Level 26 tome 2 : Dark Prophecy, Anthony E. Zuiker

Après avoir lu et eu un coup de coeur pour le premier tome de Level 26, le second avait plutôt intérêt d’être à la hauteur… Ce qui n’a pas été vraiment le cas. Si j’ai apprécié ce second tome, il n’atteint cependant pas le même niveau que son prédécesseur.
 
 
L’histoire : Nous retrouvons Dark, plus perdu que jamais et toujours en proie à des démons qui ne semblent pas vouloir le lâcher de si tôt. Après avoir quitté les Affaires spéciales pour se consacrer à sa petite fille, il ne paraît pas capable de raccrocher : sa nature de chasseur d’homme reste incontrôlable. Quand une mystérieuse femme lui offre de reprendre la traque sans aucune limite, lui offrant tous les moyens qu’il peut souhaiter, Dark n’hésite pas longtemps : Il saute dans un avion et file sur les scènes de crime d’un nouveau tueur en série : le Tueur Aux Cartes. Il n’avait cependant pas prévu qu’il se heurterait en chemin à ses anciens coéquipiers, qui ne lui ont toujours pas pardonné de les avoir abandonnés…
 
Mon avis :  J’étais terriblement pressée de retrouver Dark et son éternelle quête de justice. Mais l’intrigue paraît ici bien fade : le portrait de ce fameux tueur est à peine esquissé, on ne suit pas la réflexion de Dark, si ce n’est pour assister à d’interminables monologues durant lesquels il se demande si, oui ou non, il va appeler sa fille pour lui dire bonne nuit. Le personnage central est donc bien pâle face au portrait que nous avions de lui lors du premier tome. Si le mode opératoire de ce nouveau tueur était prometteur (représenter les scènes esquissées sur les cartes du Tarot), le dénouement nous laisse clairement sur notre fin et l’allusion au troisième tome est assez grossière. Dark Prophecy ne m’a donc pas transportée comme l’avait fait le premier tome de Level 26, bien que la lecture en soit agréable. L’auteur sait tout de même créer le suspense et s’accapare ainsi l’attention du lecteur, même si ce nouvel opus ne parvient pas à nous hanter comme le précédent. On peut donc constater une baisse de régime nuisible à l’intrigue, le chat et la souris étant tous les deux beaucoup moins charismatiques que précédemment. 

 2/5 : Laborieux, mais…

 

Point sur… La littérature japonaise.

En cette fin de mois de mai ensoleillée, le salon du livre 32ème édition semble bien loin. Celui-ci s’est malgré tout rappelé à mon bon souvenir pas plus tard que ce matin, quand, à la recherche d’un livre pour passer la prochaine demi-heure de bus qui m’attendais, je suis tombée sur la réserve de littérature japonaise acquise durant le salon. Et bien oui, faire la stagiaire sur le pavillon japonais, ça coûte des sous, mine de rien.
Bref. Une bonne partie de celle-ci étant désormais partie chez les parents, je me suis dit qu’il serait bien de vous faire un point sur cette découverte. Et pour une découverte, s’en fut une de taille !
Avant le salon, la littérature japonaise c’était quoi, pour moi ? Quelques mangas en vrac lus de ci delà et bien sûr… Haruki Murakami ! Non, je ne fais pas partie des hordes de lecteurs en furie le déclarant comme le prochain prix nobel de littérature. Je n’ai lu de lui que son autobiographie (ou déclarée comme telle), autoportrait en coureur de fond. Résultat ? Néant. Je trouve son écriture vide. Mais cela n’engage que moi…
Devant trouver un stage pour le salon du livre, je me suis tournée vers Gibert Joseph… pour le stand consacré à la littérature moscovite. Manque de bol (ou pas), on m’a mise sur le Japon. Et conseiller des gens sur quelque chose que vous ne connaissez absolument pas n’a rien de facile… J’ai donc tenté de lire le plus de résumés possible… une tactique conduisant mon porte-monnaie à sa perte, comme l’on pouvait s’y attendre. Parce qu’en effet, il n’y a pas que Murakami et parce que non, les auteurs japonais n’écrivent pas tous comme lui, bien au contraire.
Voici donc une petite liste non exhaustive de mon panier d’achat :
 
Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants, de Kenzaburo Oé (prix nobel de littérature en 1994)  
Éditions Gallimard, 7,90 €
Durant la Seconde guerre mondiale, des enfants en maison de correction fuient les bombardements et partent se réfugier dans un petit village de montagne. Méfiance et cruauté des habitants les attendent, ceux-ci les traitant comme des parias et n’hésitant pas à leur laisser les tâches les plus ingrates. Une épidémie meurtrière se déclare bientôt, les villageois abandonnant les jeunes enfants à leur triste sort. Ceux-ci tentent tant bien que mal de recréer un semblant d’ordre social, une paix précaire menacée par le retour inéluctable des paysans.
Ce roman est une pure merveille. Qu’on se le dise : il est horriblement dur. Ce que décrit ici K. Oé dépasse l’entendement et l’on se demande aisément comment les hommes peuvent être aussi cruels. Les mots sont glacials et magnifiques en même temps, ce livre condensant l’horreur et l’amour, l’espoir et l’incompréhension. 5/5 
 
Nââânde !? Les tribulations d’une Japonaise à Paris, de Eriko Nakamura
Éditions Nil, 167 pages, 17,25 €
Ne vous êtes-vous jamais demandé comment était la société japonaise ? Il est vrai que l’on ne sait que très peu de choses sur l’Archipel. Alors, quand on tombe sur un ouvrage comme Nââânde !?, c’est une véritable aubaine. L’auteure, très connue au Japon, y compare les deux sociétés via divers exemples, bien souvent cocasses : les visites chez le médecin, le métro, les cabines d’essayage… Et nous montre par là combien nos deux civilisations sont éloignées !
Si le livre se lit très vite, il n’est pas destiné à des amateurs de la culture japonaise, mais bien à de complets néophytes. Les situations dépeintes par l’auteure sont très souvent caricaturales et peuvent provoquer une certaine lassitude. Une lecture ponctuelle pourrait remédier à cela ! 2,5/5
  
Appel du pied / Install, de Risa Wataya
Philippe Picquier poche, 6,10 € / 5,60 € 
Les adolescents constituent, au Japon, une classe sociale bien définie. Et c’est à eux que s’intéresse la jeune Risa Wataya à travers ces romans : les pérégrinations d’ados complément paumés, victime de la concurrence acide empoisonnant le système scolaire. Des scènes décalées et amusantes qui lui ont valu l’équivalent du prix Goncourt français.
Ces deux livres se lisent très vite et ne prennent pas la tête, c’est le moins que l’on puisse dire. L’écriture est simple et c’est tant mieux, en harmonie avec l’auteure. A réserver peut être à de jeunes adultes ou adolescents, en raison du sujet traité. 3,5/5
  
Un cri d’amour au centre du monde, Kyoichi Katayama
Livre de poche, 224 pages, 6,10 €
Sakutaro et Aki sont lycéens et s’aiment tendrement. En
l’espace de quelques semaines, une terrible maladie emporte Aki, laissant Sakutaro seul avec ses souvenirs… Comment survivre à la disparation de l’être aimé, comment réussir à aimer à nouveau, quand tout est mort en nous ?
Pudique, poétique et puissant, voici les premiers termes me venant à l’esprit pour décrire ce roman. On rencontre Aki à travers les souvenirs de Saku’chan et l’on admire l’innocence de l’amour unissant ces deux enfants. Ce court roman nous transporte le temps de ses quelques pages, nous tirant les larmes face à l’injustice dont la vie fait parfois preuve…5/5
  
 La maison où je suis mort autrefois, Keigo Higashino
Babel noir, 253 pages, 7,70 €
Sayaka Kurahashi a tout d’une femme normale : mariée, mère d’une petite fille… Tout, si ce n’est ces étranges marques à ses poignets, seules témoins de son état psychique déplorable. Vivant dans une solitude écrasante du fait de l’absence quasi-perpétuelle de son mari, elle n’arrive pas à aimer sa fille et la maltraite, plaçant ceci sur le compte d’un étrange phénomène : la jeune femme ne possède aucun souvenir de sa plus tendre enfance. Accompagné d’un de ses ex-compagnons, elle va donc partir à la recherche de sa mémoire au fin fond d’une maison qui lui est inconnue, demeure dans laquelle se rendait régulièrement son père…
L’atmosphère de ce thriller est oppressante à souhait. Ici, pas d’effusion de sang, l’auteur joue avant tout sur le mental et la suggestion. Résultat : on est au moins aussi effrayé que les deux protagonistes lorsque ceux-ci commencent leur exploration. Le suspens est gardé jusqu’au bout, vous garantissant une surprise de taille ! 4,5/5
  
Totto-chan, la petite fille à la fenêtre, Tetsuko Kuroyanagi
Pocket, 282 pages, 6,70 €
Totto-chan est une petite fille qui aime follement la vie, à un point tel que son ancienne école l’a jugée trop turbulente pour continuer à y être accueillie. Ses parents l’inscrivent alors à Tomoe, petite école où la classe se fait… dans d’anciens wagons de train ! Totto-chan découvre peu à peu un autre monde, où la discipline n’a pas sa place. Respect, confiance et entraide y sont les maîtres mots, nous montrant qu’il existe bien une alternative au système scolaire habituel.
Cette histoire vraie est extrêmement touchante, de par la naïveté et la candeur de la petite Totto-chan qui ne trouvait pas sa place dans un système trop sclérosé mais également de par la bonté de ce directeur si humain, tout simplement. Il aime ces enfants comme s’il s’agissait des siens, leur rendant ce bonheur qu’ils lui communiquent au centuple. Et l’on se prend à rêver d’un système équivalent à grande échelle, qui rendrait les choses beaucoup plus humaines, moins automatisées… Un petit concentré de bonne humeur, qui nous laisse un sourire enfantin sur le visage et des questions plein la tête. 4/5
 
Quartier lointain (tomes 1 et 2), Jirô Taniguchi (Prix du meilleur scénario, Angoulême 2003)
Casterman, 13,75 €
Hiroshi est un homme banal, ayant une vie banale: deux filles qui le craignent un peu, une femme dont il s’éloigne au fil des ans. Lors d’un voyage, il se trompe de train et se rend compte trop tard qu’il est en route pour son village natal. Qu’à cela ne tienne, il replongera le temps de quelques heures dans ses souvenirs d’enfance : quel mal cela pourrait-il lui faire ? Rien, sauf peut être le renvoyer des années en arrière, l’année de ses 14 ans, l’année où son père est mystérieusement parti sans laisser de trace…
Pour moi qui n’ai pas l’habitude de lire de BD, je dois dire que j’ai particulièrement apprécié celle-ci. On s’attache très vite à ce héros qui ne sait pas très bien ce qui lui arrive, mais qui entend bien profiter de cette deuxième chance. Mais à trop changer le passé, ne risque-t-on pas de modifier le futur ? Le coup de crayon est à mon sens très bon, la trame en elle-même géniale. Ces deux tomes vous emporteront sans problèmes pour quelques heures de lectures absolument savoureuses. 5/5
  
Battle Royale, Koushun Takami
Livre de poche, 830 pages, 8 €
Dans un pays asiatique imaginaire, les autorités ont inventé un jeu cruel devant contrer toute velléité de rébellion de la part des adolescents. Le nom du programme ? Battle royale. Le principe ? Choisir une classe de 3ème au hasard, les envoyer sur une île, confier à chaque élève un paquetage contenant une arme aléatoire et les faire s’entre-tuer durant trois jours. Un seul survivant, aucune échappatoire. Pour Shuya et ses amis, Battle Royale ne semble pas avoir plus de consistance qu’un mythe. Quand ils sont envoyé sur l’île, le jeune garçon croit encore que ses camarades de classe vont tenter de saboter le jeu. Mais quand les premiers coups de feu retentissent, c’est leur jeunesse qui s’envole…
Ce petit pavé vous promet plusieurs heures de sensations fortes ! Si ce thème a été maintes et maintes fois repris (dernièrement avec Hunger Games), Koushun Takami se l’approprie très bien, faisant de Battle Royale un chef d’oeuvre de la littérature nippone. Durant tout le roman, nous suivons la petite bande de Shuya qui tente tant bien que mal de survivre et assistant bien malgré eux au massacre de leurs camarades. Et l’horreur de la situation ne nous échappe pas, bien au contraire. Les mots de l’auteur sont sans cesse plus durs, nous entraînant toujours plus profondément dans les méandres de la folie humaine. Jusqu’où iront-ils pour canaliser tout un peuple ? 5/5
 
  Vous l’aurez compris, j’ai fait des emplettes. Je ne pourrais donc que vous conseiller de tenter l’expérience : si le style d’écriture est différent, plus épuré, plus pudique, les textes n’en sont pas moins forts. Je ne dirais pas que la littérature occidentale est mieux que la littérature orientale ou inversement, c’est simplement différent et l’expérience vaut le détour. Je reste déçue de ne pas m’y être mise avant, bloquée par l’expérience Murakami. En résumé, une belle découverte qui a enterré mon porte-monnaie mais, de vous à moi, cela valait le coup !

Level 26, Anthony E. Zuiker

Âmes sensibles, s’abstenir !
 
 
L’histoire :
Sqweegel. Ce seul nom suffit à faire frémir les policiers les plus endurcis. Et pour cause : il s’agit du meurtrier le plus abject que la Terre ait porté. Aucun mode opératoire prédéfini, aucune logique apparente, aucune bavure, aucun indice. Sqweegel est une ombre insaisissable. Quand un proche du gouvernement est assassiné, Tom Riggins est chargé de retrouver le seul homme a s’être approché du monstre suffisament près pour avoir vu l’éclat de ses yeux sombres : Dark. Problème, celui-ci s’est depuis bien longtemps retiré des affaires, après avoir vu périr sa famille d’accueil sous la lame du-dit monstre. Aujourd’hui marié et bientôt père d’une petite fille, rien ne saurait le faire replonger. Sauf peut-être l’attention de Sqweegel de nouveau tournée vers lui et sa petite famille…
 
Mon avis :
Que dire de Level 26, si ce n’est qu’il m’a empêché de fermer l’oeil de toute la nuit ? Lu d’une traite jusqu’à minuit, ce thriller m’a véritablement hantée… au point de rendre suspect le moindre bruit. L’écriture de Anthony E. Zuiker est diaboliquement efficace et ne nous laisse pas un seul instant de répit…une vraie frénésie lectorale ! L’idée de départ est plutôt originale : Level 26 correspond en effet au niveau de dangerosité du tueur, les criminels étant « habituellement » classés du niveau 1 au niveau 25. Je vous laisse donc imaginer la perversité de Sqweegel. Qui semble d’ailleurs avoir été conçu pour incarner nos peurs les plus profondes. Ce n’est qu’un personnage de papier et pourtant il m’a terrifiée, comme peu de bourreaux imaginaires ont su le faire. Vous aimez les sensations fortes ? Foncez, ce thriller est fait pour vous. Imaginez-moi tapie au fond de mon lit avec le livre à 10 centimètres de mon visage, la couette relevée jusqu’au menton et les jambes tremblantes, vous aurez une idée approximative de mon état physique et mental durant la lecture. Le déroulement de l’intrigue est rondement mené, on se demande jusqu’à la dernière page si, oui ou non, Dark va réussir à attraper ce psychopathe. Et cette dernière page justement… un appel à la lecture immédiate du second tome, une frustation sans précédent pour moi qui ne suis pas en sa possession, donc.
L’autre « plus » de ce livre réside sans conteste dans l’accessibilité aux petites vidéos qui lui sont associées sur le site Level26.com, celles-ci détaillant certaines parties de l’action. Et donnant une figure matérielle à Sqweegel. Je ne vous cacherai donc pas que j’ai été amenée plus d’une fois à fermer les yeux (très très très fort) devant l’écran de mon ordinateur. Mais à vrai dire… c’est tant mieux !! C’est un livre fait pour nous faire peur et l’on adore carrément ça, tant l’auteur sait si prendre. Il y avait longtemps que je n’avais pas lu d’une traite un thriller ! 
Une vraie bonne découverte donc (si ce n’est un coup de coeur), avec une bonne dose de gore que l’on sait apprécier. Après Paul Cleave, Henri Loevenbruck et Mo Hayder, un nouvel auteur de thriller à découvrir d’urgence !
 
5/5 : Coup de coeur !

Un employé modèle, Paul Cleave

Combien de mois cette petite bombe est-elle restée cachée dans ma PAL ? 4, 5, 6 ? 1 an ? Quoiqu’il en soit, elle en est sortie mardi dernier pour atterrir dans mon sac et me tenir compagnie durant mes trajets en bus.  Et aussi pendant mes pauses déjeuner. Et pendant les longues soirées de geekage de l’Homme. Et même après. Bref, après trois jours et 475 pages, voici mon avis sur ce que Gérard Collard, libraire de son état, a appelé un « petit chef d’oeuvre ».
 
 
Ce qu’en dit la quatrième de couverture :
Christchurch, Nouvelle-Zélande. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, Joe Middleton travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Pourtant, même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch. Contrarié, Joe décide de démasquer le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres…
 
Mon avis :
Voilà un livre qui m’a fait successivement passer du dégoût au rire, de l’impatience à la stupéfaction. Comme le dit si bien Brigitte Hernadez, journaliste au Point, « Paul Cleave ne se prive de rien et dès le début la barre est placée si haut qu’on se demande comment le romancier va tenir sur toute la longueur ». Et bien, il arrive très bien, croyez-moi. Jusqu’à la fin, on se demande comment cet homme si « normal » va pouvoir se tirer du pétrin dans lequel il s’est fourré. Je le qualifie de « normal », car il transpire bel et bien la « normalité », bien qu’il soit carrément imbu de sa personne et vraiment retors, manipulateur et, il faut bien l’avouer, un peu fou. C’est un personnage assez abject qui se joue complètement de son entourage en se faisant passer pour Joe-le-lent mais on A-D-O-R-E ça. La narration à la première personne crée ainsi une « intimité » avec le Boucher, dont on connaît les moindres pensées. Bon, d’accord, il tue une prostituée. Et alors ? On frémit bien davantage quand il est pris à son propre piège et menace de perdre sa virilité d’un instant à l’autre. On en pleurerait presque avec lui. De quiproquos en malentendus, on ne peut qu’admirer l’intelligence (qui connaît tout de même des limites) de cet homme qui arrive avec brio à satisfaire son penchant morbide au nez et à la barbe de ses employeurs, les enquêteurs eux-mêmes. Le suspens est gardé jusqu’au bout pour un final vraiment pas mal, un final dont on a du mal à déterminer la nature avant de l’avoir atteint. Paul Cleave relève donc le pari de dépoussiérer le thème du tueur en série, nous offrant un thriller haletant, mêlant suspense, humour et horreur. Un vrai succès !
 
L’anecdote :
A quelques pages de la fin, dans un état de nervosité palpable, j’ai été dérangée par un charmant monsieur qui s’était mis en tête de me démontrer à quel point ma lecture était indigne. Et bien oui, la littérature avec un grand L, il n’y a que ça de vrai ! Non mais franchement, pour qui il se prend ?
 
Billet de dernière minute : Un employé modèle a été recompensé du prix « polar » du salon « St-Maur en poche 2012 » !
 
« Je ne souffre pas de compulsion à tuer tout le temps. Je ne suis pas un animal. Je ne cours pas partout en me déchargeant d’abus subis dans mon enfance tout en trouvant des excuses pour tuer. […] Je ne suis qu’un type normal. Un Joe moyen. Avec un hobby. Je ne suis pas un psychopathe. Je n’entends pas de voix. Je ne tue pas pour Dieu ou Satan, ou le chien du voisin. Je ne suis même pas religieux. Je tue pour moi. C’est aussi simple que ça. J’aime les femmes et j’aime leur faire des choses qu’elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c’est pas grand-chose. C’est juste une question de perspective. »

5/5 : Coup de coeur !