Mes vrais enfants, Jo Walton

Couverture réalisée par Aurélien Police
Traduit de l’anglais par Florence Dolisi

L’histoire : Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.

Mon avis : … Merci, Miss Walton, MERCI ! Que je l’attendais, ce livre qui, de nouveau, me ferait fuir le sommeil ! Qui, de nouveau, me passionnerait à un point tel que je ne cesserais jamais tout à fait d’y penser ! Qui me ferait, de nouveau, passer par des vagues d’émotions surpuissantes. Oui, mes deux lectures précédentes m’ont subjuguée. Chacune à leur façon, elles ont GRANDEMENT contribué à faire, doucement mais sûrement, passer ma panne de lecture (la plus longue que j’ai connu jusqu’ici – une véritable traversée du désert !). Mais… J’ai mis, pour chacune, un temps fou à les lire. Alors qu’avec ce petit bijou… Il m’a tellement HANTÉE que je n’ai pas su résister à l’appel de ses sirènes : il fallait que je le continue.
Mes vrais enfants est l’histoire d’une femme. D’une femme, et de ses deux vies. Alors que nous la rencontrons au crépuscule de sa vie, placée en maison de retraite pour palier à ses pertes de mémoires de plus en plus handicapantes, elle se souvient. Elle se souvient… D’avoir épousé Mark, un homme au futur prometteur et s’étant, pourtant, révélé d’une aigreur terrible. De n’avoir jamais ou presque quitté l’Angleterre, et d’avoir sacrifié sa propre érudition à sa famille. Mais elle se souvient aussi d’avoir aimé follement Bee, une biologiste brillante avec qui elle aura passé plusieurs dizaine d’années. D’être tombée amoureuse de Florence et d’y avoir consacré une partie de sa vie. D’avoir eu, dans une vie comme dans l’autre, des enfants. Des enfants qu’elle aime de tout son cœur, mais… Lesquels sont vrais ?
J’ai… Adoré. Oui, c’est un coup de cœur immense, un IMMENSE coup de cœur, et je sais déjà que je vais le coller dans les mains de ma Maman, quand elle viendra en août. Pas le choix ! J’ai adoré, parce que j’ai été terriblement touchée par cette, ces femme(s). J’ai adoré, parce que l’idée de départ de l’auteure m’a tout simplement fascinée : laquelle de ces deux vies était vraie ? J’ai adoré, parce que l’auteure ne se contente pas de développer deux existences différentes, elle choisit plutôt de créer véritablement deux mondes à part entière. J’ai adoré, enfin, parce que la plume de l’auteure est toujours aussi exaltante, toujours aussi poétique. Toujours aussi juste.
Détaillons un peu, voulez-vous ? Nous rencontrons donc Patricia Cowan, alors placée dans une maison de retraite. Autant vous le dire, j’ai été ébranlée par ses mots dès le premier chapitre : sa détresse face à une situation qu’elle ne comprend pas, sa certitude d’avoir vécu deux vies, son incapacité à déterminer si l’une était plus « vraie » que l’autre… Bien décidée à faire la lumière sur ce phénomène qu’elle ne peut expliquer, elle va donc se mettre en devoir de nous raconter sa vie. Son enfance, perturbée par la guerre. Son adolescence et sa vie d’étudiante, sa passion pour la littérature. Et ce moment fatidique, où tout va basculer. Où nous rencontrons, successivement, Pat et Tricia. Où l’une tombe définitivement sous la coupe d’un homme mesquin et terrible, où l’autre le quitte pour mieux se construire ailleurs. C’est donc, en vérité, quatre femmes que nous rencontrons : la Patricia âgée, la jeune femme qu’elle fut, et les deux femmes qu’elle a incarné. Et chacune d’entre elle m’a énormément touchée : la détresse, je vous le disais, de la plus vieille. La passion et l’envie de vivre, d’apprendre, de la plus jeune. L’infortune de Tricia, l’amour de Pat. J’ai aimé chacune d’entre elles, j’attendais l’une avec impatience quand je dévorais le récit de l’autre. Jo Walton crée des héroïnes fortes, profondes, fortement et profondément humaines, qui ne peuvent qu’éveiller notre empathie… Et susciter, pour ma part, une grande admiration. Que j’aime ces héroïnes crédibles, à la psychologie fouillée, qui trouvent écho en mes propres rêves !
D’autres personnages viennent en outre s’ajouter à nos (notre ?) héroïne(s), et l’on ne peut que saluer l’auteure pour la minutie qu’elle porte à ses portraits secondaires : qu’il s’agisse des enfants, de Mark, de Bee, de la mère de Patricia et j’en passe… Aucun ne peut laisser indifférent. J’en ai haï certains comme j’en ai aimé d’autres, quelques uns m’ont émue aux larmes quand j’aurais voulu entrer dans le récit pour en secouer un ou deux. Nul doute qu’ils me resteront longtemps en tête…
Côté univers, c’est aussi brillant : à travers la petite histoire se dessine la grande, et j’ai été fascinée de voir se construire deux univers oh combien différents. Et regretté, une fois encore, mes pénibles lacunes historiques qui me font comprendre un peu tard que, non non, ÇA, ça n’est pas arrivé -_- Si la question se pose en fin d’ouvrage, on ne pourra pas manquer de la soulever assez rapidement : les choix d’une seule personne peuvent-ils, à ce point, modifier le destin de tout un monde ? L’auteure initie habilement une véritable réflexion, prolongeant l’expérience de lecture hors du livre à proprement parler : les thèmes abordés sont nombreuses et les pistes soulevées plus encore, et j’avoue que cela m’a beaucoup plu (et pour cela, on pourra dire ce qu’on veut… Mais la SF est particulièrement douée).
Côté intrigue, enfin, je crois qu’elle pourrait convenir a ABSOLUMENT tout type de lecteur : si le côté uchronique du roman se fait davantage sentir au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue, cela reste pour autant très, très léger. Si la SF, ou les littératures de l’imaginaire en général ne sont pas votre fort, je pense que ce roman aura tout de même toutes les chances de vous plaire : il s’agit avant tout d’une histoire profondément poignante, de celles qui retracent avec passion et émotion des destins… Extraordinairement ordinaires, ou presque. C’est beau, et prenant aussi : car l’on VEUT savoir, nous aussi. On veut savoir, même si cela implique de devoir choisir… Et que ce sera, dans tous les cas, un déchirement.
Vous l’aurez compris, je suis définitivement sous le charme de cette auteure, qui m’avait déjà transportée avec Morwenna. Autant vous dire que je suis plus que ravie d’avoir Le cercle de Farthing dans ma PAL, et son tout dernier roman sur mon ordi :3 Il n’y a plus qu’à, comme on dit !

En bref, un roman magnifique et poignant aux héroïnes magnifiques et fortes, à la plume poétique et enlevée, à l’intrigue puissante et passionnante. Qu’attendez-vous ?


Coup de cœur !

L’énigme du magicien, Andrea Cremer (Le secret de l’inventeur #2)

lenigme-du-magicien

Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

Tome 1 : Rébellion

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Imaginez un monde où l’Empire britannique aurait écrasé la rébellion qui a donné naissance aux Etats-Unis d’Amérique… Après l’explosion des Catacombes, seul foyer qu’elle ait jamais connu, Charlotte est contrainte de mener sa petite troupe de survivants, parmi lesquels une dizaine d’enfants, vers ha Nouvelle-Orléans. Désormais leader du groupe, elle se retrouve face à des choix difficiles pour préserver la vie de ses jeunes protégés, mais continue de voir en Grave, malgré sa force herculéenne et ses origines inquiétantes, un allié et un ami.
Des méandres du Mississippi au bayou de la Nouvelle-Orléans, l’Empire fera tout pour empêcher Charlotte de rallier le quartier général de la Résistance, où l’attendent son frère Ashley et le capitaine Jack Winter, qu’elle tient désormais pour un traître… Elle y découvrira l’envers de la rébellion – à commencer par sa propre mère, qui semble s’intéresser de très près à Grave et à ses capacités extraordinaires – sans compter les stratagèmes du puissant mage Nicodème et de Sang d’Acier, un flibustier français aux intentions troubles !

Mon avis : Que je l’attendais, ce deuxième tome ! Il faut dire que je gardais du premier un souvenir des plus vifs, ayant littéralement adoré ma lecture… Qui s’était d’ailleurs terminé par un beau cliffhanger qui m’avait fait hurler de frustration. Merci, M’dame Cremer ! Quand L’énigme du magicien s’est glissé dans ma PAL, je me suis donc juré de ne pas le faire languir… Trop longtemps, du moins : l’heure est donc venue de vous dire si, oui ou non, L’énigme du magicien fut à la hauteur de son prédécesseur…
Cet opus commence donc dans le chaos le plus total : par égard pour ceux d’entre vous qui n’auraient pas encore succombé au charme du premier tome, je tairai la conclusion de celui-ci… Mais la position dans laquelle se retrouve Charlotte, notre héroïne, est plus que précaire. Ses convictions les plus intimes ont été mises à mal, sa confiance s’est effondrée et le monde qu’elle a toujours connu vient de disparaitre dans un nuage de fumée. Avec sa petite bande, Grave, Pip et Scoff au premier plan, la voilà traversant le pays pour rejoindre la Nouvelle-Orléans, siège de la Résistance où elle espère retrouver son frère, Ashley. Mais les choses ne sont pas simples, et la jeune fille ne peut faire taire les nombreux doutes qui l’assaillent : entre la trahison de Jack et les révélations sur la véritable nature de Grave, la jeune fille ne sait plus ce qu’elle doit croire. Et ce n’est pas sa rencontre avec les chefs de la Résistance qui vont lui permettre d’y voir plus clair… Bien au contraire.
Oooh, je vous vois venir : si vous avez fait un petit tour sur la blogo, vous avez sans doute remarqué que les avis divergeaient un petit peu, sur ce deuxième tome. Et, c’est vrai, je ne vous le cacherai pas moi non plus : il est en deçà du premier qui, lui, était vraiment excellent. En deçà, mais pourquoi ? Et bien, parce que L’énigme du magicien ne nous présente rien de vraiment nouveau : oui, il y a de l’action. Oui, Andrea Cremer nous offre quelques révélations, mais rien de VRAIMENT transcendant. Comme d’autres l’ont dit avant moi, il souffre de l’effet « deuxième tome », nous donnant parfois l’impression d’être uniquement là… pour faire la transition entre le premier et le dernier tome de la série. Après nous avoir offert un début de trilogie décoiffant, on peut avoir l’impression que l’auteure se retient de trop nous en donner, afin de nous offrir un final grandiose. Et c’est un peu frustrant, après une si longue attente !
Pour autant, je ne serai pas aussi tranchée que certains : j’ai tout de même passé un très bon moment. Je l’ai d’ailleurs dévoré, le bougre ! Parce que l’univers créé par l’auteure reste CARRÉMENT prenant, et que l’on s’est plus qu’attaché aux personnages. Certes, beaucoup d’entre eux sont -malheureusement- très peu présents, mais Charlotte et Grave mènent le récit, pour notre plus grand plaisir : notre héroïne est toujours aussi touchante (mais quelle tête de bois, franchement !) et Grave plus intrigant que jamais… J’ai également été ravie de voir Scoff et Pip gagner en importance ❤️
Côté intrigue, cela reste relativement tranquille : j’avoue être un peu restée sur ma faim, puisqu’il faut attendre un bon moment avec les choses ne bougent vraiment… Et une fois mises en train, cela va très vite : j’aurais préféré que le rythme soit plus égal, que l’auteure prenne davantage de temps… L’épisode avec Nicodémus, dont le résumé fait si grand cas, est ainsi passé bien trop (trop, trop, trop) vite à mon goût 🙁 La fin est elle-même expédiée, nous laissant un vrai goût de trop peu en bouche… D’autant plus que nous terminons de nouveau sur un cliffhanger. Haaaa, M’dame Cremer, vous avez décidé de nous faire mariner… Avouez !

En bref, L’énigme du magicien m’aura fait passer un bon moment… Mais ! Mais il n’est malheureusement pas à la hauteur du premier, qui était franchement dingue. Ceci dit, tous les espoirs sont permis pour le tome suivant : au vu des pistes tracées par l’auteure, il y a de fortes chances qu’il soit… Fiou !

Un bon moment
Un bon moment !

La présidente, François Durpaire & Farid Boudjellal

La presidente

Se le procurer :

FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication Decitre

L’histoire : Le 7 mai 2017, Marine Le Pen est élue première Présidente de la République. Elle vient de battre François Hollande de quelques dizaines de milliers de voix. C’est l’effervescence sur les plateaux télé. Editorialistes, politologues, politiciens se succèdent, incrédules. Tard dans la nuit, des partisans de la nouvelle présidente fêtent la victoire. Des affrontements éclatent sporadiquement. La Présidente est un récit graphique d’anticipation politique, concentré sur les neuf premiers mois du mandat de Marine Le Pen, étayé par une parfaite connaissance des mécanismes économiques, médiatiques et institutionnels.
Une plongée dans un futur incertain et chaotique.

Mon avis : J’en avais rapidement parlé sur FB à la suite des résultats du premier tour des régionales, je vous en reparle ici : La présidente, écrit par François Durpaire et illustré par Farid Boudjellal, apparait plus d’actualité que jamais. Pourquoi ? Pour la simple (et bonne) raison que les deux hommes y imaginent une Marine Le Pen élue aux présidentielles de 2017, et illustrent ainsi ses 100 premiers jours à l’Élysée.
En ce sens, on pourrait qualifier La présidente d’uchronie anticipative (il doit y avoir un terme plus approprié, je suis preneuse si vous le connaissez)(du moins, j’espère qu’elle se révèlera bien être une uchronie)… et elle est vraiment très, très bien rendue : les auteurs ont fait un vrai travail de fond derrière, et cela se ressent. Assistés d’une équipe de spécialistes, ils se sont donc pris au « jeu » d’imaginer quelles pourraient être les conséquences d’une présidence couleur bleue Marine, en appliquant le plus strictement possible le programme du FN. Et, clairement… Ça m’a glacé le sang. Parce que cette BD ne donne pas dans la complaisance,  parce que l’on oublie très facilement qu’il s’agit là d’une fiction. Que cela soit au niveau du texte ou du graphisme, La présidente est parfaitement cohérente : nulle place à une quelconque fantaisie ici, François Durpaire et Farid Boudjellal ont voulu quelque chose de réaliste. De si réaliste que j’en ai eu mal au cœur, mal au ventre.

Afficher l'image d'origine

Il n’y aura pas ici de longue chronique, pas d’envolée lyrique, tout simplement parce qu’en écrivant ces quelques mots, je n’ai absolument pas le cœur à rire. Parce que je suis plutôt partagée entre dépit et effroi, parce que 2017 c’est demain, et que j’ai peur que cette BD ne devienne réalité. Parce qu’un parti qui prône l’intolérance et l’inculture, un parti qui trouve ses racines dans le néo-nazisme à la tête de mon pays, ça me fait vomir. Mais parce qu’il faut en parler, parce que cette BD, il faut la lire. Parce qu’ainsi, on ne pourra plus dire que l’on ne savait pas…

Afficher l'image d'origine

En bref, une BD qui a tout d’un documentaire, une BD que l’on pourrait très bien voir prendre vie d’ici deux ans. La présidente, plutôt que de nous enjoindre à pleurnicher, nous pousse à agir. A agir pour qu’elle reste, aujourd’hui comme plus tard, une simple fiction…

Rébellion, Andrea Cremer (Le secret de l’inventeur #1)

le secret de linventeur

Traduit par Mathilde Bouhon

Se le procurer :
Decitre

L’histoire : Imaginez un monde où l’Empire britannique aurait écrasé la rébellion qui a donné naissance aux États-Unis d’Amérique…
Dans ce XIXe siècle alternatif, Charlotte, seize ans, vit loin de ses parents, descendants des révolutionnaires américains, qui continuent la lutte contre les sous-marins et les machines volantes de Britannia. Entourée d’autres fils et filles de la rébellion, elle habite dans un réseau de grottes souterraines non loin de la ville flottante de New York, où les artisans de la Ruche et les ouvriers de la Grande Fonderie côtoient l’aristocratie des vainqueurs. Un matin, elle croise dans la forêt un garçon amnésique, poursuivi par les machines de l’Empire, et lui sauve la vie. Mais quand elle le ramène dans les Catacombes, où elle attend comme tout le petit groupe d’amis qui l’entoure de rejoindre la lutte quand elle atteindra sa majorité, l’équilibre de son existence est bouleversé : parmi ses compagnons, tous ne sont pas ce qu’ils prétendent être, et l’existence de ce mystérieux garçon fait peser sur la rébellion une terrible menace… Des décharges de métal de l’Empire, infestées de rats d’acier, aux salons opulents de la noblesse, en passant par les méandres labyrinthiques de la Guilde des inventeurs, Charlotte est contrainte de quitter son refuge pour partir explorer le vaste monde ! Rébellion est le premier tome du Secret de l’inventeur, la nouvelle trilogie steampunk d’Andrea Cremer, l’auteur du best-seller international Nightshade, plusieurs fois classée dans les listes des meilleures ventes du New York Times. Monstres d’acier, magie vaudou, automates maléfiques et espions de haut vol, elle a su tisser un univers d’une grande richesse où brille une héroïne née pour mener la lutte !

Mon avis : Un nouveau Lumen, un ! Et pas n’importe lequel, je vous prie : le dernier-né de la maison, j’ai nommé… Le très attendu Secret de l’inventeur ! Quand on a commencé à voir sa frimousse sur la toile, je dois bien avouer que j’ai eu du mal à cacher mon impatience. Moi qui rêvais de me plonger dans des univers Steampunk, je n’avais jusqu’à présent essuyé que des déceptions. Allez savoir pourquoi, je me suis dit que ce serait différent avec celui-ci. Et pour être différent… Ça l’a été ! En une matinée, l’affaire était dans le sac. 400 pages, dévorées en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Et dire qu’avec lui, j’espérais faire passer le goût amer de la frustration laissée par Aeternia… Manque de bol, elle n’a fait que grandir, grandir… Et exploser quand j’ai finalement compris que nous n’aurions pas la suite avec 2016. Oh rage, oh désespoir !
Mais avant de me lamenter, laissez-moi vous en dire plus à propos de ce petit bijou…
Un petit bijou présenté, il faut bien le dire, dans un véritable écrin. Non mais, franchement ! Cette fois-ci, l’équipe graphique de Lumen s’est véritablement dépassée : l’ouvrage en tant que tel est tout simplement ma-gni-fi-que ♥ Z’avez-vu c’te couverture de folie ? Et bien, croyez-moi, la quatrième de couv’ est tout aussi sublime. Si je n’avais pas été aussi avide de me lancer dans ma lecture, j’aurais sans doute passé un bon moment à admirer ce travail de dingue.
Mais le fait est que… Je me suis jetée dessus, tel un lapin affamé sur ses croquettes (Ok, la comparaison ne coule peut-être pas de source. Mais vous verriez Stone le matin…). Je l’ai commencé lundi soir, en ai lu quelques pages avant de me laisser gagner par le sommeil. Et l’ai donc repris hier matin. Pour ne le lâcher que quelques heures plus tard, l’œil humide et le cœur serré, une petite voix hurlant au fond de moi à l’injustice. À l’injustice, oui, parfaitement. En premier lieu, parce que la fin est une véritable torture pour nos nerfs. Encore ! Et, aussi et surtout, parce que MERDE, je suis sensible, moi. Alors je ne rentrerai pas dans le détail de ce qui m’a fait pleurer (oui, je me suis honteusement mouché dans la fourrure de Stony, pendant qu’il léchait consciencieusement mes larmes), mais voilà. Le fait est que je suis désormais malheureuse comme les pierres, et qu’Andrea Cremer en porte l’entière responsabilité.
Et puis, aussi, je m’y sentais tellement bien, moi, dans cet univers ! Quand je vous dis que c’est une petite pépite… Et quand je vous dis, surtout, qu’il faut les surveiller de très très près, chez Lumen ! Mais revenons-en à nos moutons : Le Secret de l’inventeur, donc. Quid ? Du steampunk, ça vous l’avez compris, mais du steampunk original dans le sens où, plutôt que se dérouler en Angleterre, l’action prend place… Aux États-Unis ! Pas de déjà-vu, donc. Et puis, surtout… Ce n’est pas qu’un roman steampunk. Eh non ! C’est aussi… Une uchronie 😀 Haaa, je vois vos yeux s’illuminer : vous comprenez enfin pourquoi j’ai été tant séduite par l’univers de ce roman ♥ En effet, l’intrigue se déroule au sein d’un monde où les États-Unis n’ont jamais véritablement vu le jour, la rébellion ayant été endiguée par les Anglais avant d’être menée à terme. Pour autant, les révolutionnaires américains n’ont pas dit leur denier mot et continuent leur combat : infiltrés dans toutes les strates de la société, ils n’ont jamais été aussi proches de renverser le pouvoir en place. C’est dans ce contexte que nous rencontrons Charlotte, seize ans, fille de révolutionnaires. Vivant avec son frère Ashley et tout un groupe d’enfants dans les souterrains tout proches de la ville de New-York, ils n’attendent qu’une seule chose : avoir leurs dix-huit ans pour rejoindre leurs parents respectifs dans la lutte. Et pourtant, un évènement inattendu va venir bouleverser tous leurs plans : contrainte d’endosser le rôle d’une jeune aristocrate, Charlotte va pénétrer bien plus tôt que prévu dans l’antre du serpent…
Nous voilà ainsi embarqués dans une aventure hautement décoiffante, pleine de rebondissements et de surprises. Une aventure que j’ai, donc, été littéralement incapable de lâcher ! Dès les premières lignes, Andrea Cremer nous plonge avec entrain dans cet univers fait de cuivre et d’acier, rempli de mystères tous plus intrigants les uns que les autres. L’action est menée tambour battant, et ne nous laisse pas une minute de répit : nous allons de révélations en révélations, le cœur cognant toujours plus fort dans notre poitrine. Et les personnages, les personnages ! J’ai adoooooré Charlotte, jeune fille perspicace et courageuse comme il faut. Impossible de ne pas s’attacher à elle dès le début ! Et Ashley, à la fois brut de décoffrage et attendrissant, Pip, Scoff, Birch, Grave… Et Jack… Tous, tous apportent une fraicheur incroyable au récit, et tous sont terriblement attachants. C’est une fine équipe que nous découvrons-là, et je peux vous assurer qu’à la fin du roman, c’est comme s’ils avaient tous pris vie pour être à vos côtés. D’où le déchirement de devoir les laisser-là, dans des conditions… Humpf.
J’avais un bon pressentiment en commençant ma lecture, un pressentiment qui s’est vite confirmé : Le secret de l’inventeur est juste génial. Ados comme adultes, vous y trouverez votre compte, tant l’auteure manie bien les ficelles de son intrigue. Impossible de ne pas être captivé par les péripéties de Charlotte et sa bande, foi de Bouch’ ! C’est donc amplement convaincue que je referme ce roman, et surtout terriblement (le mot est faible) impatiente d’avoir la suite entre les mains. Qui sait, elle aura peut-être raison de ma réticence à m’engager dans la lecture VO ?

En bref, un premier tome décoiffant, qui m’aura une nouvelle fois fait passer par tout un tas d’émotions contradictoires. Une chose est sûre : je serai au rendez-vous en 2016, et jusque là… Derrière vous pour vous susurrer à l’oreille combien il faut absolument que vous le lisiez 😀

On en redemande
On en redemande ! (GRAVE !)

L’Alchimiste des Ombres, Pierre Pevel (Les lames du Cardinal #2)

Premier tome : Les lames du Cardinal

L’histoire : Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume.
Surgis de la nuit des temps, ils sont avides de pouvoir et décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire déjà dans les plus grandes cours d’Europe.
Pour déjouer leurs sinistres complots, Richelieu a reformé son unité d’élite, une compagnie clandestine d’aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d’élégance et d’astuce. Six hommes et une femme aux talents exceptionnels prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal.
Mais alors qu’ils ont rendez-vous, par une nuit d’orage, avec une espionne italienne aussi belle que dangereuse qui prétend détenir les clés d’un complot à venir, ils sont loin d’imaginer l’ampleur de la tragédie qui va s’abattre sur la France et les obliger à affronter leur plus terrible adversaire : l’Alchimiste des ombres…

Mon avis : Bon. Cette chronique risque de ne pas être très… étoffée. Outre le fait que mon inspiration frise le néant depuis quelques jours, je n’ai pas grand chose à dire sur ce deuxième tome. En vérité, je suis un peu… déçue. Souvenez-vous : je vous faisais l’éloge du premier opus il y a quelques jours. Vraiment, j’avais été emballée ! Oui, mais là… Même si j’ai passé un bon moment, je n’ai pas pu m’empêcher de relever de nombreux défauts. Trop nombreux.
Pas de répit pour les Lames du Cardinal : à peine un complot déjoué, en voilà déjà un autre qui se présente ! Et sous des traits charmants, cette fois-ci : l’Italienne, célèbre espionne belle à se damner et aussi vénale que dangereuse, prétend détenir des informations capitales sur une conspiration visant la couronne. Qui, quand, où, elle refuse d’en dire plus tant que le Cardinal ne l’aura pas assurée de sa protection. À La Fargue et ses hommes d’en apprendre plus… Et de se garder de faire le moindre remous. Une fois encore, les Lames vont donc avancer à tâtons. Et ne découvrir qu’au dernier moment que le bourbier dans lequel ils se sont fourrés n’est autre que l’œuvre de leur pire ennemi : l’Alchimiste des ombres, ce même dragon ayant précipité leur chute cinq ans auparavant…
Bon. Cela fait presque une semaine que je l’ai terminé, et mon ressentiment s’est un peu… tassé. Je m’explique : en tournant la dernière page, j’ai ressenti une frustration incroyable. Tout ça pour… ça ? Pour un roman de quatre cents pages à peine, pour lequel j’ai bataillé contre moi-même pendant plusieurs jours avant de m’y plonger, enfin ? Pendant la première moitié duquel je me suis ennuyée ? Pour lequel j’ai sacrifié du temps que j’aurais pu accorder aux livres Oh combien tentants reçus à Noël ? Frustration, frustration, frustration… Une action ou trop rapide, ou trop lente, un côté fantastique bien trop effacé, aucune révélation de taille… Bref, sur le coup, j’ai eu l’impression de mettre fait mener en bateau. Et j’ai vraiment horreur de ça.
Mais, en même temps… J’ai quand même passé un bon moment ! Pas à la hauteur de ce que j’attendais, d’accord. Mais tout de même : cette lecture m’a plu. Pourquoi un tel rejet, dans ce cas ? Pour la simple et bonne raison que l’Alchimiste des Ombres s’est vu conférer la position tant redoutée du « livre post-coup de cœur ». Déjà, pas facile de faire bonne figure quand on passe après une excellente lecture. Mais alors, quand on passe après le Seigneur des Anneaux… Quand on passe après un roman à l’univers on ne peut plus creusé, à la plume travaillée à l’extrême, aux personnages si complexes et si bien dépeints… Bref, quand on passe après un chef d’œuvre, impossible de soutenir le choc à moins d’en être un soi-même. Vous comprenez ce que je veux dire ? Objectivement, cette lecture fut donc bonne, malgré certaines faiblesses de fond (quand même, on aimerait en savoir plus ! Pierre Pevel tourne autour du pot.), mais n’aura pas pu supporter la comparaison avec ma lecture précédente : j’ai été intransigeante avec ce deuxième tome, malheureusement pour lui. Pour autant, cette petite « déception » se doit d’être tempérée : je lirai avec plaisir le troisième tome. Avec un peu plus d’aprioris, c’est certain, et peut-être moins d’attentes. Un cocktail qui, je l’espère, me réservera une bonne surprise !

En bref, petite déception pour ce tome : j’ai eu énormément de mal à me plonger dedans (j’ai bien dû attendre plus de la moitié de l’ouvrage pour être enfin « embarquée »), et le résultat final fut loin de mes espérances. Un manque d’action, de profondeur… Et surtout une comparaison inévitable avec le Seigneur des Anneaux (pas sur le fond, mais bien sur la forme) me l’ont rendu très frustrant. Dommage, donc, mais cela ne m’empêchera pas de lire le troisième tome !

laborieuxLaborieux

Les lames du Cardinal (#1), Pierre Pevel

L’histoire : Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et Richelieu la gouverne. Le Cardinal, l’une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, doit sans cesse regarder des ennemis de la Couronne. L’espionnage, l’assassinat, la guerre, tout est bon tour parvenir à leurs fins… et même la sorcellerie, qui est l’œuvre des plus fourbes adversaires du royaume: les dragons! Ces redoutables créatures surgies de la nuit des temps ont en effet survécu et se dissimulent parmi les humains, ourdissant de sombres complots pour la reconquête du pouvoir. Déjà la cour d’Espagne est tombée entre leurs griffes… Alors, en cette nuit de printemps, Richelieu décide de jouer sa carte maîtresse. Il reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n’ont pourtant pas épargné : le capitaine La Fargue. Car l’heure est venue de reformer l’élite secrète qu’il commandait jadis, une compagnie d’aventuriers et de combattants hors du commun, rivalisant d’élégance, de courage et d’astuce, ne redoutant nul danger: les Lames du Cardinal !

Mon avis : Amateurs d’uchronie, fans d’Alexandre Dumas… Voilà un roman qui devrait vous plaire ! Assez court pour être lu en une journée (ce qui fut mon cas), le premier tome des Lames du Cardinal est également très prenant : nous avons là un véritable roman de cape et d’épée à la sauce fantasy, et je peux vous dire que le cocktail est plutôt… Fameux !
1633, Paris : le Cardinal de Richelieu règne sur la France, sous couvert de servir Louis XIII. Alors que les relations diplomatiques avec l’Espagne sont on ne peut plus tendues, Richelieu tente le tout pour le tout : réunir la célèbre compagnie des Lames du Cardinal qu’il a lui même dissoute il y a cinq ans, pour effectuer une mission secrète visant à établir les bases d’une alliance franco-espagnole. Aussi convoque-t-il le capitaine La Fargue, le pressant de reprendre du service et d’aller trouver ses anciennes lames : fins bretteurs, stratèges hors pair, intrépides et vaillants en toute circonstances, Richelieu ne peut rêver mieux. Pourtant, La Fargue ne s’empresse pas d’obéir au Cardinal : ne les a-t-il pas sacrifiés sur l’autel politique quelques années auparavant ? Que leur cache-t-il cette fois-ci ? C’est donc contraint et forcé que La Fargue se met en route, et rassemble peu à peu ses anciens compagnons. En ignorant encore dans quel guêpier il vient de les fourrer…
Résumé ainsi, Les Lames du Cardinal peut passer pour un simple roman historique. Et il le serait, si seulement il n’y avait pas eu… Des dragons ! Des vyvernes, des dragonnets remplaçant avec brio les pigeons voyageurs, des dracs mercenaires, des sang-mêlé… Aaah, je vois que vous comprenez mieux ce qui m’a attirée vers cette trilogie 🙂 Si je n’avais qu’une chose à dire, ce serait celle-ci : Pierre Pevel a fait un travail fantastique. Il intègre à merveille cet élément aux faits historiques qu’il développe, donne à l’ensemble une réalité saisissante. Je n’avais encore jamais lu d’uchronie préférant la fantasy à la science-fiction et, pour le coup, c’est une réussite 🙂
Pourtant, ce n’était pas gagné : si j’ai lu ce premier tome en une journée seulement, il m’a fallu près d’une semaine pour m’y plonger : je lisais une page de ci delà, très vite lassée. Ce n’est qu’hier que je m’y suis vraiment attelée et, passées les cinquante premières pages, mon intérêt s’est enfin éveillé. A partir de là, impossible de le poser ! À 21 heures, c’en était fini de lui : j’ai bien failli me ruer sur le deuxième tome pour le lire dans la foulée ^_^
Il faut dire que tout est fait pour accaparer le lecteur : l’intrigue est passionnante, les chapitres sont courts et s’enchainent sans qu’on le remarque, la plume est superbe… Bref, une fois que l’on est dans l’ambiance, on n’en sort plus. D’autant que ce premier tome ne pose (presque) que les bases du récit : la première moitié du roman est ainsi consacrée au recrutement des anciennes Lames. Et cela aurait pu être un peu lassant (et encore, c’est si bien amené que je n’en suis pas certaine) si Pierre Pevel s’était contenté de développer ce point là : heureusement, il nous donne quelques os à ronger en nous laissant entrevoir les machinations des différentes puissances en présence : Richelieu, d’abord, mais également cette mystérieuse Griffe Noire, communauté rassemblant les descendants des Dragons Ancestraux. On ne sait pas trop où l’on va mais, une chose est certaine : on s’y dirige de bon cœur. Ce premier tome est donc une invitation à enchainer directement sur le deuxième et, de vous à moi… Je ne tarderai pas à l’ouvrir. En l’espace de 400 pages à peine, Pierre Pevel réussit un véritable tour de force : en maitrisant parfaitement l’art de l’uchronie, il nous offre un récit parfaitement construit et bien plus complexe qu’il n’y parait de prime abord. J’en ressors assez bluffée, pour tout vous dire.
Je passerai rapidement sur la question des personnages puisque, là encore, c’est excellent : on s’attache derechef au groupe des Lames, celui-ci rassemblant pourtant des personnalités bien différentes : Le charmeur Marciac, la belle et intrépide Agnès, Leprat, Almadès, Ballardieu, Saint Lucq… Et La Fargue, qui nous réserve décidément bien des surprises. J’ai hâte d’en apprendre davantage sur chacun d’eux, de retrouver leur verve et leur franc-parler, de les suivre dans les aventures qui ne manqueront pas de leur tomber dessus. En bref, il me tarde de sortir L’Alchimiste des ombres de ma PAL !
Le premier tome des Lames du Cardinal fut donc une excellente découverte, à laquelle je ne m’attendais pas : je pensais bien l’apprécier, mais certainement pas à ce point. La qualité de l’ouvrage m’a beaucoup surprise, et je suis ravie d’avoir enfin sauté le pas, grâce à Belledenuit avec qui je l’ai lu en LC <3 Et maintenant, le prochain 😀

En bref, un excellent premier tome qui pose les bases d’un récit menaçant d’être terriblement palpitant : la plume, l’intrigue, les personnages… Pierre Pevel nous offre un voyage de haut vol dans un 17e siècle revisité, et, franchement… On adore !


On en redemande !