In the After, Demitria Lunetta

in the after

Traduit par Maud Ortalda

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Je tiens à remercier Emily et les éditions Lumen pour m’avoir permis de découvrir ce titre ♥

L’histoire : Amy est devant sa télévision quand le pire se produit, quand ILS attaquent. New York, Paris, Tokyo… Des créatures sans pitié déferlent, et dévorent les humains. Personne ne sait d’où ils viennent mais une chose est sûre : la population de la planète décroît dramatiquement en quelques jours à peine. A l’abri de la grille électrifiée de sa maison, Amy parvient à leur échapper.., mais pour combien de temps ? Elle qui a perdu tous les siens parvient tout de même à recueillir Baby, une petite fille qui a miraculeusement survécu aux crocs acérés des nouveaux maîtres du monde. Trois ans qu’elles survivent en autarcie, quand d’autres survivants commencent à se manifester. Elles pensent que leur enfer est terminé… mais il ne fait que commencer !

Mon avis : Aloooors… Par où commencer ? En dénonçant la vile tentatrice qui m’a poussée à ouvrir ce livre, peut-être ? Flora, cesse donc de te cacher, on t’a reconnue ! C’est lors de la petite réunion organisée par l’équipe de Lumen que cette satanée coquine m’a poussée au crime, à grands renforts de « Quoiiii, mais tu ne l’as pas lu ?!!! ». Et moi, docile… Je m’y suis donc plongée. Il faut dire que les arguments mis sur la table étaient plus qu’alléchants. Une tension implacable. Un récit d’une intensité rare. Des rebondissements en veux-tu en voilà, une intrigue richement nourrie. En bref, une petite pépite mêlant allégrement thriller et post-apocalyptique. Qui, qui aurait pu résister à un tel engouement ? Je ne sais pas vous mais, moi… Je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire immédiatement les yeux doux, à ce p’tit bijou. Tant et si bien qu’il a grillé bon nombre de romans dans ma PAL, atterrissant directement sur ma table de chevet.
Et maintenant… VERDICT !
En l’espace de quelques heures, Amy a tout perdu : ses parents, ses amis, son avenir. Elle était chez elle quand ILS ont débarqué, et c’est qui l’a sauvée. Contrairement aux millions de gens partis au travail, faire les courses, courir dans le parc. Rapidement, elle a compris qu’ils s’orientaient essentiellement grâce à leur ouïe : impossible de leur échapper en plein jour mais, à condition d’être suffisamment silencieuse, la nuit pouvait la dissimuler à leurs yeux. Commence alors pour elle une vie de survivante, uniquement rythmée par ses excursions nocturnes pour se ravitailler, et les chocs électriques de la barrière entourant sa maison quand l’un d’EUX s’en approche trop. Alors qu’elle se croit seul être humain sur Terre, elle rencontre Baby, petite fille de quelques années seulement. Comment a-t-elle fait pour survivre seule au milieu de ce désastre ?  Ignorant ce que lui souffle son instinct de survie, Amy décide de l’emmener avec elle. Étrangement silencieuse, Baby a tôt fait de s’habituer au mode de vie de sa sœur adoptive. Durant trois ans, elles seront tout l’une pour l’autre. Jusqu’à ce que, un beau jour, d’autres survivants se manifestent…
Bon, vous avez deviné ? Bien sûr que j’ai adoré ce bouquin ! Flora, ma chère, tu ne t’étais pas trompée, loiiiin de là. En vérité, je l’ai dévoré. Pendant une journée, j’ai moi aussi mis les pieds dans l’Après, aux côtés d’Amy et de Baby (bon, sans avoir la crainte de voir surgir à chaque éternuement une immonde créature verdâtre, avouons-le.), la peur au ventre et les poils des bras hérissés. C’est qu’elle n’avait pas menti, quand elle parlait d’une tension insupportable ! Tout au long de notre lecture, on est sous pression. Franchement, je dois bien dire que j’étais sceptique, au début : l’auteure allait-elle suffisamment bien manier les fils de son récit pour lui donner toute l’ampleur qu’il méritait ? Allait-elle réussir à surpasser la difficulté de n’avoir aucun dialogue, aucun « son » à exploiter ?  Et bien… Oui. Oui, oui, oui. Dès les premières pages, on est happé par l’intrigue. C’est une plongée en enfer que Demetria Lunetta nous offre, un aller simple pour l’apocalypse. Elle ne donne pas dans le gore inutile, n’en rajoute pas des tonnes, non : elle va droit au but, incisive, construisant petit à petit une intrigue propre à nous glacer la moelle des os. C’est à la fois pesant et… délicieusement angoissant.
Première source de stress : Amy et Baby sont sans cesse sur la sellette : un seul faux pas, et c’est la mort assurée. Vous conviendrez que leurs petites excursions n’ont évidemment rien de simples promenades de santé. La première partie du roman n’est donc qu’une question de survie, et l’on peine à croire que nos deux héroïnes vont parvenir à voir la prochaine page en un seul morceau. Et ça ne va pas s’arranger avec l’arrivée d’autres survivants. Je ne vous en dirai pas beaucoup plus sur ce point (eh non, bande de coquinous !), mais le fait est que l’on sent, dès le début, que quelque chose cloche. En tout cas, pour ma part, impossible de chasser l’idée que, dans ce genre de situations… Ça tourne souvent au désastre :/
Deuxième source de stress : on a vraiment, vraiment peu d’informations. Et ce, à tout point de vue. D’où sont venues les créatures, à quoi ressemblent-elles précisément ? On ne sait rien. Et cela ne fait que s’aggraver dans la deuxième partie du roman, où l’on est plongé dans l’ignorance la plus totale. Et ça… C’est intenable, franchement. Parce que du coup, la méfiance est omniprésente. Comme si le fait de risquer sa vie à chaque instant ne suffisait pas ! Plus l’intrigue avance, et plus l’on entrevoit une vérité propre à nous glacer le sang. L’auteure est décidément passer maitre dans l’art jouer avec nos nerfs !
Côté personnages, je suis essentiellement… Admirative. Non mais, soyons sérieux : en ce qui me concerne, je n’aurais pas tenu une journée avec EUX. J’aurais trébuché au mauvais moment, fait tomber quelque chose de lourd, entonné une chansonnette… Bref, je me serais faite bouffer en moins de deux. Alors que Amy et Baby, elles… Trois ans !! TROIS FOUTUES ANNÉES !
Baby est terriblement attachante. Petite puce qui n’a rien demandé, on a juste envie de lui faire un câlin (et on se prendrait très certainement un coup, si l’on essayait). Amy, elle, m’a également beaucoup plu, dans le sens où… Pour une fois, on a une héroïne qui réfléchit. Qui se pose des questions. Non, elle ne fait pas confiance aveuglement. Non, elle ne prend pas pour argent comptant tout ce qu’on lui dit. Et, non, elle n’efface pas d’un coup de baguette magique trois années de survie qui l’on marquée aussi sûrement qu’au fer rouge… Elle a une véritable identité, et c’est ce que j’ai aimé chez elle. Kick-ass, elle l’est forcément, vu les conditions dans lesquelles elle a grandi. Mais elle n’en est pas pour autant complètement insensible… Bref, Demetria Lunetta a parfaitement dosé son personnage. Well done !
Vous l’aurez donc compris en voyant la taille de cette chronique, In The After m’a véritablement exaltée. Angoissée, aussi, et pas qu’un peu. Je partais confiante dans cette lecture, j’en suis ressortie accro. Non mais, vraiment, où est la suite ?

En bref, une excellente lecture qui m’aura tenue en haleine près d’une journée entière. J’en ai eu des sueurs froides, la chair de poule, le ventre noué. Si je devais résumer tout cela ? WAHOU !

On en redemande
On en redemande !

Chroniques express

Chroniques express

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L’histoire : Il est un royaume mystérieux que l’on nomme Leïlan, le Pays des Illusions. Depuis qu’un drame affreux a frappé la famille royale, ses frontières sont fermées et son peuple est opprimé par l’infâme duc Korta. Une rencontre pourrait tout changer : celle d’un jeune messager, Axel, et d’une envoûtante jeune fille aux yeux bleus… Mais un secret entouré de sorcellerie les sépare, un destin tragique qui empêche l’espoir de renaître. Pourtant, au royaume des illusions, les apparences sont trompeuses : un justicier insaisissable met les hommes du duc en échec. Qui est ce héros dont l’identité secrète est jalousement défendue ? Quelle est cette étonnante compagnie qui partage ses exploits ? Une chose est sûre : tout comme eux, vous tomberez amoureux des yeux de Leïlan…

Mon avis : Il y a longtemps que je souhaitais découvrir la plume de Magali Segura, et c’est ma chère Angélique qui m’en a offert la possibilité avec Leïlan : si je ne savais pas réellement à quoi m’attendre avec ce joli pavé (la trilogie complète est ici réunie dans un seul et même volume), j’ai passé un très, très agréable moment.
Bien que les personnages soient assez manichéens (il y a les très méchants d’un côté, et les tout gentils de l’autre) et que la plume de l’auteure ne m’ait pas particulièrement charmée, j’ai été totalement subjuguée par le monde riche en couleurs et follement original qu’elle développe sur plus de 600 pages. L’intrigue est prenante à souhait, pleine de rebondissements et de bons sentiments. Oui, si je devais résumer Leïlan, c’est ainsi que je le ferais : voici une histoire qui fait du bien, de laquelle on ressort avec un grand sourire, le cœur apaisé et le ventre rempli de papillons. C’est frais, innocent, et peut parfaitement faire office de passerelle pour de jeunes lecteurs souhaitant se mettre à la fantasy. Et pour les grands qui rêvent d’un peu de douceur, aussi !

Lhistoire sans fin

L’histoire : Bastien Balthasar Bux a douze ans. Orphelin de mère, élevé par un père absent, il s’évade de son quotidien grâce à sa passion pour la lecture. Un matin, il entre dans une librairie et dérobe un livre ancien. Un livre pas comme les autres, qui décrit un monde peuplé d’elfes et de monstres. Mais le Pays Fantastique est rongé par un mal étrange et vit une lente agonie. Un héros, Atréju, est nommé par la Petite Impératrice, souveraine incontestée, pour accomplir une grande quête: trouver un remède afin de sauver leur monde. Et voilà que Bastien, irrésistiblement, passe de l’autre côté du miroir et entre dans l’histoire, l’histoire sans fin.

Mon avis : Hum, je vous vois venir ! « T’as 23 ans, et tu n’as jamais lu (ou vu !) L’Histoire Sans fin ?! » Ben… Non. Jusqu’à il y a peu, j’ignorais tout de ce classique de la littérature jeunesse. Et puis, quand j’ai vu cette superbe réédition au Salon de Montreuil… J’ai craqué. J’ai craqué, et je n’ai pas tardé à l’ouvrir, et à comprendre pourquoi ce petit bijou mérite l’appellation de classique. Il faut dire que ce roman détonne un peu de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent. Dans ma tête, un bouquin, c’est : une situation de départ, un élément déclencheur, deux-trois rebondissements, un retournement final, le dénouement, FIN. Et là… Dès que l’on croit que c’est fini, que l’on se demande à quoi peut bien servir le paquet de feuilles qu’il nous reste à tourner, l’auteur redémarre sur quelque chose de complètement nouveau. L’intrigue n’est pas décousue, notez-le bien : elle est juste… En perpétuel renouvellement. Mon intérêt n’a donc pas faibli un seul instant, mieux : il a constamment été relancé. Voilà qui est parfait pour de jeunes lecteurs, qui se lassent généralement beaucoup plus vite que leurs aînés !
Et puis, bon, déjà… Cette idée de « rentrer » dans un livre… C’est juste génial, il n’y a pas à tortiller. Mon âme d’enfant s’est réveillée dès les premières lignes, et je n’ai cessé de m’émerveiller tout au long de ma lecture. Un vrai, un grand, un excellent moment de lecture, qui me restera très, très longtemps en mémoire ♥

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L’histoire : Des chuchotis dans les ténèbres. Une cavalcade étouffée dans les couloirs. Des gémissements. Les nuits sont rudes et effrayantes à l’établissemet psychiatrique haute sécurité de Beechway… Pour le personnel comme pour les patients. On murmure que le fantôme de  » La Maude « , la cruelle infirmière de tous leurs cauchemars, serait reparue. Hallucination collective ? Autosuggestion ? Lorsque des malades commencent à se mutiler et que des morts suspectes surviennent, l’infirmier en chef, AJ, décide d’alerter le commissaire Jack Caffery. La folie rôde, l’horreur est en marche et ne demande qu’à s’évader…

Mon avis : Après le dernier Mo Hayder qui m’avait tout de même bien, bien déçue, j’étais plus qu’hésitante à l’idée de me lancer à nouveau dans l’un de ses romans. Mais, chassez le naturel, il revient au galop… Impossible de résister à l’appel de Fétiches, tout juste sorti en poche.
Bien m’en a pris ! Voilà un VRAI Mo Hayder, avec cette ambiance glauque à souhait, oppressante, glaçante au plus haut point. Et puis, ENFIN, Jack Caffery et Flea Marley sont de retour ! Et une Bouchon contente, une 😀 C’est qu’ils m’avaient manqué, ces deux zigotos ! Côté intrigue, c’est simple : à peine commencé, Fétiches a de suite capté mon intérêt. Je n’en ai fait qu’une bouchée, une sueur glacée me coulant lentement dans le dos. Brrrr ! Ce n’est pas le plus gore de tous, voilà qui est sûr. Pour autant, je ne le recommanderais pas (ni lui, ni aucun autre de l’auteure, d’ailleurs) aux âmes sensibles. Mo Hayder excelle dans l’art de nous mettre mal à l’aise, de nous plonger dans un tel état de nerfs que le moindre petit bruit incongru nous fait sursauter. Mais, pour les amateurs du genre et les adeptes de ses anciens romans, Fétiches marquera à coup sûr des points 😀

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L’histoire : Il fut un temps où le principal problème de Shiarra Waynest, détective privé à New York, était de maintenir son agence à flots. Mais prise dans le conflit opposant deux vampires aussi dangereux que séduisants, la jeune femme va être approchée par une puissante faction de chasseurs. Pourtant, à mesure que la crise prend de l’ampleur, elle va découvrir que les gentils ne sont pas forcément ceux qu’on croit et remettre en question ses amitiés, sa loyauté… et même ses désirs.

Mon avis : Je vous avais promis une chronique digne de ce nom, et je vous prie de m’en excuser. Plus d’un mois après m’être plongée dans ces deux volumes, je n’arrive toujours pas à mettre des mots sur mon ressenti. Peut-être que le fait de savoir qu’il m’a fallu deux bonnes semaines pour me remettre de cette lecture vous aidera à comprendre dans quel état Patrick Rothfuss m’a plongée. Le Nom du vent avait été un coup de cœur magistral, l’un de mes plus gros pour l’année 2014. La Peur du Sage réitère, puissance 1000. J’ai été subjuguée, envoûtée par ce récit, et laissée comme orpheline une fois la dernière page tournée. Les mots toujours justes de l’auteur ont créé un grand vide en moi, un grand vide qu’aucun roman n’a su véritablement combler.
Une chose est certaine, j’ai rarement été aussi touchée par un roman. Ce fut le cas pour La Dernière Terre, un peu aussi pour Kushiel, mais l’on peut presque s’arrêter là. La Peur du Sage a su trouvé écho au plus profond de moi, et j’en suis encore bouleversée. Bouleversée, anéantie. Un livre, que dis-je, une série à hisser sur le Panthéon des plus grands, et dont il me tarde (oh combien !) de connaitre le dénouement…

Le Chuchoteur, Donato Carrisi

Le chuchoteur

Traduit par Anaïs Bokobza

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L’histoire : Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs. Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure… Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

Mon avis : depuis le temps que je voulais le lire, ce thriller ! Bon, comme d’habitude, je suis bien sûr incapable de me souvenir quelle chronique a, pour la première fois, attisé mon intérêt pour lui… Même s’il me semble que c’est à ma petite Livresse que l’on peut imputer cette envie 🙂 Et samedi dernier, surprise : Chéri est rentré à la maison avec des Kinder pour mes trois p’tits neveux, et ce fameux roman pour moi 😀 Autant vous dire que je n’ai pas résisté longtemps (deux heures tout au plus, en fait) avant de l’ouvrir : au diable SP et autres lectures imposées, et me voilà lancée dans une aventure qui m’aura donné quelques sueurs froides…
Donato Carrisi annonce la couleur dès les premières pages : cinq petites filles ont été enlevées, et l’équipe du criminologue Goran Gavila vient de faire une macabre découverte : elles ont chacune été amputées du bras gauche. Des corps, nulle trace… Mais une certitude : avec une telle blessure, l’espoir de les retrouver vivantes est totalement anéanti. Et pourtant… Cinq disparitions ont été signalées, et c’est pourtant six petits bras qui ont été retrouvés. Qui est la sixième fillette ? Pourquoi sa disparition a-t-elle été étouffée ? Pour résoudre un mystère qui ne cesse de s’épaissir, les enquêteurs font appels à une experte des enlèvements, Mila Vasquez. Mais ni elle, ni les autres, ne sont préparés à ce qu’ils vont découvrir…
Une fois commencé, j’ai été tout bonnement incapable de lâcher ce roman : la tension est implacable dès les premières pages, et ne cesse d’augmenter à mesure que l’intrigue avance. Donato Carrisi joue admirablement avec nos nerfs, et je peux vous assurer que je ne faisais pas la fière, aux heures les plus noires de la nuit, sans personne pour me rassurer. Une lecture parfaite pour cette période, donc !
Il faut dire que l’auteur met le paquet : cinq fillettes mortes à coup sûr, une sixième potentiellement en vie… Mais pour combien de temps ? Toute cette tension démarre de là : les enquêteurs sont sous pression, et nous avec eux : qui peut être capable d’une telle barbarie ? Et vont-ils seulement réussir à la retrouver à temps ? C’est un véritable jeu de piste qui s’engage, une traque sans merci qui nous laisse avec la désagréable sensation de se faire mener en bateau : une ombre noirâtre plane sur l’ensemble du récit, renforçant puissance 1000 cette impression de malaise qui s’empare de nous dès le début. Jusqu’au dénouement… Qui nous laisse sur les rotules, hébétés : qui, QUI aurait pu prévoir un truc pareil ? Qui aurait pu prévoir que l’auteur pousserait le vice jusque… Là ?! Bien sûr, je m’étais doutée de quelques petites choses… Mais de là à imaginer un truc pareil, certainement pas. C’est glauque au possible, hypra malsain… Et tout simplement génial de la part de l’auteur. J’en ai lu un bon paquet, des thrillers. Mais c’est bien la première fois que je fais face à… Ça.
Côté personnages, j’ai été un tantinet déçue, notamment par Mila Vasquez. Je ne vous dirai pas pourquoi, puisqu’on ne l’apprend qu’à la fin du roman, mais… Je m’en doutais, dès le début. Et ça fait un peu vu et revu. Par contre, Goran Gavila m’a surprise… Agréablement ou non, je ne saurais dire… Mais il ne m’a pas laissée insensible, c’est certain. Brrr !
Une chose est sûre, cette lecture fut largement à la hauteur des espoirs que je fondais en elle : j’ai d’ailleurs beaucoup de mal à m’en remettre ! Cœurs sensibles, attention : certains passages sont assez… Durs. Donato Carrisi ne fait pas les choses à moitié ! Mais si vous voulez un thriller sombre et prenant, n’hésitez plus : Le chuchoteur saura vous faire frémir…

En bref, une excellente lecture qui m’aura noué l’estomac d’appréhension : que c’est bon, de se faire peur !

On en redemande
On en redemande !

ChessTomb, John Ethan Py

ChessTombBanSite internet officiel de l’ouvrage (à ne visiter qu’une fois le roman dévoré !) :
http://chesstomb.weebly.com/

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L’histoire : 1922. Howard Phillips Lovecraft écrit une de ses plus étranges nouvelles : Herbert West, réanimateur.
2001. Le meurtre atroce d’une famille plonge la ville de Chesstomb dans le deuil. Journaliste de renom, Shelby Williams vient y enquêter. Accumulant une somme de documents qui fera date dans l’histoire du journalisme d’investigation, il remonte peu à peu l’histoire de la ville. Jusqu’à cette fameuse année 1922 qui a vu la querelle de plusieurs médecins tourner au tragique. Le plus étrange : tout indique que le personnage de Lovecraft aurait son origine dans ce drame.

Mon avis : Ainsi se tourne la dernière page d’un des romans les plus captivants/effrayants/dérangeants/dérangés/foutrement bien construits que j’ai pu lire. Voilà bien dix minutes que je suis là, devant mon écran, à me demander COMMENT vais-je écrire cette chronique, PAR QUOI vais-je la commencer. Parce que, nom de dieu, si vous avez le cœur suffisamment bien accroché pour vous lancer dans cette aventure, il FAUT que vous le lisiez.
J’ai craqué pour ce roman suite à l’excellente chronique de Dup. C’est qu’elle sait nous mettre l’eau à la bouche, la demoiselle ! Quand Clémentine, des éditions de l’Homme sans Nom, m’a proposé de choisir un roman sur le stand en guise de partenariat (aux Imaginales !), je n’ai pas longtemps tergiversé : celui-ci. Celui-ci, parce qu’il est présenté comme un « document exceptionnel » par l’éditeur lui-même. Celui-ci, parce que la couverture est assez flippante (en plus d’avoir été réalisée par Alexandre Dainche !). Celui-ci, enfin, parce qu’il a suffit que je lise le résumé pour être prise dans les rets de l’auteur. Pour être ferrée, je l’ai été dès le début !
Pourtant, ce n’est pas sans appréhension que j’ai commencé ma lecture : après La dernière Terre et Les Kerns de l’oubli, allais-je également tomber sous le charme de ce « témoignage » pour le moins étrange ? Heureusement, il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que j’allais me régaler : dès le prologue, c’en était fait de moi. De moi, et de ma capacité à être rationnelle (déjà que je ne le suis pas beaucoup en temps normal…)…
ChessTomb dissimule en réalité un autre roman : De coton et de sarrasin, écrit par un certain Shelby Williams. Journaliste, il a enquêté sur le meurtre effroyable d’une famille dans la ville de ChessTomb, Massachusetts, en 2001. Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue : vous devez la découvrir par vous même. En aucun cas je ne veux démêler l’un de ses fils en vous donnant un détail malheureux.
Le roman est donc une succession de documents divers, retraçant bien plus que ce « simple » meurtre. Si on peut penser qu’un tel mode de narration peut potentiellement nuire à la lecture, il n’en est absolument rien ici : mieux, l’ambiance n’en est que plus mystérieuse. Et prenante ! Plus on en apprend sur l’affaire, plus on veut en savoir davantage. Tout en frémissant intérieurement de ce que l’on pourrait découvrir. Puis, sans crier gare, nous voilà revenus des années en arrière, grâce aux archives d’un autre journaliste. Et là, c’est le trouble le plus profond : jamais je n’ai été aussi mal à l’aise (ce n’est pas tant mal à l’aise que perdue, étourdie… d’ailleurs) face à une lecture. Mal à l’aise, certes, mais toujours plus captivée. Jusqu’à la toute dernière page, j’ai été totalement hypnotisée (et le mot est faible, je vous l’assure) par ce… Ce quoi ? Ce roman ? Ce témoignage ? Ce document inestimable ? Raaah, que c’est rageant de devoir parler à mot couvert ! J’en ai encore le ventre noué, la gorge sèche ! Des questions plein la tête ! Monsieur John Ethan Py, qu’avez-vous fait ! Avant d’atteindre la dernière page, je me suis répétée au moins dix fois « ce mec est un génie ». Un génie pour avoir assemblé ces documents épars de cette façon quasi diabolique. Et puis, la dernière page est arrivée (je passe sur les vingt précédentes, qui m’ont juste fait devenir folle). J’ai relevé le nez de mon bouquin, la tête remplie d’un brouillard cotonneux, et me suis précipitée sur le site. Et là… Oui, c’est un génie. J’ai été complétement menée par le bout du nez, de bout en bout. Si je l’avais vu venir, celle-là…(à ne lire qu’à vos risques et périls !)
Une lecture hypnotique, captivante, étourdissante, oui, et bien plus encore. Et surtout carrément EFFRAYANTE. Âmes sensibles, abstenez-vous ! Je me suis à la fois retrouvée terrée au fond de mon lit, sursautant au moindre bruit (petite anecdote : hier soir, seule dans l’appartement, la porte de la chambre fermée. J’en suis à un passage crucial entre West, Wade et Lovecraft (si vous avez lu le roman, vous devinerez de quoi je parle), un passage où la tension est à son comble (j’en avais une chaire de poule monstre), et là… Je vois la porte de la chambre s’ouvrir tout doucement. Je crois bien que c’est la terreur qui m’a empêchée d’hurler, mais Chéri a bien compris que, pour ma santé mentale comme pour la sienne, il devrait éviter, à l’avenir, de me faire des blagues pareilles. Fourbe), et me demandant avec le plus grand sérieux si je ne devais pas me munir d’une cuvette, au cas où. Ou aller lire dans les toilettes, carrément. Parce qu’entre les visions et les odeurs suscitées par cette lecture… Brrr, j’en ai encore la gorge nouée, et l’appétit coupé (chose rarissime !). Si les situations oppressantes à souhait et les descriptions macabres et, disons-le, vraiment vraiment gores vous effraient, ne tentez pas l’expérience. Conseil d’ami.
Bon, je crois que je vais m’arrêter là. Évidemment, c’est un coup de coeur, je pense que vous l’aurez compris. Un coup de cœur qui m’aura donné des sueurs froides et retourné le cerveau dans tous les sens. D’ailleurs, je me demande si je ne vais pas le relire sous peu : avec les derniers éclaircissements que l’on obtient, une relecture s’avérerait… Diaboliquement intéressante.

En bref, jamais je n’aurais pu imaginer le trouble dans lequel cette lecture me plongerait. John Ethan Py s’associe ici à Shelby Williams pour nous offrir un roman des plus dérangeants, des plus délicieusement abjects. John Ethan Py, merci d’avoir porté ce témoignage à notre connaissance… Et pour la nuit de cauchemars qu’il m’a fait passer ^_^

16046631COUP DE COEUR !

*Un grand merci à Clémentine et aux éditions de l’Homme sans Nom pour m’avoir permis de découvrir ce titre*

King’s Game, Nobuaki Kanazawa

kings-gameTraduit du japonais par Yohan Leclerc

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L’histoire : Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange sms qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. Le mystérieux expéditeur du message prétend que la classe entière participe à un “King’s Game”. Jour après jour, les défis se succèdent, et les lycéens sont bien obligés de se rendre à l’évidence : ils ont 24 heures pour s’exécuter et la sanction en cas de désobéissance est la mort . Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? Où qu’elles soient, quoi qu’elles tentent pour s’échapper, la mort vient trouver ses jeunes victimes, infaillible. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à découvrir la vérité avant qu’il ne s’abatte ? King’s Game… 1 classe, 32 élèves, 24h pour obéir. Une seule sanction : la mort.

Mon avis : Et oui, je n’aurai pas attendu bien longtemps avant de me lancer à l’assaut de King’s Game ! Sitôt reçu, sitôt lu : avec sa couverture énigmatique et son résumé assez effrayant, il n’en fallait pas plus pour que je me jette dessus. D’autant plus que j’avais eu d’assez bons échos du manga… Alors, ce fameux « Jeu du Roi » aura-t-il réussi à me faire frémir ? Réponse…
Une classe de seconde, 32 élèves, un jeu : chaque jour, un ou plusieurs élèves sont désignés par SMS pour accomplir un gage. Embrasser quelqu’un. Lui lécher les pieds. Peu importe le gage, seule compte l’accomplissement de la mission. En cas d’échec, d’abandon, ou de refus, une seule issue : la mort. Si Nobuaki et ses camarades peinent à y croire au début, ils vont très vite être confrontés à l’horreur de leur situation. Comment faire pour s’extraire du jeu sans mourir ? Et, surtout, comment faire pour démasquer le roi ? Le compte-à-rebours est lancé…
Bon. Bon, bon, bon… Allez, je me lance dans un exercice dont j’ai horreur : la dépréciation d’un roman. Bouh ! Le fait est que… Ça n’a pas marché avec King’s Game. Du tout. Ou la traduction est sacrément mauvaise, ou l’auteur a un souci. Le fait est que le style, les tournures de phrase, l’orthographe (sisi ! Dès la première page !)… Rien ne va. Dès le début, j’ai été complètement effarée de voir l’effet désastreux qu’une plume pouvait avoir sur une intrigue : elle n’a aucune saveur, ne lui donne aucun relief et, pire : la rend presque grotesque. Je me suis demandée tout au long de ma lecture si l’auteur était vraiment conscient de ce dont il parlait : il fait interagir ses personnages aussi normalement que s’ils devaient faire face à… Je ne sais pas, moi, une horde de lapins en manque de câlins ! Non mais, sérieusement, on parle de meurtres, là ! D’une classe qu’un fou furieux (ou autre chose, hein) semble bien décidé à décimer ! Alors les dialogues du genre :
 » – J’ai trouvé un village où il s’était passé exactement la même chose !
– Ok, super, on en parle demain ! Bonne nuit ! »
Ben non. Juste non. Un peu d’intensité, que diable ! Monsieur Kanazawa, mettez-nous les tripes à l’envers, faites-nous avoir peur de notre ombre ! Et je ne parle pas des scènes de boucheries, hein. Parce que s’il y a bien quelque chose de grotesque c’est ça : c’est tellement… mal écrit qu’on aurait presque envie d’en rire, plutôt que de rester scotchés devant tant d’horreur. Pis les autorités qui ne s’inquiètent absolument pas de voir des lycéens tomber comme des mouches, des parents qui sont aussi attristés par le décès aussi horrible que soudain de leur rejeton que s’ils venaient d’apprendre la mort de leur cousin éloigné au millième degré, les dialogues à se taper la tête contre les murs… Non, non, non et re-non.
Pourtant, la trame de fond est chouette ! Un jeu mystérieux, un grand méchant en arrière plan… C’est super prenant, on a tout de suite envie de savoir ce qu’il va se passer. Mais entre les incohérences, les morts qui se multiplient comme des petits pains -à un point tel que ça en devient ridicule-, et ce style absolument désastreux… Bouuuh. C’est donc très déçue que je ressors de cette lecture, et surtout très frustrée. Pour autant, je serais heureuse d’en discuter avec ceux qui l’ont lu, histoire de confronter nos points de vue. A bon entendeur… !

En bref, une lecture qui aurait pu être intéressante si le style n’était pas si inadapté au sujet, et si le trait n’était pas forcé au point d’en devenir grotesque. Je passe !

4
Déçue.

* Je tiens à remercier Emily et les éditions Lumen pour m’avoir permis de découvrir ce titre *

Les lames, Mo Hayder

L’hisoire : Mère courage, mère carnage ? Depuis qu’une adolescente des environs a été retrouvée assassinée, la ville de Bath est en proie à la panique. Sally ne peut s’empêcher de trembler pour sa fille de quinze ans, Millie, qu’elle élève seule. Car la jeune fille est en danger. Elle subit le chantage d’un dealer qui lui réclame une somme faramineuse. Pour l’aider à rembourser sa dette, Sally, jusqu’alors femme au foyer, accepte de devenir la gouvernante d’un homme richissime à la tête d’un empire pornographique. C’est pour elle le début d’une descente aux enfers dans laquelle sa sœur Zoé, inspecteur de police à Bath, avec qui elle n’est plus en contact depuis des années, s’apprête à la rejoindre…

Mon avis : Avant tout chose, vous devez savoir que je suis une fan inconditionnelle des livres de Mo Hayder. C’est bien simple, il ne me manquait que celui-ci pour pouvoir dire « J’ai lu tous ses livres ! ». A chaque fois que j’ouvre un de ses ouvrages, je sais que je m’apprête à embarquer pour quelques heures de grands frissons et d’enquête haletante. Vous imaginez donc mon enthousiasme devant celui-ci, gagné grâce au concours Pocket. En pleine panne livresque, je le percevais un peu comme le St Graal qui me permettrait de me me remettre doucement à la lecture. Et bien, disons-le : c’est un peu raté. Complètement si j’écoute ma déception, un peu quand je vois qu’il m’aura tout de même redonné envie de lire.

Lorne Wood, 16 ans, a été assassinée. Et son meurtrier court toujours, irritant les policiers en charge de l’enquête et divisant les enquêteurs quant à son profil potentiel. Zoé, elle, est persuadée qu’il s’agit d’un adulte. Et qu’il recommencera. Malheureusement, ses collègues ne tardent pas à lui tourner le dos, et la jeune femme doit faire route seule, avec de très maigres indices la menant sur des traces qu’elle aurait préféré éviter : celle de son propre passé… pour le moins tumultueux. 

Sally, sœur de Zoé, doit faire face à d’autres problèmes : Millie, sa fille de 16 ans et ancienne amie de Lorne, vit très mal le divorce de ses parents, et surtout le changement de train de vie qu’il a occasionné. Voulant à tout prix accompagner ses amis pour un voyage à Malte, elle emprunte une somme faramineuse auprès d’une petite frappe du coin. Pour éponger les dettes de sa fille, Sally se voit contrainte d’accepter un poste d’aide ménagère et de gouvernante auprès d’un individu des plus louches : David Goldrab, pornographe à succès. Sally ne sait pas vraiment dans quoi elle s’engage en se rendant chez cet homme mais, une chose est sure : la curiosité est un bien vilain défaut…

Je vous l’accorde, ce n’est pas une déception du tonnerre : oui, j’ai passé un bon moment. Mais, en comparaison de ce que nous offre Mo Hayder d’habitude, ce livre… C’est du pipi de chat. Rien, il n’y a rien ! Pas de serial killer complètement dingue qui vous fera vérifier quatre ou cinq fois le dessous de votre lit, pas de cadavres maltraités, pas d’enquête de haut vol, rien. On frémit une fois ou deux, on sent venir les choses… Et ces incohérences ! Tenez, par exemple : que viennent faire dans ce livre les lames de tarot ? Pourquoi l’auteure ne creuse pas davantage cette piste si alléchante et qui pourrait paraitre primordiale, mais ne reste qu’à l’état de détail tout juste esquissé ? Franchement… Moi qui suis d’habitude happée de bout en bout, j’ai survolé certains passages, lu dans un état plus ou moins second. Super, quand il s’agit d’un thriller censé nous captiver. 

Un point m’a gênée dès le début : l’absence de Jack Caffery et de Flea Marley, les deux enquêteurs que Mo Hayder met habituellement en scène. Ce duo m’est très cher et j’avoue que le fait de ne pas les retrouver ici n’a pas aider à partir sur de bonnes bases avec ce livre. J’avais hâte d’en apprendre plus sur la suite de leurs aventures, d’autant que de nombreuses questions restaient sans réponse dans le dernier ouvrage de l’auteure. Enfin, j’en ai pris mon parti, et me suis tout de même attachée aux deux sœurs, avec une préférence pour Zoé. Mais voilà : les personnages restent peu creusés, les portraits psychologiques assez fades. Encore une fois, rien à voir avec ce que Mo nous offre d’habitude.

En somme, et vous l’aurez compris, je suis affreusement déçue par ce titre, à réserver uniquement aux lecteurs ne connaissant pas l’œuvre de Mo Hayder : la découverte de ses autres livres ne pourra être qu’une révélation pure et simple ! Je n’ai pas retrouvé la passion, la frénésie qui m’emporte habituellement, et je le regrette énormément. Les lames n’est pas mauvais non plus, attention : de nombreux lecteurs ont déjà manifesté leur plaisir d’avoir eu ce livre entre les mains. Pour moi, le charme n’aura pas opéré, tout simplement. Peut-être en attendais-je trop ? Sans doute suis-je très sévère en le classant ainsi, mais, vous comprenez… La déception m’a laissé un arrière goût trop présent dans la gorge pour qu’il en soit autrement. Quoi qu’il en soit, je ne désespère pas de retrouver la Mo de Pig Island et de Birdman avec son prochain roman !

 

En bref, une très grande déception pour ce nouveau thriller de Mo Hayder, bien loin de la qualité de ses autres ouvrages : une intrigue plutôt fade, des incohérences… C’est un flop.

 
Déçue
 

Glacé, Bernard Minier

Peut-être ne me serais-je jamais arrêtée sur ce roman, s’il n’était subitement entré dans ma PAL grâce à un concours. Peu de temps après, Alys mettait mon sang-froid à rude épreuve en publiant une chronique absolument machiavélique, me forçant à freiner des quatre fers pour ne pas me jeter derechef sur ce petit pavé. Depuis ce jour fatidique, je lorgne dessus, le regard en coin. Et puis, hier… J’ai craqué.

L’histoire: Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d’un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée. Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d’altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ? Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l’extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation.

Mon avis : C’est une chronique à chaud que je vous écris. Je dirais même plus : il s’agit d’une chronique brûlante. J’ai la tête enfiévrée, les yeux cernés et lourds, les membres tremblants. Le regard un peu fou. Il y avait longtemps que je n’avais pas lu de thriller, et plus longtemps encore qu’un thriller ne m’avait pas fait cet effet là : JE SUIS CONQUISE ! Conquise, et pas franchement rassurée, de vous à moi. Mais j’aime avoir peur. Et puis, Chéri est là pour me protéger : « Hé, Hé, t’es réveillé ? WOUHOU, t’es réveillé ?!!! Non, parce que j’ai entendu un bruit, là… »
Lorsque le commandant Servaz est appelé toutes affaires cessantes pour élucider le meurtre d’un cheval, il n’en croit pas ces oreilles : tout ce tintouin pour un simple canasson ? Il faut dire que la mise en scène à de quoi faire froid dans le dos : la pauvre bête, décapitée, a été suspendue en haut d’un funiculaire de haute montagne. Le propriétaire du cheval, richissime homme d’affaires, tient à tout prix à ce que lumière soit faite sur cette affaire. Servaz va alors commencer à fouiller, tout en ne pouvant s’empêcher de tourner son regard vers l’hôpital psychiatrique voisin : ce centre, unique en Europe, abrite les plus grands criminels psychotiques du continent. Et si l’un d’eux s’était échappé ? Et si, et si… ? Servaz se perd en conjonctures. Et pourtant, le pire reste à venir…
J’admets volontiers que j’ai légèrement donné dans le racolage de bas étage pour titiller votre intérêt. Mais, croyez-le, ce thriller en vaut la peine : bien ficelé, bien mené, il m’a tenu en haleine sur plus de 700 pages. Et si j’avais quelques certitudes quant au dénouement, j’étais encore bien loin du compte !
Dès les premières lignes, le cadre est posé : nous nous trouvons dans un environnement froid, hostile, prompt à inspirer les pires cauchemars. Bienvenue dans une vallée encaissée des Pyrénées, où l’atmosphère sordide du village n’a rien à envier à celle de l’hôpital psychiatrique voisin !  Dès lors, quoi de mieux pour réchauffer l’ambiance qu’un bon meurtre bien sanglant ?  Et c’est Freedom, le cheval préféré d’Éric Lombard, qui va en faire les frais : décapité, dépecé, accroché à un téléphérique en haut d’une falaise givrée, puis découvert par un groupe d’employés de la centrale hydroélectrique voisine. Voilà, vous venez de lire les cinquante premières pages, et la chair de poule est déjà là ! Préparez-vous : la suite est du même acabit, ou presque. 
Bernard Minier nous plonge dans une atmosphère des plus oppressantes, où chacun à quelque chose à cacher. Si, au début, on se prend à douter, tout comme Servaz, du sérieux de cette enquête, l’auteur ne tarde pas à nous rappeler à l’ordre, nous invitant de la manière la plus charmante qu’il soit à aller nous terrer sous notre couette. Soyons clairs : je ne suis pas particulièrement bravache. Mais j’aime volontiers sentir les poils de ma nuque se hérisser, quitte à ne pas en dormir de la nuit. Ce qui arrive d’autant plus aisément que je suis facilement impressionnable. Donc, résumons : j’aime avoir peur, mais je ne risquerais pas un pied hors de mon lit si j’entends un bruit suspect. J’enverrais Chéri, en priant pour que ce ne soit rien. Et bien, avec Glacé, j’ai été servie. Sans être terrorisée (ça, c’est plutôt l’apanage de Sire Cédric, Stephen King – j’avais fait des cauchemars pendant une semaine après avoir lu Shinning–  ou encore Mo Hayder), je peux vous assurer que j’étais dans mes petits souliers. Et pas qu’un peu !
Nous suivons donc à la fois l’enquête du commandant Servaz -sur lequel je reviendrais très vite-, mais aussi le quotidien de Diane Berg, jeune psychologue fraichement arrivée dans le centre psychiatrique. Et nous découvrons avec elle les pensionnaires abrités par le centre. Je vous épargnerai la description de leurs méfaits -Chéri n’y a pas coupé, lui- mais, très sincèrement, j’aurais mieux fait de stopper ma lecture ici et d’aller directement me coucher. Son personnage m’a beaucoup intéressée dans le sens où, nouvelle dans cet établissement des plus particuliers, tous ses sens sont aux aguets. Elle nous permet ainsi de pénétrer dans le saint des saints, et d’obtenir des informations qui échappent aux inspecteurs. Pour la Sherlock en herbe que j’aime être, vous pensez bien que l’occasion était belle ! Malgré cela, je n’ai pas pu m’empêcher de la trouver en décalage avec son environnement : que diable vient-elle faire ici ? D’après ce que j’ai compris, elle est simplement titulaire d’une licence en psycho. A la rigueur, elle a fait un master. Et elle se retrouve catapultée dans un institut pareil, pour enrichir son CV ? Mouais. Bon, ne soyons pas difficile : elle est intelligente, curieuse (c’est presque un vice, à ce niveau là) et n’a pas froid aux yeux.
Servaz, lui, m’a charmée. Ce flic d’une quarantaine d’années, divorcée et papa d’une ado de 17 ans a tout du bon héros de thriller : loin d’être bête, il marche avant tout au feeling. Le petit détail qui cloche ? C’est lui qui va le dénicher. L’aspect que personne n’avait envisagé ? C’est encore lui qui va mettre le doigt dessus. J’ai aimé ce côté « papa-ours » qu’il présente de temps à autre, tout en étant sensible à son côté légèrement casse-cou. Un bon thriller passe avant tout par les deux personnages qui vont le mener : l’enquêteur et le tueur. Et, du côté de Servaz, rien à redire.
De l’autre non plus, remarquez. J’ai échafaudé tout du long maintes et maintes hypothèses et, tout en touchant légèrement la vérité du doigt, j’étais quand même loin du dénouement final. J’ai aimé suivre les évolutions de l’enquête, me perdre moi-même en conjectures et en fausses pistes. Mais j’ai par dessus tout adoré comprendre que la vérité dépassait largement tout ce que l’on pouvait imaginer de prime abord. De petits détails glanés ici ou là en petits détails, on comprend que cette affaire est en train de prendre une tournure des plus sinistres, remuant la fange du passé à qui mieux-mieux. Et que tout ce beau monde risque d’être éclaboussé ! Le mystérieux tueur reste bien planqué jusqu’au bout, et se montre enfin quand on a soupçonné tout le monde, même les plus improbables. 
Vous l’aurez sans doute compris, j’ai adoré ce thriller. Je l’ai trouvé haletant, très bien construit, mené tambour battant par un Bernard Minier qui sait ce qu’il fait. Je n’ai pas décelé une seule fausse note, complètement absorbée par le filet de sueur froide qui coulait dans mon dos. Tout est justement dosé, pile poil ce qu’il faut pour nous flanquer une bonne frousse sans paraitre rocambolesque. Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti cela ! 
 
En bref, un thriller très justement écrit, mené d’une main de maitre par un auteur qu’il me faudra suivre : c’est un coup de cœur, doublé d’une bonne dose de sueurs froides ! 
 

Coup de coeur !