J’ai toujours cette musique dans la tête, Agnès Martin-Lugand

L’histoire : Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin.
Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

Mon avis : Il y a quelques temps, je découvrais la plume d’Agnès Martin-Lugand avec son roman Désolée, je suis attendue, qui m’avait beaucoup plu. J’avais aimé la plume de l’auteure, son sens de l’intrigue et ses personnages hauts en couleurs… Et ai donc souhaité réitérer l’expérience avec son petit dernier, dont l’une de mes collègues m’avait dit le plus grand bien. Et, effectivement… Je l’ai lu en une soirée ! Fait rare qui n’était pas arrivé depuis un long moment, je l’ai dévoré en quelques petites heures, totalement absorbée par ma lecture 🙂 Il faut dire que ce roman, plus que le précédent, possède un petit côté sombre qui m’a mise sur les charbons ardents. J’oserai même dire qu’il m’a noué l’estomac, le bougre !
Nous y rencontrons Yanis et Véra, un couple de quarantenaires parents de trois enfants… Et, surtout, amoureux fous. Alors que Véra travaille dans une agence de voyage, Yanis, lui est associé à son beau-frère dans un cabinet d’architecture… Une association qu’il supporte de plus en plus mal, tant le fait qu’il ait tout appris sur le terrain lui pèse. Après une dispute de trop, c’est la rupture : Yanis se retrouve sans travail… Jusqu’à ce qu’il tombe sur Tristan, homme d’affaires mystérieux qui le pousse à s’établir en son propre nom, quitte à se porter garant pour lui. Yanis hésite, et se jette finalement à l’eau : une telle chance est bien trop belle pour la laisser passer… N’est-ce pas ?
Ouuh, que cette chronique va être délicate à écrire ! Le tout, c’est de ne pas vous en dévoiler trop : l’élément de surprise est crucial, et participe de manière décisive à la montée en puissance de l’intrigue. Agnès Martin-Lugand joue très bien sa partition en captant notre intérêt très rapidement, et ne le lâche pas : j’ai vraiment été captivée par ce récit qui démarre doucement, en nous présentant des personnages attachants auxquels je me suis beaucoup identifiée, puis en instillant une aura de malaise parfaitement dérangeante qui ne pourra laisser quiconque indifférent. Malgré la fatigue, malgré la journée du lendemain qui promettait d’être harassante, j’ai donc lu, encore et encore, les mains crispées sur mon bouquin. D’intriguée, je suis passée à méfiante, me retenant de jeter un coup d’œil angoissé derrière mon épaule. Et… J’ai aimé ça ! Parce que l’auteure m’a beaucoup surprise, ce n’était pas du tout un terrain sur lequel je l’attendais. Nous ne sommes pas dans le thriller ou le polar… Mais presque. Mais je ne vous en dis pas plus !
Quoi qu’il en soit, je pense que ce récit sera à même de plaire à beaucoup : les lecteurs aimant les récits de vie présentant des personnages forts qui nous marquent par leur vitalité y trouveront leur compte, tout comme ceux avides de suspense et d’intrigues non cousues de fil blanc. J’y ai pour ma part trouvé mon compte, quitte à y perdre ma nuit !

En bref, ce nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand ne sera pas sans surprendre les inconditionnels de l’auteure, tant ce petit côté sombre dénote dans sa bibliographie… Elle s’en sort pourtant particulièrement bien, nous offrant un récit prenant et bien ficelé. On en redemande !


On en redemande !

Les polars nordiques s’affichent !

Le bonhomme de neige - la princesse des glaces

Depuis plusieurs années, les auteurs de polar nordiques ont la cote : Stieg Larsson, Arnaldur Indridason et autres Jussi Adler Olsen ont ainsi envahi les étals de nos librairies, faisant souffler un vent polaire sur nos auteurs traditionnels… Un courant nouveau qui a le vent en poupe, et duquel je devais absolument me rapprocher. Pour se faire, j’ai décidé de me frotter à deux piliers du genre : Camilla Lackberg, avec la première aventure de son enquêtrice chouchou, Erica Falk, et Jo Nesbo, lui aussi accompagné de son personnage fétiche, Harry Hole…

la princesse des glaces

Traduit par Lena Grumbach & Marc de Gouvernain

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L’histoire : Erica Falck, trentenaire installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise où elle écrit des biographies, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête, Erica est vite convaincue qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point, et sur beaucoup d’autres, l’inspecteur Patrik Hedstrôm, amoureux transi, la rejoint.
Stimulée par cette flamme naissante, Erica se lance à la conquête de la vérité et met au jour, dans la petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître, des secrets détestables. Bientôt, on retrouve le corps d’un peintre clochard, encore une mise en scène de suicide…

Mon avis : Il y avait bien longtemps que je me tâtais pour me frotter, enfin, à Camilla Läckberg : n’ayant eu que des retours positifs sur ses romans, je ne prenais pas grand risque. L’occasion m’en a été offerte lors de mon dernier anniversaire, et je n’ai pas tardé à le dévêtir de son emballage pour l’embarquer avec moi… Et bien m’en a pris : si cette lecture ne fut pas explosive, du moins fut-elle tout à fait agréable 🙂
Nous rencontrons Erica, trentenaire un brin atypique, retranchée depuis peu dans la maison de son enfance afin d’y faire le deuil de ses parents. Biographe de son métier, Erica s’attendait à tout, en pénétrant dans la demeure de son amie d’enfance, alors ouverte aux quatre vents. A tout, sauf à trouver cette dernière dans son bain, les poignets tailladés. Suicide ? C’est du moins ce que l’on a voulu faire croire… Missionnée par les parents de la défunte pour écrire une nécrologie à la hauteur du personnage, Erica se lance sur la piste du meurtrier. Au risque de faire ressurgir de vieux souvenirs, que beaucoup s’attachent à cacher…
Précisons tout d’abord une chose : à choisir, je m’oriente plus facilement vers les thrillers que les polars : j’ai besoin de me ronger les sangs, de frémir sous ma couette. Avec La princesse des glaces… Ce ne fut pas vraiment le cas : l’auteure n’instille pas vraiment de tension à son intrigue, ne nous met jamais au supplice en plaçant ses héros dans de tragiques situations. Non, Camilla Lackberg développe en ce sens un vrai polar : l’accent est mis sur l’enquête, la mise en scène reste assez sobre, et les personnages, tout comme leur environnement, sont plutôt bien soignés. Pour autant, cette sortie de ma zone de confort ne m’a pas déplu : j’ai apprécié ma rencontre avec Erica, suivre ses aventures sur fond de paysage glacé. Si la plume (la traduction ?) m’a laissée quelque peu insensible, j’ai suivi avec intérêt la progression de notre enquêtrice du dimanche… Et pourtant diablement perspicace. Camilla Lackberg nous offre là un récit à la fois efficace et prenant, et nous prouve joliment qu’elle n’usurpe pas sa réputation, tout au contraire !

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le bonhomme de neige

Traduit par Alex Fouillet

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L’histoire : Les premiers flocons ont quelque chose de féerique. Ils rapprochent les couples dans la chaleur des veillées, étouffent les bruits, étirent les ombres et masquent les traces. Dans le jardin familial des Becker, un bonhomme de neige fait son apparition, sorte de croquemitaine blanc, ses grands yeux noirs braqués vers les fenêtres du salon. Le lendemain matin, la mère a disparu seule reste une écharpe rose autour du cou du bonhomme de neige…
Trop de femmes en Norvège, depuis des années, n’ont plus donné signe de vie le jour des premières neiges. Harry Hole reçoit une lettre qui lui annonce d’autres victimes. D’une sobriété étonnante, l’inspecteur va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur son territoire. L’enquête le conduira jusqu’au gouffre de la folie.

Mon avis : Les connaisseurs s’étonneront certainement de trouver ce roman ici, sans trace d’autres écrits de Jo Nesbo sur le blog. Effectivement, je n’avais lu encore aucun récit de cet auteur… Et ai décidé, naturellement, de commencer par le huitième (si je ne m’abuse) tome des aventures de son enquêteur attitré, Harry Hole. Vous vous en doutez, c’est une erreur de ma part 😅 J’ai donc été un peu perdue en rencontrant Hole, puisque les détails le concernant sont assez rares. Nesbo distille ça et là informations éparses, toutes ou presque faisant référence à des évènements passés que je n’ai pu, donc, que deviner. Cela a quelque peu haché mon récit, et ma lecture s’en est trouvée un poil laborieuse. Dommage ! Car la trame de fond, elle, est vraiment intéressante : l’auteur m’a complètement baladée de bout en bout, et je suis tombée des nues à chacune de ses révélations. Nul doute que si j’avais suivi l’ordre habituel de lecture, les moments passés en compagnie de cet enquêteur revêche mais talentueux m’auraient paru bien moins longuets ! Pour une première expérience avec l’auteur, ce fut tout de même concluant : du moins assez pour que j’ai envie de m’essayer à un autre de ses romans !

En bref, ces deux romans m’ont plutôt convaincue, sans pour autant m’emporter comme ont pu le faire Mo Hayder ou Sire Cédric. A voir si leurs prochains romans sauront me faire vivre une expérience de lecture inoubliable !

972b6-bonmomentUn bon moment !

N’oublie pas mon petit soulier, Gabriel Katz

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L’histoire : Benjamin Varenne, un beau gosse acteur raté ou plutôt qui n’a pas encore percé, enchaîne les castings foireux et les jobs alimentaires. Pendant la période des fêtes, il fait office de Père Noël au Printemps. Débarque une petite bombe aux longs cheveux, encadrée de deux gardes du corps. Elle minaude ouvertement et exige un selfie avec le Père Noël.
De fil en aiguille, le Père Noël se retrouve dans le lit de la belle, dans un luxueux appartement du XVIe, les gardes du corps sagement parqués dans le salon. Avant de s’endormir, la princesse le prévient : il doit mettre son réveil à 6 heures et disparaître. Manque de chance, le portable n’a plus de batterie. Et Benjamin émerge trop tard. Il tombe nez à nez avec une mamie revêche qui l’insulte dans une langue inconnue – genre pays de l’est- en le braquant avec un énorme pistolet. S’ensuit un règlement de comptes de gangsters et notre Père Noël, paniqué, n’a d’autre choix que de fuir. Car la mamie flingueuse est en fait la mère du petit ami officiel, un caïd albanais qui va tout faire pour se venger selon le principe albanais du kanun.

Mon avis : Si vous me suivez depuis au moins quelques mois, vous connaissez plus que certainement mon amour inconditionnel pour les écrits de Monsieur Katz. Tout simplement parce qu’il nous offre, à chacun de ses romans, un cocktail d’humour, d’action, d’émotions… Et j’en passe, le tout ficelé autour d’une intrigue toujours captivante. Ne l’ayant vu à l’œuvre qu’en matière de fantasy, j’ai donc été plus qu’intriguée quand j’ai appris qu’il se lançait à l’assaut du monde du polar… Avec un titre tombant on ne peut mieux pour cette fin d’année : N’oublie pas mon petit soulier
Benjamin Varenne est acteur. Ou, plutôt, enchaine les castings comme les conquêtes, avec toutefois bien plus de réussite dans le second cas. Beau gosse un poil vantard, le voilà contraint d’endosser un costume de Père Noël pour boucler sa fin d’année : entre les gamins baveux et les parents pénibles, les journées promettent d’être longues. Fort heureusement, on peut toujours compter sur une paire de belles gambettes pour se distraire : après une demande express de selfie lui ayant donné quelques sueurs froides, Ben quitte son poste pour tenter de découvrir ce qui se cache sous cette doudoune un poil encombrante. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que Victoire, cette jeune femme décidément plus qu’attirante, serait la compagne attitrée d’un mafieux albanais. Et que passer la nuit avec elle lui vaudrait bien davantage qu’un simple règlement de comptes en bonne et due forme…
J’ai RI. Merci, Gabriel, merci pour ces beaux fous rires un poil incontrôlés ! Et qui l’eut cru, en commençant un polar ? Mais le fait est là : comme à son habitude, l’auteur nous offre un récit complètement décalé, avec ce grain (que dis-je, ce silo !) de folie que l’on aime tant. Polar ou non, N’oublie pas mon petit soulier m’a redonné une pêche d’enfer, en plus de courbatures aux zygomatiques.  Et je peux vous dire que c’est sacrément bon, quand on s’enlise dans une fatigue intense nous empêchant de lire plus de quelques pages d’affilée 🙂
Alors bon, d’accord, c’est drôle… Mais ensuite ? Ensuite, c’est également tout bon : Gabriel Katz nous embarque dans une intrigue enlevée, ou rebondissements et retournements de situation pleuvent. On se prend vite d’affection pour Benjamin, bien qu’il soit tout à fait le genre d’homme à me taper sur le système dans la vraie vie : sûr de lui et assez peu enclin à se remettre en question, cet homme à femme m’a finalement touchée. Qui l’eut cru ? Ses pitreries (bien involontaires, à sa décharge) ont finalement eu raison de mes aprioris, et je m’y suis attachée. VRAI DE VRAI. Victoire, elle… M’a surprise à bien des égards. Et je ne dis pas ça que pour la fin ! On la découvre tout d’abord charmeuse, mutine, puis bien plus jeune qu’elle ne veut le paraitre, fragile, presque… Et puis… NAN ! Je ne dirai rien.
Finalement, pour un premier coup, Gabriel Katz s’en sort vraiment, vraiment bien. N’oublie pas mon petit soulier nous offre un jolie bouffée d’air frais, et même si mes coups de cœur pour Aeternia ou Le puits des mémoires restent inégalés, nul doute que cette lecture m’a fait un bien fou 🙂 A lire et, surtout… Ne pas hésiter à le mettre entre toutes les mains !

En bref, quand Gabriel Katz s’essaye au polar, il ne le fait pas à moitié ! N’oublie pas mon petit soulier est à la fois prenant et diaboliquement drôle, efficace et rythmé. Une réussite !

On en redemande
On en redemande !

Tout pour plaire, Ingrid Desjours

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L’histoire : David et Déborah ont tout pour plaire : jeunes, beaux, amoureux, une maison de rêve… Extrêmement séduisant, autoritaire et charismatique, David est coach en séduction. Très amoureux de sa femme, architecte d’intérieur d’une beauté rare, il est aux petits soins pour elle, parfois même étouffant, quand Déborah lui est complètement dévouée, presque soumise. Mais leur bonheur dérange. On chuchote dans le voisinage que leur couple n’est pas aussi uni qu’il paraît, qu’il y a là un loup… et un agneau prêt à se faire égorger.

Mon avis : En découvrant le synopsis de Tout pour plaire, je dois bien avouer que ma curiosité a de suite été éveillée : quel étrange secret cache donc ce couple ? Je n’ai pas pu résister, et il n’a pas tardé à arriver dans ma PAL. C’est grâce à une lecture commune avec mon p’tit chat préféré, j’ai nommée Léa, qu’il en est sorti… Et le fait est, qu’une fois plongée dedans… J’ai eu bien du mal à le lâcher.
L’histoire commence de manière assez banale : il est sûr de lui, dragueur et beau mec. Elle est sublime, prête à tout pour le satisfaire et un brin effacée. A première vue, Deborah et David forme le couple idéal, à qui tout sourit. Mais quand on gratte un peu à la surface… Les soupçons s’éveillent : David n’est-il pas un peu trop colérique ? Et Deborah ne parait-elle pas trop soumise ? Chez les voisins, les esprits s’échauffent et le couperet tombe : David est un pervers narcissique…
Et soudain, tout bascule : Nicolas, le frère de David, réapparait après 8 ans d’absence. Sa femme a disparue, et il se retrouve seule avec une petite fille de quatre ans. Pour David, le retour de son frère ne peut signifier qu’une chose : jaloux de sa réussite, ce dernier cherchera à lui pourrir la vie autant que possible. Le voilà redevenu fébrile, aussi fragile que lorsqu’il était enfant. Alors que pour Deborah… C’est avant tout l’occasion de toucher du doigt un rêve qui lui échappe depuis toujours : être mère, ne serait-ce que pour quelques jours.
Sacha Mendel, en charge de l’enquête pour retrouver la femme de Nicolas, ne tarde pas à comprendre qu’il vient de mettre les pieds dans un véritable nid de serpents : qu’est-il arrivé à Laura ? Nicolas est-il véritablement le mari éploré qu’il veut faire croire ? Et surtout… Comment faire pour sauver Deborah des griffes de ce mari bien plus dangereux qu’il n’y parait ?
Malgré un résumé assez clair, je ne savais pour autant pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant ce roman. Un policier, un thriller ? Un drame familial, quelque chose de plus sombre ? Je m’y suis donc plongée pleine d’interrogations… Des interrogations qui n’ont cessé de se modifier et de s’amplifier à mesure que ma lecture avançait : Ingrid Desjours nous balade de bout en bout, brouillant les pistes à chaque instant. Disons-le carrément : je n’avais strictement rien vu venir ! On a beau se retrouver au cœur du quotidien de Deborah, David et Nicolas, impossible d’y voir clair. D’où ma stupéfaction, lors du dénouement…
Malgré tout, cette lecture ne s’est pas tout à fait passé comme je l’aurais voulu : quelques défauts sont malheureusement venus l’entacher. Premièrement, le style : je ne saurais pointer précisément ce qui m’a gêné mais, clairement, je n’ai pas du tout adhéré à la façon d’écrire de l’auteure. Expressions maladroites, ponctuation étrange, dialogues assez bancals… Bref, gros souci de ce côté-là. Un défaut que j’ai d’autant plus remarqué que j’ai trouvé ce roman assez long. Je ne vais pas vous mentir : il m’est arrivé, à de très nombreuses reprises, de sauter carrément des passages :/ Il est mentionné sur la quatrième de couverture qu’Ingrid Desjours a imaginé ce roman comme un scénario de série. Et, effectivement, le rythme est assez similaire : récit extrêmement séquencé, rappels des évènements précédents récurrents…  Avec une centaine de pages en moins, je pense que le roman aurait été plus efficace, plus incisif. Et je n’aurais sans doute pas été tentée d’arrêter ma lecture toutes les deux-trois pages :/ Heureusement que l’intrigue était là pour relever le tout !

En bref, une lecture en demi-teinte : l’intrigue m’a beaucoup plu et m’a énormément surprise, mais le style et la longueur de certains passages m’ont gêné. A voir si je retrouverai les mêmes défauts dans d’autres romans de l’auteure !

Un bon moment
Un bon moment

En plus : la chronique de Léa !

Le syndrome Copernic, Henri Loevenbruck

L’histoire : Un matin d’été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense. Toutes les personnes qui étaient entrées dans le gratte-ciel périssent dans l’effondrement. Toutes, sauf une. Vigo Ravel, quelques minutes avant l’attentat, a entendu des voix dans sa tête qui lui ordonnaient de fuir. Et il a survécu. Il comprend alors qu’il détient un secret qui pourrait changer la face du monde. Mais il ne suffit pas de connaître un secret, si grand soit-il. Encore faut-il en comprendre l’origine. Qui sont ces hommes qui le traquent ? Quelle énigme se cache derrière le Protocole 88 ? Que signifient les voix que lui seul semble pouvoir entendre ? Il est des mystères qui valent tous les sacrifices. Même celui de l’âme.

Mon avis : Bon. Qu’on se le dise : je suis en pleine panne livresque. J’aurais pu lire n’importe quoi après Le héros des siècles, rien ne serait passé. Et Le syndrome Copernic n’a pas fait exception : une semaine que je me le traine, me plongeant dedans à reculons et prenant le moindre prétexte pour ne pas lire. Autant vous dire que la PS3 a bien tourné ! Pour autant, je ne suis pas vraiment sure que la qualité du livre soit à remettre en cause : la preuve, Chéri avait beaucoup aimé (je lui fais entièrement confiance à ce propos.)(Jusqu’à ce qu’il déteste l’un des livres que je lui aurai conseillé.). Simplement, je n’ai pas DU TOUT réussi à entrer dedans. Mais alors PAS DU TOUT. Du coup, je n’ai presque rien à vous dire : quelle chronique écrire sur un livre face auquel vous êtes restée totalement extérieure ? Ce qui me frustre vraiment, c’est que j’aime beaucoup ce que fait Henri Loevenbruck, et que je m’attendais (plus ou moins, d’accord) à aimer ce thriller. D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je vous parle de thriller, puisque je n’ai ressenti aucune intensité, aucun frémissement, pas la moindre petite chair de poule. Rien. Juste… Rien. Le néant. Le vide. Je ne saurais même pas vous faire un résumé potable, tant je n’en ai rien retenu. Je ne l’aurais pas lu que ce serait exactement pareil, en fait.
Pour autant, je ne peux pas le classer en déception, parce que cela n’en est pas une. Je vous le dis, je suis simplement restée neutre, extérieure. Pour le coup, je crois que nous tenons là un bon exemple d’une lecture parfaitement inutile ! Je n’ai pas aimé, je n’ai pas détesté, mais je n’ai pris aucun plaisir à lire et (pire !) me suis forcée pour le terminer. Une semaine de gâchée, en fait. Enfin, espérons qu’elle me servira de tremplin pour mieux rebondir et dépasser cette panne qui commence à me taper sur le système. C’est que j’ai une PAL à faire descendre, moi !

En bref, RIEN. Ma lecture fut très laborieuse, et je n’ai pas réussi à rentrer dans l’intrigue. Dommage, parce que le sujet était extrêmement prometteur. A retenter, quand cette vilaine panne sera passée !

  Laborieux

Sérum, épisodes 4,5,6 – Henri Loevenbruck/Fabrice Mazza

Allez savoir pourquoi il m’a fallu plus de 10 mois pour poursuivre cette série, en sachant que j’avais littéralement dévoré les trois premiers tomes… Quoi qu’il en soit, c’est à l’occasion du Salon du livre de Paris que je me suis procuré ces trois derniers épisodes, et c’est sur les instances du Chéri que je les ai sortis de ma PAL, samedi dernier.
 
 
Episode 1
Episode 2
/! Je déconseille la lecture de cette chronique à tous ceux n’ayant pas lu le troisième épisode /! 

L’histoire : Traqué par la police, le Dr Draken persiste à vouloir comprendre le lien entre les visions d’Emily et l’enlèvement du couple Singer. De son côté, le détective Lola Gallagher, abandonnée par sa hiérarchie, remonte la piste. Mais des zones d’ombre subsistent et mettent en péril son enquête. Pendant ce temps, leurs ennemis invisibles poursuivent leur plan machiavélique. Lola ira-t-elle jusqu’au bout ? Au prix de quels sacrifices ? 

Mon avis :  Au départ, j’étais uniquement partie pour lire le quatrième épisode. Arrivée à la toute dernière page, j’ai tâtonné d’un air absent autour de moi, ai mis la main sur le cinquième et ai continué ma lecture. Et puis, étrangement, je me suis retrouvée une heure et demi plus tard plongée jusqu’au cou dans un bain fumant, le 6ème épisode entre les mains. Ça sent le coup monté, je vous le dit ! 
Trêve de bavardages, concentrons-nous sur ce qui nous intéresse vraiment, à savoir ce qu’il se passe -en substance- dans ces trois épisodes. Souvenez-vous : le troisième épisode se terminait sur une note plutôt tragique, Lola retrouvant le corps sans vie de Emily dans l’appartement du Dr Draken. Passé le moment de stupeur et d’abattement, la jeune femme commence donc la traque de son meilleur ami, malgré le fait qu’elle ait été dépossédée de l’enquête. Bien sûr, tout n’est pas aussi simple que cela, et Lola va rapidement se rendre compte que Draken pourrait bel et bien être innocent. 
Nous allons de révélations en révélations, H. Loenvenbruck et F. Mazza jouant sur plusieurs tableaux simultanément : l’enlèvement du couple Singer, le décodage des visions de Emily, la traque du mystérieux Hatman, l’enquête de Detroit sur le passé du frère de Lola… Ils tissent une véritable toile d’araignée, maniant avec une dextérité certaine les mécanismes faisant le succès des séries policières américaines. L’intérêt du lecteur est sans cesse relancé, on est totalement accaparé par l’intrigue. 
D’où le fait que… Je n’ai pas pu m’empêcher d’avaler ces quelques six cents pages en quelques heures. Bon, j’admets bien volontiers que six cents pages de Sérum n’équivalent en rien à six cents pages de Victor Hugo. Mais il est indéniable que tout est fait pour provoquer cette « frénésie », pour pousser le lecteur à enchainer les tomes comme il enchainerait les épisodes d’une bonne série. La typographie est assez grosse, le phrasé court et incisif, on tourne les pages sans trop s’en rendre compte, happé comme on l’est par les évènements se déroulant sous nos yeux. 
Je suis habituellement assez sceptique en ce qui concerne les ouvrages écrits à quatre mains. Force m’est de dire que, cette fois-ci, c’est une véritable réussite. Entre notre poids lourd du polar français et notre spécialiste national des énigmes insolubles, c’est l’amour fou, et tant mieux pour nous : on est constamment dans le brouillard, croyant deviner ce qu’ils nous mijotent et étant, au final, très loin du compte, tout en étant constamment sur les dents en raison du suspens quasi permanent.  Le format condensé de ces petits livres ne nuit en aucun cas au développement de l’intrigue et à la psychologie des personnages : H. Loevenbruck et F. Mazza font preuve d’une efficacité indéniable, allant droit à l’essentiel et ne laissant rien de côté. Et je trouve que ça relève véritablement du tour de force.
Je m’arrêterai là pour cette chronique, pour la simple et bonne raison que… toute mon inspiration semble s’être fait la malle. Un dernier petit mot cependant, concernant la politique éditoriale inhérente à cette série d’un nouveau genre : je trouve que 6 € (ou presque), c’est un peu cher payé pour une heure et demi de lecture, en sachant que les différents tomes sont sortis à quelques semaines d’intervalle uniquement. Alors, oui, je trouve cette série excellente et je ne cesse de la recommander autour de moi, mais tout de même, il ne faudrait pas nous prendre pour des billes : J’ai lu aurait-il des problèmes financiers ? Quand on pense que c’est Flammarion qui chapeaute tout cela (et donc depuis peu Gallimard), j’ai un peu de mal à le croire. Enfin, que voulez-vous, il faut mettre le prix pour avoir de la qualité et, de la qualité, on en a. 

En bref, trois épisodes excellents que j’ai lu d’une traite, totalement prise dans la toile d’araignée tissée par les deux auteurs. Je ne sais pas pour quand est prévue la saison 2 mais, une chose est sûre : je ne manquerai le rendez-vous pour rien au monde !

 
On en redemande !

Les courants fourbes du Lac Tai, Xiaolong Qiu

  *Lu dans le cadre du Challenge ABC *

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Résumé : Parce qu’il a besoin de vacances, l’inspecteur Chen est envoyé en repos au bord du lac Tai. Ce paysage idyllique cache malheureusement une triste réalité : l’eau du lac est infestée par les rejets des usines alentour. Le directeur de l’une d’entre elles est assassiné et les militants écologistes radicaux sont montrés du doigt. Dans un pays où la croissance économique débridée nie les impératifs environnementaux les plus élémentaires, l’enquête se révèle délicate pour l’inspecteur Chen.

Mon avis : Que dire de cette lecture… Tout d’abord, je tiens à remercier Flo pour m’avoir gentiment permis de lire ce livre 🙂 Grande amatrice de polars et de thrillers, j’avoue n’avoir jamais lu d’auteurs chinois avant Xiaolong Qiu. Et je dois dire que l’on sent vraiment la différence : un ton plus doux, plus lent, plus épuré. Cela n’a pas été pour me déplaire mais… l’enquête policière est assez effacée, et la conclusion somme toute relativement prévisible. 
L’inspecteur Chen obtient quelque peu par hasard des vacances dans un centre de repos extrêmement luxueux, habituellement reservé aux cadres supérieurs et personnalités importantes du Parti. A peine arrivé sur son lieu de séjour, une sombre affaire éclate : le directeur de l’une des usines de la région est retrouvé mort dans son bureau. Les pistes se tournent alors vers les extrémistes écologiques, la région étant en proie à une pollution industrielle catastrophique. L’inspecteur Chen, incognito, va alors mener sa propre enquête, et soulever des vérités qui dérangent. Bon. Une sombre affaire de meurtre autour de problèmes écologiques, voilà qui avait tout pour me séduire. Malgré cela, je suis restée un peu en dehors de cette lecture, peut-être parce que je m’attendais à ce que l’intrigue policière soit davantage mise au premier plan, ce qui n’est pas le cas. Le Chen policier est bien souvent remplacé par le Chen poète et… Je dois vous avouer quelque chose : je crois être totalement hermétique à la poésie. Je n’ai rien contre elle, bien au contraire ! Mais, que voulez-vous, je n’y entends rien. Alors, concernant les multiples Haïkus qui parsèment ce livre… Je n’y ai pas trouvé grand intérêt (je me trouve bassement terre à terre, soudainement). 
Quant à l’enquête en tant que telle… Même si la narration est épurée, j’ai trouvé les fils un peu gros : quelques phrases plutôt maladroites m’ont conduites au meurtrier et à l’arme du crime bien avant la révélation finale. Dommage pour qui aime le suspens !
Mais, je le répète, je ne crois pas que l’enquête ait été mise au premier plan par l’auteur, celui-ci lui privilégiant une analyse de la société chinoise : la recherche incessante du profit, au détriment de l’environnement. Je me suis donc sentie quelque peu « flouée » par ce résumé, qui m’a un peu gâché une lecture que j’aurais très certainement davantage apprécié sans lui. C’est ainsi !
Sans cela, j’ai tout de même passé un agréable (mais long) moment. Je pense que ce livre pourra plaire aux amateurs de littérature et de poésie chinoise, qui y trouveront un agréable mélange entre policier et recueil de poèmes.

En bref, une lecture qui m’a quelque peu laissée sur ma faim, ne m’attendant pas du tout à quelque chose de ce genre.

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Samlor

  Laborieux, mais…