La main de l’Empereur, Olivier Gay

la-main-de-lempereur

Couverture réalisée par Magali Villeneuve (LE TALENT)

L’histoire : Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion. Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables. Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre. Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera ?

Mon avis : ... Je suis assez furieuse, que l’on se le dise. Furieuse, et tout est de la faute de Monsieur Olivier Gay. Monsieur Olivier Gay, qui s’est gentiment dit, un beau jour « tiens, et si j’écrivais un bouquin bien badass ? Un bouquin que l’on aurait envie de lire d’une traite, avec un héros qui déchire tout ? Un bouquin du tonnerre, avec une fin… UNE FIN COMPLÉTEMENT SADIQUE ? » (rajoutez des rires diaboliques en veux-tu en voilà, et je suis sûre que l’on y est presque) Quelques bonnes nuits blanches, une illustratrice d’enfer et hop ! Bibidibabidibou, La main de l’empereur est né. Lancé sur les marchés, disposé sur les étals, à la portée du moindre lecteur innocent. Qui succombera, évidemment, à cette merveilleuse couverture et au résumé alléchant. Qui lira, lira, lira… ET PLEURERA.
Nous suivons l’histoire de Rekk. De ses débuts, alors qu’il n’est que le simple fils d’une prostituée, évoluant au milieu des gladiateurs de la caserne dans laquelle il vit… jusqu’au jour où il quitte l’arène, un titre de champion collé au front… Et trop lourd à porter. Réputé invincible, ses combats n’attire plus personne, ou presque : l’Empereur reste un de ses plus fervents admirateurs. Et cela tombe bien : il a justement un travail pour lui. Un travail salissant, à l’autre bout du monde, un travail pour lequel ses talents d’épéiste et son habileté à éviter la mort lui seront précieux : il n’a rien de moins… Qu’une guerre à gagner.
J’ai ADORÉ. Ben oui ! Même si je me suis mise à rager sitôt la dernière page tournée, même si j’ai eu de prendre l’avion pour aller secouer Olivier comme un prunier, et EXIGER d’avoir la suite. Parce que question cliffhanger, le bonhomme s’y connait… Et n’y va pas de main morte : cette fin est tout simplement diabolique. DIABOLIQUE. Il faut dire, aussi… Que je me suis faite avoir comme une bleue. J’ai laissé mon cœur parler et mes sentiments s’envoler, s’envoler, jusqu’à ce que… BLAM, DANS TA FACE. Mais ce Rekk, ce Rekk ! Si certains d’entre vous l’ont découvert dans Les épées de glace ou dans Le Boucher (qu’il va falloir que je me procure d’urgence), je l’ai pour ma part rencontré pour la première fois avec ce roman. Dont l’intrigue se situe, si je ne m’abuse, avant celle du précédent roman de l’auteur : vous pouvez donc tout à fait commencer par celui-ci, cela n’est en aucun cas gênant. Mais, méfiance ! Prévoyez une bonne journée de repos le jour où vous souhaiterez vous lancer, sans distraction aucune : ce petit bijou ne demande qu’à se lire d’une traite. J’ai été totalement séduite dès les premières pages, Olivier s’attachant à mettre en valeur tous les éléments constituant un excellent roman de fantasy : l’univers est bien posé, et prend facilement corps sous nos yeux attentifs. C’est tout juste si je ne ressentais pas les grains de sable de l’arène sous mes pieds, la morsure violente du soleil sur ma peau, et la touffeur moite de la jungle Koushite m’oppresser horriblement…  Si le cadre est plutôt traditionnel, il n’en reste pas moins très crédible, et offre un écrin de qualité pour une intrigue de haut vol. En un mot comme en cent, Olivier Gay fait preuve d’une efficacité qui force l’admiration : du début à la fin, on suit avec passion le destin de ce jeune homme si particulier. Les premiers chapitres, loin d’être seulement introductifs, nous donnent déjà le ton de l’ensemble du récit : nous allons lire quelque chose de nerveux, d’extrêmement prenant, qui ne pourra nous laisser indifférent émotionnellement parlant (je me suis pris la première gifle avant d’avoir passé la centième page. C’est dire). Si nous rencontrons Rekk dès son plus jeune âge, c’est véritablement son passage aux mains de l’Empereur -et, donc, sa guerre contre les koushites, peuple en tout point différent de ces Impériaux qu’ils combattent- qui nous préoccupe : j’ai été  passionnée par l’évolution de ce jeune garçon qui ne semblait promis qu’à une mort bien trop prématurée. Je l’ai suivi avec attention, des rues pavées de Mushein aux dangereux sentiers de Koush, bien trop consciente de son statut de pantin entre les mains des puissants. J’ai aimé le voir se débattre, bouleverser l’ordre bien établi des hautes sphères du pouvoir. J’ai aimé la façon dont Olivier ajustait parfaitement ses rebondissements et retournements de situation, nous laissant pantelants, abasourdis, totalement incapables de laisser là notre lecture. Il mène son récit comme un virtuose jouerait un morceau délicat : avec maestria. J’ai aimé tout cela… Mais le roman entier ce serait effondré si la personnalité de Rekk n’avait pas tenu le coup. C’est le risque avec ces récits découlant plus ou moins de l’Heroïc fantasy : si votre personnage principal est un peu pâlichon, cela n’a guère -difficilement, disons- d’intérêt. Sacré challenge, donc, de s’essayer au délicat exercice de portraitiste ! Et… Aucune inquiétude à avoir : Rekk a tout ce qu’il faut où il faut (en tout bien tout honneur)(évidemment). Olivier Gay nous sert sur un plateau un héros que l’on suivrait au bout du monde, suffisamment torturé pour que l’on ait envie de le serrer dans nos bras, mais aussi diablement charismatique, foutrement attachant, un brin impressionnant et tout en nuances, ni vraiment méchant ni tout blanc (et ça, c’est le moins que l’on puisse dire)… Un héros fait d’aspérités et d’arêtes tranchantes, qui m’a laissée le cœur à vif. PARCE QUE CETTE FIN DIDIOU MAIS ENFIN C’EST PAS POSSIIIIIBLE ! Il nous avait déjà ravagé le cœur à mille reprises avant (et que je te dégomme untel, et que je te zigouille unetelle, après avoir pris soin de les rendre siiiiii agréables à côtoyer que tu t’y es attaché de fou), et il nous assène le coup final avec une morgue qui m’aurait arraché quelques larmes si je n’avais été trop préoccupée à taper du pied tel petit Malo réclamant une case supplémentaire de son calendrier de l’avent. Me voilà donc réduite à cela : renifler lamentablement devant mon bouquin en songeant à ceux que je pourrais lire tout de suite là maintenant pour retrouver notre cher Rekk (et Dareen… DAREEN), si seulement je les avais dans ma bibliothèque (enfin, c’est quand même fou ça, j’en ai bien trois ou quatre cents, mais je ne suis pas FOUTUE d’avoir LE livre dont j’aurais besoin à cet instant précis). ÊTES-VOUS FIER DE VOUS, M’SIEUR GAY ?! L’ÊTES-VOUS VRAIMENT ?!! Parce que moi, si j’étais vous, j’aurais bien, bien honte. Je filerais tête basse écrire la suite de mon roman, et plus vite que ça. Avec un petit sourire en coin, parce que, quand même… C’EST FOUTREMENT BON !

En bref, COUP. DE. CŒUR. Enfin, évidemment, quoi ! Le personnage central est totalement parfait, et la cohorte de personnages secondaires ne l’est pas moins. L’intrigue est magistrale, et ne nous laisse pas une seconde pour reprendre notre souffle. Et la plume de l’auteur, la plume ! Oui, j’aurais pu lire des heures de plus sans me lasser. Mieux : j’aurais voulu lire des heures de plus, afin de conserver un semblant d’équilibre mental. Parce que là, je n’ai qu’une question en tête : OÙ EST LA SUITE ?!

Le trône immortel, Stella Gemmell (La Cité #2)

le-trone-immortel

Traduit par

Premier tome : La Cité

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Après le soulèvement qui a libéré la Cité de la tyrannie, les rebelles victorieux et les survivants espèrent de tout cœur que l’accession d’Archange au trône impérial marquera le début d’une nouvelle ère de paix.Pourtant, alors que les habitants tentent de reprendre une existence normale, il se murmure qu’une gigantesque armée se rassemble au nord. Personne ne sait d’où elle vient ni qui est à sa tête, mais très vite son unique objectif ne fait aucun doute : détruire la Cité et éradiquer tous ceux qui vivent derrière ses remparts en ruine.Tandis que les guerriers vont livrer bataille, se sacrifiant pour leur terre natale, d’amères querelles de famille, d’anciennes rivalités et des trahisons personnelles autant que politiques refont surface dans les coulisses du pouvoir. La Cité semble bel et bien assiégée, et pas seulement de l’extérieur…

Mon avis : ALORS. Autant vous l’avouer de suite : j’ai eu beaucoup, BEAUCOUP de mal avec ce deuxième opus. À un point tel que, après quasiment deux semaines d’acharnement, j’ai finalement laissé tomber l’affaire. Ce sera donc une chronique tronquée que je vous offrirai, et je m’en excuse bien bas : ce n’est certes pas dans mon habitude d’abandonner une lecture. Mais là… Des mesures s’imposaient !
Ce deuxième tome ne reprend pas exactement là où le premier s’arrêtait… Mais quelques temps avant : on change en effet de point de vue pour assister aux derniers évènements de son prédécesseur. Et, très clairement, c’est ça qui m’a perdu : OK, les premiers chapitres étaient intéressants, l’idée plutôt bonne. Mais… C’est TROP LONG !!! Beaucoup trop ! J’avais simplement l’impression que l’auteure avait voulu rendre un manuscrit d’un certain nombre de pages, sans trop savoir comment les remplir ‘_’ Certes, on en apprend davantage sur ce dénouement capital. C’est indéniable ! Mais, en ce qui me concerne, cela a bien vite fini par m’ennuyer. Tant et si bien que je n’y allais plus qu’à reculons. Tant et si bien, surtout, que quand les choses ont commencé à bouger, je n’étais déjà plus dedans : j’ai essayé, essayé, mais rien à faire… Je finissais invariablement par m’endormir sur mon bouquin. Ma lecture fut tellement décousue que je ne saurais vous dire si c’est à cause de cela que l’intrigue m’a parue fichtrement brouillonne, ou si c’est un fait établi.
Et puis, quelle frustration ! Je vous disais dans ma chronique du premier opus que sa deuxième moitié trainait un peu en longueur, que la fin elle-même n’avait pas l’intensité espérée. Loin de redresser la barre, c’est comme si l’auteure s’enlisait un peu plus dans un récit manquant de rythme, ne sachant plus vraiment où donner de la tête ni comment redonner un second souffle à son intrigue. Les personnages ne m’ont pas touchée, et je n’ai pas su m’attacher à eux comme cela avait pu être le cas auparavant… Bref, c’est un flop, et à tous les niveaux.
Très sincèrement, je pense que mon état de fatigue et de stress est également à mettre en cause, que cette expérience peu concluante n’est pas entièrement imputable à l’ouvrage. Du moins, je l’espère, car j’ai la ferme intention de retenter le coup d’ici quelques mois, en relisant les deux tomes d’affilée. Nous verrons bien !

En bref, un deuxième tome qui ne m’aura malheureusement pas convaincue : l’introduction m’a fortement lassée, et je n’ai pas su réactiver mon intérêt quand les choses ont enfin commencé à bouger. Dommage !

laborieux
Déçue…

Les douze rois de Sharakhaï, Bradley P. Beaulieu

9791028100797pc_org

Traduit par Olivier Debernard

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Dans les arènes de Sharakhaï, la perle ambrée du désert, Çeda combat tous les jours pour survivre. Comme de nombreux autres, elle espère la chute des douze Rois immortels qui dirigent la cité depuis des siècles. Des souverains cruels et tout-puissants qui ont peu à peu écrasé tout espoir de liberté, protégés par leur unité d’élite de guerrières et les terrifiants asirim, spectres enchaînés à eux par un sinistre pacte. Tout change lorsque Çeda ose braver leur autorité en sortant la sainte nuit de Beht Zha’ir, alors que les asirim hantent la ville. L’un d’eux, coiffé d’une couronne en or, murmure à la jeune fille des mots issus d’un passé oublié. Pourtant, elle les connaît. Elle les a lus dans un livre que lui a légué sa mère. Et le lien que Çeda découvre entre les secrets des tyrans et sa propre histoire pourrait bien changer le destin même de Sharakhaï…

Mon avis : Bien. Prenons un instant, voulez-vous ? Un instant où retenue et modération ne seront pas de mise… VOUS AVEZ VU CETTE COUVERTURE ?! J’adore, j’adhère, j’admire : Marc Simonetti fait, une nouvelle fois très, très fort. Et il tape surtout très, très juste : elle correspond à merveille au roman. Un roman que je dévoré en deux jours malgré ses six cents pages et un bout’d’chou bien décidé à accaparer toute mon attention : en deux nuits serait donc plus juste, que mes cernes en soient témoins. Il faut dire que Les douze Rois de Sharakhaï était annoncé comme LA sortie Bragelonne de cette rentrée littéraire, LA nouvelle série de fantasy à ne manquer sous aucun prétexte. Je n’ai donc pu refuser l’offre, bonne petite que je suis. Et, après l’avoir fait patienter quelques semaines… Je m’y suis mise. Enfin.
Sharakhaï, perle du Grand Shangazi. Ville tentaculaire dirigée d’une main de fer par douze Rois aussi cruels qu’immortels, elle attise toutes les convoitises, fantasme des tribus nomades qui ne rêvent que de la conquérir. Ses habitants, quant à eux, ont appris à vivre dans la peur, nul ne sachant quand la justice arbitraire des Rois s’abattra…Ni où. Çeda est une jeune femme du petit peuple : vivant des cours d’escrime qu’elle donne aux enfants des nantis, elle se transforme en guerrière redoutable une fois les pieds dans l’arène : à dix-neuf ans, elle fait déjà partie des chiens de guerre les plus réputés. Pourtant, la Louve Blanche cache un terrible secret… Alors qu’elle n’était qu’une enfant, sa mère, une femme fière et secrète, a été sauvagement assassinée. Par les Rois ou leurs petites mains, les féroces Vierges du Sabre, cela ne fait aucun doute pour Çeda qui, depuis le jour où elle a vu le corps supplicié de celle qui était sa seule famille, a juré de se venger. De se venger, et de faire tomber les Rois, quoi qu’il puisse lui en coûter : à elle de rassembler les indices, de traquer les faiblesses de ces hommes devenus dieux, quand bien même cela bouleverserait tout ce qu’elle sait de sa ville, de son histoire… Et d’elle-même.
J’ai adoré. VOILÀ. Qu’on se le dise : le coup de cœur de Stephane Marsan n’était pas usurpé. Nous avons affaire ici à un véritable page turner, un petit bijou de fantasy. J’ai TERRIBLEMENT (et j’insiste là-dessus) aimé le fait que l’auteur ait choisi de développer un univers oriental plutôt que médiéval classique : l’atmosphère du roman est juste terrible. On sentirait presque le souffle du désert dans notre dos, la morsure du soleil sur nos bras, le baiser du sable sous nos pieds. Pour vous donner un visuel, on se croirait un peu dans un mix de Prince of Persia et Assassin’s Creed : il n’y a qu’à admirer la superbe couverture du roman pour s’imaginer les souks et les taudis de cette mystérieuse et oh combien fascinante cité. Les phases descriptives sont parfaites, ni trop longues ni trop courtes, justement dosées tout au long du roman : on voit Sharakhaï s’élever devant nos yeux dès les premières lignes, l’auteur ayant une écriture profondément immersive. Je suis tombée amoureuse de cette ville, malgré ses impitoyables régents, malgré sa dangerosité : j’ai rêvé, moi aussi, que je foulais son sol pour en admirer les merveilles. Elle devient un personnage à part entière et ça… M’sieur Beaulieu ça, c’est fort.
L’auteur ne se contente pourtant pas de donner un cadre physique à son roman : son background est développé au possible. Pas à l’extrême comme peut le faire Brandon Sanderson dans La Voie des Rois, pour ne citer que lui, mais c’est déjà énorme : Histoire, mythologie, religion, géographie, us et coutumes… Le bonhomme travaille tout, tout, TOUT. Et on en redemande, croyez-le ou non ! Quand je vous dis que je l’ai dévoré en deux nuits, j’en ai même rêvé. RÊVÉ !! C’est bon, c’est excellent, c’est… FIOU ❤️
Évidemment, l’intrigue ne pêche pas, elle non plus : si les ficelles utilisées sont somme toute assez classiques (une jeune héroïne voulant jeter à bas les tyrans oppressant son peuple) avec quelques petites facilités de-ci de-là, on ne peut s’empêcher de se passionner pour le destin de Çeda, cette jeune fille au caractère bien trempé. Et qu’elle est bien campée, elle aussi ! Criante de vérité, avec ses forces et ses faiblesses, son passé fait de mystères et de drames, son cœur sincère sous couvert d’un tempérament de feu : je l’ai aimé, instantanément. Pour sa complexité, sa véracité. Elles sont loin, les héroïnes un peu fadasses et similaires les unes aux autres ! Çeda rayonne, véritablement. Et nous la suivons, hypnotisés : il m’a été très difficile d’interrompre ma lecture, tant l’intrigue est intense. Les rebondissements, révélations et retournements de situation s’enchainent, nous laissant tantôt abasourdis, incrédules, meurtris, inquiets, désespérés. Oui, j’ai une nouvelle fois vécu ma lecture, senti mon cœur s’accélérer, rythmé par cette action trépidante. Puis ma gorge se serrer, mon ventre se nouer, mes sentiments ballotés d’un extrême à l’autre, soumis aux caprices de l’intrigue. J’ai retenu mon souffle, enfouie sous ma couette, tentant de tourner les pages plus vite encore pour en savoir davantage. Et je l’ai terminé. Dans l’après-midi, incapable que j’étais d’attendre le soir. Je l’ai terminé, et me suis sentie orpheline. J’en aurais voulu plus, dix fois plus : Bradley P. Beaulieu a su me captiver à l’extrême, me tenir en haleine tout au long de son roman et, surtout, surtout, me toucher en plein cœur. Oh, je pourrais vous parler de plein de choses, encore ! D’Emre, tiens, ou des Asirim. Des fleurs d’adicharas et de leurs étranges pouvoirs. Je pourrais continuer pendant des heures, mais je vais m’arrêter là : maintenant, c’est à vous d’aller rencontrer les douze Rois, Sharakhaï et Çeda. Et je vous envie : parce que des bouquins comme ça, on aimerait pouvoir les redécouvrir. Encore, et encore ❤️

En bref, un roman qui plaira particulièrement aux amateurs de fantasy : tous les ingrédients d’une excellente série sont là. Les connaisseurs, eux, y trouveront peut-être quelques facilités mais, franchement… Il est peut-être temps de se laisser porter. Pour moi, c’est chose faite, et… C’est un coup de cœur !

725a8-coupdecoeur2
Coup de cœur !

La Cité, Stella Gemmell

1309-cite_org

Traduit par Leslie Damant-Jeandel

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Construite sur des milliers d’années, faite d’une multitude de niveaux, la Cité est aussi vaste qu’ancienne et en son cœur réside le sanguinaire Empereur. Une poignée de rebelles espérant mettre fin à ce règne de terreur placent leurs espoirs en un homme, dont le nom sonne comme une légende : Shuskara. Celui qui fut autrefois le général favori de l’Empereur. Un homme respecté, capable de provoquer un soulèvement et d’unir la Cité. Mais aussi un criminel trahi, emprisonné et torturé avant de disparaître…

Mon avis : ALORS. Parlons-en, de cette Cité ! Honte à moi, ce joli pavé est entré dans ma PAL en… Décembre 2014. Plus de deux ans à attendre, la loose ! Et pourtant, c’est qu’il me tentait, le bougre ! Le deuxième tome n’allant pas tarder à pointer le bout de son nez, j’ai tout de même décidé de m’y mettre. Mieux vaut tard…
Autrefois synonyme de progrès et de grandeur, la Cité est aujourd’hui devenue un monstre d’arrogance et de puissance, cherchant à tout prix à asservir ses voisins. Enlisée depuis bien trop longtemps dans une guerre sans fin, elle en oublie ses citoyens : vieillards, estropiés, déserteurs et enfants se terrent dans les taudis qui pullulent à la surface, ou dans les égouts sur lesquels elle repose, vaste réseau puant et dangereux. Pourtant, tous ne sont pas prêts à suivre aveuglement les ordres d’un empereur aussi insaisissable que sanguinaire : une troupe de rebelles est ainsi prête à tout pour mettre fin à un règne dont nul ne sait plus quand il a commencé… Même si elle doit, pour cela, retrouver un héros dont on a depuis longtemps perdu la trace, après qu’il ait été injustement condamné aux pires tortures…
BENDISDONC ! Quel bouquin ! La taille de la chose m’effrayait un petit peu, je dois l’avouer : étant légèrement en retard sur mon planning de lecture, je n’avais pas intérêt à chômer (ce que j’ai finalement fait, bien contre ma volonté). Et le fait est que… Il est terriblement prenant, du moins en ce qui concerne sa première moitié (pour faire large) : j’ai adoré me perdre dans les méandres de cette Cité gigantesque, rencontrer les nombreux personnages évoluant au sein une intrigue à la fois riche, multiple et passionnante : Stella Gemmell mène franchement, FRANCHEMENT bien sa barque, et le tout tient vraiment bien la route. Sentez-vous la pointe de surprise dans mes propos ? Il faut dire que je m’attendais… À moins, peut-être : j’avais un peu peur d’avoir affaire à un roman se contentant de surfer sur la vague, sans grande originalité ni recherche. C’est tout le contraire : l’auteure va vraiment jusqu’au bout des choses, en nous proposant un premier tome vraiment abouti, tous niveaux confondus. Les descriptions sont parfaites, extrêmement visuelles et immersives, les personnages sont plutôt bien croqués (petit bémol en ce qui concerne Elija et Emly, qui n’ont pas l’air de grandir au fil du roman, qui s’étale pourtant sur plusieurs années), et la plume tout à fait agréable. Premier tome que l’on peut d’ailleurs terminer sereinement sans avoir l’angoisse de ne pas disposer de la suite dans les plus brefs délais, ce qui est, ma foi, fort appréciable.
Il est cependant vrai que la deuxième moitié de l’ouvrage tire un peu en longueur : malgré le fait que nous rentrions véritablement dans le vif du sujet, j’ai trouvé que l’intrigue s’enlisait quelque peu, ayant du mal à tenir le rythme sur ses six cents pages. Ce qui est fort dommage, ma foi : j’aurais vraiment aimé être captivée de bout en bout, et l’être surtout lors des révélations. L’ouvrage ne devient pas mauvais, loin de là ! J’ai toujours pris plaisir à m’y plonger, mais voilà : à trop vouloir bien faire, l’auteure… En fait trop, justement : on s’y perd quelque peu, et l’intrigue perd en intensité : je pense notamment à l’une des dernières scènes de bataille, cruciale : alors que j’aurais dû dévorer ce passage, je me suis contenté de le lire tranquillement, sans angoisse particulière. Humpf !
Quoi qu’il en soit, je ressors tout à fait satisfaite de ma lecture : si elle n’est exempt de défauts, elle m’aura tout de même agréablement diverti durant une semaine pour le moins difficile. Il me tarde désormais de lire la suite, histoire de voir si les petits détails pêchant avec ce tome-ci seront évincés avec le suivant !

En bref, un premier tome tout à fait sympathique, à la fois original et bien écrit. La seconde moitié du roman traine en peu en longueur malgré la bonne volonté de l’auteure, mais le tout n’en reste pas moins passionnant !

On en redemande
On en redemande !

Galilée, Clive Barker

galilee_org

Traduit par Jean Esch

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Depuis la guerre de Sécession, deux familles rivales, les Geary et les Barbarossa, comptent parmi les plus puissantes et les plus influentes des Etats-Unis. De terribles secrets sont à l’origine de leur pouvoir, qui pourraient resurgir à l’occasion de l’arrivée dans la famille Geary de l’innocente Rachel Pallenberg, ou des manigances de Galilée, le fils prodigue et dangereux des Barbarossa.

Mon avis : Et bien… Wah ! Quelle différence d’avec Secret Show ! C’est à se demander si j’ai bien eu affaire au même auteur : là où Clive Barker m’avait révulsée, il m’a captivée avec ce récit. Que oui ! Enfin, disons-le tout net : si c’est pour le côté gore de son œuvre que vous souhaitez vous frotter au Sieur Barker, fuyez ce roman-ci… Vous n’y trouverez pas votre compte 🙂
A travers ce bon pavé, c’est une fresque familiale que nous découvrons. Entre décadence et magnificence, nous rencontrons les Barbarossa, famille de demi-dieux aussi puissants que dangereux (et un peu fous à lier, quoi), et les Geary, rassemblant autant de clichés qu’un soap américain. Rivales depuis des siècles, les deux familles vont se voir subitement liées par l’amour de deux des leurs : Galilée Barbarossa et Rachel Geary…
Et pourtant, lorsque le récit débute, des années ont passé. Conscient de la fin imminente de sa dynastie, Edmund Maddox Barbarossa décide d’en écrire l’histoire, quoi qu’il en coûte. C’est donc cet homme que nous rencontrons en premier, c’est à travers lui que nous nous forgeons nos premiers bourgeons de connaissance quant à sa famille… Et à ce fameux Galilée. Autant vous le dire : Clive Barker excelle dans l’exercice du portrait. Les personnages qu’il fait naitre sont absolument saisissants, à la fois particulièrement bien travaillés et suffisamment caricaturaux pour nous marquer profondément. J’avoue avoir été très souvent mal à l’aise en leur compagnie, l’auteur ayant un don pour les rendre… Dérangeants. Dérangeant, d’ailleurs, son roman l’est souvent : pas de gore ici, effectivement, mais un certain érotisme tout à fait particulier… Sur lequel j’aurais le plus grand mal à mettre des mots. Entre répulsion et fascination, la frontière fut mince.
Malgré de multiples longueurs dont j’ai bien cru qu’elles auraient finalement raison de ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de reprendre, à chaque fois que je le posais, ce roman. J’ai conscience du caractère décousu de cette chronique, sans doute l’une des plus chaotique que j’ai pu écrire, mais comprenez bien : Galilée m’a laissée dans un état tout à fait particulier, quasi inédit dans ma vie de lectrice : pour la première fois, je serais bien en peine de vous dire si… J’ai apprécié ou non ma lecture. J’ai été captivée, oui, mais le livre me brûlait les doigts. Je le posais, le reprenais, le reposais encore… Et finissais, invariablement, par m’y replonger. Les chapitres sont courts mais la narration exigeante, l’intrigue complexe et dense… Et ces personnages… Cette atmosphère si particulière… Je ne sais plus que penser. Peut-être cette expérience est-elle encore trop récente, trop « à vif » ?

En bref, une lecture tout à fait particulière, à la fois envoûtante et dérangeante… Mais qui ne laisse pas insensible, c’est certain !

Les filles de l’Orage, Kim Wilkins (Le sang et l’or #1)

Les filles de lorage

Traduit par Nenad Savic

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Victime d’un sortilège, le roi du Thyrsland est dans le coma. Si ses ennemis viennent à l’apprendre, ce sera le chaos. Craignant pour sa vie et l’avenir du peuple, ses cinq filles entament un périlleux voyage afin de le sauver, plaçant tous leurs espoirs dans une mystérieuse adepte de la magie vivant aux frontières du nord. Personne n’ose affronter la fille aînée du roi, Bluebell, soldate féroce et tatouée, chef de guerre prétendument invincible. Or ses sœurs – Ash la loyale, Rose la belle, Willow la pieuse et Ivy l’incertaine – ont chacune des secrets qui, s’ils étaient révélés, risqueraient d’avoir des conséquences désastreuses… pour le royaume tout entier.

Mon avis : Faible que je suis, c’est avant tout la couverture de ce roman qui m’a attirée. Je la trouve assez mystérieuse, pour tout vous dire : qui est cette femme, qu’attend-elle ? Confiante, je m’y suis plongée sans aprioris et pleine d’espoir. Et si j’ai lu assez rapidement la première partie du roman, la seconde a quelque peu douché mon enthousiasme. Explications !
Le roi du Thyrsland est à l’article de la mort : victime d’une malédiction dont on ignore le commanditaire, sa vie ne tient plus qu’à un fil. Bluebell, sa fille ainée et héritière du royaume, est prête à tout pour le sauver : réunissant ses quatre sœurs – Ash, aux pouvoirs étranges, Rose dont le cœur pourrait bien mener le royaume à sa perte, et Willow et Ivy, jumelles, l’une étant aussi pieuse que l’autre volage -, elle décide de conduire la troupe dans les confins du royaume afin d’y trouver de l’aide du côté des sous-magiciens, ces hommes vivant reclus loin de tous, réputés particulièrement dangereux et puissants. Mais Bluebell, habituée à affronter ses ennemis sur un champ de bataille, ignore encore que le danger ne se terre pas où elle l’imagine, et qu’il ne lui suffira pas de brandir son épée pour le faire fuir…
ALORS. Déjà, un bon point : enfin, des filles ! QUE des filles, ou presque ! Même si les héroÏNES sont en passe de devenir monnaie courante en fantasy, un groupe de nanas… C’est assez rare pour être souligné. Ceci dit, sur cinq, bien peu m’ont touchée : Ash et Rose, oui, même si le comportement inconstant de la seconde m’a parfois agacée. Bluebell m’a laissée assez dubitative : c’est une grosse brute assez peu réfléchie, trop occupée à terroriser son monde pour se poser un instant et s’éclaircir les idées. Le fanatisme de Willow est très mal passé (il faut dire que la période me rend assez intolérante vis-à-vis de ce genre de comportement), et Ivy… Ivy remporte la palme de la sœur la plus idiote des cinq. Que n’aurais-je donné pour pouvoir aller lui en coller une ! Quelques personnages masculins parsèment également le récit, mais un brin trop fades pour que j’en parle ici. L’un dans l’autre, j’ai été un petit peu déçue par le manque de profondeur des personnages, principaux ou secondaires : ils ont tous une identité très forte, mais on s’arrête là : leur psychologie reste assez peu fouillée, donnant à l’ensemble de la galerie un côté un peu simple que l’on peut regretter.
Côté intrigue, c’est assez prenant… Au début : j’ai rapidement été prise par ma lecture, ma curiosité éveillée par ce mystérieux sortilège et cette quête semblant quelque peu inespérée. Les rebondissements s’enchainent, et les révélations ne manquent pas : globalement, Kim Wilkins tire plutôt bien son épingle du jeu. Ceci dit, j’ai trouvé que la fin tirait un peu en longueur : non pas que je me suis lassée, mais… J’avais hâte d’en terminer, de voir comment tout cela allait se finir.
Globalement, j’ai donc passé un bon moment… Un peu en deçà de ce que j’avais imaginé : c’est divertissant, mais pas excellent. Le deuxième tome rehaussera-t-il le tout ? La fin de celui-ci nous donne toutes les raisons d’espérer !

En bref, un premier tome qui pêche par certains côtés, restant un peu trop superficiel à mon goût. Ceci dit, la plume agréable de l’auteure et une intrigue somme toute assez rythmée font de ce premier tome une lecture agréable !

`Un bon moment

Secret Show, Clive Barker

SecretShow_org

Traduit par Jean-Daniel Brèque

Se le procurer :

Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Bienvenue dans le mouroir oublié où finissent toutes les lettres qui n’ont pas trouvé leur destinataire – et il y en a des milliers.
Jaffe est la personne chargée de les trier, de récupérer ce qu’il en peut, et de mettre le reste au feu. Tout bascule le jour où il en lit vraiment une. Puis deux. Puis qu’il commence à discerner certaines ressemblances troublantes. Lettres de fous, d’illuminés, messages codés… toutes parlent de la même chose. Et si elles faisaient office d’avertissement, un sinistre avertissement que seul Jaffe serait capable d’entendre… ?

Mon avis : Hum… Zut ? Oui, généralement… Ça ne sent pas très bon, quand une chronique commence ainsi. Et pour cause : je n’ai pas du tout accroché avec cette lecture. Il en faut, me direz-vous ! Malheureusement, et le fait est assez rare pour être souligné, je n’ai même pas pu aller jusqu’au bout : je pense m’être attaquée à beaucoup, beaucoup trop gros pour découvrir l’œuvre de Clive Barker.
Soyons clairs : le récit est bourré de bonnes idées, et le pitch de départ m’avait vraiment, vraiment intriguée… Mais la sauce n’a clairement pas pris avec moi. Je n’ai jamais réussi à m’immerger complètement dans la narration, et j’ai de suite été complètement rebutée par Jaffe, ce qui n’a pas du tout facilité les choses. C’est tellement… Fouillis  -je ne me suis d’ailleurs pas aventurée à vous servir un résumé qui ferait l’impasse sur les trois quarts de la chose, z’avez vu- ! J’ai sans doute manqué de concentration, étant un peu sur les rotules en ce moment. Mais le monsieur ne m’a pas aidée : on y retrouve tous -ou presque- les ingrédients habituels des romans d’horreur… Et le mix ne fut pas particulièrement à mon goût.
Qu’en retenir, sinon que j’ai eu les yeux plus gros que le ventre ?  Et bien… Que l’on va passer vite, vite à autre chose. C’est un coup dans l’eau, dommage !

laborieux
Déçue !