Un pont sur la brume, Kij Johnson

Traduit par Sylvie Denis

Couverture réalisée par Aurélien Police

L’histoire : Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse qui soit, l’œuvre d’une vie: un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux. Un ouvrage d’art de quatre cent mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité…
Par-delà le pont… l’abîme, et pour Kit une aventure humaine exceptionnelle.

Mon avis : Oups ! Je crois que je commence à accumuler un peu de retard avec cette petite collection ‘_’ Sur les huit novellas sorties à ce jour, je n’en ai lu que… Trois. Dont celle-ci. PAS BIEN ! Ceci étant dit, je ne me sentirais pas capable de les lire tous à la suite : jusqu’à présent, ils m’ont tous offert un moment de lecture bien particulier, que j’ai mis longtemps à digérer. Les textes sont courts, oui, mais non moins puissants : ces écrits sont des portes d’entrée vers de véritables réflexions, et j’aime espacer mes lectures pour leur donner, à chacune, le temps qu’elles méritent. Mais trêve de blabla, venons-en au fait : un roman sur la construction d’un pont est-il à-même de nous transporter ?
Car oui, le sujet est bel est bien là : c’est un chantier que nous suivons ici. Ne prenez pas peur : par de pantalon à demi baissé ou de grossièretés à tout va, nous ne sommes pas à Paris (ceci dit, cela m’aurait rappelé quelques souvenirs). Non, Kij Johnson place son intrigue dans un univers à peine esquissé, et pourtant diablement intrigant : sommes-nous dans dans la SF, dans de la fantasy ? Impossible de le déterminer. Voici ce que nous savons : l’Empire est divisé en deux : un fleuve infranchissable le traverse de part en part, fleuve dont nul n’a jamais vu l’eau : celui-ci est en effet recouvert d’une chape de brume opaque, corrosive et abritant de dangereuses créatures : poissons à la taille variable, géants… Nul ne sait véritablement ce qu’il s’y cache. Pour la traverser, une seule solution : prendre l’un des Bacs effectuant le voyage, sans aucune garantie de survie. C’est dans ce contexte que Kit Meinem d’Atyar, le personnage principal, se rend à Procheville : architecte de renom, la Capitale l’a chargé de la délicate tâche de construire un pont reliant les deux rives. Le chantier est d’envergure, et les dangers multiples… Mais il faudra que Kit apprenne avant tout à connaitre les habitants, ces gens dont il va changer la vie à tout jamais…
J’ai trouvé qu’Un pont sur la brume avait un côté très onirique, très… Posé : nulle scène trépidante ici, nulle bataille avec ces mystérieux Géants… Non, nous suivons le chantier sur près de cinq ans, avec son lot de catastrophes et  d’imprévus… Mais, surtout, nous suivons des femmes, et des hommes. Des destins au bord du précipice, à la croisée des chemins. Ici réside pour moi la grande force de ce récit : en à peine 120 pages, l’auteure réussit le très joli coup de nous faire côtoyer des personnages d’une très grande crédibilité, dotant par là-même son roman d’une sensibilité certaine. Que cela soit Kit, évidemment, ou Rasali, chargée de faire traverser la brume aux voyageurs, ou encore Valo… L’auteure dresse succinctement leur portait, et pourtant, force est d’avouer que nous nous y attachons beaucoup. Comme quoi, nul besoin de longues descriptions ou d’interminables considérations psychologiques pour donner de la force à ses personnages : l’on est portraitiste, ou l’on ne l’est pas.
Vous l’aurez donc compris : l’intrigue a beau être essentiellement contemplative, elle est également prenante. L’édification de ce monument est fascinante, et j’ai été particulièrement touchée de découvrir comment l’œuvre d’un seul homme pouvait autant bouleverser la vie du plus grand nombre. Je pense notamment à Rasali, donc la vie même est intrinsèquement liée à cette brume qui n’aura, bientôt, plus d’impact sur un quotidien qu’elle parasitait totalement jusqu’alors. Une brume qui sera bientôt réduite au rang de détail, quand elle déterminait la vie de plusieurs milliers de gens. Les questions sont multiples, et les réponses ne viennent qu’ensuite : une fois encore, j’ai eu tout le loisir de m’interroger sur ce qu’impliquait ce petit roman. Et… J’ai aimé ça.
Un pont sur la brume est une fenêtre sur un univers fascinant, à propos duquel on aimerait en savoir davantage. Pour autant, l’auteure parvient tout à fait à nous rassasier avec son court roman, nous offrant un texte à la fois riche et puissant, porté par des personnages attachant et une plume poétique. Pour une première fois avec Kij Johnson, c’est une réussite !

En bref, une novella qui aura su me transporter dans un univers à la fois inquiétant et fascinant, traitant d’un sujet que d’aucun pourrait considérer comme barbant. Pourtant, notre lecture est d’une fluidité certaine, et nous la quittons comme à regret, des lambeaux de brume s’accrochant désespérément à notre esprit. Encore !


On en redemande !

La mémoire de Babel, Christelle Dabos (La Passe-Miroir #3)

Couverture réalisée par

Tome 1 : Les fiancés de l’Hiver
Tome 2 : Les disparus du Clairdelune

L’histoire : Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

Mon avis : Je crois que je pourrais, cette fois encore, commencer ma chronique par des points de suspension. Tout simplement parce que je n’ai pas, plus les mots, pour vous retranscrire avec justesse ce que ce troisième tome m’a fait ressentir. Cela fait un an et demi que j’attendais ce moment. Un an et demi que je ressassais la fin du deuxième opus, un an et demi que je ne pouvais empêcher mon cœur de se contracter douloureusement en y repensant. UN AN ET DEMI. Et j’aurais pu attendre un mois supplémentaire, si je n’avais eu la chance de pouvoir lire cette petite merveille quelques temps avant sa sortie (merci Chachou, si tu passes par là !)… Ce pourquoi j’ai décidé de le faire durer au maximum : ayant dévoré le deuxième en très peu de temps, j’avais envie de savourer celui-ci. De m’y plonger petit à petit, pour bien m’en imprégner… Et ce fut difficile, je ne vous le cache pas : si la fatigue n’avait pas favorisé des soirées relativement courtes, je pense que je l’aurais fini en deux jours, trois maximum. J’ai donc passé cinq jours au côté d’Ophélie, cinq jours intenses à l’issu desquels je me suis retrouvée désemparée : que lire, après ça ? Comment espérer s’investir émotionnellement dans un autre roman, après avoir tout donné avec celui-ci ? Je n’ai donc pas forcé, et suis en pause livresque depuis vendredi soir. Mais il est tout de même temps de s’atteler à la rédaction d’une chronique qui, je gage, sera délicate à écrire…
Souvenez-vous : dans le deuxième tome, notre chère Ophélie entrait dans les petits papiers de Farouk, l’esprit de famille du Pôle : nommée vice-conteuse, elle se retrouvait sous les feux d’une société oh combien hypocrite et dangereuse… Au sein de laquelle d’inexplicables disparitions ne tardèrent pas à se produire. Bien décidé à faire la lumière sur ce drame que nul ne semblait prendre au sérieux, Ophélie se plongeait, à nouveau, dans les ennuis jusqu’au cou…
Jusqu’à cette fin. Cette fin où tout s’accélère, où nos sentiments sont à la fois exaltés et piétinés. Cette fin où, {SPOILER ALERT} enfin, Thorn et Ophélie se trouvent véritablement… Avant d’être brutalement séparés. C’est donc sur Anima que nous retrouvons Ophélie, deux ans et sept mois après cette fin dramatique. Retournée sur son arche natale avec sa famille, elle s’y morfond depuis lors, surveillée de près par les suppôts de Dieu et sans aucune marche de manœuvre. Mais c’était sans compter les manigances d’Archibald, qui débarque en plein évènement familial sur Anima : il a trouvé le moyen de la faire sortir d’ici, et vite. Confrontée à l’urgence de la situation, Ophélie ne perd pas un instant… Et ne tarde pas à décider de la suite des évènements : hors de question de retourner au Pôle sans Thorn. Elle se lancera donc à sa recherche… Seule, sur une Arche inconnue : Babel, sur laquelle règnent les jumeaux Hélène et Pollux… {FIN DU SPOILER}
J’ai A-D-O-R-É. Aussi simplement que cela. Pour la troisième fois, Christelle Dabos m’a tout bonnement envoûtée : retrouver Ophélie fut une véritable libération, tant elle m’avait manquée. Malgré le délai séparant mes différentes lectures, l’émotion était palpable : la détresse de notre héroïne est toujours aussi touchante, et nous replonge instantanément dans l’univers que nous n’avions quitté qu’à grand regret. En quelques phrases, nous voilà partis à ses côtés : difficile, dès lors, de se détacher du texte pour retourner à la vie réelle. Et c’est d’autant plus dur que l’auteure nous offre une intrigue fourmillante, explorant plus avant un background toujours plus détaillé : je n’ai clairement pas boudé mon plaisir à découvrir la société Babelienne (??), ses codes et ses traditions, me retrouvant projetée en son sein avec une facilité déconcertante grâce à la plume extrêmement visuelle de Christelle. Le cadre est splendide, donc, et plein de promesses : après la fausse familiarité d’Anima et l’hypocrisie crasse du Pôle, nous nous frottons à l’exubérance stricte de cette nouvelle Arche, entre jungle luxuriante et désert aride, abritant une Famille pour le moins… intrigante. Le paraitre y est extrêmement important, mais tout y est codé, rigidifié. Le rang social y est capital, et chacun se doit de l’afficher avec ostentation… Entre autres détails que nous découvrons avec passion.
Ophélie arrive donc sur cette Arche, avec en tête une vague piste pour retrouver Thorn… Et c’est tout. Des us et coutumes de Babel, elle n’y connait rien, et ne tarde pas à s’en rendre compte : nous découvrons ce monde à travers ses yeux éberlués, et nombre de scènes m’ont serré le cœur. Car dès qu’elle pose le pied sur cette Arche, Ophélie est seule… Contre tous. Je ne veux pas vous dire un mot de l’intrigue pour ne pas vous gâcher quoi que ce soit, mais, très clairement, notre héroïne n’est épargnée ni sur le fond, ni sur la forme : le ton du récit se durcit encore davantage, et nous ne pouvons manquer de souffrir avec notre chère Animiste. L’intrigue est, certes, menée tambour battant : il n’y a aucun temps mort, et nous lisons en reprenant difficilement notre souffle. Mais… Elle est surtout riche en révélations fracassantes, en rebondissements tonitruants. Mon cœur a manqué de se déchirer à de multiples reprises, s’appropriant totalement les émotions d’Ophélie : incompréhension, frustration, horreur, tristesse, impuissance, espoir… Espoir, oui, mais espoir cruel, de ces espoirs qui nous gonflent la poitrine à en exploser, pour finalement nous laisser vidés, éreintés, souffrants. J’ai lu les yeux grand ouverts et les sentiments à la dérive, à la fois avide d’en savoir davantage, de trouver enfin les réponses à mes questions… Et terriblement craintive de devoir refermer définitivement mon roman.
Finalement, j’ai bien dû le fermer, ce troisième tome… J’ai bien dû le finir. En lisant les deux cents dernières pages d’une traite, les yeux rougis. Et cette fin… CETTE FIN. Cette fin m’a mise au supplice autant qu’elle m’a réjouie. Cette fin qui est une véritable épreuve quand l’on sait que la suite n’est pas pour demain, une torture pour qui s’est attaché à nos héros. Une nouvelle fois, mon cœur de lectrice est orphelin et peine à s’en remettre. Une nouvelle fois, c’est un grand, un magnifique, un merveilleux coup de cœur. Le talent de Christelle Dabos ne se dément pas, tout au contraire : plus l’on avance, et plus sa série s’épanouit. Malgré (ou grâce ?) les épreuves auxquelles elle est confrontée, Ophélie ne cesse de gagner en maturité et en courage, et notre affection pour elle s’affirme page après page. C’est une grande série que nous offre l’auteure, une grande série qui mérite d’être lue par tous les rêveurs… Pour moi, c’est désormais sûr et certain : La Passe-Miroir fait partie des mes incontournables, de mes plus beaux moments livresques. Et pour cela… Merci Christelle, merci ❤️

En bref, ce troisième tome m’a comblée : la plume de l’auteure est toujours aussi superbe, son imaginaire débordant m’a laissé béate d’admiration et… Que dire de nos personnages principaux ? J’en ai encore le cœur serré, et n’attends désormais plus qu’une chose : pouvoir, enfin, découvrir la fin de leurs aventures. Avec le déchirement que cela implique…

 
COUP DE CŒUR !

L’homme qui mit fin à l’Histoire, Ken Liu

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Traduit par Pierre-Paul Durastanti

Couverture d’Aurélien Police

L’histoire : Imaginez un procédé scientifique révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée. Par une seule et unique personne. Sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation. Un procédé qui ouvre les portes de la connaissance, de la vérité, sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’Etat.
Avez-vous déjà entendu parler de l’Unité 731 ? Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le lieutenant-général Shirö Shii, cette unité militaire de recherche bactériologique se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi million de personnes… Cette invention révolutionnaire va enfin permettre de savoir la vérité sur ces terribles événements, à peine reconnus en 2002 par le gouvernement japonais, et couverts pendant des années par le gouvernement américain.
Quitte à mettre fin à l’Histoire…

Mon avis : Je… Quelle. Claque. Et je l’aurais volontiers hurlée, cette claque, si Ken Liu ne m’avait pas coupé la parole. J’ai terminé son livre voilà un sacré bout de temps, et j’en tremble encore : impossible, d’ailleurs, de passer à autre chose pendant un long moment. J’ai eu beau essayer de me plonger dans n’importe quel roman, j’en revenais toujours à cette nouvelle qui m’a profondément heurtée. Le texte est court, très court, mais il est… D’une puissance folle. C’est un coup de cœur, oui, mais un coup de cœur âpre, qui me laisse un arrière-goût extrêmement tenace sur la langue. Ken Liu m’a simplement bouleversée. Et encore, le mot est faible : ils le seront tous, dans cette chronique. Tous impropres à rendre le tourbillon d’émotions qu’a suscité l’auteur en moi.
Quand j’ai commencé ma lecture, je ne… Franchement, je n’avais qu’une idée extrêmement vague de ce que j’allais y trouver. Oh, j’avais lu quelques chroniques, bien sûr ! Mais je m’étais essentiellement contentée de les survoler, bien décidée à n’entacher ma lecture d’aucun apriori. J’avais donc bien compris que l’auteur mettait en scène deux savants un peu fou, ayant mis au point une machine capable de renvoyer une personne dans le passé, à un instant précis. Et, globalement, avec beaucoup de guillemets… C’est ça. C’est ça, mais de manière très très édulcorée, et très très simplifiée. Sous forme de récit journalistique, nous découvrons donc cette invention révolutionnaire, et son impact sur le quotidien de tous. Car notre héros, Evan Wei, est bien décidé à faire lumière sur l’un des évènements les plus noirs de l’Histoire du conflit Sino-Japonais : son invention sera pour lui le moyen de révéler au grand jour les exactions de la terrible Unité 731, un groupe de travail japonais s’étant livré à l’expérimentation humaine dans le but d’élaborer des armes bactériologiques…
J’ai donc lu. J’ai donc lu, la main devant la bouche et le cœur glacé, retournée par les mots extrêmement durs qu’emploie l’auteur. Son texte est brut, et je ne saurais que trop vous prévenir : les plus sensibles devraient peut-être s’abstenir, et je pèse mes mots. En si peu de temps, Ken Liu nous immerge totalement dans un récit qui ne connait aucun répit, aucune pause. On lit, hypnotisé, incapable de dresser quelque barrière que ce soit devant l’horreur qui s’impose à nous. On lit, on lit, et ses mots nous poignardent telles des lames chauffées à blanc.
Mais ça… Ça, c’était avant que je relève la tête, en plein milieu de ma lecture, et demande à mon père qui, lui, est féru d’Histoire (et plus particulièrement de la période WWII) : « Mais attends… Ce qu’il raconte, là… C’EST VRAI ?! ».
C’est vrai. C’est vrai, et peut-être bien en dessous de la vérité, pour ce que l’on en sait. Cette unité 731, les horreurs qu’elle a perpétré, le silence obstiné du Japon… Tout ça, c’est bel et bien vrai. Alors oui, le petit côté futuriste, tout ça… C’est ce qui fera que cette nouvelle sera classée en SF. Mais, très clairement, Ken Liu opère ici un véritable travail d’historien. Il met, enfin, à la portée du plus grand nombre la connaissance de l’un des évènements les plus tragiques de cette seconde guerre mondiale. L’une des plus grandes hontes de la race humaine.
Autant vous dire que ma lecture, déjà difficile, est devenue carrément éprouvante. Je n’ai plus cherché à retenir mes larmes, qui ont coulé sans discontinuer durant la seconde moitié du récit. Un récit en tout point remarquable, que l’on se le dise : Ken Liu pose les bonnes questions, amorce de multiples pistes de réflexions. Plus j’y songe, et plus j’en suis convaincue : j’ai très, TRÈS rarement lu un roman (ou une novella, dans ce cas-ci) aussi percutant. L’auteur a su trouvé le ton juste, exercice pourtant fort délicat avec un sujet comme celui-ci. Plus qu’un récit de SF, il nous offre une véritable réflexion sur des questions éthiques et morales, faisant de notre lecture une expérience tout à fait particulière, qui dure bien plus que le temps du roman. Je ne m’étais pas aussi concernée par une lecture depuis un moment, comme cela avait pu être le cas, par exemple, avec l’Infernale Comédie de Mike Resnick… à la différence près que L’homme qui mit fin à l’Histoire ne fait pas 800 pages, et que j’en suis ressortie encore davantage bouleversée.
Je ne pourrais donc que vous inviter à découvrir ce texte, qui fait désormais partie des pépites les plus précieuses de ma bibliothèque. L’horreur du sujet n’enlève rien au talent de l’auteur, qui n’a guère plus besoin de faire ses preuves avec moi : je sauterai sur la moindre ses prochaines parutions.

En bref, c’est un coup de cœur. Un coup de cœur qui m’a salement amochée, dont je ne suis qu’à moitié remise malgré le temps qui a passé depuis ma lecture : le sujet est affreux, les mots de l’auteur puissants. A lire, pour savoir, pour se souvenir. Et pour découvrir le génie d’un homme dont on entendra, je gage, bien plus parler à l’avenir.


Coup de cœur… Ou de massue, à voir !

Transférés, Kate Blair

Traduit par Alexandra Maillard

L’histoire : Dans un futur proche, l’humanité a trouvé le moyen de soigner facilement les malades : transférer les maladies aux criminels, qui sont parqués dans des ghettos à l’écart de la société.
C’est dans ce monde qu’est née Talia Hale. À seize ans, elle est la fille du peut-être futur Premier ministre d’Angleterre. Alors qu’elle est atteinte d’un rhume pour le plus grand dégoût de son entourage, elle va subir son premier Transfert. Mais rien ne va se passer comme prévu et Talia va sauver une petite fille d’une agression. Une petite fille qui vient des ghettos et qui va pousser Talia à découvrir l’envers du décor et l’horreur d’un système déshumanisé.
Talia va désormais tout faire pour empêcher son père d’aggraver la situation des bidonvilles, pour sauver ses nouveaux amis qui y habitent et rectifier une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais. Elle devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et être prête à combattre tout ce en quoi elle a cru.

Mon avis : Une fois n’est pas coutume, la couverture de ce roman n’a absolument pas joué un rôle dans mon choix : je la trouve pour le moins… BOF. Mais le résumé, lui m’attirait : et comme l’habit ne fait pas le moine… Je me suis laissée tenter ! Un choix qui a ravi ma maman : le bouquin étant arrivé à mon ancienne adresse, elle a pu le dévorer avant que je m’y plonge moi-même… Et l’a lu en une petite journée. Un fait de bon augure !
Angleterre, époque non déterminée : l’humanité a fait des progrès incroyables en médecine, allant jusqu’à trouver le moyen de transférer les maladies d’un humain à un autre… Un moyen ayant permis d’éradiquer toute autre forme de sanction judiciaire : vous avez un rhume ? Allez dans un centre de Transfert, celui-ci sera injecté à une personne ayant commis un petit délit. Pratique, non ? D’une simple gastro à une maladie bien plus grave, chaque crime trouve sa réponse judiciaire, condamnant toute personne ayant enfreint la loi à rejoindre l’un des ghettos où se côtoient malades, anciens condamnés, et citoyens trop pauvres pour espérer une vie meilleure. Talia, elle, fait partie de la jeunesse dorée du pays : son père n’est autre que le sénateur Hale, l’homme que beaucoup pressentent pour reprendre la tête du pays lors des prochaines élections. Bien que ce dernier prône des sanctions bien plus radicales que celles en place, Talia n’y trouve rien à redire : après tout, les criminels ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Mais quand elle sauve une petite fille par le plus grand des hasards, c’est sa vie entière qui s’en trouve bouleversée : et si ce qu’elle prenait depuis toujours pour acquis se révélait totalement faux ?
Transférés est un roman qui se lit vite et bien : l’action est efficace et prenante, et l’on ne s’étonnera pas de le finir en quelques heures à peine. L’idée de départ est originale, et l’on entre rapidement dans le récit, se laissant porter au gré des chapitres… Mais c’est tout, ou presque : oui, l’idée de départ était intéressante. Oui, l’action est prenante. Mais… Mais Transférés sonne creux, malheureusement pour nous : si l’univers mis en place par l’auteur est original et possède un beau potentiel, il aurait mérité d’être bien plus approfondi, et à tout point de vue : le Transfert, d’abord, et toutes les interrogations qu’il suscite. Les inégalités sociales ensuite, qui sont certes abordées mais… Survolées, comme tout le reste. L’auteure souhaite nous offrir du Young adult à la sauce SF en éclairant le genre sous un œil nouveau mais, malheureusement, elle tombe dans les travers propres à ce type de publication : plutôt que de se concentrer sur le contexte pour nous offrir quelque chose de cohérent, amenant à une véritable réflexion (et il y avait matière !), elle finit peu à peu par laisser une (trop) grande place à une romance qui n’a que peu d’intérêt. Vous allez me dire que je suis dure : je ne suis jamais aussi tranchée en matière de romance. Oui, mais… Là encore, problème : les personnages n’ont aucune substance et ne m’ont, de fait, absolument pas touchée. C’est bien simple : cela fait une petite semaine que je l’ai terminé, et je ne me souviens plus que du nom de l’héroïne. Et ça, avec moi, cela ne passe pas : je peux fermer plus ou moins les yeux sur une intrigue molette et un background peu travaillé. Mais des personnages qui ne sont en réalité que des clichés de ce que l’on retrouve dans la littérature ado, non merci.
La plume, quant à elle, est quelconque : quelques maladresses sont à noter, et ne font que renforcer mon impression d’à-peu-près.
Alors non, Transférés n’est pas mauvais : comme je vous l’ai dit, il se lit vite et bien, et nous passons au final un agréable moment. Mais ce ne sera pour ma part clairement pas la lecture de l’année, et je doute malheureusement de m’en souvenir bien longtemps. Dommage !

En bref, un livre qui se lit vite, mais qui ne nous laissera pas d’impression impérissable en raison de son trop grand nombre de défauts… On passe !

Laborieux !

Membrane, Chi Ta-Wei

Traduit par Gwennaël Gaffric

L’histoire : Momo, une jeune esthéticienne réputée mais solitaire et marginale, vit dans une ville sous-marine d’un monde futur à l’écologie bouleversée. Ayant contracté enfant un virus d’un genre nouveau, il semble qu’elle ait subi de multiples transplantations d’organes artificiels.
Dans ce monde où les corps, les identités et les sexes se métamorphosent et se réinventent, les humains sont-ils encore maîtres de leur mémoire et de leur avenir ? Quel est le véritable passé de Momo ? Les prodigieuses membranes dont elle fait usage dans sa clinique auraient-elles une fonction insoupçonnée ?

Mon avis : Membrane est entré dans ma PAL un peu par hasard, alors que je n’en avais jamais entendu parler, ni de lui, ni de son auteur (bouuuh !). En me fiant uniquement à son résumé, donc, je me suis lancée à l’assaut de ce petit roman ma foi fort court… Mais non moins intense.
À l’aube du XXIIe siècle, nous découvrons une Terre dévastée par un réchauffement climatique que nul n’a su endiguer, contraignant la race humaine à se réfugier… Dans d’immenses cités sous-marines. C’est dans ce cadre que nous rencontrons Momo, jeune femme de 30 ans et esthéticienne de renom : dans une société où le paraitre et les soins de la peau sont primordiaux, l’artiste a pourtant décidé de vivre retirée loin du monde, n’entretenant de contact physique qu’avec ses clients, qu’elle choisi avec soin. Atteinte d’une grave maladie ayant nécessité une lourde opération quand elle avait dix ans, elle a également rompu tout lien avec sa mère peu après sa sortie d’hôpital… et l’on comprend, rapidement, que ce mal la ronge énormément. Mais, peu de jours avant son trentième anniversaire, « Maman » reprend contact avec elle : elle souhaite la voir. Mais, pourquoi cette envie soudaine ? Que cherche-t-elle, en voulant renouer avec sa fille unique ?
Membrane fait partie de ces OLNI que je serais bien en peine de classifier (si tant est que cela s’impose). Nous sommes de toute évidence dans un contexte post-apocalyptique, mais celui-ci reste relativement survolé : de par le format réduit du roman, l’auteur esquisse brièvement le cadre avant de s’attaquer à son intrigue en elle-même… Une intrigue qui n’en finit pas de nous surprendre. Si le début m’a paru un peu longuet, j’ai dévoré la seconde moitié du récit sans voir les pages défiler : j’avoue ne pas avoir une seconde anticipé la chute du roman. D’autant que l’auteur nous propose des thèmes pour le moins accaparants : la relation mère-fille tout d’abord, qui prend une place primordiale au sein du roman : qu’est-ce qui a bien pu pousser cette femme à abandonner son enfant, et pourquoi vouloir la revoir après tant d’années ? Deuxièmement, l’aspect particulièrement décomplexé de la sexualité : l’homosexualité est monnaie courante dans cette société futuriste, tout comme la transsexualité : c’est l’humain en tant que tel qui est mis au premier plan, et non son genre particulier, l’identité n’étant pas liée au sexe. Si la sexualité des personnages (et je ne parle qu’en matière de littératures de l’imaginaire, étant quelque peu larguée pour les autres genres) tend à s’assouplir de plus en plus, rares sont les auteurs à traiter l’homosexualité (et, de fait, le reste) comme quelque chose allant de soi : Chi Ta-Wei n’y prête ici pas grande attention (c’est du moins comme cela que je l’ai ressenti), se contentant d’énoncer un fait : telle est la société dans laquelle son héroïne évolue, point.
Le côté SF, lui… reste relativement secondaire : il ne s’agit pas d’un thème central, mais plutôt d’un relais servant une intrigue centrée sur le personnage de Momo. Je ne peux malheureusement pas vous en dire davantage, pour ne pas risquer de vous dévoiler une information cruciale… Mais je dois bien avouer avoir été un petit peu (tout petit peu, seulement) frustrée de ne pas avoir un background plus détaillé que ça : il y a tellement de potentiel dans le cadre imaginé par l’auteur que je me suis un peu emballée, des questions fusant à tout va dans ma tête. Pour autant, l’on se fait rapidement que ce n’est pas ce genre de livre que nous avons entre les mains : Membrane se situe davantage sur le plan psychologique qu’autre chose.
Finalement… Membrane aura su me toucher par sa singularité et sa profondeur. Même si Momo apparait très nettement comme un personnage excessivement peu sociable, je me suis sentie proche de cette jeune femme percluse de doutes et de traumatismes enfouis. L’intrigue développée par Chi Ta-Wei m’aura passionnée, et je ne peux désormais qu’espérer que ses autres romans seront traduits sous peu !

En bref, un roman à la croisée des genres qui aura su me séduire malgré un début un peu poussif : à découvrir !


On en redemande !

Bois d’Ombre, Nathalie Dau (Le livre de l’Enigme #2)

Couverture réalisée par Melchior Ascaride (N’est-elle pas splendide ?!)

Premier tome : Source des tempêtes

L’histoire : Les ténèbres ont un cœur de lumière.
Une abomination. C’est ainsi que me voient les hommes. Nombreux voudraient que je n’existe pas. D’autres rêvent de m’asservir, corps et âme. Même Cerdric attend de moi que je renonce aux robes bleues de l’Équilibre, car elles augurent d’un avenir trop dangereux. Mon frère ignore ce que j’endure au Séminaire. Mais, pour respecter l’Énigme et entrer dans Bois d’Ombre, il me faut en passer par là, et trouver de quoi conserver ma lumière.

Mon avis : … Je suis littéralement au bout de ma vie. AU BOUT. Au bout, parce que Nathalie Dau m’a mise à genoux. Oh, elle m’avait prévenue, que ce deuxième tome serait pire que le premier, niveau souffrance. Et pourtant, je m’y suis lancée le cœur léger, ravie de retrouver Cerdric et Ceredawn, convaincue que je saurais faire face. J’y suis allée la fleur au fusil, et bien mal m’en a pris : me voilà prostrée sur mon canapé, le cœur en miette, incapable de me plonger dans un autre bouquin.
Non pas que la fin soit SI terrible. Elle l’est, évidemment, parce qu’elle laisse présager de sombres évènements. Mais… C’est l’ensemble du récit qui m’a brisée. L’ensemble, parce que l’auteure poursuit sans sourciller le but qu’elle s’était fixé : nous offrir un roman sans concession ni faux-semblant, sans tour de passe-passe ni facilités. Le premier tome m’avait bouleversée : j‘y avais trouvé un récit extrêmement riche, une intrigue superbement menée et des personnages aussi vivants qu’il est possible de faire. Je m’étais énormément attachée à nos deux principaux héros, et les quitter avait été particulièrement difficile. Le coup de cœur avait été bel et bien là, niché au creux de mon ventre et explosant tel un feu d’artifice une fois la dernière page tournée. Et malgré l’année séparant ces deux lectures, je me souvenais encore avec justesse et précision des émotions que m’avait procuré le premier tome : c’est pourquoi j’étais particulièrement sereine en attaquant cette suite, ayant pleine confiance en Nathalie Dau pour m’offrir un moment inoubliable. Sereine, donc, et curieuse : car le temps des voyages était bel et bien terminé, Ceredawn entrant pour six ans au Séminaire, Cerdric choisissant de l’attendre dans la ville voisine. Qu’allait-il donc bien pouvoir ressortir de tout cela ? Évidemment, je n’en dirai pas plus : ni pour vous, qui n’avez pas encore eu la chance de découvrir la série, ni pour vous, qui avez su patienter et n’avez pas encore ouvert ce deuxième opus. Bien vous en a pris, d’ailleurs : je me mords désormais les doigts de n’avoir su patienter, tant je pressens que l’attente sera cruelle. Il faut dire que… Je n’ai pas su le faire durer : contrairement au premier, dont j’avais étalé la lecture sur plusieurs jours, voire une bonne semaine, j’ai lu celui-ci en deux tout petits jours. La faute, me direz-vous, à un voyage en train particulièrement long, et une journée de repos improvisée. Oui, mais… Même : même si je n’avais pas eu ce temps libre tombant à pic, je crois que j’aurais tout fait pour pouvoir rester plongée dedans. Parce que Nathalie Dau nous met sur les charbons ardents, ne termine pas un seul chapitre sans faire naitre en nous le sournois « Et après ?! » qui nous pousse à lutter contre le sommeil pour tourner encore une, deux, dix pages. Je l’ai donc lu, rapidement. Dévoré, même. Non pas qu’il soit moins exigeant que Source des tempêtes, notez-le bien : il est simplement plus… Stressant, angoissant. Le texte est aussi dense, la plume aussi merveilleusement poétique, l’intrigue aussi riche, voire davantage. Les émotions des personnages s’exacerbent, et eux-mêmes ne cessent de gagner en nuances, en profondeur. Si j’avais cru cela possible ! Il n’y avait déjà pas de manichéisme dans le précédent tome, et cela s’affirme avec celui-ci : les mauvais n’ont jamais aussi bien porté leur part de lumière, et les bons… Les bons s’assombrissent, bien malgré nous. Que j’ai pleuré, mais que j’ai pleuré ! Qu’elle ne nous épargne rien, ni en faits, ni en mots ! Le poing serré contre mes lèvres, je ne pouvais détacher mes yeux du texte : les passages les plus terribles m’ont fait l’effet d’un véritable cyclone, ravageant mon cœur de lectrice si peu accroché. J’ai lu avec fébrilité, oui, mais aussi avec horreur, stupéfaction, épouvante.
Et admiration, toujours : c’est une partition bien cruelle que se décide à jouer l’auteure, une partition à la beauté enivrante et blessante. Chaque note sonne juste, et l’harmonie de sa toile ne se dément absolument pas avec ce deuxième opus : elle gagne au contraire en profondeur, en richesse. J’ai été émerveillée, oui, à travers mes larmes. Parce que Bois d’Ombre ne fait que renforcer ma conviction d’avoir en face de moi une auteure d’exception, à la voix envoutante, mais aussi une femme d’une terrible empathie : car, comment parler aussi merveilleusement des émotions de ses personnages, comment créant d’aussi vibrants portraits si l’on ne porte pas en soi une grande sensibilité ? L’amour, l’horreur, l’amitié, la honte, l’échec, l’espoir, la vie… C’est une ode que nous écoutons-là, une ode splendide qui ne pourra que vous toucher.


COUP DE CŒUR !

Lu dans le cadre du Mois de Nathalie Dau, un grand merci à Dup et Phooka ❤️

1er ITV
2e ITV
3e ITV
4e ITV
5e ITV

Le sixième sommeil, Bernard Werber

Couverture réalisée par Valentino Sani

L’histoire :

PHASE 1
Assoupissement
PHASE 2
Sommeil léger
PHASE 3
Sommeil lent
PHASE 4
Sommeil très profond
PHASE 5
Sommeil paradoxal
PHASE 6
Le sixième sommeil.
Celui de tous les possibles.

Mon avis : En cinq ans, aucun roman de Bernard Werber n’a été chroniqué ici. Pas un. Oh, je vous en ai bien parlé, à de multiples reprises : des Fourmis aux Thanatonautes, je n’ai pas manqué de vous dire que je lui devais mon goût démesuré pour la lecture. Mais je n’ai pas non plus oublié de vous dire… Que j’avais été cruellement déçue, avec ses dernières parutions. Qu’elles étaient loin d’avoir la fougue et la justesse de ses premiers romans, que j’avais parfois l’impression que son rythme d’écriture effréné mettait en péril la qualité de ses écrits. Bref, après Troisième Humanité, j’ai abandonné. Je me suis dit que je préférais garder intacts mes bons souvenirs avec lui, sans les entacher avec une déception de plus.
Et puis… Et puis, j’ai craqué. VOILÀ. Parce que je n’ai aucune volonté, et que j’avais quand même peur de passer outre une potentielle bonne lecture. J’ai donc profité de sa dernière sortie en poche pour refaire une petite plongée dans l’imaginaire teinté de sciences de cet auteur que j’affectionnais tant…
Et, finalement, force est de dire que ça a plutôt pas mal marché. Bon, disons-le : ce n’est pas un coup de cœur… Mais… J’ai passé un bon moment, oui. Cette fois-ci, et comme le titre l’indique, c’est au sommeil que s’intéresse l’auteur. Les cinq stades que nous connaissons plus ou moins tous ( Assoupissement – Sommeil léger – Sommeil lent – Sommeil très profond – Sommeil paradoxal)… Mais aussi ce mystérieux sixième stade, faisant du monde des rêves une nouvelle Terra Incognita que ses héros se mettront en devoir d’explorer.
Une nouvelle fois, Bernard Werber nous montre qu’il peut recycler son ancienne casquette de journaliste scientifique sans trop de difficulté : son roman fourmille de petits détails passionnants rendant la lecture particulièrement attractive, d’autant que le sujet ne m’est clairement pas familier. On ressort du roman avec de nouvelles connaissances en main, fait non négligeable et tout à fait appréciable. Cela compense d’ailleurs deux choses : les personnages centraux assez peu charismatiques, sans trop de substance et relativement anecdotiques (on est loin de 103e et de Michael !), et l’action parfois un peu mollette qui m’a fait, je l’avoue, sauter quelques paragraphes. Ce qui explique pourquoi cette lecture, bien que m’ayant fait passé un moment somme toute agréable, ne me restera pas en mémoire ad vitam eternam : le sujet est passionnant, mais la façon dont il est enrobé l’est moins. Je n’ai pas retrouvé ici cette urgence de lecture que j’ai pu vivre avec ses premiers romans, et j’avoue avoir été nostalgique du temps où il nous présentait des personnages emblématiques, capables de rayonner des années après notre rencontre dans notre cœur de lecteur.
Une chronique rapide pour une lecture sans plus, mais mon avis est fait : je patienterai le temps qu’il faudra, mais ne lirai pas l’un de ses prochains romans tant qu’il ne sera pas annoncé comme un digne successeur des Fourmis ou des Thanatonautes :/

En bref, un roman qui m’aura fait passé un moment agréable mais non pas incroyable… Venant de B. Werber, j’avoue que j’en attendais bien plus : dommage !


Un bon moment, mais…