Projet Polaris, Shannon Messenger (Gardiens des Cités Perdues #5)

Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

Couverture par Jason Chan

L’histoire : Après un passage mouvementé par Exillium, l’école réservée aux bannis, Sophie et ses amis sont de retour à l’académie Foxfire, où la jeune Télépathe n’est pas la seule, cette fois, à bénéficier de la protection d’un garde du corps. Car certains masques sont tombés : les nouveaux membres du Cygne Noir, ainsi que leurs familles, sont plus que jamais en danger… D’autant que les Invisibles, ces rebelles qui menacent les Cités perdues, multiplient les attaques. Tandis que la tension monte avec les ogres, forçant les elfes à accepter des changements drastiques de leurs modes de vie, notre petite troupe tente d’en découvrir plus sur le plan de l’ennemi. Sophie ne dispose pourtant que de maigres indices…

Mon avis : … C’est fou. C’est fou, parce qu’à chaque fois que j’ouvre un nouveau tome de Gardiens des Cités Perdues, je me dis « Ok, cette fois-ci elle ne peut pas faire mieux ». Et à chaque fois que je lis la suite… Et bien si, elle peut le faire. Et cette fois-ci, Shannon Messenger ne se contente pas de faire mieux : elle s’est tout simplement surpassée. Chaque tome fut pour moi une révélation : je tenais enfin là une série jeunesse à même de me faire vivre les mêmes émotions que j’avais ressenti à la lecture d’Harry Potter Et avec celui-ci, c’est le coup de foudre : plus l’on avance dans l’intrigue, et plus Shannon Messenger peaufine ses détails. Plus elle soigne ses personnages, plus ceux-ci font partie intégrante de nous-mêmes : Sophie, bien sûr, mais également Fitz, Keefe, Dex, Diana, Tam, Linh, Sandor, Edaline, Grady… Et j’en passe, tellement, tellement. Ils sont si… Vivants, humains, attachants ! Je deviens un peu plus orpheline à chaque fois que je suis contrainte de les quitter, et je donnerais tout pour avoir la suite de leurs aventures sous la main… Et ce, d’autant plus quand arrive la fin, et la manie proprement horrible de l’auteure de finir ses tomes de la pire manière qu’il soit.
Oui, j’avais quitté le quatrième tome en larmes. Je ne vous ferai pas de résumé, pour ne pas spoiler ceux d’entre vous n’ayant pas encore eu l’occasion de découvrir cette petite pépite de série, mais nous reprenons là où nous terminions l’opus précédent : des bouleversements de taille s’étaient produits, et les chocs multiples avaient été longs à absorber. Nous découvrions plus avant les projets du Cygne Noir et des mystérieux Invisibles, tout en en apprenant davantage sur Sophie et son étrange génétique. Nous rencontrions de nouveaux héros, qui ne tardaient pas à nous frapper en plein cœur. Bref, une nouvelle fois, nous vivions véritablement notre lecture. Et à l’aube de ce cinquième tome… Toutes les émotions qui nous avaient précédemment submergés reviennent en force : l’étau se resserre, et avec lui le nœud qui oppresse notre gorge. Nous retrouvons avec joie nos héros, mais ne pouvons nous empêcher de nous demander… Que va-t-il leur arriver, cette fois-ci ? Va-t-on avoir les réponses à nos questions ? Le début du roman, d’ailleurs, est fort intrigant : en faisant référence à une scène ultérieure, je n’ai pu m’empêcher d’imaginer que l’auteure souhaitait là nous montrer, peut-être, l’un des pouvoirs encore non éveillés de Sophie. Car, de quoi s’agit-il ? D’un rêve prémonitoire de notre héroïne, ou d’un simple passage rapporté par un narrateur omniscient, qui n’existe pourtant pas dans le reste du roman ? Mon intérêt s’est donc éveillé de suite, comme je m’y attendais… Pour ne plus s’éteindre : malgré la taille du bébé, Shannon Messenger mène son intrigue tambour battant et ne nous laisse aucun répit : on aurait envie de le dévorer d’une traite, quitte à y passer la journée. J’en ai d’ailleurs lu une bonne moitié d’affilée, me mettant carrément en retard pour le boulot : impossible de le lâcher et, de fait, de voir le temps défiler à la vitesse de l’éclair. Qu’à cela ne tienne : je l’ai repris le soir même, terminant la cinquantaine de pages restantes… Et me mettant derechef à pleurer, tant Shannon met d’ardeur à bouleverser tout ce que nous prenions pour acquis, à mettre un violent coup de pied dans la fourmilière. J’avais bien compris, avec le tome précédent, qu’aucun de nos personnages chouchous n’étaient désormais plus en sécurité. Mais… De là à imaginer cela… Bref.
C’est donc totalement absorbée que j’ai dévoré ces presque 700 pages, contenant bien mal la tempête d’émotions faisant rage à l’intérieur de mon crâne. Car, à ceux qui ne l’auraient pas encore compris, GdCP est loin, loin de n’être qu’une saga jeunesse : Shannon Messenger ne laisse aucunement place à la facilité, ni dans son intrigue, ni dans la construction de ses personnages, ni dans la mise en place de son univers. Bien au contraire, tout cela se complexifie à mesure que l’auteure nous plonge plus avant dans sa série. Oui, elle reste accessible à un public jeune, du moins les premiers tomes. Mais elle est également à même de plaire aux plus grands, tant elle est complète : je reste toujours impressionnée du degré de détails que l’auteure nous livre, même si j’aimerais bien entendu en connaitre plus : j’imagine volontiers des tomes deux fois plus épais 🙂 Si vous hésitiez, donc, par peur de vous frotter à quelque chose de trop simpliste, sachez que vos doutes n’ont pas lieu d’être : cette série est passionnante, simplement. Et ce cinquième tome surpasse tout, mes espoirs comme mes attentes. Je viens tout simplement de dévorer un concentré de bonheur, d’émotions, de tristesse, de violence, d’amour. Et je crois… Que je vais avoir beaucoup, beaucoup de mal à passer à autre chose.

En bref, COUP DE COEUR !!! Mais enfin… VOUS ATTENDEZ QUOI POUR VOUS LANCER ?!!


COUP DE CŒUR !

Les Invisibles, Shannon Messenger (Gardiens des Cités Perdues #4)

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Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

Tome 1 : Gardiens des Cités perdues
Tome 2 : Exil
Tome 3 : Le grand Brasier

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L’histoire : Finis les cours à Foxfire et les messages énigmatiques envoyés par le Cygne Noir, Sophie rejoint enfin la mystérieuse organisation clandestine qui lui a fait voir le jour ! Accompagnée de Fitz, Biana, Keefe et Dex, elle quitte les Cités perdues pour Florence, où se trouve le premier indice qui la mènera jusqu’au repaire du Cygne Noir. Là-bas, la jeune fille espère en apprendre plus sur elle-même, mais aussi sur les Invisibles, le groupe de rebelles qui cherche à déstabiliser le monde des elfes.
Pour comprendre l’étrange épidémie qui décime les gnomes ; préparer l’évasion de Prentice, prisonnier d’Exil, et affronter la menace grandissante que représentent les ogres, la jeune Télépathe va devoir s’appuyer sur ses camarades et se retenir de foncer tête baissée vers le danger ! D’autant que si de nouveaux alliés apparaissent, des traîtres sortent aussi de l’ombre…

Mon avis : MAIS C’EST PAS POSSIBLE ! Enfin, ENFIN ! Miss Messenger, quand on s’était vues en novembre dernier… Vous m’aviez promis d’épargner nos sentiments ! VOUS M’AVIEZ PROMIS !!! Et résultat… Je suis dans état absolument déplorable. La fin du troisième tome m’avait mise au supplice… celle-ci fait dix fois pire. DIX FOIS PIRE. Cette fin… Cette fin ! Je ne m’en remets pas. JE.NE.M’EN.REMETS.PAS.
Bon. Reprenons nos esprits, voulez-vous ? Cette fois encore, Sophie et ses amis nous en réservent de belles. Si le troisième tome était déjà plus sombre que les précédents (humpf), celui-ci descend encore d’un cran : il est temps pour nos héros de faire des choix, très souvent douloureux. Les évènements passés ont laissé une trace indélébile sur leur personnalité, et tous vont devoir composer avec leurs fêlures et leurs traumatismes. Ne vous y trompez pas : nous sommes bel et bien dans de la littérature jeunesse, et nos plus jeunes lecteurs y trouveront bien évidemment leur compte. Mais… Les plus grands verront apparaitre une dimension plus… Dramatique, peut-être, des interrogations moins évidentes à cerner : en un mot comme en cent, la série gagne franchement en profondeur, et c’est vraiment, vraiment parfait. Comment vous dire que… Je fus sur les charbons ardents durant TOUTE ma lecture ? Que j’ai été complètement bouleversée par le destin des gnomes, et que Keefe m’a mise au supplice ? Plus encore que Sophie (qui reste bien évidemment l’une des meilleures héroïnes que j’ai pu rencontrer), c’est véritablement LUI que j’avais envie de serrer dans mes bras, lui dont je souhaitais tapoter le dos en chantonnant une berceuse (quoi, mon côté maman ressort ?!). Il m’a ÉNORMÉMENT touchée, plus que n’importe qui d’autre… Les jumeaux Tam et Linh exceptés peut-être, bien qu’on en sache encore assez peu sur leur compte. Les personnages gagnent encore en substance, et ils nous paraissent plus prégnants que jamais : une fois plongée dans ma lecture, c’est tout juste s’ils ne s’échappaient pas des pages pour venir me tenir compagnie.
Et quelle, quelle compagnie ! C’est que nous vivons bon nombre d’aventures tout à fait décoiffantes, une fois encore. On aurait pu croire que l’on finirait par se lasser, mais QUE NENNI : Shannon Messenger mène parfaitement sa barque, et nous sommes ferrés. J’ai lu avec acharnement, avec passion : la plume de l’auteure est tellement immersive que l’on se plonge sans peine dans le roman, mais que l’on en ressort qu’à reculons… C’est donc acté : la richesse des romans et le talent de l’auteure font de Gardiens des Cités Perdues un concurrent plus que sérieux pour Harry Potter. Autant vous dire qu’il me tarde plus que tout de lire la suite… Et je ne dis pas ça parce que je me suis roulée par terre telle une enfant de trois ans en terminant ma lecture. Nonnonnon.
Peut-être n’êtes-vous pas encore partis en vacances. Peut-être n’avez-vous pas encore décidé quoi emmener dans votre valise comme lectures estivales. Et bien, sachez cela : que vous ayez 9, 15, 25 ou 40 ans, les aventures de Sophie s’épanouiront parfaitement dans votre esprit, que vous soyez à la mer, à la montagne, en forêt ou en pleine méditation en compagnie d’un moine tibétain. Pour la simple et bonne raison que vous avez à portée de main l’une des meilleures séries jeunesse du moment, et que l’intrigue ne cesse de se bonifier au fil des tomes. Le rêve, non ?

En bref, plus l’on avance dans sa série, et plus Shannon Messenger fait preuve de dextérité et d’imagination : elle ne cesse de nous surprendre, et toujours dans le meilleur des sens : cette lecture fut un véritable régal, sa fin une réelle torture. Action et émotions y sont distillées à parts égales, avec une force tout à fait surprenante pour un roman que certains voudraient réserver aux enfants. C’est un coup de cœur !

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Coup de cœur !

Le grand Brasier, Shannon Messenger (Gardiens des cités perdues #3)

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Traduit par Mathilde Tamae Bouhon

Premier tome : Gardiens des cités perdues
Deuxième tome : Exil

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L’histoire : Sophie Foster n’a décidément pas le temps de souffler ! Silveny, qu’elle a aidé à placer en sécurité au Sanctuaire, y subit les attaques inexpliquées d’une autre alicorne. Le Conseil envoie donc la jeune fille, accompagnée de Keefe, vérifier ce qui cloche. Mais leur première tentative les emmène jusqu’à la maison où Sophie a grandi, en Californie, où ils trouvent un message codé laissé à son intention par le Cygne Noir.
C’est le début d’un tourbillon de révélations et de rebondissements qui va emmener Sophie des couloirs inquiétants du manoir où vit la famille de Keefe aux montagnes de l’Himalaya où se niche un Sanctuaire prodigieux peuplé de dinosaures, salamandres, centaures et autres sasquatch, en passant par les cellules sordides de la prison secrète des elfes, Exil…

Mon avis : SOPHIIIIE !! Voilà un peu ma réaction quand j’ai appris que le troisième tome de Gardiens des Cités perdues était enfin disponible dans le catalogue Lumen : j’avais tellement aimé les deux premiers opus des aventures de notre jeune elfe qu’il me tardait (et le mot est faible)  de me plonger dans celui-ci. Parce que, qu’on se le dise : cette série, c’est un peu ma chouchoute quand on parle de lecture jeunesse. Elle se lit facilement comme tout, on est pris dans l’histoire dès les premières lignes, et c’est un des rares romans qui, selon moi, peut aussi bien se lire à 9 qu’à 25 ans, avec le même plaisir. Un peu comme… Mais, attendez ! Oui, c’est ça : un peu comme Harry Potter, en fait. Sauf que cette fois, c’est Sophie qui est à l’honneur, et qu’elle est juste TROP cool. C’est bien simple : quand une petite vient au magasin en me demandant conseil, je me tourne automatiquement vers cette série. Et si je ne fais que des cartons pleins (quelle joie de les voir revenir des étoiles plein les yeux, trépignant à l’idée de lire le deuxième tome !), c’est qu’il y a une raison, croyez-moi…
ALORS ! Le deuxième tome nous avait réservé bien des surprises (et des larmes. Oui, oui.), et nous avions toutes les raisons de penser que le troisième opus serait du même acabit : rythmé, prenant et surtout… Décoiffant ! Et le fait est que… Mes espoirs n’ont pas été déçus : Le grand Brasier fut une très bonne, une EXCELLENTE lecture. Nous retrouvons donc Sophie, une fois de plus aux prises d’évènements bien lourds à gérer pour une si jeune héroïne : séparée de Silveny, la joyeuse alicorne que nous rencontrions dans l’opus précédent, Sophie peine à trouver une sérénité dont elle a pourtant cruellement besoin. Effrayée par des pouvoirs dont elle peine à saisir l’étendue, elle reste toujours au centre de l’attention de tout Foxfire… Au bas mot : l’ensemble de la communauté Elfe est désormais au courant l’existence de la jeune fille, et tout le monde ne la voit pas d’un très bon œil : ses liens avec le Cygne noir et les évènements tragiques au cœur desquels elle s’est retrouvée ne jouent pas en sa faveur, malgré toute la bonne volonté dont elle sait faire preuve. Elle n’est d’ailleurs pas prête de se faire oublier : alors qu’elle est appelée en renfort pour comprendre les raisons de l’agressivité de la seconde alicorne du Sanctuaire à l’égard de sa protégée, Sophie se retrouve de nouveau mêlée à un problème qui parait bien insoluble… Et pourrait dégénérer, n’entrainant rien de moins… Qu’une guerre sans merci.
YAAAAAAAAH ! Mais c’est pas possible, un bouquin aussi bon ! Que j’aime cette série, que je l’aiiiiiiime d’amour !!! Parce que c’est bien écrit, super bien pensé, carrément maitrisé, sans temps mort, à la fois drôle, poignant, passionnant, émouvant, stressant, angoissant… Et parce que c’est toujours aussi génial, malgré les tomes qui passent. On aurait pu croire que l’auteure aurait choisi de se reposer sur ses lauriers, après le succès des deux premiers opus. MAIS NON, MILLE FOIS NON ! Une fois encore, Shannon Messenger nous entraine dans une aventure dont on peine à se détacher, tant c’est efficace : Sophie m’a plus émue que jamais, et j’ai adoré la voir évoluer, elle, mais aussi Fitz, Biana, Keefe, Dex… Tous, tous ont ce petit je-ne-sais-quoi qui me les rend extrêmement précieux : Shannon Messenger a su dépeindre leurs personnalités avec justesse et précision, et… C’est comme si ils prenaient vie, tous, à travers les lignes. Mille fois, j’aurais voulu plonger au cœur des pages pour les épauler, avec mes maigres forces. Mille fois, j’aurais voulu serrer Sophie contre moi, éponger ses larmes et balayer ses doutes. Mais, surtout, j’aurais voulu trouver quelques centaines de pages supplémentaires derrière la toute dernière, afin de passer quelques heures de plus dans cet univers oh combien cher à mon cœur. Malheureusement, il faudra attendre… Un quatrième tome qui promet d’être plus que succulent !

En bref, Le Grand Brasier m’a une nouvelle fois emportée dans l’univers oh combien enivrant de Gardiens des cités perdues : Shannon Messenger nous offre un récit à la fois tendre, émouvant, drôle et poignant, nous passionnant encore un peu plus pour les aventures de Sophie et ses amis. Clairement… COUP DE CŒUR !

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Coup de cœur !

Let the sky fall #1, Shannon Messenger

Let the sky fall

Traduit par Anaïs Goacolou

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L’histoire : Personne ne s’explique que Vane Weston ait pu survivre, enfant, à l’ouragan qui a tué ses parents. À son réveil, étendu parmi les débris laissés par le passage de la tempête, il n’avait pas le moindre souvenir de son passé – à l’exception du beau visage d’une fillette ballotée par les vents. Malgré les années qui passent, elle rend de temps en temps visite en rêve au jeune homme, qui s’accroche à l’espoir qu’elle ne soit pas qu’un fantôme. Il ne croit pas si bien dire.
L’inconnue, Audra, est un être de chair et de sang, mais elle n’a rien d’humain. C’est une sylphe, une créature liée au vent, qu’elle sait manipuler pour voler dans les airs, transmettre des messages ou livrer bataille. Sa mission ? Le protéger. Malheureusement, l’histoire se répète : une maladresse et Audra révèle à leur pire ennemi l’existence de Vane. Celle qui vient peut-être de causer sa mort est aussi son seul espoir de survie : le jeune homme n’a que quelques jours pour comprendre qui il est vraiment ou c’est la mort qui l’attend. Les nuages s’amassent à l’horizon, et un vent mauvais balaie les sables du désert… Survivront-ils à l’orage qui se lève à l’horizon ?

Mon avis : En voilà, une lecture ambivalente ! Et c’est la première fois que cela m’arrive avec les éditions Lumen : mis à part King’s Game qui fut un fiasco total, j’ai toujours été emballée (et souvent, le mot est faible !) par leurs publications. En commençant Let the Sky Fall, je m’attendais donc à apprécier ma lecture au moins autant que cela avait été le cas pour Gardiens des cités perdues, également écrit par Shannon Messenger. Malheureusement, vous l’avez sans doute déjà compris… Ce ne fut pas le cas. Même si la déception fut finalement moins grande que je pouvais le penser de prime abord…
Vane a perdu ses parents alors qu’il n’était qu’un petit garçon. Mystérieusement réchappé de l’ouragan ayant fait voler sa vie en éclats, il ne garde aucun souvenir de ses neuf premières années de vie… Si ce n’est le visage envoûtant d’une enfant. Les années passent, Vane grandit mais n’oublie pas : simple rêve, souvenir diffus ? Le jeune homme ne va pas tarder à comprendre que ses souvenirs ont une bonne raison de rester cachés. Une raison qui pourrait bien signer son arrêt de mort…
Si le point de départ du roman est assez convenu (un garçon amnésique qui rencontre une belle jeune fille lui annonçant -presque- de but en blanc qu’il n’est pas ce qu’il croit -à savoir, humain), j’étais plutôt charmée par l’idée. Des Sylphes ? Voilà qui est original ! En commençant ma lecture, je n’avais donc qu’une idée en tête : en apprendre plus sur ce peuple, ses origines, son histoires, ses coutumes… Tout, quoi ! En optant pour cette « race » inédite, l’auteure se donnait un vaste terrain de jeu, aux possibilités quasi infinies… De quoi nous mettre l’eau à la bouche !
Et pourtant… Quelle frustration ! Pour le coup, j’ai vraiment trouvé que Shannon Messenger se contentait de planter -et encore, succinctement- le décor avant de passer aux choses sérieuses… Autrement dit les longues jérémiades d’Audra, et le détail des fantasmes de Vane concernant la jeune fille. Pas de doute, nous avons bien affaire à un ado : il est clairement gouverné par sa braguette. Et que j’ai envie de te renifler les cheveux par ci, et que je t’embrasserais bien par là… Ça va, on a compris qu’elle était sexy dans son débardeur ! De là à le répéter à chaque chapitre… Je m’égare, je m’égare, mais le fait est qu’il m’a un peu tapé sur les nerfs, le coco. Et puis, quel intérêt ? Pourquoi perdre du temps avec des passages aussi inutiles qu’ennuyeux, quand l’auteure aurait pu mettre en valeur des choses beaucoup plus intéressantes (je pense notamment aux éveils : c’est une étape clé, et pourtant… Rien, nada ! Donnez-nous un peu plus d’explications, que diable ! Donnez-leur l’ampleur que méritent de tels évènements, plutôt que de bâcler ces scènes ainsi !) ?  Ajoutez à cela le fait que l’action soit étrangement longue à se mettre en place, et vous comprendrez pourquoi j’ai fini par lâcher l’affaire : après avoir trimé dessus pendant des jours, je l’ai mis de côté. Avec la sensation diffuse qu’il y resterait longtemps…
MAIS ! Car oui, il y a un mais, et de taille : j’ai fini par le reprendre, le bougre. Presque un mois après l’avoir mis en pause, mais tout de même. Et figurez-vous que… J’en ai lu la seconde moitié d’une traite. Incroyable, mais vrai ! J’ai enfin réussi à dépasser mon agacement envers les héros, ma frustration de voir une telle mythologie sous-exploitée, pour pénétrer ENFIN dans l’histoire. Parce que j’ai beau chipoter, mais l’auteure sait particulièrement y faire quand il s’agit de captiver son lectorat : une fois lancée, rien n’arrête la machine Messenger ! Sans que je comprenne vraiment ce qui avait changé (mon état d’esprit, peut-être ? Ce pourrait être aussi bête que cela, simplement), je me retrouvais à éprouver de grandes difficultés à lâcher mon bouquin. Tu parles d’un revirement ! Que vous dire, donc ? Foncez dessus si le développement de l’arrière plan n’est pas votre priorité, et si vous êtes prêts à endurer avec le sourire les montées d’hormones du héros. Car, même s’il n’est pas exempt de défauts, Let the sky fall apporte un vent de fraicheur sur un genre où sont bien trop souvent mises en avant les mêmes créatures, tout en proposant une intrigue somme toute assez prenante malgré un début un peu laborieux. Espérons que la suite ne garde que le meilleur de celui-ci !

En bref, une lecture en deux temps : autant la première moitié m’a ennuyée, autant j’ai dévoré la seconde ! Le développement reste un peu trop succinct à mon goût, mais j’ai bon espoir que cela s’atténue avec le tome suivant 🙂

Un bon moment
Un bon moment

Gardiens des cités perdues #1, Shannon Messenger

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Traduit par Mathilde Bouhon

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Decitre

{Un grand merci à Emily et aux éditions Lumen pour m’avoir permis de découvrir ce titre !}

L’histoire : Depuis des années, Sophie sait qu’elle n’est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l’école, où elle n’a pas besoin d’écouter les cours pour comprendre. La raison ? Elle est dotée d’une mémoire photographique… Mais ce n’est pas tout : ce qu’elle n’a jamais révélé à personne, c’est qu’elle entend penser les autres comme s’ils lui parlaient à haute voix. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d’histoire naturelle quand un étrange garçon l’aborde. Dès cet instant, la vie qu’elle connaissait est terminée : elle n’est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu’elle a quitté douze ans plus tôt.
L’y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle ? Pourquoi l’a-t-on cachée dans le monde des humains ? Pourquoi n’a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé ?

Mon avis : Si vous ne l’avez pas encore compris, je me fais effectivement un petit marathon Lumen, cette semaine ^_^ Le fait est que leur catalogue correspond pile poil à ce que je recherche en ce moment ♥ Pourquoi bouder son plaisir, dans ce cas ? Après l’excellente surprise réservée par Le secret de l’Inventeur, le moment d’intenses émotions vécu avec In the After, me voilà donc aux prises d’une nouvelle saga. Une saga qui n’aura pas manqué de vous taper dans l’œil, si vous suivez un peu l’activité de la blogosphère. Aucune chronique négative, des lecteurs conquis et reconquis, une véritable révélation pour certains : je vous parle bien évidemment de… Gardiens des Cités Perdues !
Il me faisait de l’œil depuis un sacré moment (depuis que ma petite Sae chérie m’a menacée des pires représailles si je ne le lisais pas, en fait) quand j’ai eu la chance de pouvoir le lire dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Lumen (♥♥♥♥). Aussitôt entré dans ma PAL, aussitôt prévu pour le mois de Février ! Je m’y suis donc plongée avec joie hier matin, certaine de passer un bon moment en sa compagnie.
Et… Un bon moment, oui, mais surtout plus que ça : c’est un véritable COUP DE CŒUR ! Oui, vous avez bien lu : après Aeternia, j’enchaîne sur ma deuxième révélation de l’année 😀 Je ne saurais vous dire avec exactitude ce qui a fait pencher la balance en lui faisant passer le cap de l’excellente lecture, mais le fait est que j’ai vraiment passé un moment hors du commun, en compagnie de Sophie. Et pourtant, je ne m’y attendais pas ! Il me manque souvent un petit je-ne-sais-quoi avec les romans jeunesse pour être vraiment embarquée. Mais là… Je me suis revue, enfant, quand j’ai découvert le premier tome d’Harry Potter. Oui, rien que cela.
Sophie est une enfant tout sauf ordinaire, on s’en rend compte dès le début du roman. En terminale à l’âge de 12 ans, elle possède une mémoire photographique impressionnante, ne laissant aucune chance à ses petits camarades d’espérer l’égaler un jour. Mais ses talents ne s’arrêtent pas là : depuis ses cinq ans, elle entend les moindres pensées des gens qui l’entourent. Un fardeau plus qu’un don, qu’elle n’a jamais appris à contrôler. Bien qu’elle taise à tous ce talent si particulier, elle n’a jamais cessé de se sentir à part, d’être rejetée par ses pairs. Aussi, quand un étrange garçon l’aborde en pleine sortie scolaire, lui annonçant de but en blanc qu’elle n’est pas humaine, Sophie ne peut taire la petite voix en elle qui lui chantonne qu’elle tient là une partie de la vérité. Mais une partie seulement… Pour tenter de démêler le vrai du faux, et espérer trouver sa place dans un monde à son image, Sophie n’a d’autre choix que de le suivre… Malgré tous les dangers auxquels elle s’expose.
Magie, mystères, complots, rebondissements, dangers, émotions en tout genre… C’est un véritable festival que nous offre Shannon Messenger. Comme Sophie, nous avons tout à découvrir, et je n’ai pu empêcher mon imagination de vagabonder au gré des descriptions de cet univers dissimulé aux yeux des humains, à la fois terriblement séduisant et assez intimidant. Si le concept n’est pas nouveau, l’auteure se l’approprie à la perfection, émerveillant notre âme d’enfant à chaque instant (j’avoue, le « jardin zoologique » de Grady et Edaline m’a totalement enchantée). L’univers qu’elle exploite est tout simplement féérique, des créatures qu’elle y fait vivre à l’architecture qu’elle imagine, en passant par cette magie aux formes mouvantes, s’adaptant à chaque individu. Il ne m’en a pas fallu plus pour tomber sous le charme, vous l’aurez compris.
Côté intrigue, c’est aussi un sans faute : je n’ai pas décroché un seul instant, passant ma journée complète à lire. Captivée, oui, on peut le dire ! Shannon Messenger alterne très agréablement phases de rebondissements intenses et périodes plus calmes, instillant à son récit une aura de mystère quasi permanente : qui est vraiment Sophie, comment a-t-elle échappé à la surveillance de ses pairs pendant toutes ses années, quels sont ces secrets que se plaisent à lui cacher les notables de son véritable peuple ? Autant de questions pour peu de réponses, mais nous voilà ferrés. Je me suis passionnée pour l’évolution de cette jeune fille oh combien attachante, ravie de voir que l’auteure avait décidé de nous faire partager un peu de son quotidien (reste d’Harry Potter, j’adooooore les écoles de magies ^_^), et de ne pas se contenter d’exploiter seulement l’intrigue principale. Elle tisse au contraire une toile des plus complètes, exploitant le moindre petit détail, et nous laissant finalement repus.
Repus, et terriblement impatients de lire la suite ! Chose que je ne me suis d’ailleurs pas privée de faire, ayant le deuxième tome sous la main 😀 Et oui, incorrigible je suis, incorrigible je resterai ! Le troisième tome étant prévu pour 2015, j’ose espérer ne pas rester frustrée trop longtemps… Et pourtant, je pressens déjà que la séparation d’avec les personnages de ce petit bijou sera rude. Sophie, d’abord, que j’ai trouvé extrêmement bien croquée. On la sent mature, et pour autant… Impossible d’oublier qu’elle a douze ans. Merci, enfin un personnage qui colle à l’âge qu’on veut lui donner ! Son innocence est extrêmement touchante, et j’ai juste eu envie de la prendre dans mes bras pour la rassurer. Les autres nous réservent également de jolies surprises : Fitz, évidemment, mais surtout Dex, Keefe, Elwin, Grady et Edaline, Biana, Marella... Impossible de ne pas leur faire de petite place dans mon cœur de lectrice ♥
Je conclurai ce joli pâté en vous disant ceci : j’ai, une fois encore, terminé ma lecture les joues humides. La gorge nouée, le cœur serré, bref : les émotions une nouvelle fois mises à mal par une intrigue que je n’imaginais pas pouvoir être aussi dure, je l’avoue. Et quand un roman arrive à me chambouler suffisamment pour me faire pleurer… Bref, c’est une perle. Une perle de la littérature jeunesse qui plaira énormément aux grands, et qui, j’en suis certaine, n’a pas fini de m’étonner, encore et encore.

En bref, je crois avoir tout dit. Gros coup de cœur pour ce premier tome, qui saura selon moi ravir tout type de lecteur. Shannon Messenger s’adresse à cette petite part d’enfance qui siège en chacun de nous, la charme, l’hypnotise, lui redonne, l’espace de quelques heures, toute l’ampleur qu’elle mérite. Une révélation !

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Coup de cœur !