et appelée à l’être à nouveau. Une épée qui, une fois dégainée, ne peut regagner son fourreau sans avoir tué. Voici l’histoire d’une vengeance porteuse de guerre par-delà le territoire des hommes. Un récit d’amours incestueuses. De haine. De mort. Une histoire de destinées inscrites dans les runes sanglantes martelées par les dieux, chuchotées par les Nornes. Une histoire de passions. Une histoire de vie…

Mon avis : Honte à moi, mais je ne connaissais pas ce Monsieur. Poul Anderson, ou l’auteur mis sur un pied d’égalité avec Tolkien par notre bien aimé Michael Moorcock… Ce qui n’est pas rien ! Quand j’ai eu vent de la sortie en poche de L’épée brisée, j’ai donc sauté sur l’occasion d’améliorer ma culture SFFFesque et découvrir ce grand classique (écrit en 1954, comme La communauté de l’anneau !). Qui n’aura d’ailleurs pas fait long feu, puisqu’il fut expédié en deux soirées. Si peu !
Ce récit nait d’une vengeance. D’une vengeance terrible, venant d’une femme s’étant promis d’anéantir toute une lignée. De deux garçons, l’un homme élevé parmi les elfes, l’autre troll changelin, mis à sa place à la tête d’une fratrie fort prometteuse. C’est également l’histoire d’une épée. Du réceptacle de tant de violence que l’on ne peut que frémir en la contemplant, d’une promesse de mort et de destruction. C’est enfin une ode à la mythologie scandinave, une véritable Geste dans toutes les règles de l’art, une presque tragédie grecque, une œuvre foisonnante et extrêmement riche, à qui l’on concède volontiers le titre de précurseur en matière de fantasy. Tout ça !
J’avoue avoir toujours un peu peur en me lançant dans des romans datant de plusieurs dizaine d’années, et plus particulièrement quand il s’agit de fantasy. Étant habituée aux codes plus récents du genre, je n’y trouve parfois pas ce que je recherche. Pour autant… L’épée brisée m’a passionnée. Fascinée, même. Poul Anderson nous offre un récit tout à fait épique, aux allures de fable historique. Que ne donnerais-je pour l’entendre conté au coin d’un feu ! Avec un plaid bien chaud et de quoi empêcher mes mains de trembler, parce que l’atmosphère est simplement glaciale : non pas que je n’en attendais moins de la part du mentor du père d’Elric, mais nous sommes ici plongée dans une Fantasy des plus dark, où les personnages – qu’ils soient centraux ou secondaires, à quelques exceptions près- n’ont ni limites, ni morale : que nous sommes loin du ton parfois bon enfant employé par Tolkien ! Si la comparaison est immanquable, elle n’en souligne que mieux les différences de ces deux œuvres majeures. Là où l’une plaçait l’espoir en première ligne, la seconde nous plonge dans un univers noir où la loi du plus fort règne en maitre, où chacun manipule l’autre, pour tous se retrouver sur l’échiquier de dieux pas beaucoup plus moraux que leurs fidèles. Une ambiance que l’on ressent par ailleurs extrêmement bien dans la couverture imaginée par Nicolas Fructus (d’où le fait que j’ai préféré mettre celle-ci plutôt que celle de ma propre édition) : violence, trahisons et descriptions sans complaisance sont au programme, et nous frémissons devant cette intrigue tout sauf édulcorée.
Côté univers, je vous le disais, Poul Anderson mêle Histoire et Fantasy avec brio : Angleterre, Normandie ou encore Écosse sont ainsi explicitement nommées, son intrigue se déroulant manifestement aux alentours du Xe siècle, au cœur des raids du peuple Vikings. S’invitent alors Trolls, Elfes, Nains et autres Gobelins, mais également Thor, Odin, Loki et consorts. C’est tout une mythologie que nous retranscrit ici l’auteur, et j’avoue avoir été particulièrement sensible au talent dont il fait preuve pour rendre tout cela plus que plausible. On s’y croirait presque, là, tranquillement installés sur notre canapé.
Que vous soyez amateurs de mythologie scandinave, en quête d’un roman au souffle épique ou amateurs de Dark Fantasy, vous y trouverez donc votre compte : L’épée brisée ne dépasse certes pas les 400 pages, mais son poids est indéniable : me voici pour ma part plus que ravie d’avoir enfin découvert cet auteur majeur qui, je l’espère, n’a pas fini de peupler ma bibliothèque !

En bref, un roman qui a su me surprendre et me passionner : Poul Anderson est sans conteste l’une des figures majeures de la fantasy anglo-saxonne, sa patte se retrouvant dans bien des œuvres plus récentes. Mêlant Dark Fantasy, mythologie nordique et véritable fresque épique, L’épée brisée est un incontournable du genre !

On en redemande
On en redemande !

Brasier, Brandon Sanderson (Cœur d’acier #2)

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Traduit par Mélanie Fazi

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Premier tome : Cœur d’acier

L’histoire : Cœur d’Acier est mort et Newcago est libre. La disparition du tyran aurait dû rendre la vie plus simple, et pourtant David se pose des questions. Mais personne à Newcago ne peut lui offrir de réponses… C’est à Babylon Restored, autrefois Manhattan, gouvernée par la mystérieuse Épique Regalia, qu’il peut espérer les trouver. Se rendre dans une ville oppressée par un nouvel Épique despote est une entreprise délicate, mais David est prêt à courir le risque. Parce que tuer Cœur d’Acier a laissé un trou dans sa vie, à l’endroit où sa soif de vengeance se nichait autrefois. Ce manque a été comblé par une autre Épique : Brasier, que les Redresseurs ont un jour connue sous le nom de Megan. Et David est prêt à se lancer dans une quête plus dangereuse encore que son combat contre Cœur d’Acier pour la retrouver.

Mon avis : Flamme ! MAIS POURQUOI L’AI-JE LU AUSSI VITE ?! Et pourquoi, POURQUOI la suite n’est-elle pas encore sortie ? Je ne peux plus. Brandon, toi et moi, c’est du sérieux, tu le sais… ALORS FAIS UN EFFORT ET ÉCRIS, DIDIOU ! Trêve de plaisanteries : Livresse me l’avait dit, et cela s’est vérifié. Ce deuxième tome est encore plus CANON que le premier, tant dans la déferlante d’émotions qui ne manquera pas de vous submerger que dans l’intensité de l’action, rendant le bouquin simplement INLÂCHABLE. Voilà. Quoi, vous en voulez encore ? Gourmands !
Pour nos petits amis n’ayant pas encore lu le premier tome, permettez-moi de faire un résumé relativement abscons : si le premier tome se déroulait à Newcago, nous embarquons avec celui-ci pour Babilar, alias Babylon Restaurée, anciennement connue sous le charmant nom de… Manhattan. Babilar, donc, envahie par les eaux depuis que Calamité a entaché le ciel, où règne une atmosphère des plus… Étranges. Regalia, une Épique extrêmement puissante, y siège en maitre, contrôlant les eaux et les hommes à parts égales. Si le calme est manifestement revenu en ville, ses mains tâchées de sang comptent par dessus tout : pour les Redresseurs, il faut à tout prix l’empêcher de nuire à nouveau. Même si cela implique de se confronter aux démons de chacun…
… Je le dis et le répète : ce mec est un génie ! Il navigue d’un roman à un autre, d’un univers à un autre avec une aisance incroyable, insufflant toujours à ses récits une force palpable. On est happé, simplement, par ses romans, qui se vivent plus qu’ils ne se lisent. J’avais eu un coup de cœur pour Cœur d’Acier (c’est à se demander comment le contraire pourrait arriver), je réitère avec Brasier : coup de cœur oui, et doublé d’une tragique panne de lecture une fois refermé : je me sens toujours orpheline, en quittant l’un de ses romans. Qui plus est quand je m’attache plus que de raison à ses personnages, qui plus est quand il réduit mon cœur à une masse informe palpitant follement, à la merci de ses moindres caprices d’auteur. Oui ! Je n’ai plus aucune barrière quand il s’agit de B.S., et l’assume totalement. FAITES DONC CE QUE VOUS VOULEZ DE MOI ! 😭
Enfin, passons. Ce deuxième tome… Fiou ! Quelle atmosphère ! Quelle ambiance ! Bien sûr, le premier opus nous laissait sur des charbons ardents. Et celui-ci gagne encore en intensité : ayant pris une toute autre tournure depuis Newcago, le combat des Redresseurs contre la violence des Épiques n’en est que plus dangereux. Et ce d’autant plus qu’ils les comprennent de mieux en mieux, eux et… Leurs faiblesses. Les révélations pleuvent, et notre inconscient s’affole : où donc l’auteur nous entraine-t-il ? L’action est, comme toujours, menée tambour battant : aucun instant de répit n’est à signaler, rendant toute pause bien délicate. Comment, vous espériez le savourer ? Impossible, mes chers petits, IMPOSSIBLE ! Brasier se dévore, et c’est comme ça. Vous en voulez plus ? Nous sommes deux, veuillez bien le croire.
Côté cadre, j’ai ADORÉ Babilar. Ce paysage fait d’eau et de verdure, où les arbres poussent dans les immeubles quand les hommes vivent sur les toits dans des campements faits de bric et de broc, où les couleurs chatoient et les fruits luisent dans la nuit… Les descriptions sont folles, et j’en aurais voulu davantage. Là où Newcago était faite d’acier trempé, froide et impersonnelle, Babilar est… Vivante. Vivante, mystérieuse, et un brin… Angoissante, il faut le dire. Je n’ai évidemment pas boudé mon plaisir de voir nos héros évoluer dans un tel environnement, aux possibilités plus que multiples : la ville devient un véritable personnage à part entière, un personnage que l’on meurt d’envie de connaitre plus avant. Et dire que, comme les autres, celui-ci nous réserve bien des surprises… Serait un bel euphémisme.
A chaque page que l’on tourne, à chaque phrase que l’on lit, l’étau se resserre. J’ai lu la peur au ventre, consciente de l’issue inexorable vers laquelle le roman se dirigeait. Et l’ai terminé, oscillant entre joie et désespoir, mais surtout parfaitement inconsolable de devoir attendre, et attendre encore pour connaitre la suite. Que voulez-vous que je vous dise ? Je suis addict. Définitivement, purement, et simplement.

En bref, LISEZ-LE ! Lisezlelisezlelisezle. Parce que l’univers est génialissime, que l’intrigue est parfaite, que le fond et la forme sont en totale harmonie, et que le récit est bourré d’humour. ENFIN, QUOI, LISEZ-LE !

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Coup de cœur !