J’ai toujours cette musique dans la tête, Agnès Martin-Lugand

L’histoire : Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin.
Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

Mon avis : Il y a quelques temps, je découvrais la plume d’Agnès Martin-Lugand avec son roman Désolée, je suis attendue, qui m’avait beaucoup plu. J’avais aimé la plume de l’auteure, son sens de l’intrigue et ses personnages hauts en couleurs… Et ai donc souhaité réitérer l’expérience avec son petit dernier, dont l’une de mes collègues m’avait dit le plus grand bien. Et, effectivement… Je l’ai lu en une soirée ! Fait rare qui n’était pas arrivé depuis un long moment, je l’ai dévoré en quelques petites heures, totalement absorbée par ma lecture 🙂 Il faut dire que ce roman, plus que le précédent, possède un petit côté sombre qui m’a mise sur les charbons ardents. J’oserai même dire qu’il m’a noué l’estomac, le bougre !
Nous y rencontrons Yanis et Véra, un couple de quarantenaires parents de trois enfants… Et, surtout, amoureux fous. Alors que Véra travaille dans une agence de voyage, Yanis, lui est associé à son beau-frère dans un cabinet d’architecture… Une association qu’il supporte de plus en plus mal, tant le fait qu’il ait tout appris sur le terrain lui pèse. Après une dispute de trop, c’est la rupture : Yanis se retrouve sans travail… Jusqu’à ce qu’il tombe sur Tristan, homme d’affaires mystérieux qui le pousse à s’établir en son propre nom, quitte à se porter garant pour lui. Yanis hésite, et se jette finalement à l’eau : une telle chance est bien trop belle pour la laisser passer… N’est-ce pas ?
Ouuh, que cette chronique va être délicate à écrire ! Le tout, c’est de ne pas vous en dévoiler trop : l’élément de surprise est crucial, et participe de manière décisive à la montée en puissance de l’intrigue. Agnès Martin-Lugand joue très bien sa partition en captant notre intérêt très rapidement, et ne le lâche pas : j’ai vraiment été captivée par ce récit qui démarre doucement, en nous présentant des personnages attachants auxquels je me suis beaucoup identifiée, puis en instillant une aura de malaise parfaitement dérangeante qui ne pourra laisser quiconque indifférent. Malgré la fatigue, malgré la journée du lendemain qui promettait d’être harassante, j’ai donc lu, encore et encore, les mains crispées sur mon bouquin. D’intriguée, je suis passée à méfiante, me retenant de jeter un coup d’œil angoissé derrière mon épaule. Et… J’ai aimé ça ! Parce que l’auteure m’a beaucoup surprise, ce n’était pas du tout un terrain sur lequel je l’attendais. Nous ne sommes pas dans le thriller ou le polar… Mais presque. Mais je ne vous en dis pas plus !
Quoi qu’il en soit, je pense que ce récit sera à même de plaire à beaucoup : les lecteurs aimant les récits de vie présentant des personnages forts qui nous marquent par leur vitalité y trouveront leur compte, tout comme ceux avides de suspense et d’intrigues non cousues de fil blanc. J’y ai pour ma part trouvé mon compte, quitte à y perdre ma nuit !

En bref, ce nouveau roman d’Agnès Martin-Lugand ne sera pas sans surprendre les inconditionnels de l’auteure, tant ce petit côté sombre dénote dans sa bibliographie… Elle s’en sort pourtant particulièrement bien, nous offrant un récit prenant et bien ficelé. On en redemande !


On en redemande !

Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand

Désolée je suis attendue

Se le procurer :
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L’histoire : Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues, et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu lui importe les reproches qu’on lui adresse, elle a simplement l’impression d’avoir fait un autre choix, animée d’une volonté farouche de réussir. Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé.

Mon avis : Il était temps, non ? Depuis le temps que j’entends du bien des romans de Dame Martin-Lugand ! C’est donc sans attendre que je me suis précipitée sur son dernier-né, curieuse de voir ce que ça allait donner. Parce qu’il faut dire que, plus le temps passe… Et plus je me concentre sur les littératures de l’imaginaire. C’était donc un peu quitte ou double, cette lecture ! Résultat ?
Yaël n’a attendu qu’une seule fois, dans sa vie : une attente cruelle, démesurée, quand l’un de ses plus proches amis a disparu du jour au lendemain sans laisser de traces. Dix ans plus tard, c’est elle qui se fait attendre : entièrement vouée à son travail, elle n’a plus le temps pour rien ni personne. Les réunions de famille ? Très peu pour elle ! Les diners entre amis ? Si c’est pour s’entendre rabâcher durant tout le repas combien elle a changé, non merci… L’amour ? Pourquoi faire ? Jusqu’au jour où le destin s’emmêle… Semblant  bien décidé à lui apprendre comment rattraper le temps le temps perdu.
J’ai adoré. Voilà, c’est simple ! J’ai adoré les personnages, l’histoire, et la plume de l’auteure. J’ai adoré avec quelle simplicité elle nous communiquait les émotions les plus diverses, avec quelle facilité elle nous plongeait dans le quotidien de ces personnages qui nous ressemblent, avec quelle justesse elle dressait leur portrait. J’ai adoré dévorer ce livre en l’espace de quelques heures, totalement happée par la valse virevoltante de Yaël et son entourage. J’ai adoré.
Oui ! Oui moi, la férue de fantasy, je sais encore apprécier un bon roman de littérature contemporaine quand j’en ai un sous la main ❤️ J’ai ri, beaucoup, pleuré, parfois. Soupiré, aussi, parce que… Cette Yaël, j’aurais bien voulu lui ouvrir grand les yeux. De force, s’il avait fallu en arriver là. Malgré son caractère entêté et sa volonté farouche d’oublier qu’il y a une vie à côté du travail, je me suis de suite prise d’affection pour elle, me reconnaissant parfois dans certaines de ses réactions. Son incapacité à s’abandonner m’a profondément émue, de même que les blessures qu’elle prend bien soin de cacher à son entourage : il n’y a qu’une Yaël qui vaille, et elle est forte, brillante, intransigeante avec elle-même… Mais surtout avec les autres.
Évidemment, on comprend rapidement que les choses vont dégénérer. Pour autant, ce n’est pas pour les rebondissements que l’on lit, ici. Il n’y avait ni meurtrier à découvrir, ni monstre à terrasser, et pourtant… Pourtant, on lit avec avidité, Agnès Martin-Lugand nous rendant littéralement accro à sa plume, nous boostant aussi sûrement qu’un carré de chocolat noir : c’est un petit concentré de bonheur qu’elle nous offre, tout simplement. On en ressort grandi, ému et heureux, avec la sensation que tout est possible… Même les rêves que l’on croyait à jamais perdus.
Je ne saurais donc que vous conseiller de vous précipiter sur cette petite pépite, tant elle vous fera du bien. Quand à moi… C’est sûr : j’ai du retard à rattraper. Mais si tous les romans de l’auteure sont du même acabit que celui-ci, je vais vous dire… Je n’ai pas fini de sourire !

En bref, une excellente, excellente lecture qui m’aura fait l’effet d’une bouffée d’air frais ! Agnès Martin-Lugand trouve le ton juste, et nous embarque le temps d’un récit aux émotions intenses. J’adore ❤️

On en redemande
On en redemande !