Ne dis rien à Papa, François-Xavier Dillard

L’histoire : L’instinct maternel est l’arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants.
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.
Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix…
Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Mon avis : … J’ai réitéré. OUI, JE L’AVOUE : J’ai ENCORE lu un thriller. Avec des enfants. Et… J’ai beaucoup aimé ‘_’ Mais cela ne m’a pas empêchée d’aller voir Malo endormi une fois mon bouquin terminé, pour lui faire un ÉNORME câlin ^_^ Comme les deux précédents, j’ai lu celui-ci d’une traite ou presque : en deux petits jours, c’en était fini de lui ! J’avais beaucoup aimé le précédent roman de l’auteur, Fais-le pour maman, et Ne dis rien à Papa me tentait depuis sa sortie… C’est grâce à Netgalley que j’ai pu m’y plonger :3
Disons-le de suite, ce roman est particulièrement puissant. Les personnages sont multiples, et les histoires aussi : quel est le lien entre ce médecin assassiné avec une brutalité inouïe, cette famille d’artistes accomplis à laquelle tout semble sourire, et cet atroce fait divers survenu sur un autre continent bien des années plus tôt ? Vous avez quatre heures…
Quatre heures, c’est plus ou moins ce qu’il vous faudra pour dévorer ce thriller, tant ses pages défilent rapidement : François-Xavier Dillard fait preuve d’un machiavélisme poussé en nous offrant une intrigue qui ne connait aucun répit, happant dès les premiers chapitres notre intérêt. Car l’on sent, dès le début, que notre lecture ne sera pas de tout repos. On lit, donc, puis l’on dévore. Avec horreur et fascination, remontant peu à peu le fil d’une intrigue diabolique : âmes sensibles, prenez garde ! L’auteur ne mâche pas ses mots, et certaines scènes sont à vous soulever le cœur… tandis que d’autres vous glaceront les sangs : il joue aussi bien sur le plan physique que psychologique. Et, avec moi, cela a marché du tonnerre : cette perversion des relations familiales -ou filiales, devrais-je dire- m’a, pour ainsi dire, hypnotisée.
Je vous le disais, les histoires sont multiples… Et pourtant, la majeure partie du roman se déroule en huis-clos, au sein de cette famille si parfaite. Un huis-clos qui ne tarde pas à devenir  des plus oppressants, dès lors que le vernis se craquelle… Ce qui arrive très rapidement. Victor, l’un des jumeaux, m’a carrément foutu les jetons : on cerne dès les premiers chapitres son esprit légèrement tordu, et je crois que cela m’a bien plus touchée que si l’on avait parlé d’un adulte : comment un enfant de huit ans peut-il faire preuve d’une telle dureté ? Reste à connaitre le traumatisme qui en est à l’origine… Et l’on n’est pas au bout nos peines, je puis vous l’assurer : entre les flash-back, les passages aux côtés du tueur et la vie de notre petite famille, nous ne tardons pas à reconstituer un puzzle glaçant. Et bien que l’on devine une grande partie de l’intrigue assez rapidement, l’auteur ne manque tout de même pas de nous surprendre, et de la meilleure façon qu’il soit : la confrontation et les révélations finales m’ont assise, et je suis restée prostrée sur le canapé un bon moment pour réussir à digérer cela.
Ne dis rien à Papa possède donc tous les ingrédients d’un excellent thriller, redoublant d’efficacité et de fourberie. Nul doute que je lirai le prochain roman de l’auteur !

En bref, une petite bombe qui en fera frémir plus d’un !


On en redemande !

Fais-le pour maman, François-Xavier Dillard

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Se le procurer :
Decitre FNAC-logo-noir-et-blanc-UNE-communication

L’histoire : Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa sœur adolescente, Valérie, et leur mère. Cette dernière arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, occupant un job ingrat qui lui prend tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère : elle accuse son petit garçon d’avoir blessé sa sœur. Elle sera condamnée à cinq de prison.
Des années plus tard, alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue, Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires… Mais de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients annoncent le retour funeste des voix du passé…

Mon avis : Mais depuis quand ne m’étais-je pas plongée dans un super thriller ? Bien trop longtemps, si vous voulez mon avis : je n’ai fait qu’une bouchée de celui-ci 😀 Je l’avais repéré lors de sa sortie grand format, quelques amies blogueuses m’en ayant dit le plus grand bien. Et lundi dernier, alors que je fouinais dans les rayonnages, sans trop savoir si j’allais céder aux sirènes de la tentation ou non... Je l’ai croisé en poche. Et ai craqué ! Il n’a d’ailleurs pas fallu longtemps pour que je m’y plonge, la chose étant faite l’après-midi même : en quelques heures, c’en fut fait !
Ils sont trois : le fils de sept ans, innocent, la fille adolescente, en pleine révolte, et la mère, dépassée par un quotidien qui la tue à petit feu. Mais un jour, c’est le drame : une énième dispute, d’une violence inouïe, laissera la jeune fille avec une plaie atroce sur le ventre. Si la culpabilité de la mère ne fait aucun doute, elle tient pourtant une version des faits des plus grotesques : ce ne serait pas elle, mais bien son petit garçon, qui serait à l’origine des blessures de sa sœur… Condamnée, incarcérée durant cinq ans, elle disparaitra de la circulation sans jamais avoir modifié ses propos. La sœur, quant à elle, finira par atterrir dans un hôpital psychiatrique, soumise à des démons que nul ne semble pouvoir faire taire… Mais quand, des années plus tard, les morts se multiplient autour de Sébastien, devenu médecin et père de famille, l’on peut s’interroger : que s’est-il réellement passé ce jour-là ? Quelle sinistre machination est à l’œuvre, et qui est-elle censée faire payer ?
Je vous le dis de suite : ce thriller psychologique est terriblement efficace. Je l’ai DÉVORÉ !! De bout en bout, on est entièrement soumis à la plume  de l’auteur, et à cette intrigue diabolique qui ne connait pas un seul instant de répit. Que s’est-il réellement passé, dans cette cuisine ? Comment cette mère a-t-elle pu déraper ainsi, et continuer en accusant son tout jeune fils d’un crime qu’il ne peut avoir commis ? Ces questions m’ont suivie durant toute ma lecture, accompagnées de beaucoup d’autres : François-Xavier Dillard a le chic pour nous faire envisager les hypothèses les plus folles et, surtout, nous mener par le bout du nez.
Double, la narration se partage entre Sébastien, que l’on voit sombrer peu à peu dans une angoisse perverse, et Claire, commissaire fraichement mutée en banlieue. Je me suis rapidement attachée à chacun d’eux, avec une petite préférence pour Claire, son passif me touchant particulièrement. L’on apprend, au fil de notre lecture, l’après du drame : comment Sébastien fut adopté et a tenté de se reconstruire, notamment, mais également quelques détails sur sa sœur… Détails qui font froid dans le dos, et qui m’ont clairement donné la nausée. Nous découvrons un personnage torturé, instable… Et je ne vous en dis pas plus. Le tout est de savoir que l’auteur dresse les portraits de ses personnages avec efficacité et talent, tout comme il maitrise son intrigue : ce roman est percutant. On lit, on avale même les pages sans s’en rendre compte. Et le dénouement arrive… Nous laissant abasourdis et sous le choc, quand bien même certaines pistes le laissait présager.
Ce fut donc une excellente lecture (sans être un coup de cœur pour autant, il m’a tout de même manqué cette petite étincelle qui fait tout), parfaite pour occuper un après-midi désœuvré. Je ne regrette pas d’avoir tenté le coup !

En bref, une lecture haletante et percutante, qui m’aura tenue en haleine du début à la fin. François-Xavier Dillard nous livre un thriller implacable, glaçant, que l’on termine les yeux dans le vague et les mains tremblantes, avec une question en tête : qu’aurait-on pu faire pour empêcher cela ? Bravo !

On en redemande
On en redemande !