Les Abîmes d’Autremer, Danielle Martinigol (Intégrale)

Couverture réalisée par Jessica Rossier

L’histoire : Dans la Confédération des Cent Mondes, Sandiane Ravna, fille d’un grand reporter peu scrupuleux, marche sur les traces de son père à la recherche du scoop à tout prix. Quand elle doit la vie sauve à un Abîme d’Autremer, l’un des mystérieux vaisseaux spatiaux de la planèteocéan, elle se met au défi de filmer en action un perl, un pilote d’Abîme. Mais elle se heurte à Mel Maguelonne, futur pilote lui-même et farouche adversaire des médias comme tous les Autremeriens.

Mon avis : Mais quelle bonne lecture ! Je dois un grand merci à ma chère Sia pour m’avoir fait découvert cette trilogie et son auteure, au détour d’un coin de table aux dernières Imaginales 🙂 Elle me l’a alors vendue comme l’une des séries ayant marquée sa prime jeunesse, et j’avais décidé de foncer tête baissée, la couverture m’ayant totalement séduite… L’auteure particulièrement adorable ayant fait le reste 🙂 Entré dans ma PAL en mai, ce joli pavé y est donc resté quelques mois sans que je ne l’ouvre… Jusqu’à ce que je tombe dans cette période troublée pour ma vie de lectrice : même si cela fait quelques temps déjà que je sens que les choses s’améliorent de ce côté-ci, j’avais tout de même besoin de me plonger dans un roman à la fois facile d’accès et prenant, tout en m’éloignant un peu de la fantasy. Ne pouvant me détacher complètement des littératures de l’imaginaire, j’ai donc opté pour de la SF, certaine que ce choix serait le bon…. Et, BINGO ! Ça n’a pas loupé : je me suis régalée avec cette trilogie, que je ne quitte qu’à grands regrets !
Qu’il est loin, le temps où les Hommes n’étaient cantonnés que sur la Terre ! Depuis qu’Il a su maitriser l’espace et les voyages interstellaires, l’Homme n’a eu de cesse de découvrir et de coloniser de nouvelles planètes. Dans ce monde où les technologies de pointe sont reines, le concept de vie privée est devenu des plus flous : les médias sont omniprésents au sein de la Confédération des Cent Mondes, et les multiples reporters parsemant la Galaxie ne cessent de s’écharper pour obtenir LE scoop qui fera définitivement décoller leur carrière. Sandiane Ravna est de ceux-là : fille unique d’un journaliste connu pour son indélicatesse, elle ne recule devant rien pour obtenir les images les plus spectaculaires possible. Lorsque le vaisseau qui l’a transportait aux côtés de plusieurs centaines de passagers connait une grave avarie, et est de justesse sauvé par l’un des mythiques Abîmes d’Autremer, la jeune femme voit donc une occasion en or pour accomplir ce qu’aucun journaliste n’a fait avant elle : filmer un perl -ces mystérieux pilotes- en pleine action…
Et bien… FIOU ! Cette aventure m’a laissée rêveuse, il faut bien le dire. Rêveuse, et songeuse : Danielle Martinigol nous offre en effet un roman particulièrement engagé, défendant de farouches positions quant à la suprématie grandissante des médias et de l’info à tout prix : si c’est le point de départ du premier tome, c’est aussi l’un fil des conducteurs de la trilogie toute entière, tout comme notre manque de scrupules quand il s’agit de mettre dans la balance profits et écologie. Nous découvrons en effet en même temps que l’héroïne cette merveilleuse planète qu’est Autremer, colonisée certes par les humains mais dans le plus grand respect de son écosystème, et refusant de se prêter au jeu du reste de la Confédération : caméras et micros ne sont guère les bienvenus sur place, les Autremeriens gardant farouchement leurs secrets. Une discrétion qui leur vaudra bien des soucis par la suite… Les Abîmes d’Autremer fait donc partie de ces romans qui nous poussent à nous interroger et à réfléchir, et j’ai grandement apprécié les remises en question qu’il suscite. Mais ce n’est pas que cela : c’est, avant toute chose, un roman absolument passionnant. Tant au niveau de l’intrigue, que de l’univers ou encore des personnages, Danielle Martinigol fait preuve d’une minutie et d’une passion qui ne peuvent que nous séduire : j’ai été fascinée de bout en bout, et ai eu bien du mal à stopper ma lecture… Et ai, d’ailleurs, lu la moitié de cette intégrale d’une traite. Je dois bien dire que les yeux me piquent un peu, mais… Pas de regret : je n’aurais de toute façon pas pu m’endormir tant qu’elle n’était pas terminée 🙂
L’univers, d’abord, m’a fait rêver : que l’on soit dans l’espace ou sur ces différentes planètes, j’en ai simplement pris plein les yeux. Les descriptions sont fabuleuses et propres à faire s’envoler notre imagination, et j’aurais voulu y rester des centaines de pages supplémentaires : pas sûr, cependant, que mon goût pour les détails à l’infini soit à même de plaire à tous 🙂 L’intrigue, ensuite, m’a fascinée : la trilogie suit une chronologie linéaire, et j’ai eu grand plaisir à retrouver les personnages du premier tome tout au long de cette intégrale, les suivre dans leurs aventures et découvrir plus avant ces merveilleux Abîmes. Non, je ne veux pas vous en dire trop… Tout cela passe bien trop vite pour que je vous gâche ne serait-ce qu’un tout petit peu la surprise 🙂 Sachez cependant ceci : frissons, émotions, tristesse et amour seront au rendez-vous, retournements de situations et nouvelles fracassantes également…
Côté personnages, enfin, si nous n’avons pas affaire à des portraits parfaitement fouillés, à la psychologie HYPER détaillée, ils n’en restent pas moins crédibles et attachants… Tant, j’imagine, pour de jeunes lecteurs que pour l’adulte que je suis (ahem). Difficile, dès lors, de marquer une préférence pour l’un ou l’autre, quand tous ou presque nous touchent au cœur ! Des héroïnes fortes, des héros qui ne cachent pas leur sensibilité… Oui, bien difficile de choisir dans de pareils conditions 🙂
Finalement, je ne regrette absolument pas mon choix : Danielle Martinigol a su m’emporter loin, très loin avec elle, et je ressors de cette aventure des étoiles plein les yeux, le cœur apaisé, et une nouvelle fois convaincue que les catégorisations par âge n’ont parfois que peu de sens : que vous ayez 13 ou 30 ans, si vous souhaitez rêver… Foncez !

En bref, une lecture fantastique dont j’aurai dévoré la seconde moitié d’une traite, incapable d’abandonner cette aventure palpitante aux multiples héros parfaitement attachants. A lire !


On en redemande !

 

Mes vrais enfants, Jo Walton

Couverture réalisée par Aurélien Police
Traduit de l’anglais par Florence Dolisi

L’histoire : Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.

Mon avis : … Merci, Miss Walton, MERCI ! Que je l’attendais, ce livre qui, de nouveau, me ferait fuir le sommeil ! Qui, de nouveau, me passionnerait à un point tel que je ne cesserais jamais tout à fait d’y penser ! Qui me ferait, de nouveau, passer par des vagues d’émotions surpuissantes. Oui, mes deux lectures précédentes m’ont subjuguée. Chacune à leur façon, elles ont GRANDEMENT contribué à faire, doucement mais sûrement, passer ma panne de lecture (la plus longue que j’ai connu jusqu’ici – une véritable traversée du désert !). Mais… J’ai mis, pour chacune, un temps fou à les lire. Alors qu’avec ce petit bijou… Il m’a tellement HANTÉE que je n’ai pas su résister à l’appel de ses sirènes : il fallait que je le continue.
Mes vrais enfants est l’histoire d’une femme. D’une femme, et de ses deux vies. Alors que nous la rencontrons au crépuscule de sa vie, placée en maison de retraite pour palier à ses pertes de mémoires de plus en plus handicapantes, elle se souvient. Elle se souvient… D’avoir épousé Mark, un homme au futur prometteur et s’étant, pourtant, révélé d’une aigreur terrible. De n’avoir jamais ou presque quitté l’Angleterre, et d’avoir sacrifié sa propre érudition à sa famille. Mais elle se souvient aussi d’avoir aimé follement Bee, une biologiste brillante avec qui elle aura passé plusieurs dizaine d’années. D’être tombée amoureuse de Florence et d’y avoir consacré une partie de sa vie. D’avoir eu, dans une vie comme dans l’autre, des enfants. Des enfants qu’elle aime de tout son cœur, mais… Lesquels sont vrais ?
J’ai… Adoré. Oui, c’est un coup de cœur immense, un IMMENSE coup de cœur, et je sais déjà que je vais le coller dans les mains de ma Maman, quand elle viendra en août. Pas le choix ! J’ai adoré, parce que j’ai été terriblement touchée par cette, ces femme(s). J’ai adoré, parce que l’idée de départ de l’auteure m’a tout simplement fascinée : laquelle de ces deux vies était vraie ? J’ai adoré, parce que l’auteure ne se contente pas de développer deux existences différentes, elle choisit plutôt de créer véritablement deux mondes à part entière. J’ai adoré, enfin, parce que la plume de l’auteure est toujours aussi exaltante, toujours aussi poétique. Toujours aussi juste.
Détaillons un peu, voulez-vous ? Nous rencontrons donc Patricia Cowan, alors placée dans une maison de retraite. Autant vous le dire, j’ai été ébranlée par ses mots dès le premier chapitre : sa détresse face à une situation qu’elle ne comprend pas, sa certitude d’avoir vécu deux vies, son incapacité à déterminer si l’une était plus « vraie » que l’autre… Bien décidée à faire la lumière sur ce phénomène qu’elle ne peut expliquer, elle va donc se mettre en devoir de nous raconter sa vie. Son enfance, perturbée par la guerre. Son adolescence et sa vie d’étudiante, sa passion pour la littérature. Et ce moment fatidique, où tout va basculer. Où nous rencontrons, successivement, Pat et Tricia. Où l’une tombe définitivement sous la coupe d’un homme mesquin et terrible, où l’autre le quitte pour mieux se construire ailleurs. C’est donc, en vérité, quatre femmes que nous rencontrons : la Patricia âgée, la jeune femme qu’elle fut, et les deux femmes qu’elle a incarné. Et chacune d’entre elle m’a énormément touchée : la détresse, je vous le disais, de la plus vieille. La passion et l’envie de vivre, d’apprendre, de la plus jeune. L’infortune de Tricia, l’amour de Pat. J’ai aimé chacune d’entre elles, j’attendais l’une avec impatience quand je dévorais le récit de l’autre. Jo Walton crée des héroïnes fortes, profondes, fortement et profondément humaines, qui ne peuvent qu’éveiller notre empathie… Et susciter, pour ma part, une grande admiration. Que j’aime ces héroïnes crédibles, à la psychologie fouillée, qui trouvent écho en mes propres rêves !
D’autres personnages viennent en outre s’ajouter à nos (notre ?) héroïne(s), et l’on ne peut que saluer l’auteure pour la minutie qu’elle porte à ses portraits secondaires : qu’il s’agisse des enfants, de Mark, de Bee, de la mère de Patricia et j’en passe… Aucun ne peut laisser indifférent. J’en ai haï certains comme j’en ai aimé d’autres, quelques uns m’ont émue aux larmes quand j’aurais voulu entrer dans le récit pour en secouer un ou deux. Nul doute qu’ils me resteront longtemps en tête…
Côté univers, c’est aussi brillant : à travers la petite histoire se dessine la grande, et j’ai été fascinée de voir se construire deux univers oh combien différents. Et regretté, une fois encore, mes pénibles lacunes historiques qui me font comprendre un peu tard que, non non, ÇA, ça n’est pas arrivé -_- Si la question se pose en fin d’ouvrage, on ne pourra pas manquer de la soulever assez rapidement : les choix d’une seule personne peuvent-ils, à ce point, modifier le destin de tout un monde ? L’auteure initie habilement une véritable réflexion, prolongeant l’expérience de lecture hors du livre à proprement parler : les thèmes abordés sont nombreuses et les pistes soulevées plus encore, et j’avoue que cela m’a beaucoup plu (et pour cela, on pourra dire ce qu’on veut… Mais la SF est particulièrement douée).
Côté intrigue, enfin, je crois qu’elle pourrait convenir a ABSOLUMENT tout type de lecteur : si le côté uchronique du roman se fait davantage sentir au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue, cela reste pour autant très, très léger. Si la SF, ou les littératures de l’imaginaire en général ne sont pas votre fort, je pense que ce roman aura tout de même toutes les chances de vous plaire : il s’agit avant tout d’une histoire profondément poignante, de celles qui retracent avec passion et émotion des destins… Extraordinairement ordinaires, ou presque. C’est beau, et prenant aussi : car l’on VEUT savoir, nous aussi. On veut savoir, même si cela implique de devoir choisir… Et que ce sera, dans tous les cas, un déchirement.
Vous l’aurez compris, je suis définitivement sous le charme de cette auteure, qui m’avait déjà transportée avec Morwenna. Autant vous dire que je suis plus que ravie d’avoir Le cercle de Farthing dans ma PAL, et son tout dernier roman sur mon ordi :3 Il n’y a plus qu’à, comme on dit !

En bref, un roman magnifique et poignant aux héroïnes magnifiques et fortes, à la plume poétique et enlevée, à l’intrigue puissante et passionnante. Qu’attendez-vous ?


Coup de cœur !

À la pioche ! #7

Hello vous !

On ne peut pas dire que le rythme soit trépidant par ici, mais j’ai peur de ne pas pouvoir faire davantage : deux articles (ou trois, en fonction de la saisonnalité) ici, un ou deux chez Like a Mum… Il faut simplement que je trouve du temps pour venir chez vous. Ça me manque TELLEMENT ‘_’ Je ne désespère pas d’y arriver, ceci dit : une routine est en train de se mettre en place, dans laquelle j’intègre petit à petit mes lectures scolaires… Car j’ai été acceptée en L3 😀 Je vous avoue que je tremble pas mal à l’idée de ne pas y arriver, mais je suis plus motivée que jamais à changer de vie professionnelle 🙂 Mais passons plutôt à ce qui nous intéresse aujourd’hui !

Cette semaine, Chéri a choisi le 11e livre de la 1ère rangée de la sixième étagère de la 3e bibliothèque. Autrement dit…

Autrement dit, un livre que j’aurais dû lire depuis longtemps !

♣ Quand, comment, où ?

Quand, il n’y a pas plus de deux ans. Où, à Cultura, offert par Chéri… Après avoir réussi mon entretien pour entrer à la FNAC 🙂 Le petit cadeau qui fait vraiment plaisir, d’autant que j’avais ADORÉ le premier tome. Que j’avais, lui, mis un temps fou à acheter ! Je me souviens encore avoir lorgné dessus à de multiples reprises, en passant à la FNAC du coin, sans oser tenter l’expérience… Jusqu’au jour où. Où je me suis plongée dedans, et où j’ai été happée par un univers à la fois exigeant et incroyable. FIOU !

♣ Lu, ou non ?

Et non ! Pourtant, ce n’était pas l’envie qui me manquait, en terminant le premier tome ! Mais, vous savez ce que c’est, on ne le lit pas tout de suite, il rejoint les rangs ordonnés de notre PAL, et…

♣ Et, de quoi ça parle ?

es Maleterres. Un lieu hostile, figé dans un éternel hiver. Au Nord, des clans guerriers en conflit. Au Sud, des seigneurs avides qui convoitent les territoires des clans. À 16 ans, Raif est un archer accompli. Sa vie bascule le jour où, de retour de la chasse, il découvre que les hommes du clan, parmi lesquels son père, ont été horriblement massacrés. Ash est la fille adoptive de Penthero Iss, haut-seigneur d’une forteresse. À 15 ans, elle est une très belle adolescente, mais elle est hantée la nuit par des cauchemars de glace et de sang. Ensemble, Raif et Ash s’enfuiront sur les Maleterres enneigées, poursuivis par les sbires de Penthero Iss…

♣ Le mot de la fin ?

Il faudrait vraiment que je m’y plonge ! De manière globale, je crois que la série complète a reçu d’excellentes critiques 🙂 Si vous cherchez de la dark fantasy bien menée, tentez le coup !

À très vite… Pour la chronique de mon dernier coup de cœur 😉

Mers brumeuses, Chloé Chevalier (Récits du Demi-Loup #3)

Couverture réalisée par Melchior Ascaride

Tome 1 : Véridienne
Tome 2 : Les Terres de l’Est
Fleurs au creux des ruines
(recueil de nouvelles)

L’histoire : Pour Cathelle et Aldemor, l’heure n’est plus aux regrets. Rien n’arrêtera ce qu’ils ont déclenché.
Véridienne et les Éponas, pour la première fois, lèvent les armes l’un contre l’autre. Sur les rivages des Mers Brumeuses, les Chats de Calvina et les guerrières de Malvane se jaugent, et les deux Suivantes, résignées et amères, se préparent à devoir verser le sang de leurs camarades d’enfance. Alors que leurs reines, à tort ou à raison, leur retirent peu à peu toute confiance et que leurs terres se transforment en cimetières, plus rien ne semble pouvoir empêcher les désastres à venir.
Les rêves se fanent, les espoirs se muent en vaines illusions, amitiés et amours se délitent, tandis que le Demi-Loup, les yeux bandés, danse au bord du gouffre.

Mon avis : à quel moment vais-je venir vous dire, ici-même, « moui, ce tome était clairement en deçà des autres, vivement que l’on passe à la suite pour oublier cela ? » ?! Pas aujourd’hui, soyez-en certains : alors que je termine à peine ce troisième opus, je peux déjà vous dire que le talent de Chloé Chevalier ne se dément, une nouvelle fois, pas : je viens de connaitre une nuit particulièrement agitée, durant laquelle je n’ai cessé de me tourner et retourner, me demandant jusqu’où l’auteure allait bien nous mener.
Car ce troisième tome, en plus d’approfondir et de bouleverser les nombreuses pistes déjà levées, se pare d’un ton beaucoup, beaucoup plus sombre. Oh, le deuxième opus nous avait déjà bien remué, à l’époque : l’enfance d’Aldemor, les douloureux obstacles se dressant sur la route de Cathelle, les révélations finales les concernant tous deux… Je me souviens encore avoir versé bon nombre de larmes au cours de cette lecture, aux considérations bien plus graves que le premier. Et celui-ci… Celui-ci joue, de nouveau, une partition bien inquiétante : loin de l’insolente insouciance de leur jeunesse, nos cinq héroïnes se trouvent désormais au bord de l’abîme. Tandis que Calvina s’enfonce dans une frivolité bien solitaire, où les couleurs chatoyantes de ses créations ne font écho qu’à sa mélancolie, Malvane ne cesse d’offusquer les uns et les autres en se drapant dans une dignité bien trop orgueilleuse. L’inconséquence de l’une et la rigidité de l’autre sont un véritable désastre pour le royaume du Demi-Loup,  désastre que tentent vainement d’endiguer les deux Suivantes restantes : Lufthilde et Nersès ont une nouvelle fois la parole, et nous pouvons mesurer à quel point les jeunes filles rencontrées des années auparavant n’appartiennent plus qu’au passé. Les différences manifestes entre les deux Reines se retrouvent ainsi chez elles : là où Nersès peine à trouver un équilibre entre ses devoirs pour le Royaume et sa condition (multiple !) de mère, ne contenant qu’à grand peine les éclats de Malvane, Lufthilde a totalement pris en main les Éponas, évinçant Calvina de la régence du royaume. J’avoue que la femme qu’elle est devenue, entre dédain et mépris, m’a profondément attristée : si les évènements passés peuvent bien entendu expliquer tout cela, elle n’en restait pas moins l’une de mes figures favorites. Hors, son manque de douceur et d’empathie me rappelle bien trop Malvane pour que mes sentiments à son égard ne varient pas 🙁
Outre Lufthilde et Nersès, nous retrouvons une fois de plus Aldemor et Cathelle : chacun à leur façon, inexorablement, ils continuent leur travail de sape. L’on comprend que, malgré le temps qui passe, leur vengeance ne s’apaisera qu’une fois leur plan totalement accompli. Et quel plan ! L’intrigue est vertigineuse, et malgré notre regard plus ou moins omniscient, nous comprenons souvent à la dernière minute quel drame est en train de se jouer, quelle sombre machination ils ont mis au point, avec quel talent ils se jouent de tous, y compris… De nous. Et c’est cruel ! Parce qu’il y aura forcément des perdants, parmi ces personnages auxquels l’on s’est tous foutrement attaché. Des morts, sans doute, si Chloé Chevalier continue sur la voie qu’elle a jusqu’ici emprunter. Mais comment en vouloir aux uns ou aux autres ? On ne peut que regarder l’intrigue suivre son cours, les dents serrées et le ventre noué, les larmes nous piquant les yeux plus qu’à leur tour.
Et puis… Un cinquième narrateur investi les lignes de ce troisième tome, un narrateur pour le moins… Inattendu. Car c’est bel et bien à Crassu, le fils ainé de Nersès, que l’auteure choisit de donner la parole. Un Crassu désormais adolescent, qui n’a pas été sans me rappeler un certain héros particulièrement cher à mon cœur : je pense -comme beaucoup- à Fitz-Chevalerie, issu de l’imagination débordante de Robin Hobb. Tous deux marginalisés par leur entourage (les moqueries subies par Crassu m’ont serré le cœur), en proie dès leur plus jeune âge à des jeux de pouvoirs dans lesquels ils se retrouvent, bien malgré eux, impliqués jusqu’au cou… J’ai trouvé un écho dans leurs personnalités même, ce qui explique peut-être pourquoi je me suis autant attachée à cet adolescent un peu perdu, mais oh combien vif d’esprit. Loin de l’insouciance crasse de ses ainées, Crassu m’a au contraire surprise par sa maturité d’esprit et sa débrouillardise : nous sommes bien loin de l’ado n’ayant pas deux sous de jugeote, tout au contraire. Sa vision de la situation dénote réellement de tout ce que nous avions pu lire jusqu’ici, et nous permet d’affiner encore notre compréhension de l’intrigue. C’est… Fascinant. Glaçant, mais fascinant.
Une nouvelle fois, Chloé Chevalier nous offre donc un récit hors norme. Les personnages, véritables piliers du roman, ne cessent de gagner en profondeur et en nuances, et je n’ai pu qu’être, de nouveau, soufflée par son talent de portraitiste : qu’ils aient ou non la parole, ils sont dotés d’une vitalité incroyable. Contrairement à la très grande majorité des romans fantasy, Chloé Chevalier choisi de ne pas doter son récit d’un véritable héros au sens propre, menant les autres à travers la tourmente : difficile, ici, de reconnaitre en l’un ou en l’autre le messie qui arrangera une situation plus que désespérée. Tous relèvent bien davantage de l’anti-héros, et l’on ne peut, pourtant, que s’y attacher toujours plus : ils sont d’une humanité incroyable, dans tout ce qu’elle possède de bon… Ou de mauvais. Un choix audacieux, donc, que l’on ne peut, pourtant, que saluer : le récit n’en est que plus fort. De même, je n’ai pu que succomber à sa plume incroyable : ses mots sont d’une puissance folle, tellement évocateurs qu’ils m’ont fait perdre pied plus d’une fois. Nous ne sommes plus chez nous, au chaud dans notre canapé, mais sur les terres ravagées par la Preste Mort. Nous y sommes bel et bien, spectateur impuissant d’un théâtre cruel. C’est donc… Un troisième coup de coeur, oui. Un coup de coeur qui intervient alors que je ne suis toujours pas sortie de cette satanée panne de lecture, ce qui ne le rend que plus précieux, et plus fort. Chloé Chevalier, Merci ❤️

En bref, si vous n’avez toujours pas pris le temps de découvrir cette fabuleuse série, je ne peux que vous enjoindre à vous y mettre immédiatement. Parce que c’est merveilleux, simplement. Même si l’on souffre, même si l’on pleure. La bonne nouvelle ? Il y aura un quatrième tome 🙂


Coup de cœur !

À la pioche ! #6

Mes petits marcassins,

BONJOUR ! Les affaires reprennent : j’ai terminé mon premier livre du mois hier matin :3 Et quel livre ! Mais je vous en parle plus très vite 🙂 Aujourd’hui, laissez-moi plutôt vous présenter le nouveau roman choisi par Chéri 🙂

Cette semaine, Chéri a choisi le 18e livre de la 3e rangée de la 1ere bibliothèque. Autrement dit…

Autrement dit, une auteure que j’aime beaucoup !

♣ Quand, comment, où ?

Fiou ! Il y a bien, bien longtemps ! Je crois me souvenir que c’est Chéri lui-même qui me l’avait offert… Il faut dire qu’entre nous, Kate Mosse, c’est toute une histoire : nous avons tous les deux adoré ses deux premiers romans, Labyrinthe et Sépulcre, et je crois que c’est d’ailleurs les deux premiers livres que j’ai pu lui prêter 🙂 Une affaire sentimentale, donc ! Par contre, quand, où, et à quelle occasion… Je ne sais plus ‘_’

♣ Lu, ou non ?

Oui, mais il y a longtemps aussi. Pour tout vous dire, je ne m’en souviens pas des masses. Dans les grandes lignes, oui, je me souviens aussi que la lecture m’avait bien plu… Sans être un coup de cœur comme les deux autres 🙂

♣ Et, de quoi ça parle ?

La Grande Guerre a anéanti toute une génération, fauchée à la fleur de l’âge… Dans le cas de Freddie Watson, un jeune Anglais du Sussex, elle lui a pris son frère bien-aimé. Hanté par cette disparition, il erre sans savoir comment échapper à cette douleur lancinante Au cours de l’hiver 1928, Freddie voyage dans le Sud-Ouest de la France, quand sa voiture quitte la route. Encore sous le choc, il s’enfonce en chancelant dans les bois et trouve refuge dans un village isolé. Là, lors d’une sorte de fête médiévale, il rencontre Fabrissa, une belle jeune femme qui pleure elle aussi ses disparus. Au cours de la nuit, Fabrissa raconte à Freddie une étrange histoire. Le lendemain, à son réveil, Freddie se demande si tout cela n’était pas un rêve. Pourtant il existe bien un mystère lié au passé cathare du village…

♣ Le mot de la fin ?

Si vous aimez les thrillers/polars historico-ésotériques, je vous conseille vivement d’aller jeter un oeil à la bibliographie de Kate Mosse 🙂 Son terrain de jeu favori se situe à Carcassonne et, ma foi, je trouve ses livres parfaits pour une bonne lecture de vacances !

… Et à très vite ! ♥

 

Bilan du mois de Juin

Hum… Coucou ?

Je vous le disais Lundi… Quelle honte que ce mois de Juin ! Je vous avoue ne pas vraiment savoir où il est passé : j’ai l’impression que ces dernières semaines ont passé à la vitesse de l’éclair, sans me laisser le temps de me poser véritablement. Est-ce dû à la chaleur, au retour des beaux jours qui nous aura poussés à passer pas mal de temps dehors ? Je l’ignore. Le fait est que, après avoir dévoré Le livre des radieux fin mai, j’ai été affligée d’une longue, longue panne de lecture. Qui n’est, à l’heure où je vous écris, toujours pas passée. Et qui dit, chez moi, panne de lecture, dit aussi panne de blogging : j’ai été cruellement absente, tant ici que sur vos blogs. UNE HONTE, VOUS DIS-JE. Que j’espère bien pouvoir effacer dans les semaines à venir, même si les vraies vacances ne commenceront pas avant un bon mois. Le slow-blogging est une méthode qui me convient bien, même si j’ai toujours un peu de mal à assumer le fait de ne plus publier autant d’articles qu’auparavant… Cela me manque et, en même temps, cela me permet de m’épanouir ailleurs et de redonner à ma famille la place qu’elle mérite. Pourquoi, mais POURQUOI n’avons-nous pas des journées de 48 heures ?!

Côté lectures

Hum. J’avais prévu de lire cinq romans, et… Bref, j’en ai lu un et demi. Je crois n’avoir jamais connu de bilan aussi déplorable que celui-ci ! Pour autant, La messagère du Ciel m’a passionnée, et je savoure Mers brumeuses au possible. J’ai trouvé avec le premier un univers original et une intrigue vraiment très prenante, à la fois profonde et multiple. Les personnages sont assez fascinants, tout en nuances et en circonvolutions. Vraiment, il me tarde de pouvoir me plonger dans le deuxième opus ! Dup et Phooka nous ont encore formidablement gâtés pour Ce mois de, je ne saurais comment les remercier 🙂 Quant à la suite (et fin) tant attendue de Véridienne, la magie opère de nouveau : la plume de Chloé Chevalier sait décidément comment m’emmener loin, très loin 🙂

Côté acquisitions

Si je n’ai pas beaucoup lu, je n’ai pas non plus beaucoup acheté : si ma mémoire est bonne, seul le quatrième tome de Rose Morte est venu se glisser dans mon panier. Côté SP, c’est aussi calme : Shades of Magic et Mers brumeuses ont envahi ma BAL !

Prévisions livresques

Dois-je vraiment, vraiment m’y essayer ? Je n’en sais trop rien. Une foule de livres me fait envie en ce moment, et pas que de la fantasy : je lorgne de plus en plus sur la bibliothèque spéciale romans qui siège dans notre chambre. La suite de Mille femmes blanches, Les derniers jours de Rabbit Hayes, La dernière valse de Mathilda… Je ne sais pas, mais ils me font tous envie ! Tout comme la suite du Royaume rêvé, ceci dit, et les Abîmes d’Autremer… Finalement, je pense choisir au fil de l’eau, au gré de mes envies : ma panne ne s’est toujours pas complètement envolée !

Je pressens que ce mois de juillet sera quelque peu mouvementé : les anniversaires de Chéri et Malo arrive, tout comme celui de ma maman et de ma petite nièce chérie… Que nous ne passerons, malheureusement, pas avec elles T.T De même, j’aurais d’ici quelques jours (semaines ?) le résultat de ma candidature pour ma L3… Bref, plein de nouvelles, de projets, d’ambitions : espérons que j’arriverai à garder une place pour mes chers livres au milieu de tout cela 🙂

Je vous souhaite à tous un merveilleux, merveilleux mois de juillet, et bonnes vacances aux petits chanceux qui partent dès maintenant ! Du love ♥

À la pioche ! #5

 Mes petits marcassins,

BONJOUR ! Mais quelle absence, ces derniers temps ! Je ne sais pas ce qu’il s’est passé en juin, mais… C’est la Bérézina, par ici ! Ceci dit, les deux prochaines semaines ne seront pas forcément beaucoup mieux : nous partons ce soir pour une petite semaine de vacances en famille, afin de fêter comme il se doit le mariage du petit frère de Chéri 😀 Mais là n’est pas la question ! J’ai manqué à tous mes devoirs en oubliant plusieurs fois d’affilée de publier notre petit rendez-vous. Mauvaise hôte que je suis ! Il est donc temps de me rattraper, au moins pour ce lundi !

Cette semaine, Chéri a choisi le 4e  livre de la 1ere  rangée, de la 4e bibliothèque. Autrement dit…

Autrement dit, un gros coup de cœur !

♣ Quand, comment, où ?

Quand, il y a bien, bien des années ! C’est une amie de DUT qui m’avait conseillé la série, et j’avais trouvé le premier tome en relativement bon état lors d’une petite virée chez Gibert Joseph (le temps béni des bouquineries !)… Avant d’acheter la série complète ‘_’

♣ Lu, ou non ?

Oh que oui ! Et les cinq tomes d’affilée, s’il vous plait ! Au moins, eux, n’auront pas eu le temps de dépérir dans ma PAL 🙂 Je dois avouer ne plus me souvenir EXACTEMENT de toute l’histoire, mais je me souviens bel et bien des émotions qu’elle m’avait procuré : une intrigue d’une intensité rare, des personnages marquants… FIOU. Je les relirais bien volontiers, tiens !

♣ Et, de quoi ça parle ?

Par une nuit fatale, dans le merveilleux pays d’Alasea frappé par une malédiction, trois mages firent un ultime acte de résistance, sacrifiant tout dans l’espoir de préserver le bien. Cinq cents ans plus tard, au jour anniversaire de cette nuit sinistre, une petite fille hérite d’un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu’elle puisse comprendre son terrible don, le Seigneur Noir lance ses monstres ailés pour la capturer et lui rapporter la magie embryonnaire qu’elle détient. Fuyant les hordes des ténèbres, Elena est précipitée vers une issue terrible… et vers la compagnie d’alliés inattendus. Formant avec eux une bande de parias et de hors-la-loi, elle va tenter de combattre les forces implacables du mal et de secourir un empire autrefois glorieux…

♣ Le mot de la fin ?

Encore une merveilleuse série qui trône gaiement dans ma PAL ! Si vous n’avez pas encore tenté l’aventure avec James Clemens, je ne pourrais que vous le conseiller : cette série ira parfaitement avec vos moments farniente de cet été, tant son intrigue est prenante et agréable à lire 🙂 Bonne lecture mes petits !

… Et à très vite ! ♥