Ne dis rien à Papa, François-Xavier Dillard

L’histoire : L’instinct maternel est l’arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants.
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.
Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix…
Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Mon avis : … J’ai réitéré. OUI, JE L’AVOUE : J’ai ENCORE lu un thriller. Avec des enfants. Et… J’ai beaucoup aimé ‘_’ Mais cela ne m’a pas empêchée d’aller voir Malo endormi une fois mon bouquin terminé, pour lui faire un ÉNORME câlin ^_^ Comme les deux précédents, j’ai lu celui-ci d’une traite ou presque : en deux petits jours, c’en était fini de lui ! J’avais beaucoup aimé le précédent roman de l’auteur, Fais-le pour maman, et Ne dis rien à Papa me tentait depuis sa sortie… C’est grâce à Netgalley que j’ai pu m’y plonger :3
Disons-le de suite, ce roman est particulièrement puissant. Les personnages sont multiples, et les histoires aussi : quel est le lien entre ce médecin assassiné avec une brutalité inouïe, cette famille d’artistes accomplis à laquelle tout semble sourire, et cet atroce fait divers survenu sur un autre continent bien des années plus tôt ? Vous avez quatre heures…
Quatre heures, c’est plus ou moins ce qu’il vous faudra pour dévorer ce thriller, tant ses pages défilent rapidement : François-Xavier Dillard fait preuve d’un machiavélisme poussé en nous offrant une intrigue qui ne connait aucun répit, happant dès les premiers chapitres notre intérêt. Car l’on sent, dès le début, que notre lecture ne sera pas de tout repos. On lit, donc, puis l’on dévore. Avec horreur et fascination, remontant peu à peu le fil d’une intrigue diabolique : âmes sensibles, prenez garde ! L’auteur ne mâche pas ses mots, et certaines scènes sont à vous soulever le cœur… tandis que d’autres vous glaceront les sangs : il joue aussi bien sur le plan physique que psychologique. Et, avec moi, cela a marché du tonnerre : cette perversion des relations familiales -ou filiales, devrais-je dire- m’a, pour ainsi dire, hypnotisée.
Je vous le disais, les histoires sont multiples… Et pourtant, la majeure partie du roman se déroule en huis-clos, au sein de cette famille si parfaite. Un huis-clos qui ne tarde pas à devenir  des plus oppressants, dès lors que le vernis se craquelle… Ce qui arrive très rapidement. Victor, l’un des jumeaux, m’a carrément foutu les jetons : on cerne dès les premiers chapitres son esprit légèrement tordu, et je crois que cela m’a bien plus touchée que si l’on avait parlé d’un adulte : comment un enfant de huit ans peut-il faire preuve d’une telle dureté ? Reste à connaitre le traumatisme qui en est à l’origine… Et l’on n’est pas au bout nos peines, je puis vous l’assurer : entre les flash-back, les passages aux côtés du tueur et la vie de notre petite famille, nous ne tardons pas à reconstituer un puzzle glaçant. Et bien que l’on devine une grande partie de l’intrigue assez rapidement, l’auteur ne manque tout de même pas de nous surprendre, et de la meilleure façon qu’il soit : la confrontation et les révélations finales m’ont assise, et je suis restée prostrée sur le canapé un bon moment pour réussir à digérer cela.
Ne dis rien à Papa possède donc tous les ingrédients d’un excellent thriller, redoublant d’efficacité et de fourberie. Nul doute que je lirai le prochain roman de l’auteur !

En bref, une petite bombe qui en fera frémir plus d’un !


On en redemande !

Serre-moi fort, Claire Favan

L’histoire : « Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré.
Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa soeur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.
Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence…

Mon avis : … N’avais-je pas dit que j’arrêtais, avec les thrillers ? Et d’autant plus avec les thrillers parlant, de près ou de loin, d’enfants ? Et bien… J’ai réitéré. Et pas qu’un peu. Cela faisait un sacré moment que je lorgnais sur ce petit bouquin, qui m’avait été amplement conseillé par l’une de mes collègues. Quand je l’ai croisé à la bibliothèque, je me suis donc tout naturellement… Jetée dessus. Allez comprendre ! Peut-être est-ce dû aux pulsions meurtrières que je réfrène tant bien que mal au boulot 😛
Le résumé étant plutôt bien fait, je ne réitèrerai pas l’exercice : Serre-moi fort nous présente ainsi deux narrateurs, bien que le roman soit découpé en trois parties, chacune dotée d’une temporalité différente. C’est d’abord Nick que nous rencontrons, adolescent effacé et soumis à l’écrasante suprématie de sa sœur dans le cœur de leur parents. Quand celle-ci disparait mystérieusement, Nick peine à faire preuve d’autant de tristesse que la bienséance le souhaiterait… Et l’on ne peut s’empêcher de le comprendre : sa souffrance est telle que l’on ne peut décrier son manque d’empathie, tant à l’égard de son ainée que de ses parents… Qui, eux, m’ont totalement révulsée. Je conçois aisément que la perte d’un enfant est une chose terrible, affreuse. Mais doit-on, pour autant… Réagir ainsi, en oubliant les présents ? BEUH. Nous rencontrons ensuite Adam, enquêteur de son état, intervenant bien des années après la disparition de la jeune fille. Chargé d’une affaire plus que sordide, il se perd dans le travail pour oublier le drame qui frappe sa famille : sa femme, qu’il a tant aimé, vient de succomber à un cancer, après des années de lutte. Davantage encore que Nick, Adam m’a particulièrement touchée. Sa détresse, son incapacité -bien compréhensible- à tout mener de front, ses erreurs et échecs… Claire Favan nous offre ainsi des personnages crédibles et bien dépeints, à la psychologie plus fouillée qu’on ne pourrait le penser de prime abord : plus l’intrigue avance, et plus l’on prend la mesure de la chose. Mais, là où l’auteure fait vraiment, vraiment fort… C’est avec son intrigue. OH. QUE. OUI.
Que l’on se le dise : chaque partie se conclut sur un gros, gros retournement de situation. Du genre : « MAIS WHAAAAT ?! ». Autant j’avais deviné le premier (qui m’a tout de même porté un petit coup au cœur) autant je n’ai rien vu venir avec le deuxième, qui m’a littéralement… Bouffée. J’ai été INCAPABLE de lâcher mon bouquin, et ai lu le reste d’une traite. Avec Malo dormant sur le canapé à côté de moi. Quant à la fin… N’en parlons pas. Je n’ai toujours pas décidé si je devais me réjouir ou me rouler en boule pour ne plus bouger. Merci, Mme Favan, merci. Le fait est qu’elle nous sert sur un plateau une intrigue implacable, sans temps mort, dont la tension monte crescendo. Et… Qu’elle ne mâche pas ses mots ! J’avoue avoir été horrifiée par certains passages, ma lecture devenant plus automatique qu’autre chose : comment vouliez-vous que je m’arrête, malgré les frissons qui n’ont cessé de me secouer ? L’auteure est diabolique, son intrigue est diabolique, et moi… Moi, je ne m’en remets pas. Mais j’avoue avoir particulièrement apprécié le fait qu’elle choisisse de bousculer les codes pour nous offrir un roman à la noirceur insondable, qui ne pourra que vous faire couler une sueur glacée dans le dos. En ce qui me concerne, j’en ai été pour mes frais : la nuit qui a suivi, j’étais debout à 2h du matin, rodant à travers tout l’appartement pour vérifier que, non non, il n’y avait personne de planqué dans un placard. Comme quand j’avais douze ans, oui. Mais, ne vous en faites pas, j’ai retrouvé mes esprits… Et attaqué un nouveau thriller ! On en parle vite, hein ?

En bref, un thriller proprement glaçant, qui bouleverse le schéma traditionnel du genre en nous offrant une intrigue des plus tortueuses se concluant sur une fin extrêmement déstabilisante. Brrr !


Brrr !

Le Doute, S.K. Tremayne

Traduit par Isabelle Maillet

L’histoire : Un an après le décès accidentel de Lydia, l’une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s’installent sur une petite île écossaise, qu’ils ont héritée de la grand-mère d’Angus, au large de Skye.
Mais l’emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu’elle est en réalité Lydia. Alors qu’un brouillard glacial enveloppe l’île, l’angoisse va grandissant… Que s’est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l’une des deux sœurs a trouvé la mort ?

Mon avis : … Et bien… Waaah ! Quelle réussite ! S.K. Tremayne m’a collé une de ces trouilles, je vous assure ! Je l’ai commencé lundi soir, ai très difficilement fermé l’œil… Pour le rouvrir le lendemain aux aurores, sitôt Chéri parti au travail. Autant vous dire que cela ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps, de me lever consciemment à 5h du matin pour me replonger dans mon livre, alors que le Bout ne se lève pas avant 7h ! Et de faire également une croix sur notre petite sieste du mardi après-midi, afin de le finir… Car, oui, l’auteur m’a tout simplement FASCINÉE. Son récit m’a happée, et s’il m’a donné des frissons glacials, je n’en ai pas moins adoré ma lecture : moi qui le conseillais à pas mal de clients en me fiant aux bons avis que j’avais lus, je pourrai désormais leur dire… Que ce petit bouquin est une tuerie !
Angus et Sarah Moorcroft ont vécu, voilà un an, ce qu’aucun ne devrait avoir à endurer : le décès d’un de leur enfant. L’une de leurs jumelles, Lydia, est morte dans un tragique accident, sous les yeux de sa sœur Kirstie. Afin de tenter de se reconstruire, la famille décide dont de partir loin de Londres, profitant d’un héritage opportun : l’île de Torran, à l’écart de tout et de tous, sera leur nouvelle demeure. Mais tout ne se passe pas comme prévu : outre le cadre peu chaleureux de l’île et l’aspect franchement lugubre du cottage abandonné, Kirstie adopte un comportement des plus inquiétants : elle affirme être Lydia, affirme que ses parents se sont trompés ce jour-là. Pour Sarah, qui ne s’est jamais remise de la perte de sa fille préférée, c’est le début d’une longue descente aux enfers…
Frrrr… J’en tremble encore ! Qu’il est efficace, ce petit thriller psychologique ! De toute façon, soyons clairs : dès que cela touche aux enfants, moi… Je ne réponds plus de rien. Autant vous dire que le sujet a ici touché une corde particulièrement sensible, faisant écho à l’une des mes peurs les plus profondes, animales : celle de perdre mon bébé. Impossible de ne pas se sentir touché, concerné par la peine incommensurable de cette mère ! J’ai donc lu, avec curiosité d’abord, puis frénésie… Et horreur, enfin. Parce que l’auteur crée une atmosphère particulièrement sombre et oppressante, construisant son intrigue sur plusieurs niveaux, alimentant plusieurs pistes : qu’est-il réellement arrivé, cette nuit-là ? Kirstie dit-elle vraiment la vérité ? Quelle est la part de responsabilité des parents dans le drame ? Bref, les questions s’accumulent, et les indices se font rares… L’angoisse monte donc crescendo, et je peux vous garantir avoir senti se former une véritable boule de nerfs au creux de mon ventre, tant cette lecture m’aura éprouvée. BOUH !
J’appréhendais pourtant de m’y plonger : il me faisait envie depuis un long moment déjà, et j’avais vraiment peur d’être déçue… Sans compter que cela faisait des MOIS que je n’avais pas lu de thriller. Autant vous dire que, malgré mes sueurs froides, je suis ravie : voilà qu’il me permet de renouer avec un genre que j’ai affectionné pendant longtemps (bien avant ma passion pour les littératures de l’Imaginaire !), avant de l’abandonner petit à petit. Évidemment, il n’est pas exempt de défauts… Ou pourrait, plutôt, subir quelques améliorations : j’aurais volontiers, par exemple, approfondi davantage le rôle du pédopsychiatre et ses théories pour le moins prometteuses. Tout comme j’aurais continué de creuser un peu plus dans la fange résumant la vie de couple d’Angus et Sarah…. Ou en aurais peut-être rajouté un peu sur le folklore lié à l’île… Mais à trop vouloir en faire, on finit par se perdre : Le Doute est diablement efficace tel qu’il est, et c’est bien tout ce qu’on lui demande. Vivement le prochain !

En bref, Le Doute fut ainsi à la hauteur des espoirs que je plaçais en lui : l’écriture de l’auteur est efficace, son intrigue l’est tout autant, et j’ai eu bien du mal à m’empêcher d’aller rejoindre Malo au beau milieu de la nuit pour me rassurer. Un vrai bon thriller comme je les aime ! 


On en redemande !

 

Phobos #3, Victor Dixen

Tome 1
Tome 2
Phobos – Origines

L’histoire : Fin du programme Genesis dans
1 mois…
1 jour…
1 heure…

Ils sont prêts à mentir pour sauver leur peau.
Ils sont les douze naufragés de Mars. Ils sont aussi les complices d’un effroyable mensonge.
Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre.
Elle est prête à mourir pour sauver le monde.
Au risque de sa vie, Léonor est déterminée à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ?
Même si le compte à rebours expire, il est trop tard pour renoncer.

Mon avis : Mais mais maiiiiis…. MAIS C’EST QUOI CE BOUQUIN ?! Troisième tome, troisième coup de cœur – si tant est que Victor Dixen m’en ai laissé un, de cœur. J’accumule les lectures sadiques, et cela se ressent : j’avance le regard vide, tel un zombie privé de sentiments. Alors, avant de spoiler à tout va, un petit mot pour tous les malheureux n’ayant pas encore découvert cette série : FONCEZ. Foncez, parce que vous avez là trois romans qui se DÉVORENT, trois romans qui nous embarquent dans la plus folle des aventures, trois romans qui bouleversent, captivent, passionnent. Trois romans qui ont fait battre mon cœur à mille à l’heure, et que je ne saurais que trop recommander à quiconque souhaite passer un moment hors du temps.
Ceci étant dit… Bouchez vos oreilles, vous qui n’avez pas encore lu les deux opus précédents, et fermez vos yeux : le spoil est tout près ! Nous retrouvons nos pionniers là où nous les avions laissés : Léonor en pleurs, encore sous le choc de la révélation fracassante de Marcus. Le jeune homme, loin d’être le joli cœur qui nous avait précédemment fait fondre, s’était en réalité révélé être le pire des menteurs, arriviste à souhait et prêt à tout pour arriver à ses fins. De quoi mettre dans tous leurs états nos héros, que l’on se le dise. La situation est donc plus que tendue, à l’aube de ce troisième opus : que faire de Marcus, qui aurait pu tous les sauver s’il ne s’était pas montré aussi égoïste ? Que penser du retournement -forcé- de veste de Serena, et ce providentiel ascenseur spatial qui pourrait bien les sauver de la prochaine tempête martienne ? Que faire avec la seconde sélection de candidats pour Mars ? Parler, pour sauver treize personnes, et risquer la dépressurisation de la base… Ou se taire,  et les condamner, peut-être, au même sort terrible ? Et surtout, comment continuer à vivre comme si de rien était, sous l’œil inquisiteur des centaines de caméras, quand la mort rôde bien plus près qui quiconque ne peut s’en douter ?
Que l’on se le dise : ce troisième tome fourmille d’interrogations. Cela fait maintenant deux ans que notre cœur bat à l’unisson de ceux de nos prétendants, et l’heure du dénouement a sonné : entre rebondissements (certains n’en sont pas, pour ceux ayant lu Origines… Mais rassurez-vous : vous aurez largement de quoi faire avec le reste) et retournements de situations totalement imprévus (j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce que faisait l’auteur avec le personnage de Serena, notamment)(je hais cette femme autant qu’elle me laisse sans voix), il m’a été particulièrement difficile de stopper ma lecture : bien que ce soit un joli pavé, il n’a pas fait long feu, vous pouvez me croire. Victor Dixen instille une tension particulièrement perfide, nous laissant pendus à ses mots et à son imagination : que nous réserve-t-il encore ? J’ai donc lu, lu et encore lu, encourageant mes collègues à faire de même (et, force est de dire que le lire à trois n’a pas la même saveur qu’en le lisant seule) : totalement prise dans les rets tendus par Victor Dixen, je n’ai pu empêcher mon cœur de s’emballer follement, oubliant jusqu’au monde extérieur… Et chutant cruellement, à la toute fin du roman : y aurait-il donc un quatrième tome, dont je n’ai été informée ? Parce que ce n’est plus une porte ouverte qu’il laisse, mais une arche ! D’après mes recherches, il semblerait qu’il envisage en effet une suite… Ou, plutôt, le début d’un nouveau cycle (quand on voit comment celui-ci se termine, on peut comprendre). Soyez rassurés, tous ! Nous n’avons pas fini d’en entendre parler 🙂
Je vous le disais : j’ai lu ce troisième opus d’une traite, ou presque. Je suis restée immergée de bout en bout dans l’atmosphère du roman, comme hypnotisée par une intrigue ne manquant pas de piquant. Si j’avais écrit ma chronique sitôt ma lecture terminée, elle aurait donc été peuplée de OOOOOH et de AAAAAAH, de ?!!!!!! et de #*¨?!! »(§#. Par manque de temps, cela n’a pas été possible… Et cela m’a donc permis de réfléchir un peu à ce que je venais de lire. Cela m’a permis, surtout, de comprendre pourquoi ce troisième tome avait tant fait parler : entre déceptions et coups de foudre, il a en effet déchainé les passions. Si de mon côté le coup de cœur ne se dément pas, je dois bien reconnaitre – à mon grand dam- qu’il n’est exempt de défauts. En vrac, parlons de :
– certains passages un peu « niaiseux », intervenant à la toute fin du roman (pour ceux ayant déjà lu cet opus : le dernier dialogue entre Léonor et Marcus, et la déclaration d’Harmony à Andrew) : j’ai trouvé leur mise en place assez maladroite, faisant descendre l’intensité du moment plutôt que l’inverse.
– Le changement radical de comportement des pionniers face à Serena : mais sont-ils tous stupides, ou bien ? Si je n’y est pas prêté grande attention sur le moment, cela m’a tout de même fait l’effet d’une piqûre urticante : agaçant au possible. Qu’ils cessent donc de faire les girouettes et se posent deux minutes pour réfléchir un peu -_-
– Le manque d’approfondissement sur l’environnement : Mars offrait un tel potentiel ! Il y avait tant à faire, notamment avec cette « chose » mentionnée dans le deuxième tome ! Et là… Bref, je trouve ça dommage de s’être concentré quasiment exclusivement sur les pionniers et les membres du programme sur Terre, le récit perdant quelque peu son petit côté thriller.
Autant de petits points que l’on passe aisément sous silence lors de notre lecture, tant celle-ci est prenante, mais qui reviennent nous tarauder une fois celle-ci terminée : je ne pouvais donc pas les occulter dans cette chronique.
Finalement, c’est avant tout curieuse que je termine cette aventure : nous le savons désormais, Victor Dixen n’a pas tout à fait tourné la page du programme Genesis. Qui sait ce qu’il nous réserve pour la suite ? Une chose est sûre, de mon côté : il a réussi le joli coup de me passionner de manière égale sur plus de mille pages, touts romans confondus, et ça… Ce n’est pas donné à tout le monde 🙂

En bref, un troisième tome fort en surprises, qui aura su me tenir en haleine de bout en bout. Malgré ses quelques petits défauts, je le crie donc haut et fort : c’est un coup de cœur !

Coup de cœur !

Memorex, Cindy Van Wilder

memorex

L’histoire : 2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l’île familiale. Un an qu’Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s’est muré dans une indifférence qui la fait souffrir.
Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l’île : c’est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l’énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoites de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

Mon avis : Mais que cela fait du bien, de se replonger dans l’imaginaire de Cindy Van Wilder ! Souvenez-vous : j’avais ADORÉ les trois premiers tomes de sa série Les Outrepasseurs, cocktail détonant d’originalité et d’émotions, dont le quatrième opus promet d’ailleurs de bien belles surprises. Avec Memorex, c’est un tout autre univers qu’explore notre chère auteure, se frottant cette fois-ci au thriller anticipatif… Et avec brio !
Il y a un an, Réha et son frère jumeau Aïki ont réchappé à un attentat suicide. Un attentat visant expressément leur mère, artiste reconnue et militante engagée, alors qu’elle donnait une réception présentant son œuvre. Depuis lors, les jumeaux n’ont plus jamais été les mêmes : si Réha s’est peu à peu raccrochée à la vie avec l’aide de sa meilleure amie, gardant au fond d’elle même une rancœur et une colère impossible à faire taire, Aïki s’est totalement replié sur lui-même, semblant avoir oublié l’existence de sa sœur. C’est donc avec angoisse que la jeune fille voit arriver les vacances de Thanksgiving, qu’elle devra passer sur l’île familiale en compagnie de ce jumeau qu’elle ne reconnait plus et d’un père bien trop absent, afin de commémorer le premier anniversaire du décès de celle qui les maintenait unis.  Mais peut-être est-ce surtout l’occasion pour la jeune fille de lever le voile sur ces secrets qu’on lui cache,  ces non-dits qui lui pèsent terriblement…
Pour une réussite, c’en est une ! Je me suis plongée dans cette lecture sans savoir de quoi il retournait, faisant aveuglement confiance à Cindy : et le fait est que j’ai passé un excellent moment. Sur les charbons ardents, certes, mais tout de même. Et j’avoue avoir été surprise ! Comme je vous le disais, j’avais été charmée par son aisance à mêler légendes, fantasy urbaine et intrigue de haut vol. La thriller ne semblait donc pas faire partie de sa zone de confort… Et pourtant, pourtant ! C’est comme si elle avait fait ça toute sa vie : j’ai été de suite happée par cette intrigue qui nous met les nerfs en pelote et nous tient en haleine du début à la fin : chapeau bas ! Si cela démarre doucement, Cindy prend bien soin d’éveiller notre curiosité en ne nous disant pas tout (loin de là !) : notre esprit ne tarde pas à fourmiller de questions, et l’on ne souhaite qu’une chose… Poursuivre notre lecture, pour en obtenir les réponses. Et puis, peu à peu, les choses s’accélèrent. Jusqu’à devenir parfaitement intenses dans le dernier tiers du roman, où les révélations s’enchainent et les rebondissements pleuvent : nous voici entrainés dans un véritable huis-clos, notre cœur battant la chamade.  La plume de l’auteure sied parfaitement à l’atmosphère extrêmement tendue du roman : elle va à l’essentiel, donnant des détails où l’on en a besoin et laissant la part belle à l’action. Sachez-le : vous avez entre les mains un véritable page-turner !
Côté personnages, nous retrouvons avec joie son habileté à croquer des portraits saisissants, profonds, humains. J’ai été touchée par Réha, cette jeune fille si fragile et si forte à la fois, pleine de doutes et de questions restées sans réponse. Sa détresse m’a émue, et j’ai admiré sa détermination à faire face à l’adversité. Aïki, que l’on découvre davantage sur la fin de notre lecture, m’a bouleversée… Mais je ne vous dirai rien de plus. Ni sur les autres, d’ailleurs : j’aime autant vous laisser la surprise. La galerie est restreinte, certes, mais ce n’en est que mieux : nous prenons ainsi le temps de les découvrir à notre aise.
Côté univers, je ne vous en dirai pas non plus énormément : sachez seulement que l’auteure nous en réserve de belles. Contrairement à sa précédente série, elle choisit ici de nous projeter dans un futur proche, dans lequel certains domaines scientifiques auront fait d’immenses avancées… Mais chut ! Je ne dis rien, promis 😛 C’est savoureux et intrigant, voilà !
En somme, j’ai passé un EXCELLENT moment. Que je quitte à regret, tant cela m’a paru court ! Mais quand on dévore la moitié du roman en l’espace d’une soirée, forcément… 😉

En bref, c’est un grand OUI pour ce nouveau roman de Cindy Van Wilder ! L’auteure s’offre un tout nouveau terrain de jeu avec le thriller anticipatif, et le résultat en vaut sacrément la peine : on est pris dans ses filets dès les premiers chapitres, et l’on reste volontiers captifs jusqu’à la toute fin, qui nous laisse… Pantelants, chavirés, soufflés. Un grand OUI, vous dis-je !

On en redemande

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Phobos – Origines, Victor Dixen (Phobos #0)

Phobos origines

Phobos #1
Phobos #2

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L’histoire : Six pionniers en apparence irréprochables.
Six jeunes terriens rongés par leurs secrets.
Six dossiers interdits, qui auraient dû le rester.

Ils incarnent l’avenir de l’humanité.
Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, L’émission de speed-dating la plus folle de l’histoire, Destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars. Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, Leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction.
Ils dissimulent un lourd passé.
Le courage suffi t-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ? La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ? Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs Sur les  » héros de l’espace  » ?
Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu’il ne soit trop tard.

Mon avis : HA ! Quand ma Repré Robert Laffont est passée il y a quelques mois, en me disant que la suite et fin de Phobos arrivait en librairie pour fin mai, et que je lui ai gentiment fait remarquer que ce n’était pas la fin, mais plutôt le début… Et qu’elle m’a regardé d’un air dégoûté en me demandant si je voulais faire son boulot à sa place… Je n’ai rien répliqué. Mais, je peux vous dire que quand j’ai ouvert Phobos – Origines, si je l’avais eu en face de moi… Je lui aurais bien jeté à la tête (ouuh, la violente !). Parce que ce que nous avons là, c’est bien le prélude (une partie, en fait) des aventures de nos héros. Masculins, en l’occurrence : nous y découvrons plus avant chacun des six garçons, et notamment… Leurs vilains petits secrets. Car certains d’entre eux sont effectivement très, très vilains : Victor Dixen nous réserve de sacrées surprises, je puis vous l’assurer. Les pistes qu’il nous laissait entrevoir dans les deux premiers sont ici étayées… Ou totalement balayées : certains personnages m’ont plongée dans une profonde confusion, mes questions étant plus pressantes que jamais. Les découvrir ainsi, en dehors du programme Genesis ou presque (pendant les rounds de sélection, plus précisément), m’a énormément plu : j‘ai dévoré cet opus en quelques heures seulement, avide d’en apprendre davantage sur nos héros. Et quelle frustration, de devoir les laisser là ! Et de ne pas avoir le pendant féminin du roman ! Comme à chaque fois que je me plonge dans un roman de l’auteur, j’aurais voulu en avoir plus. Deux, trois, quatre fois plus ? C’est que sa plume est si immersive que l’on n’en sort qu’à reculons, malheureusement pour nous…
Après cette lecture, je serais bien en peine de retrouver les sentiments qui m’animait à la sortie du second tome : découvrir leurs failles et leurs faiblesses a totalement perturbé l’idée que je me faisais d’eux. Alors que je ne pouvais pas supporter Alexeï, je me suis surprise à éprouver à son égard une compassion sincère. Tao, qui me laissait assez insensible, m’a énormément touchée… Kenji, lui, lève un peu le voile de mystère planant sur son personnage… Pour le rendre plus opaque encore. Gros coups de cœur pour Samson et Mozart, leur passé torturé m’ayant bouleversée. Et Marcus… Marcus ! Marcus, qui m’avait donné envie de hurler dans le deuxième tome, qui m’avait affreusement déçue… m’a plongée dans un abîme de perplexité. RAAAAAH ! Et dire qu’il va falloir attendre encore de loooooongues semaines pour connaitre le fin mot de toute cette histoire ! ÇA, c’est sadique. ÇA, on aime. ÇA…. ça me donne envie de taper du pied. Qu’on se le dise ! Bien qu’il s’agisse d’un prélude, je vous conseillerai tout de même de lire les romans dans l’ordre de parution : vous découvririez dans cet opus des secrets qu’il est agréable d’ignorer au début de notre lecture. Suspense, suspense… Quoi qu’il en soit, les amateurs de la série y trouveront tout à fait leur compte : une fois encore… C’est génial !

En bref, ON EN VEUT ENCORE ! Plus de secrets, plus d’explications, plus de… Tout, c’est possible ? 😀

On en redemande
On en redemande !

De Force, Karine Giebel

De force

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L’histoire : Elle ne m’aimait pas. Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet. Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n’aime pas ainsi. Que m’a-t-elle donné ? Un prénom, un toit et deux repas par jour. Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. Lorsque j’arrive devant la porte de mon ancienne chambre, ma main hésite à tourner la poignée.
Je respire longuement avant d’entrer. En allumant la lumière, je reste bouche bée. Pièce vide, tout a disparu. Il ne reste qu’un tabouret au centre de la pièce. J’essuie mes larmes, je m’approche. Sur le tabouret, une enveloppe. Sur l’enveloppe, mon prénom écrit en lettres capitales. Deux feuilles. Écrites il y a trois mois. Son testament, ses dernières volontés. Je voulais savoir. Maintenant, je sais. Et ma douleur n’a plus aucune limite. La haine. Voilà l’héritage qu’elle me laisse.

Mon avis : Il y a bien, bien longtemps que je souhaitais lire un roman de Karine Giebel, entendant de toute part d’excellentes critiques de ses écrits. Ne sachant pas vraiment par lequel commencé, c’est donc avec joie et curiosité que je me suis laissée tenter par son petit dernier… Verdict ?
Alors qu’elle promenait tranquillement son chien, Maud est agressée. Sauvée du pire par un jeune homme opportunément passé par là, la jeune femme ne peut empêcher son esprit de tourner en rond : et si son agresseur réitérait ? Pour apaiser les craintes de sa chère fille, le professeur Reynier, éminent chirurgien et homme à la poigne de fer, décide de retrouver la trace du héros pour l’engager en tant que garde du corps. Luc abandonne donc un métier qui ne lui convenait qu’à moitié pour pénétrer dans la quotidien d’une famille où les secrets et les non-dits sont aussi lourds à porter qu’une chape de plomb, et où les apparences sont toujours trompeuses…
Et bien, quelle lecture ! Une chose est certaine : Karine Giebel sait comment aviver l’intérêt de son lecteur et ne plus lâcher : ce fut intense, et prenant. C’est simple : après un prologue (dont vous avez un extrait en résumé) des plus mystérieux, on a envie de savoir : qui se cache derrières ces confidences ? L’agresseur ? Reynier ? Sa femme ? On ne sait pas. Tout juste suppose-t-on les circonstances de l’arrivée du narrateur. Puis vient l’intrigue, et les questions avec : que cachent-ils, tous ? Sous leurs airs de bonne famille, on comprend rapidement que les relations sont pourries jusqu’à la moelle… Mais l’on veut savoir : que va-t-il se passer ? Et, surtout… Pourquoi ?
L’intrigue est donc efficace, quoique parfois un petit peu longuette : les dialogues, surtout, m’ont parfois parus un peu… Maladroits, disons. Certaines réactions des personnages m’ont également laissée perplexe : le professeur Reynier, notamment, parfois bien trop tendre pour cadrer avec le portrait qui nous est dressé. Pour autant, ça n’a pas entravé ma lecture : tout juste me suis-je fait la réflexion qu’une petite chose me gênait.
Au final, j’ai donc passé un bon moment, car l’essentiel est là : Karine Giebel nous offre un récit tout à fait prenant, distillant de-ci de-là quelques indices pour nous aiguiller… Sans pour autant nous dévoiler toutes les ficelles. Je reste toutefois un petit peu sur ma faim, ayant attendu quelque chose de gigantesque… Que je n’ai pas tout à fait su trouver. Mon opinion sera plus affirmée quand j’aurai eu l’occasion de lire un autre des romans de l’auteure !

En bref, une bonne lecture dans l’ensemble, avec quelques petits défauts. L’intrigue est intense sans partir dans tous les sens, et le lecteur avance sans heurt dans le récit : bien joué !

 Un bon moment
Un bon moment…