Bois d’Ombre, Nathalie Dau (Le livre de l’Enigme #2)

Couverture réalisée par Melchior Ascaride (N’est-elle pas splendide ?!)

Premier tome : Source des tempêtes

L’histoire : Les ténèbres ont un cœur de lumière.
Une abomination. C’est ainsi que me voient les hommes. Nombreux voudraient que je n’existe pas. D’autres rêvent de m’asservir, corps et âme. Même Cerdric attend de moi que je renonce aux robes bleues de l’Équilibre, car elles augurent d’un avenir trop dangereux. Mon frère ignore ce que j’endure au Séminaire. Mais, pour respecter l’Énigme et entrer dans Bois d’Ombre, il me faut en passer par là, et trouver de quoi conserver ma lumière.

Mon avis : … Je suis littéralement au bout de ma vie. AU BOUT. Au bout, parce que Nathalie Dau m’a mise à genoux. Oh, elle m’avait prévenue, que ce deuxième tome serait pire que le premier, niveau souffrance. Et pourtant, je m’y suis lancée le cœur léger, ravie de retrouver Cerdric et Ceredawn, convaincue que je saurais faire face. J’y suis allée la fleur au fusil, et bien mal m’en a pris : me voilà prostrée sur mon canapé, le cœur en miette, incapable de me plonger dans un autre bouquin.
Non pas que la fin soit SI terrible. Elle l’est, évidemment, parce qu’elle laisse présager de sombres évènements. Mais… C’est l’ensemble du récit qui m’a brisée. L’ensemble, parce que l’auteure poursuit sans sourciller le but qu’elle s’était fixé : nous offrir un roman sans concession ni faux-semblant, sans tour de passe-passe ni facilités. Le premier tome m’avait bouleversée : j‘y avais trouvé un récit extrêmement riche, une intrigue superbement menée et des personnages aussi vivants qu’il est possible de faire. Je m’étais énormément attachée à nos deux principaux héros, et les quitter avait été particulièrement difficile. Le coup de cœur avait été bel et bien là, niché au creux de mon ventre et explosant tel un feu d’artifice une fois la dernière page tournée. Et malgré l’année séparant ces deux lectures, je me souvenais encore avec justesse et précision des émotions que m’avait procuré le premier tome : c’est pourquoi j’étais particulièrement sereine en attaquant cette suite, ayant pleine confiance en Nathalie Dau pour m’offrir un moment inoubliable. Sereine, donc, et curieuse : car le temps des voyages était bel et bien terminé, Ceredawn entrant pour six ans au Séminaire, Cerdric choisissant de l’attendre dans la ville voisine. Qu’allait-il donc bien pouvoir ressortir de tout cela ? Évidemment, je n’en dirai pas plus : ni pour vous, qui n’avez pas encore eu la chance de découvrir la série, ni pour vous, qui avez su patienter et n’avez pas encore ouvert ce deuxième opus. Bien vous en a pris, d’ailleurs : je me mords désormais les doigts de n’avoir su patienter, tant je pressens que l’attente sera cruelle. Il faut dire que… Je n’ai pas su le faire durer : contrairement au premier, dont j’avais étalé la lecture sur plusieurs jours, voire une bonne semaine, j’ai lu celui-ci en deux tout petits jours. La faute, me direz-vous, à un voyage en train particulièrement long, et une journée de repos improvisée. Oui, mais… Même : même si je n’avais pas eu ce temps libre tombant à pic, je crois que j’aurais tout fait pour pouvoir rester plongée dedans. Parce que Nathalie Dau nous met sur les charbons ardents, ne termine pas un seul chapitre sans faire naitre en nous le sournois « Et après ?! » qui nous pousse à lutter contre le sommeil pour tourner encore une, deux, dix pages. Je l’ai donc lu, rapidement. Dévoré, même. Non pas qu’il soit moins exigeant que Source des tempêtes, notez-le bien : il est simplement plus… Stressant, angoissant. Le texte est aussi dense, la plume aussi merveilleusement poétique, l’intrigue aussi riche, voire davantage. Les émotions des personnages s’exacerbent, et eux-mêmes ne cessent de gagner en nuances, en profondeur. Si j’avais cru cela possible ! Il n’y avait déjà pas de manichéisme dans le précédent tome, et cela s’affirme avec celui-ci : les mauvais n’ont jamais aussi bien porté leur part de lumière, et les bons… Les bons s’assombrissent, bien malgré nous. Que j’ai pleuré, mais que j’ai pleuré ! Qu’elle ne nous épargne rien, ni en faits, ni en mots ! Le poing serré contre mes lèvres, je ne pouvais détacher mes yeux du texte : les passages les plus terribles m’ont fait l’effet d’un véritable cyclone, ravageant mon cœur de lectrice si peu accroché. J’ai lu avec fébrilité, oui, mais aussi avec horreur, stupéfaction, épouvante.
Et admiration, toujours : c’est une partition bien cruelle que se décide à jouer l’auteure, une partition à la beauté enivrante et blessante. Chaque note sonne juste, et l’harmonie de sa toile ne se dément absolument pas avec ce deuxième opus : elle gagne au contraire en profondeur, en richesse. J’ai été émerveillée, oui, à travers mes larmes. Parce que Bois d’Ombre ne fait que renforcer ma conviction d’avoir en face de moi une auteure d’exception, à la voix envoutante, mais aussi une femme d’une terrible empathie : car, comment parler aussi merveilleusement des émotions de ses personnages, comment créant d’aussi vibrants portraits si l’on ne porte pas en soi une grande sensibilité ? L’amour, l’horreur, l’amitié, la honte, l’échec, l’espoir, la vie… C’est une ode que nous écoutons-là, une ode splendide qui ne pourra que vous toucher.


COUP DE CŒUR !

Lu dans le cadre du Mois de Nathalie Dau, un grand merci à Dup et Phooka ❤️

1er ITV
2e ITV
3e ITV
4e ITV
5e ITV

Source de tempêtes, Nathalie Dau (Le livre de l’énigme #1)

Source des tempêtes

Se le procurer :
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L’histoire : « Les ténèbres ont un cœur de lumière Je l’ai su quand j’ai vu l’enfant dans la tempête. J’ai entraperçu l’azur de sa magie étrange et intense, mon univers s’est métamorphosé. Moi qui me sentais si seul, si désespéré, j’ai découvert soudain pourquoi j’étais venu au monde : pour protéger celui qu’on m’a donné pour frère. Un frère pas tout à fait humain, pas tout à fait possible. Le protéger des autres et de lui-même : des décisions qu’il voudrait prendre afin de résoudre sa maudite Énigme. Car ce petit est doué pour se mettre – nous mettre – en péril ! Mais j’ai la faiblesse de croire que je suis plus têtu que lui. »

Mon avis : Tu le sens. Il est là, au creux de ton ventre, y allumant un brasier qui ne cesse de gagner en intensité… Jusqu’à l’explosion finale : COUP DE CŒUR ! Et, une fois encore, la question : comment, mais comment rendre justice à cette pépite ? Supy n’avait pas menti, ni exagéré : ce roman est tout simplement extraordinaire.
Les Mages bleus de l’Équilibre ont été anéantis : alors que le Chaos et la Loi se sont ligués contre eux, traquant ses membres telles des bêtes et les tuant sans sommation, seul un homme a survécu -à un prix terrible. Envers et contre tout, une prophétie demeure : de ses entrailles naitra un fils, un fils capable de restaurer la grandeur de l’ordre moribond. Pourtant… Cerdric, a qui l’on a caché son ascendance durant toute son enfance, est né Réfractaire : le drac lui est totalement inaccessible. Ayant grandi dans l’ombre d’une mère qui le hait, il ne peut s’empêcher de courir vers son père dès que l’occasion lui en est offerte : là, dans les entrailles de la Forêt Bleue, où les fées sont reines et l’Équilibre encore bien présent, Cedric va se découvrir une famille… Et une mission : garantir, au péril de sa vie, l’accomplissement de cette mystérieuse prophétie… Qui le conduira bien plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer.
Je… Je… !!!!!! Je le savais, que se cachait quelque chose de fou sous cette merveilleuse couverture. Je le savais ! Une nouvelle fois, Les Moutons Électriques nous offrent un récit d’une qualité incroyable, qui m’aura tenu en haleine tout du long. La plume de Nathalie Dau est tout simplement parfaite, immergeant à merveille le lecteur dans une intrigue à la fois foisonnante, émouvante, passionnante… Juste ❤️.
Tout comme Manesh, et Même pas mort avant lui, Source des tempêtes n’est pas de ces romans que l’on dévore en quelques heures : exigeant d’être savouré, il se déguste avec attention et délicatesse. Les mille et une nuances du texte ne laissent pas place au partage : une fois entamé, il se révèlera exclusif. Oubliez vos deux ou trois lectures simultanées, et prenez du temps pour ce bijou : il en vaut largement la peine. Si l’auteure recycle l’un des thèmes phares de la fantasy, elle le fait toutefois avec brio : l’on est rapidement happé par cette quête prophétique, par ce narrateur malaimé évoluant dans un monde cruel et dévoyé… Et qui n’est, contrairement à d’habitude, pas le héros du récit. Cette fois-ci, c’est plutôt le garde du corps qui est mis en lumière, avec ses faiblesses, ses rancunes et ses traumatismes. Les idées sont là, à la fois foutrement intéressantes et très bien développées, même si quelques passages m’ont, je l’avoue, particulièrement comprimé la poitrine. La background est lui aussi très soigné, rendant l’ensemble diablement solide : une fois dedans, on n’en ressort pas… Ou si peu : il est vrai que j’ai parfois trouvé à Cerdric une fâcheuse tendance à s’apitoyer sur lui-même, ne le rendant pas antipathique, non… Mais un peu agaçant, parfois. Hormis ce point de détail, vivement compensé par Ceredawn et Arvrilyth -le premier ayant ravi mon cœur dès ses premières interventions, le second ayant attisé mon intérêt telle une bise sur un feu de forêt-, je suis totalement tombée sous le charme de cet ouvrage mariant à merveille mélancolie et violence, à l’atmosphère pour le moins particulière. Et si l’action reste relativement indolente, cela ne m’a pas pour autant empêchée de dévorer les 100 dernières pages, happée comme rarement par un dénouement m’ayant laissée sur les dents.
Lire Source des tempêtes fut donc un véritable régal, tant par la profondeur de l’intrigue que par la justesse des mots. Nathalie Dau m’a totalement envoûtée, et je ne pense désormais plus qu’à une chose : lire la suite ❤️

En bref, un premier tome totalement envoûtant, à la fois merveilleusement bien écrit et ne manquant pas d’originalité dans le traitement d’un sujet pourtant moult fois abordé. Source des tempêtes exigera de vous que vous preniez du temps pour lui et, tout comme Manesh, vous fera tantôt frémir d’horreur, tantôt frissonner de plaisir… Et cela en vaut très, très largement la peine : foncez !

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Coup de cœur !

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La chronique de mon Caribou préféré !
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