The Curse #1, Marie Rutkoski

Traduit par Mathilde Montier

L’histoire : Fille du plus célèbre général d’un empire conquérant, Kestrel n’a que deux choix devant elle : s’enrôler dans l’armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n’est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la  » malédiction du vainqueur  » : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l’objet de sa convoitise. Elle ignore encore qu’elle est loin, bien loin, d’avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l’esclave, Arin, et comprend qu’il n’est pas qui il paraît… Mais ce qu’elle soupçonne n’est qu’une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.

Mon avis : Me ferais-je un petit marathon Lumen, en ce moment ? Il faut croire que oui ! Il faut dire que cette nouvelle série me rendait particulièrement curieuse : il y avait un petit je ne sais quoi qui me gênait dans le résumé, sans que je parvienne à déterminer si ce premier tome serait un coup de foudre ou un petit flop. Je m’y suis donc lancée avec un intérêt certain, pas sûre de ce que j’allais y trouver mais globalement plutôt confiante… Et j’ai bien fait : si mon rythme de lecture équivaut, en ce moment, à celui d’un escargot faisant un sprint, j’ai beaucoup, BEAUCOUP aimé ma lecture. Et je vous dis pourquoi !
Kestrel a dix-sept ans. Dans trois ans, elle devra faire un choix crucial : se marier, ou accepter de s’enrôler dans l’armée. Pour tous, il ne fait aucun doute que la fille du plus célèbre général du pays choisira la seconde option… Pour la jeune fille, pourtant, rien n’est joué : décider revient à choisir entre Charybde et Scylla, et elle n’y est pas prête. En attendant, elle flâne donc de réceptions en réceptions, profitant de l’aura de puissance qui l’entoure depuis sa naissance. Réputée comme étant une joueuse hors pair, elle laisse rarement filtrer ses émotions et se plait à maitriser les cartes comme les hommes… Ce pourquoi tout le monde parait si surpris, elle en tête, lorsqu’elle cède à une étrange impulsion et acquiert un jeune homme à prix d’or lors d’un marché au esclaves. Mais une question l’obsède plus que tout : qui est ce Forgeron au regard étrangement magnétique ? Qu’il fasse partie des Herannis, l’ancien peuple souverain du territoire conquis par le père de Kestrel, ne fait pas tout : la jeune fille en est convaincue, il cache quelque chose… Et elle sera celle qui découvrira quoi.
Et bien… BIEN ! Je vous le disais, j’ai beaucoup aimé. Si je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce résumé… Déroutant, j’ai rapidement mis mes questions et doutes de côté pour profiter pleinement de ma lecture : là où les cent premières pages se contentent essentiellement de mettre en place l’intrigue en réunissant les deux personnages principaux, la suite n’est que rebondissements et retournements de situation . Autant vous dire que je me suis retrouvée bon nombre de fois bien embêtée de ne pouvoir continuer ma lecture ! J’en ai d’ailleurs lu le dernier quart d’une traite, les événements se précipitant inéluctablement. La fin, quant à elle… Brrr ! Espérons que l’éditeur ne nous fera pas trop languir, les deux tomes suivants étant déjà parus dans leur langue d’origine ‘_’
Côté personnages, j’ai beaucoup aimé Forgeron . Évidemment, ai-je envie de dire, et pourtant… Ce n’était pas forcément gagné : il y a pas mal de concurrence dans le rang des book boyfriend potentiels 🙂 Mais force est de dire que ce garçon est sacrément touchant : on en apprend finalement assez peu sur lui (durant la majeur partie du roman, du moins… Même s’il lui reste un sacré paquet de parts d’ombres), mais le peu que l’on entrevoit suffit à nous émouvoir : sans tomber dans le pathos, Marie Rutkoski crée au contraire un personnage tout à fait crédible, avec ses forces et ses faiblesses. Kestrel, quant à elle, m’a quelque peu énervée au début, son comportement n’étant pas sans rappeler celui des jeunes aristocrates par trop convaincues de l’immuabilité de leur confort. Pourtant… Je sentais bien que je ne tenais pas là la véritable Kestrel. Et… Bingo : plus l’intrigue avance, plus l’on découvre une jeune femme sensible, piégée dans un monde dont elle n’accepte ni les règles, ni les codes. Son franc-parler m’a plu, et tout dans ce premier tome laisse présager une héroïne encore plus forte dans le suivant. Autant vous dire… Qu’il me tarde !
Côté univers, l’auteure reste relativement sobre : peu de descriptions, peu d’enjolivements. L’atmosphère n’est pas sans rappeler la Rome Antique, voire les contes orientaux, mais les détails ne nous permettent pas de nous faire une idée beaucoup plus précise… Et j’ai trouvé cela un peu dommage : clairement, Marie Rutkoski a voulu ici écrire une romance, et prend seulement pour cadre une fantasy peu étoffée. Si le point principal de son roman est très bien rendu (ouiiii, j’ai soupiré après nos deux héros, ÉVIDEMMENT), j’avoue que cela m’a parfois manqué de ne pas en savoir plus sur le passé des Herranis/Valoriens, sur les us et coutumes des uns et des autres, sur la topographie des lieux, même. Je ne perds toutefois pas espoir : qui sait ce que l’auteure nous réserve par la suite ?
L’intrigue, enfin, m’a rapidement emportée : la question de l’identité de Forgeron prévaut sur une bonne partie du récit, et même si l’on devine rapidement qu’il est bien davantage que ce qu’il parait… On ne s’ennuie pas un instant. D’une, parce que l’auteure oublie toute mièvrerie pour travailler son début de romance, et qu’il n’en est que plus crédible. De deux, parce qu’elle mêle politique et jeux de dupes à tout cela, et que l’on ne peut résister à ce tourbillon effréné. Jusqu’où va-t-elle les mener ? On trépigne d’impatience de le savoir…
Vous l’aurez compris, j’ai passé un sacré bon moment avec ce premier tome, qui s’est révélé être prenant à souhait et tout bonnement drôlement bien fichu : il a d’ailleurs réussi le pari compliqué de me faire oublier (ou presque) le cinquième tome de Gardiens des Cités perdues ! Si vous cherchez une romance avec un brin d’exotisme, mêlée d’intrigues politiques et de jeux de pouvoir, n’allez pas donc plus loin : vous avez trouvé le livre qu’il vous faut !

En bref, ce premier tome m’a totalement convaincue, ou presque : mis à part un background assez peu creusé à mon goût, l’intrigue m’a passionnée, les personnages principaux m’ont touchée… Bref, j’ai passé un excellent moment avec cette romance mâtinée de fantasy, et je ne demande qu’une chose… La suite, évidemment !


On en redemande !!

Phobos, Victor Dixen

Phobos

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L’histoire : Six prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer.   Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments  séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.   Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.

Mon avis : Alors là… Clairement, Victor Dixen m’épate ! Pour une fois, je n’ai pas vraiment prêté attention aux sirènes me vantant avec force cris la valeur de ce roman. Pour la simple et bonne raison que, si j’avais particulièrement aimé Animale, je n’en avais pour autant pas moins laissé filer le coup de coeur que l’on m’avait moult fois promis. Trop d’attentes ? Sans doute. Une erreur que je ne voulais pas commettre avec Phobos, et c’est sans aucune idée de ce qui m’attendait que je me suis lancée, à mon tour, à l’assaut de cette aventure pour le moins… Flamboyante.
Confrontés à une crise économique sans précédent, les États-Unis ont mis au point une campagne de redressement financier des plus radicales : les grandes institutions du pays sont désormais en vente. La NASA a ainsi été rachetée par un fond d’investissement privé, Atlas. Et, pour rentabiliser leur investissement, ces derniers ont mis au point un vaste projet de téléréalité : le programme Genesis est sur le point d’envoyer douze jeunes gens dans l’espace pour le speed-dating le plus incroyable de l’Histoire, avec pour objectif final… Rien de moins que l’établissement d’une colonie humaine sur Mars. Des candidats triés sur le volet, sélectionnés à travers le monde entier et entrainés dans le plus grand secret durant une année entière. Léonor, dix-huit ans et orpheline, fait partie des six jeunes fille s’apprêtant à rejoindre le Cupido. Bien décidée à tirer un trait sur son passé, elle ne peut, pourtant, s’empêcher de douter : en embarquant ainsi pour un voyage sans retour, ne commet-elle pas la plus grosse erreur de sa vie ? Mais, déjà, il est trop tard pour faire marche arrière : peu importe les sombres machinations qui se cachent véritablement derrière ce projet interplanétaire, Léonor a signé…
Et bien… Wahou !! Bravo, M’sieur Dixen ! On nous avait promis du lourd, du prenant, de l’intense… Pas d’erreur, Phobos tient CLAIREMENT ses promesses. Entendez par là qu’une fois plongés dedans, je doute que vous réussissiez à le lâcher. Oscillant entre le roman d’anticipation et la science-fiction, mêlant romance et thriller psychologique, il nous offre un semi huis-clos proprement passionnant. On aurait pu craindre qu’à jouer ainsi sur tous les tableaux, l’auteur finisse par s’éparpiller, puis se perdre. Mais non ! Tout est très justement dosé, et l’équilibre est maintenu jusqu’à la toute fin : j’ai été à la fois attendrie par ces jeunes qui se cherchent à travers leur potentielle âme sœur, fascinée par cette mission complètement folle, crispée, effrayée même par les sombres secrets qui semblent (euphémisme ! On comprend très vite que la réalité est très loin du romantisme étalé sur papier glacé pour les téléspectateurs du monde entier) se dessiner en arrière plan. Avec une agilité proprement stupéfiante, l’auteur tisse une toile minutieusement calibrée et parfaitement pensée.
Oui, c’est une Bouchon complètement séduite que vous avez devant vous, mais surtout extrêmement frustrée… De ne pas avoir la suite ! Car si l’on est sur les charbons ardents tout au long du roman, ce n’est rien comparé à ce que la fin nous réserve… Quel sadisme T.T Parce que, mine de rien, on s’y attache à ces douze jeunes gens. Et surtout à notre brûlante Léoparde ! Quel caractère, quel charisme… Et quel passif ! Elle a vraiment touché une corde sensible chez moi, et j’ai souvent eu les larmes aux yeux en la voyant se débattre ainsi contre les démons de son passé. De manière générale, tous les personnages m’ont énormément plu. Ils sont… Comment dire ? Tangibles, voilà. Loin d’être aussi parfaits que ce qu’ils veulent bien nous montrer, et c’est ce qui me les a rendus attachants. Ce premier tome restant particulièrement centré sur Léonor, les petites bribes d’informations que l’on arrive à grappiller de-ci de-là sur chacun d’eux sont assez savoureuse. Notre idée fixe ? Découvrir plus avant chacun d’entre eux, et essayer de comprendre ce qui les a mené jusque dans cette aventure. Et, croyez-moi… Nous ne sommes pas au bout de nos peines.
Je ne vous en dirai pas plus, parce que ce roman est bien trop court pour vous dévoiler quoi que ce soit d’autre. Clairement, Phobos se dévore, et bien trop rapidement ! Si vous êtes en quête d’un roman qui fera battre votre cœur tout en menaçant de l’arrêter, ne cherchez plus : Victor Dixen nous offre là son ultime coup de génie. À vos marques, prêts ? LISEZ !

En bref, un premier tome qui décoiffe : l’auteur nous sort le grand jeu en nous offrant une aventure aussi riche que passionnante, parfaitement maitrisée. Mais qu’attendez-vous pour vous y plonger ?

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Coup de cœur !

L’Héritière, Kiera Cass (La Sélection #4)

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Traduit par Fabienne Vidallet

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L’histoire : A dix-huit ans, la Princesse Eadlyn se sent prête à devenir reine. Elle l’est beaucoup moins à trouver un mari, au point que cette idée ne l’a même jamais effleurée. Quand elle consent finalement à ce que ses parents lui organisent une Sélection, Eadlyn ne s’attend pas à voir son quotidien bouleversé par l’arrivée des 35 prétendants et le cirque médiatique qui l’accompagne. Mais entre les raisons du coeur et la raison d’État, la Princesse va devoir faire des choix, et, au fil des semaines, elle va se prendre à ce jeu dont dépend l’avenir d’Illeá…

Mon avis : Oh, mais… Kiera Cass a donc remis ça ? Et, une fois encore, les graphistes n’ont pas lésiné sur la couverture 😀 Pour tout vous dire, je me suis sincèrement tâtée pour lire ce quatrième opus. La fin de la trilogie initiale m’avait tellement déçue… Mais il fallait absolument que j’en ai le cœur net : L’Héritière était-il dans la même veine que L’élue, ou se rapprochait-il davantage des deux précédents ? Réponse…
Vingt ans après la Sélection ayant permis à Maxon et America de se trouver, c’est au tour de l’ainée des Schreave de paraitre sur le devant de la scène. Et pourtant, Eadlyn n’a guère envie de voir débouler 35 prétendants turbulents et chahuteurs : elle qui pensait échapper à ce qu’elle voit comme un véritable calvaire, va être obligée de s’y soumettre… Pour le bien d’Illeá : malgré les réformes entreprises par ses parents pour améliorer le quotidien des citoyens, la révolte gronde. Et quoi de mieux qu’une belle histoire d’amour pour divertir le peuple ? C’est donc décidé : Eadlyn donnera trois mois de son temps à la Sélection, et pas un jour de plus. Trois mois qu’elles mettra à profit pour faire fuir ces garçons, qui sont décidément bien naïfs d’espérer pouvoir obtenir sa main…
Alooooors… Avant toute chose, sachez que… J’ai lu cet opus d’une traite, en quelques heures à peine, tenant fermement à distance le sommeil qui souhaitait me voir l’abandonner 🙂 C’est qu’il est prenant, le bougre ! Comme ses trois petits copains, en fait : une fois plongés dedans, on a bien du mal à le lâcher tant notre curiosité est attisée : mais que va-t-il donc se passer ?  Comment Kiera Cass va-t-elle réussir à nous surprendre ?
Bon, pour la surprise, on repassera : l’intrigue n’est pas cousue de fil blanc, mais presque. Non, l’intérêt n’est pas là : comme pour les autres tomes de la série, c’est surtout… Particulièrement agréable à lire. L’Héritière est une lecture sans prise de tête, qui fera battre votre petit cœur tout mou un peu plus vite et vous mettra des étoiles dans les yeux.
A moins que ce ne soit des éclairs. Tous, ou presque, entièrement dirigés vers Eadlyn. Si America avait un bon petit caractère bien trempé, Eadlyn, elle… Est une garce. Une vraie de vraie. Égoïste, imbue de sa personne, totalement hermétique au monde extérieur, elle se complait à brandir son statut de femme « la plus puissante du monde » à tout bout de champs. Profondément méprisante, elle ne s’en rend même pas compte. Clairement, elle m’a tapé sur le système durant la première moitié du roman. Puis elle m’a fait rire, et m’a attendrie. Un petit peu. Enfin, disons que ça change, une héroïne comme ça. Et elle offre des perspectives d’évolution assez intéressantes, si l’on est honnêtes 🙂
Les garçons, par contre, sont assez craquants. Mystérieux, pour beaucoup, mais globalement adorables. Et prêts à tout pour faire fondre notre Reine des Glaces ! Et si ce n’est pas gagné, on ne peut qu’apprécier leurs tentatives… Assez choupinoutes. Non, je ne vous dévoilerai pas vers qui va ma préférence ! Pour la simple et bonne raison que… Mon cœur balance ^_^
Finalement, verdict ? J’ai passé un très bon moment avec L’Héritière. Un moment particulièrement détente, que j’aurais vécu à fond. Nul doute que les aficionados des trois premiers tomes trouveront leur compte avec celui-ci ! En le refermant, on ne souhaite qu’une chose… Lire la suite, évidemment.

En bref, un excellent quatrième tome qui redore le blason de la série ! Où est la suite ?

On en redemande
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La Sélection – Histoires secrètes, Kiera Cass

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L’histoire : Un hors-série pour accompagner le dernier volet très attendu, après le succès des tomes 1 et 2. Deux nouvelles qui permettront aux lectrices de se mettre dans la peau de Maxon et d’Aspen et de découvrir des secrets et des relations jusqu’alors inconnues de l’héroïne. Inclus : des bonus exclusifs, des scènes coupées, une interview de l’auteur, la liste complète des candidates, la liste des castes, les arbres généalogiques d’America, Aspen et Maxon, les playlists des tomes 1 et 2.

Mon avis : A tous les amateurs de la trilogie : voici le petit bonus qu’il vous faut ! Si j’avais été un peu déçue par le manque d’approfondissement du dernier opus de la trilogie, cet hors-série m’a comblée : il vient évincer le petit goût de trop peu que l’on peut éventuellement ressentir à la lecture du troisième tome, tout en prolongeant un peu plus l’aventure aux côtés de nos personnages chouchous.
Kiera Cass saisit là, par l’intermédiaire de deux nouvelles, l’occasion de donner la parole aux deux personnages masculins de sa trilogie : Maxon et Aspen. Si la seconde nouvelle revient sur des évènements que nous connaissons, la première intervient quelques jours avant la Sélection, alors que Maxon s’interroge encore sur ce qui l’attend. Et je dois dire que j’ai beaucoup apprécié en apprendre plus sur lui, le voir agir directement, et non plus à travers le miroir déformant qu’ont pu être les yeux d’America. La seconde nouvelle -qui met cette fois-ci Aspen en valeur, bien sûr- m’a également beaucoup plu, même si elle perd un peu en saveur une fois le troisième tome lu. Je vous conseillerais donc de la lire avant L’élue, si cela vous est possible 🙂
La Sélection, histoires secrètes ne se contente toutefois pas de ces deux petites nouvelles, mais nous donne également de nombreuses informations inédites sur la trilogie. Arbres généalogiques, playlist et j’en passe, tout est fait pour que l’immersion soit totale : Kiera Cass n’est pas avare et nous le prouve en nous livrant tout en bloc, tout ce qui n’a pas trouvé de place dans le roman à proprement parler. C’est donc un sentiment teinté à la fois de ravissement et de nostalgie qui m’a accompagnée durant cette lecture : La Sélection, histoires secrètes est un peu le chant du cygne de cette trilogie qui nous est chère. Cette fois-ci, c’est bel et bien fini !

On en redemande
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*Un grand merci à la Collection R pour m’avoir permis de découvrir ce roman*

L’élue, Kiera Cass (La Sélection #3)

l-elueTraduit par Madeline Nasalik

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DecitrePremier tome : La Sélection
Deuxième tome : L’Élite

L’histoire : La Sélection a bouleversé la vie de trente-cinq jeunes filles. Déchirées entre amitié et rivalité, les quatre candidates encore en lice resteront liées par les épreuves qu’elles ont dû surmonter ensemble. Entre les intrigues amoureuses et celles de la cour, c’est une lutte de tous les instants pour demeurer fidèles à leurs idéaux. America n’aurait jamais pensé être si près de la couronne, ni du coeur du Prince Maxon. À quelques jours du terme de la compétition, tandis que l’insurrection fait rage aux portes du Palais, l’heure du choix a sonné. Car il ne doit en rester qu’une…

Mon avis : s’il y a un seul livre que j’attendais de pied ferme chez la Collection R, c’est bien celui-ci. Après avoir adoré le premier tome, ragé durant toute ma lecture du deuxième (que j’ai adoré aussi, bien sûr), j’ai trépigné pendant ce qu’il m’a semblé être une éternité avant de lire le troisième. Voilà qui est maintenant chose faite…
Elles étaient trente-cinq, et ne sont maintenant plus que quatre. America Singer, cette jeune musicienne issue de la classe cinq, n’aurait jamais osé espérer atteindre l’Élite, il y a tout juste quelques semaines. Et pourtant, elle est désormais plus proche de la couronne qu’elle ne l’a jamais été. Plus proche, même si celle-ci lui semble inatteignable : alors que le Roi semble plus décidé que jamais à lui mettre des bâtons dans les roues, Maxon est toujours aussi indécis. Rien n’est joué, et la Sélection continue…
Bon. BON BON BON. Vous qui me suivez depuis un bon moment, vous savez comme cette trilogie est chère à mon cœur. J’ai été littéralement envoûtée par les deux premiers tomes, que j’ai dévoré en l’espace de quelques heures. Celui-ci aussi, je l’ai dévoré. Dans la voiture, alors que nous revenions des Imaginales. Et si j’ai bel et bien été happée pendant ma lecture (j’ai même poussé des « Oh » et des Ah »), j’en ressors… Frustrée. Et un peu déçue.
Je n’en reviens pas moi-même d’écrire ça. Mais les faits sont là : je trouve que Kiera Cass s’est vraiment reposée sur ses lauriers, avec cet ultime opus. Alors que j’attendais un feu d’artifice, j’ai eu un petit pétard tout mou. Bon, j’exagère : clairement, j’ai passé un bon moment. Clairement, j’en redemande, et tout et tout. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me demander « C’est tout ? » en tournant la dernière page. Alors que j’aurais dû faire trembler la voiture à cause de mes sautillements surexcités ! J’en attendais trop, voilà tout. Vous pouvez le dire, je ne vous mangerai pas. J’ai eu la bêtise de m’en faire toute une montagne, de ce troisième tome. Et de lire Allegiant quelques jours avant, aussi. D’un côté, une fin canonnissime, à laquelle personne n’était préparé. De l’autre, une fin juste un peu plus que banale. C’est ainsi que je l’ai vécu, à mon plus grand regret.
Si j’avais été plus attentive, j’aurais pu prévoir cette petite déception : contrairement aux deux premiers tomes, j’ai eu énormément de mal à m’y plonger. J’ai mis ça sur le compte des Imaginales, mais… Bon. Ma lecture a donc été hachée, pour le premier tiers du roman. Quant au reste… Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver les explications de l’auteure un peu simplistes. On sent qu’elle a voulu répondre à toutes les questions laissées en suspens dans les deux tomes précédents, mais… Je ne sais pas, je n’ai pas été aussi… séduite qu’auparavant, ma lecture n’a pas été aussi fluide. En vérité, je suis restée bien trop… consciente (étrange comme terme, mais je ne vois que cela). Et ça, c’est juste dommage.
Maxon et America, eux, m’ont tapé sur le système. Alors que je leur avais sans cesse trouvé des excuses dans les deux premiers tomes, il y a certains passages où ils m’ont clairement gonflée, à emprunter des voies on ne peut plus détournées, à brandir leur fierté comme un étendard géant. A un moment, il faut dire stop ! Heureusement, quelques personnages ont réussi à me surprendre : Kriss, Céleste, le père d’America… Ça en fait quand même !
Je relis cette chronique, et je me rends compte qu’elle est foncièrement négative. Quand bien même ma lecture fut agréable, ne vous méprenez pas là-dessus ! J’ai vraiment passé un bon moment. Mais c’est tout, et c’est là que le bât blesse : j’en attendais plus, beaucoup beaucoup plus. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis en train de rager, là, assise sur mon canapé. Mais la vie est ainsi faite, et c’est avec un pointe de déception que je tourne la dernière page de cette trilogie… Tant pis !

En bref, un dernier tome que j’imaginais plus grand, plus intense, plus… Tout. Si ma lecture s’est globalement bien déroulée, j’en suis ressortie frustrée et un peu déçue. C’est donc ça, le final que l’on a attendu pendant tout ce temps ? Bon, et bien… D’accord.

Un bon momentUn bon moment…

*Je tiens à remercier la Collection R pour m’avoir permis de découvrir ce titre*

Un cowboy à l’horizon, Jane Graves (Rainbow Valley #1)

rainbow-valley,-tome-1---un-cowboy-a-l-horizon-391943-250-400A paraitre le 18 avril 2014

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L’histoire : Dix ans après avoir quitté Rainbow Valley, Luke, champion de rodéo, revient dans sa ville natale pour y enterrer son père, une brute sans cœur qui l’a maltraité pendant son enfance. Il n’avait pas l’intention de s’éterniser, mais une blessure au genou le retient sur place plus longtemps que prévu. Assez longtemps pour retrouver Shannon, l’amour de jeunesse qu’il n’a jamais pu oublier, et lui proposer son aide dans le refuge animalier qu’elle dirige. Les retrouvailles ne seront pas de tout repos…

Mon avis : deuxième Milady romance de la semaine… Et deuxième coup de cœur ! Alors qu’Une semaine avec lui jouait sur le passé sombre de ses personnages principaux, Un cowboy à l’horizon est beaucoup, beaucoup plus léger. Et c’est exactement ce dont j’avais besoin ! Malgré ses 530 pages, je n’en ai fait qu’une bouchée : c’est dire si j’ai apprécié ma lecture 😀
Après dix ans d’absence, Luke revient dans le village de son enfance pour assister à l’enterrement de son père. Son père, ou plutôt cette ordure notoire qui n’a eu de cesse de le maltraiter jusqu’à ce qu’il soit en âge de se défendre. Enfant à problèmes, laissé pour compte et petit délinquant, Luke n’a pas laissé que de bons souvenirs aux habitants de Rainbow Valley : il est d’ailleurs bien décidé à ne pas s’y attarder, désireux de couper définitivement les ponts avec son passé. Malheureusement, tout ne va pas se passer comme prévu : alors qu’il fait une dernière visite de la ruine qu’est devenue la maison où il a grandi, le plancher cède, engloutissant l’une de ses jambes. Contraint d’être opéré en urgence, Luke se retrouve coincé à Rainbow Valley, pour deux mois au moins. Et comme si cela ne suffisait pas, il tombe sur Shannon, dont il était éperdument amoureux… Mais qui l’a blessé au plus profond de son âme. La jeune femme, revenue d’une brillante carrière de comptable pour reprendre en main le refuge animalier de la ville, ne sait pas comment réagir face à l’homme que Luke est devenu : alors qu’elle pensait ne jamais le revoir, elle doit de nouveau faire face à la complexité des sentiments qu’elle ressent pour lui. D’autant plus que Luke ne semble pas décidé à lui faciliter la tâche…
Quelle bonne, bonne lecture ! Une vraie bouffée d’air frais, qui m’a mis des papillons dans le ventre pour la journée. Et qui nous a fait mourir de rire, avec Chéri, tant certains passages étaient kitchissimes (à commencer par le titre, d’ailleurs). Mais c’est tellement bon qu’on n’y prête pas attention. Mieux : le récit n’en est que plus savoureux. Parce que, si vous voulez mon avis… On a tous besoin d’un peu de kitch dans sa vie. C’est presque aussi bon qu’un oreiller moelleux accompagné d’une couette en poil de licorne arc-en-ciel et doux comme un petit ourson. Voilà.

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Bref, revenons à nos moutons. J‘ai adoré ce premier tome, du début à la fin. En grande partie grâce aux personnages, il faut le dire : Shannon et Luke sont tout bonnement irrésistibles. Shannon, d’abord : j’ai adoré cette jeune femme plus vraie que nature, et au cœur grand comme ça. Sa passion pour les animaux, son dévouement pour le refuge, les valeurs qu’elle porte… Je me suis très facilement projetée en elle, son personnage synthétisant à peu de choses près toutes les caractéristiques de la femme que je voudrais être. Rien que ça ! Et Luke, Luke… Comment lui résister ? Luke est un cowboy. Oui oui, mesdames, vous avec bien lu. Mais Luke n’est pas un cowboy comme les autres, non non non. Lui, il est presque champion de… Rodéo (de taureau, parce que les chevaux c’est un poil trop simple, quand même) ! Plus viril, tu meurs ! Après les loups-garous testostéronés et les highlanders sexy en diable dans leur petit kilt, voici venu le temps des cowboys ! Et moi, je dis OUI. Je dis oui aux cowboys virils ET sensibles, aux cowboys qui aiment les animaux et passeraient des heures à caresser un chaton (en parlant de ça, si vous aimez les hommes et les chatons, allez faire un tour ici. Vous trouverez certainement votre bonheur !).

Deux personnages plus qu’attachants, une attraction irrésistible, des rebondissements, quelques obstacles, et le tour est joué : il n’en fallait pas plus pour me captiver. Malgré la taille assez conséquente de cet opus, je n’ai pas pu m’en détacher et l’ai, lui aussi, lu d’une traite. C’est si bon, de lire un roman où tout est bien qui finit bien ! Si vous avez besoin de vous changer les idées, si vous n’êtes pas contre un peu de légèreté, si vous voulez rebooster votre côté fleur-bleue, arrêtez de chercher : Un cowboy à l’horizon est fait pour vous.  Et que le fait que cela soit une série ne vous arrête pas : j’ai la nette impression que les différents tomes seront indépendants les uns des autres. C’est donc entièrement convaincue que je referme le premier chapitre de Rainbow Valley, et surtout bien décidée à guetter la suite : qui sait, les cowboys ont peut-être, eux aussi, plus d’un tour dans leur sac !

En bref, un premier tome qui m’a enchantée : Jane Graves a un talent fou pour réveiller la midinette qui est en nous. Si le côté un peu kitch ne vous rebute pas, foncez : Un cowboy à l’horizon manipule avec expertise les codes du genre, se les approprie pour nous offrir un moment de pur bonheur. Pour moi, c’est clair : j’adore !

16046631Coup de cœur !

** Je remercie l’équipe du Ladies Club pour m’avoir permis de découvrir ce titre **

Une semaine avec lui, Monica Murphy (Drew & Fable #1)

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L’histoire : Fable travaille d’arrache-pied pour gagner son indépendance, tout en élevant son petit frère. Sa réputation de fille facile lui vaut d’enchaîner les aventures sans lendemain, ce qui arrange bien les affaires de Drew, le meilleur joueur de l’équipe de football de la fac. Alors qu’il s’apprête à passer une semaine dans sa famille au passé tourmenté, il lui propose, moyennant finance, d’incarner sa petite amie. Fable ne demande pas mieux que d’entrer dans la peau du personnage. Si seulement cette parenthèse pouvait s’éterniser…

Mon avis : amateurs de New Adult, attention ! Voilà un petit roman qui a tout d’un grand, et qui va sûrement faire parler de lui ! C’est ma chère Sassa qui m’a conseillé cette lecture, et je dois dire que j’ai bien fait de l’écouter : j’ai adoré ce récit, qui m’a fait passer par une flopée d’émotions, toutes plus fortes les unes que les autres. C’est donc une très belle surprise que nous réserve là Milady, une très belle surprise qui, j’en suis sure, ne manquera pas de faire chavirer bien des cœurs (d’artichauts, ou non !).
Fable est une jeune fille que la vie n’a pas épargnée. Contrainte de travailler plus que de raison pour permettre à sa mère alcoolique et à son frère adolescent de manger tous les jours, elle ne connait pas une seconde de repos. Ce qui ne la dérange pas plus que cela, si l’on est honnête : elle n’a ainsi pas le loisir de penser à cette solitude qui l’entoure de toute part, un sentiment si oppressant qu’elle n’hésite jamais longtemps à le noyer entre les bras d’un garçon, peu importe les rumeurs qui s’en suivront.
Drew, lui, est l’un des joueurs de foot les plus en vue de la fac voisine. Avec toutes les filles du coin à ses pieds, et plus de moyens qu’il ne pourra jamais en user, tout le sépare de Fable. Les deux jeunes gens ne se sont d’ailleurs jamais adressé la parole. Jusqu’à ce jour où Drew vient trouver la jeune fille, afin de lui proposer un marché : pendant une semaine, elle se fera passer pour sa petite amie. Une semaine qu’ils passeront chez les parents de Drew. Une semaine, 3000$. Pour Fable, le calcul est vite fait : une telle somme permettrait à sa famille de vivre correctement pendant un mois, si ce n’est davantage. Mais elle ne peut s’empêcher de s’interroger : qu’a bien pu vivre Drew, pour refuser de retourner, seul, dans la maison familiale ? Et pourquoi l’avoir choisie, elle, afin de jouer la comédie ? Fable l’ignore encore, mais elle s’apprête à plonger dans l’intimité d’un jeune homme aussi torturé qu’elle, harcelé par des démons bien tangibles, et surtout bien décidés à le faire craquer…
Sassa ne m’ayant fait part que de son enthousiasme pour ce premier tome, j’ignorais tout de ce que j’allais y trouver en l’ouvrant. Et ce n’est pas plus mal, puisque j’ai pu m’y plonger sans aucun aprioris ! M’y plonger… Et y rester : je l’ai lu d’une traite (vraiment : je suis restée prostrée sous ma couette de la première à la dernière page. L’avantage d’être en arrêt maladie.), complètement absorbée par l’intrigue. Il faut dire que Monica Murphy joue sur plusieurs tableaux, donnant à son roman une intensité palpable : dès le départ, Fable et Drew sont attirés l’un par l’autre. J’ai donc été totalement captivée par l’évolution de leur relation, plus que curieuse de voir où tout cela allait les mener. Mais comme cela ne suffisait pas, l’auteure insuffle une bonne dose de sombres mystères à son récit, s’assurant par là notre intérêt : quels lourds secrets cache Drew ? La curiosité de Fable est contagieuse, et nous en venons, nous aussi, à guetter le moindre indice pour tenter de découvrir le drame qui s’est joué au sein de cette famille. Même si j’avais deviné une grande part de celui-ci, cela ne m’a pas pour autant gênée (étrange, non ?) : Monica Murphy manipule si bien nos émotions que, à l’instant des révélations, notre cœur se serre avec une force inouïe, comme si l’on ne s’en doutait pas depuis cent pages déjà.
Bon, peut-être pas cent pages non plus : après tout, le roman n’en fait qu’à peine 300. Si l’on ajoute à cela le fait que l’action se condense sur une toute petite semaine, vous comprendrez qu’il se lit vite. Et bien. En arrivant à la dernière page, j’avais même oublié que ce n’était pas un one-shot ! Je ne vous raconte pas la frustration qui s’en est suivie, d’autant plus que cette conclusion est juste… Horrible. Et dire qu’il va falloir attendre… Je ne sais pas combien de temps pour connaitre la suite ! Quatre tomes sont déjà parus en anglais  (plus une petite nouvelle), et aucune date (je me trompe peut-être) de sortie pour un pauvre tome 2. Vous voulez ma mort, chez milady ?! Dites-le tout de suite !
Bon, je me calme. Mais que voulez-vous que je fasse ? Je me suis terriblement attachée à ces deux petits, et… Que ce soit Fable ou Drew, j’avais juste envie de rentrer dans le roman, pour leur fait un gros câlin. Accompagné de petites tapes dans le dos, et du célèbre mantra « ça va aller, ça va aller… ». Alors les abandonner là, maintenant, c’était juste… Trop dur.

M’enfin. Puisque je suis contrainte d’être courageuse, j’attendrai ce deuxième tome la tête haute et les yeux secs. Non mais ! Je ne peux donc que vous conseiller de vous procurer ce petit bijou dès sa sortie, pour peu que vous aimiez les personnages tout cassés par la vie et se servant mutuellement de béquille. Monica Murphy nous offre là un roman intense, qui m’a prise aux tripes plus d’une fois, et m’a laissée toute pantelante, le cœur en vrac et le ventre serré. A découvrir !

En bref, une très belle lecture qui m’a fait passer du rire aux larmes en quelques phrases. Les personnages sont plus qu’attachants, la plume agréable, l’intrigue prenante, et le tout véhicule un nombre incalculable d’émotions. Pour ce superbe moment de lecture, je n’ai qu’une chose à dire : Merci.

16046631Coup de coeur !

** Je remercie l’équipe du Ladies Club pour m’avoir permis de découvrir ce titre **