La mémoire de Babel, Christelle Dabos (La Passe-Miroir #3)

Couverture réalisée par

Tome 1 : Les fiancés de l’Hiver
Tome 2 : Les disparus du Clairdelune

L’histoire : Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Mon avis : Je crois que je pourrais, cette fois encore, commencer ma chronique par des points de suspension. Tout simplement parce que je n’ai pas, plus les mots, pour vous retranscrire avec justesse ce que ce troisième tome m’a fait ressentir. Cela fait un an et demi que j’attendais ce moment. Un an et demi que je ressassais la fin du deuxième opus, un an et demi que je ne pouvais empêcher mon cœur de se contracter douloureusement en y repensant. UN AN ET DEMI. Et j’aurais pu attendre un mois supplémentaire, si je n’avais eu la chance de pouvoir lire cette petite merveille quelques temps avant sa sortie (merci Chachou, si tu passes par là !)… Ce pourquoi j’ai décidé de le faire durer au maximum : ayant dévoré le deuxième en très peu de temps, j’avais envie de savourer celui-ci. De m’y plonger petit à petit, pour bien m’en imprégner… Et ce fut difficile, je ne vous le cache pas : si la fatigue n’avait pas favorisé des soirées relativement courtes, je pense que je l’aurais fini en deux jours, trois maximum. J’ai donc passé cinq jours au côté d’Ophélie, cinq jours intenses à l’issu desquels je me suis retrouvée désemparée : que lire, après ça ? Comment espérer s’investir émotionnellement dans un autre roman, après avoir tout donné avec celui-ci ? Je n’ai donc pas forcé, et suis en pause livresque depuis vendredi soir. Mais il est tout de même temps de s’atteler à la rédaction d’une chronique qui, je gage, sera délicate à écrire…
Souvenez-vous : dans le deuxième tome, notre chère Ophélie entrait dans les petits papiers de Farouk, l’esprit de famille du Pôle : nommée vice-conteuse, elle se retrouvait sous les feux d’une société oh combien hypocrite et dangereuse… Au sein de laquelle d’inexplicables disparitions ne tardèrent pas à se produire. Bien décidé à faire la lumière sur ce drame que nul ne semblait prendre au sérieux, Ophélie se plongeait, à nouveau, dans les ennuis jusqu’au cou…
Jusqu’à cette fin. Cette fin où tout s’accélère, où nos sentiments sont à la fois exaltés et piétinés. Cette fin où, {SPOILER ALERT} enfin, Thorn et Ophélie se trouvent véritablement… Avant d’être brutalement séparés. C’est donc sur Anima que nous retrouvons Ophélie, deux ans et sept mois après cette fin dramatique. Retournée sur son arche natale avec sa famille, elle s’y morfond depuis lors, surveillée de près par les suppôts de Dieu et sans aucune marche de manœuvre. Mais c’était sans compter les manigances d’Archibald, qui débarque en plein évènement familial sur Anima : il a trouvé le moyen de la faire sortir d’ici, et vite. Confrontée à l’urgence de la situation, Ophélie ne perd pas un instant… Et ne tarde pas à décider de la suite des évènements : hors de question de retourner au Pôle sans Thorn. Elle se lancera donc à sa recherche… Seule, sur une Arche inconnue : Babel, sur laquelle règnent les jumeaux Hélène et Pollux… {FIN DU SPOILER}
J’ai A-D-O-R-É. Aussi simplement que cela. Pour la troisième fois, Christelle Dabos m’a tout bonnement envoûtée : retrouver Ophélie fut une véritable libération, tant elle m’avait manquée. Malgré le délai séparant mes différentes lectures, l’émotion était palpable : la détresse de notre héroïne est toujours aussi touchante, et nous replonge instantanément dans l’univers que nous n’avions quitté qu’à grand regret. En quelques phrases, nous voilà partis à ses côtés : difficile, dès lors, de se détacher du texte pour retourner à la vie réelle. Et c’est d’autant plus dur que l’auteure nous offre une intrigue fourmillante, explorant plus avant un background toujours plus détaillé : je n’ai clairement pas boudé mon plaisir à découvrir la société Babelienne (??), ses codes et ses traditions, me retrouvant projetée en son sein avec une facilité déconcertante grâce à la plume extrêmement visuelle de Christelle. Le cadre est splendide, donc, et plein de promesses : après la fausse familiarité d’Anima et l’hypocrisie crasse du Pôle, nous nous frottons à l’exubérance stricte de cette nouvelle Arche, entre jungle luxuriante et désert aride, abritant une Famille pour le moins… intrigante. Le paraitre y est extrêmement important, mais tout y est codé, rigidifié. Le rang social y est capital, et chacun se doit de l’afficher avec ostentation… Entre autres détails que nous découvrons avec passion.
Ophélie arrive donc sur cette Arche, avec en tête une vague piste pour retrouver Thorn… Et c’est tout. Des us et coutumes de Babel, elle n’y connait rien, et ne tarde pas à s’en rendre compte : nous découvrons ce monde à travers ses yeux éberlués, et nombre de scènes m’ont serré le cœur. Car dès qu’elle pose le pied sur cette Arche, Ophélie est seule… Contre tous. Je ne veux pas vous dire un mot de l’intrigue pour ne pas vous gâcher quoi que ce soit, mais, très clairement, notre héroïne n’est épargnée ni sur le fond, ni sur la forme : le ton du récit se durcit encore davantage, et nous ne pouvons manquer de souffrir avec notre chère Animiste. L’intrigue est, certes, menée tambour battant : il n’y a aucun temps mort, et nous lisons en reprenant difficilement notre souffle. Mais… Elle est surtout riche en révélations fracassantes, en rebondissements tonitruants. Mon cœur a manqué de se déchirer à de multiples reprises, s’appropriant totalement les émotions d’Ophélie : incompréhension, frustration, horreur, tristesse, impuissance, espoir… Espoir, oui, mais espoir cruel, de ces espoirs qui nous gonflent la poitrine à en exploser, pour finalement nous laisser vidés, éreintés, souffrants. J’ai lu les yeux grand ouverts et les sentiments à la dérive, à la fois avide d’en savoir davantage, de trouver enfin les réponses à mes questions… Et terriblement craintive de devoir refermer définitivement mon roman.
Finalement, j’ai bien dû le fermer, ce troisième tome… J’ai bien dû le finir. En lisant les deux cents dernières pages d’une traite, les yeux rougis. Et cette fin… CETTE FIN. Cette fin m’a mise au supplice autant qu’elle m’a réjouie. Cette fin qui est une véritable épreuve quand l’on sait que la suite n’est pas pour demain, une torture pour qui s’est attaché à nos héros. Une nouvelle fois, mon cœur de lectrice est orphelin et peine à s’en remettre. Une nouvelle fois, c’est un grand, un magnifique, un merveilleux coup de cœur. Le talent de Christelle Dabos ne se dément pas, tout au contraire : plus l’on avance, et plus sa série s’épanouit. Malgré (ou grâce ?) les épreuves auxquelles elle est confrontée, Ophélie ne cesse de gagner en maturité et en courage, et notre affection pour elle s’affirme page après page. C’est une grande série que nous offre l’auteure, une grande série qui mérite d’être lue par tous les rêveurs… Pour moi, c’est désormais sûr et certain : La Passe-Miroir fait partie des mes incontournables, de mes plus beaux moments livresques. Et pour cela… Merci Christelle, merci ❤️

En bref, ce troisième tome m’a comblée : la plume de l’auteure est toujours aussi superbe, son imaginaire débordant m’a laissé béate d’admiration et… Que dire de nos personnages principaux ? J’en ai encore le cœur serré, et n’attends désormais plus qu’une chose : pouvoir, enfin, découvrir la fin de leurs aventures. Avec le déchirement que cela implique…

 
COUP DE CŒUR !

Duologie Eon : un voyage en terre dragons, par Alison Goodman

Couvertures par Sammy Yuen Jr.
Traduits par Philippe Giraudon

L’histoire : Sous l’autorité de son maître, Eon s’est entraîné à manier le sabre et maîtriser les figures magiques. Il espère être choisi comme apprenti par l’un des douze dragons énergétiques qui protègent le pays, et acquérir ainsi, en devenant Oeil du Dragon, un extraordinaire pouvoir. Mais Eon porte un dangereux secret: il est en réalité Eona, jeune fille de 16 ans, déguisée en garçon. Plongée dans un monde plein de traîtrises et de manifestations magiques, Eona est au coeur d’une lutte à mort pour le trône impérial. Avec l’aide de ses amis, trouvera-t-elle la force de combattre ?

Mon avis : Parlons-en enfin, de cette série qui m’aura tenue en haleine ces deux dernières semaines ! Si le délai peut paraitre long (bien qu’ils ne soient pas tout fins, je pense que je les aurais dévoré en l’espace de quelques jours), je n’en ai pas moins grandement (GRANDEMENT) apprécié ma lecture : après avoir terminé le premier opus, j’étais même bien incapable de ne pas attaquer derechef le second. Il sera donc question de la série complète !
Eon est un jeune garçon de douze ans. Comme ses onze camarades, cela fait maintenant plusieurs années qu’il se prépare à la dure cérémonie au cours de laquelle l’un d’entre eux sera choisi par le Dragon Rat, l’un des douze dragons célestes. Quelques heures à peine qui pourraient changer toute leur vie : en devenant apprenti de l’Oeil du dragon actuel, un immense pouvoir et une reconnaissance sans limite s’ouvriraient à eux.  Mais Eon a un lourd secret : alors qu’il porte chaque jour le poids de l’accident qui l’a laissé estropié à vie, il doit en plus cacher sa véritable identité : Eona, jeune fille de 16 ans. Un secret qui pourrait lui valoir une mort aussi subite que violente, dans cette société où les femmes sont cantonnées aux places les plus basses…
Franchement, FRANCHEMENT, après avoir lu Lady HelenJe ne regrette absolument pas de m’être lancée à l’assaut de la première série d’Alison Goodman : j’ai A-D-O-R-É ma lecture. Si je vous avouais lire assez peu de romans prenant place en plein 19e siècle, que dire de la Chine médiévale ? C’est simple, dans mon souvenir… Ce n’est jamais arrivé. Et ce n’est pourtant pas faute d’être curieuse ! Mais voilà, l’occasion ne s’est pas présentée… Jusqu’à maintenant, donc. Et quel plaisir ! Quel plaisir d’avoir ce petit goût de jamais vu ! C’est simple : tant dans son intrigue que dans son univers, l’auteure n’a cessé de me surprendre. J’ai lu avec passion, et ce dès les premiers chapitres : elle a su captivé mon attention en quelques lignes, et la conserver sur toute la longueur. J’ai adoré découvrir le monde d’Eon, en apprendre davantage sur ces mystérieux Dragons Célestes et leur histoire. Alison Goodman n’est pas avare de détails, à quelque niveau que ce soit : on s’immerge dans son récit avec une facilité incroyable… Et on le reste tout du long : l’intrigue ne cesse de gagner en intensité. Les premiers chapitres, d’abord, où l’on apprend le lourd secret d’Eon. Et les suivants… Sur lesquels je ne vous dirai bien évidemment rien, pour ne pas vous gâcher la surprise. Mais les rebondissements vont bon train, et l’on se surprend ne nombreuses fois à retenir notre souffle : que va-t-il advenir de notre héroïne ? Je dois avouer avoir pressenti une bonne partie des évènements du premier tome : non que l’intrigue soit cousue de fil blanc, mais si l’on est attentif… L’auteure laisse suffisamment d’indices pour deviner de quoi il retourne (je pense notamment au mystère du Dragon Miroir, ainsi qu’au livre Rouge indéchiffrable). Pour autant, cela n’a pas entaché ma lecture, tout au contraire : je me suis simplement régalée. Il faut dire qu’Alison Goodman crée une héroïne très crédible : entre fêlures, doutes et peurs, Eona m’a beaucoup touchée. Elle est loin, loin d’être parfaite, mais cela ne compte que peu : son courage et sa détermination, malgré les lourdes épreuves auxquelles elle fait face, forcent l’admiration. J’ai beaucoup aimé le fait que l’auteure n’atténue pas le poids de sa condition de femme : à partir du moment où la supercherie est dévoilée (car elle le sera inévitablement, on le comprend très vite), le comportement de tous est transfiguré : dégoût, déception, convoitise… La jeune femme se retrouve au cœur d’une tempête qu’elle aurait bien été en peine d’imaginer. Là où on aurait fait preuve d’indulgence pour un homme, on suspecte de suite traitrise et mensonges… Quelques scènes m’ont ainsi donné envie de hurler de frustration ‘_’ Et c’est d’autant plus poignant qu’elle n’a, au fond, rien véritablement demandé… Mais je vous laisse découvrir tout cela 🙂
Le second tome, au contraire, ne m’a pas laissé entrevoir quoi que ce soit : j’ai lu avec avidité, plus que curieuse des évènements à venir. D’autant plus quand ceux-ci prennent une allure… Dangereusement séduisante. Car oui, il y a bien de la romance (que les cœurs d’artichauts se rassurent !), même si elle n’a clairement pas la place la plus importante ici. Disons que c’est… Un petit plus qui n’a pas été pour me déplaire. L’atmosphère générale du roman devient plus sombre : les derniers évènements du premier opus avaient de toute façon donné le ton. Les scènes brutales ne sont pas rares, et l’auteure n’hésite pas à sacrifier certains de ses pions : je vous mentirais si je disais que mon coeur ne s’était jamais serré T.T Car si l’auteure soigne particulièrement son personnage central, les autres ne sont pas pour autant en reste : entre l’Empereur, Ryko, Dela, Rilla… Fiou ❤️
Vous l’aurez compris, j’ai passé un moment hors du temps avec ces deux romans : j’ai vraiment été subjuguée par cette atmosphère si particulière , fascinée par cet univers à la mythologie incroyable.  Alison Goodman m’a emportée avec sa plume immersive, et c’est avec grand regret que je tourne cette dernière page… Coup de cœur, donc !

En bref, coup de cœur pour cette duologie qui aura su me captiver durant près de deux semaines : les amateurs de fantasy et de Chine médiévale y trouveront leur compte, tant l’auteure mêle les deux univers avec brio. C’est passionnant, séduisant, captivant : ON ADORE !


Coup de cœur !

Le club des mauvais jours, Alison Goodman (Lady Helen #1)

Traduit par Philippe Giraudon
Couverture réalisée par Laurent Besson

***

L’histoire : Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l’espoir de faire un beau mariage. Mais d’étranges faits surviennent qui la plongent soudain dans les ombres de la Régence : une bonne de la maison disparaît, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d’étranges pouvoirs mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d’insouciance pour basculer dans un monde terrifiant?

Mon avis : Mais qu’il est bon, ce premier tome ! Oui, j’annonce la couleur de suite : j’ai beaucoup, beaucoup aimé ma lecture ! Il m’a fallu un bon moment pour en venir à bout (quasiment une semaine, alors qu’il était très prenant), n’ayant pas eu beaucoup de temps à lui consacrer, mais les heures passées avec lui furent vraiment, vraiment excellentes : si j’avais pu n’en faire qu’une bouchée, pensez bien que je n’aurais pas hésité !
J’ai été interpellée par ce roman dès sa sortie, soyons honnêtes : sa sublime couverture passait difficilement inaperçue, de même que son épaisseur un poil conséquente : je me souviens l’avoir alors pris, posé, repris, reposé, repris… Reposé. Parce que, si vous ne le saviez pas encore, je suis quelqu’un de fort raisonnable (et là, je suis crédible ?). Je n’ai donc pas craqué sur le coup, et l’ai quelque peu oublié. Jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que je rejoigne mon équipe actuelle, tous grands lecteurs et passionnés de genres bien différents (mais, comme ce sont tous des personnes de bon goût, elles marquent tous une petite prédilection pour les littératures de l’imaginaire. Comme quoi, je suis VRAIMENT bien tombée), et notamment ma collègue gérant le rayon jeunesse. Avec qui je me suis mise à discuter, devant la table ado. Et qui m’a dit « Mais quoi, tu n’as pas lu Lady Helen ?! » Ni une, ni deux, je lui ai donc piqué son exemplaire, et me suis plongée dedans peu après…
Helen est une jeune fille de bonne famille. Âgée de 18 ans, elle s’apprête à faire son entrée dans le monde : dans quelques jours à peine, elle se tiendra devant la Reine d’Angleterre et devra être tout simplement parfaite. Car Helen porte un lourd fardeau : sa mère, disparue quand elle avait huit ans, a été condamnée pour trahison, entachant ainsi durement leur nom. Si la jeune fille souhaite trouver un beau parti, elle devra donc être exemplaire. Mais les choses ne se passent pas comme prévu : une petite phrase chuchotée d’une voix royale, et c’est les convictions de toute une vie qui s’écroulent. Une rencontre fortuite avec un homme dangereux, mais oh combien mystérieux, et c’est le monde policé qu’Helen a toujours connu qui s’affadit. La vie de Cour n’a jamais été aussi loin, surtout  quand la jeune fille se découvre des pouvoirs bien trop étranges pour être naturels…
Alison Goodman plante ainsi son intrigue en plein 18e siècle, dans le décor fastueux de l’aristocratie londonienne. Ne connaissant pas particulièrement bien cette période, et la croisant assez rarement dans mes lectures, je dois dire que j’ai été de suite séduite par ces descriptions riches et imagées, l’auteure parvenant sans peine à créer une atmosphère toute particulière, entre préciosité et mystère. Nous rencontrons donc Helen, cette jeune fille d’une vivacité d’esprit ma foi fort agréable, et dotée d’un caractère décidément assez loin de ce que son entourage aurait souhaité. Un combo fort attachant, et c’est avec un intérêt grandissant que j’ai suivi le méandre de ses aventures : si les premiers chapitres se lisent avec curiosité, les derniers se dévorent littéralement (j’ai d’ailleurs lu les 250 dernières pages d’une traite). Alison Goodman nous propose en effet une intrigue qui ne cesse de gagner en intensité : cette rencontre avec la Reine, tout d’abord, qui amorce les premiers bouleversements. Et avec Carlston ensuite, ce noble énigmatique dégageant une aura à la fois dangereuse et profondément séduisante. J’en vois tiquer, là-bas, avec ce dernier mot ! Laissez-moi vous détromper : si l’on sent bien (et je ne précise pas avec qui) une petite amorce de romance, elle est tout bonnement ridiculement minuscule : ce n’est absolument pas ce qui nous préoccupe ici. Et j’avoue avoir été agréablement surprise de ce fait, tout comme de la façon dont c’est amené : loin des habituels clichés que l’on retrouve en littérature adolescente, j’ai trouvé qu’Alison Goodman faisait preuve de doigté et d’intelligence : on se laisse bien volontiers prendre au jeu, un jeu loin de toute niaiserie, paraissant donc bien plus crédible que toutes ces relations sans profondeur qui se nouent et se dénouent au fil des romans. Et cela tient sans doute au fait que l’auteure ne sacrifie pas à l’intrigue la psychologie des personnages : la galerie est plutôt restreinte, certes (nous avons deux personnages centraux, et une petite dizaine de personnages secondaires), mais les portraits n’en sont pas moins travaillés : il m’a été fort aisé de leur laisser prendre vie à mes côtés. Concernant Carlston et Helen, ils m’ont d’ailleurs fait étrangement penser à deux héros me tenant particulièrement à cœur : Rose et Artus, que nous retrouvons dans la série Rose Morte de Céline Landressie. À vous de juger 🙂
Côté univers… Une nouvelle fois, c’est excellent : sans entrer dans les détails (vous voulez des surprises, vous en aurez !), laissez moi vous dire que l’auteure amène particulièrement bien l’élément fantastique. Qui a, en outre, l’avantage d’être assez novateur : j’ai été fascinée devant ces nouvelles « créatures » (appelons-les comme ça, voulez-vous ?), et j’aurais voulu en apprendre encore davantage : nous restons effectivement dans un roman classé « ado », et tout n’est pas développé à l’extrême. Mais cela n’empêche pas l’auteure de nous servir  quelque chose d’à la fois très crédible, et vraiment passionnant. Ajoutez à cela une plume fort agréable à lire, et vous comprendrez pourquoi j’ai été ravie de découvrir ce roman : ma première lecture de 2017 augure décidément une excellente année livresque 🙂

En bref, le premier tome d’une trilogie que je ne manquerai pas de suivre ! Alison Goodman nous offre ici un roman tout à fait prenant, vraiment bien construit et mené : les personnages sont attachants et loin d’être fade, l’intrigue est captivante et la plume de l’auteure très évocatrice. L’un des meilleurs romans ado que j’ai pu lire, je le dis sans fard !

 
On en redemande ! (Carrément !)

1/48

Les disparus du Clairdelune, Christelle Dabos (La passe-miroir #2)

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Tome 1 : Les fiancés de l’Hiver

L’histoire : Fraichement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions des personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d’une redoutable vérité.

Mon avis : … Je me meurs. JE ME MEURS DE FRUSTRATION. Pourquoi, POURQUOI ai-je lu ce deuxième tome si rapidement ? Gabriel Katz avait raison, quand il disait que j’étais un brin maso. On a attendu, quoi ? Deux ans, entre les deux premiers tomes ? Et je lis le second à la vitesse de l’éclair, sans tenir compte des loooooongs mois qui nous séparent du dénouement final ? J’ai bien cru que j’allais me mettre à pleurer, en tournant la dernière page. Enfin : pleurer davantage que je n’étais en train de le faire car, OUI, Christelle Dabos a réduit en miettes mon cœur d’artichaut. Elle l’a pris, l’a jeté par terre et s’est acharnée dessus, même. Quoi qu’il en soit, vous l’avez compris : si votre équilibre mental n’est pas déjà irrémédiablement compromis, prenez avec le plus de pincettes Les disparus de Clairdelune. Prenez-le avec des pincettes, et SAVOUREZ-EN au maximum la lecture. Car après, il faudra attendre… Et ça, c’est dur.
Souvenez-vous : Ophélie, jeune animiste et passe-miroir, était envoyée vers la Citacielle pour conclure une alliance diplomatique en épousant Thorn, intendant de la ville et grand échalas plus froid que la glace. Arrivée sur place, la jeune fille découvrait avec stupeur un monde fait d’illusions et de complots, une société devenue un peu folle et oh combien hypocrite… À laquelle, en aucun cas, elle ne devait se mêler : pourquoi cet anonymat forcé ? Et quid des véritables raisons de cette alliance terriblement pesante ? Armée de ses lunettes et de son écharpe un brin insolente, Ophélie s’était ainsi mis en devoir de faire la lumière sur tous ses secrets. Quitte à attirer l’attention d’un semi-dieu pour le moins déconcertant…
A l’aune du deuxième tome, c’est donc une héroïne exaspérée par son futur mari et un brin terrifiée par un géant au regard de glace que nous retrouvons : alors qu’elle se présente (enfin !) officiellement à Farouk -espérant ainsi obtenir sa protection, pour elle mais aussi pour l’ensemble du foyer de Berenilde (on ne se souvient que trop bien de la mésaventure un brin sanglante ayant coûté la vie aux Dragons) – l’esprit de famille du Pôle lui confie, avec son flegme habituel… La charge de vice-conteuse. Notre timide héroïne se retrouve donc à devoir conter, devant l’ensemble de l’aristocratie locale, des histoires de son cru. Méprisée, jalousée, ridiculisée, épiée dans ses moindres faits et gestes, Ophélie ne sait comment s’extirper de cette situation… Jusqu’à ce que celle-ci s’aggrave encore : sans que l’on comprenne comment, d’imminentes personnalités se mettent à disparaitre brusquement. Complots, vengeances et obscurs secrets, Ophélie n’est décidément pas au bout de ses peines… Et nous non plus !
Malgré l’apparent pavé ci-dessous, je n’ai fait qu’effleurer du bout des doigts l’intrigue de ces deux premiers tomes. Car, oui, Christelle Dabos ne fait pas les choses à moitié : comme je le disais dans ma chronique du premier tome, son univers est extrêmement riche… Et se complexifie encore davantage avec Les Disparus du Clairdelune. Oui, ce deuxième tome traite bien de ces mystérieuses disparitions, qui vont entrainer Ophélie dans une enquête à la fois passionnante et dangereuse… Mais le fil rouge que l’on découvrait dans Les fiancés de l’hiver se poursuit ici, agrémenté de mille et une ramifications, rendant notre lecture tout simplement haletante : dire que ce récit m’a captivée serait un euphémisme, et pas des moindres ! J’ai adoré en apprendre plus sur ce Dieu des plus mystérieux, mais également sur Farouk, que l’on découvre sous un jour bien plus intimiste que dans le premier tome.  Et que dire de nos personnages chouchous, qui ne cessent d’évoluer dans ce deuxième opus ? Malgré les deux années écoulées entre ma lecture du premier et du deuxième roman, j’ai pu me rendre compte qu’Ophélie avait conservé sa place bien au chaud dans mon petit cœur de lectrice : la retrouver fut un vrai bonheur. Et la voir grandir, s’affirmer, devenir plus volontaire que timide et, surtout, être bien décidée à ne plus se laisser dicter son comportement par n’importe qui m’a littéralement enchantée. On a bien trop souvent affaire à des personnages plus ou moins similaires, et passer quelques jours en compagnie de cette jeune fille atypique m’a fait l’effet d’une véritable bouffée d’air frais : Ophélie est de celles que l’on oublie pas, qu’importe le temps qui passe.
Et Thorn… THORN ! On parlait du bookboyfriend idéal, il y a peu. Une chose est certaine : ce n’est clairement pas à lui que l’on pense en premier, sur ce sujet. Il est méprisant, distant, cachottier, maniaque, tyrannique… Et pourtant. POURTANT ! En vérité, il est surtout très, très pudique. Et très certainement traumatisé par un passé difficile, marqué par une mère absente (et… HUM) et une famille qui ne l’a jamais accepté. Comment voulez-vous qu’il ait appris à aimer, dans ces conditions ?! Il fait sans nul doute partie des personnages les plus attendrissants que j’ai pu rencontrer, malgré l’agacement qu’il a parfois provoqué chez moi. Un agacement bien vite oublié, ceci dit. Et inutile de me faire ces yeux-là, je ne dirai rien de plus à ce propos. NON, RIEN !
Je n’aurais pas parié dessus (l’habitude, que voulez-vous), et pourtant force est de constater que, loin d’être aussi bon que le premier tome… Celui-ci est encore meilleur : encore plus captivant, encore plus décoiffant, encore plus magnifique visuellement parlant, encore plus abouti, encore plus… Encore plus tout : je ne trouverai le repos que lorsque j’aurais convaincu le monde entier de se jeter dessus. C’est une perle que nous offre Christelle Dabos, un diamant, une pépite d’or aussi grosse que le poing et s’affirme ainsi comme l’une des auteures francophones les plus talentueuses de sa génération. Rien que ça ♥

En bref, Christelle Dabos réitère et nous offre un deuxième tome tout simplement PAR-FAIT : j’ai adoré me replonger dans le quotidien Oh combien mouvementée d’Ophélie, suivre l’évolution de sa relation avec Thorn, en apprendre davantage sur l’esprit de famille du Pôle et la cour toute entière… Et, surtout, surtout me frotter de nouveau à la plume magique de l’auteure, à son imagination débordante, à sa folie créatrice. COUP DE CŒUR !

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Coup de coeur !

Lu en LC avec mon petit Chat d’amour

http://chezlechatducheshire.hautetfort.com/

Max, Sarah Cohen-Scali

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L’histoire : « 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage.
Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! » Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich. Une fable historique fascinante et dérangeante qu’on ne peut pas lâcher.

Mon avis : C’est à l’occasion de notre weekend en Haute-Savoie que Max est entré dans ma PAL : Sae la tentatrice a encore frappé ! Sur vos bons conseils, j’ai attendu que Malo soit là pour le commencer… Et même ainsi, j’ai été frappée de plein fouet par cette lecture abrupte, douloureuse, violente. D’ailleurs, petite anecdote : il a bien fallu que je catégorise, pour mon challenge de l’été. En lisant le résumé, je l’ai donc collé en… SF. Science-fiction, parce que ça me paraissait tellement dingue que ça NE POUVAIT PAS être vrai (on notera au passage ma culture déplorable). Autant vous dire que je suis tombée des nues quand j’ai appris que l’auteure s’était inspirée de faits réels…
Dans quelques minutes, Max -le narrateur- verra le jour. Il ne connaitra jamais son père biologique, et sa mère sera, quant à elle, contrainte de le quitter au bout de quelques mois. Mais Max n’en a cure  : il ne vit que pour ses parents adoptifs : sa mère, l’Allemagne nazie. Son père, le Führer. Premier né du programme Lebensborn, Max est prêt à tout pour honorer son nom, son rang, et sa mission : devenir un modèle de perfection aryenne…
Si je ne devais retenir qu’un adjectif pour qualifier ce roman… Glaçant me parait tout à fait approprié. Sarah Cohen-Scali nous propose avec Max une plongée cauchemardesque dans l’Allemagne du IIIe Reich, au coeur même de la pensée nazie. Elle l’aurait fait au travers d’un héros d’âge adulte, ou même en adoptant une narration extérieure, l’impact aurait été considérablement amoindri. Mais voilà : c’est à Max que l’on a affaire, Max qui nous fait part de la moindre de ses pensées, que nous suivons de sa naissance à ses neuf ans. Je crois n’avoir jamais, JAMAIS dans toute mon histoire de lectrice rencontré un personnage tel que celui-ci. Il a déchainé en moi les émotions les plus contraires, m’a littéralement écartelée émotionnellement parlant… Tout cela tenant principalement au fait qu’il s’agit d’un enfant. Un enfant, un bébé, un nourrisson ! Un être censé être d’une pureté parfaite, mais qui tient pourtant des propos ignobles. Et il le fait avec une telle candeur ! Une telle innocence ! Après tout, n’est-il pas la première victime de cette horrible machination (pour rappel, le plan Lebensborn visait à « créer » la race aryenne », en associant officiers SS et femmes allemandes dûment sélectionnés et étudiés… Tout en sachant que les bébés ainsi produits devaient eux-mêmes présenter des mensurations parfaites pour espérer vivre plus de quelques minutes…) ?
Nous voilà donc oscillant entre pitié et dégoût, compassion et rejet. Et, bien malgré nous… On finit par s’y attacher, à ce petit blondinet. Les propos restent effroyables, l’atmosphère glaciale, et pourtant : les pages défilent, et nos sentiments évoluent, un peu à notre insu : je m’en suis personnellement rendu compte quand j’ai compris que les larmes que je versais n’étaient plus uniquement destinées aux victimes toutes désignées de cette abomination, mais aussi pour ces enfants allemands embarqués de force dans ce qui fut la plus grande honte de l’histoire de l’humanité. Formatés comme ils l’étaient, quel espoir avaient-ils de s’en remettre ?
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : Max est un roman bouleversant, qui ne POURRA PAS vous laisser indifférent. Les mots de Sarah Cohen-Scali sont incisifs, implacables, marquant notre esprit tel un fer chauffé à blanc. Alors oui, il est évident qu’il faut choisir le bon moment pour découvrir ce récit, tant il dénonce des faits atroces. Mais vous avez tout à gagner en le lisant : vous découvrirez avec lui un roman dévastateur, d’une puissance folle et, il faut le dire, rudement bien mené. Ne passez pas à côté !

En bref, un roman qui m’a laissée à genoux : comment, comment a-t-on pu ?

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Coup de cœur

Animale, Victor Dixen

Animale

L’histoire : Et si le conte le plus innocent dissimulait l’histoire d’amour la plus terrifiante ?
1832. Blonde, dix-sept ans, orpheline, vit depuis toujours dans un couvent, entourée de mystères. Pourquoi les soeurs l’obligent-elles à couvrir ses cheveux d’or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes noires ? Qui sont ses parents et que leur est-il arrivé ? Quelle est la cause de ses évanouissements fréquents ?
Blonde est différente et rêve de se mettre en quête de vérité. Alors qu’elle s’enfuit du couvent pour remonter le fil du passé, elle se découvre un côté obscure, une part animale : il y a au cœur de son histoire un terrible secret.

Mon avis : En voilà, une chouette lecture ! Quand ma très chère Souris m’a proposé de faire une lecture commune pour ce roman, je n’ai pas hésité un instant. D’une, parce que j’adoooore Souris, et de deux parce qu’Animale me faisait terriblement envie ^_^ Depuis que les premières chroniques à son propos sont parues, en fait : il faut dire que vous vous êtes montrés particulièrement enthousiastes à son propos ! Et si cette lecture ne fut pas un coup de cœur pour moi, elle a néanmoins tenu toutes ses promesses : Victor Dixen m’a fait passé un excellent moment 🙂
Blonde a dix-sept ans. Depuis son plus jeune âge, elle vit enfermée dans le couvent de Sainte-Ursule, une bâtisse sombre et froide perdue au fin fond des bois. D’un naturel apathique, elle n’y a pas beaucoup d’amies : ses jeunes camarades préfèrent se moquer des lunettes teintées que les sœurs l’obligent à porter, et de la torpeur dont elle ne semble devoir jamais sortir. Destinée à rester au couvent toute sa vie durant, Blonde n’entretient pas beaucoup d’espoir face à son avenir. Et pourtant… Elle ne peut s’empêcher de frémir quand Gaspard, apprenti sculpteur, pose les yeux sur elle. Alors qu’elle lui sert de modèle pour restaurer une statue, Blonde est pour la première fois débarrassée de ses lunettes, et de la gangue de tissu enfermant la masse dorée de ses cheveux. Ainsi exposée au regard du jeune homme, Blonde semble revivre. Une énergie nouvelle coule dans ses veines, une énergie intarissable, grondante… Animale. Une énergie grâce à laquelle elle va pouvoir enfin découvrir la vérité sur son passé, un passé trouble, effrayant, qui la relie à un conte bien connu : Boucle d’or
Alors alors, par où commencer ? Ce roman est terriblement captivant, qu’on se le dise : j’en ai dévoré les trois quarts en une journée à peine. Victor Dixen mêle allégrement romance (à petites doses), fantastique et horreur, et une chose est sûre : le mélange des trois est savoureux ! D’autant plus que l’auteur possède une plume des plus évocatrices, et particulièrement agréable à lire : une fois dedans, elle ne cessera pas une seconde d’entretenir votre intérêt. Moi qui aime être embarquée par mes lectures, vous pensez bien que j’étais aux anges 🙂
Contrairement à ce que je pensais, Animale n’est pas un remake de Boucle d’or. Vous savez, ce petit conte nian-nian et gentillet… Et bien non. Ou plutôt… Pas vraiment, disons : une partie des évènements d’Animale sont ainsi présentés comme étant à l’origine du conte (et ils sont bien moins gentillets, je puis vous l’assurer)(et là se trouve, à mon sens, le tour de force réalisé par V.Dixen : pour un peu, on croirait avoir entre les mains de véritables documents d’archives !), et la majeure partie du roman découle de ceux-ci. Allez, je l’annonce : Blonde est la fille de Boucle d’Or, autrement appelée Gabrielle de Brance. C’est donc l’histoire de ces deux jeunes femmes que nous raconte Victor Dixen, une histoire difficile, sombre, criante d’injustice mais, surtout, porteuse d’espoir. Parce que l’amour est là, cet amour incommensurable et complètement fou, qui nous pousse à tout abandonner pour l’être aimé, à passer outre les convenances et les aprioris, à oublier les apparences pour se concentrer sur l’essentiel. Fiou <3
J’ai beaucoup aimé Blonde. Elle évolue tout au long du roman, passant d’une jeune fille fragile et persuadée d’être condamnée à un avenir sans couleur, à une jeune femme forte, prête à tout pour s’en sortir et rétablir la vérité. Son histoire m’a beaucoup touchée, et j’ai eu à cœur de la voir s’en sortir, de la voir heureuse, enfin.
Je me suis également beaucoup attachée à Gabrielle. Je ne vous en dirais pas beaucoup sur son compte, pour vous garder la surprise intacte… Mais le fait est que je l’ai trouvée particulièrement courageuse, et droite. Une seule chose m’a gênée : pourquoi avoir abandonner la petite Renée ? Pas compris…
Je m’arrêterai là, de peur de vous en dire trop sur cette petite pépite. Je suis véritablement ravie d’avoir sauté le pas avec ce roman, qui m’a tout bonnement conquise. L’intrigue, la plume, les personnages… Tout est fait pour embarquer le lecteur dans une aventure palpitante, qui ne laissera personne insensible. Un petit regret toutefois, qui explique l’absence de coup de cœur : j’ai trouvé la fin un tantinet moins captivante… Mon attention a davantage vagabondé, disons. Mais rien de bien méchant 😉

En bref, Victor Dixen reprend le conte de notre enfance pour lui donner une toute autre ampleur, bien plus sombre, plus inquiétante mais, il faut le dire, captivante. L’intrigue est parfaitement construite et tient entièrement ses promesses : à découvrir si ce n’est déjà fait !

 
On en redemande !

L’avis des copines :

Souris

Les fiancés de l’hiver, Christelle Dabos (La passe-miroir #1)

L’histoire : Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Mon avis : Quelle lecture, mais quelle EXCELLENTE lecture ! Quelle imagination ! Quelle plume ! Quel talent ! J’en sors tout juste, et je suis littéralement SOUS LE CHARME. Sans conteste, c’est dans des livres comme celui-ci que mon top de la semaine trouve sa légitimité. C’est pour des livres comme celui-ci que je l’ai écrit. C’est pour vivre de telles aventures que je lis, jour après jour, toujours plus passionnée, toujours plus avide. Mme Dabos, MERCI ! Vous m’avez fait voyager aux confins de mon imaginaire, vous avez repoussé les limites de mon entendement, et avec quel panache ! Je n’aurai qu’un mot pour résumer ma pensée à cette instant précis : WAHOU !
Ophélie est une jeune femme timide, gauche et solitaire, qui ne vit que pour son musée. Comme tous les animistes, elle entretient une affinité particulière avec les objets : elle peut remonter leur passé d’un simple toucher du doigt. En outre, elle peut également traverser les miroirs… Pratique, quand on veut échapper à une sœur un brin tyrannique ! Malheureusement, son don n’est pas infaillible : quand les Doyennes d’Anima décident de la fiancer à Thorn, un jeune homme particulièrement austère vivant au Pôle, Ophélie ne peut fuir. Contrainte d’embarquer avec lui, accompagnée d’une tante revêche, la voilà partie pour la Citadelle, capitale régnant sur cette arche au froid polaire. Pour Ophélie, l’incompréhension est complète : que lui veut-on ? Pourquoi la choisir, elle, quand son futur mari semble exaspéré par sa simple présence ? Et, par dessus tout, pourquoi doit-elle absolument garder l’anonymat ? Beaucoup de questions, et aucune réponse. Ophélie va devoir chercher par elle-même… Au risque de faire de très, très mauvaises rencontres.
Ce livre est une BOMBE. Vous ne l’avez pas lu ? Foncez. Je vous préviens, les gerbilles sont sur le pied de guerre ! Bon, sans rire, ce premier tome est génial. Je ne trouve rien à y redire, tant j’ai été… estomaquée par cette lecture. En tout point, elle fut parfaite. Si parfaite que je n’ai pu m’empêcher de lire à chaque instant, l’étalant sur… Deux jours. A peine. Et, croyez-le ou non, je me sens désormais comme orpheline, tant je me sentais bien dans cet univers. Non, pas bien. Merveilleusement bien. C’est à peine si je n’ai pas fait tomber mon Mac, en me précipitant pour obtenir des nouvelles du deuxième tome ! Et que je n’ai pas éclaté en sanglots, en comprenant qu’il était en cours d’écriture… Et donc indisponible jusqu’à la fin de l’année, si ce n’est plus ! L’HORREUR.
Parce qu’il faut vous dire que, une fois entrés dans l’univers d’Ophélie, vous n’en ressortirez plus. Il est tellement original et bien construit que c’est un vrai régal d’y évoluer, d’en découvrir les lois et les secrets. Christelle Dabos nous offre là quelque chose d’entièrement nouveau (je n’ai jamais lu ça ailleurs, en ce qui me concerne), et pousse le vice en ne laissant aucune faille dans ses explications. Pire (ou mieux) : elle ne nous dit pas tout ! On les sent, les mille et un secrets qui fourmillent derrière les mots, et qui ne seront dévoilés que par la suite ! J’en ai le cœur qui bat la chamade, c’est dire combien je suis enthousiaste. S’il y a quelque chose que j’aime par dessus tout en fantasy, ce sont les univers creusés au possible, se démarquant des autres de quelque façon que ce soit : topographie, magie, mythologie… Des univers tels qu’on en trouve dans le SDA, dans La Dernière Terre, ou encore dans Fils-des-brumes. Et maintenant dans La Passe-miroir, qui se démarque du peloton sur les trois points situés plus haut ! C’est un tour de force. Je ne sais combien de temps l’auteure a planché sur son texte, mais je peux vous dire une chose : c’est du lourd, du TRÈS lourd.
Parlons un peu de l’univers dans lequel évolue Ophélie : après une grosse colère, Dieu a fait éclater la Terre en morceaux. Plus de continents, les hommes vivent maintenant sur des Arches, bouts de Terre plus ou moins gros et en suspension. Sur chaque Arche, un peuple spécifique. A la tête de ce peuple, un « mini-dieu », autrement appelé Esprit de famille. Sur Anima, l’Arche d’Ophélie, les animistes descendent ainsi tous d’Artémis, une beauté à couper le souffle… Vous suivez ? Parce que ça se corse : chaque peuple possède, en outre, un « pouvoir » particulier : les animistes, par exemple, peuvent interagir (sous des formes et à des degrés divers) avec les objets. C’est ainsi qu’Ophélie peut lire le passé d’un objet, en l’effleurant simplement du doigt… Mais attendez ! Je vais trop vite. Revenons à cet univers si particulier…
On ne sait pas vraiment quand le « déchirement de l’Ancien Monde » a eu lieu, les indications laissées par l’auteure étant assez maigres. Mais je peux vous dire une chose : je me damnerais pour voir DE MES YEUX ce que ça donne. Tout simplement parce que… Les descriptions de Christelle Dabos sont magnifiques. Dès les premières pages, on comprend que l’auteure ne va pas être avare de détails, tout au contraire : son écriture est très visuelle, elle nous plonge véritablement au cœur de son imagination. Et avec quelle… Poésie ! Mais quel régal, ce style ! Tellement aérien, tellement fluide, et tellement… Beau, tout simplement ! On sent que les mots sont choisis avec soin, manipulés avec expertise, et c’est un plaisir à lire. Je vous l’ai dit, tout est parfait dans ce premier tome : le fond, la forme, tout. TOUT !
Ensuite, les magies. J’ai ADORÉ voir que, sur Anima, les objets étaient animés. Les maisons ont du caractère, les carrosses avancent sans chevaux, les meubles reconnaissent leur propriétaires… Et puis, cette diversité ! Comme je vous le disais, chaque peuple possède sa propre « magie ». Ce qui nous donne déjà un sacré nombre de possibilités, puisqu’ils ont l’air d’être assez nombreux ! Mais comme si cela ne suffisait pas, Christelle Dabos a également imaginé pour chaque pouvoir une multitude d’aspects : si Ophélie lit les objets, son oncle les répare. Sa tante, elle maitrise le papier comme personne. Comment voulez-vous vous ennuyer, quand chaque page recèle son lot de nouveautés, d’émerveillement ? Impossible. Et encore, je ne vous ai pas parlé de la Citadelle, et des pouvoirs du clan Mirage…
Avec un cadre pareil, autant vous dire que la trame avait intérêt d’être à la hauteur. Et elle l’est ! Si ma lecture s’est étalée sur deux jours, c’est qu’il y a une raison : le récit que nous conte Christelle Dabos est tout bonnement captivant. Si ce premier tome s’attache à poser les bases et à installer l’univers, il prend bien garde à ne pas mettre de côté l’action : mystères et rebondissements s’enchainent, achevant de capturer l’intérêt du lecteur : j’ai suivi avec acharnement attention les aventures d’Ophélie, son évolution dans un monde dont elle ignore tout. Avec elle, j’ai tenté de percer les motivations de ses hôtes, de comprendre ce qui se tramait derrière tout ça… Et autant vous dire qu’il y a du boulot ! L’auteure tisse une véritable toile d’araignée, dont on ne perçoit pas encore toute l’ampleur. Et, bizarrement, je pressens que nous ne sommes pas au bout de nos surprises…
Venons-en, pour finir, aux personnages. Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais bien m’entendre avec Ophélie. Impossible de ne pas s’y attacher ! C’est typiquement le genre d' »anti-héros » que l’on adore <3 J’ai trouvé qu’elle avait énormément de potentiel et, surtout, beaucoup de mérite : elle s’en sort admirablement, pour quelqu’un qui a passé sa vie à raser les murs… Malgré cela, elle n’échappe pas aux situations difficiles, et j’ai plusieurs fois senti mon cœur se révolter face à l’injustice de certaines scènes. Parallèlement, j’ai  beaucoup apprécié le fait que l’auteure ne nous proposait pas, une fois plus, une héroïne kick-ass et plus que séduisante, comme on en trouve partout. Une fois encore, elle se démarque, et c’est tant mieux !
Côté personnages secondaires… Thorn est LA grosse surprise. Tout est fait pour le rendre antipathique, et aussi peu séduisant que possible. Au début, du moins ! Parce que j’ai tout de même fini par m’y attacher, à ce bougre de 2m50 de haut. J’en suis même à espérer que… Oserai-je écrire le terme Oh combien redouté de « romance » ? Je ne sais pas. Nous verrons bien dans le deuxième tome 🙂 Je me contenterai de vous parler de lui, même si la tante Roseline, ou encore Berenilde, mériteraient bien un petit paragraphe. Maiiiis… Je ne peux pas tout vous dévoiler non plus !
Comme vous l’aurez compris, j’ai eu un ÉNORME coup de cœur pour ce roman. Un roman qui a, selon moi, toutes les caractéristiques pour voler la vedette à une série telle qu’Harry Potter : les petits comme les grands y trouveront leur compte sans aucune difficulté. L’univers est magique, la plume est splendide, les personnages sont parfaits, et la trame générale est captivante au possible. Que demander de plus ? Le deuxième tome, sans aucun doute 😀

En bref, premier coup de cœur de l’année, et quel coup de cœur ! J’ai été subjuguée par la plume de Christelle Dabos, je me suis plongée sans réserve dans son univers extrêmement riche et plus que passionnant. Pour passer un excellent moment, ne cherchez plus ! Vous avez l’ouvrage idéal sous les yeux <3

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Coup de cœur !

En plus : les chroniques de mes copinettes chéries <3

phebusa (à venir)

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