Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires, Brandon Sanderson (Alcatraz #1)

L’histoire : Alcatraz Smedry n’est pas aidé par la nature : son nom est ridicule, il est extrêmement maladroit et il est orphelin. Mais le jour de son treizième anniversaire, sa vie prend une tournure inattendue. Il reçoit un mystérieux sac de sable, découvre qu’il a un grand-père un peu dingue et qu’il doit partir avec lui pour sauver le monde des griffes des infâmes bibliothécaires…

Mon avis : Voilà une série qu’il me tardait de découvrir ! En attendant de poursuivre les aventures de Vin (Fils-des-brumes, tome 1), j’ai craqué pour ce tout petit roman, fort prometteur. Et j’ai découvert avec lui que Brandon Sanderson maniait aussi bien les codes de la Dark-Fantasy que de l’humour déjanté et irrésistible 🙂
Alcatraz Semdry est un jeune garçon de 13 ans. Orphelin de naissance, il ne cesse de naviguer de foyer en foyer, ses multiples parents adoptifs se lassant très vite de son comportement pour le moins… encombrant. Et pour cause : Alcatraz est une catastrophe ambulante, cassant tout ce qu’il touche. Il ne compte ainsi plus le nombre de poignées de porte qui lui sont restées entre les mains, et mettre le feu à une cuisinière lui est presque aussi naturel qu’aller acheter du pain. Difficile de ne pas devenir fou en étant à ses côtés ! Après une énième catastrophe, le jour même de son treizième anniversaire, le jeune garçon s’apprête une fois de plus à déménager. C’est alors qu’il reçoit un étrange paquet, signé de la main même de ses parents. Dans la foulée, un vieux fou fait irruption dans sa cuisine en prétendant être son grand-père, et il manque de se faire tuer par un homme chaussé de lunettes aux montures d’écailles. Totalement désemparé par la situation, Alcatraz n’a d’autre choix que de suivre cet étrange Papi Semdry. Et il est loin de s’imaginer dans quel pétrin il vient de mettre les pieds…
Par où commencer ? J’ai tant de choses à dire dessus, tout en voulant vous préserver la surprise ! Allons, commençons. Le ton est donné dès le départ, ce premier tome s’ouvrant sur un petit mot signé de Brandon Sanderson lui-même, ou devrais-je dire Alcatraz Semdry : il nous apprend que le monde dans lequel nous vivons n’est qu’une vaste fumisterie, mise en place par la secte des Bibliothécaires ! Lui-même écrit ses mémoires en espérant les faire parvenir au plus grand nombre, afin d’éveiller le bon peuple Chutlandais (Terrien, quoi). Il nous prévient même : si cet ouvrage est classé en Fantasy, ce n’est qu’une manœuvre de plus de la part de ces satanés bibliothécaires, afin de le faire passer pour une fiction ! Quelle traitrise, franchement. Dans les Royaumes libres, il serait bien évidemment classé en Biographie. Brandon Sanderson n’est donc qu’un nom d’emprunt, destiné à endormir la méfiance de cette secte infernale, mais également pour amadouer le lecteur. Ingénieux, hein ?
Comme je vous le disais, cette série de quatre tomes se situe donc en plein milieu du champ humoristique, ce qui n’a pas été pour me déplaire : tout au contraire ! Brandon (oui, je nous considère comme intimes. ET ALORS ?)  use et abuse du burlesque, du cocasse et de l’absurde… Et on adore ! J’avais un peu peur de la visée « jeunesse » du roman, mais elle passe finalement totalement inaperçue : les grands enfants y trouveront parfaitement leur compte, tout en se payant une bonne quantité de fous-rires en prime. De fous-rires, ai-je bien dit : mes zygomatiques n’ont cessé de travailler durant tout le temps qu’a duré ma lecture, tant grâce à la tournure rocambolesques prise par les évènements, que grâce aux personnages mis en scène par l’auteur et à sa façon de narrer son histoire. Tiens, commençons par là : en ouvrant Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires, ne vous attendez pas à une narration linéaire, bien rangée : l’Alcatraz adulte qu’est Brandon Sanderson ne cesse d’interrompre ses souvenirs de jeunesse pour parler de tout et de rien, mais surtout des méthodes honteuses qu’ont l’habitude d’utiliser les auteurs plébiscités par ses ennemis, ces adeptes des histoires contenant un fils, une mère morte et un chien (mort ou non). Niaiseries, fabulations, récits imaginaires au possible ! Ces petits interludes sont juste irrésistibles, et je me suis surprise à les attendre avec impatience.
Côté personnages, Brandon s’est lâché. Même si Alcatraz se dépeint volontiers comme une crapule sans coeur, je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à lui, et de m’attendrir devant sa maladresse. Papi Semdry m’a de suite charmée, et j’ai adoré sa folie douce. Sing et Quentin, les deux cousins d’Alcatraz, m’ont également beaucoup plu, eux aussi touchés par cette espèce de folie contagieuse qui semble faire des ravages au sein de la population des Royaumes libres. Enfin, Bastille la Crystalliote, garde du corps du Vieux Semdry et brute de décoffrage, semble être la plus censée de cette fine équipe. Mais elle n’est pas en reste, loin de là !
Une fois le jeune Alcatraz recruté, cette bande de joyeux lurons va se mettre en marche pour défaire les vilains bibliothécaires du coin. Et c’est à ce moment là que l’on va se rendre compte que la maladresse d’Alcatraz n’est autre… qu’un don ! Comme tout Semdry de lignée direct, il est en réalité un puissant Oculateur, et possède à ce titre un don spécial. Papi Semdry arrive ainsi systématiquement en retard, Quentin prononce des phrases sans queue ni tête et Sing ne cesse de trébucher. Dons utiles ou poids insurmontables, on en jugera plus tard ! C’est qu’ils ont à leur trousse des hordes de lunettes à montures d’écailles…
Et bien voilà, je crois vous avoir tout dit : Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires est un ouvrage décoiffant, à dévorer sans modération ! J’ai passé un excellent moment, que j’ai bien sûr hâte de réitérer avec la suite 🙂 C’est que j’ai envie d’aller dans les Royaumes libres, moi..

En bref, un roman jeunesse qui conviendra à tous les âges, son côté hilarant supprimant aisément les catégorisations trop faciles. La plume de Brandon Sanderson est irrésistible, l’intrigue complètement folle : j’adore !

On en redemande !