Chasseurs de livres, Jennifer Chambliss Bertmann

Traduit par Magali Duez

L’histoire : Un livre caché. Un message codé. La chasse peut commencer. Émily est une passionnée de la Chasse aux livres, un jeu créé par son idole, le célèbre éditeur californien Garrison Griswold. Il s’agit de décrypter des messages codés pour trouver l’emplacement de livres cachés ! Mais lorsqu’elle emménage avec ses parents à San Francisco, patrie de la Chasse aux livres, elle est choquée d’apprendre que M. Griswold a été agressé alors même qu’il allait lancer une nouvelle quête livresque d’une ampleur inédite. À elle et à ses amis de jouer !

Mon avis : Et j’inaugure ma première lecture du nouveau label R Jeunesse ! Il faut dire que ce petit Chasseurs de livres avait de quoi m’intriguer : j’adore ces livres qui parlent… De livres 🙂 Je n’ai donc pas tergiversé longtemps avant de me décider à tenter ma chance : l’appel fut trop fort !
Nous rencontrons Emily, jeune fille passionnée de littérature… Et de mystères : grande amatrice du fabuleux jeu Book Scravenger, qui consiste à cacher/trouver des livres en résolvant diverses énigmes, elle vient juste d’atterrir à San Francisco. Les déménagements, d’ailleurs, ça la connait : ses parents se sont mis en tête d’habiter dans les cinquante États que compte le pays. Une vie difficile à assumer pour notre jeune héroïne, et loin d’être évidente pour qui veut se faire des amis ! C’est donc sans trop de conviction qu’Emily emménage dans sa nouvelle demeure : peut-être y resteront-ils un an, tout au plus… Mais un an, c’est déjà ça : car la ville se trouve être le chef-lieu de son idole, le merveilleux Garrison Griswold, créateur de Book Scavenger… Qui s’apprête, d’ailleurs, à lancer un nouveau jeu. Malheureusement, un accident le plonge dans le coma, retardant ainsi pour une durée indéterminée le lancement tant attendu. Alors qu’Emily se retrouve par hasard sur le lieu du drame, elle trouve un livre. Un livre caché, derrière une poubelle. Quelqu’un l’a-t-il mis là intentionnellement  ? Ou s’agit-il de quelque chose de plus mystérieux encore… ? Commence pour elle la plus grande enquête qu’elle ait eu à mener…
Je n’irai pas par quatre chemins : j’ai beaucoup, BEAUCOUP aimé. Oui oui oui ! Ce petit roman ne payait pas de mine, et je me demandais sincèrement ce que ça allait donner : j’avais même un peu peur, peur de m’ennuyer, de ne pas m’en sortir. Et finalement… Que nenni ! J’y ai trouvé une aventure rythmée et passionnante, portée par une héroïne ma foi fort attachante : impossible de ne pas se retrouver dans cette jeune fille un peu perdue, mais oh combien touchante ! Et puis… Comment ne pas trouver un écho à notre propre passion dans l’amour qu’elle porte aux livres ? Bref, j’ai adoré.
L’intrigue commence doucement, et pour ne rien vous spoiler je resterai volontairement vague : notre petite Emily trouve donc ce fameux livre et, convaincue de tenir là le nouveau jeu de Garrison Griswold, va se lancer à corps perdu dans la résolution de l’énigme qui doit s’y trouver cachée. S’y lancer… Mais pas seule : car la première surprise de ce déménagement, c’est son nouveau voisin, James… Garçon aussi excentrique que malin, il va se révéler être d’une compagnie de choix pour ce mystère délicat. Autant vous dire que le binôme fonctionne parfaitement ! J’ai retrouvé à travers nos deux héros la fraicheur d’une enfance pas tout à fait enfuie, et cette capacité qu’ont les plus jeunes à se lier d’une amitié sincère en quelques heures à peine. Nos deux compères se prennent donc rapidement au jeu, et nous avec : le récit se dévore en quelques heures, que nous passons le sourire aux lèvres et l’adrénaline au corps. Car, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne manque pas de rythme ! Les péripéties s’enchainent sans crier gare, et la fin arrive sans qu’on l’ai vue venir : j’avoue que j’en aurais bien lu davantage 🙂 Fort heureusement, je crois que ce volume n’est que le premier d’une longue série : je ne suis pour ma part pas prête de décrocher de ce merveilleux jeu auquel je m’adonnerais moi-même bien !
Vous l’aurez donc compris : je suis tombée sous le charme de ce roman jeunesse, qui séduira les plus jeunes pour son abord facile, son côté très rythmé, ses personnages facilement identifiable et son intrigue séduisante… Mais aussi les plus grands, qui se laisseront facilement prendre au jeu de cette enquête trépidante. Mes doutes n’avaient donc pas lieu d’être : on en redemande !

En bref, un premier tome tout à fait convaincant pour une série jeunesse qui démarre fort ! Les petits lecteurs amateurs d’énigmes y trouveront leur compte : Chasseurs de livres nous fait assurément passer un bon moment !


On en redemande !

Projet Polaris, Shannon Messenger (Gardiens des Cités Perdues #5)

Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

Couverture par Jason Chan

L’histoire : Après un passage mouvementé par Exillium, l’école réservée aux bannis, Sophie et ses amis sont de retour à l’académie Foxfire, où la jeune Télépathe n’est pas la seule, cette fois, à bénéficier de la protection d’un garde du corps. Car certains masques sont tombés : les nouveaux membres du Cygne Noir, ainsi que leurs familles, sont plus que jamais en danger… D’autant que les Invisibles, ces rebelles qui menacent les Cités perdues, multiplient les attaques. Tandis que la tension monte avec les ogres, forçant les elfes à accepter des changements drastiques de leurs modes de vie, notre petite troupe tente d’en découvrir plus sur le plan de l’ennemi. Sophie ne dispose pourtant que de maigres indices…

Mon avis : … C’est fou. C’est fou, parce qu’à chaque fois que j’ouvre un nouveau tome de Gardiens des Cités Perdues, je me dis « Ok, cette fois-ci elle ne peut pas faire mieux ». Et à chaque fois que je lis la suite… Et bien si, elle peut le faire. Et cette fois-ci, Shannon Messenger ne se contente pas de faire mieux : elle s’est tout simplement surpassée. Chaque tome fut pour moi une révélation : je tenais enfin là une série jeunesse à même de me faire vivre les mêmes émotions que j’avais ressenti à la lecture d’Harry Potter Et avec celui-ci, c’est le coup de foudre : plus l’on avance dans l’intrigue, et plus Shannon Messenger peaufine ses détails. Plus elle soigne ses personnages, plus ceux-ci font partie intégrante de nous-mêmes : Sophie, bien sûr, mais également Fitz, Keefe, Dex, Diana, Tam, Linh, Sandor, Edaline, Grady… Et j’en passe, tellement, tellement. Ils sont si… Vivants, humains, attachants ! Je deviens un peu plus orpheline à chaque fois que je suis contrainte de les quitter, et je donnerais tout pour avoir la suite de leurs aventures sous la main… Et ce, d’autant plus quand arrive la fin, et la manie proprement horrible de l’auteure de finir ses tomes de la pire manière qu’il soit.
Oui, j’avais quitté le quatrième tome en larmes. Je ne vous ferai pas de résumé, pour ne pas spoiler ceux d’entre vous n’ayant pas encore eu l’occasion de découvrir cette petite pépite de série, mais nous reprenons là où nous terminions l’opus précédent : des bouleversements de taille s’étaient produits, et les chocs multiples avaient été longs à absorber. Nous découvrions plus avant les projets du Cygne Noir et des mystérieux Invisibles, tout en en apprenant davantage sur Sophie et son étrange génétique. Nous rencontrions de nouveaux héros, qui ne tardaient pas à nous frapper en plein cœur. Bref, une nouvelle fois, nous vivions véritablement notre lecture. Et à l’aube de ce cinquième tome… Toutes les émotions qui nous avaient précédemment submergés reviennent en force : l’étau se resserre, et avec lui le nœud qui oppresse notre gorge. Nous retrouvons avec joie nos héros, mais ne pouvons nous empêcher de nous demander… Que va-t-il leur arriver, cette fois-ci ? Va-t-on avoir les réponses à nos questions ? Le début du roman, d’ailleurs, est fort intrigant : en faisant référence à une scène ultérieure, je n’ai pu m’empêcher d’imaginer que l’auteure souhaitait là nous montrer, peut-être, l’un des pouvoirs encore non éveillés de Sophie. Car, de quoi s’agit-il ? D’un rêve prémonitoire de notre héroïne, ou d’un simple passage rapporté par un narrateur omniscient, qui n’existe pourtant pas dans le reste du roman ? Mon intérêt s’est donc éveillé de suite, comme je m’y attendais… Pour ne plus s’éteindre : malgré la taille du bébé, Shannon Messenger mène son intrigue tambour battant et ne nous laisse aucun répit : on aurait envie de le dévorer d’une traite, quitte à y passer la journée. J’en ai d’ailleurs lu une bonne moitié d’affilée, me mettant carrément en retard pour le boulot : impossible de le lâcher et, de fait, de voir le temps défiler à la vitesse de l’éclair. Qu’à cela ne tienne : je l’ai repris le soir même, terminant la cinquantaine de pages restantes… Et me mettant derechef à pleurer, tant Shannon met d’ardeur à bouleverser tout ce que nous prenions pour acquis, à mettre un violent coup de pied dans la fourmilière. J’avais bien compris, avec le tome précédent, qu’aucun de nos personnages chouchous n’étaient désormais plus en sécurité. Mais… De là à imaginer cela… Bref.
C’est donc totalement absorbée que j’ai dévoré ces presque 700 pages, contenant bien mal la tempête d’émotions faisant rage à l’intérieur de mon crâne. Car, à ceux qui ne l’auraient pas encore compris, GdCP est loin, loin de n’être qu’une saga jeunesse : Shannon Messenger ne laisse aucunement place à la facilité, ni dans son intrigue, ni dans la construction de ses personnages, ni dans la mise en place de son univers. Bien au contraire, tout cela se complexifie à mesure que l’auteure nous plonge plus avant dans sa série. Oui, elle reste accessible à un public jeune, du moins les premiers tomes. Mais elle est également à même de plaire aux plus grands, tant elle est complète : je reste toujours impressionnée du degré de détails que l’auteure nous livre, même si j’aimerais bien entendu en connaitre plus : j’imagine volontiers des tomes deux fois plus épais 🙂 Si vous hésitiez, donc, par peur de vous frotter à quelque chose de trop simpliste, sachez que vos doutes n’ont pas lieu d’être : cette série est passionnante, simplement. Et ce cinquième tome surpasse tout, mes espoirs comme mes attentes. Je viens tout simplement de dévorer un concentré de bonheur, d’émotions, de tristesse, de violence, d’amour. Et je crois… Que je vais avoir beaucoup, beaucoup de mal à passer à autre chose.

En bref, COUP DE COEUR !!! Mais enfin… VOUS ATTENDEZ QUOI POUR VOUS LANCER ?!!


COUP DE CŒUR !

Faux frère, vrai secret, Olivier Gay

Couverture par

L’histoire : Léa menait une vie normale entre les cours, les livres et ses amis, jusqu’au jour où des proches de son père meurent dans un accident de voiture. Leur fils de seize ans, Mike, devenu orphelin, emménage sous le même toit qu’elle. Difficile de devoir partager l’appartement familial (et sa salle de bains) avec un parfait inconnu…
Si seulement c’était tout ! Mais Mike ne connaît pas les codes du lycée, se montre trop parfait pour être honnête et n’a pas peur des brutes que tout le monde fuit.
Léa est bien décidée à découvrir quel secret cache son nouveau frère sous ses airs de superhéros…

Mon avis : Tiens, encore un roman d’Olivier Gay ! A croire que j’ai passé ma fin d’année avec le Monsieur, dites 🙂 Et on en est pas loin : entre lui, Le main de l’empereur et l’intégralité du Noir est ma couleur offerte par mon Alli préférée, on ne peut nier que l’auteur a quelque peu envahi mon quotidien 🙂 Après avoir dévoré (et adoré, faut-il le repréciser) sa nouveauté Bragelonnienne, j’ai donc craqué pour sa seconde nouveauté, celle-ci s’adressant cette fois-ci à un public un brin plus adolescent. Je dois bien dire que j’étais fort curieuse : Olivier allait-il réussir à passer d’un genre à un autre avec aisance ? A me passionner autant ?
Et… Pari réussi : en quelques heures, c’en était fait de lui ! Car, oui, l’auteur nous offre une nouvelle fois un récit au pep’s indéniable, dans lequel on se plonge avec délice. En quelques mots, voici de quoi il retourne : Léa est une adolescente ordinaire, qui aime à ne pas trop se faire remarquer. Mais le jour où son père lui annonce avoir décidé d’adopter le fils de ses amis australiens, eux-mêmes décédés dans un accident de voiture, la jeune fille sent bien que cette nouvelle quelque peu louche va bouleverser plus que son quotidien familial… Et d’autant plus quand elle rencontre le-dit orphelin, qui ne se comporte décidément pas comment un adolescent lambda. C’est décidé : quitte à harceler son père et à pousser Mike dans ses retranchements, Léa comprendra tôt ou tard de quoi il retourne….
Je vous le disais, Olivier nous offre une nouvelle fois un récit qui accroche son lecteur, un récit qui se lit d’une traite, dans lequel on se plonge avec une facilité qui frise l’indécence. De suite, l’on est intrigué par ce mystérieux Mike, et l’on ne tarde pas à suivre avec intérêt les déboires de Léa qui, décidément, n’est pas gâtée. On ri, évidemment, mais l’on pleure également (oui, j’avoue), et on se laisse emporter par un petit stress enivrant qui ne gâche en rien notre lecture. La plume d’Olivier est toujours aussi agréable, et il navigue dans son récit avec aisance, enchainant les rebondissements avec un naturel qui ne fait que renforcer notre intérêt. On lit donc, et rapidement… Nous nous retrouvons à la fin. Une fin qui a bel et bien su me surprendre et, même ! fissurer mon cœur de pierre (j’suis crédible, là ?). Rendez-vous compte ! Mais une fin qui a tout… D’une fin, malheureusement. Ne nous voilons pas la face : je sens qu’il est fort peu probable d’avoir une suite. Et, du coup, force est de dire que cela m’a laissé un goût de trop peu. Vous voyez ce que je veux dire ? J’ai passé un super moment, ça oui, parce qu’Olivier est définitivement un très bon écrivain. Qui sait nous faire passer par toute une palette d’émotions, créer des personnages attachants et monter de toute pièce des intrigues à la fois prenantes et crédibles. Mais ce moment fut quelque peu entaché pour deux raisons :
La première, je vous le disais, est liée au format du roman : on en voudrait bien davantage ! On voudrait une suite, on aurait voulu qu’Olivier développe plus avant son intrigue. Qu’il nous rajoute quelques chapitres, nous donne encore un peu de matière à apprécier. La seconde… découle naturellement de la première : bien qu’il s’adresse à un public jeunesse, je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression qu’Olivier s’est « amusé » avec ce roman. Après avoir lu La main de l’empereur, qui fut pour le coup un franc coup de cœur, indéniable et complet, et que j’ai vraiment trouvé abouti, je me dit qu’avec Faux frère, vrai secret… Olivier s’est détendu. Et ce n’est pas que je trouve ça dommage, tout au contraire ! Simplement… Peut-être aurait-il fallu lire les deux romans dans l’ordre inverse, afin d’apprécier pleinement celui-ci puis de toucher ensuite l’excellence du doigt ? La comparaison entre les deux n’a pas lieu d’être, les deux romans ne jouant pas dans la même cour. Mais en les enchaînant, elle fut malheureusement pour moi impossible à éviter… Entrainant une petite pointe de déception pour ce court roman.
Quoi qu’il en soit, je tâcherai de ne retenir que le meilleur : une nouvelle fois, Olivier Gay a su me captiver et me faire passer un excellent moment. Et n’est-ce pas le principal ?  Évidemment que si 😀

En bref, un roman jeunesse qui aura su me captiver le temps de trois cents courtes pages, m’offrant un moment ma foi fort agréable… Que l’on aimerait voir se prolonger encore, et encore !


On en redemande !

Le pari, Olivier Gay (Le noir est ma couleur #1)

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L’histoire : Normalement, Alexandre le bad boy du lycée n’aurait jamais prêté attention à Manon l’intello du premier rang. Pourtant, à la suite d’un pari il a décidé de la séduire.
Normalement, Manon n’aurais jamais toléré qu’Alexandre vole à son secours. Pourtant, dans l’obscurité d’une ruelle, sa présence s’est révélée décisive.
Alexandre doit se rendre à l’évidence. Rien n’est normal dans cette histoire.
Manon acceptera-t-elle qu’il entre par effraction dans son univers?

Mon avis : BON. Rageot, parlons peu, parlons bien. C’est quoi, cette couverture ?! Nan mais, franchement… Vous avez vu les couvertures des derniers bouquins d’Olivier (La main de l’Empereur & Faux frères, vrai secret, ndlr) ? ÇA, ça envoie du pâté (et je ne dis pas ça parce que l’une d’entre elles a été réalisée par Magali Villeneuve herself, nononono). ÇA, ça donne envie au lecteur de se plonger dedans. Tandis que celle-ci… Je suis assez dubitative, pour tout dire. A QUAND UNE RÉÉDITION, JE VOUS LE DEMANDE ?!
Enfin, passons. C’est sous la menace d’une Sae bien décidée à me faire craquer que j’ai finalement décidé d’intégrer ce premier tome à ma PAL déjà bien chargée. Non pas qu’il ne me tentait pas, entre nous : elle n’a fait que renforcer mon inclinaison naturelle. Et puis… Il a dormi sur mes étagères. Un peu. Quand j’ai dû préparer notre déménagement, j’ai choisi de l’intégrer à la petite pile qui m’accompagnerait. Et c’est à l’occasion de mon retour sur Paris en avion que je l’ai ouvert…
Ouvert, et dévoré : en quelques heures, c’en était fini de lui. FINI. ATOMISÉ. EXPÉDIÉ. Ayant toute confiance en Sae, je ne m’inquiétais pas outre mesure pour cette lecture. Mais, une telle frénésie… QUI L’EUT CRU ? C’est simple : entre les quelques instants d’attente avant l’embarquement et le vol en lui-même, je n’ai absolument pas levé le nez de mon bouquin. Greffé à ma main qu’il était, le bougre. Et je dois bien vous avouer qu’en le terminant… La frustration de ne pas avoir le deuxième à portée a bien failli me jeter à terre, toute prête que j’étais à taper du pied en pleurnichant. Parce que ce premier tome se lit extrêmement bien, extrêmement vite, tant il est extrêmement prenant. Je suis donc extrêmement conquise, si vous ne l’aviez deviné.
Tout commence avec un pari. Un pari un peu stupide, comme peut en faire un ado de 16 ans : séduire l’intello de la classe, celle qui semble snober tous les garçons, tant elle est absorbée par ses cours. Pour Alexandre, le bad boy par excellence, ce sera un jeu d’enfant : il est certain que cette pimbêche lui tombera toute crue dans le bec, comme toutes les autres. Oui, mais voilà : Manon est tout, sauf ordinaire. Et ce grand dadais qui ne pense qu’avec ses muscles ne l’impressionne pas outre mesure : elle qui se débat entre sa vie de lycéenne et le développement de sa magie a bien plus important à penser. En le battant froid pendant quelques jours, il finira bien par lâcher l’affaire… Non ?
Dit comme ça, l’histoire a l’air foutrement simple. Un peu simpliste, même : le beau gosse qui se révèle être bien plus malin qu’il n’y parait, cachant un petit cœur tendre derrière ses gros muscles, la jeune fille qui ignore sa beauté, la rencontre entre les deux… ET PAF ! Oui, mais en fait… Non, pas du tout : Olivier Gay nous offre, certes, un roman addictif. Un roman dans lequel on entre avec une facilité déconcertante, mais dont on ne ressort qu’à grand peine. Un roman dont on avale les pages,  un roman dont on sort en se disant « OK, où est la suite ?! » Olivier nous offre tout ça, mais il nous offre aussi un récit bien plus profond. Loin de survoler ses personnages, il prend le temps de leur donner corps. De leur donner, sous d’apparents clichés, une véritable personnalité. Côté univers, c’est la même chose : à première vue, rien d’extraordinaire. Mais plus l’on avance dans notre lecture, plus on cherche à en savoir davantage… Et plus l’on se rend compte que tout cela a été savamment pensé. Orchestré. Côté intrigue, enfin... Rien à dire : il maitrise TOTALEMENT son sujet. A un point tel que, comme je vous le disais, on est tout simplement HAPPÉS par le récit. La narration est foutrement efficace, l’humour est là quand il faut, la gravité aussi. J’ai ri, souvent, mais je suis aussi passée par toute une palette d’émotions bien plus complexes. Et ça, mes petits, pour un roman que l’on destine à des enfants des 11 à 14 ans… Ben c’est quand même fort, je trouve.
Qu’on se le dise, donc : si vous n’avez pas encore commencé cette série, rattrapez-moi ce retard au plus vite. Parce que, très clairement, nous tenons là un roman à même de mettre tout le monde (ou presque, bande de petits rageux) d’accord. Un roman parfait pour vous accompagner n’importe où, dans le train, l’avion, la voiture, chez votre mémé ou chez le docteur. Un roman qui nous embarque à peine nos yeux posés sur ses pages, un roman d’une efficacité redoutable. Un roman qui a même séduit petit Malo, qui passe son temps à le sortir et à le remettre sur son étagère (pourquoi celui-ci, allez savoir, mais il lui plait. Beaucoup.). Un roman à glisser sous le sapin pour votre cousine qui n’aime pas beaucoup lire, ou de n’importe qui, pourvu qu’il aime la fantasy jeunesse… Et passe outre l’originalité de la couverture (quoi, j’en rajoute ?). UN ROMAN COMME ON LES AIME, DIDIOU !

En bref, est-ce utile d’en dire plus ? Gros coup de cœur pour ce premier tome, qui m’a totalement séduite : Olivier Gay fait preuve d’une efficacité incroyable, et nous embarque dans une aventure palpitante, que l’on a plus que hâte de continuer. FIOU !

Les Invisibles, Shannon Messenger (Gardiens des Cités Perdues #4)

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Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

Tome 1 : Gardiens des Cités perdues
Tome 2 : Exil
Tome 3 : Le grand Brasier

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L’histoire : Finis les cours à Foxfire et les messages énigmatiques envoyés par le Cygne Noir, Sophie rejoint enfin la mystérieuse organisation clandestine qui lui a fait voir le jour ! Accompagnée de Fitz, Biana, Keefe et Dex, elle quitte les Cités perdues pour Florence, où se trouve le premier indice qui la mènera jusqu’au repaire du Cygne Noir. Là-bas, la jeune fille espère en apprendre plus sur elle-même, mais aussi sur les Invisibles, le groupe de rebelles qui cherche à déstabiliser le monde des elfes.
Pour comprendre l’étrange épidémie qui décime les gnomes ; préparer l’évasion de Prentice, prisonnier d’Exil, et affronter la menace grandissante que représentent les ogres, la jeune Télépathe va devoir s’appuyer sur ses camarades et se retenir de foncer tête baissée vers le danger ! D’autant que si de nouveaux alliés apparaissent, des traîtres sortent aussi de l’ombre…

Mon avis : MAIS C’EST PAS POSSIBLE ! Enfin, ENFIN ! Miss Messenger, quand on s’était vues en novembre dernier… Vous m’aviez promis d’épargner nos sentiments ! VOUS M’AVIEZ PROMIS !!! Et résultat… Je suis dans état absolument déplorable. La fin du troisième tome m’avait mise au supplice… celle-ci fait dix fois pire. DIX FOIS PIRE. Cette fin… Cette fin ! Je ne m’en remets pas. JE.NE.M’EN.REMETS.PAS.
Bon. Reprenons nos esprits, voulez-vous ? Cette fois encore, Sophie et ses amis nous en réservent de belles. Si le troisième tome était déjà plus sombre que les précédents (humpf), celui-ci descend encore d’un cran : il est temps pour nos héros de faire des choix, très souvent douloureux. Les évènements passés ont laissé une trace indélébile sur leur personnalité, et tous vont devoir composer avec leurs fêlures et leurs traumatismes. Ne vous y trompez pas : nous sommes bel et bien dans de la littérature jeunesse, et nos plus jeunes lecteurs y trouveront bien évidemment leur compte. Mais… Les plus grands verront apparaitre une dimension plus… Dramatique, peut-être, des interrogations moins évidentes à cerner : en un mot comme en cent, la série gagne franchement en profondeur, et c’est vraiment, vraiment parfait. Comment vous dire que… Je fus sur les charbons ardents durant TOUTE ma lecture ? Que j’ai été complètement bouleversée par le destin des gnomes, et que Keefe m’a mise au supplice ? Plus encore que Sophie (qui reste bien évidemment l’une des meilleures héroïnes que j’ai pu rencontrer), c’est véritablement LUI que j’avais envie de serrer dans mes bras, lui dont je souhaitais tapoter le dos en chantonnant une berceuse (quoi, mon côté maman ressort ?!). Il m’a ÉNORMÉMENT touchée, plus que n’importe qui d’autre… Les jumeaux Tam et Linh exceptés peut-être, bien qu’on en sache encore assez peu sur leur compte. Les personnages gagnent encore en substance, et ils nous paraissent plus prégnants que jamais : une fois plongée dans ma lecture, c’est tout juste s’ils ne s’échappaient pas des pages pour venir me tenir compagnie.
Et quelle, quelle compagnie ! C’est que nous vivons bon nombre d’aventures tout à fait décoiffantes, une fois encore. On aurait pu croire que l’on finirait par se lasser, mais QUE NENNI : Shannon Messenger mène parfaitement sa barque, et nous sommes ferrés. J’ai lu avec acharnement, avec passion : la plume de l’auteure est tellement immersive que l’on se plonge sans peine dans le roman, mais que l’on en ressort qu’à reculons… C’est donc acté : la richesse des romans et le talent de l’auteure font de Gardiens des Cités Perdues un concurrent plus que sérieux pour Harry Potter. Autant vous dire qu’il me tarde plus que tout de lire la suite… Et je ne dis pas ça parce que je me suis roulée par terre telle une enfant de trois ans en terminant ma lecture. Nonnonnon.
Peut-être n’êtes-vous pas encore partis en vacances. Peut-être n’avez-vous pas encore décidé quoi emmener dans votre valise comme lectures estivales. Et bien, sachez cela : que vous ayez 9, 15, 25 ou 40 ans, les aventures de Sophie s’épanouiront parfaitement dans votre esprit, que vous soyez à la mer, à la montagne, en forêt ou en pleine méditation en compagnie d’un moine tibétain. Pour la simple et bonne raison que vous avez à portée de main l’une des meilleures séries jeunesse du moment, et que l’intrigue ne cesse de se bonifier au fil des tomes. Le rêve, non ?

En bref, plus l’on avance dans sa série, et plus Shannon Messenger fait preuve de dextérité et d’imagination : elle ne cesse de nous surprendre, et toujours dans le meilleur des sens : cette lecture fut un véritable régal, sa fin une réelle torture. Action et émotions y sont distillées à parts égales, avec une force tout à fait surprenante pour un roman que certains voudraient réserver aux enfants. C’est un coup de cœur !

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Coup de cœur !

La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains, Catherynne M. Valente

LaFilleQuiNaviguaAutourDeFeerie

Traduit par Laurent Philibert-Caillat

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L’histoire : Septembre est une jeune fille qui aspire à l’aventure. Quand elle est invitée en Féérie par le Vent Vert et le Léopard des Petites Brises, bien sûr, elle accepte. Qui ne le ferait pas à douze ans ? Mais Féérie est dans la tourmente, sous le règne écrasant d’une Marquise maléfique. Cheminant en compagnie d’un vouivre amoureux des livres et d’un garçon bleu bien étrange, presque humain nommé Samedi, elle perdra : son ombre, sa chaussure, son cœur et bien sûr son chemin. Mais elle trouvera le courage, l’amitié, une cuillère un peu spéciale et bien plus encore. Elle seule détient la clef qui rétablira l’ordre et le bonheur en Féérie… Il n’y avait pas eu de monde si envoûtant, de personnages si originaux depuis Alice au pays des Merveilles ou le pays d’Oz. L’héroïne grandit au cours de cette aventure. Septembre est intelligente et très logique avec pourtant une forme de naïveté que nous voudrions garder toute notre vie, dans un monde plus complexe qu’il n’y paraît où tout n’est pas que soleil et magie.

Mon avis : J’attaque avec entrain la pile de livres ramenés des Imaginales ! Après une superbe lecture aux côtés de Ken Liu, c’est au tour de la lauréate du prix Imaginales 2016 -catégorie jeunesse- de me faire voyager. Et quel voyage ! Je ne regrette absolument pas d’avoir craqué pour ce titre qui, en plus d’être doté d’une superbe couverture, m’a rendu mes yeux d’enfant durant quelques heures…
Assez simplement, La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains est un conte aussi bien philosophique qu’initiatique, dans la même veine qu’Alice aux pays des merveilles. Pas de terrier ou de miroir ici, mais deux personnages nous mettant tout de suite dans l’ambiance : Vent Vert et son Léopard des Petites Brises, tous deux venant chercher Septembre, une petite fille de douze ans esseulée -un père parti à la guerre et une mère réquisitionnée pour travailler en usine du matin au soir- pour lui proposer de venir passer quelques temps en Féérie. N’écoutant que sa soif d’aventures, notre jeune héroïne ne se fait pas prier… et ne tarde ainsi pas à découvrir que le pays est sous le joug d’une cruelle Marquise (qu’on lui coupe la tête !) opprimant à qui mieux mieux ses sujets. D’aventures en rencontres, notre charmante Septembre finira par se confronter à cette abominable petite femme… Ce qui nous réserve bien des surprises, foi de Bouch’.
Empreint de poésie et bien plus profond qu’on ne pourrait le croire, ce récit m’a énormément plu. Septembre y est pour beaucoup, cette petite étant particulièrement touchante : je dois avouer que j’ai retrouvée en elle une partie de l’enfant que j’ai pu être, en beaucoup plus courageuse et beaucoup (beaucoup, beaucoup) plus débrouillarde 🙂 Ceci dit, mon coup de cœur va (évidemment, diront ceux qui l’ont lu !) pour A-à-L, ce Vouivriothèque tout bonnement irrésistible : drôle, généreux et terriblement attachant, j’ai succombé dès qu’il est apparu dans le récit, cœur d’artichaut que je suis ❤️
J’ai aimé suivre les aventures de nos deux compères, l’auteure ayant le chic pour faire naitre au sein de notre imaginaire les paysages les plus fous (les descriptions de la Capitale m’ont laissée pantoise !), tout en agrémentant sa narration de petites touches d’humour ajoutant du piquant à l’ensemble. La plume, sans être extrêmement compliquée (n’oublions pas qu’il s’agit -aussi !- d’un roman destiné à un public plutôt jeune -mais pas que, voilà une chose de certaine-), est tout à fait soignée : on s’y croirait !

En bref, une très, très bonne lecture, dont je garderai souvenir longtemps. A conseiller à tous les enfants, qu’ils soient petits… Ou grands !

On en redemande
On en redemande !

Deux titres chez Slalom ! Les grandes jambes, Sophie Adriansen & Pax #1, Asa Larsson & Ingela Korsell

Du nouveau chez Slalom !

Hello mes chatons !

Petit article spécifique aujourd’hui, puisque je ne vous parlerai non pas d’un, mais de deux livres… D’un tout nouveau label jeunesse 🙂 J’ai profité de mon dimanche après-midi pour les dévorer tous deux, il est maintenant temps d’en parler !

♦ Les grandes jambes, Sophie Adriansen

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L’histoire : Marion, collégienne en pleine croissance, est obsédée par la longueur de ses jambes qui n’en finissent pas de s’allonger, rendant la recherche d’un jean qui lui aille bien extrêmement délicate. A l’âge des complexes, des premiers émois amoureux et de la construction de l’image de soi, être hors cadre se révèle parfois difficile, voire douloureux. Comment attirer les regards de Grégory, dont elle est amoureuse, avec un pantalon qui lui découvre les chevilles ? Mais alors que le collège part en voyage scolaire à Amsterdam, Marion profite de cette occasion pour élargir son horizon.
Elle approfondit sa passion pour l’art, notamment en découvrant in situ le célèbre tableau La Ronde de nuit, et met en perspective ces contrariétés d’adolescente née après l’an 2000 en visitant la maison d’Anne Frank.

Mon avis : Aaaah, cette Marion ! Je dois bien vous avouer qu’au début, j’ai eu… Comment dire ? Beaucoup de mal. Beaucoup de mal, car elle m’a fait l’effet d’une petite peste arrogante et gratuitement méchante, ne jugeant les autres que par leur physique. Rapport à quelques réflexions assez déplacées sur le physique d’une vendeuse de jeans… Et puis, j’ai réfléchi. Je me suis souvenue. Qu’à 12 ans, on ne pense qu’à rentrer dans le moule. Et que, surtout, on est vraiment, mais vraiment, pas tendre avec les autres. Malgré tout, je regrette cette stigmatisation des rondeurs, plutôt gratuite, d’autant plus que ce n’est jamais (mais JAMAIS) remis en question dans le roman (j’aurais tout de même du mal à le faire lire à ma nièce qui, du haut de ses neuf ans, regarde déjà dans la glace si elle n’a pas de trop grosses fesses T.T). Reste que j’ai finalement passé un moment plutôt agréable : Les grandes jambes parle surtout d’une jeune fille qui se cherche, déjà sortie de l’enfance et encore loin d’être adulte… Avec toutes les interrogations qui vont avec, entre premiers émois amoureux et éveil artistique, un aspect qui a d’ailleurs été loin de me déplaire. C’est touchant, parce que l’on se reconnait un peu dans notre jeune héroïne, qui parlera également aux jeunes filles de 12-13 ans, pour peu qu’elles soient, pour le coup, véritablement rentrées dans l’adolescence. Un petit debrief avec les parents à la sortie de la lecture pourrait être un grand plus !

♦ Pax #1,  Asa Larsson & Ingela Korsell

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L’histoire : Au sein de la petite ville de Mariefred, en Suède, se cache une étrange bibliothèque, que l’on dit habitée par des puissances magiques, et gardée depuis toujours par Magnar et Estrid. Mais lorsque des forces maléfiques s’y attaquent, le dévouement des deux vieux gardiens ne suffit plus… Alrik et Viggo, deux enfants malmenés par la vie, se révèlent être les guerriers attendus pour combattre ces forces obscures et inverser le cours des événements.

Mon avis : Prenez garde : livre à ne pas mettre entre toutes les mains ! Dans la même veine que la série de Joseph Delaney (ndlr : L’épouvanteur), cette série pourrait bien donner des sueurs froides à notre petit lecteur s’il est quelque peu froussard. Pour le reste, rien à redire : il y a du rythme, de l’action quand il en faut, les deux personnages principaux sont plutôt bien croqués (et attachants, forcément… Même si j’ai eu un petit faible pour Alrik !), le fond comme la forme tiennent bien la route… Une fois plongés dedans, difficile d’en sortir ! Le format plaira d’autant plus aux enfants peu férus de lecture que le récit s’accompagne de planches façon manga, éclairant les temps forts de l’action. En un mot comme en cent : c’est vraiment, vraiment pas mal du tout ! Asa Larson crée ici un univers d’une envergure indéniable, et nous laisse présager le meilleur pour la suite… On l’attend donc de pied ferme 😀

Deux lectures, deux genres totalement différents, mais une entrée dans le milieu de la littérature jeunesse qui ne passera, on l’espère, pas inaperçue !