Phobos #3, Victor Dixen

Tome 1
Tome 2
Phobos – Origines

L’histoire : Fin du programme Genesis dans
1 mois…
1 jour…
1 heure…

Ils sont prêts à mentir pour sauver leur peau.
Ils sont les douze naufragés de Mars. Ils sont aussi les complices d’un effroyable mensonge.
Les spectateurs se passionnent pour leur plan de sauvetage, sans se douter du danger sans précédent qui menace la Terre.
Elle est prête à mourir pour sauver le monde.
Au risque de sa vie, Léonor est déterminée à faire éclater la vérité. Mais en est-il encore temps ?
Même si le compte à rebours expire, il est trop tard pour renoncer.

Mon avis : Mais mais maiiiiis…. MAIS C’EST QUOI CE BOUQUIN ?! Troisième tome, troisième coup de cœur – si tant est que Victor Dixen m’en ai laissé un, de cœur. J’accumule les lectures sadiques, et cela se ressent : j’avance le regard vide, tel un zombie privé de sentiments. Alors, avant de spoiler à tout va, un petit mot pour tous les malheureux n’ayant pas encore découvert cette série : FONCEZ. Foncez, parce que vous avez là trois romans qui se DÉVORENT, trois romans qui nous embarquent dans la plus folle des aventures, trois romans qui bouleversent, captivent, passionnent. Trois romans qui ont fait battre mon cœur à mille à l’heure, et que je ne saurais que trop recommander à quiconque souhaite passer un moment hors du temps.
Ceci étant dit… Bouchez vos oreilles, vous qui n’avez pas encore lu les deux opus précédents, et fermez vos yeux : le spoil est tout près ! Nous retrouvons nos pionniers là où nous les avions laissés : Léonor en pleurs, encore sous le choc de la révélation fracassante de Marcus. Le jeune homme, loin d’être le joli cœur qui nous avait précédemment fait fondre, s’était en réalité révélé être le pire des menteurs, arriviste à souhait et prêt à tout pour arriver à ses fins. De quoi mettre dans tous leurs états nos héros, que l’on se le dise. La situation est donc plus que tendue, à l’aube de ce troisième opus : que faire de Marcus, qui aurait pu tous les sauver s’il ne s’était pas montré aussi égoïste ? Que penser du retournement -forcé- de veste de Serena, et ce providentiel ascenseur spatial qui pourrait bien les sauver de la prochaine tempête martienne ? Que faire avec la seconde sélection de candidats pour Mars ? Parler, pour sauver treize personnes, et risquer la dépressurisation de la base… Ou se taire,  et les condamner, peut-être, au même sort terrible ? Et surtout, comment continuer à vivre comme si de rien était, sous l’œil inquisiteur des centaines de caméras, quand la mort rôde bien plus près qui quiconque ne peut s’en douter ?
Que l’on se le dise : ce troisième tome fourmille d’interrogations. Cela fait maintenant deux ans que notre cœur bat à l’unisson de ceux de nos prétendants, et l’heure du dénouement a sonné : entre rebondissements (certains n’en sont pas, pour ceux ayant lu Origines… Mais rassurez-vous : vous aurez largement de quoi faire avec le reste) et retournements de situations totalement imprévus (j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce que faisait l’auteur avec le personnage de Serena, notamment)(je hais cette femme autant qu’elle me laisse sans voix), il m’a été particulièrement difficile de stopper ma lecture : bien que ce soit un joli pavé, il n’a pas fait long feu, vous pouvez me croire. Victor Dixen instille une tension particulièrement perfide, nous laissant pendus à ses mots et à son imagination : que nous réserve-t-il encore ? J’ai donc lu, lu et encore lu, encourageant mes collègues à faire de même (et, force est de dire que le lire à trois n’a pas la même saveur qu’en le lisant seule) : totalement prise dans les rets tendus par Victor Dixen, je n’ai pu empêcher mon cœur de s’emballer follement, oubliant jusqu’au monde extérieur… Et chutant cruellement, à la toute fin du roman : y aurait-il donc un quatrième tome, dont je n’ai été informée ? Parce que ce n’est plus une porte ouverte qu’il laisse, mais une arche ! D’après mes recherches, il semblerait qu’il envisage en effet une suite… Ou, plutôt, le début d’un nouveau cycle (quand on voit comment celui-ci se termine, on peut comprendre). Soyez rassurés, tous ! Nous n’avons pas fini d’en entendre parler 🙂
Je vous le disais : j’ai lu ce troisième opus d’une traite, ou presque. Je suis restée immergée de bout en bout dans l’atmosphère du roman, comme hypnotisée par une intrigue ne manquant pas de piquant. Si j’avais écrit ma chronique sitôt ma lecture terminée, elle aurait donc été peuplée de OOOOOH et de AAAAAAH, de ?!!!!!! et de #*¨?!! »(§#. Par manque de temps, cela n’a pas été possible… Et cela m’a donc permis de réfléchir un peu à ce que je venais de lire. Cela m’a permis, surtout, de comprendre pourquoi ce troisième tome avait tant fait parler : entre déceptions et coups de foudre, il a en effet déchainé les passions. Si de mon côté le coup de cœur ne se dément pas, je dois bien reconnaitre – à mon grand dam- qu’il n’est exempt de défauts. En vrac, parlons de :
– certains passages un peu « niaiseux », intervenant à la toute fin du roman (pour ceux ayant déjà lu cet opus : le dernier dialogue entre Léonor et Marcus, et la déclaration d’Harmony à Andrew) : j’ai trouvé leur mise en place assez maladroite, faisant descendre l’intensité du moment plutôt que l’inverse.
– Le changement radical de comportement des pionniers face à Serena : mais sont-ils tous stupides, ou bien ? Si je n’y est pas prêté grande attention sur le moment, cela m’a tout de même fait l’effet d’une piqûre urticante : agaçant au possible. Qu’ils cessent donc de faire les girouettes et se posent deux minutes pour réfléchir un peu -_-
– Le manque d’approfondissement sur l’environnement : Mars offrait un tel potentiel ! Il y avait tant à faire, notamment avec cette « chose » mentionnée dans le deuxième tome ! Et là… Bref, je trouve ça dommage de s’être concentré quasiment exclusivement sur les pionniers et les membres du programme sur Terre, le récit perdant quelque peu son petit côté thriller.
Autant de petits points que l’on passe aisément sous silence lors de notre lecture, tant celle-ci est prenante, mais qui reviennent nous tarauder une fois celle-ci terminée : je ne pouvais donc pas les occulter dans cette chronique.
Finalement, c’est avant tout curieuse que je termine cette aventure : nous le savons désormais, Victor Dixen n’a pas tout à fait tourné la page du programme Genesis. Qui sait ce qu’il nous réserve pour la suite ? Une chose est sûre, de mon côté : il a réussi le joli coup de me passionner de manière égale sur plus de mille pages, touts romans confondus, et ça… Ce n’est pas donné à tout le monde 🙂

En bref, un troisième tome fort en surprises, qui aura su me tenir en haleine de bout en bout. Malgré ses quelques petits défauts, je le crie donc haut et fort : c’est un coup de cœur !

Coup de cœur !

Memorex, Cindy Van Wilder

memorex

L’histoire : 2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l’île familiale. Un an qu’Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s’est muré dans une indifférence qui la fait souffrir.
Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l’île : c’est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l’énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoites de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

Mon avis : Mais que cela fait du bien, de se replonger dans l’imaginaire de Cindy Van Wilder ! Souvenez-vous : j’avais ADORÉ les trois premiers tomes de sa série Les Outrepasseurs, cocktail détonant d’originalité et d’émotions, dont le quatrième opus promet d’ailleurs de bien belles surprises. Avec Memorex, c’est un tout autre univers qu’explore notre chère auteure, se frottant cette fois-ci au thriller anticipatif… Et avec brio !
Il y a un an, Réha et son frère jumeau Aïki ont réchappé à un attentat suicide. Un attentat visant expressément leur mère, artiste reconnue et militante engagée, alors qu’elle donnait une réception présentant son œuvre. Depuis lors, les jumeaux n’ont plus jamais été les mêmes : si Réha s’est peu à peu raccrochée à la vie avec l’aide de sa meilleure amie, gardant au fond d’elle même une rancœur et une colère impossible à faire taire, Aïki s’est totalement replié sur lui-même, semblant avoir oublié l’existence de sa sœur. C’est donc avec angoisse que la jeune fille voit arriver les vacances de Thanksgiving, qu’elle devra passer sur l’île familiale en compagnie de ce jumeau qu’elle ne reconnait plus et d’un père bien trop absent, afin de commémorer le premier anniversaire du décès de celle qui les maintenait unis.  Mais peut-être est-ce surtout l’occasion pour la jeune fille de lever le voile sur ces secrets qu’on lui cache,  ces non-dits qui lui pèsent terriblement…
Pour une réussite, c’en est une ! Je me suis plongée dans cette lecture sans savoir de quoi il retournait, faisant aveuglement confiance à Cindy : et le fait est que j’ai passé un excellent moment. Sur les charbons ardents, certes, mais tout de même. Et j’avoue avoir été surprise ! Comme je vous le disais, j’avais été charmée par son aisance à mêler légendes, fantasy urbaine et intrigue de haut vol. La thriller ne semblait donc pas faire partie de sa zone de confort… Et pourtant, pourtant ! C’est comme si elle avait fait ça toute sa vie : j’ai été de suite happée par cette intrigue qui nous met les nerfs en pelote et nous tient en haleine du début à la fin : chapeau bas ! Si cela démarre doucement, Cindy prend bien soin d’éveiller notre curiosité en ne nous disant pas tout (loin de là !) : notre esprit ne tarde pas à fourmiller de questions, et l’on ne souhaite qu’une chose… Poursuivre notre lecture, pour en obtenir les réponses. Et puis, peu à peu, les choses s’accélèrent. Jusqu’à devenir parfaitement intenses dans le dernier tiers du roman, où les révélations s’enchainent et les rebondissements pleuvent : nous voici entrainés dans un véritable huis-clos, notre cœur battant la chamade.  La plume de l’auteure sied parfaitement à l’atmosphère extrêmement tendue du roman : elle va à l’essentiel, donnant des détails où l’on en a besoin et laissant la part belle à l’action. Sachez-le : vous avez entre les mains un véritable page-turner !
Côté personnages, nous retrouvons avec joie son habileté à croquer des portraits saisissants, profonds, humains. J’ai été touchée par Réha, cette jeune fille si fragile et si forte à la fois, pleine de doutes et de questions restées sans réponse. Sa détresse m’a émue, et j’ai admiré sa détermination à faire face à l’adversité. Aïki, que l’on découvre davantage sur la fin de notre lecture, m’a bouleversée… Mais je ne vous dirai rien de plus. Ni sur les autres, d’ailleurs : j’aime autant vous laisser la surprise. La galerie est restreinte, certes, mais ce n’en est que mieux : nous prenons ainsi le temps de les découvrir à notre aise.
Côté univers, je ne vous en dirai pas non plus énormément : sachez seulement que l’auteure nous en réserve de belles. Contrairement à sa précédente série, elle choisit ici de nous projeter dans un futur proche, dans lequel certains domaines scientifiques auront fait d’immenses avancées… Mais chut ! Je ne dis rien, promis 😛 C’est savoureux et intrigant, voilà !
En somme, j’ai passé un EXCELLENT moment. Que je quitte à regret, tant cela m’a paru court ! Mais quand on dévore la moitié du roman en l’espace d’une soirée, forcément… 😉

En bref, c’est un grand OUI pour ce nouveau roman de Cindy Van Wilder ! L’auteure s’offre un tout nouveau terrain de jeu avec le thriller anticipatif, et le résultat en vaut sacrément la peine : on est pris dans ses filets dès les premiers chapitres, et l’on reste volontiers captifs jusqu’à la toute fin, qui nous laisse… Pantelants, chavirés, soufflés. Un grand OUI, vous dis-je !

On en redemande

On en redemande !

Phobos – Origines, Victor Dixen (Phobos #0)

Phobos origines

Phobos #1
Phobos #2

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L’histoire : Six pionniers en apparence irréprochables.
Six jeunes terriens rongés par leurs secrets.
Six dossiers interdits, qui auraient dû le rester.

Ils incarnent l’avenir de l’humanité.
Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, L’émission de speed-dating la plus folle de l’histoire, Destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars. Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, Leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction.
Ils dissimulent un lourd passé.
Le courage suffi t-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ? La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ? Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs Sur les  » héros de l’espace  » ?
Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu’il ne soit trop tard.

Mon avis : HA ! Quand ma Repré Robert Laffont est passée il y a quelques mois, en me disant que la suite et fin de Phobos arrivait en librairie pour fin mai, et que je lui ai gentiment fait remarquer que ce n’était pas la fin, mais plutôt le début… Et qu’elle m’a regardé d’un air dégoûté en me demandant si je voulais faire son boulot à sa place… Je n’ai rien répliqué. Mais, je peux vous dire que quand j’ai ouvert Phobos – Origines, si je l’avais eu en face de moi… Je lui aurais bien jeté à la tête (ouuh, la violente !). Parce que ce que nous avons là, c’est bien le prélude (une partie, en fait) des aventures de nos héros. Masculins, en l’occurrence : nous y découvrons plus avant chacun des six garçons, et notamment… Leurs vilains petits secrets. Car certains d’entre eux sont effectivement très, très vilains : Victor Dixen nous réserve de sacrées surprises, je puis vous l’assurer. Les pistes qu’il nous laissait entrevoir dans les deux premiers sont ici étayées… Ou totalement balayées : certains personnages m’ont plongée dans une profonde confusion, mes questions étant plus pressantes que jamais. Les découvrir ainsi, en dehors du programme Genesis ou presque (pendant les rounds de sélection, plus précisément), m’a énormément plu : j‘ai dévoré cet opus en quelques heures seulement, avide d’en apprendre davantage sur nos héros. Et quelle frustration, de devoir les laisser là ! Et de ne pas avoir le pendant féminin du roman ! Comme à chaque fois que je me plonge dans un roman de l’auteur, j’aurais voulu en avoir plus. Deux, trois, quatre fois plus ? C’est que sa plume est si immersive que l’on n’en sort qu’à reculons, malheureusement pour nous…
Après cette lecture, je serais bien en peine de retrouver les sentiments qui m’animait à la sortie du second tome : découvrir leurs failles et leurs faiblesses a totalement perturbé l’idée que je me faisais d’eux. Alors que je ne pouvais pas supporter Alexeï, je me suis surprise à éprouver à son égard une compassion sincère. Tao, qui me laissait assez insensible, m’a énormément touchée… Kenji, lui, lève un peu le voile de mystère planant sur son personnage… Pour le rendre plus opaque encore. Gros coups de cœur pour Samson et Mozart, leur passé torturé m’ayant bouleversée. Et Marcus… Marcus ! Marcus, qui m’avait donné envie de hurler dans le deuxième tome, qui m’avait affreusement déçue… m’a plongée dans un abîme de perplexité. RAAAAAH ! Et dire qu’il va falloir attendre encore de loooooongues semaines pour connaitre le fin mot de toute cette histoire ! ÇA, c’est sadique. ÇA, on aime. ÇA…. ça me donne envie de taper du pied. Qu’on se le dise ! Bien qu’il s’agisse d’un prélude, je vous conseillerai tout de même de lire les romans dans l’ordre de parution : vous découvririez dans cet opus des secrets qu’il est agréable d’ignorer au début de notre lecture. Suspense, suspense… Quoi qu’il en soit, les amateurs de la série y trouveront tout à fait leur compte : une fois encore… C’est génial !

En bref, ON EN VEUT ENCORE ! Plus de secrets, plus d’explications, plus de… Tout, c’est possible ? 😀

On en redemande
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Demain, une oasis – Ayerdhal

Demain une oasis

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L’histoire : Médecin à Genève, vie tranquille, que pouvait-il craindre ? Deux limousines, un coup de frein, des portières qui claquent, un pistolet-mitrailleur, deux beignes, une cagoule et des jours dans une cave sous perfusion et somnifères… Un kidnapping. A son réveil, il se retrouve quelque part dans un village africain. Un commando humanitaire lui en confie la responsabilité. Sécheresse, famine, terrorisme : dans une Afrique qui se meurt, c’est en cherchant le sens du mot justice qu’il trouvera celui de sa vie.

Mon avis : Un mot : Wahou. Je n’avais jamais rien lu d’Ayerdhal, ne connaissant de lui -et vaguement, encore- que cette figure d’auteur engagé et en colère, volontiers anticonformiste et ne mâchant pas ses mots. Avec ce court roman, je me suis pris… Une claque, et magistrale. Publié en 1992, il est pourtant cruellement d’actualité, criant de vérité et sans concession avec la nature humaine : Ayerdhal nous met le nez dans nos travers, nous y plonge tout entier.
Demain, une oasis, est un roman d’anticipation. Pas d’indication de temps, de date : nous sommes dans le futur, un futur proche, point. Le monde est plus que jamais coupé en deux : l’écart entre le Nord et le Sud est devenu gouffre, et tandis qu’une partie du monde s’est lancée à la conquête de l’espace, l’autre ne survit qu’à grand peine, plongeant toujours un peu plus dans une misère sans limite. Le héros, que l’on appellera l’Interne, est médecin à Genève. Coincé dans une vie monotone qui lui convient à défaut d’autre chose, il va se retrouver embarqué dans la plus grande aventure humanitaire jamais tentée : kidnappé, malmené, transporté… Mal en point, il se réveille dans un village africain. Un village qu’il va devoir faire tenir debout, dont il va devoir soigner les habitants. Mais sur cette terre où l’espoir n’existe plus, où il n’est plus question de vivre mais de survivre, sur cette terre que les occidentaux ont pris bien soin d’oublier pour mieux dormir la nuit, l’Interne va rapidement comprendre que ce n’est plus une simple lutte qu’il y a à mener, mais un combat à mort…
Il n’y a pas à dire : Ayerdhal appuie là où ça fait mal, et le fait parfaitement bien. En jouant sur les contrastes, il nous offre une vision du monde de demain à la fois cruellement réaliste et abominablement inhumaine, où la science a fait monter les uns au septième ciel quand elle a enterré les autres six pieds sous terre. Dans ce monde où humanitarisme et terrorisme sont inextricablement liés, l’Interne va perdre ses belles illusions et ses œillères, comprenant enfin que le confort de quelques uns se fait au détriment de la vie de plusieurs millions. On lit, on sent notre ventre se tordre et notre gorge se serrer : bien sûr que c’est déjà le cas. Bien sûr, que nous oublions volontiers la misère de ces dizaines de millions de pauvres hères, quand nous sommes installés confortablement chez nous, notre Mac acheté à crédit sur les genoux, notre bébé bien nourri sur son tapis de jeu. On lit, et on saisit : que si l’on ne fait rien, bien sûr que le futur décrit dans ce roman court et percutant sera le notre. Et les larmes coulent, évidemment.
Demain, une oasis a remporté le Grand prix de l’imaginaire en 1993, et il est on ne peut plus mérité. Parce qu’en plus de faire un texte engagé, parce qu’en plus de nous offrir une prise de conscience, il le fait merveilleusement bien : sa plume est magnifique. Alors, si je n’avais qu’un conseil à vous donner… Prenez quelques heures de votre temps, et lisez-le. Simplement, lisez-le.

En bref, un récit poignant et criant de vérité, sonnant parfaitement juste et merveilleusement bien écrit. Vous n’en ressortirez pas indemne si vous vous y plonger mais, croyez-moi : cela en vaut largement la peine.

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Coup de cœur !