Le Doute, S.K. Tremayne

Traduit par Isabelle Maillet

L’histoire : Un an après le décès accidentel de Lydia, l’une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s’installent sur une petite île écossaise, qu’ils ont héritée de la grand-mère d’Angus, au large de Skye.
Mais l’emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu’elle est en réalité Lydia. Alors qu’un brouillard glacial enveloppe l’île, l’angoisse va grandissant… Que s’est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l’une des deux sœurs a trouvé la mort ?

Mon avis : … Et bien… Waaah ! Quelle réussite ! S.K. Tremayne m’a collé une de ces trouilles, je vous assure ! Je l’ai commencé lundi soir, ai très difficilement fermé l’œil… Pour le rouvrir le lendemain aux aurores, sitôt Chéri parti au travail. Autant vous dire que cela ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps, de me lever consciemment à 5h du matin pour me replonger dans mon livre, alors que le Bout ne se lève pas avant 7h ! Et de faire également une croix sur notre petite sieste du mardi après-midi, afin de le finir… Car, oui, l’auteur m’a tout simplement FASCINÉE. Son récit m’a happée, et s’il m’a donné des frissons glacials, je n’en ai pas moins adoré ma lecture : moi qui le conseillais à pas mal de clients en me fiant aux bons avis que j’avais lus, je pourrai désormais leur dire… Que ce petit bouquin est une tuerie !
Angus et Sarah Moorcroft ont vécu, voilà un an, ce qu’aucun ne devrait avoir à endurer : le décès d’un de leur enfant. L’une de leurs jumelles, Lydia, est morte dans un tragique accident, sous les yeux de sa sœur Kirstie. Afin de tenter de se reconstruire, la famille décide dont de partir loin de Londres, profitant d’un héritage opportun : l’île de Torran, à l’écart de tout et de tous, sera leur nouvelle demeure. Mais tout ne se passe pas comme prévu : outre le cadre peu chaleureux de l’île et l’aspect franchement lugubre du cottage abandonné, Kirstie adopte un comportement des plus inquiétants : elle affirme être Lydia, affirme que ses parents se sont trompés ce jour-là. Pour Sarah, qui ne s’est jamais remise de la perte de sa fille préférée, c’est le début d’une longue descente aux enfers…
Frrrr… J’en tremble encore ! Qu’il est efficace, ce petit thriller psychologique ! De toute façon, soyons clairs : dès que cela touche aux enfants, moi… Je ne réponds plus de rien. Autant vous dire que le sujet a ici touché une corde particulièrement sensible, faisant écho à l’une des mes peurs les plus profondes, animales : celle de perdre mon bébé. Impossible de ne pas se sentir touché, concerné par la peine incommensurable de cette mère ! J’ai donc lu, avec curiosité d’abord, puis frénésie… Et horreur, enfin. Parce que l’auteur crée une atmosphère particulièrement sombre et oppressante, construisant son intrigue sur plusieurs niveaux, alimentant plusieurs pistes : qu’est-il réellement arrivé, cette nuit-là ? Kirstie dit-elle vraiment la vérité ? Quelle est la part de responsabilité des parents dans le drame ? Bref, les questions s’accumulent, et les indices se font rares… L’angoisse monte donc crescendo, et je peux vous garantir avoir senti se former une véritable boule de nerfs au creux de mon ventre, tant cette lecture m’aura éprouvée. BOUH !
J’appréhendais pourtant de m’y plonger : il me faisait envie depuis un long moment déjà, et j’avais vraiment peur d’être déçue… Sans compter que cela faisait des MOIS que je n’avais pas lu de thriller. Autant vous dire que, malgré mes sueurs froides, je suis ravie : voilà qu’il me permet de renouer avec un genre que j’ai affectionné pendant longtemps (bien avant ma passion pour les littératures de l’Imaginaire !), avant de l’abandonner petit à petit. Évidemment, il n’est pas exempt de défauts… Ou pourrait, plutôt, subir quelques améliorations : j’aurais volontiers, par exemple, approfondi davantage le rôle du pédopsychiatre et ses théories pour le moins prometteuses. Tout comme j’aurais continué de creuser un peu plus dans la fange résumant la vie de couple d’Angus et Sarah…. Ou en aurais peut-être rajouté un peu sur le folklore lié à l’île… Mais à trop vouloir en faire, on finit par se perdre : Le Doute est diablement efficace tel qu’il est, et c’est bien tout ce qu’on lui demande. Vivement le prochain !

En bref, Le Doute fut ainsi à la hauteur des espoirs que je plaçais en lui : l’écriture de l’auteur est efficace, son intrigue l’est tout autant, et j’ai eu bien du mal à m’empêcher d’aller rejoindre Malo au beau milieu de la nuit pour me rassurer. Un vrai bon thriller comme je les aime ! 


On en redemande !

 

Fais-le pour maman, François-Xavier Dillard

fais-le-pour-maman

Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa sœur adolescente, Valérie, et leur mère. Cette dernière arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, occupant un job ingrat qui lui prend tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère : elle accuse son petit garçon d’avoir blessé sa sœur. Elle sera condamnée à cinq de prison.
Des années plus tard, alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue, Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires… Mais de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients annoncent le retour funeste des voix du passé…

Mon avis : Mais depuis quand ne m’étais-je pas plongée dans un super thriller ? Bien trop longtemps, si vous voulez mon avis : je n’ai fait qu’une bouchée de celui-ci 😀 Je l’avais repéré lors de sa sortie grand format, quelques amies blogueuses m’en ayant dit le plus grand bien. Et lundi dernier, alors que je fouinais dans les rayonnages, sans trop savoir si j’allais céder aux sirènes de la tentation ou non... Je l’ai croisé en poche. Et ai craqué ! Il n’a d’ailleurs pas fallu longtemps pour que je m’y plonge, la chose étant faite l’après-midi même : en quelques heures, c’en fut fait !
Ils sont trois : le fils de sept ans, innocent, la fille adolescente, en pleine révolte, et la mère, dépassée par un quotidien qui la tue à petit feu. Mais un jour, c’est le drame : une énième dispute, d’une violence inouïe, laissera la jeune fille avec une plaie atroce sur le ventre. Si la culpabilité de la mère ne fait aucun doute, elle tient pourtant une version des faits des plus grotesques : ce ne serait pas elle, mais bien son petit garçon, qui serait à l’origine des blessures de sa sœur… Condamnée, incarcérée durant cinq ans, elle disparaitra de la circulation sans jamais avoir modifié ses propos. La sœur, quant à elle, finira par atterrir dans un hôpital psychiatrique, soumise à des démons que nul ne semble pouvoir faire taire… Mais quand, des années plus tard, les morts se multiplient autour de Sébastien, devenu médecin et père de famille, l’on peut s’interroger : que s’est-il réellement passé ce jour-là ? Quelle sinistre machination est à l’œuvre, et qui est-elle censée faire payer ?
Je vous le dis de suite : ce thriller psychologique est terriblement efficace. Je l’ai DÉVORÉ !! De bout en bout, on est entièrement soumis à la plume  de l’auteur, et à cette intrigue diabolique qui ne connait pas un seul instant de répit. Que s’est-il réellement passé, dans cette cuisine ? Comment cette mère a-t-elle pu déraper ainsi, et continuer en accusant son tout jeune fils d’un crime qu’il ne peut avoir commis ? Ces questions m’ont suivie durant toute ma lecture, accompagnées de beaucoup d’autres : François-Xavier Dillard a le chic pour nous faire envisager les hypothèses les plus folles et, surtout, nous mener par le bout du nez.
Double, la narration se partage entre Sébastien, que l’on voit sombrer peu à peu dans une angoisse perverse, et Claire, commissaire fraichement mutée en banlieue. Je me suis rapidement attachée à chacun d’eux, avec une petite préférence pour Claire, son passif me touchant particulièrement. L’on apprend, au fil de notre lecture, l’après du drame : comment Sébastien fut adopté et a tenté de se reconstruire, notamment, mais également quelques détails sur sa sœur… Détails qui font froid dans le dos, et qui m’ont clairement donné la nausée. Nous découvrons un personnage torturé, instable… Et je ne vous en dis pas plus. Le tout est de savoir que l’auteur dresse les portraits de ses personnages avec efficacité et talent, tout comme il maitrise son intrigue : ce roman est percutant. On lit, on avale même les pages sans s’en rendre compte. Et le dénouement arrive… Nous laissant abasourdis et sous le choc, quand bien même certaines pistes le laissait présager.
Ce fut donc une excellente lecture (sans être un coup de cœur pour autant, il m’a tout de même manqué cette petite étincelle qui fait tout), parfaite pour occuper un après-midi désœuvré. Je ne regrette pas d’avoir tenté le coup !

En bref, une lecture haletante et percutante, qui m’aura tenue en haleine du début à la fin. François-Xavier Dillard nous livre un thriller implacable, glaçant, que l’on termine les yeux dans le vague et les mains tremblantes, avec une question en tête : qu’aurait-on pu faire pour empêcher cela ? Bravo !

On en redemande
On en redemande !

Lectures estivales #1 : Bird Box – Les fragmentés – L’œil du monde – Lamentation

Lectures estivales

Bonjour mes chatons !

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour quatre (quatre !) minis chroniques : comme je vous l’expliquais sur facebook il y a peu, entre le manque de temps et d’inspiration… C’est encore la solution la plus satisfaisante que j’ai pu trouver pour être à même de vous proposer quelques avis livresques ^_^ Pas de coup de cœur parmi ces quatre romans, donc, mais que de très bonnes lectures : vous allez voir, il y en a pour tous les goûts !

◊ Bird Box, Josh Malerman

Bird box

Traduit par Sébastien Guillot
Se le procurer ♣

L’histoire : Depuis qu’ils sont nés, les enfants de Malorie n’ont jamais vu le ciel. Elle les a élevés seule, à l’abri du danger qui lest abattu sur le monde. Elle a perdu des proches, a assisté à leur fin cruelle. On dit qu’un simple coup d’oeil suffit pour perdre la raison, être pris d’une pulsion meurtrière et retourner sa violence contre soi. Elle sait que bientôt les murs de la maison ne pourront plus protéger son petit garçon et sa petite fille.
Alors, les yeux bandés, tous trois vont affronter l’extérieur, et entamer un voyage terrifiant sur le fleuve, tentative désespérée pour rejoindre une colonie de rescapés. Arriveront-ils à bon port, guidés par leur seule ouïe et leur instinct ?

Mon avis : J’ai ouvert Bird Box en pleine période de canicule, espérant que son ambiance glaçante refroidisse un peu l’atmosphère. Peine perdue : s’il m’a bien collé une sacrée dose de frissons, je n’en ai pas moins sué comme une forcenée, et pour cause : il m’a mis les nerfs en pelote. Et encore, l’expression est faiblarde : j’étais carrément au bord de la rupture nerveuse tout au long de ma lecture. Cajou n’avait donc pas menti, ce roman est un concentré d’angoisse à lui tout seul. Josh Malerman nous ferre dès les premières pages, ne jouant jamais franc jeu, mais préférant suggérer, sous-entendre, laisser l’imagination de son lecteur déborder à qui mieux-mieux… Rien que de me mettre à la place de cette mère, contrainte de sortir les yeux bandés avec ses deux petits, au milieu de ce que l’on imagine être une foule de créatures cauchemardesques… Brrrr, j’en ai la chair de poule. Et cela fait deux bonnes semaines que je l’ai lu. L’atmosphère est lourde, poisseuse, profondément malsaine… Qui les attend, là, dehors ? Et que s’est-il passé, à l’intérieur ? On avance à petits pas, redoutant la page suivante tout en étant, paradoxalement, incapable de ne pas la tourner. Sans nul doute, voilà un roman qui ravira les amateurs de thrillers psychologiques !

Les fragmentés, Neal Shusterman

les-fragmentes-319731

Traduit par Emilie Passerieux
Se le procurer ♣

L’histoire : Dans une société traumatisée par la Seconde Guerre civile, une loi autorisant la fragmentation a été votée. Celle-ci stipule qu’il est interdit d’attenter à la vie d’un enfant de sa conception jusqu’à son treizième anniversaire. Passée cette date, tout parent peut décider de « résilier » son enfant en ayant recours à la fragmentation, processus qui permet de renoncer à son enfant rétroactivement. Une seule exigence : réutiliser 99 % des organes du fragmenté pour qu’il continue à « vivre » à travers d’autres.
Connor, Risa et Lev ne se connaissent pas, un monde les sépare. Adolescent à la dérive, pupille de la nation ou objet d’un sacrifice religieux, chacun se retrouve pourtant sur la liste fatale. Leur seule échappatoire : fuir, se cacher, et essayer de survivre…

Mon avis : Présenté par beaucoup comme étant l’un des thrillers d’anticipation destiné aux ados les plus originaux du moment, Les Fragmentés m’a fait passé un sale quart d’heure. Et c’est à vous que je le dois, bande de coquinous ! Vous avez en effet été plus que nombreux à m’orienter vers cette lecture quand je vous ai fait part de mon indécision sur la page du blog. Et moi, docile, je vous ai écoutés. Je m’y suis plongée sans en avoir lu le résumé, sans savoir même de quoi il était question. Et bien… Je n’ai pas été déçue ! Pour être original, ce premier tome l’est. Original, oui, mais aussi glaçant, malsain. Profondément malsain. Le principe même de base m’a soulevé le cœur : comment peut-on passer treize ans (ou plus) de sa vie à élever un enfant, et décider du jour au lendemain de le… Fragmenter ? De le diviser, d’en récupérer toutes les parties viables et saines pour les redistribuer au gré des demandes ? NAN MAIS ALLO ?! C’est horrible. C’est juste H-O-R-R-I-B-L-E. Plus j’avançais dans l’intrigue (comme le dit si bien le résumé ci-dessus, nous suivons donc trois jeunes gens destinés à la fragmentation et qui vont, par miracle, réussir à gagner un peu de répit), plus mon cœur menaçait de lâcher. J’ai même cru que j’allais tourner de l’œil, durant une scène bien particulière (LA scène. Vous voyez de quoi je parle, hein ?). Quand je lui ai raconté de quoi il était question, Chéri m’a très justement fait remarqué que ce n’était peut-être pas la lecture la plus judicieuse vu mon état. HA BAH TIENS, J’M’EN ÉTAIS PAS RENDU COMPTE DIS DONC. Le fait est que malgré le côté particulièrement éprouvant de cette lecture (et j’insiste, pas la peine d’être enceinte pour être dans ses petits souliers tout au long du roman), je l’ai quand même dévoré, ce bouquin. Et j’ai même envie d’acheter la suite, tiens. Si c’est pas du masochisme, ça ! Mais le fait est là : Les Fragmentés est bel et bien l’un des meilleurs romans du genre que j’ai pu lire. Tenez-vous-le pour dit !

L’œil du monde, Robert Jordan (La roue du temps #1)

l-oeil du monde

Traduit par Jean-Claude Mallé
Se le procurer ♣

L’histoire : La Roue du temps tourne à mesure que les Ères se succèdent… Et bien vite elle va entraîner dans sa course effrénée Rand et ses amis, obligés de fuir leur village contre lequel de monstrueux géants ont lancé l’assaut. Jetés sur les routes, ils n’ont pas d’autre choix que de suivre Moiraine la magicienne, en direction de la cité de Tar Valon où ils seront enfin en sécurité ! Le temps presse, car l’un des compagnons est peut-être le Dragon réincarné, celui qui doit vaincre les Ténèbres…

Mon avis : J’ai découvert La Roue du temps grâce à… Brandon Sanderson. Ben quoi ? Robert Jordan ayant quitté cette terre avant d’avoir pu terminer l’œuvre de sa vie, c’est en effet à ce cher Brandon qu’a été confiée la tâche pour le moins complexe d’achever ce cycle déjà bien entamé. Je me suis donc dit « Hé Bouch’, c’est quand même pas parce que la série va finir par taper dans le million de pages que tu vas passer à côté, hein ? D’autant plus que c’est un pilier en matière de fantasy ! » Je me suis donc lancée à l’assaut de ce pavé, aux côtés de ma fidèle acolyte Allisonchouchérie. Et quelle découverte ! Il n’y a pas à dire, Robert Jordan nous offre là un sacré morceau. 860 pages d’un univers à la fois novateur et profondément riche, d’une intrigue tentaculaire et captivante, de descriptions foisonnantes de détails, d’action, d’émotions, de frissons. Tout ça, et bien plus ! Ceci dit, je ne pense pas avoir été dans les meilleures conditions possibles pour le lire : j’avais davantage besoin de quelque chose de léger, voire de superficiel, et là… C’est pas trop ça, disons. Du coup, j’ai eu tendance à le trouver UN POIL long, le bougre. Un poil long, mais tout de même très bon : en une semaine, son compte était réglé. Et quand on sait à quel rythme d’escargot j’avance dans mes lectures, en ce moment, c’est plutôt bon signe 🙂 Les personnages sont vraiment bien croqués, tout à fait réalistes (enfin, ENFIN des héros qui n’acceptent pas d’emblée une situation complètement ahurissante, mais qui prennent le temps d’émettre des doutes, de se poser les bonnes questions !), l’intrigue est vraiment passionnante, on se prend très rapidement au jeu. Et l’intérêt ne faiblit pas, bien au contraire : j’ai adoré suivre nos héros dans leurs aventures, apprendre en même temps qu’eux l’histoire de cet univers oh combien complexe, les voir se débattre contre un destin implacable et bien décidé à les user jusqu’à la corde. Ce que j’ai particulièrement aimé ? Le fait que ce premier opus se termine sur une vraie fin. Bien sûr, qu’on a envie de lire la suite. Mais si, pour une raison ou une autre, nous sommes dans l’incapacité de le faire, Robert Jordan nous offre tout de même une certaine sérénité. Et ça, c’est vraiment chouette de sa part 🙂 Une très belle découverte, donc, qu’il me tarde de poursuivre !

Lamentation, Ken Scholes (Les psaumes d’Isaak #1)

lamentation

Traduit par Olivier Debernard
Se le procurer ♣

L’histoire : La cité de Windwir vient d’être anéantie, et avec elle la Grande Bibliothèque où reposait la mémoire du monde. L’onde de choc de cette catastrophe rompt les équilibres politiques et religieux des Terres Nommées, attise les convoitises, ravive les complots, met à mal les alliances. La guerre est inévitable. Rudolfo le roi tsigane, seigneur des Neuf Maisons Sylvestres, est le premier sur les lieux et recueille dans les ruines un automate de métal.
Agité de sanglots et rongé par la culpabilité, celui-ci s’accuse d’être à l’origine du drame. Quel est son terrifiant secret ? A-t-il été manipulé ? Qui voulait la destruction de Windwir et pourquoi ? Mais voilà que Neb, un jeune moine orphelin qui a assisté à l’horreur, commence à faire des rêves prophétiques…

Mon avis : Ce n’est pas sérieux, mais voilà : je suis bien incapable de retrouver QUI m’a conseillé de lire ce roman. Dénoncez-vous ! Le fait est qu’il est entré dans ma PAL lors de ma dernière commande passée chez Gibert Joseph, et qu’il n’y est pas resté bien longtemps : la faute à sa formidable couverture, signé Marc Simonetti, évidemment :3 Comme souvent, je m’y suis plongée sans trop savoir ce que j’allais y trouver, même si je pensais avoir affaire à une nouvelle pentalogie de fantasy plutôt lambda. Et bien non ! Quelle n’a pas été ma surprise quand je me suis retrouvée aux prises d’une intrigue mêlant adroitement politique, religion et magie, faisant intervenir une foule de personnages tous plus mystérieux les uns que les autres ! Ken Scholes m’a véritablement captivée, et surtout menée par le bout du nez. Fiou ! Si j’ai eu les mêmes difficultés à m’y retrouver que pour La roue du temps (comme intrigue légère et facilement compréhensible, on fait mieux ^_^ Mais où sont donc mes bouquins de Bit-Lit ?!), j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce nouvel univers, à traquer le moindre indice pour tenter de me retrouver dans ce jeu politique des plus retors. Ne vous attendez pas à une action trépidante : peu de combats, pas de monstres en veux-tu en voilà… Nous ne sommes pas dans de la High-Fantasy classique. Non là, ce qui compte le plus, c’est la partie d’échec géante mise en place par l’auteur, une partie d’échec qui nous fait clairement tourner en bourrique. Vous pensez avoir compris le pourquoi du comment ? Que nenni, un nouveau pion fait son entrée et bouleverse tous les plans  précédemment établis. Jusqu’à la toute fin, nous ne savons sur quel pied danser. Et une fois la dernière page tournée… On ne demande qu’à lire la suite !

Nous voilà arrivés à la fin de cette première session vous présentant mes lectures estivales 🙂 J’espère que ces chroniques express vous auront plu et, pourquoi pas, donné envie de découvrir plus avant ces quatre petites pépites ! A très vite ♥

Phobos, Victor Dixen

Phobos

Se le procurer :
Decitre

L’histoire : Six prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer.   Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments  séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.   Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.

Mon avis : Alors là… Clairement, Victor Dixen m’épate ! Pour une fois, je n’ai pas vraiment prêté attention aux sirènes me vantant avec force cris la valeur de ce roman. Pour la simple et bonne raison que, si j’avais particulièrement aimé Animale, je n’en avais pour autant pas moins laissé filer le coup de coeur que l’on m’avait moult fois promis. Trop d’attentes ? Sans doute. Une erreur que je ne voulais pas commettre avec Phobos, et c’est sans aucune idée de ce qui m’attendait que je me suis lancée, à mon tour, à l’assaut de cette aventure pour le moins… Flamboyante.
Confrontés à une crise économique sans précédent, les États-Unis ont mis au point une campagne de redressement financier des plus radicales : les grandes institutions du pays sont désormais en vente. La NASA a ainsi été rachetée par un fond d’investissement privé, Atlas. Et, pour rentabiliser leur investissement, ces derniers ont mis au point un vaste projet de téléréalité : le programme Genesis est sur le point d’envoyer douze jeunes gens dans l’espace pour le speed-dating le plus incroyable de l’Histoire, avec pour objectif final… Rien de moins que l’établissement d’une colonie humaine sur Mars. Des candidats triés sur le volet, sélectionnés à travers le monde entier et entrainés dans le plus grand secret durant une année entière. Léonor, dix-huit ans et orpheline, fait partie des six jeunes fille s’apprêtant à rejoindre le Cupido. Bien décidée à tirer un trait sur son passé, elle ne peut, pourtant, s’empêcher de douter : en embarquant ainsi pour un voyage sans retour, ne commet-elle pas la plus grosse erreur de sa vie ? Mais, déjà, il est trop tard pour faire marche arrière : peu importe les sombres machinations qui se cachent véritablement derrière ce projet interplanétaire, Léonor a signé…
Et bien… Wahou !! Bravo, M’sieur Dixen ! On nous avait promis du lourd, du prenant, de l’intense… Pas d’erreur, Phobos tient CLAIREMENT ses promesses. Entendez par là qu’une fois plongés dedans, je doute que vous réussissiez à le lâcher. Oscillant entre le roman d’anticipation et la science-fiction, mêlant romance et thriller psychologique, il nous offre un semi huis-clos proprement passionnant. On aurait pu craindre qu’à jouer ainsi sur tous les tableaux, l’auteur finisse par s’éparpiller, puis se perdre. Mais non ! Tout est très justement dosé, et l’équilibre est maintenu jusqu’à la toute fin : j’ai été à la fois attendrie par ces jeunes qui se cherchent à travers leur potentielle âme sœur, fascinée par cette mission complètement folle, crispée, effrayée même par les sombres secrets qui semblent (euphémisme ! On comprend très vite que la réalité est très loin du romantisme étalé sur papier glacé pour les téléspectateurs du monde entier) se dessiner en arrière plan. Avec une agilité proprement stupéfiante, l’auteur tisse une toile minutieusement calibrée et parfaitement pensée.
Oui, c’est une Bouchon complètement séduite que vous avez devant vous, mais surtout extrêmement frustrée… De ne pas avoir la suite ! Car si l’on est sur les charbons ardents tout au long du roman, ce n’est rien comparé à ce que la fin nous réserve… Quel sadisme T.T Parce que, mine de rien, on s’y attache à ces douze jeunes gens. Et surtout à notre brûlante Léoparde ! Quel caractère, quel charisme… Et quel passif ! Elle a vraiment touché une corde sensible chez moi, et j’ai souvent eu les larmes aux yeux en la voyant se débattre ainsi contre les démons de son passé. De manière générale, tous les personnages m’ont énormément plu. Ils sont… Comment dire ? Tangibles, voilà. Loin d’être aussi parfaits que ce qu’ils veulent bien nous montrer, et c’est ce qui me les a rendus attachants. Ce premier tome restant particulièrement centré sur Léonor, les petites bribes d’informations que l’on arrive à grappiller de-ci de-là sur chacun d’eux sont assez savoureuse. Notre idée fixe ? Découvrir plus avant chacun d’entre eux, et essayer de comprendre ce qui les a mené jusque dans cette aventure. Et, croyez-moi… Nous ne sommes pas au bout de nos peines.
Je ne vous en dirai pas plus, parce que ce roman est bien trop court pour vous dévoiler quoi que ce soit d’autre. Clairement, Phobos se dévore, et bien trop rapidement ! Si vous êtes en quête d’un roman qui fera battre votre cœur tout en menaçant de l’arrêter, ne cherchez plus : Victor Dixen nous offre là son ultime coup de génie. À vos marques, prêts ? LISEZ !

En bref, un premier tome qui décoiffe : l’auteur nous sort le grand jeu en nous offrant une aventure aussi riche que passionnante, parfaitement maitrisée. Mais qu’attendez-vous pour vous y plonger ?

725a8-coupdecoeur2
Coup de cœur !

Dis-moi que tu m’aimes, Joy Fielding

Dis_moi_que_tu_m_aimes_hd

Traduit par Jean-Sébastien Luciani

Se le procurer :
Decitre

L’histoire : Une nuit, planquée dans un buisson à espionner un suspect, la détective privée Bailey se fait surprendre par un inconnu qui la viole, en lui susurrant ces paroles glaçantes : «Dis-moi que tu m’aimes.» Commence alors pour la jeune femme une longue descente aux enfers.
Elle ne dort plus, fait toujours le même cauchemar, se lave frénétiquement plusieurs fois par jour, traque le moindre bruit. Et revit la scène encore et encore… Qui est son violeur ? Le voisin bizarre qu’elle épie toute la journée à travers ses jumelles ? Son ex avec lequel la rupture fut extrêmement violente ? Chaque passant ressemblant de près ou de loin à la silhouette de son agresseur devient suspect numéro un…
Entre rêves, hallucinations et réalité, le lecteur vacille avec Bailey, suivant chacun de ses pas, le coeur battant.

Mon avis : J’avoue que c’est la référence à Fenêtre sur cour qui a attiré mon attention sur ce roman : ce film m’a énormément marquée, et j’étais plutôt curieuse de voir ce que cela pouvait donner sur papier. Ni une, ni deux, donc…
Bailey est détective privée. Alors qu’elle est en planque pour l’une de ses affaires, un inconnu la surprend et la viole. En lui murmurant à l’oreille « Dis-moi que tu m’aimes »…
Complètement traumatisée, Bailey se terre chez elle, refusant tout contact avec le monde extérieur. Elle voit en chaque homme son agresseur, et ne tarde pas à être victime d’hallucinations. Pourtant, elle en est sûre : il est là, tout près d’elle. Et se plait à la narguer…
Voilà une lecture pour le moins… Ambivalente. Autant j’ai été pas mal accrochée par l’intrigue, autant je sais déjà que je n’en garderai pas un souvenir impérissable. Étrange, non ? Je pense que tout cela tient à l’ambiance du livre : on se retrouve plongés au cœur de la psychologie de Bailey, au coeur de ses terreurs et… On ne tarde pas à devenir aussi paranoïaques qu’elle. En même temps, qui le lui reprocherait ?
Son viol marque le début d’une longue descente aux enfers, que j’ai suivi avec un filet de sueur glacée dans le dos. On s’interroge, nous aussi : ce voisin, qu’elle se « plaît » soudainement à épier, n’est-il pas… Clairement louche ? Nous voilà embarqués dans un huis clos à la fois glauque et intimiste, au cœur duquel imagination et réalité ne cessent de se confondre.
Cette atmosphère poisseuse et particulièrement désagréable m’a donc collée durant toute ma lecture, m’empêchant presque de penser à quoi que ce soit d’autre. Pour autant, comme je vous le disais… Je doute de me souvenir de ce roman dans les mois à venir. Pourquoi ? À dire vrai, je n’en sais trop rien. Il n’y a juste pas eu cette petite étincelle qui lui aurait permis de se démarquer par rapport à mes autres lectures. Allez savoir ? Peut-être est-ce cette fin, un peu tirée par les cheveux ? Le manque d’action ? La froideur quasi polaire d’un bon nombre de personnages ? Un peu tout ça en même temps ? Sans doute. Je ne ressors donc pas de cette lecture particulièrement déçue, mais pas conquise pour autant. Ambivalent, j’avais dit ?

En bref, une lecture qui m’aura laissée un peu sur ma faim : malgré une atmosphère glaçante, l’action tourne rapidement en rond. Un peu dommage, avec un point de départ si prometteur !

The book of Ivy, Amy Engel

The book of Ivy

Traduit par Anaïs Goacolou

Se le procurer :
Decitre

{Un grand merci aux éditions Lumen et à Emily pour m’avoir permis de découvrir cet ouvrage}

L’histoire : Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des Etats-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.
J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu. Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera. Née pour trahir et faite pour tuer… Sera-t-elle à la hauteur ?

Mon avis : ENCORE UN LUMEN ?! Eh oui, encore un. Mais pas n’importe lequel, je vous prie : The Book of Ivy fut en effet la cerise sur le gâteau d’une opération de communication massive, et surtout… tout bonnement géniale. Après nous avoir fait baver des jours et des jours durant à coups de mails tous plus intrigants les uns que les autres, de mystérieux courriers et j’en passe… Ces petits farceurs nous ont enfin dévoilé le mystérieux roman se cachant derrière tout cela. Allait-il être à la hauteur, ou tous ces efforts avaient-ils été déployés en vain ? Grande curieuse que je suis, je n’ai pas tardé à m’y plonger…
Pour y découvrir bien plus qu’un simple roman young-adult. Si le cadre ne change pas fondamentalement (un futur où l’humanité est au bord du précipice, une autorité quasi-dictatoriale instaurée pour garantir la sécurité des survivants et faire renaitre les hommes de leurs cendres, une ville centrée sur elle-même et coupée du monde extérieur par une barrière infranchissable…), deux « choses » distinguent pour moi ce petit bijou de ce que l’on peut habituellement lire en matière de YA : premièrement, ces mariages « arrangés » pour maintenir la cohésion sociale – les fils des perdants avec les filles des gagnants (le groupe de survivants s’étant divisé pour obtenir le pouvoir et la gouvernance de la nouvelle cité), et inversement. J’ai trouvé ça carrément malin, et surtout très bien exploité (vous imaginez un peu les difficultés qui en découlent ?). À la base du roman, donc, Ivy, jeune fille de 16 ans issue de la famille des grands perdants, ainsi contrainte de se marier avec le fils du président actuel, Bishop. Mais ce qui m’a plu, surtout, c’est le fait que ce petit roman ne se cantonne pas aux frontières de la dystopie. Non, c’est aussi une histoire d’amour dramatique et torturée (et vous savez combien j’aime ça), un roman particulièrement noir jouant sur la psychologie des personnages, avec une cruauté indéniable. Car, vous l’aurez compris en lisant le résumé, Ivy n’a d’autre but que de tuer Bishop. Complètement sous la coupe de son père et de sa sœur, elle ne vit que pour cela. Et si elle est bien déterminée à ne pas flancher, mettre en branle ses résolutions n’a rien d’évident. Surtout quand le garçon que l’on vous a appris à haïr se révèle très différent de ce que l’on imaginait…
L’action est menée tambour battant, l’auteure ne nous laissant que peu de répit : on comprend dès les premières pages que tout cela finira forcément mal. Pour Ivy, pour Bishop… Ou les deux. Mais le plus cruel, là-dedans, c’est plus on sent la catastrophe arriver, plus on s’attache à nos deux amoureux maudits. Vous parlez d’une injustice ! J’avais peur qu’Amy Engel fausse le jeu en choisissant une porte de sortie convenue et attendue, mais… Heureusement (ou non, je n’ai pas encore décidé), ce n’est pas le cas : la fin du roman m’a laissée abasourdie, sous le choc, en larmes, bien décidée à faire le voyage Outre-Atlantique pour menacer l’auteure des pires représailles si elle ne m’offrait pas la suite immédiatement. Faute de pouvoir mener à bien ce plan diabolique, j’ai préféré me terrer sous la couette en attendant que le chagrin passe.
Tout aurait été plus simple si Ivy et Bishop étaient moins… Moins… Moins tout. Dès le début, je me suis sentie proche d’Ivy, cette jeune fille complètement endoctrinée par sa famille, profondément seule et, il faut le dire, un peu perdue. A seize ans, et avec un tel destin… Je n’aurais clairement pas été mieux. C’est sans doute le personnage qui évolue le plus au cours de ce premier tome, apprenant au fil du texte à se démarquer des opinions familiales, devenant plus forte de jour en jour. Et Bishop, Bishop… Si seulement il avait pu se montrer un poil détestable ! Rien qu’un peu, pour rendre les choses plus faciles… Et bien moins séduisantes, il faut l’avouer :/
Donc, The Book of Ivy m’a beaucoup plu. Mieux : il m’a captivée. A un point tel que je vais vous dire une chose : si ce roman vous fait un tant soit peu envie, foncez. Foncez, sans un regard en arrière, saisissez-le et prenez quelques heures de votre temps pour le dévorer. Laissez-vous envahir par cette intrigue à la fois irrésistible et angoissante, laissez-vous charmer par Bishop, laissez Ivy se faufiler dans votre cœur. Laissez, une fois encore,  ce que les éditions Lumen savent faire de mieux : marquer votre vie de lecteur avec un petit bijou délectable. Voilà.

On en redemande
On en redemande !

Il coule aussi dans tes veines, Chevy Stevens

912-bBdbTuL._SL1500_

Traduit par Sebastian Danchin

Se le procurer :
Decitre

L’histoire : Sara Gallagher, 34 ans, mère d’une fillette de 6 ans, sait depuis toujours qu’elle a été adoptée. Mais, alors qu’elle se prépare à épouser Evan, la jeune femme souhaite découvrir qui sont ses véritables parents. {Ses recherches ne passent pas inaperçues et alertent son père biologique, qui n’est autre que le tristement célèbre Tueur des Campings, un serial killer que la police canadienne cherche à coincer depuis des années. Quand ce dernier – qui prétend se prénommer John – prend contact avec elle pour faire sa connaissance, Sara se retrouve prise au piège…}

Mon avis : Comme ma chère Belledenuit, dont vous pouvez retrouver la chronique juste ici, j’ai volontairement occulté une (grande) partie du résumé, celui-ci en dévoilant un peu trop à mon goût : l’idéal, avec ce roman, est de se plonger dedans en en sachant le moins possible…
Ce qui a d’ailleurs été mon cas : j’ai commencé ma lecture un peu en panique, ayant complètement oublié que j’étais censée l’avoir terminée pour le 15 novembre au plus tard. Pas le temps, donc, de me rafraichir la mémoire en jetant un petit coup d’œil sur le résumé ! Et vu mon rythme d’escargot des derniers jours, j’étais persuadée de ne pas réussir à tenir la date…
Le contraire m’a été prouvé plus que rapidement, puisque j’ai expédié ces 400 et quelques pages en une nuit seulement. Enfin, en une nuit… Comprenez par là de 22 heures à 3 heures du matin. Et je peux vous dire que, pendant ce laps de temps, je n’étais pas fière : incapable de lâcher mon bouquin tant l’intrigue était prenante, je n’en étais pas moins pelotonnée contre Chéri – qui dormait comme un bien heureux -, la peur au ventre et les jambes flageolantes.
Il faut dire que Chevy Stevens met le paquet : j’ai été ferrée dès les premières pages. L’action démarre fort, et le récit ne cesse de gagner en tension, en intensité. Je ne sais pas comment Belledenuit a fait pour étaler sa lecture sur plusieurs jours mais, moi, j’en ai été tout bonnement incapable ! Il fallait que je sache…
Nous rencontrons Sarah, jeune femme de 34 ans, par l’intermédiaire de ses séances chez sa psychiatre, un mode de narration que l’auteure avait déjà adopté dans Séquestrée. A la différence près que, cette fois-ci, nous sommes plongés au cœur même des évènements, les consultations s’échelonnant au fur et à mesure des découvertes de Sarah. En effet, sachant depuis toujours qu’elle a été adoptée, elle va prendre la dure décision de rechercher sa mère biologique, afin de renouer avec ses origines. Elle imaginait bien que cette rencontre ne serait pas forcément idyllique, mais ne pouvait s’empêcher d’espérer un Happy End. Or, si nous sommes là aujourd’hui, c’est bien parce que c’est tout le contraire qui s’est produit. Tout le contraire, oui…
Une fois encore, j’ai trouvé la plume de l’auteure extrêmement efficace. Elle sait comment donner à son récit une atmosphère oppressante, et ne s’en prive évidemment pas : difficile de fermer l’œil ensuite, je vous assure ! Ma lecture s’est écoulée sans aucune fausse note, hormis sur la fin, que j’aurais aimé plus « choquante », plus travaillée. Mais là, vraiment, je pinaille 🙂 A tous les amateurs du genre, à tous ceux qui souhaitent sentir une désagréable sueur froide leur couler le long du dos, n’hésitez plus ! Il coule aussi dans tes veines saura vous donner la chaire de poule…

En bref, un thriller psychologique très bien mené, et qui m’aura valu une nuit des plus courtes… Et des plus tourmentée ! En tout cas, pour moi, c’est sûr… Je me ruerai sur le prochain titre de l’auteure 😀

On en redemande
On en redemande !!